Une nuit froide, un matin chaud
Le lendemain matin, l'homme à la cicatrice se leva le premier, il s'approcha silencieusement de Sanji pour vérifier s'il dormait. A la vue de l'expression sur le visage de ce dernier, il resta là à l'observer quelques minutes, imprimant chaque détail de ce qu'il voyait. Il se ressaisi soudain et alla à la rivière pour se rafraîchir un peu. Alors qu'il était dans l'eau, son camarade se réveilla à son tour et se retourna, il vit alors Zoro dans la rivière, l'eau coulant le long de son dos musclé.
Il se surprit à imaginer le trajet d'une goutte d'eau sur le corps du bretteur, partir de sa nuque, descendre lentement sur son cou, effleurer ses épaules, glisser sur ses pectoraux, dévaler ses abdominaux, rouler au creux de son nombril, prendre le chemin de son pubis pour finalement venir mourir sur le haut de son pantalon.
Sanji se releva d'un coup, rouge jusqu'aux oreilles d'avoir eu de telles pensées. Il se rendit alors compte qu'il tenait encore le kimono vert autour de lui et que sous celui-ci, il était en érection. Il se leva d'un bon et se précipita dans l'eau glacée pour calmer l'afflux sanguin, jetant au loin le vêtement de son ami. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est que Zoro, déjà dans l'eau, s'approcherait de lui et qu'il entreprendrait de lui retirer sa chemise qui collait désormais à sa peau fine et pâle.
- Kuso-Marimo ! Mais qu'est-ce que tu fabriques ? dit Sanji troublé.
- Ne rentre pas dans une eau aussi froide tout habillé baka ! répondit le bretteur. Tu vas attraper un rhume avec ta chemise trempée !
Le sabreur continua donc de déboutonner la chemise trempée de Sanji et la lui retira. Le tissu mouillé collant à la peau du maître de cuisine ne rendit pas la tâche facile au sabreur, il mit un certain temps avant d'y parvenir. Pendant l'opération, le cuisinier n'osait bouger alors que l'épéiste avait ses bras autour de lui, ce qui ne l'aida en rien à la résolution de son « petit problème ».
Une fois terminé son travail, l'homme aux cheveux vert sorti de l'eau, étala le vêtement au soleil et ralluma le feu pour que son compagnon puisse se sécher.
Quelques minutes plus tard, Sanji était calmé et se rapprochant du feu, il chercha un sujet de conversation.
- Il faudrait songer à sortir de cette forêt. commença-t-il. En longeant la rivière on devrait déboucher sur la mer et au moins on aura toujours du poissons à manger.
Voyant que Zoro ne répondait pas, il continua pour se donner un peu de contenance.
- Et puis il y a beaucoup de fruits comestibles aussi, ça sera parfait pour varier un peu les repas ou pour assaisonner le poisson.
Le bretteur gardant le silence, Sanji s'énerva :
- Oye ! Marimo ! Tu pourrais répondre !
- On partira quand tu seras sec. lui répondit-il sans plus de manière tout en fixant intensément le feu.
Si l'homme aux cheveux vert ne disait rien, c'est qu'il était plongé dans ses pensés. Il se surprenait lui-même de sa façon d'agir. Qu'est ce qui lui avait prit ? Depuis quand s'inquiétait-il de savoir si Sanji avait froid ? Qu'est ce que ça pouvait lui faire qu'il saute dans l'eau tout habillé ?
Il n'arrivait pas à se retirer de la tête l'image du cuisinier trempée jusqu'au os, sa chemise rendu transparente par l'eau lui collant à la peau. Les muscles délicatement sculptés qui ressortait sous le tissu, la peau pâle de son compagnon, les deux petits bouton de chair rosée qui se durcissaient légèrement à cause du froid. Il avait voulu arrêté cette vision en lui retirant ce vêtement provocant mais l'entreprise ne fut pas aisée. Et le résultat n'était pas celui escompté. Pourquoi le fait d'avoir ainsi ses bras autour du blond l'avait troublé ? Il avait dû sortir rapidement de l'eau pour que l'autre ne puisse pas voir la bosse qui avait commencé à se former sous son pantalon. Si encore ça avait été Robin ou Nami, il aurait trouvé sa réaction normale mais pourquoi avec ce blondinet de pacotille ? Il fallait absolument qu'ils se remettent en route, ça lui éviterait au moins d'avoir à le regarder ou a lui parler. Suivre la rivière en silence, c'était ça le plan.
