Hm, je sais pas si je vous ai prévenu, mais je ne suis pas quelqu'un de ponctuel... Vous avez dut le constater par vous même.

Mais le voilààààà, nouveau chapitre rien que pour vous !

Bonne lecture !

Yume u_u


Chapitre 3 :

-nous sommes la Reine Hélène et le roi Franck, les premiers rois et reines de Narnia.

Bouche ouverte, clignant des yeux, Eustache les observait avec ébahissement.

-heu... bonjour.

Edmund, un peu à l'écart, se passa une main dans les cheveux, les regardant avec prudence.

C'était les premiers humains qui apparaissaient dans la forêt depuis le début. Apparemment, cette forêt serait liée (d'une manière ou d'une autre qu'il n'expliquait pas) à Narnia, et donc régulièrement, des Narniens étaient envoyés ici où ils se matérialisaient peu à peu.

-je suis Eustache, un terrien, et voici mon cousin Edmund, grand roi de Narnia.

-non, c'est Peter le grand roi, rectifia-t-il. Moi je suis juste roi. Edmund le Juste messieurs dames les premiers rois et reines de Narnia, pour vous servir, fit Edmund en faisant une courbette qui aurait pu être comique s'il n'était pas aussi charismatique.

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-à ce soir Pevensie, t'as fait du bon boulot ! S'exclama Jean-Yves en lui donnant une tape dans le dos.

-du bon boulot ? S'étonna Peter en lui jetant un regard surpris. Mais on a rien fait de la journée pratiquement !

-c'est ce que je dis, petit. On est dans une petite ville, pas à Londres, faudra t'y faire. Donc aujourd'hui c'était du bon boulot.

Peter lui grimaça en réponse.

Ils avaient marché dans la rue une bonne partie de la journée, les mains dans les poches et regardant les vitrines d'un air désintéressé. Et le reste du temps ils étaient restés au poste pour noyer leur ennui dans le café.

Pas vraiment aussi passionnant que ce qu'il imaginait, pour être sincère.

Oh bien sûr, il n'espérait pas non plus devoir partir guerroyer comme au bon vieux temps, mais quand même... où trouver de l'action sinon dans la police ?

Ben... pas à la police, de toute évidence.

Il soupira et rajusta le col de son manteau avant d'attraper son sac.

-à demain.

Il sortit du commissariat et fourra ses mains dans ses larges poches, soupirant en profitant de leur chaleur. Il marcha vite au travers des rues, pressé de retrouver la chaleur du foyer familial. Il n'était qu'en octobre mais le froid était déjà là.

-Edmund c'est toi ? S'exclama la voix de sa mère quand il entra dans la maison.

-non, c'est moi, répondit-il en fronçant les sourcils.

Sa mère apparut alors, elle avait l'air affolée.

-qu'est-ce qui se passe ?

-Edmund n'est pas rentré de l'école. Et Eustache non plus. Ils ont séché toute l'après-midi, je suis terriblement inquiète, Peter !

Peter laissa son sac dans l'entrée et sortit en criant qu'il allait le chercher.

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-parlez-nous d'ici, demanda soudain la reine alors que Edmund était en train de bichonner Philippe. Cela fait bien longtemps que nous n'avons pas de nouvelles de ce monde d'où nous sommes aussi originaires.

Il se crispa aussitôt et regarda son cousin.

-vas-y, Eustache, tu connais beaucoup plus de choses que moi après tout.

Eustache lui fit les gros yeux, énervé, mais sous la bouille innocente de son cousin il finit par abdiquer en soupirant.

Commençons par les voitures...

Réprimant son sourire, Edmund caressa les flancs de son cheval adoré, continuant à le bichonner tranquillement.

Il leva les yeux vers le ciel au bout d'un moment et remarqua enfin qu'il faisait nuit. Le soleil devait être couché depuis longtemps.

-Eustache, il est tard, nous devrions rentrer.

Le blond hocha la tête et dit au revoir à la reine Hélène.

-nous reviendrons demain.

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-maman, inutile d'être inquiète, fit soudain Lucy en poussant la porte de la cuisine pour faire face à sa mère.

-Lucy ? Tu sais où ils sont ? Tu le sais, c'est cela ?

Elle sourit doucement.

-si Edmund et Eustache sont ensembles, il n'y a pas de risques. Ils se protègent entre eux, tu sais ?

Elle fit un sourire serein et posa une bise sur la joue de sa mère.

-je vais me coucher, à demain.

Une fois qu'elle fut sortie, la mère des Pevensie se prit la tête entre ses mains.

Elle ne comprenait plus ses enfants, il n'y avait plus que Susan à n'avoir pas changé après la guerre, les trois autres... Edmund était renfermé sur lui-même et colérique, Peter semblait être mal dans sa peau, fuyant la maison et la présence de sa famille, et Lucy semblait avoir perdu la tête...

Comment une mère était censée pouvoir gérer cela ?

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Lucy était assise sur le sol de sa chambre, les yeux dans le vague et un sourire doux aux lèvres.

Elle porta les cachets à ses lèvres et ferma les yeux pour les avaler.

Une douce torpeur l'envahit.

L'ambiance de Narnia remplaça celle qui lui faisait un peu peur, et même si le paysage ne changeait pas, elle se sentait bien, et pouvait sourire plus joliment que Susan, être plus douce que la plus douce des nymphes et être plus bienveillante que sa mère...

Elle les protégerait, tout comme devait le faire une reine.

Avec fierté.

N'était-elle pas Lucy la Vaillante ?

Elle s'allongea sur le sol et, lentement, sombra dans un sommeil profond. Un sommeil de reine...

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Peter courait à travers les rues, n'osant crier le prénom de son frère et de son cousin, ses yeux cherchant frénétiquement une trace de leurs corps quelque part.

Ils étaient peut-être morts, ils étaient peut-être en danger !

Peter craignait tellement les villes de ce monde... Sur Narnia, Edmund savait se défendre, il était roi, il était fort, il maniait l'épée comme personne... Mais ici ?

Que ferait son petit frère contre un voleur ? Que ferait-il contre des hommes saouls ? Contre un violeur ?

Le sang se glaça dans ses veines, et il accéléra l'allure si c'était possible, paniqué au possible.

Puis soudain, il ralentit, hésita puis enfin s'éloigna des réverbères, se dissimulant à peine dans l'ombre.

-on aurait dû faire attention à l'heure, marmonna Edmund, maman va être inquiète...

-ça valait le coup quand même, tu n'es pas content ?

-si bien sûr, ça m'a fait du bien ! Mais quand même, ça me gène un peu de cacher ça à Peter et Lucy...

-on leur dira plus tard, Ed. Mais pourquoi ne parles-tu pas de Susan ?

-je... je ne m'entends pas avec elle, nous avons eu un différent, je te raconterais à la maison.

-mais tu penses qu'on devrait leur dire ?

-je sais pas...

La main de Peter se crispa en poing et il remonta le col de son manteau sur son visage avant de détourner la tête.

Son frère et son cousin passèrent à côté de lui sans lui prêter la moindre attention, continuant leur chemin sans se préoccuper de lui.

-t'as froid ? Demanda soudain Edmund. Tu trembles...

-c'est rien, je suis juste pas habitué. Ça fait trop de bonheur d'un coup.

Edmund eut un petit rire avant de lui passer un bras autour des épaules pour le serrer contre lui.

Les poings serrés dans ses poches, Peter ne dit rien.

Alors comme ça, c'est avec Eustache qu'il avait recommencé ? Leur histoire n'avait aucun intérêt à ses yeux et tout ce qui comptait pour Edmund c'était de sortir avec chaque personne avec qui il allait à Narnia ?

Caspian aussi y était passé où alors son débile de frère réservait son cul pour les personnes de sa famille ?

Dégoutté, Peter ferma les yeux et revint à la lumière du réverbère, observant le dos de son frère et la courbe de sa nuque.

Edmund l'avait bel et bien oublié dans les bras de Scrubb...

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-pardon maman...

-vous ne vous rendez donc pas compte ? Êtes-vous complètement inconscients, ou est-ce que vous n'imaginez pas le souci que je me suis fait ?

-on aurait dû faire plus attention...

-puis-je au moins savoir où est-ce que vous êtes allé ?

Les deux cousins s'échangèrent un regard, hésitèrent avant de baragouiner quelque chose à propos de balade dans la forêt.

Peter ferma la porte avec grand bruit, signifiant par là qu'il était rentré même si cela faisait un moment qu'il les écoutait.

-Peter, mon chéri, Edmund et Eustache sont rentrés !

Il se retint de lui rire au nez et monta directement dans sa chambre sans leur adresser le moindre mot.

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À partir de ce jour, Peter devint invivable pour Edmund et Eustache.

Il se montrait méprisant, arrogant et désagréable avec eux, ne se contentant plus de se montrer froid comme il le faisait jusqu'à présent, mais se montrant malpoli autant avec son cousin qu'avec son petit frère.

Même Susan avait repéré son manège et bientôt elle prit son frère aîné à part pour avoir une conversation avec lui.

-enfin, pourquoi te montres-tu si méchant avec Ed et Eustache ? Ça devient lourd pour tout le monde, ton attitude !

-mon attitude devient lourde pour tout le monde ?

La voix de l'aîné Pevensie était froide et chargée d'ironie.

Susan pinça les lèvres en continuant de le fixer avec mécontentement.

-c'est simplement parce que tu ignores ce qui se passe que tu te permets de juger mon comportement, n'est-ce pas, Su... C'est pitoyable.

Il tenta de sortir mais Susan s'était interposée, s'adossant sur la paroi de la porte en le regardant sévèrement.

-et bien dit-moi ce qui se passe et que j'ignore, comme ça je serais au courant !

Il posa la paume de sa main près de la tempe de sa sœur, se penchant en avant pour la regarder droit dans les yeux avec un sourire désabusé.

-pour faire comme avec Narnia ?

Elle blêmit, ne dit rien. Peter continua :

-oublier, te mentir à toi-même, faire comme si rien ne s'était passé ? Laisse-moi rire...

Il la repoussa alors et sortit sans plus un regard en arrière.

Il la haïssait, parfois.

Et aujourd'hui, il avait l'impression de détester beaucoup de monde.

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-ton frère est complètement timbré ! S'exclama Eustache pendant la pause déjeuné, assis à même le sol dans la cour.

Edmund ne répondit rien, même s'il était parfaitement d'accord.

Il ne comprenait pas le comportement de Peter, c'est vrai que son frère avait toujours été bizarre depuis qu'ils étaient revenus de Narnia, mais c'était différent de maintenant.

Avant, il était mal à l'aise, évitait tout contact avec lui, s'écartant quand il le frôlait, détournant la conversation si par malheur Edmund faisait mine de parler de ça avec lui... Et si jamais Edmund essayait de le mettre au pied du mur pour lui parler d'homme à homme, Peter lui hurlait dessus d'arrêter tout de suite avant de s'enfuir.

Il avait été frustré, mais avait fini par se résigner et laisser faire, attendant simplement que Peter comprenne de lui-même.

Sauf que maintenant, il jouait l'idiot méchant et ça énervait Edmund au possible.

-non mais c'est vrai, quoi, qu'est-ce qui lui prend ? La dernière fois il a limite insinué que je n'étais qu'un intrus et un monstre ! Qu'est-ce qu'il cherche ?

-si je le savais, je lui aurais donné, moi...

C'est vrai, il aurait sûrement tout donné à Peter. Avant comme maintenant, rien n'avait changé pour Ed...

Eustache ne répondit rien, le regardant fixement.

-tu sais...

Edmund leva les yeux vers lui, mais son cousin ne dit rien pendant un long moment.

Il finit par lâcher :

-si tu veux me parler de ce qu'il y a de... de différent entre toi et ton frère, un jour, je t'écouterais, tu sais.

-de différent ? De bizarre tu veux dire, je me trompe ?

Eustache ne le contredit pas. Il haussa les épaules, l'air de dire « c'est toi qui voit ». Edmund apprécia que son cousin ne tente pas de lui arracher les vers du nez.

-je t'en parlerais peut-être un jour. Mais pas aujourd'hui.

-t'inquiète, je suis du genre patient.

Edmund lui fit un sourire reconnaissant.

-merci Eustache. Ce soir, on retourne à la forêt, hein ?

Un peu plus loin, deux personnes les fixaient d'un air presque impassible bien qu'elles avaient l'air crispées.

Mais le passage avait été ouvert, la force revenait en eux, ils retrouvaient tous deux leurs puissances d'antan, et bientôt ils pourront posséder qui ils désirent.

Et ils désiraient Edmund Pevensie.

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-Peter...

Allongé dans les draps, Edmund soupirait de plaisir, complètement abandonné entre les bras de son amant qui passait et repassait sa langue sur son torse.

-tu es si beau, Ed...

L'autre répondit d'un simple gémissement.

-Ed, il faut que tu me dises... est-ce que tu...

Il ne finit pas sa phrase, Edmund avait renversé leur position et l'embrassait avec passion, accroupit sur son ventre.

-demain, Pet... on ne parle pas pendant l'acte.

Peter ouvrit soudain les yeux, le souffle haletant, et se sentant inconfortable dans son pantalon de pyjama.

Demain...

Quelle blague, chaque nuit il avait repoussé les explications, chaque fois ils avaient évité de parler de ce qui les liait, esquivant les déclarations.

Sûrement parce que pour lui, il n'y avait jamais eu de sentiments. Enfin, d'autres sentiments que la fraternité et le désir.

Peter ignorait si c'était la vérité, mais c'était plus simple de penser ainsi. Il le détestait tellement...

Il ferma les yeux et glissa un bras sous ses draps.

Même s'il se dégouttait de devoir faire ça, ce n'est pas comme s'il avait le choix. Ce n'était ni la première fois, ni la dernière qu'il devrait faire ça ne pensant à son frère.

« Demain, Ed... tu me diras tout demain, n'est-ce pas ? »