Chapitre 3

Et cette fois, ce fut réellement la guerre…

« Temari ! Retourne à Konoha, et informe Godaime ! Nous, on reste repousser les ennemis ! lui ordonna Shikamaru d'un ton qui n'admettait aucune contestation. »

Cette dernière, encore sous le choc de la nouvelle, ne put répondre de suite. Ce fut un kunai qui la ramena à la réalité.

« Bon sang ! C'est qu'ils avancent vite ! Temari, fais ce que je te dis ! »

A ce moment-là, je ne savais pas ce qui se passait dans ma tête. Je m'étais dit que si Shikamaru voulait épouser Ino, il fallait qu'il survive. Et à ce rythme, il y avait peu de chance.

« Non ! Tu es celui qui est moins apte au combat, Shikamaru. Alors c'est à toi de retourner à Konoha ! Moi, je ne bougerai pas.
- Ce n'est pas le moment de faire la gamine !
- C'est à toi de retourner à Konoha. Et dépêche-toi !
- Chikuso… t'es vraiment têtue, ma parole. »

Et sur ces derniers mots haineux, le flemmard fit demi-tour et repartit aussi vite qu'il put. Neji et Sasuke l'observèrent fort curieusement. Oser protester dans cette situation… il fallait être bien trempé. Quelques larmes s'échappèrent de ses yeux bleus azurés, qu'elle essuya d'un revers de main.

Je pleurais car je pensais ne plus jamais revoir Shikamaru de toute mon existence…

« Qu'est-ce que vous avez à me regarder comme ça, vous deux ? Il y a des ennemis sur le feu, je vous rappelle ! »

Elle déplia son éventail sur le troisième soleil, le Hyuuga et l'Uchiwa prirent les devants. A ce stade, plus aucun sentiment n'était sur la table. Qu'une seule pensée : celle de protéger le village de la feuille… aux risques d'y laisser la vie.

« Bon, il va falloir tenir jusqu'à l'arrivée des renforts, fit l'oiseau en cage. Temari, envoie-leur une bourrasque. Sasuke, invoque tes serpents géants. Et moi, je vais essayer d'en tuer le maximum avec mes shurikens. Restez cacher dans les arbres.»

Je m'en souviens comme si c'était hier : je tremblais de tous mes membres, c'était la première guerre que je faisais sans mon pays.

Sur la branche d'un robuste chêne, elle déclencha un violent « kamaitaichi », digne d'une tempête. Les ennemis de front, pris par surprise, furent immédiatement déchiquetés sur le coup. Essoufflée par son effort, elle s'appuya contre le tronc. Un bras et une tête ensanglantée finirent leur voyage près d'elle. La tête, déformée par la douleur, mais surtout par la peur, semblait triste… comme si elle n'avait jamais voulut de cette guerre.

La, je regardais le résultat de mon chef d'œuvre, du haut de mon perchoir : des membres qui giclaient leur reste de sang, des cadavres mutilés, des rescapés qui souffraient le martyr ayant perdus un bras, une jambe ou même les deux, en moins d'une seconde. Les survivants, déchiquetés, pleuraient leur douleur. Certains, même, s'étaient suicidés tellement ils avaient mal… tellement ils étaient impuissants.

J'aurais aimé ne jamais voir cette scène d'horreur. J'en cauchemarde même encore. Quand je les observais, je venais à regretter mon geste. Ces personnes devaient avoir une famille… mais ils ne les reverront jamais car, à cause d'une soif de pouvoir inutile, ils sont partis à leur perte. Envoyés à la mort. Et là, ils ne pouvaient plus refaire machine arrière. Et ils avaient payés leur idiotie, ou plutôt, l'idiotie d'un monarque victime d'un sentiment d'infériorité, par la chose la plus précieuse : leurs vies.

A quelques mètres de la jeune femme, trois énormes reptiles prirent forme dans une épaisse fumée rouge sang. Ils faisaient, au moins, trois bons mètres de haut. Celui au centre, portait sur sa tête, leur maître, Sasuke. Neji, quant à lui, était proche d'elle. Il s'occupait de tuer silencieusement, à l'aide de shurikens, les quelques shinobis ayant réussis à parvenir jusqu'ici.

Pendant que mes deux coéquipiers repoussaient mes ennemis, je reprenais mon souffle, ne sachant pas qu'à chaque seconde écoulée, les ennemis gagnaient du terrain.

Un grand « plop » retentit dans toute la forêt. Elle tourna la tête vers la provenance du son : un des reptiles du brun taciturne s'était volatilisé.

« C'est pas vrai ! Ils ont réussis à tuer un de ses serpents. Temari, peux-tu envoyer une autre tornade en évitant Sasuke ? voulut savoir son coéquipier.
- No problem. »

Elle reprit appui sur ses deux pieds, détacha sa main du tronc et effectua un « tsumetaikaze », une nouvelle technique de sa composition.

Je me rappelle, cette technique était la première que j'inventais, et j'en étais toute fière. Elle consistait à envoyer de l'air froid vers les ennemis, et si j'y mettais tout mon chakra, je pouvais les geler sur place. Je l'avais nommé le « vent glacial ».

Les adversaire, aussi nombreux furent-ils, reculèrent d'un cran, ce qui permit à un des deux reptiles restants, d'en balayer quelques uns avec la queue. La guerrière de Suna, harassée, s'assit sur la branche. Neji lui demanda :

« Ca t'épuise tant que ça, une tornade ?
- De cette puissance, oui monsieur.
- Va falloir que je m'y mette alors. »

Il se leva, composa des signes puis un lion apparut. Un énorme lion qui fonça droit devant. De l'autre côté, ils avaient invoqué toutes sortes d'animaux géants pour se défendre : rats, souris, mygales… Ne pouvant que regarder, elle observa Sasuke, qui se battait corps et âme pour ne pas y laisser la vie.

Il me faisait penser au petit garçon du tournoi : beau et fort.

« Plop ». Un deuxième serpent mourut. Seul, restait celui sur lequel se postait le jeune homme. Neji, lui, s'en sortait plutôt mal aussi. Il avait beaucoup à faire contre une mygale repoussante et un rat coriace. Son visage tourmenté trahissait sa fin imminente.

Je m'étais dit : « Il fallait que je me remue, que je les aide, sinon, je n'étais pas digne d'être une kunoichi. »

« Kasai Kaze no jutsu »

Celle-là aussi, c'était une de mes inventions. Ma deuxième, pour être plus précise. Je l'avais nommé « le vent incendiaire », car, en plus de balayer les environs, elle déposait quelques particules qui déclenchait des explosions… et par la suite, des incendies. Je ne savais plus ce que je faisais. J'étais comme… malade. Oui… malade de la guerre.

Rassemblant ses dernières forces, elle balança ce cyclone ravageur. Elle ne savait plus ce qu'elle faisait. Tout ce qui comptait pour elle fut de détruire ses ennemis. Mais… elle avait complètement oublié que, mélangés aux ennemis résistants, se trouvaient également ses deux coéquipiers…

Fin du chapitre 3