Nouveau chapitre! Bon comme je l'ai dit, à partir de maintenant les chapitres ne seront qu'avec un seul point de vue. Mais de toute manière les deux points de vue seront liés.

Au fait, le plot arrive. Pas maintenant, mais il arrive x)

Bonne lecture !


Chapitre 3 : L'élixir d'Akaashi

ou comment Bokuto demande des cours particuliers


Lundi 5 Septembre


C'était agréable de finir sa journée par un cours de Potions. Malgré l'air glacial et humide qui s'engouffrait dans les Cachots, la douce chaleur des chaudrons sur le feu suffisait à se sentir parfaitement réchauffé. Tout était calme, aucune nuisance ne venait interrompre le bouillonnement des concoctions ni les quelques clapotis des ingrédients incorporés au breuvage. Akaashi y était à son aise, et ce cours prenait toujours fin trop brusquement à son goût : revenir à la réalité, à l'agitation du Château et au bruit des couloirs ne l'enchantait guère.

C'en était presque aussi pénible que de se lever le matin.

— Akaashi, je n'ai pas eu le temps de te féliciter pour tes BUSE.

L'interpellé s'arrêta devant la porte et se retourna pour faire face au Professeur Madoka Yachi. Kenma lui adressa un bref signe de la tête pour signifier qu'il partirait sans lui : il suivit les autres élèves hors de la salle.

Akaashi attendit que la pièce soit entièrement vide pour répondre poliment :

— Merci, Professeur.

À vrai dire, il était ravi d'avoir obtenu un Optimal à son BUSE de Potions. Ce succès dans sa matière de prédilection, même si peu étonnant, lui avait arraché un sourire lorsqu'il avait reçu les résultats des examens.

— Je ne suis peut-être pas la Directrice de ta Maison, mais je ne peux que t'encourager à t'orienter dans le domaine des Potions. Tu en as les capacités. Tu en as déjà discuté avec le Professeur Takeda ?

— Oui, l'année dernière. Mais il m'avait conseillé de ne pas abandonner de matières pour mes ASPIC, si jamais je changeais d'avis.

Le Professeur Yachi hocha la tête en signe d'approbation.

— Sage décision. En tout cas, je peux toujours te donner des recettes de potions de septième année pour le club, si tu as envie de t'entraîner.

— Si ça ne vous dérange pas, merci. J'allais justement y aller.

Elle lui adressa un de ses rares sourires avant de le laisser prendre congé.

Le club de Potions de Poudlard avait été installé, sans aucune cohérence, dans les locaux de Botanique. Akaashi n'avait jamais compris pourquoi cet emplacement avait été choisi, mais cela ne le dérangeait pas. Il possédait l'avantage d'être à l'écart du Château, dans un cadre charmant en cette période froide. Préparer des breuvages entouré d'une multitude de plantes était bien plus agréable que de devoir le faire dans les salles lugubres des Cachots.

De plus, son statut de préfet avait apporté à sa connaissance de nombreux raccourcis fort pratiques pour rejoindre les Serres plus rapidement, et ainsi éviter les couloirs encombrés. En quelques minutes à peine il atteignit donc sa destination, prêt à y rester jusqu'à ce que l'heure du dîner sonne enfin.

Il constata en entrant dans la salle du club, située dans l'une des plus petites serres, que seuls deux troisièmes années étaient présents. Ils semblaient plus occupés à bavarder qu'à se soucier de leur chaudron sur le feu, mais Akaashi s'en moquait. De toute façon, ils s'étaient arrêtés de parler à l'instant même où le Serdaigle s'était installé sur une des tables pour préparer ses affaires.

Tant mieux.

À l'exception de quelques personnes dont il appréciait la compagnie, Sugawara et Kunimi pour ne citer qu'eux, les autres membres du club lui étaient totalement inconnus. Certains venaient uniquement pour s'entraîner et tenter d'améliorer leurs notes, ou bien pour pratiquer une théorie abordée en cours. Rares étaient ceux qui s'y aventuraient par plaisir.

De ce fait, bien qu'il soit officiellement le représentant du club, il n'intervenait que très exceptionnellement dans le travail des autres. Si des élèves lui demandaient des conseils, les yeux embués de larmes, il essayait évidemment de les aider. Seulement, depuis qu'il était devenu le tuteur désigné de Bokuto l'année dernière, il enseignait plus qu'il ne pratiquait lui-même. Et cette liberté commençait à lui manquer.

Akaashi feuilleta d'abord son Manuel Avancé de Préparation des Potions à la recherche de breuvages qui lui étaient inconnus. Il en avait déjà concocté la plupart au cours des leçons avec le Gryffondor, mais certains retinrent tout de même son attention.

Celui-ci avait l'air intéressant. L'élixir d'Euphorie.

Il consulta la recette tout en se demandant distraitement quel effet aurait la potion sur quelqu'un comme Kenma. Nul doute que le résultat serait mémorable, mais la persuasion nécessaire pour lui faire accepter une telle requête relèverait sûrement du divin. Akaashi garda toutefois cette idée dans un coin de son esprit, amusé par cette perspective, et s'en alla récupérer les différents ingrédients.

Il fouilla dans l'armoire du club à la recherche des composants : il n'eut aucun mal à les trouver, tant les figues ou les épines de porc-épic n'étaient pas rares. Il en profita aussi pour prendre son chaudron en argent avant de retourner à son atelier de travail.

Après s'être correctement installé, il versa de l'eau dans le grand récipient, alluma le feu à l'aide de sa baguette magique et commença à préparer sa potion.


Lorsque la sonnerie de fin des cours résonna faiblement dans le calme pesant de la serre, Akaashi était sur le point de terminer sa concoction. Il ne lui restait qu'à ajouter l'infusion d'armoise, mélanger, et la potion serait prête. Et puisqu'il était à présent la dernière personne dans le club, il devait aussi se charger de ranger tout le matériel avant de partir dîner.

Remuer six fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.

Avec satisfaction, Akaashi vit la robe de l'élixir prendre une belle teinte jaune maintenant que l'armoise avait été ajoutée et le mélange entrepris. On aurait facilement pu confondre sa potion avec de l'or liquide tant elle brillait. Il n'en était pas certain, mais il pensait avoir réussi. Pour en être sûr, il aurait fallu la boire, mais...

Non, très peu pour lui.

— Hey ! Akaashi !

L'exclamation qui retentit dans les oreilles du Serdaigle résonna dans toute la serre et faillit
lui faire faire une crise cardiaque.
Ce fut un Bokuto haletant qui apparut sur le seuil de la porte.

En fait, cela ne devrait même pas le surprendre. Qui d'autre que le Gryffondor pour manquer de le tuer déjà deux fois depuis le début de l'année ?

Un soupir répondit au grand sourire que Bokuto lui offrait. Il ne pouvait dire s'il était exaspéré ou soulagé. Et comme d'habitude, il n'eut pas le temps de prononcer le moindre mot que déjà le Gryffondor continuait :

— Je viens de sortir du cours de Potions, la prof a dit que tu étais là !

Akaashi arqua légèrement un sourcil. Comment était-il arrivé si vite des Cachots aux Serres ? Connaissait-il les raccourcis à l'usage des préfets ? Après réflexion, il ne serait que peu étonné d'apprendre que Kuroo lui ait divulgué ces informations.

Le Serdaigle, se concentrant sur la finition de son élixir, se contenta d'un bref :

— Comment s'est passé ton cours, Bokuto-san ?

L'humeur du septième année sembla s'amenuiser aussi rapidement que le sourire de son visage. Il passa nerveusement une main dans ses cheveux, un rire mal à l'aise en travers de la gorge.

— Pas terrible, confessa-t-il, mais bon, c'est que le début de l'année...

Akaashi reposa l'ustensile sur la table, éteignit le feu sous son chaudron, et attendit patiemment que Bokuto se décide à finir de parler. Qu'importe, en fin de compte, il savait déjà ce qui allait suivre. Les yeux du Gryffondor semblaient éviter les siens, maintenant qu'il avait toute son attention.

— … mais comme c'est l'année des ASPIC... est-ce que... enfin... la prof m'a conseillé de... est-ce que je pourrais utiliser le club de Potions pour m'entraîner ?

Est-ce que tu pourras être mon professeur particulier comme l'année dernière ?

C'est du moins ce qu'entendit le Serdaigle lorsque Bokuto balbutia sa demande.

— Oui, si tu veux.

— Cool ! Merci, Akaashi !

Le Gryffondor retrouva vite son sourire et s'approcha d'Akaashi et du chaudron avec un entrain qui ne présageait rien de bon. Le nombre d'accidents qu'il avait causés dans le club dépassait l'entendement. Bokuto lança un regard curieux en direction du breuvage.

— C'est quoi ?

Attristé devant le manque de connaissances du sorcier qui fut son élève pendant un an, il eut presque envie de ne pas lui répondre. Mais à la vue de l'engouement soudain pour sa préparation, de la part de celui qui s'émerveillait toujours pour le moindre détail, Akaashi se demanda un instant si les veines de Bokuto n'étaient pas emplies de cet élixir. Cette idée le fit presque sourire.

— C'est une potion d'Euphorie.

— Pour toi ?

Non, il n'avait plus du tout envie de sourire, le regard froid qu'il lança en direction de Bokuto pouvait en témoigner. Ce dernier paniqua devant l'attitude du Serdaigle : il leva les mains en signe de reddition.

— Non, je ne dis pas que tu en as besoin ! Pas du tout, tu es très bien comme tu es... Je veux dire, tu... non, je me tais...

Il baissa tristement la tête devant l'air courroucé d'Akaashi. Celui-ci continua de le considérer quelques secondes de ses yeux glacials avant de partir ranger les ingrédients éparpillés sur la table, sans un mot.

Il n'avait pas besoin de potion d'Euphorie. Il était parfaitement satisfait actuellement, merci bien.

Il reposa consciencieusement chaque bocal à sa place, en prenant bien plus de temps que nécessaire pour étirer le silence lourd qui pesait dans la serre. Bokuto resta immobile, sans pouvoir formuler une phrase cohérente, même lorsqu'Akaashi se tourna de nouveau vers lui. Il réessaya finalement, l'air défait :

— Désolé Akaashi, je ne voulais pas te vexer... je... je ferais mieux de part-

— Tu crois qu'il se passerait quoi si Kenma en buvait ?

Un moment suffit au Gryffondor pour comprendre les mots d'Akaashi, un instant pour tenter de visualiser la scène, et une seconde pour qu'un rire s'échappe de ses lèvres.

— Faut trop qu'on essaie !

Il ne saurait dire si c'était la fierté de réussir à améliorer l'humeur de Bokuto si facilement ou si son enthousiasme était bien trop contagieux, mais Akaashi avait lui aussi envie de sourire. Il ne le fit pas, mais l'amusement pouvait certainement se lire dans ses yeux.

Puis, pour faire la conversation, ou plutôt pour laisser Bokuto déblatérer passionnément pour le garder de bonne humeur, il demanda :

— Sinon, comment ça se passe avec ton équipe de Quidditch ?

— Bien ! C'est Ushiwaka le Capitaine, je pense que tout le monde se doutait que ce serait lui, mais bon... j'aurais bien aimé avoir le poste quand même. Et Kyoutani revient dans l'équipe ! Enfin, il doit d'abord passer les sélections la semaine prochaine, mais c'est sûr qu'il aura de nouveau sa place, c'est un excellent Batteur !

Akaashi l'écoutait distraitement, tout en versant le contenu de son chaudron dans plusieurs petits flacons pour les garder ou les donner au Professeur Yachi. Il avait l'habitude des monologues enthousiastes de Bokuto : il pouvait facilement faire autre chose en même temps.

Il fut toutefois pris au dépourvu lorsque le Gryffondor conclut brusquement sa tirade :

— J'ai hâte de faire un match contre toi !

Et il avait dit ça avec son grand sourire, et des yeux si brillants qu'Akaashi en fut rapidement sans voix. Il ne put soutenir très longtemps le regard que Bokuto lui lançait, et il porta donc toute son attention sur sa main détenant les flacons.

Puis cela le frappa.

Les iris de Bokuto possédaient la même couleur que la potion d'Euphorie. Ce n'était pas étonnant. Il n'avait peut-être pas tort finalement, le Gryffondor était certainement l'incarnation de cet élixir.

Akaashi cacha à peine son sourire lorsqu'il répondit en relevant la tête :

— Moi aussi.

La septième année le regarda avec surprise, puis proposa, un peu plus nerveusement :

— Hé, Akaashi, ça te dit de venir t'entraîner au Quidditch ? Enfin pas maintenant... On devrait aller manger, mais si on y va vite on aura un peu de temps...

— Désolé, Bokuto-san, je suis de surveillance ce soir...

Mais il rajouta rapidement, avant que la déception ne voile ses yeux dorés :

— Mais pendant un week-end, si tu veux.

Il acquiesça vivement, l'air ravi.

Akaashi savait bien qu'il n'avait pas besoin de potion d'Euphorie : les sourires contagieux de Bokuto produisaient le même effet.


Petite précision:

- Le club de Potions n'existe pas dans les livres, et c'est bien dommage ! C'est dans le jeu vidéo (surprenant n'est-ce pas ?) Harry Potter 6 qu'il y a ce système, et bizarrement c'est localisé dans les serres de botanique, donc j'ai gardé l'emplacement ^^

J'espère que ça vous a plu, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez pour le moment :D