Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de J. K. Rowling.
Note : Je voulais poster ce chapitre plus tôt, mais je n'en ai pas eu l'occasion. Il est un peu plus long que le précédent, le suivant devrait l'être autant. Bonne lecture !
La ( presque ) impénétrable forteresse
Une épaisse brume s'était abattue sur la ville ce soir-là, à peine la lune transparaissait-elle derrière les nuages, impossible de voir à deux mètres devant soi. Pourtant, perçaient dans la nuit, comme une manifestation maléfique, deux immenses tours : les tours de la forteresse de Lucius Malefoy.
Le manoir était encadré par de monstrueux murs de pierre sur lesquels s'élevaient pour aller manger les nuages, déchirer le ciel de leurs dents d'acier, de sombres et sinistres gargouilles tout droit sorties des livres de magie noire les plus terrifiants. Même dans leurs plus horribles cauchemars les habitants de cette petite ville du Wiltshire n'avaient vu pareils monstres. Personne ne s'était plus approché du château depuis des jours, personne hormis le valeureux et brave Severus Rogue.
Le professeur Rogue se racla la gorge et lança un regard perplexe à la narratrice qu'il ne parvenait à distinguer dans cet insupportable brouillard.
« Quelque chose ne va pas ? demanda cette dernière, un sourire malicieux sur les lèvres.
- Pourrais-je avoir l'explication aux adjectifs "valeureux" et "brave" que vous m'attribuez ? Ne pensez-vous pas qu'ils sont un peu ... exagérés, disons les choses clairement, conclut le professeur Rogue, une pointe de fierté pour teinter sa lugubre voix.
- Je te l'ai déjà dit, c'est moi qui décide. »
Severus Rogue marmonna entre ses dents, pour toute réponse, un monceau d'injures que la narratrice ne parvint à distinguer.
Il regretta tout aussi vite cette minime protestation car il se sentit porté dans les airs. Sa chute fut conclue par le choc d'une masse dure entre ses cuisses. Lorsqu'il baissa les yeux, non sans une certaine réticence, il aperçut un hippogriffe au plumage blanc, coiffé d'un heaume en argent.
« Mais qu'est-ce ... ! » s'exclama-t-il en se dégageant comme il put de l'assise de son majestueux destrier.
La tentative se révéla catastrophique. Le professeur Rogue dégringola et s'étala sur le chemin rendu boueux par la pluie. Il retira la mixture gluante de ses cheveux et maudit la narratrice.
« Pourquoi un hippogriffe ? » osa-t-il demander.
Il se releva, non sans difficulté, et décrotta sa robe noire d'un coup de baguette. Il lança un regard inquisiteur à la jeune femme. Ses questions se multipliaient, mais il était trop malin pour ne pas se douter que tôt ou tard cela lui retomberait dessus.
Comment ... comment avait-il fait pour se retrouver dans une pareille situation ?
« Parce que c'est classe » fut la réponse qu'il reçut.
Severus porta ses deux mains à ses tempes et les massa. Il sentait le mal de crâne poindre.
« Très bien ... »
Il ne comprenait aucunement les choix de cet étrange personnage. Il n'avait pas besoin de « destrier », ni de quoi que ce soit que la narratrice décide de lui fournir. Il pouvait aussi bien entrer discrètement dans ce fichu manoir et jouer les agents double comme il l'avait toujours fait. Cette mise en scène tape à l'œil était tout bonnement grotesque et trop loin de tout ce qu'il n'avait jamais eu l'occasion de faire.
« Et encore, tu n'as rien vu, se moqua la narratrice qui avait lu ses pensées.
- Vous lisez dans mon esprit maintenant !
- Je fais ce que je veux ! rétorqua-t-elle dans une énième complainte. »
Et ni une, ni deux Severus se retrouva paré d'une épée tranchante comme le diamant et aussi dure que la roche à son ceinturon. Il portait une lourde armure faite du métal le plus solide, brillant comme la lumière des étoiles. Severus brandit son épée et –
« Non ! » s'égosilla le professeur.
En signe de protestation, il croisa ses bras sur son torse – ou plutôt sur l'armure qui le recouvrait.
« Comment ça, non ? toisa la narratrice, choquée que son personnage la contredise.
- Parce qu'en plus je suis votre personnage maintenant ? Depuis quand suis-je votre personnage ?
- Depuis que je fais ce que je veux.
- Bien entendu et moi je suis M – »
Il écarquilla ses yeux noirs en deux billes globuleuses et se mordit la langue pour ne pas prononcer la fin de ce maudit juron. Il s'était fait avoir une fois, on ne l'y reprendrait plus.
« Je n'ai rien dit, rectifia le professeur Rogue. J'aimerais juste comprendre pourquoi je dois brandir une épée. Aux dernières nouvelles, je ne suis pas cet andouille de Gryffondor.
- Ca peut s'arranger, tu sais ...
- Même pas en rêve ! hurla-t-il d'une voix quelques peu tremblante. »
Severus Rogue brandit son épée, quoi qu'à contre-cœur, et la leva haut, fendant les airs, comme pris d'un soudain élan de lucidité. Là, il enfourcha son destrier, suivi de la narratrice, et ils s'avancèrent tous les trois vers l'entrée. L'hippogriffe les souleva et ils s'envolèrent au-dessus de la muraille pour s'enfoncer dans les ténèbres.
Ils ne furent bientôt aux yeux des habitants du Wiltshire, qui avaient curieusement soulevé leurs rideaux et vu ce brillant héros, plus qu'un point lumineux dans la noirceur de la forteresse.
Severus et son fidèle hippogriffe, Sirius –
« Alors là, non. Tout mais pas ça. Vous n'avez qu'à l'appeler James tant que vous y êtes ! protesta le professeur en se cramponnant comme il pouvait à sa monture.
- C'est toi qui vois, répondit la narratrice. »
Le sorcier, exaspéré, prit sa tête entre ses mains et haït plus encore – si c'eût été possible – James Potter et Sirius Black d'avoir été engendrés, avant de prendre une profonde inspiration et de retrouver son calme légendaire.
Nous disions donc ...
Severus et son fidèle hippogriffe, James, planèrent au-dessus des jardins du manoir. La surprise stupéfia le professeur quand il vit, qu'à la place des roseraies qui avaient toujours fleuri autour de la propriété de Lucius Malefoy, d'imposantes tentacules s'agiter. Le sorcier attrapa sa baguette et d'un coup sur sa gauche, d'un coup sur sa droite, il se débarrassa de ces dérangeantes envahisseuses qui cherchaient à s'enrouler autour de ses jambes. En quelques sorts, il neutralisa la plante et put reporter toute son attention à son trajet dans la nuit.
Mais alors qu'il se croyait hors de danger, le sorcier se sentit brusquement vaciller et l'hippogriffe piqua vers le bas. Ils perdaient dangereusement de la vitesse et Severus savait que s'il ne reprenait pas rapidement la situation en main, ils se retrouveraient tous empalés sur l'un des démoniaques végétaux de Lucius Malefoy.
Il s'accrocha comme il put au fantastique animal et stoppa leur infernale chute d'un seul sortilège. Il guida la course de sa monture jusqu'à la terre ferme, non sans quelques frayeurs. Ce ne fut qu'une fois descendu de son destrier, moins bien majestueusement que ce que les lecteurs attendaient, car il se prit les pieds dans sa cuirasse et manqua de tomber, qu'une voix, dure et rocailleuse, vint s'élever parmi les ombres de la nuit.
« Quelque chose ne va pas ? »
Severus Rogue ne reconnut pas là la voix de la narratrice et il aurait juré qu'il n'avait pas parlé.
Il tourna son regard vers l'hippogriffe, puis sur la narratrice agrippée à lui qu'il brûlait de ses yeux noirs.
« Ne me dites pas que ...
- C'est bien moi qui aie parlé, avoua l'animal. Je suis sincèrement désolé de vous avoir fait peur, mais je ne vois presque rien dans la nuit. Vous savez, je me fais vieux et mes sens commencent à défaillir. »
Le professeur Rogue fulmina, se promettant de le faire payer à la narratrice dès qu'il en aurait l'occasion.
Quand il fit volte-face sur le chemin, la gigantesque porte de fer du manoir des Malefoy lui fit face. Deux énormes serpents l'entouraient et un « M » y étaient gravés au centre.
« Tu vois, Sevy, même si tu avais voulu te tromper, tu n'aurais pas réussi, commenta la narratrice qui l'avait rejoint à terre.
- Se-quoi ? s'étrangla-t-il.
- Tu n'aimes pas ? s'étonna-t-elle. »
Severus Rogue l'ignora pendant un moment et observa les lieux. Toutes les fenêtres de la demeure étaient barricadées par des rideaux de fer et il y avait cette immense porte devant lui. Elle ne pouvait être la seule entrée.
Le professeur s'apprêta à faire appel à l'hippogriffe – peut-être pourrait-il le guider tout en haut des tours où il serait possible de pénétrer ce qui était bel et bien une forteresse, mais l'animal s'était éloigné. Il se tenait à quelques mètres de lui, tout près des haies d'un labyrinthe. Il avançait en tâtonnant devant lui, petit pas par petit pas.
Le sorcier porta à nouveau son plus que légendaire regard meurtrier sur la narratrice.
« Ne pouviez-vous pas me trouver un "destrier" de meilleure fraîcheur ?
- Je n'avais plus que celui-ci en stock, se justifia-t-elle en haussant les épaules et occultant l'expression outrée qui naissait sur les traits du professeur. Arrête de faire ton difficile et viens donc te présenter à Lucius Malefoy. Brandis ton épée et défie-le, dit-elle en se postant devant la porte de fer.
- Que je le ...
- Que tu le défies.
- Ca n'a aucun sens, lui fit-il remarquer. Je devrais plutôt trouver un moyen discret et rusé d'entrer dans la demeure, plutôt que de me présenter tout brillant que je suis devant Lucius Malefoy.
- Ne fais pas ton Serpentard ...
- Je suis un Serpentard, rappela-t-il, une expression des plus blasées transparaissant dans son regard. Je ne peux agir que comme tel.
- Mais j'ai décidé que ...
- Bon très bien ! »
Severus Rogue se plaça devant la porte et brandit son épée et pointa sa lame tranchante.
« Montrez-vous, Lucius, que je vous défie. »
Un silence mortel s'abattit sur les personnages. Ce fut la narratrice qui le brisa :
« Sérieusement Sevy, "montrez-vous" ? C'est tout ce que tu as trouvé à dire à l'affreux Lucius Malefoy qui retient la belle Hermione Granger en otage.
- N'associez plus Mademoiselle Granger à la beauté, pria le professeur sur le visage duquel campait tout le dégoût du monde.
- Et moi je te prie d'y mettre un peu plus de cœur ! Même ma grand-mère aurait pu faire mieux.
- Comme si cela allait changer quelque chose, souffla Severus Rogue.
- Mais essaye au moins !
- Pourriez-vous au moins me dire ce que je vais rencontrer derrière cette porte ?
- Non, ça je ne le peux malheureusement pas. Tu dois seul découvrir ta quête. »
Rogue haussa les yeux au ciel et leva à nouveau son épée devant lui. Cette fois-ci plus fort il s'écria :
« Pourquoi te caches-tu donc dans tes ténèbres, ô toi infâme Lucius ! Craindrais-tu de me défier ?! Viens donc, si tu l'oses ! »
Peu convaincu, Severus Rogue se tourna vers la narratrice qui agitait son pouce dans les airs et affichait un air des plus satisfaits sur le visage.
« C'est parfait ! »
Et avant qu'il n'ait pu prononcer un mot, un grincement à faire pâlir les plus braves fit trembler la terre. S'ouvrirent les portes de l'enfer de Lucius Malefoy.
Severus Rogue joignit le pas à la narratrice et ils quittèrent les ténèbres pour s'enfoncer dans de plus sombres abysses.
