Une fois de plus, merci à toi Marine pour cette review et heureuse que tu aimes le prénom Zohra ( j'ai beaucoup hésité avant de choisir ... les petits détails qui font tout lol ... et la fille impliquée à fond et qui se balade sur les sites de prénoms ... ).
J'espère que tu aimeras cette suite :
- Altaïr !
Alors que j'arpente les rues tortueuses mais si familières de Masyaf, une voix m'interpelle dans mon dos. Je fais rapidement volte face pour découvrir l'homme qui vient de m'appeler :
- Malik, le reconnais-je.
Tout en trottinant, il s'approche de moi et s'arrête pour me dire :
- Al Mualim requiert ta présence. Je présume qu'il veut te confier une nouvelle mission. Vu ton succès de la dernière fois, cela n'a rien d'étonnant. Ta réputation te dépasse désormais et ton nom est sur toutes les lèvres de nos frères !
Je hoche légèrement la tête et me met en route en direction de la forteresse de notre ordre. Tandis que je gravis le chemin de terre en montée qui y mène, je repense aux paroles de Malik.
Il est vrai que mes missions ont toujours été couronnées de succès. Je n'ai connu que peu d'échecs mais j'en ai tiré des enseignements. J'ai été nommé maître il n'y a pas si longtemps mais mon succès n'est pas apprécié à l'unanimité.
Certains me diront flagorneur, arrogant, parfois même orgueilleux. Je n'ai que faire de leur avis. Je mène mes objectifs à bien et qu'importe mon caractère tant que le travail est réalisé à la perfection.
D'un pas souple, je franchis la porte de la forteresse et passe à droite de l'arène d'entraînement afin de rejoindre le bâtiment principal. Mon regard s'attarde sur des novices tentant de maintenir une épée de leur mieux et je ne peux m'empêcher de retenir mon sourire.
Ne prenez pas cela pour un sourire narquois. Je me souviens tout à fait du temps où je me trouvais à leur place, de cette époque où je m'entraînais dur pour devenir le meilleur. Aujourd'hui, j'ai atteint mon but. Comme je l'ai dis peu auparavant, je mène toujours mes objectifs à bien.
Je suis sur le point de pénétrer dans la bibliothèque lorsqu'un frère s'avance vers moi, l'air contrarié :
- Altaïr, j'aimerais te demander un service …
- Non, pas maintenant, le coupé-je, accompagnant ma parole d'un geste de la main.
Et je rentre dans la bibliothèque. Je suis certain qu'il voulait me demander de l'aide mais je ne me sens pas d'humeur charitable pour l'instant. Je continue de marcher puis j'emprunte les escaliers menant au bureau de mon maître, situé à l'étage supérieur.
Comme d'ordinaire, Al Mualim arpente les rayons des ses étagères, sûrement à la recherche de l'un de ses parchemins. Je fais quelques pas vers lui, afin de me positionner au centre du symbole de notre ordre, au sol.
- Maître, le salué-je, en m'inclinant légèrement.
- Altaïr, approche, m'invite l'homme aussi âgé que sage.
Al Mualim m'a toujours traité avec extrêmement d'égards. J'ignore ce que j'ai bien pu faire pour m'attirer ses bonnes grâces mais le fait est que je suis sans doute celui pour lequel il a le plus d'estime.
Je me rapproche de la table en bois tandis que mon maître se détourne ses étagères pour regarder par la fenêtre, se trouvant juste derrière et donnant sur la cour intérieure de la forteresse et donc le camp d'entraînement.
Tout en ne le quittant pas des yeux, je fais preuve de patience et j'attends que mon maître se décide à me dire ce pourquoi il m'a convoqué.
- Il semblerait que la mission concernant Abd Ar-Razak soit un échec, lâche enfin Al Mualim.
Cette phrase provoque en moi une double réaction violente. D'abord, un flash m'assaille mais j'entreprends de le balayer d'un mouvement de tête. Puis, ma fierté se retrouve affectée car, à moins que les morts ne soient capables de ressusciter, ma mission n'a pas été un échec. C'est donc avec suffisance que j'affirme :
- Maître, je me permets de vous contredire en vous assurant que …
- Je sais parfaitement qu'Abd Ar-Razak est mort, Altaïr, là n'est pas la question, me coupe rapidement Al Mualim en se tournant vers moi et me dévisageant pour la première fois depuis le début de notre conversation. Pourtant son commerce demeure toujours et tout le trafic en découlant également. Il est temps de mettre un terme définitif à tout cela.
Je me contente de hocher la tête en signe d'approbation même si une partie de la situation m'échappe. Mon maître se dirige vers la cage de ses pigeons et en saisit un qu'il lâche en direction de la fenêtre.
- Le chef de cellule de Jérusalem sera au courant de ta visite. Va le voir pour regrouper plus d'informations.
- Bien, maître.
J'allais me retirer lorsque Al Mualim me lance :
- Altaïr. Je n'aimerais pas te demander la même chose une troisième fois.
- Oui, maître.
Je me retire enfin et descends les escaliers. Sa dernière remarque m'a particulièrement irrité. Peut-être même mit en colère. Mon travail a été excellemment exécuté la première fois, je ne vois pas où peut se situer le problème.
Sous le coup du ressentiment, je serre mon poing gauche tout en continuant de marcher dans le hall de la bibliothèque. Le frère qui m'avait accosté lors de mon premier passage est toujours présent aux portes du bâtiment et bondis une fois de plus sur moi. Mal lui en prit.
- Altaïr, je t'en prie ! J'ai besoin de ton aide, me supplie-t-il.
Je ne réponds rien et me contente de poursuivre mon chemin. Mais l'homme, sûrement par désespoir, me saisit le bras droit pour m'implore :
- Altaïr ! Tu es mon dernier espoir !
Laissant échapper la tension accumulée au cours des derniers instants, je me retourne prestement pour lui faire face et enserre sa gorge de ma main gauche. Sous sa capuche blanche, je parviens à distinguer son regard paniqué tandis que je lâche :
- Ne m'importune plus.
D'un mouvement brusque, je dégage mon bras droit de son étreinte puis relâche mon emprise autour de cou en le poussant légèrement en arrière. Une chance pour lui que l'usage des armes soit strictement interdit au cœur de la citadelle.
Evidemment que non, je n'aurais jamais tué un de nos frères mais une lame peut aider à faire passer un message. Je fais promptement demi-tour, quitte la forteresse et enfin la ville de Masyaf.
Aux portes de la ville, je m'approche d'un bel étalon arabe couleur alezan et le monte dans un mouvement habile. Je saisis les rênes et le lance au trot tout en pensant à ce qui peut m'attendre à Jérusalem.
Je vais replonger dans mon passé. Et dans ses yeux. C'est obligé. Inévitable. Pour l'instant, j'arrive à me contrôler mais j'ignore si je ferais preuve d'autant de maîtrise de moi une fois sur place.
Peut importe. Cette mission ne doit pas être un échec et elle ne le sera pas. Avec un brin de naïveté, je l'avoue, je prie pour que ça m'aide à tirer un trait sur le passé. Faites qu'elle sorte enfin de mon esprit.
