coucou tout le monde! ça fait longtemps n'est-ce pas? :3
bon, le dernier chapitre n'est pas encore pour aujourd'hui désolé ^^'' cette histoire est vraiment très longue x3 plus que je ne le pensais...
mais bon voici la suite, normalement (si je ne dis pas de bétises...) il devrait y avoir encore 2 chapitres sans compter celui que je vais vous donner aujourd'hui =)
sur ce bonne lecture les gens!
POV Scylla (mon POV interne vous avait manqué hein ? ~)
Que se passait-il ? Pourquoi avoir embarqué papa en pleine nuit, sans raison? Ou est-ce qu'ils l'avaient emmené ? Assise dans le fauteuil favori de papa, je regardais par la fenêtre, fixant le lever du soleil. Il n'était toujours pas rentré…Avait-il fait quelque chose de mal ? Non, impossible, papa respectait les lois, il n'a jamais oublié les taxes qu'il devait payer, il n'a jamais ignoré un malade, même s'il ne pouvait payer.
Alors pourquoi ? Pourquoi l'avait-on arrêté ? Etait-ce lié à sa discussion avec Allen Walker ? D'ailleurs, depuis ce jour je n'avais pas revu la tignasse blanche de ce dernier… Je me levais, me dirigeant ensuite vers la porte d'entrée d'un pas lent. Peut-être que lui savait ou était papa. Après avoir enfilé mon petit manteau de laine, je pris la porte, errant quelques temps dans les ruelles de la ville à la recherche de la demeure de Monsieur Walker. Je ne me suis rendue qu'une seule et unique fois chez lui, avec papa bien entendu.
Après un bref instant je réussis tout de même à retrouver le bon chemin, m'arrêtant devant la porte d'une petite maisonnette aux murs sombres, avant d'y donner quelques coups. Rien. Aucunes réponses. Je fronçais les sourcils. Etait-il sorti ? Non…Il était bien trop tôt, et monsieur Walker n'était pas du matin (selon les dires de papa). Peut-être était-il encore couché et qu'il ne m'avait pas entendu. Je frappais à nouveau, plus fort. Toujours rien. Je continuais à frapper, encore et encore, espérant de tout cœur que monsieur Walker finisse par me réveiller.
· Il n'est pas là.
Je sursautais avant de me retourner, me calmant aussitôt. La personne qui venait de parler était une femme assez grande, ses cheveux noirs détachés cascadaient sur ses épaules. Je poussais un soupir de soulagement.
· Bonjour, madame Anita.
Anita était la voisine de monsieur Walker. Elle venait parfois prendre le thé chez papa, aimant discuter de tout et de rien avec lui. La mine sérieuse, la jeune femme demanda.
· Que fais-tu ici de bon matin Scylla ? Pourquoi n'es-tu pas avec ton père ?
· Des hommes ont emmenés papa tôt ce matin… Je me demandais pourquoi alors je suis venue voir Monsieur Walker histoire de voir s'il sait quelque chose.
Le visage d'Anita s'assombrit.
· Je vois…
Elle se baissa à ma hauteur, posant ses mains fines sur mes épaules. Je fronçais les sourcils. Pourquoi cette mine sérieuse ? Papa n'avait rien fait, il finirait par revenir…N'est-ce pas ? D'une voix douce, elle me dit, son regard rassurant plongé dans le mien.
· Il faut que tu sois forte, scylla.
· Vous savez ce qui se passe ?
Elle acquiesça.
· Monsieur Walker et ton papa ne reviendrons pas ma chérie…Les soldats qui les ont emportés l'on fait parce qu'ils ont étés accusés de sorcellerie.
Je clignais des yeux.
· Mais…Papa n'est pas un sorcier, c'est juste un vieux monsieur.
· Je sais ma puce, je sais.
· Mais pourquoi est-ce qu'ils ne reviendront pas… ?
La brune garda un instant le silence, la mine grave.
· Les accusés de sorcellerie ne reviennent jamais… Ils subiront très bientôt la purification par les flammes.
Ou était-il ? Ou diable était-il ? Il ne pouvait avoir disparu… N'est-ce pas ? D'un geste agacé, il passa sa main sans ses cheveux sombres. Il n'aurait jamais dû le laisser partir seul, même s'il savait que c'était la meilleure décision à prendre, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il aurait dû le prendre avec lui. Il laissa échapper un soupir las. Pourquoi était-il si inquiet pour ce gosse ? Pourquoi l'idée même qu'il lui soit arrivé quelque chose le mettait dans une colère noire ? Il ne savait quasiment rien de lui, pourtant... Pourtant l'idée même qu'il lui soit arrivé quelque chose le faisait horriblement culpabiliser. Après tout, avec sa chance légendaire et sa discrétion à toute épreuve, il y avait de fortes chances pour qu'il se soit fait attraper avant de pouvoir passer les frontières.
Une autre idée, plus désagréable encore, s'imposa à lui. Et s'il avait rencontré quelqu'un ? Une femme, ou un homme, qui aurait pu le pousser à repartir d'ici et oublier la promesse qu'il lui a faite… Après un siècle d'absence, peut-être que la pousse de soja s'était amouraché de quelqu'un. Non, hors de question de le laisser à un autre que lui ! La pensée même du jeune albinos entre les bras d'un autre lui donnait des envies de meurtres !
· C'est parce que vous êtes des âmes sœurs Kanda.
Le susnommé grogna.
· Garde donc tes théories stupides pour toi Tyki, et cesse de fouiller mon esprit je déteste cela.
Le dénommé Tyki laissa échapper un léger gloussement, dardant son regard doré sur l'asiatique.
· Pourquoi nier l'évidence ? Tu tiens à ce gamin plus que de raison alors que tu ne le connais pas.
· Tss…
Retenant un soupir, le brun fixa son camarade, le regard las. Etrangement, il n'arrivait que très rarement à s'énerver véritablement après Tyki. Peut-être parce qu'il était celui qu'il pouvait considérer comme… Comme quoi ? Comme un ami ? Non. Comme un frère ? Pfeu ! Il ne fallait pas rêver ! Peut-être parce qu'il le connaissait depuis tellement longtemps qu'il ne prenait même plus la peine de s'acharner sur lui… Dissimulés sous les arbres pour s'abriter du soleil, les deux hommes étaient côte à côte, Kanda préférant rester debout alors que Tyki profitait de la fraicheur de l'herbe pour s'y allonger. Après avoir fermé les yeux, le brun à la peau mate déclara.
· Pour en revenir à nos moutons, ta petite brebis ne semble pas être dans les parages. Es-tu sûre qu'il s'est bien établit ici ?
L'asiatique tiqua.
· Je ne pourrais être plus sûre. Je l'ai vu de mes yeux embarquer dans un navire qui avait pour direction les Indes.
Tyki s'étira longuement, avant de rouler sur le ventre, un sourire endormi sur les lèvres.
· Il y a de fortes chances pour qu'il soit parti, après tout, tu ne lui as pas donné de nouvelles depuis quelques décennies si j'en crois ce que tu m'as dit.
· Je lui ai dit de rester ici pour plus de sécurité. Ce gamin est parfois idiot mais je sais qu'il n'est pas stupide au point de retourner en Europe en ce moment.
· Surement… D'ailleurs merci pour l'avertissement, je ne pensais pas compter autant à tes yeux mon cher Kanda~.
Le concerné grogna.
· Une vie pour une vie Mikk, je considère que ma dette est payée. D'ailleurs je ne comprends pas pourquoi tu continus à me suivre.
Tyki se redressa légèrement, fixant son camarade avec malice.
· Je meurs simplement d'envie de rencontrer la sublime créature qui a réussis à s'incruster dans ce qui te sert de cœur. Quand je pense à toutes les merveilles qui se jetaient à tes pieds et que tu repoussais comme s'il s'agissait de simples bagatelles, je suis curieux de voir le joli minois qui te fait craquer.
Le ton de l'asiatique se fit menaçant.
· N'essaye même pas de l'approcher.
· Ne t'en fait donc pas, je désire simplement le rencontrer, rien de plus.
Le regard ambré de Tyki redevint soudainement sérieux.
· Un instant…Tu as bien dit qu'il avait embarqué sur un navire pour les Indes, c'est ça ?
· Oui.
· Comment s'appelait le dirigeant du convoi ?
Kanda se mordit légèrement la lèvre, agacé.
· Je ne m'en souviens plus, pourquoi devrai-je me souvenir du nom d'un mort ? (je me posais souvent cette question en cours d'histoire, pas vous ?)
Tyki se releva doucement.
· Parce que s'il s'agit de Christophe Colomb, on ne risque pas de le retrouver dans les parages.
· Que veux-tu dire par-là ?
· Christophe Colomb a émis l'hypothèse qu'il pouvait rejoindre les Indes par l'océan pacifique, mais certains ont découvert plus tard qu'il n'avait accosté en Inde, mais sur un territoire bien plus grand appelé le nouveau monde. Si ton amant était avec lui, il y a de fortes chances pour qu'il se trouve là-bas et non ici.
Yuu plissa le regard. Ils avaient donc arpenté ce maudit pays pour des nèfles ?! Bon sang de bonsoir ! Il passa de nouveau sa main dans ses cheveux, demandant ensuite d'une voix hargneuse.
· Combien de temps nous faudrait-il pour rejoindre ce nouveau monde ?
Quelques semaines plus tard
Après la lourde déclaration d'Anita, Scylla était retournée chez elle, le regard vide. Papa ne reviendrait pas, Monsieur Walker non plus, ils allaient être purifiés par le feu, ils allaient mourir. Bien sûre, la jeune fille n'y avait pas cru, elle était persuadée que son père et Allen reviendraient tôt ou tard pour venir la chercher. Mais, plus le temps passait, plus ses espoirs s'amenuisaient, laissant la pauvre orpheline glisser peu à peu dans le désespoir. Anita, ne voulant pas laisser une enfant aussi jeune toute seule, s'était régulièrement occupée d'elle, lui apportant ses repas, l'aidant à s'habiller… Mais lorsqu'elle tenta de l'amener chez elle, plutôt que de la laisser dans cette petite boutique, devenue lugubre depuis l'arrestation de son père, elle essuya un refus brutal de la part de la demoiselle.
« Je dois être là lorsque papa sera de retour. Il n'aime pas me savoir dehors sans son consentement ». La jeune femme soupira, ne sachant que faire. Scylla était, depuis le départ de son père, en plein déni. Elle ne voulait pas ouvrir les yeux. Pauvre enfant… Anita la comprenait parfaitement. Mais chaque jour, chaque heure qui s'écoulait l'approchait peu à peu de la réalité. Anita désirait être là au moment où la petite ne niera plus les faits, qu'elle ne soit pas seule au moment où elle aura besoin d'une épaule sur laquelle pleurer lorsque les siennes ne seront plus capables de supporter ce terrible fardeau.
Malheureusement, la petite n'en démordait pas. Chaque jour, elle attendait son père, assise dans le fauteuil du salon, ne bougeant que pour manger et dormir.
· Papa va revenir. Je dois être là lorsqu'il reviendra.
Chaque jour, elle affirmait cela, chaque jour, elle espérait revoir son père, chaque jour, chaque jour…Jusqu'à ce qu'un jour, la porte d'entrée s'ouvre sur un revenant. Anita ne put retenir un cri lorsqu'elle le vit sur le pas de la porte, les traits tirés par la fatigue.
· Monsieur Walker… ?!
La jeune femme était horrifiée. Comment un homme pouvait-il changer autant en seulement quelques semaines ?! Ses cheveux, ordinairement blancs, étaient devenus gris à cause de la saleté, ses vêtements ayant subi le même sort. Mais ce qui choqua la jeune femme par-dessus tout, c'était son visage. Son visage, d'habitude si doux, si gentil, était grave, dure, son œil gauche dissimulé par un bandage de fortune.
· Seigneur dieu…Mais que vous est-il arrivé ?
Le concerné ne pipa mot, observant la jeune femme avec une profonde lassitude.
· Monsieur Walker !
Scylla, qui avait gardé le silence jusqu'alors, se posta face au blandin, le dévisageant de ses grands yeux verts.
· Ou est mon père ? Vous étiez avec lui n'est-ce pas ?
Le regard d'Allen s'assombrit, alors que d'une voix devenue grave par le manque d'eau, il murmura.
· Je suis désolé…
· Pourquoi vous vous excusez ? Ou est papa ?
Anita vint enlacer le corps frêle de la jeune fille, cette dernière ne comprenant toujours pas.
· Monsieur Walker ou est papa ?!
· Scylla…
Le visage de la plus jeune se figea soudainement. Les mains d'Anita se crispèrent sur ses épaules, alors qu'Allen l'observait de son unique œil valide. Elle avait compris. Elle avait enfin compris. Sous le regard impuissant et inquiet des deux adultes, la jeune fille s'effondra soudainement, comme une simple poupée de chiffon avant d'être rattrapé in extremis par la jeune femme.
Après avoir couché Scylla dans sa chambre, Anita invita l'albinos à s'installer dans le petit salon, amenant ensuite une tisane à ce dernier. Le jeune homme l'accepta, déclarant ensuite d'une voix rauque.
· Je ne peux m'attarder plus longtemps dans les parages.
La jeune femme s'installa face à lui, inquiète.
· Que s'est-il passé… ?
Allen, après une longue gorgée, déclara avec une grande lassitude.
· Je ne sais pas. Les dernières semaines se sont passées dans le brouillard le plus total. Je les ai passées dans une cellule crasseuse, avant d'être rejoint par Bookman à peine quelques heures plus tard. Par miracle, j'ai réussis à m'en sortir, mais…
· Mais il était trop tard pour Monsieur Bookman…
Le blandin acquiesça, terminant sa tasse.
· Il m'a demandé de m'occuper de scylla.
La jeune femme reposa calmement sa tasse sur la table.
· Vous n'allez pas rester à Salem je suppose… Ou irez-vous ?
· Loin, très loin d'ici. Je n'ai pas encore de destination précise, mais il ne vaut mieux pas rester ici tant que cette folie n'aura pas cessé.
Les deux hommes n'avaient pas perdus de temps, quittant les Indes le soir même par la terre. Le voyage se passa dans un silence nerveux, Kanda ne pouvant s'empêcher de penser à sa pousse de soja. Quant à Tyki, il ne pouvait s'empêcher de fouiner dans les pensées de son camarade, retenant avec difficulté ses fou-rires à chaque fois que le jeune albinos mourrait mentalement. Passé par-dessus bord et noyé, brûlé sur le bûcher, décapité devant toute une assemblée, le pauvre Kanda s'imaginait les pires scénarios possibles quand il pensait que son compagnon de voyage de voyage ne semblait pas s'intéresser à lui.
Il savait que le brun était stressé, inquiet pour sa petite brebis perdue, pourtant, le voir dans cet état était tout simplement hilarant ! Le puissant et dangereux Kanda s'inquiétait enfin pour quelqu'un d'autre que sa petite personne, et cela, il savait que c'était exceptionnel. Depuis qu'il le connaissait, il l'avait vu ramener bon nombre de conquêtes toutes plus attrayantes les unes que les autres, avant de les abandonner une fois son intérêt évanouit. En temps normal, il ne lui fallait que quelques jours, quelques semaines tout au plus pour changer de compagnon. C'était pour cette raison que Tyki désirait à tout prix rencontrer le charmant petit minois qui avait volé le cœur de celui qu'il considérait comme son ami, car oui, il voyait Kanda, malgré son air d'ours mal léché, comme son ami. Le brun ne put retenir un sourire lorsque l'asiatique lui ordonna de presser le pas. Il haussa les épaules, préférant obéir plutôt que de recevoir un coup de pied aux fesses.
Les deux hommes ignoraient combien de temps s'était écoulé depuis leur départ, mais Kanda savait qu'ils avaient trainé en route. Trop de pause, trop de sommeil, trop à son goût. Quand enfin, le bateau sur lequel ils avaient embarqués accosta sur la terre du nouveau monde, Yuu n'avait pas trainé, sautant directement à terre, son sac de voyage sur son épaule, alors que Tyki le suivait d'un pas rapide, impatient lui aussi. Ce dernier était épaté par le la capacité de son camarade à traquer aussi facilement un individu, comme un chasseur traquant sa proie. Ils ne s'étaient posé qu'un court instant, juste pour laisser Kanda humer l'air, scruter l'horizon, comme si les pas de son albinos étaient présent sur la terre. Sans hésitation, Kanda prit une direction précise, marchant d'un pas rapide et régulier. Curieux, Tyki lui demanda.
· Alors, où allons-nous ?
Aucunes réponses. Il fronça les sourcils, accélérant le pas pour rattraper. Alors qu'il parvenait finalement à son niveau, Tyki ne put réprimer un frisson de crainte. Le visage de Kanda était légèrement plus pâle que d'habitude, son regard focalisé sur la route, alors que ses lèvres ne formaient qu'une ligne mince. Kanda avait peur, très peur, ce qui inquiétait énormément son camarade, ce dernier ne pensant pas être témoin d'un pareil spectacle. Jamais il n'avait vu le visage de son compagnon aussi tendu, aussi rigide, comme s'il se retenait de hurler sa haine et sa crainte au visage du monde.
Il n'était plus l'heure de jouer, Tyki venait de le comprendre. Alors, silencieusement, il calqua son pas à celui de Kanda, ne rompant le silence que pour prononcer une unique question.
· Quelle est notre destination ?
L'asiatique garda le silence. Il ne savait pas. Il ne connaissait pas ces terres et ne savait pas quel chemin il parcourait. La seule chose dont il était sûr, était qu'au bout de ce chemin, il pourrait revoir Allen.
Au bout de quelques jours de marche, les deux hommes arrivèrent finalement dans la petite ville de Salem. Alors que Kanda arpentait les rues, certain que sa petite pousse de soja était passée par là, Tyki n'avait qu'une seule envie : repartir de cet endroit. La ville était lugubre, et empestait la mort. Le peu de villageois qu'ils croisaient les regardaient d'un œil méfiant, les considérants comme une menace alors qu'ils arrivaient à peine. Une chose était certaine : Tyki ne s'attardera pas ici, une vision de lui-même attaché à un poteau enflammé s'imposait en lui à chaque regard noir qu'il accrochait par mégarde.
Nerveux, Tyki focalisa son attention sur le dos de Kanda, ce dernier ayant accéléré le pas. Quelques minutes plus tard, il s'arrêta devant une maison assez menue, aux murs anthracite salis par le temps, avant d'y donner quelques coups, patientant ensuite. Pas de réponses. Alors que l'asiatique allait défoncer la porte, Tyki l'arrêta, avant d'actionner la poignée. La porte n'était pas fermée. La boule au ventre, Kanda passa la porte, pénétrant dans l'obscurité de la maison.
Cette dernière était envahie par la poussière, signe que personne n'avait vécu ici depuis quelques temps. Alors que Kanda arpentait l'intérieur de la petite demeure en quête de présence ou un quelconque indice, Tyki lui restait sur le pas de la porte, sachant pertinemment qu'Allen ne pouvait pas se trouver ici. Peut-être s'était-il enfuit, s'il s'était trouvé ici bien entendu (il était parfaitement conscient que Kanda n'était pas parfait et qu'il pouvait se tromper). Adossé au chambranle de la porte, le brun ne fit pas attention aux pas légers qui se dirigeaient vers lui, alors qu'une voix lui demanda soudainement.
· Que faites-vous ici ?
Tyki sursauta avant de se retourner vers la porte, une main sur le cœur. Devant lui se trouvait Anita, grande poupée chinoise aux longs cheveux noirs, les bras croisés et la mine sévère. Face au mutisme du brun, la jeune femme répéta.
· Que faites-vous ici ? Qui êtes-vous ?
Après avoir repris ses esprits, Tyki demanda à son tour.
· Je vous retourne la question…
· J'habite à côté.
Le brun haussa un sourcil. La voisine…
· Savez-vous où se trouve le propriétaire de cette maison ?!
Tyki sursauta une nouvelle fois lorsque la voix de Kanda résonna dans son dos. Agacé, il marmonna.
· Pitié mettez-vous une clochette !
La jeune femme observa les deux hommes avec méfiance.
· Que voulez-vous à monsieur Walker ?
· Donc c'était bien lui…
Tyki ne put s'empêcher de regarder Kanda avec admiration, se demandant si l'espèce de radar dont il était doté pouvait marcher avec les jolies filles, avant de reprendre la parole.
· Nous sommes des amis d'Allen.
· Malheureusement pour vous monsieur Walker est parti depuis plusieurs jours.
Kanda se raidit.
· Où ?!
La jeune femme haussa les épaules, le regard baissé.
· Je l'ignore…
· Vous devez bien avoir une idée d'un endroit où il a pu se rendre!
La jeune femme se braqua.
· Non je n'en n'ai aucune idée, et puis je ne vois pas pourquoi je devrais dire ce que je sais à deux parfaits inconnus.
Tyki se mordilla la lèvre inférieure. Malgré son statut d'amoureux transi, Kanda n'avait fait aucuns progrès niveau sociabilité…
· Mes excuses, mademoiselle. Mon camarade est très inquiet pour Allen et cela a tendance à le rendre…exécrable. Je puis vous assurer que nous ne lui voulons aucun mal bien au contraire !
Anita fit la moue.
· Je m'excuse mais je n'arrive pas à vous croire…Comment pourrais-je être sûre que vous n'êtes pas contre lui ?
Le brun au teint hâlé ne savait quoi dire. Ne connaissant pas l'albinos, il ne pouvait pas dire grand-chose à dire. Il se tourna vers son compagnon de voyage, ce dernier poussant un soupir las.
· Que devrais-je dire ? Qu'Allen est un albinos doté d'une naïveté tellement énorme que cela le rend adorable ? Que son odeur me rappelle le jasmin de mon pays natal ? Qu'à chaque fois que son regard anthracite se pose sur moi je me sens comme le plus heureux des hommes ?!
Anita le regarda, bouche bée, alors que Tyki ne retenait plus son sourire. Le japonais rougit soudainement (Nda oui Kanda rougit ! Je fais ce que je veux d'abord u.u), conscient de sa bêtise, avant de partir rapidement, laissant Tyki en compagnie d'Anita. Cette dernière, une fois remise de sa surprise, demanda d'une voix plus douce.
· Et si nous discutions de tout cela devant une tasse de thé chez moi ?
Le brun accepta volontiers, décidant de retrouver Kanda plus tard et d'en apprendre plus sur la vie d'Allen dans le village.
POV KANDA
Je quittais la ville de Salem au pas de course, l'esprit embrumé par la rage. Nous mais pour qui se prenait-elle cette grosse dinde ?! Oser prétendre protéger MA pousse de soja en m'empêchant de le retrouver… Toutes les femmes ne sont que des sottes ! Je continuais ma course, laissant le vent emporter peu à peu ma fureur. Cela ne servait à rien de s'énerver contre cette greluche, elle ne savait pas où était Allen.
Allen… Mes pas ralentirent jusqu'à devenir une marche rapide. Il ne devait pas trainer. Chaque minute, chaque seconde était précieuse. Selon les dires de la mégère qui lui servait de voisine, Allen était partit depuis plusieurs jours déjà. Il ne devait pas être très loin de la ville.
Je me stoppais brutalement, le regard fixé sur le vide. Mais…Que m'arrivait-il ? Pourquoi tant d'inquiétude pour un simple gamin ? Je passais fébrilement mes doigts dans mes cheveux, soudainement désorienté. Malgré les années, je ne m'étais jamais inquiété à ce point pour qui que ce soit d'autre. Amis…Amants… Famille… Tous m'étaient égal, jusqu'à ce que je le rencontre. Je secouais la tête, reprenant ma marche. Les paroles de Tyki me revinrent en mémoire.
· C'est parce que vous êtes des âmes sœurs Kanda.
Non. Les âmes sœurs n'existaient pas. Il ne s'agissait que d'une théorie stupide et bancale pour expliquer les béguins amoureux de certains d'entre eux. J'accélérais. Je n'étais pas amoureux. Ce gamin n'était qu'une passade, un jouet. Dans quelques semaines je ne penserais plus à lui. Et je l'abandonnerais comme j'ai abandonné mes précédentes conquêtes. Je l'oublierais, comme les autres. J'oublierais la couleur immaculée de ses cheveux, j'oublierais l'orage de ses prunelles, j'oublierais le parfum de sa peau, j'oublierais la douceur de ses lèvres. Ignorant la soudaine douleur qui s'imposait dans ma poitrine, je pressais le pas, désireux d'en finir.
Fin POV Kanda
Le soleil ne s'était pas encore couché lorsqu'Allen installa son campement, sa présence dissimulée par la forêt luxuriante. Adossé à un arbre, l'albinos fixait le ciel azur d'un œil fatigué. Depuis son départ de Salem, cette lassitude ne l'avait pas quitté.
Comme il l'avait promis au vieux Bookman, il avait emmené la petite Scylla avec lui. Mais cette dernière, depuis son réveil, n'avait prononcé le moindre mot. Elle le haïssait, cela se voyait à son regard. Elle le haïssait d'avoir laissé son père brûler sur le bûcher, d'être parti sans rien tenter pour le sauver. Le blandin désirait de tout cœur sauver son camarade…Mais ce dernier, fatigué, lui avait demandé de mettre la petite en sécurité.
· Ma vie touche à sa fin, Allen. Ne gâche pas tes forces pour moi qui n'ai plus de temps. Mettez Scylla en sécurité, c'est la seule faveur que je désire vous demander.
Un sourire triste fleurit sur le visage épuisé d'Allen. Au final il n'était pas resté plus de trois jours avec la jeune fille, décidant de la confier à un couple de paysans qu'ils avaient croisés sur leur chemin. Le couple s'était tout de suite attaché à la petite qui, pour la première fois depuis son retour, s'était remise à sourire. Cet environnement était bien plus sain pour l'enfant. Avec Allen, elle n'aurait fait que fuir, encore et toujours. Au moins, elle grandira heureuse…
Il poussa un soupir à fendre l'âme, portant par réflexe sa main vers son œil gauche toujours bandé. Il devait garder ce bandage, si quelqu'un venait à voir ce qu'il dissimulait en dessous, alors il saurait qu'Allen avait échappé à la potence. Et ça…Mieux valait l'éviter. Lentement, il s'éloigna de l'arbre contre lequel il s'était adossé, marchant quelques instants d'un pas lent et silencieux, se dirigeant vers la source proche de sa position.
Tout aussi lentement, il laissa ses vêtements glisser au sol, ainsi que son bandage, rentrant ensuite dans l'eau fraîche de la source. Il s'immergea jusqu'à la taille, s'efforçant ensuite de nettoyer chaque parcelle de son corps. Alors qu'il s'occupait de sa chevelure, il crût entendre des bruits de pas, tellement léger qu'ils lui paraissaient irréel. Il resta immobile un instant, avant de secouer légèrement la tête, reprenant ensuite sa besogne.
Il se raidit lorsqu'un mouvement près de lui se fit entendre, alors que deux bras passèrent autour de sa taille, le serrant fermement. Une larme lui échappa lorsque l'inconnu (pas si inconnu que ça) murmura d'une voix rassurée.
· Allen…
voilà voilà j'espère que votre attente a été satisfaite :3
merci pour cette année pleine d'avis de rigolade et de conneries à gogo! j'espère que l'année qui suit sera tout aussi génial grâce à vous =)
allez a pluche!
