Le rayon d'une paysanne :
ée à Versailles
Avant de commencer, petit mot de l'auteur :
Je tiens à remercier certains commentaires où je n'ai pas pu directement envoyer une réponse.
Mégane : Je te remercie de ton commentaire pour ma fiction, on ne trouve pas beaucoup de fans de Versailles malheureusement. Et en ce qui concerne ce que lui veut le roi, ce ne pourrai être que l'avenir et mon inspiration qui nous le dira même si je sais déjà ce que c'est. Surprise surprise. ) (Faut dire aussi que Cassandre n'est pas très douée pour le moment.) Pour le roi, je te laisserai voir dans le chapitre si c'était lui ou pas mais tu es sur la bonne voix jeune Palawan. Et oui, il y aura surement un couple avec Cassandre et un petit triangle… Mais chut, c'est encore en cour de création, alors, c'est un secret.
Merci de votre attention et tout de suite, le chapitre !
Point de vue de Cassandre
Je fixais les nouveaux venus avec plus d'attention maintenant et discernait dans les yeux de l'homme en bleu de la réticence à mon égard et, le regard froid, il me détaillait sans dire mot. L'autre homme, celui qui venait de s'exprimer, ne lâchait pas le chien du roi des yeux et semblait bien préoccupé par l'état de la calèche autrefois luisante. Peut être devait-il penser que le roi ne serait pas en bon termes s'il apprenait qu'un de ses véhicules soient ainsi ruiné.
« Monsieur Marchal, puis-je savoir pourquoi la calèche est dans un pareil état ? Il était vraiment irrité et ne semblait pas que préoccupé par la calèche, autre chose le dérangeait, ça se voyait. De plus, continua-t-il, pourrais-je savoir où se trouve le cocher que je vous ai mis à disposition ?
-Je suis vraiment navré. Mais nous nous sommes fait attaquer lorsque nous traversions un étroit chemin et nous ne pouvions faire demi-tour pour fuir. Le cocher est mort durant l'assaut, nous avons dû le laisser dans la forêt. »
Lorsqu'il prononça ces mots, je revoyais le corps ensanglanté de ce pauvre homme, abandonné près d'un magnifique chêne. Je plains vraiment sa famille qui ne pourra jamais le revoir. A cette pensée soudaine, je me mis à m'imaginer à la place de cet homme et je me dis alors que d'énormes frissons me bloquaient l'échine que sans toutou Marchal, je serais surement morte à sa place et nous serions encore tous deux coincés dans cette calèche. Deux cadavres abandonnés par des hommes habillés de noir, entourés par un bon nombre de gardes sans vies. D'un coup apeuré, je voulu me rassurer que j'étais bien en vie et me mit à fixer l'homme en bleu, terrifiée devant cette idée macabre. Il dut remarquer mon changement soudain de comportement et m'offrit une paire de grandes prunelles avant qu'il ne reprenne son air méfiant. Finalement, ne valait-il pas mieux que juste un cocher ne meurt pour que d'autres restent en vie ? De toutes façons, que nous soyons restés ou non dans la calèche, il serait mort alors…. Je me fis interrompre par le bruit sourd d'une langue claquant contre un palais. Je tournais la tête et vit l'homme en jaune serrer les dents avant qu'il ne prononce ces quelques mots.
« Alors, j'imagine que ça recommence.
-En effet sire, d'autres personnes souhaitent votre mort. »
Dit donc, c'est qu'il a du tact le chien de garde. A en voir par la réaction de l'homme en jaune que l'on appel « sire », il semblait habitué. Mais c'est tout de même avec un gout amer et bien visible dans la bouche qu'il se retourna vivement vers moi. Il me scruta, me détailla avec des yeux presque ronds et me gratifia d'un très fin sourire qui paraissait aussi faux que mon envie de venir ici. Mais je ne le relevai pas. Après tout, les paysannes ne devaient pas être bien vu.
« Mademoiselle De-La-Marne je suppose ?
-Oui. Répondis-je en m'inclinant légèrement par politesse. C'est en me redressant que je crus remarquer avoir fait une faute dans le regard que me jetait le chien.
-Vous n'avez rien subit durant le trajet ? Demanda-t-il soudainement inquiet.
-Non, ne vous en faites pas. Je vous remercie de vous inquiéter pour moi.
-Et c'est tout naturel. »
D'accord, il n'y pensait pas un traître mot, ça se voit à son sourire qu'il ne se force même pas à rendre plus avenant. Puis, il s'avança et se plaça à quelques centimètres de moi et me scruta de nouveau, l'air perplexe. Il semblait se poser quelques questions et m'offrait aussi certains reproches qui me sont encore inconnues par son regard.
« Dites-moi madame, savez-vous qui je suis ? »
J'étais censée le savoir ? Mince ! Toutou ne m'a jamais dit qu'il fallait que j'apprenne les noms et les visages des familles nobles par cœur. Tentant tout de même le tout pour le tout, je lui répondis gentiment que oui et me pinça les lèvres en agrandissant les yeux dans la seconde d'après, me tournant vers le chien. Il devina alors que je faisais une très mauvaise menteuse et m'observa de travers. L'homme en jaune ne semblait pas l'avoir remarqué mais au moment où il allait probablement me demander qui il était pour être plus sûr, un garde arriva au pas de course.
« Mon roi ! Nous avons un grave problème !
-Que ce passe-t-il ? S'exclama-t-il soudainement angoissé.
-Les conseillers m'envoient vous chercher ! Un homme aurait fouillé les papiers concernant la venue de la demoiselle. De plus, tout les papiers concernant certaines recherches d'ont je n'ai pas le nom son manquant. »
D'un coup, je vis l'homme en bleu et toutou se raidir et sans comprendre ce qu'il arrivait je constatais que celui que l'on venait d'appeler « roi » tentait de calmer une crise de panique naissante. Il serrait les poings en se tournant vers le chien et d'un hochement entendu ainsi qu'un discours silencieux qu'eux deux seuls comprenaient, l'homme en jaune marcha aussi rapidement qu'il le put en direction de l'immense bâtisse, ordonnant à l'homme en bleu ainsi qu'au chien de rester avec moi.
« Veillez à ce que mon frère prenne soin d'elle et fasse ce que je lui ai demandé de faire. Oh, et mademoiselle. On s'incline davantage en présence de son roi et on dit ''Oui, majesté''. »
C'est après ces mots qu'il s'enfuit à vive allure en direction de la salle du conseil d'après toutou. Silencieuse, je supportais le poids d'un lourd moment de calme assez gênant. Je sentais le regard froid et perçant du chien comme s'il allait m'attaquer en peu de temps. Puis, relevant la tête, je rencontrais de nouveau le visage glacial de l'homme en bleu qui semblait s'être radoucit. A bien y regarder, il avait même quitté cette attitude froide et m'honorait maintenant d'un sourire fin et chaleureux. Il me salua enfin d'un signe de tête léger et s'exprima d'une voix calme et posée.
« Enchanté, je suis Bontemps, le valet du roi. Je me dois, en compagnie de monsieur Marchal, vous surveiller jusqu'à nouvel ordre. Bien. Je devais vous accompagner mais je crois bien que je suis appelé autre part.
-Vous allez rejoindre le roi en salle du conseil ?
-Oui, je pense que vous n'avez pas besoin de moi monsieur Marchal. Vous arriverez seul à mener cette enfant à Monsieur. Je vous ferais un compte rendu de ce qui a été dit pour vous aider dans vos recherches. Puis, ce tournant vers moi, il ajouta. Je vous souhaite la bienvenue à Versailles. Sachez qu'en d'autres jours, le roi et moi-même sommes plus accueillant. »
Puis, me saluant brièvement de nouveau, il partit d'un pas pressé en direction de ladite salle. Je me refaisais la scène à laquelle je venais d'assister dans ma tête et, je pus que conclure que cet homme est surement l'homme le plus chaleureux et agréable que j'ai eu l'honneur de rencontrer aujourd'hui. Je pense même que ça doit être le plus sympathique de cette cour. C'est avec cette entrevue que je repris une certaine confiance en moi et que je reprenais peut à peut le sourire. Soudainement, le chien Marchal m'indiqua de le suivre, ce que je fis sans poser de questions. Il me fit passer les grilles d'or et traverser la grande allée beige menant jusqu'à l'entrée de ce palais. Passant mes yeux d'un côté à l'autre, je constatais que le palais deviendrait plus grand, immense même. De chaque côté, différents ouvriers s'attelaient à monter des charges de plus en plus lourdes à l'aide de poulies du haut des échafauds.
Finalement, je pus mettre un pied dans cette immense demeure aux accents féerique. Lorsqu'elle sera finie, elle resplendira à des dizaines de kilomètres à la ronde c'est sur. Voyant mon trouble devant les colonnes de marbres et les murs gravés par de fins maîtres sculpteurs, Marchal me fit signe de presser le pas, ce que je fis sans me faire prier. Rapidement, nous montâmes les marches aussi blanches que les premières neiges en direction des différents appartements. Sur le chemin, je ne vis que peux de nobles, mais pour le peu que j'en vis, une acidité me bloquait la gorge lorsque j'entendais certains rires mesquins s'échapper d'un groupe de jeunes demoiselles et des regards moqueurs provenant de certains hommes. D'autres, attirant ma reconnaissance, m'ignoraient totalement. Rapidement, nous fûmes arrivés près d'une grande double porte en bois, travaillée avec soin par un ébéniste. Marchal allait frapper, mais avant qu'il ne le fasse, une exclamation me vint malgré moi.
« C'était le roi ?! »
Il me fixa pendant un cour moment, comme pour assimiler ce que je venais de dire et pris une voix des plus désespérée.
« Alors vous venez tout juste de vous en rendre compte. »
Je rougis et ne dis mot. Après quelques coups donnés, la porte s'ouvrit sur une foule de servantes quittant la pièce, chiffon à la main. Puis, après avoir reçu l'autorisation requise, Marchal toutou entra et se stoppa devant un homme aux longs cheveux bruns bouclés. L'homme portait un magnifique complet gris et un air triste sur le visage, mis en valeur par de grands yeux bleus ne reflétant aucunes émotions. A ces côtés, un homme aux cheveux tout aussi longs blond souriait d'une façon suffisante et semblait amusé de me voir. Il portait avec élégance un complet bleu, faisant ressortir ses yeux marrons. Il ne m'inspirait vraiment pas confiance. Revenant sur l'homme brun, je pus constater qu'il me fixait sans trop y faire attention.
« Alors, mon frère veut que je m'occupe de cette enfant ?
-Ne vous l'a t-il pas dit ?
-Il m'a fait part de cette demande avant que vous n'arriviez. Je ne comprends juste pas pourquoi je devrais m'occuper de l'éducation de cette demoiselle. Ne pouvait-il pas s'en occuper ? De plus, pourquoi avoir fait venir une paysanne à Versailles ? Connaitriez-vous la raison Marchal ?
-Je la connais oui, mais nous ne pouvons pas vous en faire part pour le moment.
-Évidemment, il ne me fait pas confiance.
-Vous devez juste enseigner à la demoiselle les façons de se tenir et se comporter en présence du roi et des membres de la cour. De plus, cette demande ne vous a pas été faite par un membre de votre famille mais par votre roi.
-Oh, je le sais bien Marchal, voilà depuis longtemps maintenant qu'il ne me considère plus comme un frère et qu'il ne me parle plus ainsi en temps que tel. Bien, je vais m'occuper de la demoiselle. Je n'ai pas le choix.
-Bien. Le roi vous en remercie.
-Hm. »
Et c'est ainsi que je me retrouvai seule en compagnie d'hommes d'ont je n'avais même pas eu la présentation et qui semblaient pour l'un, vraiment dérangé par ma présence et pour l'autre, plus qu'amusé, montrant dans ses yeux marron un air sournois. Impressionnée, je me contentai de baisser la tête, ne voulant en aucun cas rencontrer l'air sévère du brun. Puis, comme prise d'un courage soudain, je relevai la tête et esquissa un petit sourire en sa direction. Il me répondit par un étirement de lèvre durant à peine une seconde et aussi faux que le roi. Je m'en contentai et fit face à l'autre homme qui venait de se déplacer vers une grande table où se trouvaient différents mets, pâtisseries, chocolats, macarons, me faisant saliver intérieurement.
Sans m'en rendre compte, je vis le brun s'avancer vers moi. Ce n'est que lorsqu'il m'adressa la parole que je vis à quel point il était proche.
« Bien, je me nomme Philippe, Duc d'Orléans et…. Frère du roi. »
Tient, j'en ai déjà entendu parler. Je me souviens avoir lu un article le concernant dans l'une des rares gazettes arrivant jusqu'à notre village, je crois qu'il s'agissait de la guerre menée contre les espagnols. Ah, oui ! Ça me revient ! C'était un article sur lui justement, il aurait mené les troupes françaises contre celles espagnols et aurait même été acclamé par tous.
J'allais à mon tour me présenter mais il ne m'en laissa pas le temps. Il me montra l'autre homme en geste vif de la tête et continua alors que l'homme désigné prenait un macaron placé sur le buffet.
« Cet homme est le Chevalier de Lorraine. »
A la mention de son nom, le blond se tourna vers nous comme soudainement intéressé par ce qui se passait. Il m'offrit un sourire étrange que j'ai peur d'étudier.
« Et vous êtes mademoiselle ?
-De-La-Marne. Cassandre De-La-Marne monsieur. »
Il acquiesça et sembla réfléchir un petit moment avant de reprendre, scrutant ma position et ma façon de me tenir. Il me tourna autour, me donnant une petite tape dans le dos qui se raidit d'un seul coup et m'abaissa doucement la tête. Puis, comme-ci de rien n'était, il prit un morceau de ma jupe en main, me faisant rougir avant de la relâcher. Il renifla comme dégouté et se frotta les mains, enlevant une saleté invisible. Je voulu faire une remarque, blessée de cette attitude mais m'abstînt lorsque je me souvins de son haut statut. Le frère du roi. Il finit son tour et se posta devant moi.
« Bien, il va falloir revoir la position de votre dos et de votre tête. Pour ce qui est des vêtements, il faudra demander à une dame de la cour de vous en prêter une le temps de vous acquérir un habit convenable. Pour ce qui est du langage, je ne pourrais dire s'il vous faudra le corriger comme je n'ai rien entendu de constructif sortir de votre bouche. Mais au vu de votre provenance, j'imagine qu'il faudra y remédier. »
Il finit par un sourire d'une seconde et se retourna, se dirigeant vers le Chevalier de Lorraine. Bon, reprenons ce qu'il vient de dire ma petite Cassandre. Il vient de critiquer ta façon de te tenir. Ça passe, je n'ai pas l'habitude de me tenir comme il faut à cause de mon travail. Il vient d'être dégouté devant tes habits. Ça passe encore. Moi-même, je n'y suis pas très attachée et il faut dire qu'ils sont plus fonctionnels qu'autre chose. De plus, ce n'est pas comme-ci je possédais énormément d'argent bien que ma famille soit bourgeoise. Enfin, mais surtout, il vient de t'insulter en disant qu'il faudrait corriger ta façon de parler sans même t'avoir écouté, tout ça parce que tu viens de la campagne. Pour lui tu es donc illettrée et analphabète. Là ça ne passe plus. Je bouillais intérieurement tout en me disant qu'il ne serait pas intelligent de lui prouver le contraire en lui parlant mal et l'insultant. Alors, pour lui montrer qu'il avait tort, je puisais dans tout le calme qu'il me restait et soufflais intérieurement. Puis, quand je fus sûre de moi, je relevai la tête et m'exprima.
« Vous pensez donc, que mon langage est à revoir sans même m'avoir écouté ? Insinuez-vous donc qu'une demoiselle venant de la campagne n'est pas tout autant capable que vous de s'exprimer convenablement en bon français ? Vous me faites de la peine vous savez. Je pensais que les nobles étaient un minimum courtois par rapport aux rustres paysans de la campagne. Mais si c'est là ce que vous voulez alors nous perdrons du temps à des cours de diction. Vous vous tuerez donc à me faire parler comme un personnage de Molière, et moi, je me ferais sotte pour vous rendre raison et me balader dans les pires critiques que l'on peut faire sur ma classe sociale, les dévoilant une à une et jouant ainsi avec une nature qui ne me sied guère. Mais après tout, vous êtes mon professeur et je me dois de vous écouter. Perdons donc notre temps à m'apprendre comment lire, écrire et parler. Je suis toute oui. »
Aussitôt fini, aussitôt regretté. Je n'aurais surement pas du aller aussi loin. Mais je voulais juste lui montrer que même avec mes origines, j'étais tout aussi capable que lui de parler avec éloquence. Du vocabulaire, oui, j'en connais. Car même si je suis paysanne, je fais partis des rares personnes sachant lire et écrire, le devant naturellement à mes parents qui me manquent plus qu'autre chose.
Les deux hommes se fixaient. Le frère du roi se racla la gorge avant de venir en ma direction et me scruter de ses yeux sévères, encore plus glacial que d'habitude. Bon, je regrettais mes paroles et j'ai laissé ma colère prendre le dessus, c'est vrai. Mais pour rien au monde je l'avouerais à qui que ce soit. Je suis tellement fière de moi d'avoir su lui clouer ainsi la mâchoire, bien que je n'en connaisse le prix. C'est donc au moment où je m'imaginais me faire crier dessus ou même pire, frappée, que je vis un sourire presque satisfait s'inscrire sur les lèvres du brun.
« Bien, voilà un cours que nous pouvons retirer de la liste. »
''Hein ?''
« Même si vous savez convenablement parler, évitez tout de même de manquer de respect à vos ainés. Il serait fâcheux que l'on vous gronde pour une chose aussi bête que l'irrespect. N'est-ce-pas ?
-Ou…Oui, je suis désolée.
-Ce n'est rien. Souffla-t-il de lassitude. Continuons. Savez-vous manger avec l'argenterie en présence de nobles ?
-J'ai appris mais, je ne m'en souviens que vaguement et je n'ai jamais eu l'occasion de manger à la table d'un noble.
-Bien. Et ce qui est des danses ?
-Je ne sais pas danser.
-Encore mieux. Bon, nous allons avoir énormément de travail. Il va falloir revoir votre posture, votre façon de marcher, de manger, vous apprendre les danses que l'on pratique ici et vous trouver de nouveaux vêtements, et tout ça en une après-midi car le roi vous veut à sa table ce soir. »
Comment ?! Oh non ! Mais comment je vais faire moi ?! Manger à la table du roi ? Déjà ? Il ne perd pas de temps, je lui ai à peine parler et je ne fais même pas partit de sa cour d'autant plus qu'il ne m'a pas précisé pourquoi il m'avait fait venir ici. Si seulement je le savais. Commençant à angoisser, je me tournai vers son altesse pour qu'il voit mon désarroi et se montre quelque peut sympathique envers ma personne et réussisse à décaler le délais d'un jour ou deux. Mais il ne m'a même pas remarqué et se contentai à présent de discuter avec le Chevalier de Lorraine qui ricanait déjà devant sa demande que je n'entendis pas.
« Bien. Je vais aller la chercher alors. Mais je ne te connaissais pas prêteur.
-Cesse un peu de faire l'imbécile, nous n'avons pas le temps.
-Très bien mais je trouve tout de même ça dommage, j'aurais bien aimé la voir sur toi une fois de plus. »
Le frère du roi se racla la gorge et fit un geste de la main comme pour éloigner le blond qui souriait à pleine dents. Je ne fis aucunement attention à ce qu'ils venaient de dire, pensant seulement qu'il devait quelque chose à une personne qui m'est encore inconnu. Le Chevalier ouvrit une double porte semblable à la première qui lui faisait d'ailleurs face. Il revint quelques instants plus tard accompagné de quatre servantes tenant une magnifique robe grise aussi éclatante que de l'argent. L'une d'entre les servantes tenait une paire de chaussure semblable à la robe. Mes yeux brillèrent devant ces richesses faites de tissus, de paillettes, de broderies et de bijoux allant de pair avec le lourd vêtement. Je me demandais, voyant que deux servantes portaient l'habit avec difficulté, comment une seule personne pouvait bien la tenir sur ses épaules. Alors que mes yeux se perdaient sur les détails, j'entendis la double porte claquer et je la vis se refermer sur les deux hommes. Perdue, je regardais autour de moi pour comprendre ce qu'il se passait et vis les servantes s'approcher de moi. L'une me demanda gentiment de ne pas bouger et m'expliqua qu'elles allaient m'habiller. Je me mis naturellement à protester, ne voulant pas qu'une femme qui m'est inconnu m'habille par simple pudeur. Je reculai donc, demandant à ce qu'on me laisse faire. Je voulais tout faire de moi-même, je savais m'habiller tout de même !
§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§
Un cheval s'arrêta subitement au creux d'une forêt presque noir. Le cavalier descendit, alarmé par cet arrêt soudain. Il connaissait cet homme. Une fois à terre, il s'immobilisa juste devant lui et le salua. Puis, comme pour oublier le froid qui prenait de l'ampleur, le cavalier se mit à parler de façon sarcastique.
« Je savais que vous aimiez les lieux glauques, mais de là à choisir une forêt à corbeau embrumé par une fumée étrange, je trouve que…. Vous savez faire de la mise en scène.
-Ha ! Ha ! Alors, si tu es venu, c'est pour m'annoncer une bonne nouvelle n'est-ce-pas ? Comment a réagit le roi à cette nouvelle.
-Il était…. Contrarié. Oui, c'est le mot, contrarié par l'état lamentable de sa calèche. Mais il était surtout…. Rassuré dans un premier temps ? Hésita le cavalier, sachant qu'il le regretterait.
-Comment ça, « rassuré » ?! Que veux-tu dire exactement ?!
-Hé bien…. Tout simplement, que la mission à été un terrible échec.
-Pardon ?!
-Fabien Marchal et mademoiselle De-La-Marne sont encore en vie et en pleine forme. »
À ce moment précis, l'homme vit rouge et hurla sa rage contre le monde entier. Il tournait en rond, maudissant « ces maudits vermis sauts qu'il a prit à sa suite par pitié. » Il pensait qu'ils pourraient faire une mission de meurtre correctement et c'était même imaginé la tête piteuse du roi lorsqu'il verrait deux cadavres à la place de son homme de main et de sa chère invitée. Néanmoins, le cavalier, ne voulant prendre de risque, argumenta, espérant que ceci pourrait rendre son chef plus joyeux.
« Lorsque je suis parti, je n'ai eu le temps de voir pleinement le roi. Mais j'ai pu observer son visage inquiet. Je pense qu'il sait que nous préparons quelque chose et doit surement paniquer à l'heure qu'il est. Peut-être bien que l'on pourrait en profiter et l'attaquer pendant ce moment de faiblesse non ? »
L'homme ne dit rien, se contentant de s'approcher du cavalier avant de le prendre violement par la gorge et de le soulever de terre.
« En profiter dis-tu ? Tu es fier de me dire que le roi est en panique ? Imagine un roi emplit de paranoïa faisant une crise de panique. Penses-tu une seule seconde qu'il laissera le monde partir et revenir au palais ? Non. Il fermera les grilles et défendra à quiconque de les ouvrir sous peine de punition. Il multipliera les gardes à l'entrée du palais, vérifiera tous les soupçons pouvant être portés sur n'importe qui et surtout, il emploiera ses meilleurs hommes pour analyser le moindre petit geste suspect. Alors non, je ne pense en aucun cas que tout ceci soit une bonne nouvelle en soit. Mais tu as raison sur un point. Argumenta-t-il en posant l'homme à terre, relâchant sa gorge.
-Ah oui ? Et à quel moment ?
-Le roi et sa panique peuvent nous servir pour au moins, le faire douter de son entourage et ainsi, pouvoir l'en éloigner. Mais que ce soit bien clair. Cette fois, pas droit à l'erreur.
-Bien, je vais prévenir les autres. »
Une fois que l'on fut bien installer sur sa selle, le cheval se remit à galoper à pleine vitesse en direction du palais. Le plan viendrait bien assez tôt, le cavalier en était certain.
§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§
Point de vue omniscient :
Les servantes eurent enfin l'autorisation voulue après mainte et mainte demande. La robe fut mise, les cheveux furent relevés et enfin, les deux hommes purent à nouveau entrer. Ils discutaient calmement lorsque la porte s'ouvrit, laissant passer les quatre servantes qui leur dirent que le travail était fait. Philippe souffla tout en retenant Chevalier qui voulu partir, souhaitant rompre la promesse envers son amant dans laquelle il avait juré qu'il aiderait le frère à enseigner les bases de conduite à la demoiselle. Le blond tentait de lui faire comprendre qu'il ne voulait en aucun cas assister le brun dans son travail d'éducation mais il ne réussit pas à s'imposer devant l'air las et les yeux presque implorants du frère du roi, il finit donc par accepter à contre cœur bien que la situation l'amusait. Tous deux rentrèrent en trainant un peu des pieds dans la salle et furent choqués du résultat.
Devant eux se tenait une jeune femme aux longs cheveux châtains bouclés et épais, ramenés en un chignon quelque peu brouillon orné de dizaines de perles et pinces brillantes qui laissèrent filer deux mèches ornant la nuque blanche de la jeune fille, s'enroulant finement sur elles mêmes. Ses yeux gris ressortaient sur ce visage de nature pale poudré, et s'imposaient, marqués par un léger trait noir sur la paupière inférieure. Le corset n'affinait que peut sa silhouette déjà mince mais le tissu éclatait sur cette peau de porcelaine, révélant quelques centaines de perles et bijoux d'argents ainsi que de broderie au fil d'argent, ornant le tissu de toute part, formant des arabesques plus magnifiques les unes que les autres. La robe lui allait parfaitement et recouvrait de par ça longueur et largeur imposante, les chaussures qui ne laissaient qu'apercevoir d'elles, deux petits bouts d'un gris pale et brillant à la fois. Tant de richesses étaient amassées sur ce corps frêle mais bien planté au sol d'une jeune poupée de porcelaine et de satin entrant timidement à la cour. Elle avait maintenant tout dans l'allure qui prouvait qu'elle pouvait faire partie de ce monde riche et noble.
Les mains placées derrière le dos, elle donnait l'impression d'être l'une de ces enfants innocents entrant à peine dans leur puberté. Elle ressemblait à un petit ange venant de découvrir un humain, attendant qu'il lui enseigne tout ce qu'il sait et dresse son petit cœur pur.
Philippe ne dit rien. Il n'aurait pas pensé obtenir un tel résultat venant d'une fille née dans la campagne et n'ayant portée ce genre de robe auparavant. Elle était resplendissante. Il sourit, satisfait, mais même sous les pensées joyeuses de Cassandre à ce propos, il rabattit ses lèvres dans une moue boudeuse après dix seconde de vif bonheur. Le Chevalier, lui, tourna la tête sur le côté et la scruta pour s'assurer qu'il fut bien question de la même personne. Finalement, il s'approcha de la jeune fille et s'adressa à son compagnon.
« Je commence, si cela ne te dérange pas.
-Je ne te pensais pas enjoué par la situation.
-Certes, mais j'ai l'impression que ces cours promettent d'être amusant. Alors, me permets-tu de t'emprunter ton élève ?
-Fais ce qu'il te plait. »
Il sourit et prit la douce main de la jeune fille qui frissonna à ce contact, n'y étant en aucun cas habitué. Puis, elle se fit entrainer en avant doucement et tenta de suivre la douce allure que lui imposait son moniteur sans tomber lamentablement. Elle n'avançait que par petits pas et peinait par moment à mettre un pied devant l'autre. De plus, elle rencontrait quotidiennement les plis du grand tapis brodé qui la faisait trébucher. Finalement, l'homme se stoppa et la dévisagea avant de plisser les yeux, comme s'il venait de comprendre un élément crucial. Il lâcha la main de l'enfant et lui demanda de venir à sa rencontre lorsqu'il fut à l'autre bout de la pièce. Tremblante, la jeune fille avançait lentement, prenant soin de ne pas s'emmêler les pieds. De peur de se faire mal, elle se cambrait légèrement pour fixer le sol.
« Redressez-vous ! »
Elle sursauta et se mit droite.
Elle fixait tout de même ses pieds, inclinant la tête vers l'avant.
« Redressez votre tête et regardez devant vous ! »
Elle obéit au blond et continua sa marche hésitante, frottant les chaussures entre-elles tellement elle fut lente.
« N'ayez crainte, avancez plus vite ! »
Disait-il d'un ton chantant, manquant de rire devant un tel manque de grâce et de légèreté. Elle ressemblait plus un un bous de bois mort qui s'effritait plutôt qu'à une blanche colombe pleine de vie et de santé. Il riait intérieurement, laissant apparaître un sourire des plus grands, trahissant son soudain sérieux. Philippe, un verre de vin rouge à la main, se demandait s'il avait bien fait de laisser cette enfant en compagnie de Chevalier pour lui apprendre les bases en ce qui concerne la marche. Après tout, il ne l'avait jamais vu enseigner quoique-ce-soit, et à moins que son œil ne le trompe, il avait cette énorme intuition que si le blond était resté, ce n'était que pour son simple bonheur et s'amuser devant cette pauvre demoiselle ridicule. Néanmoins, il ne fit rien pour arrêter le blond et se contenta d'observer sagement le tuteur improvisé, sirotant calmement son verre de vin rouge. Si son frère n'avait aucun tact en ce qui concerne les services demandés, il savait au moins choisir du bon vin se disait simplement Philippe, se perdant dans la couleur brune du liquide.
Elle était tombée, s'emmêlant les pieds dans ses jupons. Elle s'était prit les pieds dans les plis du tapis. Elle avait poussé un bruit ridicule en tombant pour la dixième fois, faisant légèrement rire le blond qui ne voyait en cette paysanne qu'une simple distraction. Elle avait abandonnée. Elle c'était faite grondée pour avoir abandonné. Elle avait boudé. Elle a rencontré le regard noir du frère du roi. Elle s'est relevée…Puis est retombée. Elle finit par tenir debout, les jambes tremblantes. Au bout d'une heure, elle ne tomba plus. Au bout de deux heures, elle ne tremblait plus et savait parfaitement tenir sur ses pieds et marcher comme il fallait.
Elle était fière, ses yeux resplendissaient d'un feu de victoire. Mais malheureusement, même devant une preuve comme celle des yeux de Cassandre que les anges existent, Philippe arriva tout de même à repousser l'émotion joyeuse des yeux de la brunette en lui disant qu'il lui faudrait apprendre à danser. Elle souffla longtemps, très longtemps….
§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§
Dans une petite campagne bien loin des grandes villes et de la capitale, un petit couple discutait tranquillement, assis sur les bancs de bois entourant la table de chêne épaisse. Ils tenaient au creux de leurs mains, une tasse fumante d'un quelconque lait chaud ou bien même d'un simple bouillon. Ils parlaient de la pluie et du beau temps sans s'y concentrer, n'y prétend aucune attention. Puis, d'un regard commun passant de la fenêtre à leur chien, dormant calmement sur le sol contre le mur d'épaisse pierre, un sujet relatant revint tel un éclair en pleine tempête.
« Alors ?
-Que ce passe-t-il ?
-Qu'en penses-tu ? Dit-elle d'un ton sec.
-Je ne vois pas de quoi tu parles, sois plus clair. Feignait-il, voulant éviter la discussion.
-Ne fais pas comme si tu n'avais pas compris…. Je parle de Cassandre…Penses-tu qu'elle est…Heureuse ? Tenta-t-elle.
-Heureuse ? Je ne pense pas. Comment veux-tu qu'elle le soit en compagnie de ce noble que l'on a vu et au milieu de tous ces gens qui lui marchent surement déjà dessus. Dit-il, s'énervant presque. Puis, s'entant qu'il était allé trop loin, il s'excusa.
-Ce n'est rien. Mis à part tout ça. Penses-tu qu'elle s'en sort ? Je veux dire, tu crois qu'elle est à la hauteur des attentes d'une cour ? Penses-tu réellement qu'elle a retenu tout ce qu'on lui a appris ?
-Evidemment ! C'est une De-La-Marne ! Et comme toute personne dans la famille, elle sait retourner les évènements à son avantage et elle sait ne pas faire de gaffe et apprendre avec ce qu'elle a sous les yeux. Fait lui un peu confiance. Pour ça, j'en ai la certitude, elle parfaite…Elle est… »
§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§
« Une calamité ! Tu es une calamité petite demoiselle ! Voilà que maintenant, je me dois de changer de chaussures tant celles-ci sont abîmées à force d'avoir rencontré le dessous de votre pied ! De plus, je me dois de les enlever, mes pieds souffrent et suffoquent sous le joug de vos talons. »
Ajoutant le geste à la parole, Philippe, excédé, enleva ses chaussures et se massa ce qui lui restait comme pied après avoir entrainé la pauvre Cassandre à la danse coutumière de Versailles. Chevalier se délectait de la scène en riant, mangeant les macarons et chocolats lui passant sous la main. De temps à autres, il faisait quelques remarques cyniques envers son amant, aimant voir ce visage froid, emplis de colère et d'abandon qu'il affichait lorsqu'il était furieux. Oui, Chevalier aimait plus que tout jouer avec les nerfs de son compagnon, admirant ce doux visage transpirant d'une colère ravageuse. Après tout, n'étais-ce pas ce qu'il savait faire de mieux ? Provoquer les gens de la cour et autres personnes croisant son chemin pour ainsi, obtenir le fruit de tous ses désirs, ses caprices ?
Toujours en était-il qu'entre la marche et la danse, le trio s'était accordé une pause, voulant vérifier si la jeune fille savait manger convenablement avec l'argenterie et surtout, dans le bon ordre. Elle avait presque tout retenu et pu réciter avec brio l'ordre d'utilisation de chaque couvert et comment s'en servir. Pour ce qui était de la pratique, certaines choses étaient à revoir, mais le temps ne le leur en avait pas été accordé. En effet, à peine Philippe voulu-t-il reprendre que Fabien et Bontemps entrèrent dans l'appartement de Monsieur. Ils se placèrent devant le brun qui fut debout, au côté de Chevalier, finissant d'avaler un macaron. Marchal fit un bref examen de la pièce d'un regard et s'égara un instant sur la paysanne. Il ne la reconnu pas immédiatement et pencha légèrement la tête sur le côté en fronçant les sourcils, attirant l'attention de Bontemps. L'homme aux cheveux grisonnant fixa lui aussi cette charmante jeune femme et demanda d'un ton neutre.
« La paysanne que l'on vous a confié, où est-elle ? Et, qui est cette personne ?
-Celle que vous cherchez. Chantonna presque le Chevalier. »
A ce moment précis, Cassandre voulu fondre et se glisser lentement sur le sol, se rendre invisible aux yeux de tous et couler le long du chemin fait par le vide en direction de la porte grande ouverte. Ne disant rien, les deux nouveaux arrivants la détaillèrent. Ils regardèrent avec attention la robe qu'elle portait, la coiffure qu'elle arborait, sa tenue droite et fier laissant tout de même présager une certaine timidité et un visage rendu plus pale qu'avant par la poudre, rougissant sous les regards juges et insistants des hommes présents.
« Hé bien, quel changement…Est-elle prête ? Demanda Bontemps, presque impressionné par cette transformation.
-Hé bien, je dirais qu'il reste encore des choses à changer. Dit Monsieur d'un ton sec en jetant un regard noir à la jeune fille pour ses pauvres pieds qui souffraient le martyre. Je pense qu'il faut qu'elle en apprenne un peu plus avant d'être prête.
-Pourtant, vous n'avez pas le temps. Lança Fabien.
-En effet, commenta Bontemps. Le roi veut vous voir maintenant, il estime que vous pouvez lui rendre des comptes à propos de ce que vous lui avez appris. »
Philippe grogna en un souffle, et suivit les deux hommes. Il savait que ça ne servait à rien de vouloir discuter avec ces hommes. Si l'ordre venait de son frère alors il n'y avait pas à discuter. Il s'en alla en compagnie des deux hommes de mains sous deux pairs de yeux paraissant sage.
La jeune femme souffla et prépara mentalement son maigre testament pour la honte qu'elle allait recevoir lorsqu'elle rencontrerait d'autres nobles, autrement que dans une allée d'appartement. Déjà que son statut social n'était pas très bon et ce, même avec les faveurs du roi, elle n'arrivait à s'imaginer comment elle pourrait ne pas empirer la situation avec ses connaissances approximatives.
« Hé bien. On peut dire que vous vous débrouillez plutôt bien. Commença le blond d'une voix laissant présager une suite.
-Vraiment ?! S'étonna Cassandre, toujours face à la porte.
-Oui, vous êtes même la meilleur dans votre catégorie. Je me demande comment l'on ferait pour survivre sans vous.
-Vous le pensez vraiment ? Continua-t-elle incrédule.
-Vraiment. Je ne sais comment on ferait sans vous. Epela-t-il presque.
-Vous n'êtes pas sérieux ? Suivit-elle méfiante
- Mais si voyons ! Depuis que Mme d'Avignon est partie, nous n'avions plus personne pour amuser la galerie. Mais maintenant que vous êtes là, je sens que nous pourrons à nouveau nous délecter d'une idiote qui ne sait pas marcher droit. Amener une paysanne à la cour est surement le meilleur divertissement que pouvait nous apporter le roi. À croire que Mme d'Avignon lui manque aussi. »
Rit il en partant, quittant la porte en chêne, laissant une Cassandre vexée et surprise devant la porte sculptée.
§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§
Philippe arriva rapidement jusqu'aux appartements où son frère l'attendait bien patiemment, assis sur une grande chaise de velours et d'or. Une fois que le cadet fut entré, le roi fit signe à ses deux hommes de main de partir. Il voulait être seul avec lui.
Une fois qu'ils furent tous les deux, il vint, les bras ouverts en direction de son frère pour l'accueillir avant de les rabattre en signe amicale, un sourire travaillé sur les lèvres.
« Mon frère. Comment vas-tu ?
-Très bien mon cher frère. Mes pieds semblent aller un peu mieux eux aussi. Dit-il sarcastique, faisant tourner la tête du roi alors qu'il fronçait un sourcil d'incompréhension tout en gardant son sourire.
-De quoi parles-tu ?
-Rien. Comme toujours mon très cher frère. »
Le roi s'en retourna vers son fauteuil et s'y rassit après ce cour échange avec un frère encore plus froid, sec et irrité que d'habitude.
« Alors, as-tu fait ce que je t'ai demandé ?
-Hé bien oui. Mais tu es bien audacieux de me proposer d'éduquer une demoiselle en seulement quatre heures.
-Je ne vois pas en quoi c'est de l'audace.
-Hé bien, qui à part toi bien surs, pourrait croire qu'il est possible d'éduquer à une personne la vie d'un noble en seulement quatre heures, même si la dite personne à déjà suivit d'autres cours.
-Donc, je dois en déduire que tu n'as rien fait ?
-Pas exactement, pour dire vrai, pas du tout. Pour être honnête avec toi, je me suis tué à la tâche et j'ai fait de mon mieux.
-Alors, où est le problème. Rigola-t-il légèrement. Dis-moi ce que tu as fait plutôt.
-Bon, hé bien…Par où commencer. Ah oui. Par l'arrivée. »
Philippe se déplaçait pendant son récit, avançant par moment pour se mettre face à son frère qui fronçait les sourcils au fur et à mesure que l'histoire avançait, ne voulant pas en perdre le bout et voulant suivre son frère. De pas élégants en pas élégants, Philippe traversait la salle dorée de long en large, posant soigneusement ses semelles feutrées sur le sol, ne faisant bruit qu'avec ses talons. Seule sa voix et le claquement ferme des talonnettes faisaient échos dans la salle. Petit à petit, Philippe arrivait à la fin de son récit et s'arrêta pour le terminer dans la grâce et l'élégance, devant son frère dubitatif.
« Pour finir et ainsi faire simple Nous lui avons appris à marcher avec une robe noble sans qu'elle en ai portée une auparavant, de même avec les chaussures comportant des talons. Nous lui avons réappris à manger correctement et ce n'est pas totalement aboutis, certaines choses sont encore à revoir. Nous avons aussi tenté de lui apprendre la danse mais la malheureuse n'est vraiment pas douée et massacre tout aussi bien cet art que ses partenaires sans que je ne sache encore comment. Pour ça aussi, elle n'est pas prête. En d'autres termes, si tu voulais la présenter ce soir à la cour, ce ne sera pas possible, elle n'est pas prête et elle est loin de l'être. Alors, à moins que tu veuilles en vérité, remplacer Mme d'Avignon, ce que je ne pense pas, tu devrais lui laisser le temps de se préparer ou sinon, la laisser repartir chez elle. »
À suivre….
Et voilàààààààààà ! J'ai enfin finit ce chapitre ! Ce que je suis heureuse ! Il fait 15 pages Word mais ce n'est pas pour me déplaire et je me suis vraiment éclatée à écrire ce long chapitre. Bon, s'il y a des choses à redire comme trop de description, une lenteur au niveau de l'avancée de l'histoire, faites le moi savoir pour ne pas que je refasse les mêmes erreurs dans le prochain si vous êtes encore là. Bon hé bien, je vous remercie d'avoir lu, en espérant vous retrouver au prochain chapitre ou même dans les review. Cette fois-ci, le chapitre est assez long mais c'est pour me faire pardonner de l'autre qui était beaucoup trop court. Bon, je l'avoue, là, la fin de l'intrigue n'est pas fameuse et fait un peu cul cul. Mais ne vous en faites pas, ce n'est pas non plus l'intrigue de toute la fiction, sinon, j'aurais appelé ça : « L'intégration d'une paysanne. » C'es juste qu'il faut bien que l'on voit le faussé entre paysans et nobles. Je ne pouvais pas la faire arriver avec la connaissance de tout ce qui se passe à Versailles non plus, et ce, même si elle a déjà eu des cours de bonnes conduite en milieu hostile. J'espère aussi avoir respecter les personnages, j'ai quelques doutes.
Bon, sinon, un grand merci à ceux qui me suivent et comme j'ai déjà écrit un bon pavé, je vais vous laisser avec le résumé du prochain chapitre.
Comment Cassandre fera-t-elle pour prouver sa flamme à William, le beau ténébreux du coin du château, rencontré lors d'un bal alors qu'elle ne sait strictement pas danser et qu'elle tombe quand elle marche ? De plus, Fabien retrouvera-t-il son couteau et pourrait-il torturer un espagnol ? Le roi tombera-t-il amoureux d'une seule personne ou bien même d'un canard de Transylvanie ? Et Chevalier, pourrait-il enfin remettre la main sur sa foutue canne qui est surement partie faire la fête à Ibiza ? Vous découvrirez ça dans le prochain chapitre du super Drama qui n'en est pas un : « Le rayon d'une paysanne », prochainement sur .
Cassandre : Elle n'a pas fait ça ?
Fabien : Si.
Cassandre : Je ne peux pas y croire.
Fabien : Nous sommes ridiculisés.
Cassandre : Surtout moi !
Fabien : Mais qui est William ?
Cassandre : Un personnage inventé sans doute.
Fabien : Vous le connaissez ?
Cassandre : Non, jamais entendu parler, il n'existe pas de toute façon.
Fabien : Il faut que je fasse des recherches.
Cassandre : Dis, tu m'écoute au mois ? *soupir*
Chevalier : Qu'est-ce qu'Ibiza ?
Louis : Amoureux d'une seule personne ?! Moi ?! Elle m'a pris pour qui ?!
Cassandre : Vous n'êtes pas choqué ?
Louis : Choqué ?! Non ! Je suis furieux et outré !
Cassandre : Je veux dire, le canard ne vous fait rien ?
Louis : Le canard ? Ah, mais qu'est-ce-que la Transylvanie ?
Cassandre : … Tuez moi…
Merci d'avoir lu !
Big Bisous à tous et à toutes !
Sica1014
