Chapitre 2:

Come up to meet you
Tell you I'm sorry
You don't know how lovely you are
I had to find you
Tell you I need you
Tell you I'll set you apart
Tell me your secrets
And ask me your questions
Oh let's go back to the start
Running in circles
Coming in tails
Heads are a science apart

The Scientist, Coldplay

Deux jours s'étaient écoulés depuis l'arrivée de la Princesse Ysélane à Port-Réal . Sandor ne l'avait guère vu, la jeune femme passant la plupart de ses journées en ville à visiter les méandres de pierres et la multitude de boutiques. La fièvre avait cloué Joffrey au lit et il s'était excusé de son absence auprès de son hôte. Ainsi, son Bouclier lige n'avait guère de travail, sa seule tâche étant de rester planté devant la porte des appartements du Roi ce qui l'agaçait passablement. N'avait-il pas mieux à faire ? Il aimait l'action, le combat. Pas les couloirs vides et les fréquentes visites du Mestre Pycelle qu'il ne tenait pas particulièrement dans son cœur. Parfois, une bouffée d'audace lui faisait faire quelques pas en direction de l'aile où vivait Eärwen mais il se ravisait devant l'inconvenance de la situation. Et si on le voyait quitter son poste ? Et si elle refusait de lui parler ? Plus qu'à attendre…

Et les dieux parurent entendre son impatience. Le Mestre réapparut de la chambre accompagné de Joffrey qui, bien que pâle, semblait remis de son indisposition.

« Part chercher Sansa et ramène là dans les jardins. Maintenant, chien ! », ordonna-t-il sans même le regarder, disparaissant dans l'obscurité du corridor.

Lorsque le Limier frappa à la porte des appartements de la jeune Stark, il se surprit presque à espérer qu'elle soit malade, dans l'impossibilité de sortir. L'humeur du roi présageait le pire et l'image de son Petit Oiseau qui se recroquevillait sous les coups le révulsait rapidement.

Sa majesté vous demande, grommela-t-il d'une voix bourrue.

Il est guérit ? demanda-t-elle l'air désappointé.

Il hocha la tête et d'un regard l'invita à le suivre jusqu'à l'extérieur. La louve paraissait effrayée d'un nouveau tête à tête avec son promis et il ne pouvait lui en vouloir, les zébrures des coups encore certainement visibles sur ses tendres cuisses.

Joffrey attendait à une terrasse ensoleillée où les rosiers imprégnaient l'air d'un doux parfum d'été. Et il n'était pas seul. L'irascible Meryn Trant se tenait à ses côtés et il lorgnait d'un œil torve la jeune fille.

Ma Dame, dit le roi d'un ton froid qui n'augurait rien de bon.

Mon Sire, je suis ravie de voir que vous avez recouvert la santé, ânonna-t-elle en lançant des yeux inquiets tout autour. Mais personne n'irait la secourir, il n'y avait qu'eux.

Arrêtez donc vos mensonges, traîtresse ! J'ai entendu dire que vous n'aviez été que sourire et amabilités tout le long de mon indisponibilité, cracha le blondinet en pointant un doigt menaçant vers Sansa qui parut affolée.

Non votre majesté, je vous assure… J'ai prié à votre égard les anciens Dieux comme les nouveaux, pour votre santé. Et voyez comme vous êtes vaillant aujourd'hui !

Oseriez-vous dire que je vous dois ma bonne forme? Pour qui donc vous prenez vous ! Vous n'êtes rien qu'une sale félonne arrogante !

Et Joffrey ne lui laissa pas le temps de répondre. « Ser Meryn, apprenez-lui à être humble devant son Roi ». De toute évidence, il n'avait pas retenu la leçon de Tyrion et pire, avait dû se mettre en tête de terminer le châtiment qu'il lui avait initialement prévu. A l'abri des regards, le rejeton Lannister était prudent.

Le chevalier s'empara de la jeune fille par les cheveux et attendit des indications plus claires de Joffrey. Celui-ci indiqua d'un regard l'épée de Meryn Trant et afficha un sourire mauvais. « Son beau visage se doit de me faire honneur. Visez donc le ventre, qui ira vérifier ? » Le dos de l'épée frappa une fois, deux fois, à la troisième Sansa se plia en deux de douleur et atterrie sur les genoux. Les mains de Sandor pianotaient nerveusement et puis, n'y tenant plus lorsque les larmes coulèrent sur les joues de son Petit Oiseau, il voulut saisir le bras de Trant pour qu'il stoppe les coups. Y'aura qu'à dire que le nabot traîne dans le coin. Mais son bras s'immobilisa dans le vide lorsqu'une voix épouvantée s'éleva derrière lui. Une voix qui le fit frémir. Une voix qu'il se désespérait d'entendre depuis deux nuits.

« Qu'êtes-vous donc en train de faire ?! »

Tous levèrent les yeux vers la Princesse Ysélane et inclinèrent la tête, excepté Sansa qui lui tournait le dos, incapable de se relever sous la douleur. En voyant l'air effaré sur son minois, Sandor sentit la honte s'emparer de lui. Pour qui va-t-elle me prendre ?

Princesse, Lady Sansa m'a défié et je me devais de la corriger. Rien de très important, ne vous inquiétez pas, bafouilla Joffrey qui avait du mal à soutenir ses beaux yeux furieux lorsqu'il lui baisa la main.

Est-ce ainsi que l'on traite une femme en votre royaume ? Une Dame ? Elle ajouta d'un ton glacial : Sa propre fiancée ?

Ne vous méprenez pas, je voulais juste qu'elle comprenne… tenta-t-il piteusement de se justifier. Et ce ne sont pas vos affaires ! lança-t-il dans un regain de vanité qu'il parut vite regretter en voyant les traits de son hôte se déformer sous la colère.

En tant que votre hôte, j'entends ne pas avoir à supporter de tels actes brutaux et lâches. Vous devriez vous montrer fier d'avoir une si plaisante Dame à votre bras. Où sont donc vos manières !

Joffrey resta silencieux lorsque la Princesse Ysélane porta secours à Sansa et l'aida à se relever en lui murmurant de douces paroles de réconfort. Elle s'adressa à Ser Maeglin qui s'était jusque-là tenu à distance en lui demandant de ramener la jeune fille à l'intérieur. « Je vous y rejoindrai. » Puis, elle fixa froidement le Roi.

« Comptez sur moi pour que votre oncle et votre mère soient prévenus de vos faits », menaça-t-elle en tournant les talons en direction du Donjon Rouge.

Mais avant de partir définitivement, elle souffla d'un ton empli de mépris à Meryn Trant, « Où se cache donc votre honneur ? ». Enfin, Eärwen reporta son attention sur Sandor. L'air lui sembla soudain lourd et sa gorge trop étroite lorsque derrière son regard accusateur, les adorables prunelles de sa jolie Sirène luirent d'un infini chagrin.

Ysélane se dirigeait tranquillement vers les appartements de Sansa en essayant de se calmer. Il fallait qu'elle respire. Etait-ce un mauvais rêve ? Non. Le Roi était un bout d'homme cruel et personne ne semblait capable de contrer ses idées malfaisantes. Lorsqu'elle s'était précipitée vers la Main du roi, celui-ci avait poussé un soupir désabusé en écoutant le déroulement de l'incident. « Princesse, j'aimerai vous dire que ce dont vous avez été témoin n'est qu'un regrettable accident. Une exception. Mais il me faut être honnête avec vous. Mon adorable neveu est un abominable personnage. Sansa Stark est son souffre-douleur depuis longtemps et je ne puis être là à tout moment pour la retirer de ses griffes. » Il avait lâché cette aveu d'impuissance en la regardant d'un air embarrassé.

Le royaume des Sept-Couronnes était-il donc destiné à être gouverné par un garnement exécrable et pas plus plaisant que le Roi Aerys ? Pas pour très longtemps, du moins. Là était peut-être la seule source de réconfort. Ysélane avait eu un pressentiment bien noir lorsque Joffrey lui avait pris la main mais elle ne pouvait le partager avec Tyrion. Comment pourrait-il entendre que la mort planait sur sa famille ? Alors elle avait redirigé la conversation vers son autre point de contrariété. « Et ses gardes ? Ser Meryn n'a pas sourcillé pour battre cette pauvre fille ! Quant au Limier… il n'a pas bougé. » Sur ce point, le nain était d'accord avec elle que ceux-là devraient y réfléchir à deux fois avant d'écouter aveuglément les ordres du Roi. Tyrion misait peu sur Meryn Trant et lui confiait que cet homme ne lui inspirait aucune espèce de confiance, qu'on pourrait lui demander n'importe quoi au nom du Roi sans qu'il ne cherche à protester. « Et le Limier, quel homme curieux n'est-ce pas ? Aussi doué que son frère à tâter l'épée, néanmoins en moins barbare, on peut lui accorder cette qualité. Toujours stoïque au pied de Joffrey, toujours efficace. Mais il est bouffé par sa haine envers la Montagne et je crains qu'un jour cela lui coûte la vie. Envers la petite louve ma foi, il n'a jamais levé la main. »

Et c'est sur ces mots que la princesse se retira non sans avoir remercié Tyrion de son honnêteté. Ysélane n'arrivait pas à se sortir de la tête le regard qu'elle et Sandor s'était échangé. Les joues de ce dernier s'étaient légèrement rosies, comme s'il avait eu honte de ce dont elle venait d'être témoin. Au moins a-t-il cette délicatesse. Mais elle restait furieuse contre lui et contre elle-même. Comment avait-elle pu penser qu'il était différent ? Elle aurait dû s'en tenir à ce qu'on disait de lui. Mais les Opalins voyait toujours au-delà et elle avait vu de belles choses au fond de ses prunelles sombres. Sept ans déjà. Les années l'aurait-il changé ?

Lorsqu'elle pénétra dans les appartements de Sansa, celle-ci contemplait le paysage par la fenêtre et semblait ailleurs. Ysélane se rapprocha doucement et posa ses mains sur les frêles épaules tout en jouant avec quelques mèches auburn. Puis, voyant un léger sourire sur le visage de la jeune fille elle se décida à s'asseoir à ses côtés.

Comment va ton ventre, jolie louve ?

Si je reste immobile, je ne sens presque rien, ma Dame, répondit Sansa d'une voix toute fluette.

Est-ce que je pourrai poser ma main dessus ? Je suis peut-être en mesure de te soulager de tes blessures, si tu le veux bien, demanda Ysélane avec gentillesse.

Sansa acquiesça de la tête et se laissa faire lorsque la jeune femme passa sa main sous la couche de vêtement pour atteindre la peau nue. L'Opaline ferma les yeux et sentit sous ses doigts les boursouflures des coups. Les meurtrissures étaient légères et aisément guérissables même si elle ne doutait pas de la douleur qu'elles devaient provoquer. Respirant profondément et appuyant légèrement sur le ventre, elle psalmodia une ancienne prière en langue d'Opale. A la fin, elle demanda à Sansa de vérifier l'état de sa peau.

Je ne sens plus rien !, s'exclama la jeune fille d'un air ravi. Comment avez-vous fait ? Il n'y a plus que des traces nacrées, c'est étrange.

Elles disparaîtront à leur tour, jolie louve. Je sais que ce n'est pas le sujet mais dis-moi, le Limier, comment te traite-t-il ?

Eh bien… il est assez effrayant mais… il m'a sauvé lors d'une rébellion des habitants de Port-Réal. Sans lui, j'aurai subi le même sort que la pauvre Lollys. Il n'y était pas obligé et j'imagine que je me dois de lui en être reconnaissante, répondit Sansa un peu troublée.

Merci de ta réponse. Repose-toi maintenant.

Ysélane laissa la jeune fille somnoler sur son lit et ferma doucement la porte en indiquant à ses camérières de la laisser tranquille. En traversant le Donjon Rouge, à l'angle d'un couloir, la princesse manqua de se cogner à un homme bien plus grand qu'elle et qui se recula vivement. Tous deux gardèrent le silence en se reconnaissant et ne surent que faire. Ysélane fronça les sourcils et fit mine de continuer son chemin passant devant lui comme s'il n'était rien de plus qu'un fantôme. Mais alors qu'elle pensait s'être tirée d'affaire, une main puissante se referma sur son bras l'obligeant à se retourner. « Eärwen… ». La voix rocailleuse de Sandor se répercuta dans les corridors obscurs du château et la jeune femme frissonna en entendant son deuxième prénom. Son prénom de Consacrée. Ses lèvres retenaient avec difficulté tout ce qu'elle avait envie de lui dire mais elle était pétrifiée par la colère. Elle se dégagea de son étreinte et lui adressa un regard glacial.

« Pour qui donc vous prenez-vous ? Je suis la Princesse Ysélane du Royaume d'Opale et à l'avenir, veuillez me considérer avec plus de respect ». Le Limier resta pantois devant sa hargne puis fini par incliner la tête en guise de réponse. Alors Ysélane continua son chemin et, avant de disparaître, s'adressa une dernière fois à Sandor qui n'avait pas bougé, la regardant partir. « Allez donc protéger sa Grâce. Son chien lui semble indispensable pour être le témoin passif de sa brutalité ».

Sandor se sentait comme le dernier des crétins. Qu'est-ce qui lui avait pris ? Par les Sept Enfers, tu pouvais pas te retenir ! Non, en la voyant il s'était trouvé incapable de se retenir. S'il avait pu, dans son excès de désir, il aurait saisi ses hanches pour sentir son corps contre le sien, caressé ses beaux cheveux et humé leur doux parfum. Mais il n'était pas assez fou pour s'imaginer que pareille scène pourrait un jour devenir réalité. Eärwen vivait dans un Royaume par-delà les Montagnes Etincelantes. Eärwen était une belle femme. Eärwen était une princesse. Eärwen était promise à un autre. Et surtout, sa jolie Sirène le détestait. Il s'était désintégré devant sa réaction glaciale et n'avait été capable que de la laisser fuir. Une multitude de questions trottant dans sa tête, il lui fallait absolument des réponses sinon il ne dormirait pas de la nuit. Il n'avait aucune envie de s'entretenir avec le Mestre Pycelle et celui-ci n'hésiterait pas à tout rapporter à la Reine Cersei. Le seul homme capable d'avoir des réponses satisfaisantes était l'Araignée. Un sacré risque à prendre.

Il le prit. Lord Varys s'occupait consciencieusement de trier des parchemins éparpillés sur son bureau avec des soupirs de lassitude. Mais Sandor n'était pas dupe, il adorait le chant de ses oisillons qui pépiaient sans cesse et prendre connaissance de ses multitudes de petits papiers relatant les rumeurs du royaume le mettait en joie.

Que puis-je pour vous, Limier ? demanda-t-il poliment, les deux mains jointes devant lui. Il paraît que la Princesse Ysélane a moyennement apprécié le traitement du Roi envers Lady Sansa ?

Il paraît. Dites, l'Opaline elle était déjà venue ici ? Dans les Sept-Couronnes ?

L'Araignée sembla l'évaluer du regard et, l'air de prendre une décision, ses lèvres s'étirèrent en coin.

Il se pourrait. Mais rien de tout ça n'est très officiel voyez-vous… Ce sont de vieux gazouillis qui sont parvenus jusqu'à mes oreilles il y a des années et il ne serait peut-être pas de bon ton de les remettre au goût du jour, surtout en présence d'Ysélane.

M'en fou du bon ton. Je suis chargé de la protection de Joffrey et j'aimerai bien avoir des précisions, histoire que ça me retombe pas sur le nez, gronda Sandor en s'asseyant nonchalamment en face de l'eunuque, la main sur le manche de l'épée.

Varys se redressa sur sa chaise et tourna sa tête vers une tapisserie présentant une forêt luxuriante accrochée au mur.

Savez-vous quelles sont les étapes essentielles de l'entraînement de Consacrée, Limier ? L'intéressé garda le silence, Varys reprit. Dans la tradition opaline, la personne marquée doit réussir trois rites de passage qui sont censés la mener au bout du chemin, au moment où la pierre d'Opale se met à briller. Premièrement, la Peur. On abandonne toute une nuit le futur souverain dans une contrée sauvage et que les légendes disent peuplée par d'étranges créatures. Ainsi, il ne sous-estimera jamais le pouvoir que la peur peut avoir sur les hommes et il aura appris lui-même à la contrôler. Deuxièmement, la Vengeance. On incite la personne à assouvir une « justice » personnelle sur des personnes qu'il considère comme coupable d'un acte impardonnable. Il doit définir la sentence qui lui paraît la plus juste et on le laisse alors se débrouiller seul. Puis, une fois la condamnation exécutée, on lui demande de réfléchir sur son acte, de se justifier. On lui démontre alors la subjectivité de la vengeance et les conséquences que cela peut avoir sur sa vie et sur celle des autres. On lui fait assimiler l'aspect définitif de certaines décisions que l'on peut prendre. Troisièmement, le Dilemme. On présente au désigné Consacré un choix terrible. En choisissant, il détermine ses priorités et démontre au Roi quelle vision il a de son futur règne. Voilà les trois étapes, expliqua Varys en reportant son attention sur le Limier.

On devrait peut-être les imiter. Mais ça ne répond pas à ma question ?, rétorqua Sandor qui s'imaginait Eärwen abandonnée seule dans la nuit noire, entourée de crocs luisants.

Si fait. Ces trois rites de passages sont passés sous silence et personne ne sait quels ont été leurs contenus. Cependant… il y a quelques années de cela, une jeune fille ressemblant fortement à la princesse a été aperçue à quelques dizaines de lieues d'ici dans la forêt. Et puis elle disparaît de la circulation, certainement rentrée chez elle, alors que deux chevaliers sont retrouvés morts aux abords d'une auberge. Mais jamais personne n'a osé aborder le sujet, susurra l'eunuque qui admirait ses bagues autour de ses doigts boudinés.

Plus aucun doute. Eärwen était la Princesse Ysélane et il l'avait rencontré lors de son deuxième rite de passage. Il avait une furieuse envie de poser d'autres questions mais elles seraient suspectes et l'Araignée deviendrait trop suspicieuse. Sandor se leva en le remerciant d'un grommellement et regagna son poste auprès de Joffrey. La Reine était présente et discutait vivement avec son fils qui affichait une mine renfrognée.

« Tu vas me faire le plaisir d'honorer ce bal de ta présence et de ton sourire, Joff ! Si tu t'étais retenu le temps de sa présence au Donjon Rouge, on aurait pu éviter ce fâcheux incident. Voudrais-tu t'attirer les foudres du Roi Elros ? Sais-tu de quoi ils sont capables ? Alors demain soir, tu seras le plus galant des hommes avec la Princesse Ysélane, est-ce clair ? »

Sandor s'étonna du ton autoritaire avec lequel elle s'était adressée à sa progéniture mais ce n'était pas plus mal. Le bal de demain soir.