Titre : Descente en enfer

Auteur : Lenne26

Bêta-lectrice : Lonely Seira

Pairing : Asami/Akihito

Genre : Drama/Angst

Rating : M

Disclaimer : J'ai eu beau supplier, Ayano Yamane n'a pas voulu me les laisser (peur de mon sadisme?) donc ils ne sont pas à moi et bien à elle!

Note de l'auteur : Merci aux reviews anonymes, pensez à laisser une adresse si vous voulez que je vous réponde! Sur ce, bonne lecture!


Chapitre 3

« Asami, qu'est-ce que ça veut dire ? »

Asami fixait son amant, ses yeux ne quittant pas le regard furieux du jeune homme. Ignorant superbement la question d'Akihito, il posa son verre, porta une main à la poche intérieure de sa veste et en sortit un paquet de cigarettes. Il en porta une à sa bouche, et de l'autre main, l'alluma avec un briquet. Le temps semblait avoir brusquement ralenti, le silence de mort régnant dans la pièce donnant une impression de lenteur infinie aux actions pourtant simples effectuées par Asami. Tous ces gestes précautionneux donnaient l'impression que le yakuza se fichait royalement de ce que lui disait son amant. Mais ce n'était pas le cas, bien au contraire : maintenant qu'Akihito était au courant, Asami appréhendait au plus haut point sa réaction. Même s'il ne laissait rien apparaître extérieurement, son calme apparent ne servait qu'à masquer ce trouble qui commençait à le gagner. Mais la patience du jeune homme avait ses limites, et voir Asami aussi calme semblait le rendre de plus en plus furieux. Le yakuza aurait presque juré avoir vu de la fumée sortir de ses oreilles, mais il n'éprouvait toujours pas le besoin de dire le moindre mot. Ou plutôt, il attendait qu'Akihito fasse le premier pas. Comme il s'y attendait, connaissant parfaitement le tempérament fougueux de son amant, ce fut lui qui craqua le premier. D'un pas rapide, il se rapprocha d'Asami et, du revers de la main, fit tomber la cigarette de ses lèvres pour l'écraser d'un geste rageur au sol.

- Putain, tu sais que je déteste quand tu fais ça ! Ça t'amuse de me voir comme ça ou quoi ? Réponds-moi bordel !

- De quoi tu parles ?

- Fais pas l'innocent, tu sais très bien de quoi je parle, je suis sûr que tes chiens de garde t'ont mis au courant !

La réponse d'Akihito le surprit quelque peu, il ne l'aurait pas imaginé si pertinent. Il ne pensait pas le jeune homme stupide, loin de là, mais dans l'urgence de l'action, il avait souvent tendance à écouter son instinct, et à oublier d'écouter sa raison. Bien sûr qu'il savait ce qu'il s'était passé. Ses hommes l'avaient immédiatement appelé pour le prévenir de la tentative de kidnapping, comme à chaque fois, mais ils lui avaient également dit que cette fois-ci, ils avaient dû se révéler à Akihito pour le protéger. Il se souvint avoir éprouvé une grande contrariété devant cette nouvelle, et les deux hommes avaient eu bien de la chance de ne pas avoir été en face de lui à ce moment-là. Depuis ce coup de téléphone, Asami avait attendu la venue de son amant, qui n'avait d'ailleurs pas tardé, celui-ci étant arrivé un quart d'heure plus tard.

- Qu'est-ce que tu veux savoir ?

L'intonation de la voix d'Asami n'avait pas changé, confirmant les dires d'Akihito, mais cette simple question déstabilisa le jeune homme qui, pendant un court instant, sembla ne plus savoir par où commencer. Akihito se reprit rapidement, la colère devant le calme olympien du yakuza semblant lui rendre la possession de ses moyens.

- Pourquoi on a essayé de me kidnapper ? Pourquoi tes hommes me suivaient ? Et depuis quand tu me fais suivre comme ça ? Pourquoi tu me l'as caché ? Tu me fais pas confiance ou quoi ? T'as aucun droit de…

- Calme-toi.

- Réponds-moi alors, tu t'en fous de ce que je te raconte ou quoi, tu trouves que je ne vaux pas la peine que tu te fasses chier à me répondre ?

- Ne dis pas n'importe quoi.

- Putain tu me soûles, connard !

D'une main, Akihito saisit un vase qu'il jeta par terre, le fracassant ainsi en mille morceaux, pensant sans doute que ce geste suffirait à le calmer. Asami avait très légèrement tiqué devant l'insulte proférée par son amant. Il n'était pas dans les habitudes du jeune homme de s'emporter de la sorte, jusqu'à en oublier toute prudence. En temps normal, Akihito évitait de dire quoi que ce soit qui puisse le mettre dans une rage noire. S'il s'était laissé emporter au point de ne plus se soucier de le mettre en colère, chose que toute personne sensée d'esprit sur cette terre s'efforçait d'éviter, les colères du yakuza étant assez effrayantes pour que personne n'ait envie de les expérimenter plus d'une fois, cela signifiait qu'Akihito était encore plus sous tension qu'il ne l'avait imaginé et qu'il avait grandement besoin de se défouler. L'acte totalement cliché qu'il venait de réaliser le confirmait dans ses pensées. Et qui d'autre que lui pouvait se vanter de savoir exactement quels étaient les points sensibles du jeune homme ?

- Ça y est, tu te sens mieux ?

La phrase prononcée sur un ton ironique rendit Akihito encore plus furieux qu'il ne l'était déjà et dans un geste désespéré, il se jeta sur le yakuza, se moquant du fait qu'il n'était absolument pas de taille face à lui, la stature de l'homme d'affaires étant au moins deux fois plus imposante que la sienne. Il voulait lui faire perdre ce calme qui l'exaspérait au plus haut point. Malheureusement pour lui, l'attaque d'Akihito ne fit pas du tout peur à Asami qui se contenta d'emprisonner les poignets de jeune homme d'une seule main avant de le bloquer contre le mur, l'empêchant ainsi de se servir de ses jambes pour une quelconque attaque en traître.

Asami regarda le visage de son amant, le découvrant le souffle légèrement rapide, les sourcils froncés et des yeux plus que furieux plantés dans les siens. Dieu qu'il était beau et excitant comme ça ! Néanmoins, le yakuza jugeait le moment mal venu pour faire part à Akihito de ses désirs, celui-ci attendait une réponse qu'il allait forcément devoir lui donner un jour.

- Lâche-moi enfoiré.

La voix d'Akihito était basse mais Asami sentait clairement que même s'il avait arrêté de crier, le jeune homme ne s'était pas calmé pour autant, bien au contraire. Le yakuza savait bien que ce qui allait suivre ne lui plairait pas, mais il ne voyait pas d'autre alternative pour le moment…

- Pour ta protection, répondit Asami, éludant totalement la demande d'Akihito.

Celui-ci resta d'abord totalement abasourdi, semblant analyser l'information, avant que ses yeux ne se remettent à lancer des éclairs vers le yakuza.

- Alors tu le savais, et tu ne m'as rien dit, enchaîna le jeune homme, toujours sur cette même voix basse et en même temps extrêmement dangereuse.

- Que je savais quoi ? Que l'on voulait te kidnapper ? Que tous mes ennemis avaient appris ton existence à cause de ce connard de Feilong et qu'ils cherchaient à t'utiliser contre moi ? Tu aurais pu t'en douter.

La dernière remarque d'Asami ne plut pas du tout à Akihito qui fit soudainement exploser toute sa colère au visage de son amant.

- Et bah non, je ne savais pas, hurla-t-il, je suis vraiment trop con comparé à toi, désolé d'avoir une intelligence aussi limitée !

- N'exagère pas, répondit Asami, lui aussi commençant à perdre son calme devant les propos du jeune homme.

Il était parvenu là où il voulait emmener le jeune homme, mais cela ne lui plaisait définitivement pas. Si Akihito continuait ainsi, il était plus que probable que quelque chose de fâcheux allait se produire…

- Alors monseigneur, pourquoi n'avez-vous pas éprouvé le besoin de prévenir votre pauvre sous-merde totalement débile de cette nouvelle ?

Le ton ironique d'Akihito acheva de faire perdre son calme à Asami qui lui répondit en élevant soudainement la voix.

- Car tu étais trop instable psychologiquement pour le supporter !

Asami écarquilla légèrement les yeux, prenant brusquement conscience des mots qu'il avait prononcés sans même s'en rendre compte. Non… Il n'avait pas voulu dire ça… Akihito n'aurait jamais dû le savoir… Suite au silence qui accompagna cette déclaration, le yakuza se rendit compte qu'il venait effectivement de faire une grossière erreur, et il se maudit de tout son être pour avoir laissé échapper quelque chose d'aussi crucial.

- Alors comme ça, non seulement je suis trop con, mais en plus tu me crois totalement taré, c'est bien ça ?

La voix d'Akihito était à peine plus élevée qu'un murmure et Asami ne sut quoi répondre. C'était faux bien sûr. Il n'avait fait ça que pour le protéger, pas un seul instant il n'avait considéré Akihito comme con ou fou, le jeune homme avait simplement eu un moment de faiblesse parfaitement compréhensible compte-tenu des évènements qu'il avait vécus.

« Lâche-moi. »

Cette fois-ci encore, sa voix avait à peine dépassé le murmure. Akihito gardait la tête baissée, ses mèches cachant ses yeux, voilant ses sentiments au regard d'Asami qui ne pouvait se résoudre à accéder à la demande du jeune homme. Que se passerait-il s'il le laissait partir ? Même si son esprit lui conseillait d'accéder à cette requête, son corps ne parvenait pas à se résoudre à le laisser partir.

« LACHE-MOI PUTAIN ! »

La prise sur les poignets d'Akihito se desserra lorsqu'Asami aperçut enfin son visage, baigné par les larmes. Pendant un instant, il fut incapable de réfléchir, ne voyant que ses larmes, et son masque s'effrita, dévoilant sa douleur face à l'état de son amant. Akihito profita de cet instant de faiblesse pour dégager ses poignets et poussa de toutes ses forces sur le torse du yakuza, le forçant à reculer. Asami reprit alors ses esprits, mais trop tard, le jeune homme avait déjà couru jusqu'à la porte. Il le vit alors ouvrir la porte avant de s'enfuir en courant de l'appartement. Le yakuza marcha lentement vers la porte, regardant dans le couloir pour voir que son amant avait bel et bien disparu. Il resta un instant songeur, la crainte de ne jamais revoir cette silhouette qu'il appréciait tant se profiler dans ce couloir s'insinuant au plus profond de son être. Mais il ne pouvait rien faire… Du moins pour le moment. Il se retourna, referma la porte et retourna boire son verre près de la fenêtre, appréhendant la suite des évènements.

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Les yeux grands ouverts fixés sur le plafond, Asami commençait à penser que le marchand de sable avait définitivement boudé son appartement. Il tourna la tête vers son réveil. 5h35. Cela faisait bien trois heures qu'Asami cherchait désespérément le sommeil, mais son altercation avec Akihito ne quittait pas son esprit. Après le départ de celui-ci la veille, l'esprit d'Asami avait eu peu de loisirs de vagabonder, des affaires urgentes l'ayant occupé jusque tard dans la nuit. Mais une fois dans son lit, les yeux fermés dans l'attente d'un repos bien mérité, les pensées qu'il avait longtemps refoulées avaient semblé s'y opposer fermement, empêchant le yakuza de trouver le sommeil et lui laissant à souhait la possibilité de se faire des reproches. A chaque fois qu'il fermait les yeux, ce n'était que pour revoir la même scène encore et encore. Son visage. Ses larmes. D'un geste rageur, Asami rejeta violemment ses couvertures et se décida à se lever pour s'occuper de quelques dossiers en retard. Ça lui serait définitivement plus utile que de ressasser de telles pensées.

Assis dans un fauteuil près de la fenêtre, Asami, une cigarette au bord des lèvres, lisait tranquillement le journal qu'un de ses hommes lui avait porté plus tôt dans la matinée. Le soleil était déjà haut dans le ciel lorsqu'Asami s'était enfin décidé à s'octroyer une pause dans son travail. Le yakuza ne pouvait que constater à quel point cette matinée avait été décevante sur le plan professionnel. Le travail effectué en une matinée n'aurait normalement pas dû lui prendre plus d'une heure et sa volonté de rester dans son appartement avait donné un retard considérable à toutes ses affaires, étant de cette façon obligé d'annuler une bonne partie de ses rendez-vous. Asami pesta contre sa propre connerie. Il ne voulait pas quitter son appartement, dans la crainte qu'Akihito ne se retrouve devant une porte close quand il se déciderait à venir le voir. S'il se décidait à venir le voir. Asami poussa un profond soupir et appela son secrétaire pour qu'il annule tous ses rendez-vous de la journée. Le yakuza avait pleinement conscience de la stupidité de la chose, mais il n'était vraiment plus à ça près.

Une douche. Brûlante. Telle était l'unique solution qui s'imposa dans l'esprit d'Asami quand le yakuza se surprit à confondre le bruit d'une ambulance avec le bruit d'une porte qui s'ouvre. Absolument navrant. Il laissa un moment l'eau tiède couler sur sa peau, savourant la douceur du contact sur la peau nue, avant de monter d'un geste brusque la température. L'eau brûlante le sortit quelque peu de ses pensées, laissant quelques marques rouges sur sa peau qui disparaîtraient rapidement. Les cheveux légèrement humides, Asami s'habilla rapidement, laissant distraitement sa serviette tomber à terre, avant de se poster près de la fenêtre, regardant la nuit descendre silencieusement sur la ville et les lumières s'allumer une par une. Il resta un moment dans cette contemplation muette, oubliant par la même occasion de se servir son verre d'alcool quotidien.

Combien de temps était-il resté ainsi ? Il n'aurait su le dire. La nuit recouvrait totalement la ville quand il entendit la porte s'ouvrir. Akihito. Asami l'avait attendu toute la journée mais il préférait encore se suicider en se coupant la langue avec les dents que de lui avouer. D'un geste mesuré, Asami se retourna lentement et planta ses yeux dans ceux du jeune homme. Celui-ci s'était arrêté près de la porte et Asami pouvait aisément constater que son attitude avait considérablement changé depuis la veille. Son regard…


Seira, se gratte le menton et penche la tête pour dévisager les deux mâles :

Une petite séance chez le psy s'impose … t'es pas de mon avis Lenne ?

Lenne, sort une paire de lunettes et un bloc note : Je crois bien qu'un conseiller conjugal serait plus indiqué ici.

Les deux jeunes femmes, stylos aux lèvres, tournent alors la tête vers Akihito et Asami, et les découvrent encore en pleine joute verbale.

Akihito : Ha ha, trop fort ce chapitre ! La tête que t'as fait quand je suis parti ! Alors monseigneur, un petit instant de faiblesse ? On n'arrive pas à travailler sans sa muse ?

Asami, jette un regard totalement indifférent à Akihito : Ma muse ? Ne rêve pas Akihito, tu n'es qu'une « sous merde totalement débile » …

Akihito : Quoi ?!? Essaie pas de retourner ce que j'ai dit contre moi ! C'est toi le gros connard qui me prend pour un taré pas assez intelligent pour comprendre la situation !

Asami : Je n'ai pas dit « taré » mais « psychologiquement instable ». Et tu n'avais effectivement pas compris la situation.

Seira, chuchote à l'oreille de sa comparse en regardant les deux coqs se crêper le chignon : Euh … tu crois vraiment que c'est une bonne idée de les psychanalyser finalement ?

Lenne : Non, je crois que c'est le moment pour nous de nous éclipser discrètement avant que…

Akihito : … mais tout ça c'est de la faute de cette auteur de merde qui nous fait faire n'importe quoi selon ses envies de sadique !

Lenne : … ces deux zouaves ne prennent conscience du véritable responsable.

Asami, glisse la main sous son veston : Tiens, cher auteur, tu ne peux pas savoir à quel point je suis heureux de t'avoir à portée de tir, euh non de main bien sûr…

Lenne : Seira ?

Seira : Bah … euh … on court ?

Lenne : Excellente idée.

Et on vit soudain Lenne et Seira piquer un sprint de la mort-qui-tue, histoire justement que la mort ne les tue pas, le tout sous les éclats de rire d'Akihito.


Note de l'auteur : Et voici le chapitre 3! Bon bah, comme d'hab, chapitre 4 pour dimanche prochain, et laissez pleins de reviews! XD