C'est moi ! Eh oui, déjà de retour ^^ À vos nombreuses reviews et MP, je vois que je vous ai manqué ^^ Voici donc le deuxième chapitre. Il est assez court, c'est un flashback, c'est ça... Je vous promet que le prochain sera plus long et plein d'action ^^ Maintenant que la situation sentimentale commence à être claire, on va pouvoir passer à la suite, nah ?

Un merci tout particulier à ma bêta Shimizuu à qui je parle de mes milliers de projets de fics qui sont en cours, toujours en cours, et jamais terminé. Un jour !

Sur ce, je m'incline et vous souffle dans un murmure: bonne lecture.

- NAAAAAAAMI SWAAAAAAANN ! ROOOOOBIN CHWAAAAAAANN ! Me feriez-vous le plaisir deAÏE !

- Ne t'approche pas !

Le ton de Nami avait été sans reproche... Et son coup de poing pour mettre fin à la course du cuistot, douloureux. D'accord, elle ne voulait pas qu'il l'aide à enfiler sa nouvelle robe… Le regard plein d'espoir de Sanji s'était alors tourné vers l'archéologue ténébreuse, mais il avait senti qu'il valait mieux garder ses distances des paravents qui cachaient les demoiselles en pleine séance d'essayage. Un regard supplémentaire de la rousse avait convaincu le blond de rebrousser chemin hors de la boutique. Il avait attendu. Des heures, lui avait-il semblé… Mais il s'agissait là de demoiselles, pas question de se lamenter ! Il avait donc patienté…

- Tiens, t'es encore là ?

Le blond avait sursauté et s'était redressé, droit et fière. Nami, sa Nami pleine de charme et de fougue sortait tout juste de la boutique… les mains vides. Tout ce temps… pour rien ? Peinant à cacher sa frustration, Sanji lui avait offert son plus beau sourire, ainsi que son bras. Tout ce temps, pas un paquet à porter galamment, pas un sourire, et même pas un regard !

- NAAA...

- Sanji, mon petit Sanji… Tu me rendrais un service énorme si… Tu retournais sur le bateau pour nous ficher la paix un peu ! Une journée de FILLES, tu saisis ?

- Mai…

- Sanji, avait reprit la rousse d'un air sévère.

Sentant la menace, le cuistot avait tourné docilement les talons et était rentré penaud sur le bateau. Pour rajouter à ses tourments, la seule âme sur le navire n'était autre que le Marimo, qui faisait la sieste allègrement sur le pont. Sanji avait bien tenté de passer le plus silencieusement possible, mais voilà, une voix s'était élevée, le faisant sursauter, rager et… rougir. Il était partit avec deux superbes femmes, s'attendant à revenir les bras chargés de paquets et le cœur léger d'amour… Et il revenait les mains vides, légèrement en rogne. Tout pour ajouter à sa bonne humeur, l'imbécile tête de mousse ne dormait pas.

- Alors, sourcils en vrille, on revient les mains vides ? Pas dans tes habitudes…

La remarque avait été jetée de façon tout à fait anodine, l'autre n'avait même pas ouvert un œil… Et pourtant, Sanji avait senti toute la moquerie et le mépris dans ces mots.

- Ouais…

Une bagarre aurait pu suivre… Une guerre ! Une épopée où des coups de sabres auraient résonnés férocement contre des semelles endiablées… Mais non, rien. Le blond n'était pas du tout d'humeur à se battre. Les deux femmes de sa vie l'avaient rejeté, sa vie était terne et sans couleur, il se sentait sombrer dans la dépression, le noir et la mer étaient arrivés pour l'engloutir tout entier… À ce moment, Zorro avait ouvert un œil. Quoi ? Pas de réplique ? Rien ?

- Tu veux qu'on boivent un coup ? avait demandé le vert avec un sérieux troublant.

- Non…

Le blond avait continué son chemin en passant devant l'homme, puis était revenu pour s'asseoir à ses côtés. Tout compte fait, il n'avait pas envie d'être seul, et ce, même si ça signifiait rester avec le vert imbécile.

- Mais comment elles font pour rester si froide !? s'était finalement exclamé le cuistot. Et comment vous faites, vous ? Y a que moi sur ce fichu bateau qui ait envie de la chaleur d'une femme ?

Un silence avait suivit ses paroles. Long. Il s'était allumé une clope pour faire diminuer sa tension. Et ça n'avait rien fait diminuer du tout, au contraire. Se consoler avec une cigarette de ne pas avoir de corps à caresser… Quelle amère et maigre récompense.

- Bah, tu sais, avait répondu le vert après un long silence, surprenant le blond, sur ce bateau y a pas beaucoup de mecs intéressés par la chaleur des femmes…

Sanji avait alors lancé un regard plein d'incompréhension à Zorro. Quoi ?

- Bah ouais… Luffy et Usopp ne doivent même pas savoir ce qu'est une femme… Ils sont amoureux de la bêtise et des baguettes qu'ils se mettent dans le nez. Chopper et Brook, je ne suis même pas certain qu'ils ont ce qu'il faut pour vraiment les compter comme des hommes, alors les femmes… Et Franky… Peut-être qu'il s'est débarrassé de son machin pour se mettre un de ces gadgets à la place… Si non, je crois qu'il s'aime trop pour accepter qu'une femme ne le touche.

Sanji avait laissé passer un autre silence. Ouais, l'autre avait probablement raison… Il était bien le seul à souffrir sur ce bateau ! Mais… Une minute…

- Et toi ?

- Moi ?

- Ouais… ça ne te manque pas les femmes ? Je veux dire… Enfin… Sur un aspect plus…

- Charnel ?

- Ouais.

Encore un silence. Décidément, cet échange avait été de plus en plus étrange à chaque mot échangé. Aucune tentative pour attaquer l'autre, rien de déplacé, pas d'insulte, pas de regard méprisant, rien… Seulement deux hommes, assis tranquillement au soleil, échangeant quelques banalités.

- Les femmes c'est pas ce que j'ai connu de mieux, laisse finalement tomber Zorro en parlant lentement.

Il avait alors croisé ses bras derrière sa tête et avait fermé les yeux. Il voulait terminer la conversation comme ça ? Non, il avait fait exprès pour rendre Sanji encore plus curieux. Un air complètement neutre s'étendait sur ses traits, il semblait déjà dormir… Mais Sanji le regardait avec de grands yeux étonnés, ne sachant pas quoi dire. Avait-il vraiment entendu… ça ? Mais qu'est-ce qui pouvait bien être mieux qu'une femme ?

- Arrête de me dévisager comme ça, cuistot.

Il n'avait même pas ouvert un œil. Et Sanji n'avait pas bougé d'un cil. Il cherchait toujours à comprendre le sens des paroles du Marimo. Mieux… qu'une femme ? Son cerveau avait cessé de fonctionner et sa mâchoire pendait bêtement. Mieux… Mieux qu'une femme… Mieux qu'une FEMME ? Au bout d'une longue minute, l'épéiste avait rouvert les yeux, interrogeant l'autre du regard, jouant la carte de l'innocence, mais intérieurement très amusé de la mimique de son vis-à-vis.

- Ferme ta bouche, tu va attraper des mouches…

- …

- Et cesse de me regarder comme ça, on dirait un gros poisson particulièrement laid.

- …

- Bon, tu vois quand tu veux.

- Marimo… Qu'est-ce que t'as dis ?

- T'es sourd, enfoiré ? J'ai dis que mes meilleurs coups n'étaient pas des femmes…

- Et alors… ?

Un petit rire du vert avait répondu au blond tout étonné. L'autre avait ébouriffé presque tendrement ses cheveux de blés en souriant. Il s'était approché tout près du visage de l'autre, rendant leur proximité presque intime, et il avait chuchoté d'une voix étonnement chaude…

- T'as déjà essayé avec un homme ?

Sanji n'avait pas répondu. Il était resté bêtement sans bouger, son regard fixé dans celui du vert. Quoi ? Une étrange bouffée de chaleur l'avait saisit au ventre. Toutes ces bagarres avec Zorro, toutes ces insultes échangées, ces regard méprisants… Des émotions partagées, une attention particulière, des contacts physiques, des regards sans pudeur… Il n'y avait jamais pensé avant, c'était nouveau, comment s'en douter… Mais son corps, à bien y penser, réagissait, s'échauffait. Non pas de haine, mais d'autre chose… Lui qui aimait les courbes féminines, les soupires tremblotants pleins de sensibilité, les promesses chuchotées… Le faire avec un homme ? Non… Avec Zorro…

Sanji n'était pas encore arrivé à une conclusion que l'autre s'impatientait déjà. Il avait levé une main, et retiré délicatement la cigarette coincée entre les lèvres de Sanji, apparemment dans un état végétatif. Puis, Zorro, dont le visage était tout près de celui du blond, s'était approché encore plus près. Sans douceur, sans prévenir, sans demander la permission, l'épéiste avait capturé entre ses lèvres celles de Sanji. Trop étonné, l'autre était resté figé, son regard fixé dans celui de son agresseur. L'épéiste pressait ses lèvres contre celles du blond, affamé. Sa langue était passée sur les lèvres du cuistot, goutant avec délice la douceur de ses ourlets rosés, le tabac âcre, la surprise et l'innocence.

À cet instant, Sanji avait abandonné tout espoir de comprendre, remettant à plus tard ses interrogations. Son regard était devenu vitreux et ses paupières s'étaient à demi fermées.

Ses sens s'envolant de désir, privés si longtemps de plaisir, Zorro avait laissé ses lèvres dévorer le cuistot à leur guise. Ses dents avaient alors saisit l'un des ourlets rosés, inerte, de son partenaire et l'avait attirée dans son antre avide, la suçotant fiévreusement avant de repartir à la charge, se frayant un chemin dans la bouche du cuistot jusqu'à sa langue timide.

Sanji avait complètement perdu la tête. Son corps se fichait bien de qui l'embrassait de la sorte, et ses paupières avaient finies par recouvrir entièrement ses iris troublés. Peu importe qui l'embrassait… c'était bon, inespéré… Il en avait tellement envie, et depuis si longtemps… Sentant la caresse contre sa langue, un frisson l'avait traversé, et il avait enfin prit part au baiser, répondant avec la même fougue, le même besoin urgent de…

Mais pourquoi s'arrêtait-il ? Sanji attendit quelques secondes, mais rien. Il avait finalement rouvert ses paupières comme s'il émergeait d'un rêve, et il fut surprit de voir Zorro, assit bien sagement le dos contre le parapet, l'observant de son regard le plus neutre. Avait-il imaginé ce baiser ? Sans doute le meilleur de sa vie… Un léger souffle de vent avait alors caressé la peau du blond, fait virevolter ses cheveux et voler sa chemise ouverte. Chemise ouverte ? Il avait baissé un regard étonné sur son corps ainsi dévoilé. Trop emballé par le baiser, il n'avait pas sentit les mains du sabreur sur son corps ?

- T'en fait une tête… T'as encore la tête d'un poisson en fait…

- Je…

- Bon, ça répond à ma question, t'as jamais essayé avec un mec…

- …

Sanji avait baissé les yeux. Pourquoi ? La honte de s'être laissé embrasser ? D'avoir aimé ? De ne pas avoir d'expérience avec les hommes ? … Ou bien pour cacher son regard au vert pour qu'il ne voit pas dans ses yeux l'envie qui lui déchirait le corps et le cœur… L'envie de continuer.

- Écoute, cuistot, je suis prêt à t'enseigner, si tu veux !

Sanji avait relevé la tête et croisé le regard lubrique de Zorro. Mais encore une fois, il fut étonné de ne rien trouver d'autre. Pas de malice ou de folie combative, rien. Une étrange sincérité.

- …

- Je suis certain que tu vas adorer…

- Personne ne doit savoir… Et c'est seulement pour le plaisir… Va pas t'imaginer des trucs Marimo.

- Toi non plus enfoiré, t'es seulement le seul sur ce bateau qui comprend le sens du mot sexe…

Aucune menace, un léger haussement d'épaules, et le baiser avait reprit, avide.

Le soleil avait continué sa course dans le ciel et avait entamé sa lente descente. Le chant des oiseaux avait changé, laissant place à l'éveille des volatiles nocturnes, le tintamarre provenant du port s'était tut et les vaguelettes s'échouant sur la coque du navire avaient reprit leurs droits dans la musique agréable de l'océan. Les taverne ouvraient tranquillement plus loin et de faibles tintements de porcelaine résonnaient jusqu'aux quais du port. Puis, un bruit drôlement incongru avait troublé cette mélodie tranquille. Une plainte. Presque un cri. Puis le calme était revenu.

Sanji s'était laissé choir sur le sol, épuisé. Tout ce temps en mer, sans sexe, il venait de le rattraper en un seul après-midi ! Combien de fois avait-il jouit ? Au moins mille ! Zorro était tombé assis contre le muret. Lui aussi était à bout de forces, mais comblé. Il avait regardé le ciel. Son corps était repu de sensations, mais son ventre criait famine. Et les autres n'allaient pas tarder à rejoindre le bateau. Il avait lancé un regard au cuistot et des iris pleins d'inquiétudes lui avaient répondus.

- On recommencera une autre fois si tu veux.

Zorro s'était levé sans plus un mot, ni un regard. Il avait ramassé ses vêtements et s'était éloigné de quelques pas.

- J'ai faim, Cook ! Et c'est mieux d'être bon ou je te découpe.

- Tu mangeras ce que je te donnerai, tête de gazon !

- Sourcils en trombone, je vais te…

- QUOI ? Déjà si tard ? avait hurlé le blond avant que le vert ne termine sa menace. Je dois vraiment m'y mettre ! Je te mettrai une raclée après le repas si tu veux, mais Nami et Robin vont bientôt arriver et elles vont être affamées !

Rien n'avait changé. Ils n'en avaient plus jamais parlé, et leur relation était toujours restée la même, aussi bruyante et violente, animant chaque jour le bateau de jurons fantaisistes. Mais de temps à autres, ils s'étaient retrouvés, laissant leurs querelles de côté, pour satisfaire un désir bien plus fort que leurs envies de combattre. Rien. Aucune expression n'avait jamais été visible sur leur visage, aucun mot échangé, seulement deux regards lubriques, en accord.

C'avait été plutôt rare au début, puis, de plus en plus fréquent, quelques fois par mois, quelques fois par semaine… Le plus souvent possible. Car ça n'était plus une simple question de sexe. Enfin… Ça n'avait jamais été qu'une question de sexe…