Un tout grand merci à toi, brigitte26, pour ta review, ça motive à écrire ! J'espère que ce chapitre te plaira autant que le précédent ! ;)

Chapitre deux

Après avoir fait trois fois le tour de la City puis abandonné tout espoir pour se garer sur un passage piéton, Harry avait tenté une recherche sur Google Map. Hélas pour lui, le géant financier, qui pourtant se disait à la pointe, n'avait aucune idée de l'endroit où pouvait bien se trouver le 450, chemin de Traverse. Harry pensait bien que ça devait être dans le quartier, toutes les banques se trouvaient là, mais la zone de recherche était plutôt étendue et le fait de ne pas pouvoir se reposer sur la technologie lui donnait l'impression désagréable d'avoir été relâché en pleine jungle avec pour seule arme un peigne édenté.

Le jeune homme sortit de sa voiture, accosta les passants, héla les agents de quartier, harcela les commerçants, mais aucun d'eux ne lui fut du moindre secours. Personne n'avait jamais entendu parler d'un chemin de Traverse, encore moins d'une banque du nom de Gringotts. Dans sa poche, son portable n'en finissait plus de vibrer. Le manager devait vraiment être dans tous ses états.

Cela devait bien faire une heure qu'il tournait en rond comme un lion en cage. Derrière les façades aveuglantes de faste des banques qu'il croisait, les employés devaient probablement clôturer doucement leur journée pour aller chercher leurs enfants à l'école. Harry eut un rictus d'auto-dérision. Il était peut-être temps d'accepter qu'il s'était fait avoir. Qu'avait-il cru ? Harry Potter, riche héritier, rentier et homme du monde ? N'était-ce pas là tout ce qu'il haïssait ? N'en voulait-il pas justement à tous ces hommes et ces femmes qui, comme Vernon, s'accaparait toutes les richesses ? S'en gavait jusqu'à l'overdose et avait encore le culot de s'en plaindre ? Ses convictions étaient décidément plus fragiles qu'il ne le pensait.

Se ressaisissant, Harry s'aperçut qu'il n'était qu'à quelques rues de sa librairie et de son disquaire préféré. Foutu pour foutu, il décida d'y faire un tour. Au bord de la Tamise, si la chaleur s'abattait là aussi comme une chape de plomb, l'air semblait plus respirable qu'à Tottenham. Pas de gars louches aux coins des rues, les mains dans les poches, les yeux, lueur maligne, qui vous suivaient avidement sous leur casquette. Pas de jeunes filles avachies sur les marches des maisons, aussi fragiles que des épines de pin, une aiguille dans le bras, les yeux au ciel. Pas d'enfants crasseux jouant au ballon entre les roues des voitures lancées à toute allure. Ici, tout était calme. Les couples se promenaient deux par deux, main dans la main, cœur à cœur. Les enfants, petits anges, riaient et jouaient sur les bords de la Tamise, une brise bienveillante ébouriffant leurs cheveux que le soleil parait de mille éclats d'or.

Ayant besoin de se retirer en lui-même, Harry extirpa smartphone et écouteurs de ses poches. Les pensées âcres, mélancoliques, il fit tout à la fois le deuil d'un rêve et celui de l'homme qu'il croyait être. Oui, sans se l'avouer, il s'était toujours cru meilleur que les autres, avait pensé qu'il n'était pas de ceux qui renoncent à leurs principes pour quelques billets. Pourtant, il devait bien se l'avouer, maintenant qu'il avait goutté à l'espoir de vivre loin au dessus de la mêlée, il en mourrait d'envie. Il en crevait de jalousie.

« L'âme amère, la peau brûlée, cuisinée dans ta terre

L'âme amère, ton eau usée à coulé dans ma chair

D'Amériques latrines,

ton odeur de chienne crevée,

c'est la mienne,

Amériques latrines,

est-c'que ta gueule et moi

s'en souviennent

me voici, me voila... »

Carmen Maria Vega eut encore le temps de lui chanter « Jettatore » et « Trans » au creux de l'oreille avant qu'il n'arrive sur Charring Cross Road. Là, entre la dernière librairie avant la fin du monde et le Chants de Mars, un vieux bar miteux à la devanture noir semblait avoir été pris en tenaille. Le chaudron baveur avait le charme suranné des bâtisses des siècles passés qui en ont trop vu. Ses moulures usées par le temps. Son enseigne à la feuille d'or que l'on avait plus restaurée depuis l'époque des trente glorieuses. Ses carreaux crasseux plus insondable que la parole divine. Pourtant, l'établissement devait être ouvert puisque depuis trois ans qu'il venait flâner par là, Harry avait souvent vu des gens y entrer et en sortir.

Mort de soif après avoir farouchement couru après un destin qui n'était pas pour lui, il se dirigea vers l'établissement traîne-misère et, passant devant le disquaire, il fit un signe de la main à David, son vendeur préféré. Le jeune homme, occupé avec un client, lui répondit d'un sourire agrémenté de son éternel clin d'œil.

Rangeant ses écouteurs d'une main, Harry poussa la lourde porte du Chaudron Baveur de l'autre dans un grincement de film d'horreur. À l'intérieur, comme il s'y était attendu, tout était sombre et poussiéreux. Énormes tables branlantes, lourdes chaises bancales, sols usés jusqu'à la corde, poutres alourdies d'un millier de toiles d'araignées, tout était fait de bois, certains murs l'étaient aussi.

L'établissement semblait ne pas avoir prit connaissance de l'existence de l'électricité puisque partout, seules ou en grappes, des bougies usaient de leur cire pour s'agripper aux endroits les plus invraisemblables. Tantôt suspendues par leur pied au plafond, puis accrochées selon des angles inquiétants aux murs, elles éclairaient une faune pour le moins étrange. Tous affublés de lourdes robes informes aux couleurs les plus diverses quel que soit leur sexe, certains clients, certes plus vieux que les autres, arboraient en plus de ridicules chapeaux agrémentés d'effroyables natures mortes. D'autres écrivaient à l'aide de longues plumes sur des rouleaux de parchemin jauni ou compulsaient d'épais volumes poussiéreux. Dans un coin, Harry vit même un gars qui ne devait pas être plus vieux que lui nourrir un énorme hibou grand duc posé docilement sur son épaule. Pour compléter le tableau, tout au fond, mangé par les ténèbres, un zinc se faisait bichonner par un homme massif d'un certain âge.

Le regard noir sous ses sourcils broussailleux, le tavernier fixa intensément l'importun qui avait osé franchir son seuil. Depuis l'arrivée d'Harry, un silence de plomb s'était abattu sur l'assistance. Seule une musique aux accents country tentait de réchauffer l'ambiance tout en ne parvenant qu'à la rendre plus embarrassante.

De tous cotés, les regards se tournèrent vers Harry qui vit ça et là des mains se diriger qui vers une manche qui vers une hanche. Pour s'être fait braqué plus d'une fois au Burger City comme en rue, le jeune homme ne s'y trompa pas. Ces gens étaient armés et n'hésiteraient pas à lui sauter dessus au moindre faux pas. À l'égard du GSE, un groupe de supporters aussi engagé que violent du West Ham United, ces gens formaient une meute qui ne tolérait aucun étranger. Deux choix s'offraient donc à lui. Rebrousser chemin ou tenter sa chance. Harry avait depuis longtemps appris que fuir devant un adversaire plus fort que vous était toujours un mauvais choix.

L'air de ne pas avoir remarqué à quel point il n'était pas à sa place, le jeune homme s'engagea vers le bar provoquant un redoublement de froncement de sourcil de la part du tenancier.

- Un Fanta, s'il vous plait, commanda Harry sans se démonter.

Le barman se raidit.

- tu ne préférerais pas une bière au beurre, plutôt, gamin ? Gronda-t-il en se baissant à sa hauteur pour planter son regard dans le sien.

Ce faisant, un homme et une femme se levèrent prestement de leur siège pour venir se poster derrière le jeune homme. Celui-ci comprit qu'il avait fait une erreur mais il ne buvait pas d'alcool et ne comptait pas commencer ce jour-là. Se disant que se montrer faible n'était pas non plus la meilleure des solutions, il prit son courage à deux mains et, prenant appui sur le zinc, se pencha vers son interlocuteur, le visage parfaitement lisse de toute émotion.

- Un Fanta, s'il vous plait, articula-t-il lentement d'une voix atone.

Le serveur se remit d'aplomb lentement, fouillant Harry du regard. Sans ciller, il s'empara d'un verre crasseux rangé sous le bar, y versa le soda et posa le tout sur un petit carton juste devant son client.

- trois mornilles, grogna-t-il.

- Pardon ? S'étonna Harry, persuadé d'avoir mal compris.

- Trois mornilles, asséna le barman assez fort pour que le reste de sa clientèle l'entende et que les choppes dans son dos en tremble.

L'homme et la femme derrière Harry avancèrent d'un pas tandis que le reste de la clientèle s'agitait. Le jeune homme leva les yeux au ciel. Vraisemblablement, l'établissement participait à l'un de ces projets de monnaie locale que l'on voyait fleurir partout. Mais, habituellement, l'usage de ce type de monnaie était proposé aux clients, pas imposé.

- et combien cela fait-il en livres ? Demanda-t-il, fatigué de toutes ces simagrées.

Il se serait cru dans l'un de ces western spaghetti, quand le héros entre dans un saloon et que tous les autres protagonistes font du mieux qu'ils peuvent pour lui faire sentir qu'il n'est pas le bienvenu. Généralement, ce genre de scène finissait en fusillade que le héros remportait haut la main. Malheureusement, ou peut-être heureusement, Harry n'était pas armé contrairement à ses adversaires. Il se demanda un instant s'il trouverait un fusil à pompe sous le comptoir du Chaudron Baveur. Plus que probablement...

Le regard du tenancier s'était fait plus rude encore. Avec une infinie lenteur, comme s'il fallait qu'il use de toutes ses forces pour rester calme, il croisa ses énormes bras sur son large torse et carra les épaules.

- 2 livres, siffla-t-il entre ses dents.

Bien que refusant de rebrousser chemin, Harry ne chercha pas à envenimer les choses en exigeant politesse et cordialité. il étala la monnaie sur le zinc, prit son verre et rejoignit un coin à l'écart mais pas trop loin de la porte. Alors qu'il était assis, les conversations reprirent peu à peu bien que nombreux étaient encore ceux qui lui jetaient des coups d'œil méfiants. La tension était à peine redescendue d'un cran.

Le jeune homme faisait de son mieux pour boire son verre aussi rapidement qu'il le pouvait sans avoir trop l'air de vouloir fuir au plus vite quand la porte du bar s'ouvrit.

S'il ne l'avait pas entendue grincer, il aurait pu croire qu'elle était resté fermée, une masse sombre empêchant le soleil d'entrer. La masse se mouva avec difficulté, tentant de passer le seuil. Elle y parvint avec un grognement, s'avança un peu plus à l'intérieur de la salle et se redressa de toute sa hauteur. Ce n'est qu'à ce moment qu'Harry comprit qu'il s'agissait d'un homme. Un géant serait plus juste. Large comme deux fois le tavernier qui, pourtant, n'était pas de faible constitution, si haut que sa crinière hirsute frôlait le plafond et devait se baisser à chaque poutre dans sa progression vers le bar. L'homme, dont le visage était mangé de barbe, portait un énorme manteau de peau qui semblait avoir été confectionné en cousant des poches entre elles.

- comme d'habitude, Hagrid ? lança le barman avec bien plus d'aménité qu'il n'en avait offert à Harry.

- 'lut, Tom, comme d'habitude, oui, gronda le dénommé Hagrid derrière sa barbe en broussaille.

Sa voix était si profonde que l'on aurait pu la confondre avec un roulement de tonnerre. Tom ouvrit un placard derrière lui pour en sortir une choppe de la taille d'un sceau qu'il remplit à la pompe. Tandis qu'il posait la bière de son client sur le comptoir, d'une seule main tout de même, sans en renverser une goutte il se pencha vers ce dernier. Comprenant le signal tacite, le géant se cassa en deux pour amener son visage à hauteur de celui du tavernier. Ce dernier se confia dans un concert de chuchotement avant de désigner Harry du menton. Le jeune homme qui avait suivi toute la scène vit le colosse tourner son énorme tête vers lui avant de dérouler sa charpente sans le quitter des yeux.

Les mâchoires du jeune homme se crispèrent. Ainsi donc, on lui envoyait la brute pour le remettre à sa place. Pour avoir fait ses secondaires à Saint Brutus avant de vivre trois ans dans un quartier chaud, il connaissait sur le bout des doigts toutes ces conneries de virilité. Bien qu'il associât tout cela à de stupides comportements animaux, il savait aussi que toute démonstration de faiblesse était fatale dans ce genre de situation. Aussi ne cilla-t-il pas, impassible, et laissa le Goliath le rejoindre, sa bière à la main.

Mais l'homme avait tout juste fait la moitié du chemin lorsqu'il s'arrêta brusquement, la mine ahurie. Il le regarda avec un peu plus d'insistance, l'air de vouloir s'assurer de ce qu'il voyait puis, son visage s'illumina subitement d'un énorme sourire. Il écarta les bras dans un large mouvement, renversant la moitié de sa chope sur l'étrange couvre-chef du client qui eut l'infortune de se trouver derrière lui à ce moment-là et poussa un tonitruant :

- Harry !

Le sus-nommé trop abasourdi, regarda le sur-homme presque sautiller jusqu'à lui, poser avec fracas son sceau de bière sur sa table où l'autre moitié se déversa avant de l'attraper par les épaules pour l'étouffer dans une étreinte mortelle.

- Par Merlin, s'extasia le mastodonte en l'écartant suffisamment de sa poitrine pour que leurs regards se croisent, que j'suis content d'te voir !

Harry, de retour entre les pectoraux de son assaillant, fit de son mieux pour se dégager.

- On se connaît ? Grogna-t-il à asphyxié.

Cela eut au moins le mérite de figer le géant qui le reposa doucement sur le sol. Derrière lui, l'homme qu'il avait noyé sous sa bière lui lançait des regards furieux en tordant son couvre-chef.

- C'est vrai qu'la dernière fois que j't'ai vu, t'étais encore qu'un bambin... dit le colosse, tout à coup très ému. Qu'est c'que t'as grandi ! Tu ressemble tellement à James, mais t'as les yeux de Lily !

Harry se tendit. Il n'y avait pas de doute possible, à moins d'être réellement paranoïaque, il n'avait pas d'autre choix que de reconnaître que cet homme connaissait ses parents. Au moins de vue.

- d'où connaissez-vous mes parents ? S'enquit-il avec tout de même quelques réserves.

- De Poudlard, bien sûr ! Martela le géant comme s'il s'était agit d'une évidence.

- Poudlard ? Répéta Harry dans l'espoir d'en savoir plus.

- Oh, mais j'me suis pas encore présenté ! S'écria soudainement le colosse comme s'il n'avait pas entendu l'interrogation de son interlocuteur. Rubéus Hagrid, Gardien des clefs et des Lieux de Poudlard ! Et Dumbledore m'a même confié le cours de Soins aux Créatures Magiques, cette année !

- Créa..., ânonna bêtement Harry, plus abasourdi que furieux.

Pétunia et Vernon avait toujours refusé toute conversation à propos de ses parents. Si bien que le jeune homme avait grandit dans un état de manque, toujours désireux de savoir qui ils étaient, comment ils étaient, ce qu'ils faisaient. Il se savait trop avide pour être suffisamment méfiant par rapport à ce que l'on pourrait dire d'eux. Dans l'état dans lequel il était, il pensait être prêt à croire n'importe quoi afin de donner quelque consistance à leur souvenir. Mais de là à écouter les inepties d'un gars lui annonçant qu'il donnait des cours de « soins aux créatures magiques », non. Il n'eut pas le temps de se ressaisir qu'Hagrid repassa à l'attaque.

- Et toi, qu'est c'que tu fais là ? Lui demanda-t-il avant d'arrêter toute réponse potentielle d'un geste de la main. Laisse-moi deviner, t'es venu chercher tes fournitures scolaires ! Tu devrais te dépêcher, c'est demain la rentrée !

Harry qui s'était ressaisi, fronça les sourcils, bien décidé à se débarrasser de ce dingue.

- Je ne suis pas là pour acheter des cahiers...

- Une p'tite ballade sur le Chemin de Traverse, alors ? Interrompit Hagrid.

Le reste de sa réplique resta coincé dans la gorge d'Harry. Oubliant tout désir de fuir l'endroit, il dût s'exhorter au calme pour ne pas sauter sur le géant, s'agripper aux pans de son énorme manteau de peau et coller son visage au sien pour lui demander, ahuri :

- Vous savez où se trouve le Chemin de Traverse ?!

- Euh, oui... répondit l'homme tout en reculant d'un demi-pas comme s'il était inquiet de sa santé mentale.

- Où ?! L'invectiva Harry sans s'en préoccuper. Où, est-ce ?!

Hagrid commençait à tendre un doigt un peu inquiet pour le diriger derrière lui quand le tavernier intervint. Il avait commencé à faire le tour de son zinc dès le moment où le jeune homme avait manifesté un intérêt exagéré pour le Chemin de Traverse pour lequel son bar servait de rempart. Rejoignant Hagrid, il lui prit le bras et le força à l'abaisser. Il dût y mettre toutes ses forces et son visage avait fortement rougit lorsqu'il y parvint, toutefois, il ne fit pas attention au regard interrogatif que lui lança le géant.

- j'aimerais que tu me prouve que tu es bel et bien Harry Potter, gamin, gronda-t-il à l'adresse de l'intrus.

Harry était interdit. Pourquoi ce retour à l'intimidation ? Indécis, il hésita sur la chose à faire. Il ne se souvenait pas qu'Hagrid, pas plus que lui, ait prononcé son nom de famille. Alors comment le barman pouvait-il le connaître ? L'avait-il reconnu, lui aussi, dès qu'il était entré ? Dans ce cas pourquoi, dans un premier temps, Hagrid avait-il semblé ne pas savoir qui il était lorsqu'il s'était dirigé vers lui ? Tout cela n'avait pas le moindre sens.

- qui es-tu ? Gronda le tenancier en faisant un pas menaçant dans sa direction.

Se faisant, un, puis deux, puis dix clients s'étaient levés de leurs chaises. Certains avaient sorti un petit bâton de leur manche et le tenaient du bout des doigts, le bras à demi-levé, l'œil peu amène vissé à l'importun. Hagrid, quant à lui, semblait surpris du comportement de ses amis. La situation avait bel et bien tourné au vinaigre pour Harry. Sachant qu'il n'y avait aucune chance qu'il puisse s'enfuir de là, et sachant aussi que ce ne serait de toute façon pas une bonne idée, Harry prit prudemment son portefeuille dans la poche arrière de son jeans afin d'en sortir sa carte d'identité qu'il tendit à Tom.

L'homme la lui prit des mains, y jeta à peine un coup d'œil, et la balança par-dessus son épaule. Elle atterrit un peu plus loin, dans la poussière.

- on en a rien à faire, de tes papiers moldus, morveux !

- C'est tout ce que j'ai, grogna l'interpellé, ne comprenant pas quel type de preuve cet homme exigeait de lui ni même ce que signifiait le terme « moldu ».

Harry fouillait tout de même ses poches à la recherche d'autre chose quand lui vint une idée. Il sortit la lettre de Gringotts et la tendit au tavernier. Après tout, sur le papier, il y avait tout à la fois son nom et la mention du Chemin de Traverse.

Tom y jeta d'abord un coup d'oeil peu convaincu, puis, interpellé par quelque chose, il en fit la lecture complète. Il alla même jusqu'à compulser la liste des biens qui suivait sans la moindre gêne. Harry, qui se demandait toujours si ce courrier n'était pas une arnaque, sentit son cœur s'emballer dans l'angoisse de vivre un moment gênant. Il voyait très bien le barman le regarder d'un oeil amusé avant de partir d'un grand éclat de rire. Ce ne fut pourtant pas ce qu'il se passa.

- t'es comme qui dirait un peu en retard, gamin ! S'amusa-til.

- En retard ? S'enquit Hagrid en se penchant pour voir la lettre.

- Le p'tit devait se rendre à Gringotts aujourd'hui au plus tard, glissa Tom d'un air méchamment satisfait. C'était le dernier délai pour qu'il puisse toucher l'héritage de papa maman. Dommage pour lui, à cette heure-ci, les guichets sont fermés.

- Quoi ?! S'alarma Hagrid, complètement paniqué quant à lui.

Harry n'eut pas le temps de réagir. Le géant attrapa son courrier d'une de ses énormes mains et son poignet de l'autre.

- vite ! Gronda le colosse en le traînant derrière lui sous les yeux médusés de l'assistance.

NDA: à très vite pour un nouveau chapitre!