Chapitre 3 :

Quelques années se sont écoulées, les Dean et Tara tout choupinous sont de jeunes adultes et leurs caractères bien trempés vont se heurter.

Attention, langage fleuri possible à compter de ce chapitre !


Disclaimer : les personnages de Supernatural ne m'appartiennent toujours pas.


Le lendemain, Oncle John vint nous chercher et c'était reparti pour un défilé de motels et d'écoles.
Au fur et à mesure que nous grandissions, Oncle John et Bobby nous apprenaient de plus en plus de choses. A quinze ans Dean et moi savions manipuler toutes les armes qu'ils avaient, incluant les armes blanches. Nous savions sécuriser un bâtiment aussi bien qu'eux. Nous nous entraînions beaucoup au combat. Pas d'arts martiaux ni de style particulier. C'était plutôt genre Fight Club, pour nous endurcir. Aucune règle ni protection. Car en situation réelle l'ennemi n'attendra pas bien sagement qu'on enfile un casque et se permettra le moindre coup bas. On ajoutait toujours un enjeu : le perdant payait sa tournée de bières et de tarte. Oncle John nous en autorisait une après chaque combat. Sam, lui, tournait encore au soda. Parfois, on l'accompagnait en mission, quand c'était une chasse "facile". Mais nous étions encore trop jeunes pour devenir de vrais chasseurs.

Quelques années plus tard, nous étions en terminale. Dean et moi nous étions un peu éloignés l'un de l'autre. Il ne disait plus non aux filles qui lui couraient après. Pour ma part, je me battais toujours avec les mecs !
Nous étions dans l'Utah, dans une petite ville. Oncle John partit avec d'autres chasseurs sur une affaire délicate. Il paya la chambre pour deux mois et nous laissa la voiture en cas de besoin. Dean et moi avions dix-huit ans, nous avions le permis. Mais on ne devait l'utiliser qu'en cas d'urgence...

Nous allions au lycée, à nos activités périscolaires. J'avais dégoté un job de serveuse au bar du coin. On n'était pas très bien vus en général. Le beau-gosse qui se la pète et se fout de tout, insolent et courant après les filles. Moi, j'étais un garçon-manqué malgré mes attributs féminins marqués et ma longue chevelure. Il faut dire que je dénotais dans le paysage : mes longs cheveux tressés façon Lara Croft, comme le disait Dean, ou en queue de cheval, je portais toujours une paire de rangers, toujours habillée en noir ou en couleur foncée, avec une chemise ou un pull de garçon (chipé à Dean) noué à la taille, un ceinturon militaire, un couteau dissimulé dans la poche, un autre dans la botte et un sac à dos issus d'un surplus de l'armée. Aucun intérêt pour la mode sauf pour les sous-vêtements, très peu de maquillage (conseil d'une rare amie) et encore, aucun centre d'intérêt féminin.

Je n'avais pas d'amie et je n'en voulais pas. Je faisais partie du club de tir et de l'équipe de free-fight. J'étais la seule fille d'ailleurs ! Au moins, j'avais la paix ! Je ne cherchais pas les histoires, mais elles me trouvaient, et j'étudiais car je voulais mon diplôme même si je ne souhaitais pas aller à l'université.
Mais une bande de petits bouffons de l'équipe de foot me cherchait des poux pour toutes les raisons citées précédemment. Ainsi que pour les écarts de conduite de Dean avec certaines petites soeurs, l'imbécile ! Je me battais régulièrement à cause de ça. Les autres nous pointaient du doigt, chuchotaient à notre passage. Tout ça me tapait sur les nerfs ! Nous ne restions jamais si longtemps au même endroit. Ou alors, rarement.

Je décidais de sécher la fin des cours. En rentrant au motel (pas trop miteux, pour une fois), la dame de l'accueil m'interpela :
"Mademoiselle ?
- Oui ?
- Excusez-moi mais... votre père a payé la chambre pour deux moi. Vous restez encore un moment j'imagine ?
- Oui, en effet. Il est parti pour son travail mais c'est plus compliqué que prévu. Nous ne savons pas quand il rentrera.
- Je comprends. Mais si vos frères et vous souhaitez rester il va falloir prolonger, le bail arrive à terme à la fin de la semaine. Je farfouillai dans mon sac et sortis ce qu'il me restait. Je n'ai que ça pour l'instant mais mon frère aîné et moi avons de petits jobs, je vais voir ça avec lui dès qu'il sera rentré.
- Très bien, j'attends de vos nouvelles."

Je fis une lessive et préparai le repas du soir avant de me demander pourquoi les garçons n'étaient pas encore rentrés. J'essayai de joindre Dean, sans succès. Il devait encore papillonner ! Je fis alors de même sur le portable de Sam qui, lui, décrocha immédiatement.
"Tara ?
- Oui, Sammy, où es-tu ?
- A la bibliothèque pour mon exposé. J'attends Dean. Mais je commence à me demander s'il viendra.
- Laisse tomber ! L'impala n'est plus là. Il est surement encore sorti jouer au tombeur de ces dames ! Je l'entendis se moquer. Je viens te chercher.
- Ok, j'avance à ta rencontre. "

Je retrouvai mon petit-frère à mi-chemin. On retaillait un costard à mon "jumeau" quand notre chemin croisa celui de Tony et de sa bande de blaireaux.
"Tiens, les mecs ! Mattez ça : la Zarbi et son petit-frère chelou ! rires.
- Va te faire foutre, Tony ! lui envoyai-je cinglante.
- Ohhhh ! Tu vas t'énerver ? ZAR-BI ? dit-il en avançant vers moi. Vous n'êtes vraiment pas aidés dans cette famille !
Ce fut de trop ! Sam et moi lui tombèrent dessus d'un même élan.
- Je vais te faire regretter tes paroles !
- Ca m'étonnerait, pétasse ! "

Il essaya de me saisir à la taille mais je l'esquivai et lui mis un bon coup de pied dans le derrière qui lui fit perdre l'équilibre. Il s'étala lamentablement. Sam était aux prises avec Tyler que les autres encourageaient un peu plus loin. J'allai lui prêter main forte quand Tony revint à la charge et me frappa par-derrière. Je me retournai et lui envoyai un uppercut qui le sonna. J'en profitai pour saisir ses bras et l'immobiliser avec une clé de soumission face contre terre.
"T'en as assez ou tu veux vraiment que je te fasse mal ? lui demandai-je en pesant bien de tout mon poids sur mon genou posé entre ses omoplates.
- Lâche-moi, sale garce ! Vous attendez quoi vous autres ? lança-t-il à ses amis restés en retrait."

Sam avait étalé Tyler. Les autres ne faisaient pas les fiers. Je relâchai Tony qui releva son cousin le nez en sang et ils s'en furent en proférant des menaces.
Fiers de nous, on se tapait dans la main. "Give me five ! "
Aucune égratignure. Nous reprîmes le chemin du retour quand nous entendîmes un bruit de moteur que nous connaissions bien : c'était ce cher Dean qui raccompagnait Jenny, capitaine des pom-pom girls. Je les suivis des yeux, ils s'arrêtèrent un peu plus loin. Je les vis s'embrasser avec un pincement au coeur.
" Viens." me dit Sammy en m'entraînant par le bras. Il savait que j'étais toujours amoureuse de son grand-frère, même s'il avait le tact de ne jamais aborder le sujet. Tout à coup, une gifle résonna dans la rue puis une courte dispute lors de laquelle Dean prit une sacrée veste ! Youpiii, il allait encore être d'humeur massacrante !

Nous courûmes en coupant au travers des voitures stationnées en espérant rentrer les premiers et ce fut le cas. Il franchit le seuil comme Sam alla prendre sa douche et que je terminai de mettre la table. Il jeta sa veste d'un geste rageur sur la chaise la plus proche.
"Merci d'avoir récupéré Sammy ! lui lançai-je froidement.
- Merde ! J'ai oublié !
- Oui, j'avais remarqué !
- C'est bon, c'est plus un gamin...
- T'étais où ? Et la voiture ? Tu sais qu'on censés ne l'utiliser qu'en cas d'urgence !
- Mais c'était un cas d'urgence ! répondit-il en se fichant de moi, tout sourire.
- Non ! Emmener tes pouffes dans un coin calme pour leur rouler des pelles, les peloter et les raccompagner, ce n'est pas exactement un cas d'urgence !
- Ok. Il se redressa d'un bond, saisit sa veste et se dirigea rageusement vers la porte. J' me casse !
- Dean, att... il claqua la porte. Génial ! Je jetai le torchon que j'avais dans les mains.
- Vous vous êtes encore disputés ? demanda Sam en sortant de la salle de bains.
- T'as tout entendu, j'imagine ? il acquiesça de la tête.
- Dean se comporte comme un crétin ! Il ne comprend pas la chance qu'on a de t'avoir. Il me prit dans ses bras et me fit un câlin malgré ses quatorze ans. Je l'embrassai dans les cheveux et étreignis mon adorable petit-frère.
- T'en fais pas, j'en ai vu d'autres ! Allez, à table.
- Tara ?
- Hmmm ?
- Tu l'aimes toujours, n'est-ce pas ? Et ne me dis pas que ça ne me regarde pas ! Je vois bien qu'il te fait du mal. Je pris le temps de déglutir avant de répondre.
- Il ne me fait pas de mal, Sammy. Il est plus... indépendant, c'est tout. Mais pour te répondre, malgré que tu connaisses très bien la réponse, oui, je l'aime toujours. Je l'ai toujours aimé. Depuis aussi loin que je me souvienne...
- Pourquoi ? demanda-t-il en colère. Il ne s'intéresse plus à nous ! A part la chasse et les filles il se fout de tout !
- Il fait sa crise d'adolescence ! Ajoutes-y la puberté, voilà le résultat. Ca ne devrait pas tarder à t'arriver ! le taquinai-je. Et j'obtins l'effet escompté, il se calma aussi vite qu'il s'était emporté.
- Et toi ?
- Je suis en plein dedans ! C'est surement pour ça qu'il m'énerve autant ! moment de silence. Nous nous remîmes à manger, sans conviction.
- Toujours pas de nouvelles de Papa ?
- Non, pas depuis l'autre fois. Je suis sure qu'il va bien. tentai-je de le rassurer. Et moi aussi, par la même occasion. Sinon Bobby nous en aurait déjà informés. nouveau silence.
- Tu travailles ce soir ?
- Oui. D'ailleurs je vais me prépare sinon je vais être en retard. Je commençais à débarrasser mais il posa la main sur mon bras.
- Vas-y, je vais faire la vaisselle.
- Merci, Sammy."

Je me rendis dans la salle de bains où j'enfilai ma tenue de serveuse, mon "déguisement de fille" comme je l'appelais, et une tenue normale par-dessus. Une fois prête, je ne pus m'empêcher les recommandations d'usage, même s'il les connaissait par coeur.
"Surtout, tu fermes bien la porte derrière moi...
- Je remets du sel aux fenêtres, mon couteau sous mon oreiller, mon flingue toujours à portée de main et je dors que d'un oeil.
- Ne regarde pas la télé trop tard et n'oublie pas de te brosser les dents.
- Oui, Maman ! dit-il en riant. Fais attention à toi.
- Comme toujours. Je l'embrassai sur le front avant de partir. "

J'en avais pour dix minutes à pieds. J'entrais au Sherwood (fictif) par la porte des employés et allais enlever ma tenue quotidienne. Là, je devenais Tamy THORSTON, très féminine, serveuse dans un bar à danseuses. Je n'aimais pas trop ça mais ça payait bien. Je ne pouvais pas tellement compter sur mon cher grand-frère avec ses petites arnaques au poker ou au billard...
" Salut, Tamy.
- Bonsoir, Ric. Il y a du monde ce soir !
- Justement, je voulais te demander...
- Qu'est-ce qu'il se passe ? il semblait inquiet.
- Kitty devait venir danser ce soir mais elle vient de m'appeler, elle ne peut pas venir...
- Non, Ric, je te vois venir, je suis désolée...
- Tamy, je t'en prie, je n'ai pas le choix. Tu es la seule qui ait le physique de l'emploi ! La salle est comble et les filles peuvent se débrouiller le temps du show. Ecoute, je sais que tu ne veux pas faire ça et j'te demande pas de te déshabiller, d'accord ? T'enlèves un truc ou deux, tu fais une danse un peu épicée et ça ira très bien. Il vit que j'hésitais. Je sais que t'as deux frères à nourrir. Accepte et je te paye triple. Plus les pourboires !
- Ok, ça marche ! capitulai-je.
- T'es la meilleure ! Tu trouveras tout ce qu'il faut dans la loge, derrière. Tu me sauves la soirée, ma belle !
- Ouais... comme si j'avais le choix ! "

Je me rendis dans la fameuse loge, ou plutôt dans le cagibis qui servait de loge ! J'y trouvai un costume de cow-girl sexy, une longue perruque blond-platine, un stetson et suffisamment de maquillage pour être méconnaissable ! Je ne me reconnu pas moi-même dans le miroir ! Déjà que pour servir j'étais déguisée en fille mais là... une strip-teaseuse n'aurait pas fait mieux !

Je sursautai quand Ric annonça mon show.
"Messieurs, ce soir... Tamy THORSTON nous fait l'honneur de sa présence pour sa première au Sherwood. Elle va réchauffer l'ambiance alors merci d'accueillir... Tamyyy THORSTOOOOON !"
S'en suivit un tonnerre d'applaudissement et de rires gras. "Awesome !"

Heureusement pour moi, grâce à ma fausse carte d'identité j'avais déjà travaillé dans ce genre d'endroit, je savais ce que je devais faire.

J'entrai en scène. La musique commença et je me mis à bouger timidement. Je regardais dans la salle le moindre visage mais je ne reconnus personne. Cela me donna plus de confiance et je l'exprimais dans ma danse. J'enlevai ma veste puis plus tard le pantalon à scratch. Je pris sur moi d'en faire un peu plus que prévu mais sans dépasser les limites que je m'étais fixées. Le show était presque terminé quand j'aperçus le seul visage qui avait l'air de me connaître.

Et oui, Dean ! Et il était furieux !

Je fus soulagée quand les lumières s'éteignirent. Je courus me changer, me démaquiller et redevins Tamy la serveuse. J'étais nerveuse ! Je m'attendais à le voir surgir à chaque instant !
Je terminais de servir une table quand un de ces porcs me mit la main au fesses. Et pas qu'un peu ! Ce n'était encore jamais arrivé ! Ni une ni deux, je me retournai, prête à lui fiche mon poing dans la figure quand je vis que c'était lui, ivre ! Je dégageai sa main violemment.
"On ne touche pas ! lui dis-je furieuse.
- Hmmm, farouche la danseuse ! C'est pas l'impression que tu donnais sur scène, Tara !
- Dean, je peux savoir à quoi tu joues ? j'ajoutai à voix basse : Ici, c'est Tamy !
- Quoi ? T'allumes tout le monde et tu fais ta mijorée ? Quelques têtes se tournèrent vers nous, je devais réagir ! Allez, bébé ! Il me saisit le bras et essaya de me faire asseoir sur ses genoux. Je m'esquivai, fis contre-poids avec son bras toujours sur ma taille et le fis voltiger. J'entamai une clé de soumission, celle que j'avais utilisée avec Tony, mais il la connaissait et me prit de court, se retourna et je me retrouvai à califourchon sur lui, ses deux mains plaquées sur mes fesses. J'étais rouge de honte et de colère ! Hmmm, moi aussi c'est ma position préférée ! Tu veux faire ça en public ? " Non mais quel gros con !
Ce qui pour effet de déclencher quelques rires gras autour de nous. La moutarde me monta au nez ! Je lui envoyai mon meilleur crochet du droit. Profitant de son ébriété j'effectuai un saut carpé pour me relever, pivotai vers lui avant qu'il ne se relève à son tour et le soumis à l'aide d'une autre clé de bras face contre terre. S'il se débattait, je n'hésiterai pas à lui déboîter l'épaule !

"CA SUFFIT ! intervint Ric avec son fusil. ON NE TOUCHE PAS LES FILLES CHEZ MOI ! DEGAGE !"
Je le relâchai pour le laisser se relever et ne bougeai pas d'un pouce tant qu'il ne fut pas dehors à bord de l'impala pour rentrer cuver.
"Ca va, Tamy ? demanda Ric, inquiet.
- Ca ira. J'ai besoin d'un verre...
- Vous avez entendu la dame ? Que la fête continue ! "

Mais le coeur n'y était plus pour moi. Dean m'avait fait honte. Il avait fallu qu'il soit saoul pour qu'il me touche ainsi ! Dire que j'étais assise sur sa... sur son... enfin, sur lui, quoi !
Dans d'autres circonstances j'aurais aimé ça, mais là...
"Qu'est-ce que tu prends ?
- Un double, sans glace.
- Dis donc, je n'ai pas tout vu mais c'était énorme tout à l'heure ! me félicita mon patron.
- C'est rien, on est (des chasseurs !) des survivalistes dans ma famille. On sait se défendre !
- Je vois ça ! Rappelle-moi d'être toujours de ton côté ! En parlant de ça, tiens ! Il me tendit mon enveloppe. Tu l'as bien méritée. Tu peux y aller si tu veux, après tout ça...
- Non, ça ira. Je vais faire la fermeture, j'ai besoin de me changer les idées. Au fait, la troisième part, c'est fifty-fifty pour Sonia et Andy. Elles l'ont bien mérité avec tout ce monde.
- Comme tu veux, guerrière ! me lança-t-il avec un sourire. Un autre ?
- Non, merci. Je vais me tromper dans les commandes après."

Je n'avais aucune envie de revoir la tronche de Dean dans l'immédiat ! Ce soir là, je battis mon record de pourboire, de quoi, à eux seuls, renouveler la chambre pour un mois !

A suivre...


Voili voilà voilou, on avance tout doucement, mais surement. J'espère que ça vous plaît.

A bientôt pour un nouveau chapitre... *bisous**coeurs*