Landing

Sam n'en revenait pas, elle venait de rentrer sur terre en une demi-seconde. Pas étonnant qu'elle ait eu l'impression de mourir en arrivant. Pourtant quelque chose ne tournait pas rond, elle venait d'atterrir directement dans le bureau de Jack à Washington, et ce dernier se trouvait à son bureau. Seulement il ne semblait pas l'avoir remarqué…

Le colonel se mordit l'intérieur de la lèvre, elle était hors phase, ça n'allait rien arranger du tout.

Jack lui tournait le dos, et elle se rendit soudain compte de l'état de nervosité dans lequel il était. Son corps entier était tendu. Il se passait quelque chose d'anormal, elle connaissait suffisamment son général pour savoir qu'il n'allait pas bien. Son estomac se noua à cette pensée. Ce pouvait-il qu'il soit déjà au courant de sa disparition ? Si oui alors combien de temps s'était-il passé depuis sa mésaventure avec cette machine ? Son cerveau s'était remis à fonctionner à 100% et les questions fusaient.

Sam contourna le bureau, n'ayant qu'un seul désir : signaler sa présence à Jack.

Il bougea soudain, son regard et son bras droit passant du téléphone au tiroir de son bureau d'où il en tira un cadre. Elle ne pu s'empêcher de sourire. Elle avait la même photo dans ses quartiers sur Atlantis. C'était un cliché prit à leur insu par Cassandra lors d'un de leur weekend au chalet. Jack était assis sur le ponton de bois, les pieds dans l'eau. Sam était assise entre ses jambes la tête à demi tournée son regard rivé à celui de Jack. Cassie avait su capturer leur amour en un seul cliché. C'était une photo magnifique.

Sam leva la tête pour se rendre compte que Jack paraissait vraiment inquiet, il se savait seul aussi avait-il tombé le masque de militaire froid et serein. Peu de personne savait lire derrière cette façade, et seule Sam avait le droit au vrai visage de Jack O'Neill. Le téléphone sonna soudain, les sortant tous deux de leurs pensées communes.

« O'Neill. »

Sam se déplaça se trouvant ainsi face à Jack, se demandant qui pouvait bien appeler. Le ton de Jack ne s'était pas durcit, il paraissait tout aussi inquiet. Ce devait-être quelqu'un de proche, peut être Daniel ou Teal'c.

« Bien, merci monsieur… »

Le colonel fronça les sourcils, Jack était en ligne avec le président ?

« Je n'y manquerait pas monsieur. Au revoir. »

Elle se rapprocha du téléphone et ce qu'elle y vit la surpris. Elle n'avait certes pas reconnu le numéro affiché mais la date ne correspondait pas à celle du jour. Si ses yeux de la trahissaient pas, elle se trouvait plus d'un mois dans le passé. Elle comprit soudain pourquoi Jack avait l'air si tendu, il venait surement d'apprendre son accident avec Jennifer et Rodney. Il venait donc d'obtenir l'autorisation de se rendre sur Atlantis, avec Daniel. Elle ne pu s'empêcher de sourire, comment pouvait-elle lui en vouloir en le voyant ainsi. D'ailleurs elle ne l'avait pas réprimandé lorsqu'elle avait ouvert les yeux et l'avait vu à son chevet. Sam savait qu'il s'inquiétait pour elle malgré toute sa confiance. Ils étaient ainsi, pensant d'avantage à l'autre qu'à eux-mêmes. Le fait de savoir Jack derrière un bureau, la soulageait. Mais qu'en était-il de lui et de son éternel besoin de la protéger. Elle avait la réponse sous les yeux.

Une fois que le général eu raccroché, Sam le suivit hors de son bureau. Elle le vit prévenir sa secrétaire qu'il serait absent une petite semaine. Elle le salua et Jack quitta son bureau, suivit de prés par Sam. Il prit son téléphone portable et composa un numéro que Sam reconnu comme étant celui de Daniel.

« Daniel, oui nous avons l'autorisation…. Non juste tous les deux…. Je serais là d'ici peu. Oui à toute à l'heure. »

Le général raccrocha et Sam le vit se détendre quelque peu.

Elle se souvint alors de son réveil à l'infirmerie d'Atlantis.

Jennifer l'avait isolée et elle avait comprit pourquoi lorsqu'elle avait croisé le regard visiblement soulagé du général O'Neill.

« Salut Dorothée… » Lui avait-il dit ne lâchant pas son regard.

Elle lui avait sourit et il s'était détendu persuadé qu'elle allait lui passer un savon mémorable en le voyant accourir à son chevet au premier bobo. Encore sous les effets de l'anesthésie et de la morphine elle s'était contentée de nouer ses doigts à celui de Jack. Puis elle avait replongée dans un sommeil réparateur.

Il n'avait pas bougé jusqu'à ce qu'elle ouvre de nouveau les yeux. Il l'avait fait boire quelque gorgée d'eau afin de soulager sa gorge desséchée.

« Tu n'aurais pas du venir » Avait-elle dit sans pourtant trop y croire.

Il avait sourit, s'était levé en lui disant ''A une prochaine Carter'' tout en sachant qu'elle ne le pensait pas. En effet ses yeux la trahissaient et qui mieux que Jack pouvait décrypter les regards de son colonel. Elle l'avait retenu, leurs mains toujours unies. Elle lui avait sourit et avait baissé les yeux vers la place libre dans son lit. Il s'était approché et avait prit place auprès d'elle passant un bras derrière sa nuque afin qu'elle puisse poser sa tête sur son torse. Elle avait fermé les yeux inspirant profondément, s'imprégnant ainsi de son parfum. Puis elle avait posé sa main sur son torse et elle s'était rendormie.

Jack l'avait regardé dormir un moment avant de somnoler lui aussi tout en se disant qu'il fallait qu'il sorte de ce lit avant d'être rattrapé par la réalité. Il était en voyage officiel et n'était pas sensé se trouver dans le même lit que Carter, du moins pas quand n'importe qui pouvait les surprendre.

Il s'était tendu lorsqu'il avait vu la porte s'ouvrir, s'était Daniel qui venait prendre des nouvelles de Sam et les prévenir de l'arrivée du Dr Keller.

Doucement Jack s'était extrait du lit avec l'aide de Daniel juste avant l'entrée de Jennifer.

Un brusque malaise sorti le colonel de ses pensées. Les nausées et les vertiges étaient de retour, elle retomba au sol respirant profondément. Son cœur se contracta soudain et elle disparue. Jack était sur le point de rentrer chez lui.

Lorsqu'elle reparue, Sam se sentit plus mal encore qu'à sa première disparition. Les mêmes symptômes s'en trouvaient amplifiés. Comment les personnes âgées pouvaient-elles supporter ces voyages. Elle se demanda un instant si leur mort n'était pas provoquée par cet appareil.

Se relevant difficilement, elle n'eut pas le loisir d'y penser plus longtemps. Elle se trouvait à l'extérieur de l'infirmerie du SGC, Jack arpentait le couloir de long en large.

Elle se demanda soudain quel pouvait –être la date du jour et qui se trouvait en salle d'opération. Elle s'en doutait pourtant un peu, appréhendant petit à petit l'utilité de la machine qui la faisait voyager, non sans douleur, dans le temps.