Sans qu'il puisse la retenir, une larme s'échappa et s'écrasa au sol créant un minuscule trou dans cette épaisse couche de neige. Les souvenirs se bousculaient dans sa tête, la mélancolie, la tristesse, la joie le submergèrent.

La neige avait cessé de tomber un instant. Une éclaircit. Les rayons du soleil apparaissaient entre les nuages, puis ces derniers disparurent pour laisser le soleil éblouir l'agent du FBI. En sentant la chaleur due au rayon sur sa peau, il eut comme une impression de déjà vu.

C'était lors d'un été particulièrement chaud dans la capitale Américaine. Booth et Brennan marchait côte à côté vers leur restaurant habituel en début d'après-midi. Ils avaient résolus leur affaire au bout de quelques jours, une affaire difficile qui les avait touchés tous les deux.

Un enfant mort est une chose toujours plus terrible qu'un adulte. Booth avait la haine contre les assassins qui osaient s'en prendre à des enfants vulnérables, innocents, qui ont une longue vie devant eux. Il avait aussi du mal à comprendre pourquoi ça n'affectait pas Brennan plus que ça. Elle lui avait répondu qu'elle voyait sans cesse défiler des squelettes devant elle et qu'elle ne serait pas une aussi bonne anthropologue si elle se laissait submerger par les émotions. Bien que sans jamais l'avouer, elle avait toujours un peu de peine au fond quand elle avait en face d'elle un petit squelette, un enfant qui a été tué.

Ils s'étaient donc assis à leur table silencieusement et avaient commandé juste une bière. Booth avait la sienne entre ses deux mains et la regardait, d'un regard vide. Quant à Brennan elle regardait à l'extérieur.

En voyant la triste mine de Booth, elle mis sa main sur la sienne, et le fixa d'un regard compatissant. A ce geste Booth leva les yeux et plongea dans ceux, azurs, de sa coéquipière. Le soleil se reflétait légèrement dans l'océan de ses yeux. A cet instant quelque chose d'inexplicable se produisit. Ils prirent tous les deux conscience qu'un profond respect s'était installé et qu'une attirance mutuelle s'était accumulée entre eux.

Elle n'aurait probablement pas du faire ça. A chaque fois que leur peau ne faisait que s'effleurer, cela avait l'effet d'une décharge électrique sur elle et sur Booth.

Il devait lutter au quotidien contre la tentation de se rapprocher d'elle, de la prendre dans ses bras, de la toucher, … Il était presque certain que c'était réciproque.

Noyé dans les yeux de l'autre, ils étaient comme connectés. Ils partageaient bien plus dans les regards que dans les paroles, Booth avait l'impression que les yeux de sa partenaire en révélait bien plus que de simples mots. Il la voyait comme elle était véritablement. En un seul regard.

Un peu gênée malgré elle, Brennan rompit ce contact, cette connexion.

- Je vais rentrer.

- Je vous raccompagne.

Elle ne protesta pas. Il posa un billet sur la table, puis la suivit. Sa main prit place au creux de ses reins, comme à son habitude.

Ils étaient arrivés à l'appartement de Brennan, se regardant timidement. Brennan avait ouvert la porte et était entrée, elle regarda Booth puis se décala légèrement de la porte, l'invitant à rentrer, ce qu'il fit sans plus attendre.

Au milieu de la pièce, ils se contemplaient. Éclairée par un rayon de soleil, Tempérance était magnifique, éblouissante. Une envie charnelle s'empara de lui. Il s'approcha lentement d'elle les yeux brillants de désir.

Ils avaient tant résisté, prétextant que ça mettrait en danger leur partenariat. Mais finalement, le meilleur moyen de se débarrasser d'une tentation, c'est d'y céder.

C'est dans cet état d'esprit qu'il s'approcha encore un peu plus jusqu'à sentir son souffle chaud contre ses lèvres.

Un dernier regard vers ses yeux qui étaient devenus un océan de tendresse puis leurs lèvres se scellèrent enfin.

Cela faisait si longtemps qu'ils attendaient cet instant, l'instant où ils ne résisteraient plus et où ils se laisseraient enfin aller.

Brennan avait entrouvert la bouche ce qui permit à Booth d'y laisser passer sa langue qui retrouva la sienne. Ce baiser était d'une infinie douceur. Profitant, savourant pleinement de l'autre. Brennan avait commencé à déboutonner la chemise de son partenaire, pour y rencontrer des muscles parfaitement bien définis. Un torse rendu brûlant par la chaleur de la saison et par le désir qu'il ressentait.

Booth l'avait entouré de ses bras puissants, il voulait la sentir tout contre lui, sentir sa peau délicate. Il avait glissé une main dans sa somptueuse chevelure. Il descendit ses mains le long de sa taille et les passa sous son haut pour se coller encore plus à elle. Il enleva se débardeur rapidement ce qui les avait séparé le temps d'une seconde. Ils se regardèrent profondément. Se demandant au fond d'eux si ce n'était pas une erreur. Les mains de Booth refermèrent dans le dos de Brennan et celle-ci avait les siennes derrière son cou.

Elle était belle. Magnifique. Sa peau satinée brillait sous l'éclat du soleil se couchant à l'horizon, elle avait chaud. Sa poitrine ensorcelante se levait au rythme de sa respiration saccadée. Elle était offerte à lui.

Lentement, très lentement, il déposa un baiser sur ses lèvres. Comme pour la rassurer. Il plongea ensuite dans son cou, embrassa chaque parcelle de sa peau, s'imprégnant de son odeur envoûtante. Leurs désirs dirigeant leurs actes, Booth la plaqua contre le mur derrière elle. Elle gémit de bien être, ses mains se baladaient dans son dos, sur son torse, savourant ses abdominaux et ses pectoraux, puis retournèrent dans son dos.

Il plaça ses mains sous ses fesses, comme pour la soulever, elle sauta sur lui, ses jambes encerclant sa taille. Il se plaqua encore un peu plus contre elle et l'embrassa avec ardeur. Une passion frénétique les avait envahit.

Il la désirait plus que tout à présent, il la voulait. Il voulait lui montrer à quel point elle comptait pour lui, à quel point il tenait à elle, à quel point il l'aimait.

Ils se dirigèrent vers la chambre sans interrompre leur étreinte, sans cesser de s'embrasser ni de se caresser.

Ils passèrent une nuit extraordinaire, une première nuit d'extase entre eux. Ce désir envahissant avait eut raison d'eux. Cette nuit là, ils avaient laissé leur cœur agir à leur place, s'étaient laissés guider par leur sentiments et seulement leurs sentiments.

Le lendemain matin ils furent réveillés par la lumière éclatante du soleil levant dans les bras l'un de l'autre, aucun des deux n'avait osé bouger, de peur de briser cet instant éphémère, où tout était parfais. Elle était blottie dans ses bras, il caressait son ventre de son pouce. Ce moment était parfais, ils ne regrettaient absolument pas ce qu'il s'était produit la veille. Ils auraient voulu rester dans cette position pour le restant de leurs vies.

C'était l'un de ses meilleurs souvenirs qu'il avait. Ils savaient qu'ils avaient fait une erreur ce jour là, mais s'en fichaient. Ils avaient d'ailleurs recommencé. Plusieurs fois même, mais en gardant tout cela extrêmement secret, personne ne devait être au courant. Toute la journée il faisait semblant et quelques soirs, lorsque la tension était trop forte, ils s'abandonnaient l'un à l'autre. Se prouvant leur amour d'une manière authentique. Il l'aimait tant. Il l'avait tant aimé.

Il n'arrivait toujours pas à avaler que tout ça était terminé pour de bon. Il serra ses poings de colère. Le pire dans tout ça, c'était l'effroyable sentiment de culpabilité qui l'habitait. C'était sa faute. Il aurait dû savoir qu'il y avait un complice, il aurait dû prévoir du renfort, il n'aurait jamais dû accepter qu'elle l'accompagne ! Il était en colère contre lui même, contre celui qui a tiré la balle qui a tout changé, contre la terre entière. Il avait perdu la femme de sa vie, sa raison de vivre. Il n'arrivait pas à tenir le coup. Il n'arrivait même pas à se lever de ce foutu banc et à rentrer chez lui. Il en était tout bonnement incapable. Incapable de faire quoique ce soit.

Son odeur lui manquait, sa voix lui manquait, ses regards, ses caresses, ses baisers lui manquaient. Son amour tout simplement lui manquait. Il ne parvenait pas, il ne voulait pas se dire que c'était terminé.
Son cœur était blessé, il en avait mal presque autant physiquement que mentalement. Ce pincement au cœur, cette boule au ventre persistaient. Cette abomination était réelle, trop réelle.


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