Youhouuu ! Je suis déjà de retour !
Et je ramène avec moi mes joyeux gay-lurons, Neville et Ron, accompagnés de toute la clique poudlardienne ! Je vous laisse savourer ce titre qui résonne comme une cascade et imaginer un peu ce qui va se passer…
Un grand merci à ma correctrice vénérée, Zazaone, qui me laisse toujours des petits commentaires précieux et tordants de rire !
Disclaimer : Non, non, n'insistez pas, rien n'est à moi ! Enfin, l'histoire, oui, mais je doute que JKR veuille la récupérer…
Chapitre 3 – Kiss kiss bang bang
Harry était inquiet. Hermione était ennuyée. Ginny était ravie.
Parce que Ron n'était plus Ron et que c'était très déconcertant de ne plus l'entendre jurer contre les Serpentards, traiter les premières années d'avortons, se disputer avec Hermione ou grincer des dents en surprenant Ginny pendue au cou d'Harry.
Pendant que les Gryffondors spéculaient sur sa santé mentale, depuis deux mois Ron s'attaquait à son éducation sentimentale en lisant tous les romans à l'eau rose dénichés par Neville. Lecture qui fit grimper en l'espace de quelques paragraphes très physiques son taux de testostérone mais le conforta surtout dans l'idée que les femmes étaient compliquées. Très compliquées.
Quand Ron sentit que l'overdose de guimauve le guettait, il abandonna la littérature pour le dessin. Croquer des esquisses se révéla un passe-temps bien agréable et un excellent moyen de se vider l'esprit. A défaut d'autre chose…
Durant les heures où il devait théoriquement travailler sur ses devoirs scolaires ô combien passionnants, Ron en profitait toujours pour gribouiller sur un parchemin, imaginant telle tenue pour tel élève. Ses coups de plume n'étaient pas dignes d'un futur grand peintre mais il avait l'œil. Et un œil acéré !
- Ron, tu vas bien ?
Il croisa le regard intrigué d'Harry, assis en face de lui, son manuel de métamorphoses grand ouvert sur la table.
- Ouais, ouais, je suis un peu fatigué, t'inquiète…
- T'es bizarre ces derniers temps, vieux…
Ron haussa les épaules avec désinvolture et froissa son parchemin en une petite boule qu'il jeta habilement dans la cheminée par-dessus la tête des Gryffondors vautrés sur le canapé.
- Si tu pouvais arrêter les souaffles aussi bien que tu vises ! remarqua Ginny confortablement enfoncée dans un fauteuil.
- Ginny ! gronda Hermione sans lever les yeux de son livre.
Depuis leur violente dispute, Ron évitait scrupuleusement Hermione sur les conseils de Neville et ils n'avaient pas échangé plus d'une dizaine de phrases très polies à la grande surprise de leurs camarades. Bah, les querelles et les bouderies de Ron et d'Hermione étaient connues de tous les Gryffondors, ils finiraient bien par se réconcilier… sur l'oreiller, ricanait Seamus, par un K.O. pour Ron, pensait Dean plus lucide.
Ignorant sa sœur avec un reniflement peu élégant qui fit grimacer Neville à l'autre bout de la table, Ron recommença à griffonner sur un parchemin.
Il se mit à dessiner un balai, un vif d'or, des souaffles qui volaient, des joueurs qui virevoltaient. Petits traits d'encre qui prenaient vie sous sa main. Pas mal…
Ron se gratta la tempe du bout de sa plume, balaya la salle commune du regard, surprit cette andouille de Neville qui baillait à s'en décrocher les mâchoires et entreprit de faire son ébauche rapidement. Il se sentait d'humeur créative ce soir.
Tiens, Neville en tutu rose avec des ailes d'ange dans le dos et un arc dans les mains. Un beau petit Cupidon tout joufflu et coquin à souhait. Hé, hé, hé ! Il était à croquer dans son satin brillant. Gniark, gniark, gniark, il allait glisser le dessin dans le sac de Grant en rajoutant « Ne bouge pas, mon Valentin, je vais te planter ma flèche dans ton joli petit cul ». Rhooo, c'était hoooorrible ! Ronnie, mon vieux, Neville est ton ami, tu ne peux pas ! Mais si, je peux ! Tu n'as pas honte ? Non ! Alors, fais-le et n'oublie pas de signer Neville ta choute d'amour !
Nom d'un p'tit troll, Harry n'arrêtait pas de lui jeter des coups d'œil inquisiteurs et tentait de lorgner en vain sur son parchemin. Oh, oh, la curiosité est un vilain défaut, mon p'tit gars. En quelques coups de plume, il avait dessiné Harry dans sa panoplie de Quidditch. Puis, il biffa ses protections d'attrapeur pour les remplacer par une tenue de « gogo dancer » incluant le boxer moulant et la cravate de Gryffondor sur son torse nu avec des bottes à talon haut tout en cuir et lacets. Voilààààà ! S'il arrivait à voir ça, il en serait pour ses frais.
Bon, un peu de sérieux maintenant.
Et pourquoi pas Hermione ? Sa douce Hermione, ses longues mèches brunes indisciplinées qu'elle avait attachées avec un élastique rouge, les courbes harmonieuses de sa silhouette mince et élancée, la rondeur de sa poitrine, de ses hanches…
Une robe en soie rouge sombre lui irait à ravir, qui dénuderait son dos jusqu'aux reins et mettrait en valeur ses seins qu'il devinait petits mais fermes. Le tissu doux et fluide glisserait sur ses jambes comme de l'eau limpide d'une cascade. Une barrette en argent retiendrait ses cheveux sur sa nuque, dévoilant une peau satinée et elle porterait un fin collier avec un diamant en forme de goutte d'eau qui reposerait entre la vallée de ses seins…
Bigre, elle était vachement excitante dans cette somptueuse robe ! Passe à quelqu'un d'autre, Ron, tu n'es plus sensé fantasmer sur Hermione mais sur les mecs.
Seamus, arghhhh, t'es pas obligé de te faire du mal quand même, mon vieux. Imagine simplement ce qui pourrait aller à cet obsédé d'hippogriffe… Un kilt rouge et une cornemuse, ouais… Et si je lui plantais une cornemuse là ? Non, t'es pas sympa, Ronnie, contente-toi d'une tenue décente. Ouais, originale mais guère seyante pour se balader tous les jours quand même…
- Ron, si tu as terminé, ça te dirait d'aller t'entraîner un peu ? s'enquit Harry.
- Euh… ouais. Pars devant, je te rejoins dès que j'aurais rangé tout ce bazar.
- Je peux t'attendre…
- Non, vas-y, je te rattrape, j'ai deux mots à dire à Neville.
- Bon, ben, ne traîne pas…
Il attendit qu'Harry disparaisse pour rejoindre Neville et lui glisser les dessins d'Harry, d'Hermione et de Seamus sous le nez.
- Qu'en penses-tu ?
- Waouh ! Hermione est magnifique dans cette robe ! Oh ! Harry en drag-queen et Seamus en William Wallace, c'est génial. Tu as un sacré coup de plume, dis-moi…
- Bof, ce ne sont que des esquisses.
- Mais on s'en fout, tu n'es pas portraitiste ! On reconnait Hermione à ses cheveux, Harry à ses lunettes et son code barre et Seamus à sa carrure…
- Son code quoi ?
- Laisse tomber, un truc moldu qu'Hermione m'a expliqué… Non sincèrement, tu as su relever les détails les plus caractéristiques de chacun, c'est impressionnant ! Tu as un sacré coup d'œil, mon vieux ! Bon, la tenue laisse à désirer pour les garçons mais tu as une imagination mon salaud ! C'est fou ce qu'Harry est à croquer dans ce boxer… Je n'avais jamais remarqué qu'il avait un si joli petit cul…
- Mon cul, oui !
Neville se mit à rire sous le regard appuyé de Ron.
- Ron, continue à te concentrer sur le dessin. Essaie d'imaginer des tenues qui iraient à chacun, mais dans des styles plus conventionnels. Et surtout, mets en valeur les silhouettes, dissimule les défauts…
- Je peux essayer.
- Eh Ron…
- Ouais ?
- On va bientôt pouvoir la lancer, cette fameuse rumeur…
Saisissant Neville par le bras, Ron l'entraîna vers la fenêtre, l'éloignant des quelques élèves qui bavardaient près de la table.
- Neville, ce n'est pas un peu trop tôt ? Je ne suis pas vraiment prêt…
- Ce ne sera qu'une rumeur, Ron…
- Oui mais une fois qu'elle sera lancée, impossible de revenir en arrière !
- Tu veux tout arrêter ?
Ron se passa une main dans ses cheveux flamboyants, le visage subitement très pâle.
- Non… Mais lorsque cette rumeur arrivera jusqu'à moi, je devrais confirmer…
- C'est l'idée, oui.
- Mais personne ne croira simplement une rumeur… Je n'ai jamais eu le moindre comportement gay. On pensera à un canular, une blague de Serpentard…
- Je le sais. Aussi nous allons devoir renforcer cette rumeur par une confirmation.
- Laquelle ? Tu as une idée ?
Neville s'approcha de Ron et murmura.
- Nous allons confirmer cette rumeur en nous embrassant, Ron.
- QUOI ?
- Chut, calme-toi, Ron…
- Mais t'es malade ? Je ne vais pas t'embrasser ! Sinon les copains vont me prendre pour une… pour un… mais tu sais quoi !
Neville réprima à grand peine un éclat de rire tant la colère et l'indignation de Ron étaient risibles. Par Merlin, la prochaine fois qu'une idée aussi farfelue lui passerait par la tête, il se collerait lui-même un sort de silencio avant !
- Ron, c'est justement le but de ce baiser. Qu'Hermione pense que tu es homosexuel, que tout Poudlard sache que tu es homosexuel, tu t'en souviens ?
- Merde, Neville, embrasser un mec ! Je ne pourrais jamais !
- Mais moi si, je le pourrais et ne t'inquiète pas, tu n'auras rien à faire. Juste à feindre d'apprécier cela. Et puis nous serons très discrets.
- Discrets ? Mais je croyais que tu voulais que tout le monde l'apprenne…
Cette fois, Neville se fendit d'un grand sourire triomphant.
- Tout le monde l'apprendra, Ron, mais je n'ai jamais dit que nous allions nous donner en spectacle. Fais-moi confiance !
- Mais comment devrais-je… Je ne saurais plus où me mettre…
- Si je te dis dans mon lit, ça te rassure ?
Ron secoua la tête, effondré. Même les blagues légères de Neville ne parvenaient plus à le dérider.
- Ronnie, tu n'es pas obligé de devenir la folle de Poudlard ! Tu seras toujours le même gars sympa, loyal et courageux qui irait au cœur de la bataille pour sauver ses amis. Tu restes Ronald Weasley. Des tas de types sont homosexuels mais ne perdent pas leur virilité pour autant. Moi le premier.
- Je sais… je sais…
- Ron, ne t'inquiète pas. Tout ira bien.
- Je le souhaite, Neville.
- Regarde, ne vaut-elle pas tous les risques que tu vas prendre ?
Par delà la salle, il suivit le regard de Neville et son cœur se serra douloureusement dans sa poitrine. Un sourire sur ses lèvres pleines, les joues rosies par la chaleur qui irradiait de la cheminée, elle était d'une beauté discrète, sereine, bouleversante pour lui.
- Neville, si ça ne marche pas, je t'atomise !
- Je n'en attendais pas moins de toi, ma caille !
OoO
Le jour J et l'heure H avaient sonné.
Tout en surveillant le couloir du coin de l'œil, Neville entraîna Ron près d'une colonne. Il pouvait lire l'angoisse sur le visage de son ami, sentir la tension émaner de tout son être.
- Ecoute Ronnie, on a encore quelques minutes avant qu'elle n'arrive. Tu es sûr que ça va aller ?
Ron était d'une pâleur inquiétante mais il secoua la tête, signifiant que oui.
- Tu sais, on peut encore tout arrêter, hasarda Neville.
- Non ! J'ai dit que je le ferai, je vais le faire… C'est juste que…
S'appuyant contre un pilier, il renversa sa tête en arrière, heurtant la pierre avec un bruit sourd et ferma les paupières. Neville se recula d'un pas et sourit. Avec ses mèches flamboyantes en bataille, ses quelques tâches de rousseur sur l'arête de son long nez et sa barbe naissante, il avait un air canaille qui le rendait infiniment séduisant. C'était vraiment un putain de beau mec !
- Ne t'inquiète pas, Ron. Tout ira bien. Laisse-moi faire. Un simple contact des lèvres, rien de plus. Et puis ce n'est pas comme si c'était la première fois que tu embrassais quelqu'un.
- Ouais, lâcha Ron en étouffant un petit rire étranglé. Là, je me sens vachement mieux ! J'espère que tu t'es lavé les dents, Neville…
- J'ai même mis mon boxer le plus sexy pour toi, mon gardien en sucre !
Ron esquissa un pauvre sourire et rouvrit les paupières, accrochant le regard moqueur de Neville qui pensa distraitement que même le bleu cobalt de ses prunelles dilatées par l'anxiété avait quelque chose de terriblement ensorceleur.
...tap...tap...tap...
Ron se redressa, tout son être tendu comme un arc.
- Ron, je suis ton ami, chuchota Neville en se rapprochant d'un pas.
- Je sais… répondit Ron d'une voix rauque.
Je suis un Gryffondor. Je peux le faire...
...tap...tap...tap...
- Ne l'oublie surtout pas, reprit Neville en posant ses mains sur ses épaules, alors…
…Je n'ai peur de rien. Ce n'est qu'un petit bisou de rien du tout…
...tap–tap–tap...
- … alors, je t'en prie, mon vieux, reste calme et surtout, surtout ne m'emplâtre pas dès que Parvati sera partie. Maintenant, regarde-moi…
…et surtout, Ronnie, ne vomis pas sur Neville …
TAP – TAP – TAP
Il ne pouvait plus reculer, ni fuir.
Il ne pouvait plus que plonger dans les yeux sombres de Neville et se raccrocher à cette lueur douce mais intense qui étincelait. Veloutée et apaisante. Sonder ces puits sans fonds et s'y noyer.
Les doigts de Neville s'enfoncèrent dans ses épaules, son sourire confiant se voulait rassurant. Ses lèvres n'étaient plus maintenant qu'à une dizaine de centimètres des siennes.
- Regarde-moi…
Ron retint son souffle, le cœur battant à tout rompre, les muscles tétanisés.
5-4-3…
- Neville…
- Chut, tout ira bien…
2-1…
TAP – TAP – TA… !
La bouche de Neville se posa avec une infinie douceur sur la sienne, contact plus léger qu'une plume, souffle chaud sur ses lèvres glacées. Sur sa gauche, il perçut une exclamation de surprise vite étouffée, un mouvement d'hésitation, un bruissement de cape et une ombre qui se dissimulait parmi d'autres ombres. Mais au-delà de ces perceptions confuses, il sentait la bouche de Neville. Chaude, humide, délicate qui effleurait. Caressait. S'éveillait. L'éveillait.
Je peux le faire. Je peux le faire. Je vais le faire... ALORS FAIS-LE !
Lentement, sa main remonta le long du dos de Neville qui tressaillit sous la surprise. Ron ?
Lentement, ses doigts effleurèrent sa nuque, se perdirent dans ses cheveux courts, jouèrent avec les mèches soyeuses. Neville ne put retenir un gémissement étranglé. Roooon ?
Lentement son bras se glissa autour de la taille du jeune homme pour resserrer son étreinte et l'attirer vers lui. Neville sentit un frisson le parcourir, remonter de ses reins à son cou.
- Ron…
- Chut, tais-toi.
Le temps parut se suspendre.
Je suis un Gryffondor, je vais casser la baraque !
Et il allait le prouver immédiatement.
D'un mouvement du bassin, il pivota sur lui-même, entraînant Neville qui se retrouva plaqué contre le mur, étroitement serré entre le roc de son corps et la pierre froide de la colonne.
Nom de Dieu !
Les lèvres de Ron s'emparèrent des siennes avec une passion contenue mais ravageuse. De sa langue, il traça le contour de sa bouche frémissante, attisant son désir, forçant son entrée d'une pression impatiente. Neville retint un gémissement de plaisir tout en se cramponnant aux épaules de Ron, l'esprit en ébullition. Une excitation irrépressible se bousculait avec la panique la plus folle. Il avait chaud. Il avait froid. Mais il s'en foutait. Ron ne l'étranglait pas, ne le repoussait pas, ne lui vomissait pas dessus. Il l'embrassait comme on embrasse une femme.
Et les baisers de ce foutu rouquin maladroit et réputé insensible étaient comme un volcan qui éclatait dans sa tête, un cyclone qui balayait toute pensée cohérente, un incendie qui embrasait ses sens. Sa langue cherchait la sienne, la caressait, exigeait plus et encore. L'entraînait dans une danse érotique qui enflammait son corps. Jamais, ô grand jamais il n'avait rien connu de plus excitant et passionné. Son pantalon était devenu trop étroit et la douleur de son membre durci lui broyait le ventre.
Nom de Dieu de nom de Dieu !
Le cœur battant la chamade, Neville dut s'écarter pour reprendre son souffle. Il avait vaguement conscience de la main de Ron sur sa nuque, de son bras dur comme de l'acier trempé qui l'entourait, le retenait, l'empêchait peut-être de s'effondrer sous le choc, de son odeur délicieusement musquée, enivrante. Comme dans un rêve, il entendit des bruits de pas qui s'éloignaient.
TAPTAPTAPTAPTAPTAP…
Et ce fut terminé.
Ron relâcha son étreinte et une impression de vide immense lui comprima la gorge.
Haletant, les joues en feu, il s'appuya au mur, fermant les yeux pour retrouver ses esprits. Paupières closes, il se répétait comme une litanie que Ron était son ami. Qu'il n'était pas gay. Que ce n'était que du bluff. Un putain de foutu bluff.
- Hé, Neville, ça va ?
- Gnéé ?
La vache, oui il allait foutrement bien ! Ron venait de lui rouler le patin le plus étourdissant qu'il ait jamais reçu au cours de sa jeune existence et ses tripes jouaient encore au yo-yo avec son cœur.
- C'était plutôt réussi, non ? demanda Ron sans le quitter des yeux. Je veux dire… il n'y aura aucun doute possible, n'est-ce pas ?
- Bon sang non ! Même Trelawney derrière ses culs-de-bouteille ne pourrait pas s'y tromper !
- Tant mieux, tant mieux…
Ron fourra ses mains dans les poches de son pantalon et recula au milieu du couloir. Il ne paraissait ni embarrassé, ni inquiet et encore moins dégoûté. Juste pensif. Un peu ailleurs. Pour la première fois, Neville n'aurait su dire ce que dissimulait cet air désinvolte et détaché.
- Plus possible de reculer maintenant, murmura Ron comme pour lui-même.
- Non, en effet…
- Je l'ai fait… continua Ron comme s'il n'en revenait pas.
- Et c'était… waouh ! renchérit Neville avec enthousiasme.
- Je savais bien que ça allait te plaire. Lavande ne s'est jamais plainte…
Neville se mit à rire doucement, percevant la fierté dans sa voix. Et autre chose aussi d'indéfinissable qui le troubla… Il détourna le regard parce que soutenir la flamme qui brillait encore dans les prunelles trop bleues de Ron le rendait… fiévreux.
- Bon, Neville, on se retrouve un peu plus tard ? J'ai envie de voler un peu sur le balai d'Harry.
- Sous cette pluie battante ?
- C'est excellent pour se rafraîchir les idées, mon pote !
Déjà il s'éloignait dans le couloir, un sourire toujours énigmatique sur les lèvres, haute silhouette taillée dans un roc. Neville le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il disparaisse dans les escaliers et distraitement, passa ses doigts sur ses lèvres encore meurtries par leur baiser.
Un baiser de Ron, c'était…
Kiss kiss bang bang !
Bon, je n'ai perdu personne en route ? Toujours d'attaque pour continuer ? Youhouuuu, vous êtes là ? Je me sens un peu seule là brusquement...
