Méthode scientifique
Rating : T (voire M sûrement)
Univers :
- Star Trek les films de 2009 (spoiler film 1 et 2, je n'ai pas encore vu le 3!)
- Infos sur l'univers en général
- Se situe en cours de la mission de 5 ans, dans le début de la deuxième année
Couple : Spock-Kirk
Message : Oui je publie beaucoup en une fois. Faut dire que le sujet m'a beaucoup inspiré et que j'ai exceptionnellement beaucoup de temps (je suis en voyage professionnel à l'étranger et je me fais bien chier le soir hahaha bref!)
Bonne lecture en espérant que vous suiviez mon délire !
Méthode scientifique – Partie 3
Spock commençait à avoir assez de données sur son capitaine. Il n'avait pas encore totalement digéré la révélation sur son double et Jim, mais il tentait de toute sa volonté d'y trouver une base logique. Son cerveau tournait à plein régime depuis une semaine et il avait totalement abandonné la partie sociable de son quotidien pour se concentrer sur la recherche de réponses à ses interrogations.
Plusieurs hypothèses s'étaient finalement imposées à lui pour expliquer la dépression de Kirk :
1. Le capitaine avait été en contact avec une maladie inconnue et en développait à présent les symptômes. Pour cette possibilité, il ne pouvait pas faire grand-chose hormis requérir l'attention du docteur McCoy.
2. Le capitaine souffrait à cause d'un élément lié à ses émotions ou son ressenti sur quelque chose. Pour l'aider, il lui faudrait découvrir la véritable cause de la dépression et la combattre aux côtés de l'humain.
3. Le capitaine s'était lié à son double et souffrait de l'absence de son compagnon. Aussi improbable que celui pouvait paraitre, il commençait à sérieusement l'envisager.
Cette dernière hypothèse était complétement folle et il était presque illogique d'y penser. Elle était uniquement fondée sur une intuition de sa partie humaine. Autant dire qu'elle n'avait pas grande valeur à ses yeux et Spock la refoula encore une fois.
Kirk était toujours bienveillant envers son équipage et ne semblait pas sujet à d'autres problèmes de santé que le manque de sommeil et un appétit limité. Il n'avait aucune saute d'humeur, ou du moins uniquement celles habituelles pour un humain. La première hypothèse était donc écrouée par les faits. Et la troisième complétement hors de propos.
Spock se concentra à nouveau sur ses recherches : il était installé à son bureau dans un des laboratoires. Il fût soudain interrompu par l'entrée fracassante de l'ingénieur en chef du vaisseau, Scott Montgomery. Il était extrêmement rare de le croiser en dehors des entrailles de sa « précieuse Demoiselle » et encore plus dans le quartier des laboratoires. Il le cherchait visiblement car son visage s'éclaira en le reconnaissant.
Scotty s'approcha à grands pas et se posta devant le second officier jusqu'à qu'il daigna lever les yeux sur lui. Il avait les bras croisés sur son torse et le toisait avec fermeté.
« Commandeur Spock, j'ai une requête à vous faire. » Commença le jeune homme avec son fort accent écossais et, voyant l'attention que lui portait enfin le Vulcain, il continua. « Je ne souhaite pas me mêler de choses qui ne me regardent pas, mais il y a un souci avec le capitaine. »
« Vous avez toute mon attention. » Spécifia Spock en se détachant un peu de son bureau pour faire totalement face à l'ingénieur.
« Bien. » Scotty soupira lourdement et se lança d'une traite ensuite. « Vous trouvez ça normal vous qu'il vienne s'asseoir contre la porte blindée du réacteur quand il pense que je ne suis pas là et qu'il reste là de longues minutes ? Non parce que qu'avant ça arrivait parfois, je disais rien, mais maintenant il vient tout le temps et ça m'angoisse… Et- »
« Monsieur Scott ! » Coupa Spock en enregistrant tout ce qu'il apprenait : définitivement l'hypothèse deux.
« C'est pas un comportement normal. Même pour notre fantasque capitaine. » Rajouta encore l'écossais ayant besoin de confier son trouble.
« Je comprends vos inquiétudes. Qu'attendez-vous de moi ? » Spécifia Spock qui n'était jamais sûr avec les humains en proie à leurs émotions.
« Aidez-le ! » S'offusqua Scotty en secouant la tête. « Vous êtes son second et son ami non ? Vous êtes le mieux placé pour l'aider ! »
Le Vulcain se garda de faire remarquer à son interlocuteur qu'il était aussi l'ami de Jim. Le mécanicien de haut vol ne lui laissa pas le temps de répliquer de toute façon : il avait déjà tourné les talons, sa mission accomplie. L'envie de Spock d'aider son capitaine tournait actuellement à l'obsession et si le reste de l'équipage s'y mettait aussi, ils n'étaient pas prêts de se calmer ! Il devait maintenant appliquer des solutions au problème dépressif de Jim.
Ils étaient attablés dans le réfectoire des officiers et partageaient un repas tous ensemble. En face de lui, Spock pouvait citer son capitaine et le médecin de bord alors que le lieutenant Uruha était à sa droite. Ils terminaient leur diner où, pour une fois, Bones et Jim ne s'étaient pas entretués. Etait-ce parce que la convalescence du capitaine pour sa dernière allergie était toujours en cours ? Pour dire la totale vérité, le capitaine semblait même éteint et jouait avec le reste de sa nourriture dans l'assiette. Spock n'avait pas desserré les lèvres de tout le repas.
Un discret coup de coude dans son bras le fit tourner la tête vers Uruha. Elle lui adressa un sourire engageant une fois qu'elle eut son attention et Spock se rappela leur discussion à propos de Kirk. Même s'ils étaient séparés émotionnellement parlant depuis presque dix mois, le second avait toujours un profond respect pour l'avis de son ancienne compagne et il acceptait ses conseils. Ils étaient restés très proches mais ne partageaient plus aucune intimité superflue et ceci d'un commun accord. Parfois, même relativement souvent, ils passaient leurs soirées ensemble à discuter. C'était lors d'une de ces soirées que Nyota c'était permis quelques remarques pour lui soutirer des confidences sur le capitaine…
« Tant qu'on est dans les confidences, je peux te dire quelque chose ? »
« Je t'en prie. »
« Je te trouve froid et dur avec le capitaine. »
Cela avait eu sur lui l'effet d'une bombe car il ne voulait pas donner cette impression.
« Que veux-tu exprimer par cette idée ? » Avait-il demandé pour confirmer sa pensée.
« Tu ne lui as jamais fait de cadeaux au quotidien, tu le critiques souvent et tu ne sembles pas avoir développé de liens amicaux plus approfondis alors que je sais que tu l'aimes bien. »
« Les Vulcains ne ressentent pas ce genre de choses. »
« Oh ne joue pas sur les mots. Je sais que tu entretiens du respect et de l'intérêt pour l'existence de Kirk. »
« En effet, ceci est correct. »
« Pourtant on dirait que tu le détestes encore parfois. »
« Je n'aurai pas tenté de le sauver après la trahison de Khan si c'était le cas. »
« Je le sais moi. Mais lui ? »
Il avait dû paraitre pensif car la jeune femme avait continué d'un ton doux.
« Fais un effort : soit plus souvent l'ami fidèle et constant que je connais ! »
« Que me conseilles-tu ? »
Nyota avait eu l'air de ne pas croire à sa chance et avait semblé particulièrement heureuse de pouvoir l'aider. Il avait souvent réfuté ses thèses avant aujourd'hui d'où sa confusion toute humaine.
« Invite-le à faire quelque chose que tu aimes, pour vous créer des liens en dehors des missions. Montre-lui que tu n'es pas un robot ! »
Spock n'avait pas relevé l'insulte de « robot », il avait déjà bien trop l'habitude de se faire appeler ainsi par son ancienne compagne. Il acceptait le fait que la promiscuité sentimentale donnait certains droits à l'autre.
« Quoi donc comme activité ? Je l'invite à chanter pendant que je l'accompagne à la lyre ? »
C'était son activité de prédilection en dehors de son travail pour Starfleet et il avait toujours passé des moments raisonnablement agréables auprès de la lieutenant à effectuer ceci. Cependant, il ne voyait pas vraiment le capitaine Kirk dans ce décor.
« Ne soit pas cynique : si je ne te connaissais pas bien, je pourrais penser que tu es humain ! »
Elle se moquait de lui, il en reconnaissait les signes avec l'expérience.
« Non, je pensais à quelque chose de plus simple. » Elle avait réfléchi quelques secondes avant d'ajouter avec entrain. « Les échecs par exemple ! »
« Les échecs ne sont vraiment pas une chose simple, Nyota… »
« Tu m'as compris, robot Vulcain ! »
Les éclats de rire d'Uruha étaient toujours, même en souvenir, un rafraichissement pour son âme. Spcok reprit le cours de la réalité et remarqua qu'un silence s'éternisait.
« McCoy t'a demandé ce que tu allais faire ce soir. » Aida Nyota en lui souriant tendrement pour l'encourager.
« Veuillez m'excuser, j'étais peu attentif. »
« Non, sans blague ! » Railla le médecin.
« Jim, voulez-vous jouer aux échecs avec moi ? » Lâcha un Spock très calme et sûr de lui.
La réaction des gens autours de la table ne se fit pas attendre : Bones recracha le contenu de son verre dans son assiette en manquant de s'étouffer, Uruha rayonnait et le capitaine releva la tête comme si on venait de lui mettre une claque.
« Euh oui. Avec plaisir. Dans mes quartiers d'ici une heure ? » Répondit le concerné en souriant.
« C'est entendu. »
Le Vulcain se releva et quitta la salle sous le regard brûlant de son capitaine.
Spock était en route pour son rendez-vous aux quartiers du capitaine quand il reconnut la voix de son ancienne compagne. Décidément, il avait le sens du timing pour collecter des données sur Kirk… Il resta en retrait pour saisir la fin de la conversation.
« Ne le prenez pas pour de la drague capitaine, mais allez-vous bien en ce moment ? »
« Pourquoi prendrais-je votre charmante visite pour ce qu'elle n'est pas lieutenant Uruha ? Malgré ce que vous pensez tous savoir de ma vie, je ne suis pas le sex-addict imaginé collectivement. Je ne renie pas mon goût pour la chaire, peu importe son origine, mais je ne pense pas qu'à sauter mes subordonnés. »
La voix de Jim était amusée mais il sentait tout de même une pointe de fatigue émotionnelle.
« Je ne voulais pas vous vexer… »
« Il n'en est rien Uruha, ne vous en faites pas. Je suis touché par votre attention à mon égard et je peux répondre honnêtement que chaque jour comporte son lot de difficultés mais qu'il en est de même pour chacun de nous ici. »
Il y eut un bruit de tissus que Spock identifia comme étant la main de la jeune femme sur l'épaule du capitaine.
« Servir sous vos ordres est un honneur. »
« Le plaisir est partagé. » Le ton du capitaine se fit cajoleur. « Peut-être puis-je enfin apprendre votre prénom vu que vous venez impunément me draguer directement à ma porte… ? »
« Bonne soirée capitaine ! » Fut la seule réponse riante que Jim reçu ce soir-là.
Le capitaine réfléchissait visiblement à son prochain coup, les sourcils froncés et une main soutenant son menton. Le silence était confortable entre les deux mais Spock ne savait pas comment agir dans le cadre si intime des quartiers de Kirk. D'autant plus que la pensée totalement illogique de toucher son capitaine le taraudait de plus en plus souvent. Il ne souhaitait pas laisser s'exprimer sa partie humaine mais il sentait que quelque chose d'énorme se cachait sous la dépression flagrante de Jim. Et bien qu'il eût très envie de savoir, car l'acquisition de connaissance était logique pour son peuple, il ne se sentait pas assez téméraire actuellement pour aller au-devant de tout ceci. Surtout que son envie de toucher Jim était pour fusionner mentalement avec lui et aller chercher dans son esprit les réponses à ses questions…
Spock se redressa sur le siège et croisa ses mains sur la table en face de lui. Il appréciait grandement le fait que son ami ait augmenté la température de la cabine de quelques degrés : il avait souvent froid sur le vaisseau, étant habitué à la température de sa planète natale. L'attention était remarquable d'autant plus qu'il y avait à sa disposition quelques mets vulcains sur une desserte ainsi qu'une odeur d'encens de méditation flottant dans l'air. Il se sentait un peu comme chez lui. Où Jim avait-il appris à recevoir avec autant de précision les membres de sa communauté ?
« A vous Spock. » Précisa la voix un peu nerveuse du capitaine en le replongeant dans la réalité de la partie en cours.
Le second évalua la stratégie de son adversaire et au moment de déplacer un de ses pions, il faillit frôler accidentellement les doigts de Jim. Il retira vivement sa main, comme s'il c'était brûlé et seul le son du pion se stabilisant sur le plateau se fit entendre. Spock plongea son regard dans celui du capitaine : il y lut une profonde douleur et un éclair de compréhension illumina les iris bleutées. La main de l'humain tremblait, toujours au même endroit au-dessus du plateau et quand il s'en rendit compte, il tenta de le cacher en la ramenant à lui comme pour se protéger. Spock se fit la réflexion qu'il était visiblement une partie du problème. Son envie de fusionner avec Jim se décupla et c'était pour cela aussi qu'il s'y refusait : cet acte intime ne devait pas se faire pour satisfaire une curiosité scientifique mais plutôt pour lier deux êtres jusque dans leurs âmes.
Spock prit le parti de faire comme si de rien n'était et termina son geste en déplaçant son pion là où le désirait. Jim s'empressa de jouer à son tour, une tension visible dans l'arc des muscles de ses épaules. Un froid glacial semblait avoir remplacé l'air de la pièce. La fin de la partie arriva très vite, Spock écrasant totalement son adversaire qui avait perdu toute combativité.
« Bien Monsieur Spock, je suis épuisé. Pas de revanche pour ce soir. » Le ton se voulait riant mais une douleur sourde engluait la voix du capitaine.
« Une autre fois peut-être ? » Proposa le Vulcain en se relevant avec aisance.
« Oui, disons cela. »
Spock s'approcha rapidement de la porte, prêt à sortir, quand il se retourna brusquement pour regarder Jim ranger le jeu d'une main et se frotter les yeux d'une autre. Le capitaine est-il sur le point de pleurer ?
« Sommes-nous amis capitaine ? »
Jim releva la tête tellement vite vers son interlocuteur qu'il put entendre les vertèbres craquer.
« Bien sûr ! » S'exclama le jeune humain un peu trop énergiquement avant de se reprendre. « Enfin, si cela vous convient. »
Spock répondit d'un signe de tête approbateur et respectueux. Semblant être revigoré par leur échange, Jim sourit et rajouta sur un ton taquin.
« Et je vous ai déjà dit mille fois que vous pouvez m'appeler Jim en dehors de nos quarts de commandement. »
« Bien Jim. Merci pour la partie. »
La surprise se lisait sur les traits du capitaine mais un sourire un peu plus large s'épanouissait lentement.
« Mais je vous en prie Spock. Ma cabine vous est toujours ouverte. »
Spock sentit que quelque chose lui échappait dans la formulation mais il ne comprit pas quoi exactement. Au moment de fermer la porte qu'il avait franchie, il perçut à nouveau de la détresse dans le regard du capitaine. Cependant le contact visuel fut rompu par la porte close.
Il eût comme l'impression que sa partie humaine explosait en petits morceaux pour essayer de se frayer un chemin par tous les moyens jusqu'à Jim. Cela le frappa alors comme une telle évidence qu'il faillit rire. Il y avait ce quelque chose au fond de lui qu'il ne voulait pas voir avant. Quelque chose de fort, qu'il n'avait jamais ressenti avant, comme une chaleur rassurante quand il était proche d'un Jim souriant sincèrement.
L'humain enfoui en lui hurlait de retourner dans la chambre du capitaine et de le prendre dans ses bras pour le serrer à s'en étouffer. Mais c'était le Vulcain actuellement aux commandes et il resta un long moment devant la porte sans bouger, se battant intérieurement contre lui-même.
Finalement, il allait falloir qu'il comprenne à quel stade de compromission émotionnelle il était envers son capitaine.
Et de trois ! Le prochain chapitre est de nouveau sous le point de vue de Jim.
Hésitez pas à laisser une petite remarque positive ou négative, ça fait toujours plaisir :)
Pouic
