The Rise and Fall
Les Blas-blas de Xérès : Bonjour mes petits loups ! Voici le chapitre 3 de The Rise and Fall. Ne vous emballez pas en lisant le titre, ça n'a rien à voir avec 50 Shades, vous découvrirez vers la fin pourquoi j'ai choisi cette référence (mais je le répète, pas de SM ici, donc n'espérez pas voir Draco se transformer en Christian Grey et dévergonder notre pauvre Hermione). Dans ce chapitre, nous allons un peu délaisser Hermione au début (et oui, il n'y a pas que Granger dans la vie) pour retrouver enfin ceux que nous attendions tous … Je n'en dis pas plus. Mais vous serez servis en Dramione dans la dernière partie. J'espère que ça vous plaira. (Des larmes et des règlements de compte à prévoir) Enjoy !
Merci à mes nouveaux followers (MEworcester, Idril Melwasur et Alex-MOR-DRAC), ainsi qu'à labelge, faerycyn, Loufoca-Granger, sweet nanoute, Noumiex3 et Erika pour leurs reviews !
Chapitre 3 : One Shade of Grey.
Il se sentait vide, exténué, lessivé, abattu de toutes les façons qu'un être humain peut l'être. Les mêmes phrases tournaient à présent en boucle dans son cerveau. Comment avait-il pu laisser une telle chose arriver ? Comment était-ce seulement possible ? Comment imaginer une seule seconde que le monde puisse tourner sans elle ? Elle ne pouvait pas avoir disparu, il avait besoin d'elle, ils avaient besoin d'elle, le monde avait besoin d'elle… BORDEL
Harry Potter donna un coup de pied furieux dans le coussin posé sur son lit, envoyant celui-ci valser à l'autre bout de la pièce. S'il avait pu, il aurait tout fracassé de ses propres mains. Le coussin en plume d'oie, le matelas, le sommier, la chaise, la table, tout ce qu'il aurait pu trouver dans sa petite chambre sombre et exiguë de « l'ancienne et très vénérable maison des Black », reconvertie depuis peu en quartier général de l'Ordre du Phénix.
Pour la millionième fois depuis qu'Hermione avait été capturée deux jours plus tôt, le Survivant passa une main nerveuse dans ses cheveux, ajoutant encore un peu plus de chaos à sa coiffure apocalyptique. Deux jours qu'ils avaient cessé de rechercher les derniers Horcruxes. Deux jours que Ron ne cessait d'errer comme une âme en peine dans les couloirs de la maison. Deux jours que toutes leurs recherches étaient au point mort. Deux jours passés à entendre Molly Weasley sangloter dans chaque foutue pièce de la maison : dans la cuisine en préparant les repas, dans le salon en passant le balai, dans les couloirs en chassant les Doxy… Harry se demandait combien de temps il était humainement possible de pleurer avant que le corps ne finisse par se vider de toute son eau. En tous cas, plus de deux jours visiblement…
Ils venaient seulement de reprendre espoir. Après la destruction du médaillon et le retour de Ron, le poids sur ses épaules n'avait cessé de s'alléger. Hermione avait retrouvé le sourire et s'était replongée dans ses recherches avec plus de motivation que jamais. Mais tout s'était envolé à la seconde où ils l'avaient prise. Ils l'avaient saisie la première et alors qu'ils luttaient contre leurs agresseurs, que les sortilèges fusaient dans tous les sens, leurs regards s'étaient croisés et derrière les larmes d'Hermione, il avait lu l'ordre silencieux qu'elle lui adressait : Fuyez. Partez sans moi, avant qu'il ne soit trop tard. Harry avait alors saisi Ron, hurlant qu'il ne la laisserait pas, et sans lui donner d'autre choix, il avait transplané.
Après avoir brouillé leurs pistes, ils avaient regagné le QG de l'Ordre et Ron ne lui avait plus adressé le moindre regard ni la moindre parole depuis. Arthur Weasley lui avait assuré qu'il reviendrait vers lui dès qu'il serait calmé, une fois sa colère atténuée, et Harry avait hoché la tête sombrement. Il comprenait la réaction de Ron mais c'était ce qui avait été convenu avec Hermione. Si l'un d'eux se faisait avoir, il n'était pas question de risquer d'être faits prisonniers tous les trois. Mieux valait en abandonner un et réfléchir à un sauvetage en règle, plutôt que de tomber tous ensemble aux mains de Voldemort.
Mais Harry avait beau se creuser la tête, il ne voyait aucune solution. Par Merlin, il ne savait même pas où Hermione avait été emmenée … Elle aurait pu tout aussi bien se trouver à Tombouctou. On frappa doucement à la porte et il se leva pour ouvrir. Rémus Lupin, son ancien professeur de Défense contre les forces du mal, se tenait dans l'encadrement et lui adressa son habituel sourire bienveillant.
« Bonjour Harry », le salua doucement le loup-garou. « Notre cher ami Snivellus ne va pas tarder à arriver avec des informations, tu devrais descendre. »
Le regard d'Harry s'assombrit et Rémus sembla lire dans ses pensées car il ajouta aussitôt. « Ça ne me plaît pas plus qu'à toi de collaborer avec lui, Harry. Je sais que tu l'as vu ce soir-là sur la tour d'Astronomie, mais comme nous avons pu le constater dans les documents laissés par Albus, son assassinat était prévu et Séverus reste tout de même de notre côté. Il peut nous apporter des informations très précieuses… »
Le Survivant renifla avec mépris. « Convenu ou pas, il l'a tué et-
« Harry ! », fit fermement Rémus en fronçant les sourcils. « Je ne prétends pas connaître ses motivations mais je peux comprendre le choix de Dumbledore. Je préfèrerais également mourir de la main d'un ami de confiance et dans un but précis, plutôt que de celle de Voldemort ou de l'un de ses sbires. » Rémus soupira. « Il était piégé et il le savait. Ce plan te paraît ignoble car il a conduit au décès de l'un des hommes que tu respectais le plus en ce monde, mais il était nécessaire. Fais confiance à Dumbledore. »
Harry hocha la tête à contrecœur et Rémus posa sa main sur son épaule. « Maintenant, viens. Peut-être en saura-t-on un peu plus sur la situation d'Hermione. »
Harry suivit son ancien professeur jusque dans la salle à manger. Rogue était déjà là, la mine sombre. Harry se demanda si c'était parce qu'il avait de mauvaises nouvelles ou parce que Ron, Fred et Georges, déjà assis à table, ne cessaient tous trois de le fusiller du regard en silence.
Quand Harry entra, Rogue leva le nez et le fixa étrangement. Harry soutint son regard avec animosité et il vit Rogue hausser un sourcil méprisant. Kingsley Shacklebolt était également présent, en grande discussion avec Arthur et Bill Weasley dans un coin de la pièce. Fleur était déjà occupée à servir le repas, aidée de Molly qui (et Harry en fut soulagé) avait cessé de pleurer. Dès qu'il fut servi, Ron empoigna sa fourchette et se mit à la planter rageusement dans ses carottes vichy, qu'il entreprit ensuite de mâcher bruyamment, sans quitter une seule seconde Rogue des yeux. Le maître des Potions esquissa un rictus de dégoût devant ce spectacle et se retint de lui jeter sa serviette de table à la figure.
« Et sinon Rogue, vous compter assassiner quelqu'un pendant le repas ou on peut desserrer nos strings ? », gronda Ron, tandis que Harry esquissait un petit sourire moqueur.
« Ronald ! », s'exclama Molly en lui donnant une tape sur la tête.
Rogue jeta un regard mauvais en direction du rouquin avant de lui répondre. « Je n'ai pas encore décidé, M. Weasley. A votre place, je ne me détendrais pas trop… On ne sait jamais. »
Ron allait rétorquer vertement mais sa mère intervint de nouveau, sentant la situation dégénérer. « RONALD ! JE TE PRÉVIENS … »
La mère et le fils échangèrent un regard furieux. Harry profita de l'interlude pour prendre place à table.
« Et donc ? Quelles sont les nouvelles ? », demanda Arthur Weasley avec raideur. Lui non plus ne se trouvait pas bien à l'aise en présence du maître des potions.
Séverus abandonna sa contemplation du visage écarlate et furieux de Ron pour se tourner vers son interlocuteur. « Rien de bien neuf. En ce moment, le Seigneur des Ténèbres est assez accaparé par le 'scandale Zabini'… », déclara-t-il en mimant des guillemets avec ses doigts.
« Ah oui, j'ai vu ça dans la Gazette ! », s'écria Tonks. « C'est dingue, cette histoire. Comment ont-ils pu cacher l'existence d'un enfant au Ministère ? Les registres de l'état civil se remplissent d'eux-mêmes à chaque naissance dans le monde magique, ça relève de l'impossible de les falsifier. »
« Eh bien apparemment, impossible n'est pas Zabini », répondit Rogue. « Le Seigneur des Ténèbres lui-même ne sait pas comment ils s'y sont pris, ce qui explique son agacement. Quant à la petite, je ne sais absolument pas ce qu'ils en ont fait depuis que l'affaire a éclaté au grand jour. Je sais simplement qu'elle ne sait ni parler, ni écrire, ni lire. Une enfant complètement sauvage. »
« C'est monstrueux… comment peut-on faire ça à son propre sang ? », maugréa Rémus en posant une main sur le genou de Tonks, assise à côté de lui. La jeune femme ajouta sa propre main sur la sienne et la serra.
« Et concernant Miss Granger ? », demanda Kingsley d'un air grave.
Rogue vit du coin de l'œil que Harry avait relevé la tête illico presto et attendait à présent qu'il poursuive. « Je sais où ils l'ont emmenée et je sais qu'elle est encore en vie. Je n'ai pas pu la voir de mes propres yeux mais je compte très bientôt y remédier… Ne serait-ce que pour m'assurer qu'elle va à peu près bien. »
« OÚ EST-ELLE ? », beugla Ron en se levant d'un bond. « ACCOUCHEZ, BON SANG ! »
« Ron, s'il te plaît », marmonna Harry. « Laisse le finir. »
Ron se rassit de mauvaise grâce et Rogue remercia Harry d'un signe de tête. « Merci, M. Potter », lâcha-t-il en détachant chaque syllabe. « Je disais donc … avant que Monsieur Weasley ne m'interrompe… »
« Connard », marmonna Ron dans sa barbe.
« Moui, si vous voulez… » Rogue leva les yeux au ciel et reprit. « Miss Granger se trouve au Manoir des Malfoys, enfermée au sous-sol, très certainement dans l'une des salles d'interrogatoire de Lucius… »
Molly et Arthur Weasley échangèrent un regard mais ne dirent rien.
« Je sais également que la personne chargée de l'interroger se trouve être le jeune Draco, ce qui est une chance car-
Ce fut au tour d'Harry d'exploser. Littéralement. « VOUS VOULEZ DIRE QUE C'EST MALFOY QUI EST CHARGÉ DE LA TORTURER ? »
Rogue leva une main pour lui faire signe de se calmer, en vain.
« EN QUOI EST-CE QUE CA PEUT BIEN ÊTRE UNE CHANCE ? VOUS ÊTES CONSCIENT QU'IL LA DÉTESTE ? IL VA LA TUER AVEC LE SOURIRE ! », s'écria le Survivant, furieux.
« Monsieur Potter… »
« MALFOY A FAIT DE LA VIE D'HERMIONE UN ENFER PENDANT SIX ANS, IL VA LA-
« POTTER ! », beugla Rogue en se levant de sa chaise. Harry referma la bouche et le regarda, interdit. Rogue prit une longue et laborieuse respiration. « Je crois que vous vous trompez sur toute la ligne. »
« Mais-, protesta Harry.
Rogue se tourna vers les adultes. « Je suis le parrain de Draco, je le connais comme si c'était mon propre fils… » Il s'arrêta, cherchant ses mots. « Je peux vous assurer qu'il se sent tout à fait étranger à cette guerre. J'ai eu l'occasion de le voir plusieurs fois ces dernières semaines et à mon grand regret, je n'ai pu que constater qu'il semblait plus décidé à noyer ses problèmes dans l'alcool qu'à participer aux tortures. »
Molly Weasley porta une main à sa poitrine et murmura, les lèvres tremblantes : « Oh, le pauvre enfant… »
Ron lui jeta un regard furieux. « MAMAN ! On parle de Malfoy, là ! C'est un sale type, un lâche… »
« Et un enfant coincé dans un monde de violence contre lequel il est incapable de lutter ! », rétorqua sa mère en agitant son index sous le nez de son fils. « A quoi ressemblerais-tu, toi, si nous étions des parents comme Lucius et Narcissa Malfoy ? »
« On serait tous blonds aux yeux gris et on aurait eu une super cote auprès des nanas à Poudlard », plaisanta Fred, tandis que son jumeau hochait la tête gravement.
« Quel gâchis … », renchérit George. « C'est con, la génétique… »
Les deux jumeaux se tapèrent dans la main, visiblement ravis de leur trait d'humour, tandis que leur mère les fusillait du regard. Harry dissimula un sourire derrière son verre de jus de citrouille, puis reporta son attention sur Rogue.
« Et donc, vous suggérez quoi ? De convaincre Malfoy de retourner sa veste pour qu'il trouve un moyen de faire sortir Hermione de là ? », ironisa Harry.
Séverus Rogue plongea son regard noir dans celui d'Harry et un rictus indéfinissable et calculateur se dessina sur ses lèvres. « Vous avez tout compris, M. Potter. Dommage que vous n'ayez jamais fait preuve d'autant de perspicacité en cours de potions. »
Piqué au vif, Harry lui répondit avec froideur. « Il n'y a pas de mauvais élèves, Séverus, seulement de mauvais professeurs … » Il laissa à Rogue le temps de digérer la pique qu'il venait de lui envoyer, puis reprit. « Néanmoins, votre plan peut valoir le coup si vous êtes sûr de vous concernant l'état d'esprit de Malfoy. Mais s'il est toujours égal au Malfoy que je connais … alors, passez-moi l'expression, mais Hermione est foutue… »
~o~
Draco referma la porte de sa chambre et se dirigea illico vers son lit, se baissa et ramassa une bouteille qui traînait. Whisky Pur Feu. Parfait. Il saisit le bouchon entre son pouce et son index et s'apprêtait à le retirer en serrant, mais une vive douleur l'en empêcha. Il réalisa alors combien ses mains avaient souffert de son entrevue avec Granger. La peau était entamée au niveau des jointures et son propre sang se mêlait à celui de la Gryffondor. Draco laissa retomber la bouteille sur le sol, sans quitter des yeux ses mains. Doucement, il se laissa glisser sur la moquette, posa sa tête sur ses genoux et ferma les yeux.
Le soleil déclinait déjà lorsqu'il les rouvrit, et il réalisa alors qu'il avait passé la majeure partie de la journée à dormir sur le sol. Le sang sur sa chemise avait séché et le tissu rougi était à présent raide et râpeux. Les doigts endoloris et ankylosés, il entreprit de la déboutonner, puis se déshabilla tout en se dirigeant vers la salle de bains. Il fit couler de l'eau chaude dans la baignoire et pensif, observa le liquide transparent monter dans la cuve en céramique blanche. Dire qu'il se faisait couler un bain, alors qu'à quelques mètres, des types croupissaient dans leurs propres excréments. Draco secoua la tête pour chasser cette pensée. Il ne devait pas se poser ce genre de questions. Il devait oublier tout ça et essayer de vivre normalement. Et puis on ne pouvait pas offrir un bain à tous les prisonniers du monde entier…
Ce fut sur cette dernière pensée apaisante qu'il se glissa dans l'eau chaude et savonneuse, laquelle se teinta presque aussitôt de rose. La mine sombre, il pensa alors qu'il se baignait un peu dans Granger, d'une certaine manière. Elle flottait tout autour de lui en petits filaments rouges, se diluait, virevoltait, disparaissait… Le Serpentard résista à l'envie subite de vider la baignoire pour la remplir à nouveau d'eau propre. Ses yeux se posèrent alors sur ses mains. Les plaies ne saignaient plus et une croûte se formait petit à petit. Il ferait disparaître tout cela d'un sort. Il était hors de question de devoir penser à ce qu'il avait fait à chaque fois qu'il baisserait les yeux.
Une vingtaine de minutes de réflexion plus tard, il sortit de l'eau, se sécha et regagna sa chambre attenante pour enfiler des vêtements propres. Il était censé faire son rapport à son père, qui devait déjà piaffer d'impatience depuis quelques heures. Draco traversa la moitié du manoir à la recherche de son géniteur et finit par le trouver dans le salon, en compagnie de …
« Théodore… », maugréa Draco en apercevant son ami. « Comment va ton nez ? », dit-il en détachant chaque syllabe.
Son ami le fusilla du regard. « Réparé en un clin d'œil. Crois-moi, cette petite pute de Granger ne perd rien pour attendre. Je vais lui faire payer ce qu'elle m'a fait. »
La voix autoritaire de Lucius Malfoy s'éleva dans la pièce. « Tu ne feras rien du tout, Nott. Ton incapacité à gérer cette gamine n'est pas passée inaperçue. Désormais, Draco sera le seul à s'en occuper… » Draco allait soupirer de soulagement mais son père n'avait pas terminé. « …à condition que les informations qu'il a recueillies aujourd'hui soit satisfaisantes. Alors ? »
Draco afficha un petit sourire narquois et après avoir pris une longue inspiration, se lança dans la description de la quête des Horcruxes. Persuadé de détenir le scoop du siècle, il ne vit pas son père se passer une main sur le visage, jusqu'à ce que celui-ci lève la main pour lui intimer le silence. Draco se tut et frémit. Ce n'était pas comme ça que cela devait se passer. Son père devrait être en train de le féliciter, de lui taper dans le dos fièrement et de faire passer les informations au Seigneur des Ténèbres. Mais il se contentait de le fixer avec une expression de profonde déception, saupoudrée d'un léger nuage de mépris.
Théodore remarqua l'expression sur le visage de Lucius et gloussa. « Manifestement, Draco, tu ne te débrouilles pas aussi bien que ça, sans moi… »
« Va te faire-, commença Draco. Mais sa voix fut aussitôt couverte par les hurlements de son père.
« Comment peux-tu être assez STUPIDE, pour croire que le Seigneur des Ténèbres n'est pas déjà au courant de toute cette histoire ? », beugla Lucius Malfoy en postillonnant abondamment. « Et tu oses te prétendre mon FILS ? » Il avait dit le dernier mot sur un ton tellement aigu que sa voix se brisa. Draco eut de nouveau l'impression d'avoir huit ans et rentra son cou dans ses épaules, paralysé par la peur.
La porte du grand salon s'entrouvrit et la tête de Narcissa apparut dans l'interstice. « Lucius chéri, ne sois pas si dur avec notre petit Draco. Il pensait certainement bien faire. »
« Narcissa, ne te mêle pas de ça », fit son époux en baissant tout de même la voix.
« Bon, bon … », bougonna-t-elle en refermant la porte aussi doucement qu'elle l'avait ouverte. Lucius Malfoy se pinça l'arête du nez en soupirant, exaspéré. Quand à Théodore, il affichait un sourire niais que Draco lui aurait volontiers effacé à coups de marteau. Il fallait qu'il trouve un moyen de faire croire à son père que tout était planifié …
« Père… » Draco s'apprêtait à continuer mais le regard furibond de Lucius lui fit refermer la bouche aussi sec. C'est alors qu'il eut l'idée du siècle.
« Père, je sais tout cela, mais ne voyez-vous pas l'importance de la situation ? », fit Draco très vite.
Lucius le considéra quelques secondes et croisa les bras. « Non, pas vraiment. Pour l'instant, j'ai seulement l'impression que vous êtes tous les deux … » Il chercha ses mots, un doigt pointé en direction du plafond. « … deux gros glandus », acheva-t-il tandis que son fils et Théodore roulaient tous les deux des yeux en parfaite synchronisation.
« Eh bien moi, je constate simplement que Granger me parle », se défendit le jeune homme. « Assez librement, même. Peut-être est-ce parce que l'on se déteste cordialement et que l'on a passé six années à s'échanger des insultes plus ou moins élaborées, je n'en sais rien. Le fait est qu'elle me parle et bien que pour l'instant, il ne s'agisse pas vraiment d'informations de premier ordre, je suis persuadé que si j'établis une relation dominé-dominant exclusive avec elle, nos conversations pourraient devenir … disons, plus intéressantes. »
Derrière Lucius, Théodore mit silencieusement deux doigts dans sa bouche et se mima en train de vomir, une façon très personnelle de lui faire comprendre qu'il ne croyait pas un traître mot de son baratin. Draco le fusilla du regard mais se réjouit de voir qu'il avait enfin capté l'attention de son géniteur. Et quand on trouve un bon filon, il faut l'exploiter.
« Père, c'est logique ! Si je deviens la seule et unique personne dans son monde. Celui qui la nourrit, qui lui parle, qui lui fait croire qu'elle est encore un être humain au milieu de toute cette horreur, mais qui sait aussi la corriger lorsqu'elle se comporte mal, le seul à avoir droit de vie et de mort sur elle, comme un père, un maître … »
« Un Dieu, tant que t'y es », ironisa Théodore en secouant la tête.
« Oui, parfaitement, un dieu », cracha Malfoy, qui aimait assez cette idée. Il se tourna de nouveau vers son père. « Imaginez l'effet que cela peut avoir sur un être humain. Les possibilités de manipulation seraient infinies. »
« Depuis quand tu considères les Sangs-de-Bourbe comme des êtres humains ? », releva Théodore mais Draco le fit taire d'un regard.
Lucius Malfoy fit quelques pas dans la pièce, plongé dans ses pensées. Théodore le suivit des yeux, sidéré de le voir avaler un aussi gros mensonge. Car manifestement, Draco mentait. Théodore l'avait vu refuser de participer à leur premier interrogatoire de Granger, comme s'il n'en avait rien à faire, et voilà qu'il parlait à présent de « relation exclusive », de « manipulations »… Que cherchait-il à faire et surtout pourquoi ?
« Ton plan est extrêmement bien réfléchi, Draco », déclara son père, impressionné. Draco se sentit flatté, surtout qu'il venait de le monter de toutes pièces en cinq secondes. « J'en parlerai avec le Seigneur des Ténèbres, en attendant tu as carte blanche avec ta prisonnière. »
Draco se retint de pousser un long soupir de soulagement. Il ne savait pas du tout pourquoi il se sentait soulagé d'avoir l'entière responsabilité de Granger, alors qu'il aurait préféré oublier jusqu'à son existence, mais les faits étaient là. Il était soulagé.
Plongé dans ses pensées, il n'avait même pas vu Lucius quitter le salon, laissant son fils unique seul avec Théodore qui secouait la tête d'un air narquois. Au bout de quelques dizaines de secondes, Draco le remarqua enfin et fronça les sourcils.
« Quoi ? », lâcha-t-il simplement.
Théodore haussa les épaules. « Rien. Rien du tout. »
« Parfait. Dans ce cas, bonsoir et bon retour chez toi », fit Draco en tournant les talons. Mais il n'eut pas le temps de quitter les lieux.
« C'est juste que … tu vois … ce soudain intérêt pour t'occuper de ta petite Granger, ce mystérieux coup de bol qu'elle a eu de libérer son cou et réussir à me mettre KO sans que je m'en aperçoive… » Théodore se leva et s'approcha de Draco, son sourire mauvais s'élargissant de plus en plus. « Cette façon que tu as de t'arranger pour être systématiquement seul avec elle dans sa cellule... »
Il s'approchait encore et le visage de Draco s'assombrissait à mesure que Théodore réduisait la distance qui les séparait. « Sans parler du monstrueux mytho que tu viens de servir à ton cher papa… », acheva Théodore avec un petit rire.
« Tu insinues que je suis un traître ? », aboya Draco en approchant sa main droite de sa baguette, accrochée à la ceinture de son pantalon. Théodore lui jeta un regard à la fois surpris et amusé.
« Non, j'aurais plutôt dit que tu faisais tout ton possible pour écarter d'éventuels témoins de tes agissements en cellule, mais je trouve très intéressant que tu soumettes l'idée … »
Les deux Serpentards s'affrontèrent du regard pendant quelques secondes que Draco trouva interminables, puis Théodore éclata de rire et donna une grande claque dans le dos du blond.
« Allez, je t'accorde le bénéfice du doute. A plus, ma poule », le salua-t-il d'un ton léger avant de quitter la pièce. Draco entendit la porte du manoir se refermer avec un bruit sourd et il réalisa alors qu'il était quasiment en apnée depuis une bonne minute. Il prit une longue inspiration et attendit quelques secondes de retrouver son calme. Théodore le soupçonnait, c'était clair. Et malgré sa sortie joviale, Draco sut qu'il n'était pas tiré d'affaire. Il décida de remonter dans sa chambre pour réfléchir, mais alors qu'il traversait le hall d'entrée désert, un bruit suspect provenant de l'escalier du sous-sol attira son attention.
~o~
Quelques minutes plus tôt, le Mangemort « de nuit » était venu apporter le pain sec et l'eau quotidiens aux prisonniers des cachots, ainsi que le seau qui servait aux « petites et grosses commissions ». L'homme avait respecté la procédure, comme chaque jour : il avait verrouillé la porte, déposé le seau au centre de la pièce, ôté les liens du prisonnier puis attendu qu'il fasse ses besoins. Et la chose se répétait, une cellule après l'autre.
Hermione avait observé durant trois jours ce petit rituel. Elle avait également remarqué que les effectifs étaient plus que réduits une fois la nuit tombée. Le type qui s'occupait de la nourriture et des pots de chambre était seul. La tâche était ingrate et devait être une sorte de punition ou d'humiliation. Il s'agissait toujours du même homme. Plutôt jeune (la trentaine à peine), assez chétif pour un homme mûr, il n'avait jamais montré la moindre violence ni le moindre désir d'humilier les occupants des cellules. Ses passages dans les cachots se faisaient toujours en silence, dans le calme et les prisonniers semblaient lui en être reconnaissants. Mais pas Hermione. Elle avait donc mis au point un plan et pour le réaliser, elle avait opté pour sa voix la plus plaintive.
« S'il vous plaît, Monsieur… », avait-elle supplié en regardant le seau. « Puis-je le déplacer dans un coin plus sombre de la pièce. Je ne supporte plus cette humiliation de faire ça juste devant vous… » Elle feignit un sanglot déchirant, puis regarda l'homme avec des yeux de cocker rougis et tuméfiés. Le Mangemort la considéra d'un œil torve et mit tellement de temps à répondre qu'elle douta un instant qu'il eût compris sa question.
« D'accord », bougonna-t-il. « Mais n'oublie pas, je te surveille. »
Le visage d'Hermione s'éclaira et elle le gratifia d'un large sourire plein de reconnaissance. Elle se pencha pour prendre le seau et l'emporta dans un coin de la pièce. Ce coin n'était pas choisi par hasard et lorsqu'Hermione s'assit sur le seau pour se soulager, tournant le dos à l'homme, elle en profita pour ramasser discrètement une grosse pierre brisée qui gisait là. Elle l'avait déjà remarquée auparavant, parmi d'autres morceaux, mais celui-ci semblait parfait pour tenir dans sa main tout en étant assez massif et tranchant pour faire du dégât. Hermione termina ses besoins avec soulagement, se rhabilla, cachant une partie de la pierre dans sa manche et ramena le seau près de l'homme. Elle se tourna ensuite vers l'assiette de pain sec, qui tomba mystérieusement de ses mains pour se répandre sur le sol. Le Mangemort grogna et se baissa pour ramasser les morceaux de céramique, plus par réflexe qu'autre chose, et à la seconde où il fut suffisamment penché, Hermione lui écrasa la pierre sur le crâne. L'homme gémit et tomba à genoux, sonné. Hermione assena un second coup près de l'oreille et l'homme s'effondra pour de bon, inconscient.
Le cœur battant et la main tremblante, elle l'observa quelques secondes, sidérée d'avoir fait une chose pareille. Allez, Hermione, bouge, c'était lui ou toi, tu n'avais pas le choix. Sors de là … Fébrile, elle fouilla l'homme et finit par dénicher sa baguette dans une de ses poches. Elle murmura un sort et le corps inerte du Mangemort disparut. Lorsqu'il se réveillerait, il serait au milieu de la savane, au pied du Kilimandjaro. Avec un peu de chance, un lion s'en occuperait avant qu'il n'ait le temps de prévenir Voldemort de sa mésaventure. La Gryffondor se précipita vers la porte de sa cellule et l'entrouvrit. Un léger coup d'œil lui permit de s'assurer que la voie était libre. Silencieusement, elle entreprit de remonter le couloir, sans se faire remarquer. La dernière chose dont elle avait besoin était que les autres pensionnaires la remarquent et se mettent à la supplier de les libérer. C'était horrible, mais pour pouvoir revenir les sauver tous, elle devait d'abord s'en sortir seule. Elle poussa la porte en bois qui menait à l'escalier de l'entrée. La Gryffondor sursauta lorsque le panneau de bois claqua bruyamment derrière elle. Hermione jura dans sa barbe, se raidit et tendit l'oreille. Le Manoir semblait plongé dans le silence. Elle reprit sa progression, grimpant les marches aussi silencieusement que possible.
Son rythme cardiaque s'accéléra en voyant le palier s'approcher. Plus que trois marches, deux, une … La porte s'ouvrit à la volée et dans l'encadrement se tenait Malfoy, baguette brandie, l'air aussi interloqué et paniqué qu'elle. Hermione leva la baguette du Mangemort à son tour et le temps sembla s'arrêter. Les deux jeunes gens se regardaient, figés.
Malfoy est un bon duelliste, si j'attaque, il esquivera et le bruit alertera les autres. Et même si par un heureux hasard, je parviens à le maitriser, est-ce que j'aurai le temps de gagner le portail et de quitter la propriété pour pouvoir transplaner avant que les autres ne me rattrapent ?
La main de Malfoy se crispa sur sa baguette. « Granger », chuchota-t-il sans la quitter des yeux. « Qu'est-ce que tu fous ? »
Hermione déglutit. « Fais pas l'idiot, Malfoy », répondit-elle sur le même ton. « Tu es tout seul. »
« Je suis tout seul dans cette pièce, mais si je crie, ce ne sera plus le cas … »
Hermione pinça les lèvres. « Malfoy, je … » Je ne vais tout de même pas le supplier ? « Malfoy, je t'en prie … » Misère, je viens de le supplier … « Laisse-moi partir, il le faut. »
« Si je te laisse partir, le Seigneur des Ténèbres me considèrera comme étant responsable. Et je n'en ai aucune envie », siffla-t-il, tandis que le bout de sa baguette commençait à trembler.
« Dans ce cas, pourquoi n'as-tu pas déjà donné l'alerte ? », s'énerva Hermione en levant un peu plus le bras, pour viser son front.
Le silence retomba entre eux. Ils se regardaient droit dans les yeux, chacun guettant la moindre volonté d'attaquer dans le regard de l'autre. Un bruit les fit soudain sursauter. Avec effroi, Hermione entendit la porte d'entrée claquer et des voix d'hommes résonner dans le hall. La jeune fille écarquilla les yeux et se mit à secouer la tête, suppliant Malfoy de se taire. Quant à Draco, il ne cessait de jeter de brefs coups d'œil nerveux en direction de l'entrée. Dans quelques secondes, les arrivants seraient suffisamment avancés dans le hall pour apercevoir l'endroit où ils se trouvaient. Ils verraient alors la Sang-de-Bourbe, menaçant son geôlier d'une baguette qui n'était sûrement pas la sienne. Ça ne pouvait que dégénérer.
« Malfoy… », couina Hermione, prise de panique.
Le jeune homme bondit sur elle et la fit violemment reculer dans les escaliers. Il referma la porte des cachots d'une main, la verrouilla. Puis il plaqua sa prisonnière contre le mur et lui mit une main sur la bouche. La Gryffondor protesta d'un gémissement.
« La ferme, Granger, j'essaie d'écouter … », siffla-t-il en écrasant sa mâchoire de sa main.
Hermione se tut et tendit l'oreille à son tour. Les voix des hommes semblaient nombreuses, ils parlaient fort, certains riaient. Mais fort heureusement, ils ne semblaient pas décidés à venir dans leur direction.
Malfoy se tourna vers Hermione et lui fit signe de descendre aux cachots. La jeune fille hocha la tête précipitamment. Plutôt retourner en cellule qu'affronter un nombre inconnu de Mangemorts en pleine forme et sur leur territoire. Draco la suivit et la poussa en silence, jusqu'à sa cellule, avant de refermer la porte derrière eux.
Hermione prit une grande inspiration tandis que Draco se mettait à tourner comme un lion en cage (le comble pour un Serpentard !). Hermione le regarda faire un moment, impuissante. Elle le vit lever sa baguette, jeter un sort pour insonoriser la pièce.
« Bordel, mais qu'est-ce qui t'es passé par la tête, Granger ? », explosa-t-il en écartant les bras.
Hermione recula d'un pas et fronça les sourcils. « J'étais sur le point de me tirer d'ici, Malfoy, mais grâce à toi, tout est fichu ! Merci bien ! »
« Grâce à-… », commença-t-il, n'y croyant pas ses oreilles. « Je rêve, Granger. Si je ne t'avais pas empêchée de sortir, tu serais tombée sur eux, là, dehors », dit-ilen tendant le bras vers la porte. « Et que crois-tu qu'ils font aux jolis petits culs dans ton genre qui essayent de s'échapper, hein ? »
Hermione ouvrit la bouche, la referma et grimaça. Un silence. « Joli petit cul ? », railla Hermione en croisant les bras.
« La ferme, Granger. Tu vois très bien ce que je veux dire. »
Nouveau silence.
« Mais justement, tu aurais dû les laisser faire, vu que tu me détestes et tout ça … », reprit Hermione, que le comportement étrange de Malfoy ne cessait d'intriguer depuis son arrivée.
Le blond la regarda d'un œil mauvais. « Crois-moi, ce que ces types-là font aux nanas, je ne le souhaiterais pas à mon pire ennemi. »
Hermione s'assit sur sa chaise. Ses jambes ne la portaient plus. Elle enfouit son visage dans ses mains et s'accorda quelques secondes pour permettre à son cœur de reprendre un rythme correct. Elle entendit Malfoy approcher de quelques pas et lorsqu'elle releva la tête, elle vit qu'il tendait la main devant son visage. Elle lui jeta un regard interrogateur.
« La baguette », dit-il sur un ton autoritaire. « Donne-la moi. »
La jeune fille fronça les sourcils et se leva d'un bond, cachant la baguette derrière son dos. « Pas question. »
« Granger, il est hors de question que je te laisse ici avec une baguette. Si quelqu'un s'en aperçoit, ça me retombera dessus. »
Hermione poussa un gémissement désespéré. « S'il te plaît, Malfoy, tu n'es pas obligé de faire ça. Laisse-la moi. »
« Non. »
Ils s'affrontèrent du regard et Hermione sentit la colère lui monter au nez. Elle tendit la baguette devant elle et s'apprêtait à jeter un sort, mais le jeune homme fondit sur elle et ils roulèrent sur le sol. Hermione mordait, griffait, frappait, tandis que son assaillant s'efforçait de récupérer la baguette serrée dans sa main.
« Lache ça ! Aïe ! Granger ! Lâche ça, je te dis ! », haletait Draco, que la jeune fille bourrait de coups de poings.
« Va … te faire … voir … Malfoy ! »
Au prix d'une bonne dizaine de coups de genoux, Malfoy réussit à bloquer les jambes de la jeune fille, qui riposta en tentant de lui donner un coup avec la tête. Mais elle n'arrivait plus vraiment à bouger, le poids du jeune homme gênant ses mouvements. Elle poussa un cri de rage lorsqu'il parvint à la maîtriser totalement. Le Serpentard éclata d'un petit rire moqueur.
« Allez, petit chien, donne la papatte ! », ordonna-t-il en serrant le poignet d'Hermione à l'en briser. Son pouce s'enfonça dans la chair, pinçant l'un des nerfs de la main et sous la douleur, Hermione laissa tomber la baguette sur le sol. Draco s'empressa de la ramasser et se releva en s'époussetant. Hermione resta au sol, se massant le poignet.
« Tu n'es qu'une brute, Malfoy », cracha-t-elle. « Je te déteste. »
« Tu n'avais qu'à obéir la première fois », rétorqua-t-il. « Maintenant, rassieds-toi, je vais te rattacher. »
« Non. »
Draco poussa un long soupir et croisa les bras. « Tu désobéis encore », constata-t-il.
« Encore et toujours, Malfoy. Jamais je ne baisserai les yeux devant un sale Mangemort », brava-t-elle avec un sourire mauvais. Le silence retomba dans la cellule.
Draco lui jeta un regard froid. « Je ne suis pas comme ces types », marmonna-t-il après un moment.
« Alors prouve-le ! », cracha Hermione, méprisante. « Fais-moi sortir d'ici. »
« Je ne peux pas », s'énerva le jeune homme.
« Quand on veut, on peut », rétorqua la Gryffondor.
Malfoy leva les yeux au ciel. « Tout est toujours très simple, pour toi, Granger. C'est blanc ou c'est noir, jamais aucune nuance de gris, hein ? Le mal, le bien, les méchants et les gentils. Jamais de demi-mesure. Mais ça ne t'a jamais traversé l'esprit que des gens puissent seulement vouloir rester neutres ? »
« Tu n'es pas neutre en restant ici, Malfoy », déclara Hermione en se calmant un peu. « En restant spectateur, tu consens, tu approuves leurs agissements. Si tu étais vraiment neutre, tu te serais barré … je ne sais pas moi, en Suisse par exemple. »
« Et ma famille ? Mes amis ? Selon toi, je devrais tout quitter sans me soucier de ce qu'il advient d'eux ? », cracha le Serpentard. « C'est facile à dire pour toi. Tous ceux que tu aimes sont à tes côtés. »
La dernière phrase de Draco lui fit l'effet d'une douche froide. « C'est faux. »
« Mais bien sûr », grommela le blond en lui jetant un regard mauvais. Une expression de surprise apparut alors sur son visage, lorsque la petite brune se jeta sur lui pour le pousser violemment.
« Qu'est-ce que tu crois que j'ai fait de mes parents avant de les quitter pour rejoindre l'Ordre ? », s'énerva-t-elle en le poussant de nouveau. « J'étais sûre que Voldemort essaierait de les torturer pour m'atteindre, de leur faire du mal … alors qu'est-ce que j'ai fait d'après toi, hein ? »
Elle tendit le bras pour le pousser une troisième fois, mais il esquiva en reculant et sursauta en réalisant qu'il venait d'atteindre le mur. Il regarda la Gryffondor avec stupeur. Elle s'était arrêtée à quelques dizaines de centimètres et le regardait, ses yeux tuméfiés remplis de larmes.
« Je me suis effacée de leur vie. J'ai effacé tout ce qui me concernait de leur mémoire. Je les ai envoyés sur un autre continent, j'ai changé leurs noms et je les ai abandonnés. »
La jeune fille tremblait de rage et de désespoir lorsqu'elle termina sa phrase. Le Serpentard déglutit et la regarda un instant sans savoir quoi faire. Il eut un mouvement de recul lorsqu'elle leva un index pour le lui enfoncer dans la cage thoracique.
« Alors ne me dis plus jamais… que les décisions que je prends … sont simplistes », gronda-t-elle, tandis qu'une larme débordait et roulait sur sa joue.
Draco hocha la tête et ne put s'empêcher de sentir soulagé lorsqu'elle recula. Merlin, cette fille pouvait être effrayante. Lentement, elle se détourna et alla s'asseoir sur sa chaise.
« Maintenant, rattache-moi et sors de ma cellule », dit-elle froidement, sans le regarder.
« Mais-, commença le blond.
« DEGAGE ! », hurla Hermione dont les larmes coulaient librement à présent.
A l'aide d'un sort, Draco rattacha précipitamment les liens, murmura le contre-sort d'insonorisation et quitta les lieux en courant.
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Et voilà ce sera tout pour aujourd'hui ! J'ai hâte d'avoir vos avis concernant ce nouveau chapitre, riche en émotions )
Le weekend prochain, je suis invitée à un mariage ET à un anniversaire, donc pas sûr que je puisse poster en temps et en heure, alors ne m'en voulez pas si le prochain chapitre a quelques jours de retard ! Gros bisous à tous.
Xérès !
