Titre : Underwater light ou la lumière sous-marine
Auteur : Maya
Anciennes traductrices : Nymia ( 5 chapitre)
Nouvelles traductrices : dinoushette, Lenyka, Manelle
Bêta : Harry Griffondor
État de la fic anglaise : fini après 22 chapitres
État de la fic Française : 3 chapitre; Traduis : 5, 6; En cours : 7;
Traduction reprise avec l'accord de Nymia
Tout les membres de Paradise Of Readers
vous souhaite un très joyeux noël
Ainsi qu'une très bonne année 2006
Eni et Onarluca
Chapitre 3 : Down the Pub
So walk with me, talk with me,
Tell me your stories
I'll do my very best to understand you
You're flesh and blood...
(Descente vers le Pub
Alors marche avec moi, parle avec moi
Raconte-moi tes histoires
Je ferai de mon mieux pour te comprendre
Tu es de chair et de sang)
Harry dit à Ron et à Hermione que 'oui, c'était Malfoy'. Il avait voulu lui parler de l'incident du lac.
Mais il ne leur dit rien d'autre.
Il ne voulait pas leur mentir, il n'était pas honteux, mais il sentait que tout cela était encore fragile. Tout s'était, avec surprise, bien passé jusqu'à présent, mais ajoutez Ron, la Raison Rousse Et Leurs Mauvais Noms, au mélange et Draco Malfoy ne serait plus qu'un point à l'horizon. Un point montrant du doigt Harry et Ron et disant, 'ils ont essayé de me tuer, Professeur Rogue !'
Harry ne voulait pas que cela arrive. Harry était surpris de l'intensité avec laquelle il souhaitait que cela ne se réalise pas.
Ce n'était pas que Malfoy avait été agréable. Bien sûr, un gentil et aimable Draco Malfoy aurait envoyé Harry courir pour voir Dumbledore en baragouinant à propos d'une potion de Polynectar. Malfoy avait été l'habituel imbécile méchant et pourri gâté, juste aussi hostile et aussi bon pour les insultes.
Tout avait été pareil… Cela s'était bien passé.
Pour quelque raison, Harry était heureux de cela.
Harry ne dit rien à Ron et Hermione à propos de la situation en raison d'une seule chose. Pour la même incompréhensible raison, il se sentait un peu… possessif à propos de toute l'affaire.
Cela faisait longtemps qu'il n'avait rien eu de privé, dont les médias n'avaient pas parlé, dont Ron et Hermione ne connaissaient pas tout tandis qu'eux gardaient bien leurs petits secrets de 'couple'.
Il avait le sentiment qu'ils seraient très blessés quand ils le découvriraient.
Il ne leur dit pas, juste la même chose.
Et au petit-déjeuner le jour suivant, en voyant Malfoy arriver et Blaise Zabini poser une main sous son coude, l'encourageant à s'asseoir sur le siège à côté de lui, Harry ressentit un élancement du même sentiment possessif.
Qu'est-ce que tu penses être en train de faire, Zabini ? Il n'y a aucun besoin d'être si collant.
Harry Potter, le garçon qui devenait fou.
« Je suis tellement heureuse que tu ne sembles plus déprimer, Harry. » dit Hermione.
« Déprimer ? répondit Harry de façon distraite, alors que Malfoy prenait le siège à côté de Zabini. Pourquoi est-ce que je serai déprimé ? »
Voldemort. La guerre. Cédric. Cette horrible pitié qui l'entourait. La culpabilité paralysante.
Oh… Ça.
J'avais oublié, pensa Harry en s'émerveillant. J'avais oublié.
Hermione sourit avec approbation. « Aucune raison du tout. Tu as tout à fait raison, Harry. »
Je ne devrai jamais oublier, pensa Harry. Mais je l'ai fait… et je me sentais bien.
« Allez, Défense Contre les Forces du Mal comme premier cours, dit Ron. Je me demande qui de Lupin ou de Sirius va le faire. »
Harry se leva, en aidant Hermione avec son énorme sac de classe totalement rempli.
Partant du Hall, il vit Malfoy et Blaise Zabini avoir une conversation animée. Il vit les lèvres de Malfoy former les mots 'Magie Créative' et sourit presque en voyant l'intérêt feint de Zabini.
Une quelconque impulsion le fit s'arrêter un moment en passant devant la table des Serpentard et dire.
« Salut, Malfoy. »
Pansy Parkinson, Crabbe, Goyle et Zabini lui lancèrent tous des regards disant clairement Meurs Potter Meurs !
Malfoy, aussi serein que s'il n'avait pas des loups-garous humains assoiffés de sang autour de lui, tendit la main pour prendre un toast et répondit : « Bonjour, Potter. »
Harry ressentit une sorte de triomphe obscur pour ces trois mots, qui réduisirent les Serpentard et Ron à un état d'impuissance et d'ébahissement.
Bien sûr, après ça il allait devoir s'expliquer plus amplement, puisque Ron était sur le point d'annoncer que Voldemort avec pris du Polynectar pour se transformer en Harry et devait être immédiatement exterminé.
« J'ai juste décidé d'être plus amical, dit-il alors qu'il allait à leur classe de Défense Contre les Forces du Mal. Je veux juste savoir ce qu'il s'est passé dans le lac. »
« Eh bien, oui je peux comprendre ça, accepta Hermione – en bonne assoiffée de savoir. Mais vraiment, Harry, Malfoy… »
Ron était sur le point de cracher.
« Je ne peux pas comprendre ça ! C'était de toute évidence un complot diabolique des Serpentard ! Tu es trop confiant, Harry. Ces Serpentard ne sont pas comme nous. Ils sont des monstres je te le dis, fous, vicieux… »
Il fit une pause dans sa tirade pour accueillir le Professeur Lupin.
« Bonjour, Professeur. Je me demandais qui cela serait de vous ou Sirius. Est-ce que cela n'est pas un peu proche de… » Il fit semblant de hurler à la lune.
« Asseyez-vous s'il vous plaît. » dit Lupin avec un sourire indulgent.
« C'est vrai, reprit Ron. Où est-ce que j'en étais ? »
« Tu me disais combien les Serpentard étaient des monstres fous et vicieux, lui rappela Harry. Mais alors tu as été détourné par le loup-garou. »
§§§§§§
Harry ne pu le croire quand il se retrouva à regarder sa montre.
Les minutes rampaient lentement. Et Malfoy n'apparut pas au déjeuner.
Sauter des repas, pensa Harry. C'est comme ça que l'on se rend malade.
« Pourquoi est-ce que tu paniques, Harry ? »
« Je ne panique pas ! s'exclama Harry avec indignement. » Hermione haussa les épaules et prit un morceau de sa pomme.
Peut-être que Malfoy était malade. Il paraissait certainement assez pâle.
Madame Pomfresh devrait y porter plus d'attention. Des vitamines devraient être fournies. Ces donjons étaient probablement malsains pour les gens fragiles.
Harry s'inquiéta à ce propos pendant des heures jusqu'à ce qu'il ait un choc quand Malfoy le rencontra au lac, enjambant un monticule près de vingt minutes en retard et en étant l'image parfaite de la santé.
« Viens, Potter. » dit-il brièvement, se retournant et revenant sur ses pas.
Harry courut pour le rattraper, à son plus grand dégoût.
« Hey, Malfoy. Tu es en retard. Tu penses que les bonnes manières sont faites pour quoi ? »
Malfoy parut ennuyé. « Je pense qu'elles sont faites pour les autres. Viens. »
« Où allons-nous ? » demanda Harry, suspicieux.
« Je n'attraperai pas la mort à cause de ce lac. » l'informa Malfoy. « D'ailleurs, j'ai remarqué hier que tu avais des problèmes pour être cohérent. Donc nous descendons au pub. »
« Le pub ? C'est supposé me rendre plus cohérent ? »
« Oh oui. L'alcool te donne cette fabuleuse sensation de faux réconfort, lui assura Malfoy. »
« Même si j'ai besoin d'un quelconque réconfort, en étant à côté de toi… Où vas-tu ? »
« À l'intérieur de l'école. » dit promptement Malfoy. « Il y a un passage secret qui mène à Pré-au-lard derrière la statue… »
« De la sorcière borgne. » finit Harry lentement. « Comment sais-tu cela ? »
Malfoy prit une expression complaisante.
« J'ai travaillé là-dessus pendant quatre ans. » répondit-il. « Weasley ne se parlait pas à lui-même sur le chemin vers à Pré-au-lard. Il n'est pas subtil, ce garçon de ton entourage. Donc tu devais avoir pris un raccourci à travers l'école avec ta petite Cape d'Invisibilité – et je l'ai trouvé. »
Donc il le fait aussi, pensa Harry. Il essaie de me dépasser. Cela a une importance pour lui aussi.
Ce qu'il dit était, « Tu es au courant pour ma Cape ? »
Malfoy ricana. « Non, Potter. J'ai vraiment pensé que j'avais halluciné. Bien sûr que je sais, et la prochaine fois que nous irons au pub tu pourras la prendre. »
« Prochaine fois… ? Je n'ai même pas accepté d'y aller cette fois ! »
Harry marchait avec force dans le sillage de Malfoy, se sentant de plus en plus comme un chien emmené pour une promenade. Malfoy ne répondit pas jusqu'à ce qu'ils soient dans le couloir menant à la statue.
Alors il lança un regard par-dessus son épaule, et parla d'une manière désinvolte.
« Je ne pense pas que tu ais totalement compris la situation, Potter. »
Harry sentit un rapide coup à l'intérieur de ses côtes, comme si quelqu'un vivement sur sa poitrine.
« Qu'est…qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Je ne t'ai pas pris comme un camarade à vie, tu sais. » Le sourire de Malfoy était froid comme une neige inattendue. « Je suis parfaitement capable de te rapporter au magasin si tu ne me conviens pas. »
Harry ressentit un début d'indignation.
« Est-ce que tu veux dire que si je ne vais pas boire avec toi… »
Ses dents luirent. « Exactement. »
Harry était sur le point de dire à Malfoy où il pouvait se mettre sa soi-disant amitié, et ajouter une suggestion sur le fait d'y ajouter sa baguette et son balai, quand quelque chose d'assez inattendu arriva.
Malfoy remarqua qu'il était en colère, et sourit.
Le charme n'était pas quelque chose que Harry ait jamais associé à Draco Malfoy. Néanmoins…
Harry ressentit un besoin urgent de cligner des yeux.
Pour Malfoy, la plupart des actes étaient calculés. Sourire semblait être un art.
C'était un art terrible et subtil. De la lumière s'infiltra graduellement à travers ce pâle et assez froid visage dont les yeux brillaient comme le soleil d'hiver.
Il se tenait là dans ce couloir vide et il sourit avec ce sourire riche et malin, jusqu'à ce que Harry soit finalement forcer de cligner des yeux.
Quand il rouvrit les yeux, le sourire avait disparu. Il ressentit une obscure douleur de déception.
« Allez, Potter, l'amadoua Malfoy. J'ai reporté un devoir de Magie Créative pour boire avec toi. »
« Oh, je suis tellement honoré, dit Harry avec plus de faiblesse que de sarcasme. »
« C'est ainsi que tu dois être. »
Malfoy se retourna et avança, avec la complète – et pas fausse – conviction que Harry le suivrait.
« Et alors tu pourras me dire tous tes petits secrets choquants. » il ajouta avec satisfaction. Il sembla blessé par l'air septique de Harry. « Quoi ? Je te dirai les miens ! »
« Oui, dit Harry sèchement, mais les Serpentard aiment se vanter de leurs mauvaises actions. Je ne suis pas sûr que ce soit un échange juste. »
Malfoy lui lança un regard rapide, et plutôt surpris, puis rit et haussa les épaules.
Le rire résonna derrière eux alors qu'ils se glissaient derrière la statue.
§§§§§§
« Malfoy ! C'est une question personnelle ! »
« C'est un 'aucun' alors, n'est-ce pas ? »
« Malfoy, tu peux être un tel bâtard. »
Harry loucha vers les lumières des Trois Balais, qui étaient d'une manière ou d'un autre plus brillantes que quand il était entré.
En attendant, le dernier mot n'avait pas sonné exact.
« Tu es bourré, Potter. » Malfoy semblait amusé.
Harry se concentra sur le visage de Malfoy. Au début c'était seulement un nuage doré, se mélangeant avec les lampes qui donnaient des étincelles argentées à ses cheveux et à ses yeux, mais après quelques minutes cela se résolut en un petit sourire.
« Je ne le suis pas. » répliqua Harry d'une manière digne. Il trouvait un peu difficile de former des mots.
« Après trois hydromels, Potter. Tu es un poids léger. »
Malfoy en avait pris au moins cinq, et il semblait seulement plus relaxé. Ces Serpentard avaient besoin d'être surveillés.
« Réponds à la question, Potter. » exigea le môme impérieux. « Ce délai est inacceptable. »
« Oh – d'accord… Deux. »
Malfoy s'étrangla avec son hydromel. « Oh, Potter, tu es un vrai Gilderoy Lockhart toi. »
« La ferme, Malfoy ! »
« Attends, attends. Est-ce que c'étaient de ces baisers pudibonds sur la joue ? Ou avec la langue ? »
« Malfoy, tu ne peux poser des questions comme ça… Pas avec le premier. »
Malfoy paraissait faible avec ces rires réprimés. « Qui était la pauvre infortunée, alors ? »
« Cho Chang, répondit Harry à contrecoeur. En cinquième année. »
Il se souvenait de ce moment très clairement. Cho Chang l'avait pris à part, et lui dit qu'elle ne pouvait plus supporter les souvenirs – qu'elle était transférée à Beauxbâtons pour sa septième année.
Elle avait ajoutée qu'elle ne blâmait pas Harry, et alors qu'il regardait avec austérité son joli visage, elle s'était penchée et lui avait donnée un doux baiser sur les lèvres.
Combien il avait souhaité pour ce moment, et alors, quand c'était arrivé il avait goûté la pitié sur ses lèvres – de la charité qu'on pressait sur ses lèvres à lui.
Le baiser de Cho Chang avait exprimé le même sentiment que chaque toucher et mot qu'il avait reçu cette année.
Elle avait reculé, et il avait regardé son visage dont il avait rêvé plus d'une fois, et il souhaita en une simple désolation ne jamais plus la revoir.
Draco Malfoy siffla. « Chang ? Pas mal, Potter…et laisse-moi deviner la seconde. Est-ce que cette rumeur à propos de Ginny Weasley était vraie ? »
« Oui. » répondit à contrecoeur Harry.
Ces quelques baisers gênés avec Ginny. Il s'était toujours senti coupable de ça, d'utiliser la sœur de Ron comme quelque chose pour repousser la solitude. Il avait essayé tellement fort de la vouloir, de vouloir quelque chose, de retour en sixième année…
Cela n'avait pas fonctionné. Il considérait Ginny presque comme sa propre petite sœur…
Se souvenant de l'attitude habituelle de Malfoy contre les Weasley, Harry leva les yeux vivement.
« Est-ce que tu vas dire quelque chose sur les Weasley ? » demanda-t-il.
Malfoy parut vaguement surpris. « Non. J'ai toujours eu un faible pour les roux. Ton Weasley, bien sûr, est une exception notable. »
« Oh ? » Harry était intrigué. « Donc maintenant c'est ton tour, Malfoy. Combien ? »
« Euh… » Malfoy cligna des yeux. « Attends une minute. »
Il commença à faire de furieux calculs sur sa serviette.
Eh bien, vraiment. Rogue devrait porter plus d'attention à la morale de ses étudiants.
« Qui était la première alors ? »
« Ah. » Malfoy fit un geste pour avoir un autre hydromel. « Pansy Parkinson, troisième année. Tu te souviens quand ma jeune vie avait presque été arrachée par cet Hippogriffe ? Elle s'est précipitée à l'infirmerie et elle s'est jetée sur moi. J'ai pratiquement été choqué à vie. »
« Tu n'étais pas si choqué. » commenta Harry, en souriant. « Tu es allé avec elle au Bal en quatrième année. »
« Eh bien. » Malfoy haussa les épaules. « Elle me l'a demandé. »
On ne pouvait s'empêcher d'admirer cette joue presque éhontée.
« Quoi ? » dit Malfoy, en voyant Harry lever un sourcil. « Les Malfoy attendent toujours d'être invités. Oh, et voici le nombre. »
Il tendit à Harry la serviette.
Mon Dieu.
« Est-ce qu'il y a même autant de gens dans l'école ? »
Malfoy sourit sinistrement. « Si tu comptes le personnel. »
« Ew ! »
Malfoy éclata de rire à l'expression du visage de Harry. Malfoy semblait rire assez ce soir.
Bien sûr, il devait être légèrement soûl.
« Il y a une vie en dehors de l'école, Potter. » ajouta-t-il une fois qu'il fut calmé.
Madame Rosmerta se présenta devant Malfoy et leur tendit leurs boissons avec des étincelles dans ses yeux.
« Etes-vous sûrs que vous n'en avez pas eu assez ? »
« Rosmerta ! » Malfoy paraissait horrifié. « Tu me connais mieux que ça. La nuit est jeune et je le suis aussi. Nous allons attendre d'être beaucoup plus ivres avant de rentrer. »
Harry était inquiet que s'il devenait beaucoup plus ivre, marcher lui deviendrait peut-être trop difficile.
« Vous êtes terrible, Draco Malfoy. » elle soupira en plaçant les deux verres supplémentaires sur la table. « Et vous essayez de corrompre le pauvre et innocent Harry Potter. Vous m'horrifiez. »
« Tu aimes ça ! » lança Malfoy après elle. Il se retourna vers Harry et lui donna un sourire plutôt espiègle. « Une charmante femme. Elle refusait de me servir en troisième année et j'ai essayé de flirter avec elle. Elle a dit que j'étais le plus jeune à avoir essayé de faire ça. »
« Malfoy, es-tu sûr que tu n'es pas un alcoolique ? »
« Je, l'informa Malfoy avec un ton ambitieux, ne suis pas le buveur mineur ici. J'ai eu dix-huit ans en janvier. »
« Tu n'avais pas dix-huit ans au Bal. » marmonna Harry.
« Toi non plus. D'ailleurs, arrête de répondre à tes aînés. Hummm – eh bien, j'avais une autre question, mais puisque tu as seulement embrassé deux personnes je pense que celle-ci est aussi répondu. »
« Quoi… ? Oh. » À son horreur, Harry se sentit rougir furieusement. « Malfoy ! »
Malfoy rit et s'adossa au mur. « Pauvre petit Potter si pur… »
« La ferme ! Combien d'innombrables milliers as-tu ramassé, alors ? »
Le coin de la bouche de Malfoy se releva. « Innombrables milliers ? Détrompe-toi de l'idée que tous les Serpentard sont des pécheurs dépravés. C'est seulement… hummm… vrai à quatre-vingt-cinq pour cent. »
« Combien, Malfoy ? » À sa propre surprise, Harry découvrit qu'il était vraiment curieux.
Malfoy médita. « Rends-moi cette serviette. »
Harry rit, secoua la tête et prit un autre verre.
Malfoy acquiesça avec approbation.
« Je savais que tu n'étais pas aussi prude que ça. » commenta-t-il. « Honnêtement, tu prends les règles de l'école et tu les détruits avec un énorme marteau et tout le monde agit comme si tu étais un ange. »
Harry haussa les sourcils. « Et qu'est-ce que tu penses ? »
« Je pense que les anges ne sont pas ivres au Bal de Noël, c'est ce que je pense. Je t'ai aussi vu avoir des pensées pas catholiques du tout à propos de cogner mon visage. Non – tu as un peu d'un sale bâtard en toi. » L'expression calme et analytique du visage de Malfoy se transforma en un petit sourire. « C'est pourquoi j'ai décidé de te donner une chance. »
« Je suis accablé. » dit Harry sèchement.
C'était certainement nouveau. Personne ne s'était jamais attendu à ce que Harry agisse mal avant.
« J'essayerai de venir avec de convenables actions diaboliques. »
Malfoy rejeta de la main cette idée. « Ne sois pas absurde, tu es un novice. Sois raisonnable. Fais-le à ma façon. »
Harry devint convaincu que Malfoy était, en effet, assez soûl. Ses yeux étaient fauves et vifs, et la pâle frange de ses cheveux était légèrement désordonnée.
Harry avait seulement un contrôle limité de ses fonctions motrices, et était sorti boire avec un Malfoy dont le jugement était altéré.
C'était assez intéressant.
« Je sais ! » annonça Malfoy. « Nous devrions chanter un karaoké. »
Harry fixa le visage enchanté devant lui.
« Tu es cinglé. »
« Et c'est beaucoup plus amusant, lui assura Malfoy. » Il sauta sur ses pieds avec une grâce agile que Harry n'aurait pas pu copié même sobre, et commença à le tirer de son tabouret.
C'est à ce moment-là que Hagrid apparut dans le pub, et Malfoy disparut sous la table.
Hagrid remarqua Harry, qui fixait d'une façon assez abasourdie ses propres genoux, et marcha lentement vers lui.
« Oh non…, dit Malfoy d'une petite voix. »
Harry réprima désespérément un rire.
« Salut Harry ! » le salua Hagrid avec la même inconfortable vigueur que tous les Gryffondor utilisaient.
Juste à l'instant ses yeux noirs surveillaient le légèrement instable Harry et la table avec les deux verres dessus.
« Je descendais juste pour prendre un verre. » continua-t-il. « Olympe n'aime pas tellement ça, donc je vais devoir faire vite… Euh, Harry… » il baissa sa voix en un grondement conspirateur. « Est-ce que j'interromps quelque chose ? »
Harry fixa le vide pendant quelques minutes, jusqu'à ce que la lumière se fasse dans son esprit.
Un très, très douce obscénité sonna en dessous de la table.
Harry toussa précipitamment.
Malheureusement, Hagrid prit cela comme un assentiment embarrassé.
« Ah… désolé, Harry… Elle doit être dans les toilettes, yeh ? »
« Hum. » dit Harry.
Hagrid lui donna un coup de coude d'une manière amicale et taquine, lequel le fit presque tomber par terre.
« Je suis heureux d'entendre ça, Harry. Il est temps que tu commences à t'amuser un peu plus. »
« Il faut comprendre que tu n'as pas de vie. » dit une voix calme dans la région des genoux de Harry.
Harry résista à l'envie de rire avec hystérie et de frapper Malfoy.
« Je vais partir, alors, gronda Hagrid. Je ne veux pas t'embarrasser. Je vais juste prendre un verre. Dis-moi juste une chose, Harry… » il lui donna un autre coup de coude massif. « Est-ce qu'elle est jolie ? »
« Euh. » répliqua Harry.
« Extrêmement jolie. » dit cette foutue voix venant du dessous de la table.
Hagrid serpenta aimablement plus loin. Aussitôt qu'il leur tourna le dos, Malfoy émergea paraissant échevelé. Il saisit Harry et le tira en dehors du pub.
L'air de la nuit fut un choc pour Harry, qui était concentré sur le fait de rester debout.
Les yeux de Malfoy étaient toujours brillants comme de fièvre, mais sinon il paraissait pâle et soulagé.
« Libre ! »
Harry cligna des yeux. « Que veux-tu dire ? »
« Oh, il me terrifie. » dit Malfoy avec candeur. « Ça a toujours été comme ça. Il nous jette des animaux vicieux et nous donne des livres assoiffés de sang. Sans mentionner le fait qu'il est épouvantablement énorme. »
Harry était atterré. Malfoy, qui avait toujours été si froidement aristocratique autour de Hagrid, et Harry savait que Hagrid était secrètement intimidé par lui.
Cela le laissa intrigué. Quel genre de personnes réagissait à la peur de cette façon ?
Malfoy cligna des yeux, semblant pensif.
« Oh, mon cher. Je ne pense pas que j'aurai admis quelque chose comme ça en étant sobre. » Il haussa les épaules, en un geste qui paraissait bizarrement fluide à la vision obscurcie de Harry. « Oh, eh bien. Je suppose qu'il y a toujours le risque de laisser sortir quelque chose d'incriminant. »
Harry se sentait un peu blessé. « Je ne cherche pas des points faibles pour attaquer, Malfoy. »
Malfoy pencha sa tête sur un côté, un lampadaire faisant de ses cheveux des rivaux de la demi-lune. « Tu le fais au Quidditch. » observa-t-il. « C'est le signe d'un bon joueur. »
« C'est différent. La vie n'est pas un jeu. »
Malfoy sourit encore avec ce sourire énervant. « N'est-ce pas ? »
À ce moment, Harry était trop occupé avec l'important travail de ne pas tomber par terre pour répondre.
« Attention, Potter. Se coucher dans le caniveau est réservé aux vrais alcooliques. Ceux qui le méritent. »
« Est-ce que tu m'aideras si je tombe dans le caniveau ? » s'enquit Harry, qui avait des doutes affolants quant au fait de pouvoir demeurer debout.
« Pour qui tu me prends ! Je me moquerai de toi avec mépris. »
Oh, excellent.
Faisant face à cette alternative, Harry chancela vers l'avant. Il fut surpris par la venue d'un silence parfaitement amical.
Malfoy, maudit soit-il, avait eu raison à propos de l'alcool. Foutu Serpentard dévergondé.
« Alors tu m'as emmené boire. » Harry se retrouve à commenter. « Quel est le menu de demain, un bordel ? »
N'importe qui d'autre aurait été horrifié que Harry suggère une telle chose.
Malfoy ria.
« Honnêtement, réprimanda-t-il, nous devons garder quelque chose pour jeudi. »
Ils marchèrent avec instabilité jusqu'à l'école. Harry essaya très fort de marcher droit. Malfoy slalomait entre les nombreux lampadaires.
Ils se séparèrent dans le couloir. Harry hésita, cherchant quelque chose d'approprié à dire.
Finalement, il se décida pour : « Même heure demain ? »
§§§§§§
Le jour suivant, Harry se réveilla avec la distincte impression que tout avait été un rêve.
Sortir se soûler avec Malfoy ? C'était trop bizarre.
Alors il essaya de s'asseoir, et une gueule de bois le frappa comme un Cognard.
Oh. C'était donc vrai.
Très, très soigneusement, Harry se leva. Alors la voix de Ron résonna à son oreille.
« Harry ! Où étais-tu ? Nous étions inquiets ! »
Harry tressaillit. « Est-ce que tu pourrais… éventuellement parler moins fort ? »
« Tu ressembles à de la merde. » observa Ron avec son honnêteté rafraîchissante qui le faisait connaître et aimer d'un bout à l'autre des cercles de l'enfer.
« Eh bien, je me sens comme de la merde. Je suis coordonné. »
Le sarcasme de Harry était inspiré par l'amertume. Les boutons de son pyjama semblaient être collés dans les trous.
« Harry, tu ressembles… tu ressembles à quelqu'un qui est resté debout toute la nuit à boire. »
« Pas toute la nuit. »
Les taches de rousseur sautèrent pratiquement du visage de Ron sous le choc.
« Quoi ! Où étais-tu, avec qui étais-tu… oh non, Harry, dis-moi que ce n'était pas Malfoy. »
« Il se peut que, d'une certaine façon, il s'agisse de Malfoy. » admit Harry.
Ron respira fortement par le nez. La couleur alarmante de ses joues détonnait violemment avec ses cheveux.
Alors il saisit le bras de Harry.
« Attends, j'ai besoin de m'habiller… » Protesta Harry, luttant avec ses robes. Ron attendit avec une impatience à peine contrôlée.
« Où allons-nous ? » s'enquit Harry, suivant le sillage de Ron et se sentant distinctement fragile.
« Voir Hermione. » dit Ron. « Elle peut faire un discours sévère et maternel, bien mieux que moi. »
« Tu sais, Ron, il n'est vraiment pas tant que ça… »
Ron se tourna vers lui, levant un doigt.
« Pas avant que l'on trouve Hermione ! »
§§§§§§
« … ne peux pas croire que tu sois si irresponsable, Harry, une nuit d'école ! Comment vas-tu pouvoir porter attention en classe ? Dis-moi au moins que tu as fait tes devoirs, Harry… »
« Qui s'intéresse aux devoirs ! » hurla Ron. « Et à propos de Malfoy ? »
Cela durait depuis un bon moment. Au début la Grande Salle était vide, mais maintenant pas mal de Gryffondor écoutaient secrètement la conversation avec des degrés variés de subtilité.
Harry avait sombré dans son siège et ses yeux étaient au niveau de son petit-déjeuner.
« Oh oui. Malfoy. » Hermione semblait désapprouver. « Est-ce qu'il a fait ses devoirs avant ? »
Ron fit un bruit semblable à celui d'une bouilloire sur le point d'exploser.
Hermione soupira. « Et Harry, je sais que tu es curieux à propos de toute l'affaire sur le Tournoi des Trois Sorciers. Mais il n'y a pas de raison de sauter tes devoirs pour passer du temps avec cette sale petite enflure de Malfoy. Nous pouvons toujours aller voir à la bibliothèque. Tu es, bien sûr, toujours un agent libre et tu peux faire ce que tu veux. »
Harry et Ron la regardèrent tous les deux avec incrédulité.
« Regarde du bon côté, Ron. » dit Hermione avec pragmatisme. « Si Harry reste autour de cet idiot pour une quelconque quantité de temps, il perdra totalement son sang-froid et l'attaquera. Alors tu pourras ramasser l'argent de tes paris. »
Harry s'assit vivement, ignorant la douleur que ce mouvement envoya dans sa tête.
« Des paris ? Quels paris ? »
« Eh bien, tu te souviens de dernier match de Quidditch Serpentard/Gryffondor ? »
Le Quidditch n'avait pas été annulé cette année grâce aux ferventes plaidoiries des quatre maisons.
« Toi et Malfoy vous vous regardiez comme si vous étiez sur le point de bondir l'un sur l'autre. » continua Hermione placidement, en beurrant son pain grillé. « Ron a commencé à poser des paris élevés sur le fait que tu gagnerais. Avec une assez bonne côte, puisque Malfoy a la réputation de se battre sournoisement. »
Harry se sentait légèrement insulté.
« Ron était horriblement désappointé. » l'informa Hermione d'un ton serein. « Mais cela va juste se manifester, n'est-ce pas ? Je veux dire, tu n'es jamais violent envers n'importe qui d'autre. Tu ne peux pas le supporter. Tu ne seras pas capable de rester avec lui bien longtemps. »
Harry devait admettre qu'elle avait peut-être raison, mais néanmoins il se sentait très contrarié.
« Personne ne peut, l'assura Hermione, en tapotant son bras. Malfoy est insupportable, comme je le dit toujours à Lavande. Il ne me dupe pas avec ces airs de beau garçon. »
« Beau ! » Bredouilla Ron.
Harry se souvint du commentaire involontaire de Hagrid et sourit. Ron était apoplectique.
« Venez, dit Hermione. Nous ferions mieux d'aller en cours. »
Ils se dirigeaient vers la porte quand Malfoy entra en flânant, pas un seul cheveux blond dérangé et paraissant avoir dormi toute la nuit innocemment.
Ron, qui était devant, lui rentra dedans.
« Regarde ça ! » dit d'un ton sec Ron, qui n'était pas d'humeur à laisser Malfoy l'énerver par le fait d'exister délibérément.
« Tu n'as pas besoin de te dépêcher si désespérément, Weasley. » lança Malfoy d'un ton traînant. « La phrase 'le temps est de l'argent' n'est pas à prendre au pied de la lettre, tu sais. »
« Malfoy ! » s'exclama Harry.
Les yeux de Hermione n'étaient plus que deux fentes sous le coup de la haine.
Malfoy s'éloigna sans un regard.
« Je vais reconsidérer toute cette amitié que tu voulais, Harry. » dit Ron avec une respiration à peine contrôlée. « En fait, je vais reconsidérer toute l'idée 'tuer est mal' dans ce cas. »
Harry se mordit les lèvres.
Il était renversé d'avoir été surpris, quand il savait précisément comment était Malfoy. Malfoy avait juste agi comme il le faisait toujours… et Harry était abasourdi d'avoir oublié, et d'avoir presque aimé le bâtard.
§§§§§§
Harry était épuisé.
Il avait défendu Malfoy toute la journée contre Hermione et Ron, ce qui était problématique puisqu'il était foncièrement d'accord que le comportement de Malfoy était impardonnable. Il voulait aussi avoir une conversation sévère avec Malfoy au sujet de Ron.
Pourtant, il n'avait absolument aucune intention de laisser tomber cette… bizarre forme d'amitié. Il se demandait même, avec une sorte d'anticipation à moitié honteuse, ce que Malfoy avait prévu pour ce soir.
Hier avait été… intéressant.
Et il n'y avait pas grand-chose d'intéressants ces derniers jours.
Harry parcourut du regard le paysage gris pour trouver une tête blonde, cette étrange anticipation faisant des étincelles au fond de lui.
Il n'y avait pas un seul signe de Malfoy.
Et, après trois-quarts d'heures, il devint très clair qu'il n'allait pas venir.
Il faisait froid dans les environs du lac.
La colère grandissante de Harry le tenait au chaud.
Quand il retourna violemment vers l'école, il était totalement rouge.
À suivre
