Et voilà ! J'aime bien ce chapitre ^^ Merci à tous ceux qui me suivent ^^
Chapitre 3
POV Bella.
Dès lors où je m'étais retrouvée nue, tout s'était passé très vite : Rosalie apparaissant tout à coup dans l'encadrement de la porte, l'air frais du hall s'engouffrant soudainement dans la chambre et ces gouttes d'eau coulant le long de mon corps et me faisant frissonner. Une impression morbide s'était tout à coup emparée de moi, laissant mes pensées en stand-by :
« Je cours me cacher ou je fais comme si de rien n'était ? »
Mon bégaiement interne s'éternisant, elle avait à coup sûr eu tout le temps de m'observer à son aise. Suivant inconsciemment le mouvement de ses pupilles, je voyais progresser ses yeux de plus en plus bas. Tout à coup, mon exposition me rendit malade et avant même de me rendre compte de ce que je faisais, ma main agrippait mon pyjama et je courais me terrer dans la salle de bains.
En sous-vêtements, une serviette sur la tête, je réfléchissais à la situation. Qu'est-ce qu'elle avait bien pu penser en me voyant ainsi dévêtue au beau milieu de la chambre ? Que je m'exposais pour mon plaisir ? La honte me rougit le front.
« Ca y est, elle te prend pour une espère d'exhibitionniste dérangée. »
Une question me vint tout à coup à l'esprit : est-ce qu'elle avait aimé ça ? Je veux dire, elle n'avait pas eu l'air franchement dégoûtée en me voyant, non ? Tout à coup, je regrettai de ne pas pouvoir me pavaner en nuisette. A cette pensée, je me retins de me cogner le front contre les murs de la pièce.
« Tu ES une espèce d'exhibitionniste dérangée, ma pauvre fille. »
Je joignis les mains et priai le seigneur.
« Faites qu'elle ne raconte pas tout à Edward, je vous en prie ! »
Mon mauvais génie sortit d'un coin de mon esprit.
Mais tu voudrais bien qu'elle raconte à Edward qu'elle adore ton corps de rêve, hein ?
Pardon ?
Tu sais ce que je veux dire, vilaine. En fait tu as envie de voir Rosalie baver devant toi pour satisfaire ton égo.
Non, vraiment, ça ne me dit rien.
Menteuse. A cet instant même tu te demandes combien de corps féminins Rosalie a vu et si le tien lui fait de l'effet.
Elle n'est pas lesbienne que je sache.
Mais toi non plus, n'est-ce pas ?
…
Gagné.
Tais-toi.
Je me demande si Edward est au courant qu'il est tombé sous le charme d'une exhibitionniste-bisexuelle-schizophrène-dérangée.
J'aime les hommes.
Alors tu es Rosalie-sexuelle.
Je secouai la tête, épouvantée. Mon subconscient prenait vraiment des initiatives démesurées. Je boutonnai mon pyjama, puis m'assis sur le rebord de la baignoire.
« Sors qu'on en finisse. »
Je poussai un soupir et tournai la poignée de porte, obéissant à la voix dans ma tête.
« Faut vraiment que je consulte un psy, moi. »
Je pris une grande inspiration et mis la tête dehors. La pièce était vide.
« Encore personne ? Je vais finir par m'y habituer. »
Dessape-toi, j'suis sûre qu'elle va arriver en moins de deux.
Ta gueule.
Ta gueule toi-même.
« Bella ?
Cette voix-là, j'étais sûre de ne pas l'avoir inventée ! Je sursautai et tournai la tête vers sa provenance. Assise sur le lit, Rosalie me souriait.
« Qu'est-ce qu'il y a, tu sembles surprise ?, me dit-elle innocemment.
Pourquoi cette saleté de blondasse avait-elle toujours l'air d'un chat qui venait d'avaler un poussin ? Mon pyjama était certes jaune, d'accord, mais tout de même…
« Je viens de recevoir du courrier d'Edward. Vois toi-même.
Elle me tendit la lettre et je me gardai bien de lui faire part de mes expériences psychotiques.
POV Rosalie.
Confortablement assise sur le lit, je regardais Bella faire son chemin vers moi. Elle ne s'en rendait probablement pas compte, mais elle rougissait. J'aurais trouvé son pyjama jaune canari ridicule chez n'importe qui d'autre. Mais chez elle, c'était délicieusement enfantin. Elle prit place à côté de moi, mais à une distance raisonnable. Elle était à croquer. J'enfonçais mes ongles dans les draps, frustrée. Oui, c'était exact, j'avais envie de la croquer. Je fermai les yeux, humant son parfum mielleux. C'était moi la créature de rêve dans cette pièce, alors pourquoi me faisait-elle cet effet-là ?
« Il faut savoir, Rosalie. C'est son corps, son âme ou son sang que tu veux posséder ? »
Tout à la fois. Même si je ne voulais pas l'avouer, je la désirais. Parce qu'elle était hors d'atteinte. Je la vis lire la missive. Une moue de dégoût se dessina sur mes lèvres lorsque je vis qu'elle rougissait encore plus. Je serrai les dents.
« Il n'y a que moi qui ai le droit de te faire cet effet-là, Bella Swan. »
POV Bella.
« Chère Bella,
« Je ne sais pas vraiment par où commencer. Nous avons pour l'heure rejoint la colonie d'Alaska à la recherche d'alliés. Je ne tiens pas à t'effrayer mais il semble que nous ayons sous-estimé la force de Victoria. Ces émules risquent de faire du bruit du côté des Volturi et c'est réellement à éviter. Sache que je t'aime plus que tout et que te savoir loin de moi me coûte énormément. J'espère que Rosalie de traître correctement. Encore une fois, pardon de ne pas être à tes côtés.
« Tien pour toujours,
Edward. »
Même après des mois, ces mots tendres me faisaient encore cet effet-là. Je portai la lettre à mon cœur, faisant fi des regards dédaigneux de Rosalie. Moi aussi je t'aime, Edward. Toutes les pensées vis-à-vis de la vampiresse blonde me passaient à présent au dessus de la tête.
(***)
Ce soir-là, je me couchai la tête pleine de songes. Victoria était-elle réellement si puissante ? Qu'allait-elle encore inventer dans l'unique but de me faire du mal ? Je secouai la tête, incapable de penser au fait que les Cullen allaient être en danger à cause de moi. Je n'avais pas avalé trois bouchées du dîner et des milliers de pensées macabres dansaient la bourrée dans ma tête. Je fermai les yeux et me laissai glisser avec béatitude vers le néant…
Le souffle court, je contemplai autour de moi les cadavres ensanglantés qui étaient autrefois la famille Cullen. Pétrifiée, j'étais incapable de faire un mouvement pour m'éloigner de cette scène affreuse. Tout à coup, une main étrangement tiède de saisit à la cheville. Je baissai les yeux. Alice, les yeux vitreux, me murmurait des mots inintelligibles. L'odeur de ferraille dans l'air me rendit malade. Je me surpris à courir, courir sans cesse dans une forêt étrangement familière. Le noir autour de moi m'oppressait et il fallait à tout prix que je voie la lumière. Les arbres étaient les mêmes, la lune était étrangement immobile malgré ma course effrénée et des milliers de bruits menaçants jaillissaient de la végétation.
« C'est de ta faute, c'est de ta faute. »
Les larmes perlant à mes cils me brouillaient la vue. Quel ennemi fuyais-je ? Vers quel but courrais-je ? Je savais qu'il n'y avait rien de l'autre côté de la forêt. Ce n'était même pas une forêt. C'était le parallèle que mon subconscient avait fait entre mes propres peurs et un décor familier.
Le sang, parce que c'était l'origine du problème. Les cadavres, parce qu'être responsable de tout ça était ma plus grande peur. La forêt, parce que c'était là qu'Edward m'avait quittée une première fois.
Edward… je tombai à genoux, abandonnant ma quête.
« Edward ! »
Je hurlai, je savais que je hurlai, mais aucun son ne traversa la forêt. Les bruits ne cessaient pas pour autant, comme si je n'avais jamais existé. Je me recroquevillai sur moi-même. Tout à coup, je sentis quelqu'un m'étreindre. Une peau fraîche recouvrit la mienne. Des mots apaisant me parvinrent aux oreilles. J'ouvris les yeux, voyant tout à coup clair comme en plein jour…
Je me réveillai en sursaut, quelques gouttes de sueur perlant à mon front, prête à hurler à pleins poumons. J'allais me redresser, au risque de m'écrouler encore une fois, lorsque je sentis des bras puissants me retenir. Je crus un instant qu'Edward était à mes côtés.
« Là, tout va bien, calme-toi. »
Je fermai les yeux, écoutant cette voix si douce. Je me sentis bercer et m'écroulai, morte de fatigue, dans les bras de cette personne réconfortante.
(***)
Au matin, je me réveillai avec l'impression d'être entourée de coton. Ma nuit avait certes mal commencé, elle avait fort bien fini. J'étais encore un peu fatiguée mais c'était agréable de sentir que mon sommeil avait été lourd. Je fermai les yeux, appréciant le contact d'une peau fraîche sur moi. Je les rouvris vitement, me rendant tout à coup compte qu'il s'agissait de Rosalie. Les bras autour de moi dans une attitude de protection, je compris tout à coup que c'était à elle que je devais ce repos. Ses yeux étaient fermés, mais je savais qu'elle ne dormait pas. Elle était probablement perdue dans ses pensées. Mon cœur se serra en la voyant ainsi.
« J'ignorais qu'elle était capable de douceur. »
Je ressentis un besoin urgent de la remercier pour ce qu'elle avait fait. Sans réfléchir, je me penchai légèrement et déposai chastement un baiser sur ses lèvres.
