Titre: Tout travail mérite salaire.
Disclaimer: Les personnages appartiennent à la grande JKR, l'histoire est à moi, à moi, à moiii (pardon)
Rated: M
Résumé: La vie de Draco Malfoy se déroulait sans heurt, jusqu'à ce qu'il fasse la bêtise de trop. Une bêtise à cause de laquelle il se retrouva en retenue pendant un mois avec la rigide Mme Pince et une certaine Hermione Granger. UA.
Note de l'Auteure: Merci à tous pour vos messages d'encouragement ! Voici la suite. Enjoy !
Chapter Two
Hermione prit le dernier livre qu'elle transportait sur son chariot et le rangea à sa place sur une étagère à l'allure particulièrement bancale. Une fois sa tâche accomplie elle s'en retourna vers le bureau de Madame Pince.
« Madame Pince j'ai terminé de ranger la section D. »
« Très bien Hermione, il est…19h30 la bibliothèque va bientôt fermer ses portes nous allons devoir nous quitter ! »
« Aucun problème ! » répondit la brune en attrapant son sac posé derrière le bureau.
« Qu'avez-vous emprunté ce soir ? » interrogea la bibliothécaire.
« J'avais envie de relire Les Hauts de Hurlevent, j'ai aussi pris Mme Dalloway, un livre pour m'entraîner pour l'épreuve de Mathématiques et la biographie de Victor Hugo parce que j'ai adoré Les Misérables. »
« Et bien ça vous en fait de la lecture ! »
« Oui je vais être bien occupé » dit Hermione en souriant.
« On se revoit après-demain ? Je voudrais qu'on commence à mettre le nez dans les archives. »
« D'accord ! Merci beaucoup ! »
« Merci à vous Hermione, au revoir » répliqua Madame Pince.
« Au revoir » la jeune fille percha son sac sur son épaule, puis quitta les lieux.
Hermione trouvait cette bibliothèque formidable surtout en comparaison avec celle qu'il y avait dans son ancien lycée qui était vétuste et minuscule. Celle-ci était agréable, géante et incroyablement bien fournie. Les différentes sections étaient si vastes qu'elle n'avait même pas eu encore le temps de toutes les explorer en profondeur. Madame Pince était un amour avec elle, lorsque celle-ci avait remarqué la passion d'Hermione pour la Littérature elle lui avait proposé un échange de bon procédé. En échange d'une heure ou deux passées à l'aider, la bibliothécaire lui accordait un emprunt infini de livres.
Hermione avait tout de suite accepté sa proposition, sa soif de connaissance ayant pris le dessus. Elle passait donc une fin d'après-midi sur deux en compagnie de la charmante vieille dame qui n'était en fait charmante qu'avec elle et exécrable avec les autres élèves. Elle les soupçonnait constamment de vouloir nuire à son temple de la connaissance.
En franchissant la grille, Hermione ressentit un sentiment de liberté la prendre. Quoi de plus normal lorsqu'on avait passé environ 10h au lycée. Elle avait beau l'adorer elle aimait aussi beaucoup le quitter. Elle repensa à leur premier déjeuner à quatre et était enjouée à l'idée de connaître un peu plus Ginny, elle semblait être une fille plutôt sympa. Et puis ça ne lui ferait pas de mal de fréquenter une fille parce qu'à rester trop souvent avec Harry et Ron elle sentait qu'elle perdait peu à peu de sa féminité.
La jeune fille regarda à gauche puis à droite avant de traverser la rue. Elle sortit son portable et constata qu'elle avait deux messages non-lus.
Numéro Inconnu 17h52 : « C'était cool, merci pour l'accueil. A demain. Ginny. P.s : Ron m'a donné ton numéro ) »
Damian 18h20 : « Donne-moi au moins de tes nouvelles… »
Hermione soupira, encore un message de Damian, ne pouvait-il pas se faire une raison ? Elle était trop gênée pour pouvoir lui répondre et après la soirée elle n'avait jamais pu le regarder à nouveau dans les yeux. Elle répertoria le numéro de Ginny puis lui répondit. Ron lui avait souvent parlé de sa sœur, la seule et l'unique. Mais étant scolarisé à l'internat pour filles de Birmingham, Hermione n'avait jamais pu la croiser même pas un week-end vu qu'ils passaient la plupart à courir. De plus, elle n'était pas encore assez familière des familles respectives de ses meilleurs amis.
Avec le temps ils avaient eu l'occasion de faire le tour de Londres, sous la pluie, la neige, les rafales de vent mais rien ne les empêchait d'aller jusqu'au bout. Hermione était tombée malade au moins quatre fois dans l'année mais elle aimait tellement ça qu'elle faisait tout pour être rétablie au plus vite et avec les remèdes de sa grand-mère c'était souvent le cas.
En parlant de course, elle réalisa qu'elle n'avait pas couru aujourd'hui. Hermione mit son casque sur ses oreilles, cala son sac sur son dos, puis regagna la maison de sa grand-mère au pas de course. Rien n'égalait le fait de courir en musique, elle avait l'impression que cela lui donnait encore plus de puissance et des impulsions nouvelles.
Arrivée à destination au bout d'un quart d'heure et en sueur, Hermione alla saluer sa grand-mère et monta à l'étage prendre une douche avant le dîner.
« Draco on peut pas faire ça ! » s'exclama Blaise.
« Nous laisse pas tomber mec, on a déjà fait la moitié du chemin » répliqua Théo.
« C'est vrai, Théo à raison, fait pas ton relou » ajouta Draco.
« Ok mais si on se fait pincer je dirai que c'était votre idée. »
« Pas de problème, de toute façon on se fera pas pincer. »
« Si tu le dis… » chuchota le métis peu sûre de ce qu'affirmer son ami.
Face à eux se dressait fièrement le lycée qui allait bientôt être victime d'une blague initiée par les trois comparses. Les trois amis vêtus de noir de la tête aux pieds, escaladèrent la grille de l'établissement et allumèrent leur lampe torche respective.
« On commence par quoi Draco ? »
« Les couloirs ! »
Ils se dirigèrent vers le bâtiment A, là où avait lieu la plupart de leurs cours et à l'aide d'un double des clés qu'ils avaient subtilisées l'année d'avant, ils entrèrent. Et à partir de ce moment tout parti en cacahuète. Théo tagua les murs à la bombe, Blaise dessina sur le buste représentant le directeur et Draco aspergea la vitrine des trophées grâce à sa mousse à raser, plus particulièrement là où était exposée la médaille d'argent de Potter-Super-Star.
Et ils riaient de leurs méfaits, se félicitant, insouciants et pour la première fois depuis cet été Draco était vraiment heureux. Pas parce qu'il avait aspergé une vulgaire vitrine qui ne lui avait rien fait du tout mais parce qu'il était entouré de ses meilleurs amis, qu'ils s'amusaient et qu'ils ne pensaient à rien. Vraiment à rien.
Ils se dirigèrent bras dessus-bras dessous vers la cuisine pour voir ce qu'il y avait à manger, ils dévorèrent quelques desserts divers et découvrirent ce qu'il y aurait au menu du lendemain. Blaise, qui semblait ne plus avoir peur du tout, remarqua un sac à ses côtés et attrapa une poignée de farine pour l'envoyer au visage de Draco, une bagarre commença et toutes les armes furent permises.
Puis ils marchèrent vers la bibliothèque, arrachèrent des pages de quelques livres en imaginant la tête de la vieille Madame Pince si elle les surprenait et ça les encouragèrent à en arracher encore et encore. Ils poussèrent un rayonnage par terre en se faisant des « tape m'en cinq » et Théo fit des dessins obscènes dans les magazines mis à disposition.
Et là Draco mit de la musique avec son portable et tout fut dix fois pire, Are You Gonna Be My Girl de Jet résonna dans l'enceinte de la pièce et ils jouèrent à faire des courses avec les chariots de rangement, ils faisaient le tour des rayons à vitesse grand V avant de s'éclater tête la première dans la première porte ou étagère qu'ils voyaient.
Théo les entendait faire, ses lunettes de soleil perché sur son nez, il lisait un magazine trouvait dans un des tiroirs du bureau de Madame Pince tout en mâchant un chewing-gum.
« Qui l'eut cru les gars ? Madame P. a des seins ! » annonça-t-il en se tordant de rire.
En effet le magazine qu'il tenait était un magazine de lingerie…Bon un magazine de lingerie pour sénior mais un magazine de lingerie tout de même.
« Nooon tu déconnes ? » s'exclama Blaise.
« Viens voir par toi-même. »
Le métis accourut vers le brun et le blond resta planté là. Le moment de félicité était passé. Il poussa une chaise qui lui barrait la route et se glissa dans le couloir. Il déambula au hasard, puis s'arrêta dans leur salle de Littérature. Il observa la pièce, c'était fou comme elle semblait complètement différente plongée dans le noir, sans tous ces élèves et surtout sans Madame McGonagall pour les assassiner du regard.
Draco avança jusqu'au tableau blanc, prit un Velleda et inscrivit la première phrase qui lui passa par la tête : « L'amitié est l'amour sans ailes » de George Gordon tiré de Lord Byron. Il l'avait lu il y a deux ans et c'était la phrase qui l'avait le plus marqué dans ce livre.
Au moment où il était en train de se féliciter d'avoir une si bonne mémoire, il entendit des bruits de pas dans le couloir, pensant que c'était Blaise ou Théo il continua à contempler le tableau mais quel ne fut pas sa surprise lorsqu'il découvrit Rusard, le concierge, le regarder d'un sourire mauvais depuis le pas de la porte.
« Tu te rends compte la honte que tu m'inflige ?! Je n'ai jamais eu autant honte de toute ma vie ! Tu te rends compte de ce que veut dire 'dégradation de biens publics '?! J'ai un délinquant pour fils. La honte, la honte, la honte…TU es une honte. »
Voilà bientôt une demi-heure que Lucius Malfoy s'époumonait face à un Draco affligé. Il n'avait jamais entendu autant de fois le mot « honte » en si peu de temps. Il était un peu plus de minuit et c'était rare que le salon des Malfoy soit encore éclairé à cette heure-ci mais les circonstances étaient de mises.
Blaise et Théo ne s'étaient pas fait prendre, ils avaient eu le temps de quitter les lieux quand Rusard l'avait surpris et Draco était bien soulagé par rapport à cela, il s'en serait voulu si ses amis avaient eu des problèmes par sa faute. Tout ça à cause de son impulsivité légendaire.
« Et on ne sait pas encore ce que va faire le lycée de toi ! »
« D'après Monsieur Rusard c'est sûr que je vais être expulsé temporairement. »
« Et ça sera amplement mérité. Tu as eu de la chance que je vienne te récupérer au Commissariat j'aurais dû te laisser là-bas tiens ! J'en ai ma claque de toi et de tes conneries. Alors tu vas m'écouter » Lucius qui était debout se pencha vers le jeune homme assis sur le rebord du canapé. Draco se recroquevilla mais ne pipa mot « Tu vas présenter tes excuses à ton directeur et à tous les gens que tu as offensé et à partir d'aujourd'hui tu es consigné jusqu'à nouvelle ordre et je vais me faire un plaisir de te trouver une punition adéquat. »
Albus Dumbledore observa ses collègues s'installer, les mains jointes, les coudes posés sur la table de réunion, il affichait un air grave qui contrastait fortement avec ses yeux rieurs. Il regarda Lucius Malfoy s'asseoir sur un des fauteuils mis à disposition, ainsi que son fils. Il se racla la gorge, puis prit enfin la parole.
« Très chers collègues, Monsieur Malfoy, Draco. Bien nous sommes aujourd'hui réunis pour éclaircir quelques faits qui ont récemment eu lieu au sein de l'établissement. Il y a de cela une semaine, Monsieur Malfoy ici présent s'est introduit dans le lycée en pleine nuit et a détérioré du matériel appartenant à ce lieu. Est-ce exact Monsieur Malfoy ? »
«Oui » répondit Draco d'une voix mal assurée. Il jeta un coup d'œil vers son père et vit qu'il le fusillait du regard.
« Très bien, Monsieur Malfoy vient de revenir d'une semaine d'exclusion j'aimerais savoir les faits dans leur globalité la plus totale…Madame Hole ? »
« Il y avait de la farine partout…Absolument partout, y compris sous les meubles. On a passé deux jours à tout nettoyer avec l'équipe…DEUX JOURS. De la nourriture avait disparu. Les frigos n'avaient pas été refermés correctement du coup on a dû jeter des mets encore consommables le matin même. » énuméra la cantinière en chef. « J'arrive pas à le croire on passe nos journées à leur faire à manger et c'est comme ça que l'on est remercié ! » à l'entente de cette dernière phrase nouveau regard noir de Lucius et Draco commençait à se sentir mal.
« Hum hum merci Madame Hole…Madame Pince ? »
« Beaucoup de livres ont été abîmés…» commença Madame Pince avant de s'arrêter brusquement prise par un sanglot. « Excusez-moi…Oui beaucoup de livres ont été abîmés ainsi qu'un rayonnage. »
Draco avait juste envie de rire en voyant la tête de la vieille Pince, c'était fou la passion qu'elle avait pour ces objets. Il rit intérieurement…Très fort. Il finit par reporter son attention sur la situation, elle décrivait à présent comment ses chariots avaient été endommagés.
« Et quelques chaises sont à présent dans la réserve en attente de réparation…Elles datent tout de même du 18ème siècle ! »
'Comme toi vieux fossile.' Pensa Draco.
« Draco ? Quelque chose à ajouter ? »
« Non » assura celui-ci en se redressant sur son siège.
« L'école a choisi de ne pas porter plainte Monsieur Malfoy »annonça Dumbledore en se tournant vers Lucius qui paraissait soulagé « …Mais en vue des agissements je suis obligé de sévir…Ainsi tout le reste du mois de septembre tu aideras les dames s'occupant du self à nettoyer leur cuisine tous les jours après tes cours…Et au cours du mois d'octobre tu resteras un mois en compagnie de Madame Pince. »
« Alors alors alors ? » s'écria Blaise lorsque Draco sortit de la salle de réunion. Tout un tas d'élèves le regardèrent certains surpris d'autres carrément curieux. Manifestement c'était l'heure de la pause. Lucius quitta l'établissement sans un regard pour son fils et Draco leva ses yeux au ciel face au manque de discrétion de son ami.
« Pas ici. » dit Draco en le tirant pour l'attirer vers les toilettes des garçons. Ils franchirent la porte et Draco se jeta littéralement vers le lavabo, pendant toute la réunion il avait senti la sueur perler sur son front jusqu'à ses joues et il n'y avait pas de sensation plus désagréable.
« Alors ? » réitéra Blaise. Draco vérifia qu'il n'y avait personne dans les cabines et se tourna vers son meilleur ami.
« Je suis… de corvée pendant deux mois. Genre nettoyer les cuisines, réparer les chaises de la bibliothèque etc… Et mon père réfléchit encore à ma punition.»
« Ouch et ça va ? Tu le prends comment ? »
« Bien, c'était mon idée après tout » déclara-t-il en haussant ses épaules.
« Ouais mais c'est moche quand même. »
« Franchement ça valait le coup, ça faisait longtemps que je m'étais pas senti aussi vivant. »
« Si tu pouvais éviter de te faire virer ça serait mieux. Qu'est-ce que je vais devenir sans toi moi ? »
Hermione n'était pas en colère, ni furieuse, Hermione était ulcérée.
« Aaaaaaaah cet espèce de cafard…Je pourrais l'étriper de mes propres mains ! » Hermione rejoignit ses amis sur un banc de la cour et souffla afin de se détendre.
« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Ron.
« Ce qui se passe ? Ce qui se passe ? Je vais te dire moi ce qui se passe ! Ce connard de Malfoy, cet…Abrutit de première n'est pas viré figurez-vous. Quand je vous dis que Dumbeldore et bien trop gentil. Limite laxiste pour le coup. Et en plus je vais devoir me le taper pendant un mois entier » se plaignit Hermione « Enfin façon de parler » rajouta-t-elle en voyant les regards amusés de ses deux meilleurs amis.
« Comment ça te le taper pendant un mois ? Je trouve ça un peu long et optimiste » plaisanta Harry.
« Ah ah très drôle Harry, très spirituel » dit Hermione en levant les yeux au ciel « Je viens de voir Madame Pince et une de ses corvées c'est de faire ce que moi je fais déjà ! »
« Ah et bien le travail ira plus vite c'est cool » s'exclama innocemment Ron.
« Non c'est pas 'cool ', il va être dans mes pattes tous les soirs et m'empêcher de bien faire mon boulot. C'est une catastrophe » grogna-t-elle en se prenant la tête entre les mains.
« Et dooonc il commence quand ? »
« Le mois prochain. Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? J'aurais encore préféré la peste. »
«Relativises Hermione, c'est pas si grave et de toute façon s'il t'embête trop on viendra lui dire deux mots » assura Harry.
Draco inspecta le plan de travail de la cuisine de l'école et une grimace de dégoût apparu sur son visage. Il était couvert de détritus, d'épluchures et de restes de boîtes de conserve. Comme si les cantinières avaient fait exprès de le salir bien plus qu'à l'accoutumée pour qu'il ait plus de travail.
« Tiens enfiles ça ! » s'écria Madame Hole en lui jetant gants en plastique et tablier à la figure. « Tu vas nettoyer tout cette partie-là » annonça-t-elle en désignant la partie droite du plan de travail de son doigt boudiné. « Puis ensuite tu feras la plonge. »
« La plonge ?! Mais vous avez un lave-vaisselle professionnel ! »
Madame Hole le regarda d'un air dépité puis lui indiqua la pile d'assiettes se trouvant dans l'évier que Draco trouva géantissime.
« Fais juste ce qu'on te demande sans poser de questions blondinet » dit-elle avant de s'éloigner vers ses collègues. Mais juste avant qu'elle quitte son poste Draco l'entendit geindre. « Quel petit merdeux celui-là ! Il mériterait des claques...»
Et sur ces douces paroles, la porte battante claqua laissant Draco seul avec ses pensées. Le jeune homme soupira, enfila le matériel adéquat et attrapa une éponge. Voulant procéder d'une manière stratégique il commença par la montagne de vaisselles qui s'étalait sous ses yeux. Et au bout de dix minutes de frottage et de dégraissage, il voulait déjà tout arrêter; appeler son père et lui annoncer qu'il voulait abandonner ses études.
« Dire que je vais devoir faire ça pendant un mois » soupira-t-il.
Et c'est avec force et courage qu'il accomplit sa tâche. Pendant tout le mois de septembre, tous les soirs il retrouvait Madame Hole, son équipe, son surpoids et sa "joie de vivre" puis il râlait, récurait, désinfectait et rebelote le lendemain.
Son père n'avait pas encore décidé ce qu'il ferait de lui et tant mieux car Draco trouvait que sa vie était assez pénible comme ça. Des fois il en avait tellement marre de nettoyer qu'il préférait s'asseoir à une table de la cantine et faire ses devoirs et plus il les faisait plus il se rendait compte d'à quel point il avait du retard à rattraper au niveau de certaines matières.
Le mois de septembre était passé et les premières feuilles d'automne tombaient et se retrouvaient sur le bitume londonien. Hermione rentrait des cours, plus fatiguée que jamais, elle n'avait pas arrêté de la semaine. Entre ses devoirs, ses examens, ses lectures, son temps passé à courir...Elle ne se posait jamais une minute.
Et le lendemain n'allait pas être plus tranquille car c'était ce jour-ci que Malfoy arrivait dans son sanctuaire. A cette pensée Hermione se prit l'arête du nez entre le pouce et l'index sentant un mal de tête poindre. Ou peut-être n'était-ce pas à cause de Malfoy mais à cause du hard-rock qui raisonnait dans ses oreilles. Ceci importait peu et c'est en tournant au coin d'une rue qu'Hermione prit la décision de ne rien lui passer.
Hermione mit précipitamment ses affaires dans son sac recouvert de stickers et de pins puis avança d'un pas rapide vers la sortie de la classe.
« Oh Hermione pas si vite ! Tu cours où comme ça ? » demanda Harry.
« A la bibliothèque pour réduire Malfoy en bouillie. »
« Attend » la bloqua Harry en plein milieu du couloir. « Tu ne vas réduire en bouillie personne. Je sais qu'il a pas toujours été sympa avec toi et tout mais tu t'es jamais dit que c'était étrange qu'il ait pu commettre tout ce désordre tout seul ? »
Hermione fronça les sourcils d'incompréhension. Comment ça il n'avait pas commis ça seul ? Et puis s'il n'avait pas été seul de qui avait-il été accompagné ? Elle réfléchit une seconde à l'hypothèse d'Harry avant qu'un éclair de lucidité traverse ses pupilles.
« Mais tu as raison Harry ! C'était physiquement impossible de déplacer ce rayonnage tout seul. »
« Ça fait un peu près un mois que je me dis la même chose. »
« Mais alors ça voudrait dire que…Malfoy a été accusé injustement ? »
Hermione était en train d'étiqueter les différentes rangées de la bibliothèque, les paroles d'Harry faisant toujours écho dans son esprit ' Tu t'es jamais dit que c'était étrange qu'il ait pu commettre tout ce désordre tout seul ?' Comment avait-elle pu être aussi aveugle. C'était si évident ! Et au moment où elle colla sa quatrième étiquette, Malfoy apparu dans l'embrasure de la porte.
« Tu es en retard Malfoy » s'exclama Hermione tout en le fixant, ses mains posées sur ses hanches.
« De deux minutes ! Et puis qu'est-ce que tu fais là d'abord ? Où est Madame Pince ? »
« Je l'ai éventré, elle est derrière le bureau » annonça Hermione d'un ton impassible.
Draco la regarda décontenancé avant de jeter un regard quelque peu paniqué vers le dit bureau.
« Mais non je plaisante. » céda Hermione un rictus au bord des lèvres « Elle est dans la réserve, elle met de l'ordre dans les archives. »
Draco parut soulagé quelques instants avant de reprendre un air sérieux et impeccable.
« Tu n'as pas répondu à ma première question. »
« Il me semble que c'est évident ce que je fais ici » dit Hermione d'un air dédaigneux.
Draco la scanna du regard, regard qui s'attarda sur les étiquettes que tenait Hermione dans sa main droite.
« Oh tu assistes Madame Pince… »
« Et je te surveille par la même occasion si ce n'est pas merveilleux » ironisa la jeune fille.
« Ouais c'est ça merveilleux. Dis-moi plutôt ce que j'ai à faire que je puisse me casser. »
Hermione leva ses yeux au ciel et lui fit signe de la suivre.
« Tu vois ces sections ? Les livres à l'intérieur sont rangés par ordre alphabétique et par genre. Pour que les élèves s'y retrouve plus facilement on a pensé à coller ces étiquettes sur les différents rayonnages récapitulant... »
« Oui c'est bon en gros faut que juste que je colle le reste ! C'est fou comme t'aimes t'écouter parler » dit Draco avant d'arracher les étiquettes des mains d'Hermione et de se mettre au travail.
Hermione resta estomaquée, la bouche ouverte, les yeux exorbités. ' Non mais quel culot ! Un vrai connard.' Pensa-t-elle avant de secouer la tête, d'attraper un chariot et de ranger les livres rendus ou laissés sur les différentes tables, à leur place initiale.
Une demi-heure passa sans qu'ils ne s'adressent la parole, Draco avait accompli très rapidement sa tâche et s'ennuyait à mort, il ne souhaitait qu'une chose: rentrer chez lui. Installé à une table bien séparés chacun vaquait à ses occupations. Hermione faisait ses devoirs sur un coin de table et Draco comptait discrètement combien il y avait de chewing-gums collés sous la table. Sept, huit...
« Tu pourrais au moins faire semblant d'être occupé » s'exclama Hermione de l'autre bout de la pièce.
« C'est ce que je fais, figure toi que je n'ai pas autant de devoirs que toi. » Neuf, Dix...
« On suit les mêmes cours je te rappelle. »
« Sauf que tu t'imposes des devoirs en plus voilà où est toute la différence. » Onze, Douze !
Hermione rougit et se replonge dans ses cahiers. Draco se mit à se basculer sur sa chaise, les bras croisés. Il commençait à regretter la cantine au moins là-bas il n'avait le temps de ne penser à rien, à rien sauf à la vaisselle sale. Le jeune homme posa son regard sur le faux plafond et se demanda depuis combien de temps Madame Pince travaillait ici, elle était tellement vieille et lente. Enfin tout le monde semblait vieux dans cette école.
Ne sachant plus où poser ses yeux, Draco regarda droit devant lui. Hermione avait ses sourcils froncés par la concentration et mâchouillait distraitement le capuchon de son stylo. Ses cheveux attachés par une pince étaient bouclés plus que jamais. Elle les avait longs jusqu'au milieu du dos et Draco se disait que ses sourcils mériteraient bien un débroussaillage. Sa jupe noire de l'uniforme lui arrivait jusqu'aux genoux et son polo était boutonné jusqu'en haut. 'Quelle nonne.'
« Dis-moi Granger. » Hermione s'arrêta dans sa relecture et leva son visage vers lui. « Comment fais-tu pour être aussi chiante ? »
La jeune fille fit mine de réfléchir puis lâcha la question qu'elle avait envie de lui poser depuis qu'il était arrivé.
« Et toi dis-moi Malfoy comment fais-tu pour être aussi con ? » répliqua Hermione avec un sourire forcé sur les lèvres.
Hermione trempa le pinceau dans le flacon et l'en ressortit afin d'appliquer une couche homogène sur son gros orteil. Installée sur son lit, elle tentait de se mettre correctement du vernis.
« J'adore cette couleur ! Je pourrais te le piquer ? »
« Oui bien sûr, je l'ai depuis longtemps mais il tient bien le coup. »
Hermione avait invité Ginny chez elle pour qu'elle passe une après-midi entre filles. L'adolescente n'avait jamais eu beaucoup d'amies et avoir Ginny à ses côtés cela la confortait dans l'idée que le problème ne venait pas d'elle. Ginny était intelligente, belle, cultivée, charmante, intéressante… Hermione l'enviait car le mauvais côté qu'il y avait à être avec Ginny c'était que les garçons ne regardaient plus que Ginny mais elle n'en avait rien à faire.
« Tu ne te vernis pas les ongles des mains ? »
« Non. J'aime bien les garder neutres. »
« Hermione ? Tu as un piercing ? » s'exclama Ginny en voyant les bijoux étalaient sur la commode de la jeune fille.
« Oui j'en ai même deux. » annonça Hermione en tirant la langue pour se concentrer.
Ginny accourut vers le lit et se jeta littéralement sur Hermione.
« Où ça ?! »
« Ooooh doucement Ginny tu vas me faire baver ! »
« Désolée…Alors où ?! »
« Le premier je l'ai fait au nombril et le second à la langue. »
« La langue ? »
« Oui mais je ne le mets pas trop souvent. »
« Lequel fait le plus mal ? »
« Et bien… » commença Hermione. « Ah non je te vois venir, ta mère va me tuer si elle apprend que je t'ai parlé de piercings !
« S'il te plait Hermione ! »
« Non ! » déclara la jeune fille d'un ton ferme.
Ginny bouda puis s'en alla inspecter les CD.
« Tu aimes Les Beatles ? » demanda Ginny en sortant l'album Magical Mistery Tour de la bibliothèque.
« Ouais, j'adore Les Beatles et les Clash et les Red Hot Chili Peppers et Placebo…Bref… »
« C'est génial ! » enchaîna Ginny « Je le mets ? » dit-elle en désignant le CD.
« Ok. »
Ginny se dirigea vers le mini-lecteur CD et l'intro de l'album raisonna dans la chambre.
« Hermione si t'aimes le rock y a une boutique à Londres où tu dois aller ! »
Draco enfila sa veste en cuir prêt à en découdre avec son père qui l'avait invité à déjeuner dans un restaurant huppé de la capital. Il prit ses clés avant de prendre l'ascenseur, il profita d'être dans la cabine pour consulter ses messages et ses appels. Son père l'avait déjà appelé trois fois mais en même temps Draco n'avait rien trouvé de mieux à faire que de jouer sur sa console jusqu'à pas d'heure la nuit dernière. Il lui envoya un message pour lui signifier qu'il était en route puis consulta ses derniers messages.
Théo 12h47 : « Alors comment ça s'est passé avec Granger ? »
Moi 13h00 : «C'était mortellement mortel. Et dans le mauvais sens du terme, crois-moi. Je t'expliquerai ça en détail plus tard. »
Cela fait, Draco sortit de la cabine et rangea son Iphone, vu l'heure il opta pour un taxi et se retrouva rapidement dans le centre de Londres. Arrivé devant le restaurant en question il inspira profondément et se prépara à toute éventualité. Son père ne l'invitait jamais à moins d'avoir une idée derrière la tête, comme la fois où il l'avait invité à goûter des macarons chez un grand pâtissier lorsqu'il avait douze ans pour finalement lui annoncer qu'il passerait ses vacances d'hiver, seul, avec une gouvernante. Mais tout de même seul.
Le jeune homme se regarda une dernière fois dans une vitre pour voir si sa coiffure était impeccable puis entra dans l'établissement. Habitué à ce genre de lieu il ne s'attarda pas sur la beauté de la salle de restaurant et s'installa directement à la place en face de Lucius.
« Ah tout de même ! Que faisais-tu ? »
« Je me préparais. »
Lucius le fusilla du regard et se concentra sur la salade qu'il venait juste de commander. Draco retira sa veste et ressortit son Iphone.
Théo 13h22 : « Ok, j'espère que t'as pas été trop pénible. »
Blaise 13h25 : « J'ai enfin ajouté Daphné sur Facebook, c'est un canon sur TOUTES ses photos mec ! »
« Draco ? » A l'entente de son nom le jeune releva la tête et regarda son père dans les yeux, ils étaient très semblables aux siens, d'un bleu-gris plutôt hypnotique. « Si je t'ai fait venir… » 'Et voilà il recommence' « C'était pour t'annoncer que j'avais trouvé la punition parfaite pour toi. » déclara Lucius souriant avant de se remettre à manger tranquillement sous le regard désespéré de son fils.
