Merci pour les reviews ! Désolée pour ce loooonnng retard !
Bonne lecture !
Chapitre 2 / Correspondances
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Stiles passa les deux nuits suivantes chez Derek. Laura souhaitant profiter de ces derniers jours de vacances pour aller voir ses amis au bar, il ne la voyait que le matin au petit déjeuner. Au début, il était vrai que son voisin l'intimidait. D'une carrure imposante, il avait des cheveux noirs qui accentuaient le regard gris de manière à en être envoûté. Ces soirées lui faisaient finalement du bien. Loin de sa solitude, il ne pensait plus vraiment à Lydia et il discutait de tout et de rien avec le jeune Hale. Il avait appris que leur père les avait abandonnés lorsque leur mère était tombée gravement malade. Stiles avait posé une main de compassion sur celle de Derek. Il n'était pas obligé de lui raconter ce qui semblait être encore une blessure.
Le plus étonnant était qu'il commençait à se sentir totalement à l'aise avec le jeune Hale. Une sorte de lien s'était tissé et, loin de ressembler à l'amitié qu'il avait avec son meilleur ami Scott, il le considérait comme le grand frère qu'il n'avait jamais eu. C'était étrange comme sentiment. Il avait l'impression que toutes les douleurs s'envolaient à ses côtés et que la vie reprenait des couleurs autour de lui. Un peu comme un rayon de soleil, Derek rendait le sourire à son cœur. La veille, en y repensant, avant de s'endormir, pour le taquiner, Stiles lui avait envoyé l'oreiller en pleine face. Il en riait encore de leur bataille qui avait fini par faire exploser l'objet entre leurs mains.
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Ce soir était la dernière nuit de la semaine qu'il passerait chez son voisin. Dans la cuisine de son père, il préparait un gâteau au chocolat quand la sonnette retentit. En allant ouvrir, il ne s'attendait pas à tomber sur Lydia. Les lèvres serrées, il haïssait ce sentiment d'être prisonnier d'une personne. Elle était toujours aussi radieuse et… jolie. Pourtant, elle lui avait détruit ses rêves parce que les ''je t'aime'' n'avait plus de place. Les seuls qu'il avait entendus de sa bouche étaient devenus des mots bannis. Il ne voulait plus les entendre. Des mensonges comme ceux-là, il regrettait de les avoir crus.
— Je te ramène tes affaires, lui dit-elle sur un ton détaché.
— Tu vois la poubelle, là-bas, tu soulèves le couvercle et ensuite tu jettes le tout.
Sans attendre sa réponse, il claqua la porte. En s'y adossant, les paupières closes, il tentait de trouver un semblant de sérénité. Elle ne devait plus compter mais elle parvenait encore à saigner son cœur. Il sursauta en entendant à nouveau la sonnerie. Il ouvrit furieusement la porte et gueula :
— Tu ne sais pas soulever le couvercle d'une pou… Derek ?
Les joues enflammées, Stiles jeta un regard circulaire avant de le poser sur son aîné.
— Pardon, je… je pensais que c'était… enfin, bref, tu désires ? Entre.
— Non, je passais juste pour te prévenir que ce soir, ton ami Scott et sa copine se joindraient à nous pour le repas.
— Cool.
— Hum, ça sent bon ? huma Derek en le fixant de ses yeux gris.
— Ah, ah ! s'écria Stiles, je préparais un gâteau au chocolat et…
Il laissa sa phrase en suspens. Derek venait de poser une main sur sa joue en remuant le pouce sur le bout de son nez. C'était agréablement bon comme sensation. Il repensa soudainement à leur premier soir lorsque son voisin lui avait expliqué comment il procéderait… s'il était attiré par un corps d'homme… mais Stiles n'était pas un homme. Il n'était même pas encore majeur alors, comme si cette réflexion réussissait à briser une fibre à l'intérieur de son être, il recula d'un pas.
— C'est pour ça que tu as de la farine, murmura son aîné en détournant son regard, bon, je te dis à ce soir.
Dans l'incapacité de lui répondre, Stiles hocha de la tête. Il ne comprenait pas ce qu'il ressentait quand Derek le touchait. Il appréciait ses petites attentions, chose que ne faisaient jamais Scott. Il soupira en souriant puis il retourna à ses affaires en se convainquant que le mec du tchat lui brouillait l'esprit. Le gâteau enfourné, il monta jusque dans sa chambre. En la rangeant, il entendit un bip provenant de son ordinateur.
Aujourd'hui à 17 : 48 [LOUPNOIR] vient de se connecter.
Aujourd'hui à 17 : 50 [LOUPNOIR] dit : Enfin connecté ?
Stiles fronça des sourcils en lisant sur le haut de sa page : Vous avez un message non lu. Intrigué, avant de répondre à son correspondant gay, il ouvrit le courriel :
"Loupnoir, Le 31 Août 2011 à 4h35
Salut, je n'aime pas donner de faux espoir, je crois que toi et moi, ça ne collerait pas."
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Aujourd'hui à 17 : 58 [LOUPNOIR] dit : Tu es là ?
Aujourd'hui à 18 : 01 [LECLOWN] dit : Hey ! Salut ! Ça va ? C'était quoi ton message ?
Aujourd'hui à 18 : 02 [LOUPNOIR] dit : Alors ? Ton rencart ? ça a donné quoi ?
Aujourd'hui à 18 : 02 [LECLOWN] dit : Quel rencart ? et TON MESSAGE c'est quoi ? !
Aujourd'hui à 18 : 03 [LOUPNOIR] dit : Arrête, je ne te vois plus connecter alors je me dis que tu as vraiment trouvé chaussure à ton pied, c'est pour ça que je voulais arrêter de t'écrire.
Aujourd'hui à 18 : 04 [LECLOWN] dit : Ah. Pourtant, c'est toi qui lances la conversation.
Aujourd'hui à 18 : 05 [LOUPNOIR] dit : C'est vrai, c'est pour ça, aussi, que je vais déco.
Aujourd'hui à 18 : 05 [LECLOWN] dit : Non mais arrête ! C'est bon, je sais ce que je ferais de ton corps.
Aujourd'hui à 18 : 06 [LOUPNOIR] dit : Ah bon ? Et que ferais-tu maintenant que tu as eu le loisir de chercher la réponse :)
…
Stiles se gifla mentalement. Pourquoi sa question le taraudait encore ? Quel imbécile ! Il réfléchit en rougissant violemment à ce que lui avait dit Derek puis il répondit :
Aujourd'hui à 18 : 07 [LECLOWN] dit : Je déposerais ma main contre sa nuque, je la regarderais un long moment ensuite je l'embrasserais.
Aujourd'hui à 18 : 09 [LECLOWN] dit : Tu es toujours là ?
Aujourd'hui à 18 : 10 [LOUPNOIR] dit : Oui.
Aujourd'hui à 18 : 10 [LECLOWN] dit : Bah alors ? Comme réponse, ça te convient ?
Aujourd'hui à 18 : 11 [LOUPNOIR] dit : Pour un débutant, tu t'en sors bien.
Aujourd'hui à 18 : 12 [LECLOWN] dit : Comment ça pour un débutant ? Tu me vexes.
Aujourd'hui à 18 : 11 [LOUPNOIR] dit : Okay comme tu m'as l'air d'être un connaisseur, comment sais-tu si une personne s'intéresse à toi ? Allez, je vais être sympa avec toi, on se revoit mercredi soir à cette heure.
Aujourd'hui à 18 : 12 [LECLOWN] dit : Ok !
Aujourd'hui à 18 : 12 [LOUPNOIR] vient de se déconnecter.
…
Stiles, assis sur son siège, tourna son visage vers la fenêtre. Les yeux tombant sur celle de son voisin, il se demandait s'il pouvait encore lui poser ce genre de questions. Basculant sa tête en arrière, il posa ses mains en croix sur ses yeux. Il n'était pas doué pour draguer alors, savoir quand une personne s'intéressait à lui, il en rirait presque.
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« Samedi 3 Septembre 2011,
Tu sais ce que je viens de découvrir ? Leclown et mon voisin ne font qu'une seule personne ! J'ai buggé quand il m'a répété (à peu près) ce que je lui ai répondu le premier soir si quelqu'un me plaisait. Merde ! Qu'est-ce que je fais ? En plus, il n'est pas gay alors pourquoi va-t-il sur un site de rencontres de ce genre ? Tu crois que je peux espérer que je puisse l'intéresser ? Ou, est-ce que je m'avance pour rien ? Finalement, je n'en sais rien. Peut-être que je lui poserais la question... Tu crois que ça se fait ? surtout qu'il vient de se faire plaquer ? Rhaaa, je ne sais plus ! Merde, il me rend chèvre ! Derek.H »
... ... ...
Laura lui ouvrit la porte. Elle s'était mis une petite robe blanche et avait, pour une fois, détaché ses cheveux bruns qui encadraient parfaitement un visage légèrement maquillé.
— Tu es ravissante, souffla-t-il.
— Merci, répondit-elle avant de pivoter et de toiser son grand-frère, au moins, il y en a un qui sait parler aux filles !
Derek leva à peine un sourcil et continua à faire semblant de lire le journal. Pendant que la jeune Hale déposait son gâteau dans la cuisine, Stiles demanda s'il pouvait allumer la télé.
— OUI ! tonna Laura sans laisser le temps à l'aîné de répondre.
Cependant, Stiles préféra avoir l'approbation de Derek.
— Je te l'ai déjà dit, murmura-t-il en lui lançant la télécommande, tu es ici chez toi.
— Merci Derek !
Le jeune Stilinski sourit timidement en contemplant le profil de son hôte. Il les aimait bien. Laura était un bout en train qui adorait croquer la vie à pleine dent et le plus grand, lui, il semblait prendre à cœur son rôle de grand-frère. Il s'assit sur le petit fauteuil pour ne pas le déranger et alluma la télé. Pouvait-il exister une force pour lui rappeler que, quelle que soit la douleur, le monde avançait ? Sur l'écran chantait le groupe qu'il affectionnait actuellement : G. Charlotte (We believe). Les paroles pouvaient-elles avoir un sens caché quand dans sa vie, il n'arrivait plus à mettre ses idées en place ?
We are all the same -/- On est tous les mêmes
Human in all our ways and all of pain -/- Humain dans toutes les façons et toutes les douleurs
(So let it be) -/- (Donc laisse ça se produire)
There's a love that could fall down like rain -/- Il y a un amour qui pourrait tomber comme la pluie
(Let us see) -/- (Laissons nous voir)
Let forgiveness wash away the pain -/- Laisses le pardon enlever la douleur
(What we need) -/- (Ce dont on a besoin)
And no one really knows what they are searching for -/- Et personne ne sait vraiment ce qu'elle cherche
(We believe) -/- (Nous croyons)
This world is crying for so much more -/- Ce monde pleur pour tellement plus
We believe (x6) -/- Nous croyons (x6)
In this love -/- En cet amour
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Lydia ne s'était jamais excusée de lui avoir menti ou de s'être servie de lui. Le pardon était aussi nul que la douleur. Alors, pour croire, Stiles était plutôt désenchanté d'imaginer qu'un jour il serait vraiment aimé pour ce qu'il était. Il éteignit la télé. Sans vraiment comprendre ce qu'il faisait, il monta les escaliers en trainant des pieds. Dans un état second, il avait envie de boire. Boire jusqu'à en oublier son prénom. Il en avait marre de se sentir mal dans sa peau. Il avait des voisins super et, les lèvres déformées par la peine, cela ne suffisait pas pour effacer simplement un nom. Il passa rapidement une main sur ses yeux humides. En tentant de penser à autre chose, il se rappela de son correspondant gay.
— Qu'est-ce que tu fais ? entendit-il de la voix soudainement froide de Derek, c'est ma chambre !
Stiles, à l'encadrement d'une porte, leva son regard vers la fenêtre de la pièce et rougit en apercevant la sienne de l'autre côté. La main ferme de son aîné contre son épaule, il s'écarta vivement de ce dernier en s'excusant. Il ne savait pas si c'était l'intonation que Derek venait d'employer qui le faisait paniquer ou d'être arrivé devant la chambre de son aîné qui le mettait mal à l'aise. En tout cas, il n'aimait pas du tout cette voix.
— Stiles ? Qu'est-ce qui se passe ?
— Rien, mentit-il en se forçant à sourire, c'est juste que la rentrée va reprendre jeudi prochain et…
Il se tut lorsque Derek lui saisit une main et l'emmena jusqu'au jardin.
— Fermes-les yeux, lui ordonna son hôte.
Stiles fit ce qu'il lui demanda. Immobile, des bras l'enlacèrent pendant que le torse de Derek se collait à son dos.
— Ma mère me disait souvent que lorsque je ne me sentais pas bien, que je devais m'allonger sur la terre ferme et de laisser le vent me bercer, et c'est encore mieux quand on est deux.
Stiles, les paupières closes, tanguait son corps au rythme de celui de son aîné. La tête reposée contre l'épaule gauche de Derek, il se laissait porter par ce dernier. Les caresses de la brise semblaient réussir à l'apaiser. Elles étaient douces et mystérieuses. Stiles avait l'impression d'entendre une mélodie entre les airs. Il aurait pu facilement s'endormir tellement cela était enchanteur.
— J'aimerais bien qu'on dorme à belle étoile, murmura-t-il sans prendre conscience du sens qu'il donnait à ses mots.
Ses lèvres s'étirèrent doucement en un sourire conquis lorsqu'il sentit l'étreinte le resserrer. C'était comme s'il volait entre les murmures d'une voix angéliques. Comme si, le souffle de Derek contre sa nuque avait le pouvoir de le transporter loin de ce monde.
— Merci Derek, chuchota-t-il en glissant ses bras avec insistance le long de ceux de son aîné.
Au pas de la porte-fenêtre du salon, Laura les observait sans faire de bruit. Elle ne savait pas quoi penser de la nouvelle relation de son grand frère, si elle pouvait appeler ça, une relation. Tous les deux sortaient d'une rupture et, de son point de vue, en sachant que Stiles était hétéro, elle craignait qu'ils ne souffrent mutuellement de leur affection. Ils avaient besoin de réconfort et elle les sentait bien ensemble... Pourtant, cela ne l'empêchait pas d'avoir peur pour Derek. Il paraissait toujours maitre de sa personne mais, en petite sœur protectrice, elle le connaissait assez pour comprendre qu'il tombait amoureux du jeune homme. Que se passerait-il quand Stiles aurait une autre copine ? Derek saurait-il vivre avec cela ?
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La soirée s'était bien passée. Derek avait écouté d'une d'oreille distraite les conversations des jeunes. En les entendant rire et prévoir quelques futurs sortis après la rentrée, il réalisait de l'immense fossé qui existait entre eux. Il n'avait pas les mêmes centres d'intérêt que ces jeunes et, de toute façon, Stiles semblait toujours accro à Lydia. Dès que son prénom était prononcé, le jeune homme baissait la tête en grognant. Ce dernier de son côté ne pensait qu'à une seule chose : dormir à la belle étoile. Il avait envie de revivre le même moment de plénitude que tout à l'heure de façon plus longue.
Lorsque le repas prit fin, Laura demanda l'autorisation de dormir chez Allison. Une fois l'accord donnée, elle partit comme une flèche en leur faisant la bise. Stiles débarrassa la table pendant que Derek disposait les couverts dans le lave-vaisselle.
— Je vais prendre une douche ! avertit Stiles.
— Okay !
Le maitre du lieu s'étonna de sa soudaine humeur positive. Cela parut embaumer son cœur quelques secondes avant de repenser à cette soirée catastrophe. Pour lui, elle l'était. Il n'avait rien à voir avec les jeunes et, bien que son voisin soit hétéro, il avait juste espéré que, peut-être, il aurait pu s'intéresser à lui. Il alla chercher des draps et des oreillers comme tous les soirs.
— C'est bon ! Tu peux y aller !
Derek sourit en le voyant arriver en portant son pyjama bleu et court puis il se dirigea vers la salle de bain. Pendant qu'il se lavait, Stiles saisit les draps et les étendit sur le gazon. Il disposa ensuite les oreillers en respirant de contentement. Il allait enfin dormir en sentant la brise courir le long de sa peau. Rien qu'à cette pensée, il tressaillait de joie. C'était encore mieux que la bière !
Le maitre du lieu fronça des sourcils quand il distingua son jeune voisin au pas de la porte fenêtre du salon. Il s'arrêta avant de se faire entendre. Pourquoi Stiles avait-il tout mis dehors ?
— Tu ne rigolais pas quand tu disais que tu voulais dormir à la belle étoile ? dit-il en s'avançant.
Le plus jeune pivota en lui répondant :
— Oui ! Et comme tu m'as dit que c'était mieux à deux, tu dormiras avec moi !
En disant ces mots, il empoigna son aîné en le forçant à le suivre.
— Mais, mais, bredouilla Derek totalement paniqué, tu…
La gorge soudainement sèche, ce dernier décida de se lancer en lui demandant d'une voix mi-amusée et mi-sérieuse :
— Tu me dragues ?
Stiles lâcha instantanément Derek. Il n'avait plus du tout pensé à l'orientation sexuelle de son hôte et encore moins imaginé que ces gestes seraient mal placés vis-à-vis de ce dernier. Gêné, sa respiration se saccada en même temps qu'il sentait ses joues rougir.
— Oh, je, non, bafouilla-t-il en prenant les oreillers, j'espérais juste que…
— Non, non, coupa Derek en le rattrapant mais Stiles retira son bras si violemment que cela lui enserra la poitrine.
Stiles s'allongea sans un mot et lui souhaita seulement une bonne nuit.
« 4 septembre 2011,
C'était une belle soirée et j'ai tout gâché. Pourquoi je lui ai posé cette question stupide ? Je voulais y croire et en fait, tout était innocent. C'est moi qui ai merdé et maintenant je sens que demain, les choses vont changer. Derek.H »
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Stiles se réveilla en sursaut quand il sentit quelque chose courir sur sa peau. Affolé, il se tortilla avant d'entendre l'éclat de rire de Laura. Cette dernière s'amusait à faire glisser un cheveu sur sa peau. « Traitresse ! ». Il sortit du canapé et se mit à courir après elle.
— Avoue que ça te donne du punch ! tonna-t-elle en riant.
— J'aurais pu dormir encore ! C'est les vacances !
Lorsqu'il parvint à l'empoigner, il aperçut Derek au bas des escaliers en boxer et tee-shirt. Perdant l'équilibre à cette vue, le maitre du lieu le rattrapa. Stiles, le cœur battant et les bras de ce dernier autour de sa taille, sentait la respiration de son ainé contre sa nuque. Instinctivement, il s'éloigna de lui comme s'il venait de le brûler.
— Bonjour Derek ? souffla Stiles en se dirigeant vers la salle de bain.
Laura qui observait la scène plissa des paupières en se rassurant que Stiles était bien dans la petite pièce.
— Derek ?
— Hum… répondit-il en se servant une tasse à café.
— Qu'est-ce qui se passe ?
— Rien.
En le voyant tapoter le comptoir américain qui séparait le salon, elle savait que son grand-frère avait quelque chose à se reprocher.
— Je reformule ma question, qu'est-ce qui se passe avec Stiles ?
— Rien.
— Il te plait ?
— Non.
— Pourquoi j'ai l'impression que tu l'as blessé ?
— Laura, il n'y a rien, d'accord ! s'énerva-t-il.
Sur ces mots, son frère remonta dans sa chambre. Décidément, elle allait devoir les surveiller.
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Ce dimanche matin, Stiles trouva son père endormi sur le canapé. Il déposa une bise sur son front puis il le couvrit. Il monta à l'étage et s'enferma dans sa chambre. Il bougea sa souris et s'aperçut que son correspondant était connecté. Stiles avait besoin de parler...
Aujourd'hui à 10 : 15 [LOUPNOIR] vient de se connecter.
Aujourd'hui à 10 : 59 [LECLOWN] dit : Salut
Aujourd'hui à 11 : 00 [LOUPNOIR] dit : ça va ?
Aujourd'hui à 11 : 01 [LECLOWN] dit : Écoute, je t'ai menti, je ne suis pas gay.
Aujourd'hui à 11 : 02 [LOUPNOIR] dit : Je sais.
Aujourd'hui à 11 : 02 [LECLOWN] dit : Ok, est-ce que je peux te demander quelque chose ?
Aujourd'hui à 11 : 03 [LOUPNOIR] dit : Bien sûr mon lapin.
…
Stiles sourit devant son petit surnom.
Aujourd'hui à 11 : 04 [LECLOWN] dit : Comment as-tu su que tu étais gay ?
Aujourd'hui à 11 : 05 [LOUPNOIR] dit : J'ai toujours été attiré par les garçons, pourquoi cette question ? C'est pour ça que tu es inscrit sur ce site ?
Aujourd'hui à 11 : 05 [LECLOWN] dit : Non, j'avais demandé l'aide à un ami et il m'a refilé ce site sauf que cet ami est gay donc…
Aujourd'hui à 11 : 06 [LOUPNOIR] dit : Ok, cela explique tout !
Aujourd'hui à 11 : 06 [LECLOWN] dit : oui, pas déçu ?
Aujourd'hui à 11 : 07 [LOUPNOIR] dit : Mais non, mon lapin !
Aujourd'hui à 11 : 07 [LECLOWN] dit : J'ai un nouveau voisin et il est gay.
Aujourd'hui à 11 : 08 [LOUPNOIR] dit : Ok.
Aujourd'hui à 11 : 08 [LECLOWN] dit : Je l'aime beaucoup comme j'aime un ami, je ne sais pas comment l'expliquer. Et hier soir, j'ai agi comme un gosse.
Aujourd'hui à 11 : 09 [LOUPNOIR] dit : Raconte.
Aujourd'hui à 11 : 09 [LECLOWN] dit : Hier, en fin d'après-midi, il m'a pris dans ses bras en me demandant de fermer les yeux et j'ai aimé sentir le vent contre ma peau. C'était reposant et agréable.
Aujourd'hui à 11 : 10 [LOUPNOIR] dit : Et ?
Aujourd'hui à 11 : 11 [LECLOWN] dit : J'avais envie de dormir à la belle étoile et il a cru que je le draguais ! Moi ! Le mec qui n'arrive même pas à garder une fille, alors croire que moi je pouvais le draguer, je ne savais plus quoi en penser. Je crois que j'étais vexé de ne pas pouvoir être dehors avec lui.
Aujourd'hui à 11 : 11 [LOUPNOIR] dit : Lui as-tu expliqué tout ça ?
Aujourd'hui à 11 : 12 [LECLOWN] dit : Non, de toute façon, j'ai dû aussi le blessé.
Aujourd'hui à 11 : 12 [LOUPNOIR] dit : Bah, raison de plus d'en discuter ?
Aujourd'hui à 11 : 13 [LECLOWN] dit : Tu crois ?
Aujourd'hui à 11 : 14 [LOUPNOIR] dit : Ce n'est pas en ruminant chacun de votre côté que vous allez améliorer votre communication.
Aujourd'hui à 11 : 14 [LECLOWN] dit : Ok, je vais aller le voir.
Aujourd'hui à 11 : 15 [LOUPNOIR] dit : Sinon, cette fille dont tu parles ? Tu es amoureux d'elle.
Aujourd'hui à 11 : 15 [LECLOWN] dit : Tu m'aurais posé la question, il y a trois jours, je t'aurais dit oui. Maintenant, je ne sais pas et puis, tout le monde aime dire ''je t'aime'' quand c'est faux.
Aujourd'hui à 11 : 16 [LOUPNOIR] dit : ok.
Aujourd'hui à 11 : 17 [LECLOWN] dit : Merci de m'avoir écouté.
Aujourd'hui à 11 : 18 [LOUPNOIR] dit : De rien mon petit lapin, bonne journée.
Aujourd'hui à 11 : 18 [LECLOWN] dit : Toi aussi !
Aujourd'hui à 11 : 19 [LOUPNOIR] vient de se déconnecter.
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Stiles, devant la porte de son voisin, respirait profondément depuis plusieurs minutes. C'était plus facile à dire qu'à faire.
— Stiles ? sursauta-t-il en voyant Laura ouvrir la porte pour sortir, qu'est-ce que tu fais ?
— Je venais voir Derek.
Il allait passer à ses côtés quand elle l'empoigna en le fixant de ses yeux noisette :
— J'aime beaucoup mon frère Stiles, je sais,… je sais qu'il t'apprécie énormément et comme tu n'es pas…
— Gay, souffla-t-il le cœur battant.
— Ne t'accroche pas à lui…
Il la regarda s'en aller sans réussir à émettre un mot. « Il t'apprécie énormément » que voulait-elle dire par là ? Et pourquoi ça lui faisait mal ce qu'elle lui demandait ? Stiles préféra rentrer chez lui parce qu'il ne comprenait pas ce qu'il éprouvait à cet instant.
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A suivre
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