Disclaimer: voir chapitre 1

Notes de l'auteur: Chose promise, chose due, je suis en vacances alors je me remets à écrire (enfin!) d'où la présence de ce chapitre.

Encore une chose: Merci infiniment à tous les lecteurs et particulièrement à Deanvica, Gibi, Poudre de crapaud et Servilus. J'espère que vous ne serez pas déçus!

Et merci à Tilly qui m'a aidée à mettre certaines de mes idées en place. Thanks a lot Tilly !

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Deux hommes assis dans une chambre à 1 heure du matin. L'un est assis sur un lit, tendu, les cheveux dans les yeux, cachant des larmes qui refusent de tomber. L'autre marche de long en large dans la petite pièce. Chaque geste est un effort, chaque mouvement une douleur. Ses poings seraient serrés s'il en avait eu la force.

Pourquoi avait-il raconté cette histoire à Sam? Il s'était juré de toujours se taire. Sam avait déjà assez de choses à gérer; il n'avait pas besoin des fantômes de son frère. Un poids s'abattit soudain sur les épaules de Dean. Dieu qu'il était fatigué! Il se rendit compte qu'il s'était arrêté de marcher. Et quand donc ses yeux s'étaient-ils fermés? Il se sentait vaciller; il ne pouvait plus bouger; l'épuisement le terrassait. Il se sentit tomber, puis deux bras qui le retiennent, le soutiennent.

-- Je te tiens, je te tiens, souffla Sam. Dean se sentit manoeuvré, sentit son frère qui le faisait asseoir sur le lit, l'aidait à s'allonger. Dean voulut protester; il n'était plus un enfant! Mais rien que l'effort d'ouvrir la bouche lui sembla insurmontable. Il laissa Sam s'activer autour de lui, soulever gentiment sa tête, glissant un oreiler sous lui. Dean voulait juste faire le vide, tout oublier...Il ralentit sa respiration, essayant de retrouver le calme qui le caractérisait. Il sentit une couverture se poser sur lui. Il la repoussa dans un geste incontrôlé.

-- Trop chaud, murmura-t-il, sa gorge sèche rendant sa voix rauque.

-- Dean? fit Sam doucement. Il pouvait comprendre l'épuisement de son frère; c'était probablement plus émotionnel que physique. Mais s'il avait de la fièvre...

-- Je ne suis pas malade, affirma Dean. A se demander qui était le médium.

-- Tu es épuisé, rétorqua Sam gentiment.

-- J'vais bien, fit doucement Dean.

Sam décida de le laisser tranquille; Son frère n'en pouvait déjà plus, pas la peine d'en rajouter. Il s'assit sur l'autre lit mais ne put rester immobile bien longtemps. Il se releva et commença à tourner en rond dans la pièce, mimant inconsciemment les gestes passés de son frère. Il réfléchissait. Tellement de pensées se bousculaient dans sa tête; tellement de sentiments contradictoires, tellement d'amour pour son frère et de rage contre son père...Il n'en revenait pas que John ait pu frapper Dean. Son père, l'une des personnes qu'il respectait le plus (même s'il n'était pas toujours d'accord avec ses idées) avait frappé la personne que Sam aimait le plus au monde. Et cela le révoltait. Comment avait-il osé? Il avait toujours pensé que Dean était le bon petit soldat ; toujours cru que Dean était plus aimé de John. Visiblement, il se trompait. Et sa colère, son ressentiment pour son père ne fit qu'augmenter.

Alors qu'il ouvrait la bouche, bien décidé à donner voix à ses pensées, il se ravisa. En réalité, il était plus triste qu'énervé et Dean n'avait pas besoin d'un frère énervé. Dean avait besoin de soutien maintenant et Sam était bien décidé à le lui donner sans compter.

-- Quel est le rapport entre ça et le fait que tu sois pas allé à la fac ? demanda-t-il. Un éclair de lucidité traversa son esprit. Il connaissait la réponse.

--Tu voulais me protéger, murmura-t-il, les yeux de nouveau plein de larmes. Il arrêta de marcher, regarda son frère. Étendu sur son lit, ses cicatrices rouges contrastaient violemment avec la pâleur de son visage. Il avait l'air tellement faible... Dean ouvrit les yeux. Son regard clair et droit se posa sur Sam; il était de nouveau maître de lui-même. Sam l'admira pour ça. Il n'y avait pas 1 heure, son frère semblait prêt à s'effondrer et là, il était parfaitement calme.

--Tu ne m'as pas obligé à faire quoi que ce soit, crois-moi, affirma-t-il. Il s'agita un peu sous le regard dubitatif de Sam.

--D'accord, admit-il après quelques seondes. Peut-être que je ne voulais pas te laisser seul. Sam lui lança un regard appuyé, visiblement pas convaincu. "Peut-êre? " interroga-t-il du regard.

--En réalité, continua Dean, le regard et la voix plus assurés, je ne savais pas ce que je voulais faire après le lycée. Cela me semblait tellement étrange de pouvoir quitter cette vie, tu sais ? D'oublier les gens désespérés, la mort de Maman, la chasse de Papa... Je pouvais enfin faire quelque chose pour moi et moi seul et je ne savais pas comment. Je n'avais jamais fait ça avant. J'avais toujours du m'occuper de toi ou de Papa. Et il m'a donné une raison de rester, de ne pas tenter cette vie étrange et terrifiante loin de vous. Au regard interrogateur de son frère, il s'expliqua.

--Je pense que j'étais effrayé de partir et quand Papa m'a frappé... Il s'arrêta un instant, ferma brièvement les yeux, la voix légèrement tremblante.

-- Quand Papa m'a frappé, je me suis rendu compte de ce qu'il pourrait te faire, fit doucement Dean. Et je me suis dit que je ne pouvais pas partir, que je ne pouvais pas aller à l'université parce qu'il pouvait te faire du mal. Et à l'époque, ce n'était pas si absurde; vous vous engueuliez tout le temps. Peut-être n'avait-il pas besoin d'être saoul pour devenir violent avec toi.

--Mais quand moi je suis parti, tu aurais pu...

-- Et c'est là que j'ai réalisé pourquoi je ne voulais pas partir. Dean fixa Sam droit dans les yeux. Une force, une détermination, une volonté extrême se lisaient dans son regard.

-- Sam, j'adore cette vie, déclara-t-il. Je ne l'adore pas, je l'aime profondément, corrigea-t-il. J'aime pouvoir aider les gens, j'aime me battre et tuer des monstres, des esprits et tout le reste. J'aime savoir que j'ai sauvé le vie de quelqu'un; que les gens se souviendront de moi comme de quelqu'un qui les a aidés, qui a rendu leur vie meilleure. Dean parlait avec tant de conviction que Sam se sentit se transformer en petit enfant de 4 ans, ce même petit garçon qui pensait que son grand-frère pouvait sauver le monde de tous ses malheurs. L'admiration sans borne qu'il avait à l'époque renaissait en lui. Sauf que cette fois, cette admiration était mêlée d'un sentiment plus profond: un respect immense pour quelqu'un qui donnait sans compter, sans s'être jamais préoccupé de ses propres désirs. Sam ne pensait pas que Dean pouvait sauver le monde; il en était certain. Un sourire enfantin apparut sur ses lèvres.

-- Tu es un vrai héros, tu sais? Comme prévu, une légère coloration apparut sur les joues de Dean. Il détourna la tête, visiblement gêné. Ce qui amusa Sam au plus haut point. Il s'assit sur le lit de son frère et réprima l'envie de le prendre dans ses bras. Il lui prit la main la serra; un geste affectif, une petite touche d'amour.

-- Dean? Ce-dernier avait toujours la tête tournée. A son manque de réponse, Sam se leva silencieusement, étendit une couverture sur l'homme endormi avant d'éteindre la lumière et de s'allonger. Son grand-frère dormait, Sam ne craignait plus les cauchemars.

Fin du chapitre 3

A suivre

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Notes de l'auteur:

Voilà, j'espère sincèrement que ça vous a plus. Un commentaire, une remarque, une critique? N'hésitez pas et cliquez sur le petit bouton "review" ;-)

Joyeux Noël à tous et à très bientôt !

L'insomnie des étoiles, heureuse d'être de retour