Chapitre 3 "ne pas se faire remarquer, surtout ne pas bouger"

Aujourd'hui M. Leigner, notre illustre professeur de lettre, nous dis les deux mots que je détestais le plus sur cette Terre : « travail d'équipe », encore une idée tordue de ce vieux fou.

Naturellement, tout le monde était déjà en groupe. JE me retrouvais donc confrontée à l'une des plus humiliantes scènes de ma vie quotidienne :

-« monsieur Leigner ? Excusez moi, mais je n'ai pas de camarade disponible pour effectuer ce travail » Je dis cela de la manière la plus silencieuse possible de peur que quelqu'un ne m'entende. Chance aujourd'hui, les bavardages couvraient ma question.

Il s'adossât a mon pupitre, et planta ses yeux jaunes de crocodiles dans les miens et me dis : comme d'habitude, mademoiselle Walter, faites le seule .

-« Bien, jeunes gens, après la constitution de ces groupes, je vais maintenant passer à d'horribles révélations vous concernant : résultats des dissertations que vous m'avez rendus . Quelqu'un pourrait-il me dire quel était le sujet ? »

Je levai la main automatiquement.

-« oui mademoiselle Walter »

-« La vision des femmes à travers l'œil masculin depuis la révolution française »

-en effet mademoiselle Walter, ce fut le sujet que je vous avais demandé de préparer. Mais il semblerait que certains d'entre vous n'ai pas compris l'intitulé du sujet ou sont foncièrement idiots

- une copie se démarque néanmoins de ce tas d'imbécilités, cette copie sera affichée dans la classe pour que vous autres, tas d'ignards vous compreniez enfin comme réfléchir par vous-même et non grâce à votre Linternet ou je ne sais quoi.

-c'est Internet, monsieur Leigner, le corrigea un élève

-Peu importe, monsieur Stein c'est la même chose, vous vous croyiez supérieur parce que vous jouez dans l'équipe de football du lycée, vous êtes adulés, connu. Mais permettez-moi de vous dire que vous ne connaissez rien aux femmes. Mais alors rien du tout. Devenez gay cela sera plus simple pour vous mon pauvre garçon.

La classe s'esclaffa, ce pauvre mec, Loyd Stein, ne savait plus quoi rétorquer.

Intérieurement je me dis : ce prof à une si grande repartie. C'est un génie.

Monsieur Leigner s'arrêta à mon pupitre, pour la seconde fois de l'heure

-Mademoiselle Walter, excellent travail, très pertinent et je dirai même qui mérite qu'on s'intéresse davantage à votre vision du monde. Continuez comme cela, et vous irez loin. Me dit-il avec les yeux brillants de fierté.

Je murmurais : c'est bien mon intention monsieur.

Une boule de papier mâché m'atteint. Je me retournai et vis Sophia Lens, reine des harpies de ce lycée

-« pssss : dis donc l'invisible, explique moi comment tu as pu faire un devoir aussi génial, sans rien y connaitre dans la gente masculine ? » Je décelais ce ton cynique si caractéristique de la race des populaires.

-« tout simplement que je travaille dur et que je sais aligner plus de deux mots. N'est ce pas Sophia, les seules phrases que tu maitrises et encore je n'en suis pas si sure sont « Regarde comment il est sexy. Comment trouves-tu mon vernis Marissa ? »

Sophia eut un petit cri de surprise étouffé et ne m'adressât plus la parole de l'heure, enfin des vacances bien méritées !

La sonnerie retenti.

Synonyme de Joie, Liberté, Soulagement pour un bon nombre d'élèves. Pour moi c'était plutôt le glas fatal qui devait me conduire à mon prochain cours et me forçant à emprunter les couloirs bondés du lycée de Bayou.