Rendre à César ce qui est à César.
« Commandant Spock, il y a deux vaisseaux humains situés à une quarantaine de kilomètres. »
Le vulcain releva la tête du rapport qu'il était en train de lire et demanda :
« Quels sont ces vaisseaux ?
-Le vaisseau Enterprise du capitaine Kirk, et le vaisseau Observer. Ce dernier est 35% moins armé que l'Enterprise : il ne semble pas avoir été conçu pour le combat, du moins, pas un combat contre nous.
-Fascinant. »
Un vaisseau civil, donc ? Mais que faisait-il dans l'espace vulcain ? C'était totalement illogique. A moins que la présence de l'Enterprise ne suffise comme escorte aux yeux des humains… Encore plus illogique…
« Est-il possible de capter leur conversation ? Les vaisseaux qui voyagent en groupe doivent communiquer pour ne pas risquer de mettre en danger leurs équipages.
-Bien sûr Commandant. »
Les vulcains voulaient à tout prix savoir qui était le capitaine du vaisseau Observer. Il s'agissait d'un petit vaisseau par rapport aux habituels qu'ils abattaient. Quelques commandants l'avaient aperçu au loin dans leur senseur, mais il s'échappait dès qu'ils tentaient une approche. Ils en avaient donc conclu que ses propres senseurs devaient être de très longue portée et que sa vitesse était supérieure à celle des vaisseaux de combat de Starfleet. Quelques prisonniers humains en avaient vaguement parlé entre eux, comme quoi il était l'antre d'un groupe d'enquêteurs spatiaux mais rien de plus : ils refusaient de leur dire le nom du capitaine ni sa description.
« Commandant, le vaisseau a dû nous détecter car il se rapproche de l'Enterprise. Mais nous pouvons écouter les communications et aussi leur parler, si c'est ce que vous souhaitez. »
Ils patientèrent quelques secondes avant d'entendre un grésillement annonçant que l'un des vaisseaux allait parler, mais le contenu et surtout les destinataires les surprirent :
« Ohé les vulcains ! Vous croyez que l'on ne vous a pas vus à pirater notre système de communication ?! Non mais c'est quoi cette histoire ?!
-Thomas, calme-toi… Tempéra une voix féminine.
-Non, je ne me calmerai pas : ils nous espionnent comme ça, sans rien dire, alors qu'on ne cherche même pas les ennuis ! Bande de gobelins au sang vert !
-Thomas… »
Spock décida d'intervenir : de toute évidence, les humains savaient ce qu'ils faisaient, alors autant se présenter.
« Ici le Commandant Spock. Etes-vous le capitaine de l'USS Observer ?
-Non, je suis le docteur Weber, médecin de bord et second du capitaine Mc Taylor. Et j'apprécie moyennement cet espionnage, monsieur le vulcain.
-Je souhaite parler à votre capitaine.
-Il n'est pas disponible et m'a confié le vaisseau avec pour unique consigne de n'avoir aucun contact avec vous le temps qu'il puisse reprendre le service.
-Dans ce cas, pouvez-vous le rappeler et lui spécifier que cette communication est de la plus grande importance ?
-Je répète qu'il n'est pas disponible, et j'ajoute même qu'il se trouve dans mon infirmerie depuis deux jours pour des gros problèmes de santé. Alors fichez-lui la paix : avec la maladie qu'il a, il n'a pas besoin d'être dérangé. Si vous avez un message à lui dire, je peux lui transmettre dès qu'il sera en état. »
Le médecin de bord n'était pas décidé à le laisser parler au capitaine, mais le vulcain réfléchit : si ce capitaine était souffrant comme il avait été annoncé, il allait devoir attendre que ce capitaine se rétablisse suffisamment pour pouvoir communiquer avec lui. Il allait annoncer qu'il prendrait contact plus tard lorsqu'un bruit sec et une voix inconnue se firent entendre, plus rauque et faible que celle du docteur :
« Ici le capitaine Mc Taylor, je viens d'assommer mon médecin. Vous êtes le Commandant Spock, n'est-ce pas ?
-Le docteur a dit que vous étiez indisponible pour raisons de santé.
-Oui, mais comme je l'entendais depuis l'infirmerie, j'ai préféré venir pour éviter un incident. Et justement je cherchais un vaisseau vulcain pour une livraison spéciale.
-Une livraison ? » Le vulcain était perplexe.
« J'ai dans ma salle de chargement une dizaine de caisses contenant des artefacts vulcains en provenance d'un repaire de pirates orions. Mon équipe a été chargée de vous les rendre. Pouvons-nous convenir à un lieu de rendez-vous pour faire le transfert ?
-Capitaine, vous êtes malade ! S'exclama une voix un peu plus lointaine. Ils vont vous tuer dès qu'ils en auront l'occasion !
-Toi : la ferme ! Répondit une autre voix agacée. Il sait ce qu'il fait alors laisse-le ! »
Le capitaine soupira et Spock haussa un sourcil : cette mission n'était pas au gout de tous dans ce vaisseau… Mais s'il y avait des artefacts dérobés, il fallait les récupérer et détruire le vaisseau n'allait pas aider.
« Il existe une plate forme sur un astéroïde à trois cent kilomètres d'ici, annonça le Commandant d'une voix plate. Il s'agit d'une ancienne base de marchands. Dans quatre heures.
-Cà me va. Alors à bientôt et évitez de nous tirer dessus là-bas, ce serait gentil. Mc Taylor terminé. »
La communication cessa et les vulcains présents sur la passerelle se tournèrent vers leur commandant, légèrement perplexes :
« Commandant, pourquoi ne les attaque-t-on pas ?
-Leur vaisseau contient des artefacts qui ont été volés par des pirates et ils comptent nous les rendre. Les attaquer maintenant risquerait d'abimer les objets. Et la base indiquée est souvent une cachette pour les gorns. Ils auront peu de chance de s'en sortir indemnes. Nous lancerons l'assaut une fois qu'ils seront de retour dans leur vaisseau. L'Enterprise ne va pas rester avec eux indéfiniment. »
Ils avaient déjà essuyé plusieurs échecs avec l'Enterprise, et préféraient se rabattre sur cet autre vaisseau moins armé. Si le capitaine Mc Taylor était comme les autres humains, il serait aisé à vaincre et à maitriser, tout comme l'équipage.
Les communications suivantes furent quelques consignes fournies entre les deux vaisseaux de Starfleet : apparemment, l'un d'eux volait trop vite par rapport à l'autre et il fallait réduire un peu la vitesse. Et aussi les coordonnées de la base vers laquelle il fallait se diriger. Tout allait comme prévu.
Ce ne fut que trois heures plus tard qu'ils perçurent des communications intéressantes :
« Capitaine Mc Taylor ! Nos scans détectent des signes de vie gorn dans la base. Il y doit y en avoir une centaine !
-Et ben on va dire que l'accueil nous a été préparé. Jim ! T'es en ligne ?
-Erwann ? Il y a un souci ?
-Ouais : une centaine de futurs sacs à main en peau de reptile qui nous attendent en bas.
-Okay… Je t'avais dit que c'était un piège. Mais tu ne m'écoutes pas.
-J'aurais peut être dû t'écouter, ô toi grand capitaine de l'Enterprise.
-Et pour la cargaison, qu'est-ce que tu en fais ?
-Là, honnêtement, j'ai envie de tout leur téléporter sur cette base, au milieu des gorns et de repartir. Je dois retourner au spatiodock pour ravitailler le vaisseau, je n'ai pas que ça à faire !
-Mais si les gorns prennent les objets ou les cassent, ils vont avoir une raison de plus pour nous tirer dessus, objecta le docteur Weber qui était visiblement de retour. Non, il va falloir éliminer les gorns et tout déposer avant de se casser vite fait d'ici.
-Bonne idée Thomas. Jim, ça te dit une petite séance de ménage ?
-Hé oh ! Je ne fais pas tout tout seul ! Tu as intérêt à y mettre du tien !
-Sans problème : tu prends tes meilleurs combattants, je prends les miens et on y va.
-D'accord… Ce sera un moyen de déterminer lequel de nous deux est capable de tuer le plus d'ennemis.
-Un concours ?
-Ouais : celui qui tue le plus de gorns remporte la victoire !
-D'accord. On se rejoint dans 20 minutes en bas.
-20 minutes, pas plus. Sinon je ne t'attends pas.
-T'inquiète, à tout' Jim !
-A plus Ewy ! »
Les vulcains s'échangèrent un regard : avaient-ils bien entendu ce qu'ils avaient entendu ?
« Il vont faire un concours…
-Ces humains sont des barbares…
-Fascinant… Dit Spock. Ils auraient pu simplement laisser les artefacts sur la base et partir tout en nous laissant les gorns, mais ils ont décidé de les éliminer avant de décharger. Vraiment fascinant : ce capitaine Mc Taylor doit tenir au bon achèvement de sa mission. Setek, avez-vous effectué des recherches sur ce Mc Taylor ? »
Un vulcain assis devant un puissant ordinateur hocha la tête et pianota quelques instants avant de prendre la parole :
« Erwann Mc Taylor, 29 ans, capitaine de l'USS Observer depuis 2 ans et 5 mois. Lui et son équipage sont généralement chargés de résoudre les délits et les crimes dans le domaine spatial. Il a été blessé plusieurs fois au cours de ses enquêtes, mais s'en est toujours sorti. La population humaine apprécie ce capitaine presque autant que le capitaine Kirk, avec qui il semble entretenir des liens que les humains appellent amitié. La seule chose qui lui est reprochée est une altercation avec un andorien nommé Anthon. Ils avaient apparemment un extrême désaccord. Son équipage est essentiellement composé de scientifiques et de quelques tacticiens. Il est noté que plusieurs travaux de recherches sont en cours dans ce vaisseau, dont la plupart sont consacrés à la lutte contre les maladies les plus graves. »
Il s'agissait donc d'un capitaine assez connu et apprécié. Parfait.
« Nous capturerons ce capitaine. Et si son vaisseau est spécialisé dans la résolution de crimes et dans la recherche, il pourrait être intéressant de consulter ses données. »
Spock allait donc modifier sa stratégie : il ne voulait pas détruire ce vaisseau qui contenait certainement des informations très intéressantes. Il songea à aborder le vaisseau, ce qui serait une méthode moins destructrice, même si elle risquait de prendre un peu de temps. Les humains étaient une espèce assez faible physiquement, et moins endurante. Même s'ils allaient devoir affronter une centaine d'humains, ils réussiraient.
« Commandant, intervint une femme vulcaine. Dois-je vous rappeler qu'aucun de nos vaisseaux n'a pu approcher l'Observer dans un rayon minimum de quarante kilomètres ? Le seul qui a réussi à aller au plus près était le T'Gar et c'était à 46 kilomètres de distance.
-Je suis convaincu que nous nous approcherons bien plus près. Et s'il faut du temps pour y parvenir, nous le prendrons. »
Dans l'USS Observer, un médecin venait de rejoindre le capitaine qui l'attendait assis sur un bio-bed :
« Erwann, commença Thomas en attrapant son ami par les épaules. Tu me promets d'être prudent. Ne tente pas le diable, si tu sens que ton corps ne tiendra pas longtemps, tu demandes à être téléporté au vaisseau, d'accord ?
-Oui doc, je ferai attention.
-Je ne plaisante pas Erwann : ta maladie a encore gagné du terrain depuis tes derniers scans. Tu dois à tout prix ménager ton corps. C'est le seul moyen de gagner du temps.
-Du temps pour quoi ? Je suis en sursis depuis 2 ans Thomas, et tu le sais. Si je suis encore en vie, c'est grâce à toi.
-Ouais, ben je tiens à ce que tu restes en vie le temps qu'on trouve un remède à cette merde qu'on t'a injectée. Et au fait, tu sais ce qui est arrivé à celui qui t'a fait çà ?
-Non, l'amiral a refusé de me dévoiler son identité et m'a juste dit que c'était quelqu'un qui avait des relations dans Starfleet. Je ne sais rien de plus.
-Dommage car ce fumier mériterait qu'on la lui refile cette maladie… Bon, tu es certain de pouvoir descendre en bas et coller une raclée aux gorns ?
-Oui, et je ne serai pas tout seul : il y aura notre équipe de sécurité, Jim et la sienne. On va faire un véritable carnage. Et puis il y'a la mission à finir. Et après, on va se reposer jusqu'à la prochaine !
-Abruti… Allez, file poutrer ces reptiles avec ton pote et ne me ramène pas de souvenir.
-Pour une fois qu'on lui fait des cadeaux…
-J'en ai un peu marre des armes ennemies que tu me ramènes en pièces détachées et transpercées par une flèche. Je ne vais pas en faire une collection, tout de même.
-Ben pourquoi pas ? Promis, je te ramène une tête la prochaine fois.
-Non pas question ! File de mon infirmerie ! »
Le capitaine ne se le fit pas redire une nouvelle fois et sortit en vitesse pour attraper son arc ainsi que son carquois. L'équipe de tacticiens était déjà prête et l'attendait de pied ferme. Il noua rapidement ses longs cheveux à l'aide d'un ruban et se positionna sur l'aire de téléportation : il était temps d'y aller.
La base dans laquelle ils apparurent était plus grande qu'elle n'en avait l'air vue du vaisseau. Le sol et les murs étaient particulièrement sales et peu entretenus.
« Phiou ! Cet endroit n'a pas nettoyé depuis quand ? Plaisanta le capitaine Kirk qui venait également d'arriver. Erwann, c'était ça le ménage dont tu me parlais ?
-Non, ça je le laisse aux volontaires, répondit son collègue qui vérifia si son masque était bien attaché avant de se tourner vers tous les hauts d'uniformes rouges. Bon les gars, je vous rappelle que les gorns sont des reptiles humanoïdes : ils ont la peau recouverte d'écailles, alors n'essayez pas d'attaquer à mains nues. Vous utilisez vos phasers, et si vous tenez absolument à user de votre couteau, visez les yeux ou la peau sous le menton : ce sont les deux points faibles de cette armure naturelle qu'ils possèdent. Ils sont très puissants et très endurants, mais leur vitesse et leur agilité laissent à désirer. Restez en mouvement et hors d'atteinte de leurs griffes. Ils sont une centaine et nous sommes 24, alors on fait attention. N'attaquez pas seul si vous voyez un groupe d'adversaires : ils peuvent facilement vous submerger. Des questions ?
-Capitaine, interrogea un jeune membre de son équipe. Comment allez-vous faire avec votre arc ?
-A votre avis Ensign, pourquoi j'ai parlé des yeux comme point faible ? »
Il y eut un silence dégouté, puis le capitaine reprit :
« Les pointes de mes flèches sont suffisamment dures pour passer les écailles mais ce n'est pas toujours efficace pour tuer du premier coup. Ces créatures ont la peau dure, alors méfiez-vous, compris ?
-Oui, capitaine ! »
Les deux capitaines se sourirent et préparèrent leurs armes. Jim ricana et donna l'ordre de se mettre en avant : une base à nettoyer, ça n'allait pas se faire tout seul.
« Commandant, les deux vaisseaux humains sont en train d'attaquer les gorns dans la plateforme ! »
Les vulcains avaient pris leur temps pour arriver, afin d'être sûr que les équipages adverses soient déjà occupés. Ils n'avaient pas songé que les envoyer sur une plateforme envahie de gorns leur aurait donné l'idée d'une compétition. Ils avaient plutôt pensé à un retrait pur et simple des deux vaisseaux ou bien à l'annonce d'une négociation. Spock connaissait suffisamment le capitaine Kirk pour savoir que ce dernier ne craignait pas d'affronter des adversaires sur une base désaffectée, mais le capitaine Mc Taylor restait une énigme : ils n'avaient pas suffisamment de sources, et les prisonniers en parlaient peu entre eux.
La seule chose dont la flotte vulcaine était sûre, c'était que le vaisseau était très difficile à approcher (impossible était illogique dans le sens où ils pouvaient scientifiquement parlant le faire) et très rapide. Ils étaient plusieurs commandants à avoir aperçu l'Observer au loin et capté dans leurs senseurs, mais il restait toujours éloigné et prenait la fuite dès qu'ils tentaient une approche. Il restait loin des combats, ne les attaquait jamais, parfois ils le voyaient s'approcher des épaves de vaisseaux afin de les scanner à la recherche de survivants, ils en avaient donc conclu qu'il s'agissait d'un vaisseau consacré au sauvetage. Mais des prisonniers en avaient parlé: un petit vaisseau très rapide, abritant un équipage d'enquêteurs et de scientifiques, que l'on appelait pour la moindre affaire qui sortait de l'ordinaire, ou pour des missions d'exploration spécifiques.
Ce vaisseau qui abritait un capitaine armé d'un arc avait fait hausser plus d'un sourcil aux vulcains du Conseil : était-il dangereux ou non ? Les informations manquaient. Le Conseil avait donc décidé d'en savoir plus au sujet de l'Observer et de son équipage : quelles étaient leurs missions ? Plusieurs commandants avaient signalé sa présence près des bases ennemies abandonnées sur des astéroïdes, ou bien sûr près de certains vaisseaux, militaires ou civils. Une sorte de jeu s'était rapidement installée entre quelques commandants : s'approcher le plus près possible de ce vaisseau-fantôme afin d'en retirer le plus d'informations possible. Un défi que beaucoup avaient abandonné car l'Observer était insaisissable, mais un suivi restait, et chaque Commandant qui parvenait à s'approcher plus qu'un autre était certain d'impressionner ses collègues. Spock avait décidé de jouer gros : s'approcher du vaisseau ainsi que de l'équipage, et de capturer le tout si possible. Il allait prouver que l'Observer n'était pas si intouchable que ça.
« Commandant, les gorns se font massacrer. Et les capitaines Kirk et Mc Taylor comptent leurs propres victimes.
-Est-il possible d'écouter les conversations ?
-Bien sûr Commandant. »
« Cinq ! J'en ai eu cinq ! Clama Jim qui sauta par-dessus un ennemi tombé au sol pour continuer l'assaut et qui éleva la voix pour interpeller son ami. Erwann ! J'en ai eu cinq !
-J'en suis à sept, répondit l'archer qui se trouvait à une dizaine de mètres à sa gauche.
-Le fumier… Je ne vais pas me laisser dépasser par Robin des bois ! »
Les gorns avaient beau être très puissants physiquement, mais leur intelligence laissait parfois à désirer. Ils brisaient le sol pour en arracher des morceaux et les jetaient sur les humains qui devaient sans cesse rester en mouvement pour les éviter. Les tacticiens tiraient sans relâche, les capitaines donnaient leur maximum : chacun voulait finir cette tâche au plus vite.
Erwann vit le reptile humanoïde courir vers lui en rugissant. Il prit rapidement une flèche, la mit en place, visa et tira. Le trait se planta dans la gueule de la créature qui s'effondra net.
« C'est bon à savoir, çà… Se dit-il avant de se tourner vers un autre adversaire. Suivant. »
Il allait tirer quand un couloir étrangement désert l'interpella : pourquoi était-il vide celui-là ?
« Jim ! Il y a un couloir que l'on n'a pas vérifié ! Tu viens ?
-Plutôt deux fois qu'une. Mais il est vide ce couloir.
-Et la salle au fond, tu crois qu'elle l'est ?
-Je ne sais pas. On va voir ? On peut laisser nos tacticiens cinq minutes ? »
Ils se dirigèrent dans le lieu vierge de tout cadavre de gorn, le capitaine aux cheveux noirs en profita pour contacter son vaisseau :
« Mc Taylor à la passerelle. Répondez.
-Capitaine, ici la lieutenante Dassler. Qu'y-a-t'il Capitaine ?
-Quelles sont les pertes ennemies, Lieutenante ?
-Avec l'aide de l'Enterprise, les pertes sont de 45%, Monsieur. Nous allons pouvoir téléporter la cargaison restante dans la zone sécurisée par les équipes de sécurité.
-Super. Et dîtes : le capitaine Kirk et moi-même nous nous dirigeons vers une salle un peu isolée. Est-ce qu'il y a des signes de vie à l'intérieur ?
-Cette salle contient le générateur d'énergie de toute la base et les scans détectent deux gorns à l'intérieur.
-Je vois… Merci du renseignement, Lieutenante. On se revoit dans peu de temps.
-Faîtes attention Capitaine.
-Vous de même. Et si des vulcains approchent du vaisseau, vous savez quoi faire.
-Oui, la procédure 14b. Ne vous inquiétez pas, nous sommes très vigilants.
-Super, à tout à l'heure. Mc Taylor, terminé. »
Il se tourna vers Jim qui attendait les renseignements avec impatience :
« Il s'agit de la salle du générateur et il y a deux gorns à l'intérieur. Cà te va ?
-Et bien on en a un chacun. Allez, on fonce ! »
Ils se mirent à courir dans la direction de la salle, laissant leurs tacticiens s'occuper du reste.
Le générateur était un immense cylindre recouvert de métal : il leur était impossible d'en voir l'intérieur. Ils trouvèrent un gorn qui semblait occupé à taper quelque chose sur une commande fixée à ce générateur. Le bruit semblable à un rire qu'il laissait échapper ne rassura pas les deux capitaines et Erwann eut le réflexe de tirer de peur d'être repéré.
La flèche se planta dans la nuque du reptile qui s'effondra et les deux hommes s'approchèrent, incertains. Ce qu'ils virent les horrifia plutôt qu'autre chose : un compte à rebours.
« Il a déclenché l'autodestruction de la base ! Réagit Jim. Il faut stopper ce truc !
-Tu penses pouvoir le faire ? Demanda l'archer en tentant de conserver un ton calme.
-Non, pas sur ce modèle : ce truc m'est totalement inconnu. Et toi ?
-J'ai une tête à savoir désamorcer un générateur, peut être ?
-Donc non, tu ne sais pas le faire…
-Evidemment. Par contre, je ne sais pas si tu as remarqué mais…
-Où est le deuxième gorn ? »
Un fracas retentit tout près d'eux, accompagné d'un grognement à glacer le sang.
« Il est derrière nous, n'est-ce pas ? Tenta Erwann qui n'osait pas se retourner.
-Oui. On court ?
-On court. »
Ce fut ainsi que les deux vaillants capitaines rejoignirent leurs tacticiens en sprintant comme des dératés.
L'équipage vulcain s'était entre temps téléporté sur la base pour récupérer la cargaison. Profitant de l'absence d'humain, ils mirent en place le transfert des caisses dans la salle de chargement de leur vaisseau : il y en avait 12 à ramener sur leur planète.
Le commandant Spock prit trois gardes avec lui pour faire un contrôle rapide : où en étaient les humains avec les gorns ? De son couloir, il eut le loisir de voir les deux capitaines courir à toute vitesse vers leurs équipes, poursuivis par un guerrier reptilien mesurant au 2m20 de hauteur, tout en muscles et en écailles. Mais il fut surtout alerté par les cris de Mc Taylor :
« Cassez-vous de là, ça va exploser ! »
Il haussa un sourcil, puis entendit les deux capitaines donner des ordres d'évacuation d'urgence tout en continuant de courir : l'heure n'était plus au massacre mais à la fuite.
« Capitaine ! Alerta un membre de la sécurité. Il y a un gorn derrière vous ! »
Sans blague… Songea Erwann avec un sarcasme qu'il préféra taire. Il se préféra contacter son vaisseau :
« Mc Taylor à la passerelle. Répondez !
-Ici la passerelle. Que se passe-t-il Capitaine ? Vous avez besoin de renforts ?
-Non, j'ai surtout besoin que vous fassiez téléporter l'équipe de sécurité au plus vite dans le vaisseau. Les gorns ont déclenché l'autodestruction de la base. Il faut évacuer de toute urgence ! Prévenez l'Enterprise. Et s'ils n'ont pas assez de temps pour téléporter leur équipe, aidez-les. On fera les transferts après.
-Compris Capitaine. Mais je ne pourrais pas vous téléporter si vous ne cessez de bouger.
-Désolé, mais là je n'ai pas trop le choix ! »
L'archer esquiva un morceau de sol de justesse en poussant un « Wow ! » de surprise. Ce cri attira l'attention d'un vulcain qui pointa son phaseur dans sa direction.
« Erwann ! »
Jim avait vu l'ennemi se préparer à tirer et avait bondit sur son ami pour le plaquer au sol, évitant ainsi le rayon lumineux.
« Il nous a tiré dessus cet enfoiré ! » Expliqua-t-il à son collègue qu'il aida à se relever.
Erwann vit le tireur et prit une flèche de son carquois pour armer son arc :
« Et ben je vais lui renvoyer la politesse. »
Il lâcha la corde et le trait jaillit dans un sifflement discret. Le projectile traversa la largeur du couloir sans peine et s'enfonça profondément dans le genou droit du vulcain qui hurla de douleur en s'effondrant.
« Maintenant, au tour du gorn. »
Jim utilisa son pistolet phaseur et la créature rugit, de douleur ou de colère ils n'en savaient rien. Mais ce n'était pas suffisant avec la peau recouverte d'écailles.
« Erwann ! Il faut le blesser là où il n'y a pas d'écailles !
-Je crois que je sais où viser. »
Les deux capitaines étaient côte à côte, s'alliant pour faire face à un monstre capable de les écraser. Le brun arma son arc et s'accroupit pour viser : il ne devait pas manquer sa cible.
Le gorn redressa sa tête pour préparer un second rugissement et l'arc se détendit. La flèche s'enfonça dans la gueule du monstre au moment où il l'ouvrait pour faire entendre son cri, lui transperçant une partie du palais et l'obligeant à garder les mâchoires ouvertes.
« A toi de jouer, Jim ! »
Le blond visa sans hésiter et tira. Cette fois, la grosse brute face à eux s'écroula dans un épais nuage de poussière. Les deux hommes eurent tout juste le temps de s'échanger un regard surpris avant de sentir le fourmillement familier des téléporteurs.
De leur côté, les vulcains avaient fini de reprendre la cargaison et deux gardes durent aider le blessé à se lever. Spock s'approcha en fronçant les sourcils : l'articulation était transpercée de part en part. Extraire la flèche allait être douloureux.
« Setek, qu'avez-vous fait pour recevoir un tel projectile ?
-J'ai tiré sur le capitaine Mc Taylor, Commandant, mais le capitaine Kirk m'a vu et l'a protégé en le plaquant au sol. L'autre a répondu en utilisant son arc. Ces humains sont des barbares incivilisés…
-Certainement, répondit le commandant. C'est pour cette raison que je vous conseille d'éviter de trop les provoquer à l'avenir. Nous n'avons plus rien à faire ici, retournons au vaisseau. »
Ils se téléportèrent rapidement, et heureusement pour eux, car la base exposa à peine deux minutes après leur départ.
« Je pensais que les humains exagéraient en disant que la base allait exploser. Réfléchit Spock à haute voix. Mais ce n'était visiblement pas le cas. »
Les deux autres vaisseaux avaient déjà quitté le secteur, mais le vulcain avait récupéré des artefacts volés : c'était mieux que rien.
« Commandant, intervint une femme. Notre vaisseau a pu se tenir à 42 kilomètres de distance de l'Observer. Nous avons fait mieux que le T'Gar. »
L'intéressé eut l'ombre d'un sourire : ça au moins c'était une victoire. Et il comptait faire encore mieux !
