Saeko se tourna pour faire place au détective.

-Bonjour, je suis votre Juan Morales !

Kaori et Mick s'étaient levés, ils faisaient face avec Ryô au nouvel arrivant. « Qu'il est beau ! », ne put s'empêcher de penser Kaori.

L'homme s'avança à l'intérieur de l'appartement, non sans avoir lancé un petit clin d'œil à Saeko.

-Je suis content de te revoir, toujours aussi bien habillée…. Il tourna la tête autour de la silhouette de l'inspectrice, mais d'une manière si délicate et courtoise qu'elle ne put faire autrement que de bafouiller un « Merci ».

-Ah oui, j'oubliais presque ! J'ai croisé Iko et il m'a demandé de te dire de rappliquer le plus vite possible au poste, je crois qu'il a du neuf concernant notre affaire mais il préfère en discuter d'abord avec toi.

-Oui mais, je vais d'abord te… Il ne la laissa pas finir.

-Non. Non tu y vas, je suis un grand garçon tu sais ! Je crois que j'arriverai tout seul à me présenter. Allez, file dépêche toi ! On aura bien le temps de se revoir.

Saeko était un peu abasourdie par l'entrée de sa « pièce maîtresse », il ne perdait pas de temps celui-là !

-Ok, j'y vais. Ryô, je te sonne demain, enfin non, je passerai ici.

Elle quitta les lieux.

-Bon ben voilà une chose de faite ! A nous maintenant ! lança fièrement Juan à l'attention de trois paires d'yeux exorbitées par ce qu'elles venaient de voir. L'espagnol comprit qu'il s'était un peu vite imposé comme commandant de l'opération.

-Euh…. Oui je sais, j'ai un peu tendance à tout régir de suite ! C'est un petit défaut que j'ai du mal à réfréner…..

« Il est mignon, il s'excuse ! »

-Kaori Makimura, enchantée ! Et ne vous excusez pas, au moins vous reconnaissez vos défauts VOUS ! Elle venait de donner au nouvel arrivant un de ses plus beaux sourires et lui offrit sa main en signe de bienvenue.

-Non mademoiselle, chez moi on ne sert pas la main à une femme, surtout si elle est aussi belle que vous. Il s'avança vers elle d'un pas décidé et vint effleurer légèrement les lèvres de Kaori avec les siennes. Voilà, c'est bien mieux comme ça et plus agréable !

Kaori n'avait pas eu le temps de reculer, sa première réaction ne fut pas pour l'espagnol mais pour Ryô. Elle tourna la tête vers lui, attendant un quelconque geste de sa part……

Mais il ne bougea pas, ne dit rien. Il avait même tourné la tête vers l'escalier.

Mick, lui n'avait pas la même courtoisie que Ryô :

-NON MAIS !!!! OTEZ VOS SALES PATTES DE MA KAORI !

Il lui décocha une droite qui envoya le nouvel arrivant directement contre la porte, qui se ferma brutalement sous le choc.

Kaori n'avait pas prêté une seule attention à Mick et son « uppercut », elle ne quittait pas Ryô, elle voulait croiser son regard quand il se retournerait. « Regarde moi ! Un peu de courage, assume tes choix ! ». Elle était furieuse contre lui, et son attitude indifférente.

Le nettoyeur ne prit pas la peine de se retourner, il monta l'escalier en lançant :

-Je suis fatigué, je vais me coucher.

« Alors tu t'en fous qu'un autre homme m'embrasse ? Ça ne te fait rien du tout ? ».

Kaori sentit son cœur se déchirer en elle, l'homme qu'elle aimait par dessus tout n'avait pas un regard pour elle.

Une main vint se poser sur son épaule.

-T'inquiète pas, s'il n'a pas envoyé son poing dans la gueule de ce type c'est parce qu'il savait que j'allais le faire, sinon je suis sûr qu'il s'en serait chargé. Mick prit tendrement Kaori dans les bras, il avait comprit directement au regard de la jeune femme qu'elle était profondément blessée.

-Alors c'est vous le fiancé ? Juan avait repris ses esprits. Bravo, jolie droite, presque aussi bonne que la mienne, je pourrais vous donner un ou deux conseils pour l'améliorer si ça vous tente.

Ils se retournèrent ensemble sur l'homme qui se relevait, ils l'avaient presque oublié celui-là !

-Non Mick n'est pas mon fiancé, c'est un ami très proche.

-Et je n'aime pas qu'on ennuie mes amies! L'américain reprenait son rôle de protecteur.

-Je voudrais vous présenter mes excuses mademoiselle Makimura, il n'existe pas de telles coutumes en Espagne, je me sers juste de cette ruse pour savoir si une jolie fille a un petit ami ou non. Je ne voulais en aucun cas vous offenser, ni contrarier votre ami. Veuillez excuser, tous les deux, le comportement stupide que je viens d'avoir.

Juan était réellement embarrassé, il aurait aimé ajouter quelque chose d'autre pour se faire pardonner son geste mais ce n'était plus son tour de parler, il ne lui restait plus qu'à espérer que ses excuses soient acceptées.

Kaori se mit à rire, si fort que les deux hommes présents dans la pièce ne purent s'empêcher de l'imiter ! Ils riaient tous les trois comme des fous, Mick dut s'appuyer au canapé tellement il était plié en deux !

-Mais….hahhahahah…pourquoi….ahhahahhah…. vous riez comme ça mademoiselle…hahhaha…….

-Ben…. Hiiiihft ….vous ! Hahhaha….je vous trouve si …..hahahaha drôle !!!

Ils finirent par se calmer peu à peu.

-Dois je comprendre que je suis pardonné ? fit Juan le regard plein de malice.

-OUI !!!Firent en cœur Kaori et Mick.

-Je ne connaissais pas les espagnols avant vous, mais je crois qu'on va pouvoir bien s'entendre ! Et j'ai plein de quartiers très…..très intéressants à vous montrer à Shinjuku, fit Mick l'air devenu vicieux.

-AH non ! Pas ce soir ! Je t'interdis de pervertir notre invité dès le premier jour, objecta Kaori.

-Moui….tu as peut-être raison, mais demain…….je vais vous montrer les meilleurs endroits de la ville !

-LES MEILLEURS ???? Tu veux dire les plus chauds oui ! Je te préviens Mick, encore une proposition de ce type et C'EST LA MASSUE !

-La massue ?? C'est quoi ça ??? Juan ne suivait plus rien à leur petit jeu. « Ils sont fous ces japonais ! ».

Kaori devint cramoisie.

-Euh rien…..juste une petite invention à moi….

-Et tu sais comme j'aime les femmes inventives, surtout au lit….lui bava dessus Mick.

BLAMMMMMM

Massue spéciale « Tu étais prévenu sale pervers ! »

-Ah oui, je comprends mieux ce que c'est maintenant ! dit Juan en pouffant de rire. Merci Mick d'avoir…..donné de ta personne pour que je comprenne mieux, reprit-il encore plus hilare.

Kaori était un peu gênée, elle ne voulait pas se montrer aussi violente devant un invité le premier jour, mais elle n'avait su résister à remettre Mick à sa place comme il se doit.

-A votf serfice Moralfes ! balbutia Mick de dessous l'énorme engin qui venait de lui fracasser le crâne dans le plancher.

Deux heures plus tard.

Mick avait pris congé, il ne servait à rien qu'il reste plus longtemps car de toute façon on ne pouvait discuter valablement de l'affaire sans Ryô et ce dernier n'avait pas donné signe de vie depuis l'épisode du baiser volé.

Kaori et Juan étaient assis dans la cuisine, sirotant une boisson. Ils discutaient de choses et d'autres, Kaori était très curieuse sur la vie en Europe : les coutumes (les vraies !), la nourriture, comment étaient les gens….Juan ne se faisait pas prier pour raconter une tonne d'histoires et d'anecdotes en tout genre sur son pays qu'il aimait tant, et puis il appréciait de plus en plus la compagnie de cette jeune femme qui lui était fort agréable à la vue.

-Je peux te poser une question lui demanda-t-il ?

-Comment pourrais-je refuser de répondre à une seule alors, que je viens de t'assaillir avec des milliers et tu n'en as évitées aucune ! Je t'écoute Morales, pose ta question si tu es un homme ! lui lança Kaori avec un air de défi dans les yeux et un fou rire qui remontait dans la gorge.

Elle s'amusait tellement avec cet homme, qui n'était pourtant encore qu'un parfait inconnu il n'y a pas si longtemps, mais il était d'une spontanéité si déconcertante qu'elle contaminait la jeune femme, qui ne se faisait pas prier pour passer un moment si agréable. Le seul de sa journée en fait.

Elle oubliait tous ses soucis avec lui, il parvenait à l'emmener sur un autre continent, en plein milieu de l'Andalousie dont elle ne soupçonnait pas la beauté une journée avant.

« Il est vraiment charmant cet homme, ah si l'autre là haut pouvait en faire autant ! »

-Ok chef Makimura, je la pose ! Il lui fit un petit clin d'œil qui la fit pouffer de rire. Je sais déjà, et ma joue aussi d'ailleurs, que Mick n'est pas ton petit ami mais y a t-il un autre homme. Il souriait mais son expression montrait que la question n'avait pas été abordée avec légèreté. Je sais que ça peut paraître un peu culotté de m…

- Non, personne, le coupa Kaori. Et non aussi pour ce qui s'agit d'être indiscret, tu ne l'es pas non plus.

Sa voix avait vacillé au premier non, mais si faiblement que ce vacillement ne fut perçu que par Kaori elle-même. Son corps et son cœur savaient qu'elle venait de mentir ouvertement : même si Ryô n'était pas officiellement son fiancé, il l'était dans son cœur depuis longtemps et ça revenait au même. Elle se sentit très triste tout à coup, sa bonne humeur la quitta en un instant. Les évènements de l'après–midi lui revinrent en mémoire……

Si Ryô s'était considéré comme son petit ami, ne fut-ce qu'un peu, il aurait réagi, même très fébrilement au baiser qu'on lui avait volé. Mais rien, non rien. « Il n'a aucun sentiment pour moi……….je vais devoir l'accepter pour de bon cette fois………..il s'est contenté d'aller dormir……...rien……...j'aurais tellement cru à une réaction……..depuis qu'on…. »

-Kaori ? Tu vas bien ??? Je crois que tu m'as un peu oublié !!! Juan l'avait sorti de ses pensées.

Ses joues se rosirent, ses doigts se tortillaient nerveusement, elle était confuse de l'avoir laisser comme ça. « Que doit-il penser ? A-t-il compris à quoi je réfléchissais ? »

Juan déposa tendrement ses mains sur celles de Kaori, elle frissonna malgré elle à ce contact, il plongea son regard dans le sien. Elle était figée, que pouvait-il préparer ? Il lui sourit, ses mains n'avaient pas bougé. Elle se sentit tout doucement s'apaiser, elle ne pensait plus qu'à immobiliser ses pupilles dans les yeux couleur émeraude de l'espagnol.

-Je crois qu'il vaut mieux aller se coucher, rien ne sert de se torturer après de si beaux moments. Tu ne crois pas Kaori ?

« Il…..il….n'a pas pu deviner….il ne me connaît que depuis si peu de temps…. ».

Kaori l'amena à sa chambre, elle prendrait le divan du salon. Juan essaya tant bien que mal de protester mais il céda, il ne voulait pas porter atteinte à la réputation hospitalière de la jeune femme. Ils se dirent bonsoir et allèrent se coucher.

Une longue nuit se préparait pour la partenaire de City Hunter.