Auteur : Dozen and One Stars

Traductrice : Hermi-kô


L'Évasive Question Encore et Toujours


Note de l'auteur : J'ai trouvé un AMV sur Ouran avec la chanson "There! Right There!" (appelée aussi "Gay ou Européen ?") de "La Revanche d'une Blonde : la comédie musicale". Après l'avoir regardé/écouté un millier de fois je me suis dit que ce serait ma nouvelle motivation pour ce recueil-ci. Cette idée m'est passée par la tête. Je suis pas vraiment sûr qu'il y ait un sens là-dessous mais en tout cas je l'aime bien pour ce que c'est.


C'était facilement le jour le plus excitant, le plus magnifique mais aussi un grand huit émotionnel qu'ils aient eut de leurs vies. Pour célébrer ils avaient tous décidés d'aller au resto pour un repas gargantuesque. Malheureusement la plupart d'entre eux étaient assez fauchés, d'autres étaient partis répandre la bonne nouvelle, et puis d'autres continuaient à faire leur anti-social. Heureusement il y en avait encore qui étaient près à dépenser une fortune, qui n'étaient pas mariés et qui n'avaient pas de problèmes à sortir avec des gens qu'ils ne connaissaient que vaguement.

Cinq d'entre eux en fait : Brian Adams, Anthony Reeves, Jimmy Simard, Nathan Smith et Oscar Wilde. Bien que Nathan devait partir à sept heures pour aller chercher sa copine au boulot. Sans oublier que Brian avait besoin qu'on le conduise et qu'Anthony n'avait que cinq dollars et un centime canadien sur lui.

Donc ils se décidèrent pour un de leurs bistros préférés qui n'était qu'à dix minutes de marche du stade. Vingt minutes plus tard ils étaient tous assis et s'empiffraient d'ailes de poulet grillées sauce extra forte, tout ce qu'ils pouvaient se permettre pour un repas de fête décidé sur un coup de tête. N'empêche que Jimmy avait été suffisamment en forme pour payer plusieurs portions d'oignons frits et de bâtons de fromage à la tablée.

Il fut récompensé par Bryan qui donna à son nouvel ami, et chauffeur, une gentille tape sur le bras.

"OUCH !"

Malheureusement pour le pauvre Jimmy Simard c'était son bras blessé. Donc il fut ébloui par une douleur incroyable avant qu'elle ne subsidie en une brûlure sourde. Evidemment cela ne passa pas inaperçu. Ce fut une étrange cacophonie de rires, d'inquiétudes et de mots aimables pour rassurer Brian qu'il n'avait pas tant que ça abîmé le seul mec aimable (et riche) de la table. Puis ils durent convaincre le manager du restaurant que tout allait bien et qu'ils étaient navrés de faire un boucan pas possible mais qu'ils allaient se calmer alors s'il vous plait ne nous virez pas de votre établissement. Quinze minutes plus tard tout était revenu à la normale et il ne restait plus qu'un ricanement ou deux et une poignée d'ailes de poulet.

"Hé, vous en avez pensé quoi de ce mec ?" Oscar se décida à entamer la conversation.

Brian avait l'air confus. "Quel mec ?"

"Vous savez. Ce mec." Oscar devinait maintenant qu'ils ne savaient pas à qui il faisait allusion. Il échoua à décrire par des mots la personne en question. Aussi avec un soupir douloureux il se leva de sa chaise. Se reculant pour avoir assez de place, il donna un coup de pied en l'air aussi haut qu'il put avant de tenir la pose où on aurait cru qu'il tenait ouvert une veste qui n'existait pas.

Anthony tapa dans la paume de sa main en réalisant de qui il voulait parler. "Oh tu parles du gay !"

"Du gay ?" Anthony reçu de drôles de regards de la part des autres hommes assis autour de la table. Oscar surtout le regardait comme s'il lui avait poussé une deuxième tête et avait démoli verbalement sa théorie alors qu'il se rasseyait : "Il n'était pas gay."

Maintenant c'était au tour d'Anthony de regarder son camarade comme si une deuxième tête lui poussait déjà. Ses yeux s'écarquillèrent d'incrédulité avant de se faire suspicieux. "Est-ce qu'on parle du même gonze ? Blondinet ? Veste en cuir ? Qui semblait tourner sur lui-même et briller des masses ? Parce que ouais. Il était gay comme pas deux."

Oscar semblait personnellement insulté par son commentaire. "Non il ne l'était pas !"

"Tu déconnes !" Anthony jeta ses mains en l'air et évita de justesse de foutre une baffe à Jimmy. "Tu vis sous une pierre ou quoi ? Il était pas du même bord que nous !"

Ce fut à cet instant que Brian décida d'ajouter son grain de sel. "Mais on est du même bord si on se bat dans le même but, non ?"

Anthony faillit se fouler un muscle en tournant violemment la tête vers son nouvel interlocuteur. "Quoi ? Non ! Quel même but ?"

Brian semblait être très sérieux avec son idée. "Ben oui. Se lier dans l'adversité."

Anthony, de l'autre côté, semblait vouloir se dépêtrer de cet imbroglio dans l'instant. "Oui. Non. Je parle pas de ça, merde !"

Maintenant il était des plus confus, ce qui se voyait à son expression perdue et son air défait.

Nathan ajouta son grain de seul lui aussi. A moitié parce qu'il se sentait un peu exclu. Aussi parce qu'il avait quelque chose à dire sur le sujet. Mais surtout parce qu'il ne voulait pas qu'on compare l'orientation sexuelle de quelqu'un avec du sport d'équipe : c'était ridicule de son point de vue. "Je le prenais pour un Européen, pas pour un homo."

"Quoi ?" Anthony fronça les sourcils à sa déclaration.

Ce qui fit hausser les épaules de Nathan. "Sérieusement. Il était foutrement pas du coin. Il avait un accent, il avait pas de complexes à toucher les gens et je suis presque sûr qu'il s'était rasé les jambes."

"Et c'est sensé nous convaincre qu'il est pas gay peut-être ?" La tête que tirait Anthony surprit Nathan. Il avait la vilaine impression qu'il venait de creuser son propre trou. "Parce que je suis presque sûr moi que tu viens de décrire un homo."

"Je suis d'accord avec Smith sur ce coup-là." Une voix distinguée interrompit son train de pensées avant qu'il n'ait eu le temps de trouver une réplique mordante. Oscar s'éclaircit la gorge avant de parler. "Ils font les choses différemment là-bas. Juste parce qu'il est différent et un peu ... spécial ne veut pas dire que le mec aime d'autres mecs."

Anthony reposa avec fracas son verre sur la table. "Spécial ? Spécial ? Le mec se la joue tout le match et toi tu dis qu'il est juste spécial ?"

"Les gars ?" La voix de Jimmy passa totalement inaperçue au milieu de leur conversation animée.

De la voix forte et claire de quelqu'un qui croit à 100% à ce qu'il dit, Nathan se pencha sur la table pour regarder dans les yeux ses collègues. Il savait de quoi il parlait, merde ! Et Anthony allait devoir le croire même s'il passait la nuit à le convaincre. "Je vous dis que ma sœur a épousé un Européen ! Il est relax et tout mais il fait vraiment les choses à sa manière. Déjà leurs joueurs de foot portent des shorts et puis leurs maillots de bains sont à la limite de l'indécence. Je vous jure, je suis mort un peu de l'intérieur la première fois qu'on est tous allés se baigner."

"Les gars." Haussant le ton et faisant des signes de la main, Jimmy essaya une fois de plus d'attirer leur attention.

Mais il échoua une fois encore lorsque Anthony répondit à Nathan sans un moment d'hésitation : "Mais t'as vu comment il marche ? Et sa veste ! Il garde ouvert sa putain d'veste comme s'il essayait de flasher quelqu'un ! Il n'y aucune chance qu'il soit pas gay !"

"Les gars !" Quatre paires d'yeux se tournèrent aussitôt vers Jimmy, qui haussa les épaules. "Il peut pas être les deux ?"

Sa déclaration mit un moment à être absorbée.

Anthony lui lança un regard incrédule et dit : "Gay ..."

"Et Européen ?" Finit Oscar d'un ton dubitatif.

Ils eurent tous l'air d'y réfléchir un moment avant de finir simultanément leur verre et de demander l'addition.

Personne ne voulait se lancer sur cette pente-là.


Note de la traductrice : Je suis de retour (pour vous jouer un mauvais tour) ! Cet OS était très dur à traduire et les jeux de mots étaient impossibles voir ardus à comprendre même dans la version originale. Pour ceux qui l'ignore, en anglais "batting for the other team" veut dire être de l'autre bord, c'était à dire être homosexuel. C'est un terme de baseball comme beaucoup de choses en anglais américain qui fait référence au sexe, avec des termes tels que première, seconde et troisième base. En français j'ai fait écho à l'imbroglio de celui qui n'a pas compris qu'on parle de sexe et continue à penser au sport. J'espère que vous comprenez où l'auteur veut en venir, et moi aussi par la même occasion. Flasher quelqu'un est relatif à ces personnes qui portant un pardessus mais rien en-dessous et l'ouvrent pour surprendre des personnes : certains cas sont des pervers, d'autres des gens enamourés, mais en tout cas il me semble que ce verbe est passé dans la langue française. Quant à la chanson dont l'auteur fait référence, il s'agit d'un moment dans le film La Revanche d'une Blonde (je n'ai pas vu la comédie musicale) où [SPOILER] le petit copain de l'accusée qui clame avoir eu une relation sexuelle avec elle se fait avoir à déclarer son homosexualité au tribunal, montrant par là que son témoignage est faux. [FIN DES SPOILER] Mon moment préféré du film. N'hésitez pas à commenter ou m'envoyer un MP s'il y a quelque chose qui vous échappe encore. Merci de votre soutien et bonne lecture !

*Hermi-kô***