Voilà désolée du délai, mais j'ai eu une IRL assez mouvementée ces derniers temps. Je vais essayer de pas vous laisser poirauter aussi longtemps avant de mettre le 4 en ligne. Bon, sinon concernant ce chapitre, assez peu de commentaires à faire. En espérant que ça vous plaise, à la prochaine, et les reviews motivent l'auteur à sortir la suite plus vite, faut pas oublier!


Quand Dean rentra enfin au motel qu'ils occupaient, il arriva dans une chambre vide. Un mot avait été laissé sur la table par son frère: Je suis sorti faire des vérifications sur le retour des enfants, je reviens plus tard. Il hésita à se laisser tomber directement sur le lit qu'il occupait, mais l'odeur tenace de marais qui lui collait à la peau l'en dissuada. Il fallait avant tout qu'il prenne une bonne douche qui lui permettrait autant de se laver que de se concentrer sur ce qu'il venait d'apprendre. Il y avait beaucoup de choses à tirer de l'entrevue avec ce fantôme. Déjà, il avait largement le pouvoir d'être responsable des disparitions qui avaient attiré leur attention en premier lieu. Mais passer à de la téléportation de masse? S'il n'avait pas avoué devant lui, Dean ne l'aurait jamais cru. Il y avait aussi cette histoire avec sa soeur...Un lien émotionnel fort pouvait servir d'ancrage à l'esprit. Dean ne put s'empêcher de se demander si c'était ce qui l'attendait si jamais il mourrait, ou si Sam mourrait... Il ne pensait pas être capable de le laisser partir... Il faudrait aller voir cette soeur, lui demander si elle avait la moindre idée que l'esprit de son frère errait encore entre deux plans. Par contre, ça n'expliquait pas le pentagramme qu'il avait vu...Il décida de le dessiner sur un bout de papier avant d'aller dans la salle de bain. Il avait bonne mémoire, mais il préférait le reproduire tant que l'image en était encore fraîche dans sa mémoire afin d'éviter des erreurs. Il prit juste garde à ne pas finir le cercle qui entourait le pentagramme. On ne plaisantait pas avec les symboles magiques, même dessinés au dos d'une note de fast food. Son ventre gargouilla quand il vit le reçu. Il n'avait rien mangé pendant sa ballade dans les marécages, pendant que son propre petit frère se gavait...de hamburgers, apparemment, constata-t-il en retournant le ticket. Bizarre, Gigantor préférait les légumes verts d'habitude. Il décida de ne pas s'attarder sur les choix en matière de nourriture de son petit frère et alla s'enfermer dans la salle de bain. Il mit en route l'eau chaude, et laissa la vapeur chauffer l'atmosphère avant de se déshabiller. Avec sa quasi chute dans l'eau croupie, il était bon pour changer toute sa tenue. Il en avait vraiment assez de cette affaire. En plus, voilà qu'ils avaient affaire à la victime d'un pédophile. Il n'arrivait pas vraiment à rester du côté des humains dans ce cas. Une partie de lui avait envie de dire que si toute la ville avait couvert ça, ils méritaient ce qui leur arrivaient. Pas leurs enfants naturellement...Mais si l'esprit s'en prenait aux adultes, Dean n'était pas sur qu'il ferait grand chose pour les sauver. Ça lui rappela qu'ils avaient laissé le directeur dans un drôle d'état...Il faudrait aussi faire quelque chose, et voir comment Thimothy avait pu faire ça.

Enfin, à chaque jour suffisait sa peine, pensa-t-il en se délassant sous le jet chaud. Il avait pris la ferme décision de ne pas laisser une goutte d'eau chaude à Sam qui n'avait même pas pris la peine de lui garder à manger, ou de compatir à sa douleur. La prochaine fois, c'est lui qui irait prendre le risque de se voir couvrir de sangsues! Il fallait bien qu'il y ait des avantages à être l'aîné. Pour la peine, il allait aussi utiliser son gel douche (puisqu'il n'arrêtait pas de se plaindre que celui qu'on trouvait dans les motels ne convenait pas à sa peau sensible). Fallait bien qu'il y ait des avantages aussi à voyager avec...Comment il disait déjà? Ah oui, quelqu'un qui faisait attention à lui, et bon sang Dean ça n'a rien à voir avec ma virilité. Il se frotta en sifflant Smoke on the water. Il devait bien reconnaître, ça sentait drôlement bon. Il sortit quand il sentit que l'eau commençait à se rafraîchir. Et voilà, un ballon d'eau chaude vidé! Il attrapa une des serviettes qui traînait sur le bord du lavabo quand son regard fut attiré par le miroir. Il était recouvert de buée, naturellement, mais quelqu'un y avait laissé un message: L'enfant est à moi. Quittez la ville, ou mourrez. Sachant qu'il n'avait pas entendu de pas, et que la porte de la salle de bains était verrouillée...Il avait là un graffiti surnaturel. Bon, peut-être qu'il n'y avait pas qu'un esprit dans l'histoire. Peut-être qu'ils étaient tombés sur quelque chose de plus gros que ce qu'ils pensaient à l'origine. Mais quand on menaçait les Winchester, en général, ça leur donnait plutôt envie de rester. D'un geste de la main, il effaça le message.

"Voilà ce que j'en fais de vos avertissements, murmura-t-il en sortant de la salle de bains."

Il enfila un boxer et un simple t-shirt, et se glissa sous les couvertures. Sam n'était toujours pas rentré. Il essayait de ne pas se faire de soucis, mais à cette heure-ci les enfants devaient tous êtes chez eux, et un homme d'une vingtaine d'années qui observe des enfants dans leur maison, c'était louche partout ailleurs, mais dans une ville comme celle-ci, ça devenait carrément criminel. Il tendit la main vers la table de nuit, se souvint que son téléphone était resté dans la poche de son jean, et repartit vers la salle de bain. Il en eut à peine franchi le seuil qu'il marcha dans quelque chose d'humide et froid. Il ouvrit la lumière pour voir une inondation sur tout le carrelage. Une eau verte et croupie, certainement pas celle qui sortait de la douche... Sur le miroir cette fois-ci était écrit, avec de la boue (Dean préférait penser que cette matière brunâtre et séchée était de la boue, il ne voulait pas penser aux alternatives): Je vous ai prévenus. Dean s'avança encore de quelque pas vers le miroir, quand tout disparut, laissant la salle aussi propre que quand il en était sorti. Il se pencha pour récupérer son téléphone. Sam lui avait laissé un message il y avait seulement quelques minutes disant qu'il rentrait bientôt. Dean attrapa son téléphone et repartit vers la chambre. Je vais saler les portes et les fenêtres avant d'aller dormir, pensa-t-il en fouillant dans son sac pour récupérer le nécessaire.

Il fut réveillé gentiment le lendemain matin par son frère. Dean se frotta les yeux, il avait plutôt bien dormi au vu des circonstances.

"Tu es rentré tard hier soir, dit-il avec un bâillement à s'en décrocher la mâchoire.

-Tu sais ce que c'est...Vérifier que toute une classe est bien rentrée, aller à l'hôpital pour faire tenir notre couverture, dit Sam en haussant les épaules.

-Comment ça?

-Le directeur. Il est toujours dans un état catatonique. Il a été transféré aux urgences, mais ils se sont rendus compte qu'ils ne pouvaient pas le soigner... Ça n'a pas de cause physique. Il est placé en observation. Naturellement, l'agent modèle du FBI que je suis a demandé aux médecins de le prévenir dès qu'il y avait du changement. Mais apparemment, le contact avec l'ectoplasme a provoqué une réaction plus que violente. J'ai essayé de regarder dans le journal de Papa si jamais il y avait des exemples de ce genre de choses, mais rien...Première fois qu'on croise un esprit qui se manifeste de cette façon...

-Il n'y a peut-être pas qu'un seul esprit, Sammy...

-Hein? De quoi?

-Hier soir, dans les marais, je t'ai dit que j'avais croisé le petit Thimothy qui a apparemment été assez gentil pour nous renvoyer tous ses petits camarades. Mais cette nuit, avant que tu ne rentres... On m'a laissé des messages pas très sympathiques sur le miroir de la salle de bains...Et personne n'a pu y rentrer. Enfin, rien d'humain en tout cas.

-Je me demandais pour le sel sous les fenêtres, justement... EMF?

-Pas besoin de vérifier. Aucun doute que c'était une activité surnaturelle. C'est pas le genre de traces que laisserait la femme de ménage. Il a aussi réussi à conjurer de la vieille eau croupie dans la salle...Enfin, rien de ce qui se passe ne correspond à un esprit normal.

-Non, effectivement. Changement de mode opératoire, menaces, adaptation...Honnêtement, je pense que ce n'est pas le travail d'un esprit consumé par un seul objectif. Il y a quelque chose derrière, quelque chose de bien plus malin, murmura Sam en se passant la main dans les cheveux, signe qu'il réfléchissait.

-Quelque chose qui obligerait Thimothy à rester alors qu'il veut passer de l'autre côté, rappela Dean. Est-ce que ça aurait un lien avec ça, tu penses, demanda Dean en lui tendant le papier sur lequel il avait dessiné le pentagramme.

-Dean! Qu'est-ce que c'est que ça, s'exclama le grand brun.

-A un moment, il a eu une réaction bizarre...Comme s'il avait mal...Et y a ça qui est apparu en plein milieu de sa poitrine. Il a disparu après.

-C'est...Bon, ok je sais pas ce que c'est, mais ce genre de symboles, c'est de l'araméen! On pourrait le traduire et voir ce que ça veut dire. En tout cas, si c'est en araméen, c'est qu'on a affaire à de la très vieille magie. Et très puissante.

-Une sorcière?

-Une sorcière qui aurait pouvoir sur les esprits. Une sorte de vieux chamanisme... J'en avait jamais entendu parler avant mais...Je pense que je peux retrouver ce que c'est. Il faudrait savoir qui a pu lancer le sort...

-Surement sa soeur. De ce qu'il en disait, elle ne voulait pas le laisser partir. Elle a peut-être trouvé le moyen de l'ancrer sur Terre avec ce genre de sortilège.

-C'est une bonne théorie. Mais pourquoi enlever les autres gosses pour ensuite les faire réapparaître?

-Qui dit qu'ils sont revenus en entier? Il manque peut-être un bout, ou alors elle nous a fait le coup du cheval de Troie!

-C'est...

-Comme tu l'as dit, c'est de la magie qu'on a jamais croisée. On sait même pas ce que ça peut faire ou ce que ça ne peut pas faire. Alors autant prévoir toutes les hypothèses! Alors on va essayer de voir si les gosses font rien de bizarre...

-Dean. Le maire a décidé de suspendre l'école. Avec le directeur dans un état pareil, ils se disent que ça risque d'effrayer les enfants. On ne va pas pouvoir tous les surveiller.

-Dans ce cas, deuxième partie du plan. On rend visite à la soeurette.

-Laisse-moi juste le temps de comprendre ce qu'elle a fait. Si on y va à l'aveuglette, surtout après avoir été menacé par un esprit... Ça ne me semble pas prudent.

-Hein depuis quand on est prudents?!"

Sam mit fin à la discussion avec son plus bel air de "Dean, tu es un crétin, j'arrive à peine à croire qu'on soit de la même famille". D'une main, il attrapa son ordinateur portable qu'il ouvrit et alluma. C'était sa façon de dire que de toute façon, il allait faire des recherches. Il attrapa un bloc-notes, un crayon qu'il faisait tourner entre ses longs doigts, et commença à travailler. Dean soupira et sortit enfin du lit. Il commençait à avoir faim. Il n'avait après tout pas mangé hier soir. Et il n'avait même pas pensé à en faire le reproche à Sam, comme quoi il était vraiment à bout de force!

"Je vais me chercher à manger, Samantha, puisque tu m'as rien pris hier! J'aurai pu défaillir.

-Huhum.

-Ravi de voir que tu te sens concerné.

-Oui, oui..."

Dean savait qu'il n'en tirerait rien une fois qu'il passait en mode nerd. Il attrapa les clés de son bébé avec la ferme intention de se trouver un diner quelconque. Au moins, sa voiture ne l'abandonnait jamais, pensa-t-il en en caressant amoureusement la portière avant de se glisser dans le siège conducteur. Il conduisit quelques minutes et s'arrêta devant un endroit devant lequel un panneau indiqué "meilleurs pancakes du comté". Il fallait bien vérifier ce genre de choses. Il entra dans un diner qui ressemblait à des dizaines de diner qu'il avait déjà fréquenté durant sa vie sur la route. Le même comptoir, avec les habitués qui lisaient le journal, les serveuses en tablier et robes de service, les banquettes qui même à cette heure-ci étaient occupées par des adolescents qui préféraient rester là toute la journée plutôt que d'aller au collège ou lycée (Dean les comprenait, il avait souvent fait la même chose, sauf que lui en profitait pour s'entraîner au tir). Il s'installa à une table dans un coin, qui lui permettait d'avoir une bonne vue sur l'entrée, mais sans être en plein devant. Il avait pris cette habitude quand il voulait éviter de se faire repérer. Une serveuse aux cheveux teints d'un blond terne et aux yeux bruns s'approcha de lui. Même à cette heure de la journée, elle avait l'air fatiguée. Je vais essayer de lui rendre la journée plus agréable, pensa Dean en s'armant de son sourire le plus charmeur. Elle prit sa commande, et il la gratifia même d'un clin d'oeil. Son attention fut attirée par un des gros titres du journal que lisait un vieux monsieur en costume devant son café au comptoir: Malédiction à l'école? Il s'approcha de l'homme.

"Excusez-moi, Monsieur, je pourrai vous emprunter votre journal?

-Il y en a plein sur le présentoir là-bas, vous pouvez aller vous en chercher un vous-même!"

Dean alla chercher le journal sans demander son reste. Tant qu'il n'avait pas eu son premier café, il n'était pas d'humeur à gérer les ego des gens lambda. La serveuse arriva avec justement une grande tasse de café, et une pile de pancakes avec beurre et sirop d'érable coulant par dessus. Il la remercia vivement, et elle glissa la note à côté de l'assiette. Elle y avait marqué son numéro de téléphone. Dean fut content de voir qu'il n'avait pas perdu son pouvoir de séduction. Il huma l'arôme du café, et se dit que décidément c'était une belle invention. Il n'avait pas pris à emporter parce qu'il n'avait aucune envie d'admirer Sam pendant ses recherches. Puis il enquêtait aussi: il lisait le journal. Il fallait juste qu'il évite de mettre du sirop sur ce qui pouvait être une future pièce à conviction.

L'article faisait un rappel de toutes les disparitions d'enfants qui avaient eu lieu, avec les prénoms des enfants et le moment où on s'était rendu compte que leur départ. Il y avait également un encadré sur le malaise du directeur pour lequel le journal expliquait que les médecins pensaient à une réaction de stress intense. Mais le plus intéressant était un entre-filet qui venait expliquer que ce n'était pas la première fois que de tels faits avaient lieu dans la région. En effet, pendant les années 20, la région était touchée de plein fouet par la Grande Dépression. Apparemment, certains parents en auraient profité pour réduire les effectifs familiaux en se la jouant Petit Poucet mais dans les marais. Décidément, les petites villes avaient toutes des secrets honteux. En lisant ça, Dean se demanda si les feux follets étaient simplement liés à l'activité de Thimothy, ou s'il y avait quelque chose d'autre. Peut-être que les disparitions d'enfants isolés pendant la nuit n'étaient pas liées à la démonstration de force de leur esprit coincé. Ou peut-être que si. Peut-être aussi que les deux avaient des causes communes qui remontaient à cette période. Ou alors il cherchait encore trop loin. Mais puisqu'il apparaissait impossible de retrouver les restes du petit Olsen, il fallait bien chercher d'autres moyens de régler le problème. Il soupira et fit signe à la serveuse qu'il prendrait bien une deuxième tasse de café. Son portable sonna à ce moment. Il l'attrapa et décrocha.

"Dean, c'est Sam.

-Oui, tu es à peu près le seul à m'appeler, je te signale.

-Bref. J'ai trouvé ton symbole, je crois savoir ce que c'est.

-Vas-y.

-Ecoute ça. C'est apparemment un symbole pour lier un esprit à un lieu. C'est de la magie très ancienne et puissante. Si tu inscris ça sur un corps, l'esprit est obligé de rester, comme un esprit vengeur. Et si c'est déjà un esprit un peu remonté, tu te retrouves à décupler son énergie psychique.

-Ce qui expliquerait l'ectoplasme?

-Oui. En plus, cette chaîne a une autre particularité. Elle n'en fait pas des esprits comme on peut en croiser. Elle maintient l'âme en état. C'est comme si l'âme était juste hors du corps, mais contrairement aux esprits ils ne sont pas coincés dans une façon de faire, ou sur un seul objectif. Ils peuvent évoluer, communiquer avec certains vivants. C'est une sorte de vie après la destruction du corps.

-Présenté comme ça, ça semble parfait. C'est quoi les petites lignes?

-Ravi que tu demandes. Et bien figure-toi que ce lien n'est pas perpétuel, il doit être renouvelé fréquemment. Et pour le renouveler, il faut sacrifier une vie. Ça donne assez de puissance pour tenir encore un peu de temps, jusqu'à ce que cette énergie soit elle aussi utilisée, auquel cas il faut la renouveler encore et ainsi de suite..

-Donc en gros, faut mettre du carburant dans le réservoir, le carburant en question c'est?

-Des vies humaines oui. De simples sacrifices d'animaux ne suffisent pas pour maintenir une âme sur un plan où elle ne devrait pas être.

-Donc les gosses...

-N'ont peut-être pas été pris par le fantôme, mais pour lui. Jusqu'à ce qu'il décide d'amener ses petits copains chez lui, et qu'il les ramène ici.

-Exactement. Deux modes opératoires différents, parce que deux causes différentes. Liées d'accord, mais...

-Ok et ce sort comment on le casse?

-On attend que l'énergie soit épuisée, il disparaîtra de lui-même faut juste empêcher le lanceur de le recharger assez longtemps.

-Donc retrouver le lanceur. Des pistes?

-Oui. Donc ce sort est très technique. C'est de la magie des suivants de Zoroastre.

-C'est pas un pokemon ça?

-Non, Dean ce n'est pas un pokemon. (Dean aurait juré avoir entendu le changement d'expression de son frère). Zoroastre est un dieu très ancien de l'antique Perse.

-Donc...Dieu païen?

-Apparemment. Peu connu. Il y a des moyens de reconnaître une maison d'un suivant de Zoroastre, il faut certains éléments, comme des fleurs..

-Des tapis persans? Des chats?

-Non. Une orientation Est-Ouest, des murs de couleur claire, un miroir qui doit faire face à une des fenêtres pour recueillir la lumière du soleil, et pas de représentation d'humains.

-Ça peut correspondre à n'importe quel type de maison, ça...

-La liste est plus précise, mais elle est aussi ancienne, et je doute qu'on trouve une maison faite de briques entièrement issues de la terre meuble de l'Euphrate, récoltée pendant la première nuit de la crue. Pourtant, la magie est bien là, donc les critères sont peut-être plus indicatifs qu'on ne pense, ou alors pas tous de la même importance.

-Ils sont peut-être tous optionnels.

-On va essayer de dire que non. Au pire, on serait fixés si on trouvait directement un autel dans la maison. Là, il faut nécessairement que le nom de Zoroastre soit gravé dans le bois qui sert à fabriquer l'autel.

-D'accord, donc si on trouve une maison comme ça avec de préférence un autel gravé, on trouve notre magicien, et on l'empêche de tuer le temps que le sort se retrouve à court de jus.

-Exactement.

-Ça me semble pas mal. Je pense qu'on va commencer par aller voir sa chère grande soeur. Peut-être qu'elle est devenue fan de...Zorro Astair.

-Zoroastre, Dean, Zoroastre.

-Eyh, c'est toi le geek de la famille, dit Dean en raccrochant."

Une fois son petit-déjeuner fini, Dean repassa à l'hôtel pour récupérer son frère avant d'aller rendre une petite visite de courtoisie à sa soeur. Il en profita pour montrer le journal à Sam. Mais après avoir éclairci le fait que Thimothy était coincé sur Terre à cause d'un sort, ils ne voyaient pas comment relier cette information aux disparitions des enfants pendant les années 30. C'était une information intéressante, mais qui pouvait ne pas avoir d'incidence sur l'affaire sur laquelle ils travaillaient. Ils enfilèrent leurs costumes pour se faire encore passer pour des agents fédéraux. Ils avaient prévu d'expliquer à la soeur de Thimothy qu'ils pensaient que les disparitions actuelles pouvaient être des répétitions de ce qui était arrivé à son petit frère. Personne ne refuserait de répondre à des agents du FBI qui voulaient éviter que des petits enfants finissent entre les griffes de méchants pédophiles. Pendant que Dean poserait quelques questions, Sam essaierait de faire le tour discrètement pour vérifier si la maison correspondait au profil attendu. Une affaire de routine, comme ils en faisaient tout le temps. Ils montèrent dans l'Impala, et se mirent en route.

"Bon, et cette super magie perse ou je ne sais pas quoi,elle peut nous réserver d'autres surprises?

-Je ne sais pas, Dean, je ne suis pas devenu un expert en zoroastrianisme occulte en l'espace d'une matinée.

-Mais tu en sais assez pour être capable de prononcer ça.

-Ça n'a rien à voir.

-Eyh, c'est quand même assez impressionnant, surtout quand on connait le temps que tu as mis avant de parler pour de vrai.

-Tu es pas obligé de me le rappeler.

-Je suis sur que ça, tu l'as pas marqué dans ton dossier pour Stanford.

-Dean, la ferme. On vient d'arriver. Alice Olsen, 27 ans, célibataire sans enfant apparemment.

-Si elle faisait pas de la magie bizarre, je serai intéressé.

-On ne sait même pas encore si c'est elle.

-L'intuition.

-Intuition féminine?

-Tais-toi, Samantha."

Dean sortit et se dirigea vers la maison, suivi de près par son petit frère. Ils sonnèrent à la porte et attendirent quelques instants. Une femme leur ouvrit. S'il n'y avait pas eu tout le côté "pratique de magie ancienne et flirtant avec la nécromancie", Dean aurait été définitivement intéressé. Elle était assez jeune, moins de la trentaine, une belle rousse aux cheveux bouclés lui descendant aux épaules, et des yeux verts perçants. Son nez était légèrement retroussé, et son visage fin constellé de taches de rousseur. Elle avait la bouche fine, mais des lèvres charnues, d'un beau rouge profond. Elle portait un simple débardeur blanc et un jean. Elle leur sourit, un sourire charmeur et qui respirait la confiance.

"Et bien, messieurs, que puis-je faire pour vous?

-Nous souhaiterions vous parler, commença Sam en sortant son badge. A propos des disparitions dans la région."

Son sourire s'effaça immédiatement, remplacé par une expression songeuse qui semblait ne pas savoir choisir entre le deuil et la nostalgie. Elle se reprit, et leur fit signe d'entrer.

"Je vous en prie. Si je peux aider...

-Nous avons cru comprendre qu'un de vos proches avait été enlevé, commença prudemment Sam.

-Pas enlevé...Tué. Assassiné. Vous pouvez le dire. Si encore il s'était contenté de ça, siffla-t-elle entre ses dents serrées.

-C'est pour éviter ce genre de choses que nous sommes venus vous voir, continua Dean. Parfois, des gens peuvent prendre l'inspiration sur des crimes commis auparavant au même endroit, et vouloir copier le mode opératoire. J'aurai donc besoin d'en savoir le plus possible.

-Bien sur, je vais essayer...Ce n'est pas que je peux oublier ça mais...C'est parfois difficile d'en parler.

-Prenez tout le temps qu'il vous faudra.

-Merci.

-Mademoiselle Olsen, demanda Sam.

-Appelez-moi Alice, je vous en prie.

-Alice...Vous reste-t-il encore des choses appartenant à votre frère ici?

-Je..Je ne vois pas...

-Si nous sommes dans l'hypothèse de quelqu'un qui reproduit ce qui s'est passé, peut-être cherche-t-il un enfant ressemblant à votre frère, les mêmes intérêts, les mêmes habitudes. Si je pouvais voir ses affaires, je pourrais en savoir plus et affiner le profil des victimes.

-Je...Oui, mes parents ont voulu garder sa chambre, et quand ils sont partis vivre en Floride...je n'ai pas osé changer l'arrangement...Je vais vous accompagner, c'est celle au fond du couloir à l'étage.

-Ne vous en faites pas, mon partenaire a plus besoin de vous que moi. Je devrai pouvoir trouver. Je vous promets de tout remettre en l'état. Je sais qu'il est important de garder des lieux de mémoire pour nos proches disparus.

-Merci. Je vais rester et répondre à vos questions, donc, dit-elle en se tournant vers Dean."

Dean était impressionné par la facilité avec laquelle Sam trouvait ce genre d'histoires. Il pouvait tout avoir des gens qu'ils croisaient. Heureusement qu'il n'utilisait pas son pouvoir de persuasion à des mauvaises fins. Dean attrapa un carnet et commença à réfléchir aux questions, pendant que Sam était parti explorer la maison pour vérifier son agencement. Il fallait occuper Alice assez longtemps pour qu'elle ne se doute pas qu'il y avait quelque chose de suspect.

"Est-ce que vous étiez proches avec Thimothy?

-Oui c'était mon petit frère. J'aurai fait n'importe quoi pour lui...

-Je comprends le sentiment. L'envie de le protéger à tout prix?

-Pas seulement...Vous savez, nos parents ne s'entendaient déjà plus tellement quand ma mère est tombée enceinte. Ils ont essayé de maintenir leur couple, mais ça ne marchait pas. Je pense qu'ils se sont rendus compte qu'ils s'aimaient encore au dessus de la tombe de leur fils. Mais pendant sa vie...Ils le considéraient comme le responsable de leurs problèmes de couple. Et il ne le supportait pas. Il ne parlait pas beaucoup, avait du mal à se faire des amis. Alors quand ce professeur a commencé à se rapprocher de lui, à se comporter comme un père pour lui...Il a écouté, il s'est laissé berner...Et on a rien vu non plus.

-Vous ne pouviez rien faire. Y avait-il eu des signes avant que ça en arrive à l'enlèvement?

-Des cours du soir, des petits mots, un peu de favoritisme...Rien de suspect. C'est vraiment tombé sur nous comme un coup de tonnerre!

-Quand vous vous étiez dans cette école, y avait-il eu des comportements...déplacés?

-Non, jamais.

-Pas d'habitude de couvrir ce genre d'histoires?

-Et bien...Ce genre d'histoires, non, mais une fois, une fille de ma classe s'était fait voler toutes ses affaires. Le directeur avait fait des pieds et des mains pour convaincre les parents de ne rien dire, et tout s'était réglé en interne. Mais c'est le cas dans toutes les autres écoles, il n'y a rien de bizarre la-dedans.

-Non, bien sur. Le directeur...C'était le même homme à l'époque?

-Oui, répondit-elle en serrant les poings et la mâchoire.

-Pourquoi n'a-t-il pas été suspendu?

-Ce n'est pas à moi de prendre ce genre de décision, répondit-elle froidement. Et si c'est le genre de questions que vous comptez continuer à me poser, vous pouvez partir.

-Qui a participé aux recherches pour votre frère?

-Tout le monde! Enfin, presque.

-Qui n'y était pas?

-Je ne me souviens plus, je n'ai pas fait une liste! Je pense que ça doit être marqué dans les rapports de police de toute façon...Vous pouvez regarder là-dedans. Agent, comprenez bien que cela fait 10 ans. J'ai essayé de m'en remettre et de faire ma vie sans me retourner constamment sur mon passé. Les rapports de police de l'époque seront forcément plus précis et plus utiles que moi..."

Dean reconnaissait une façon de mettre fin à une conversation quand il en voyait une. Il s'apprêta à insister un peu quand il vit Sam revenir dans le salon.

"Merci, Alice, dit-il. Ce fut très instructif. Ne vous faites pas, tout est dans l'ordre.

-Parfait, nous venions de finir avec les questions, continua Dean en rangeant le carnet dans la poche intérieure de son costume. Merci pour votre temps, Mademoiselle Olsen.

-Je vous en prie. C'est le moins que je puisse faire."

Elle les raccompagna à la porte, leur dit au revoir de façon assez distante et attendit qu'ils se soient éloignés pour refermer la porte. Une fois dans la voiture, Dean se tourna vers Sam.

"Alors?

-Une des chambres à l'étage est le parfait petit atelier de culte pour Zoroastre. J'ai vu les symboles gravés sur sa table de nuit, figure-toi.

-Donc c'est elle?

-Ou alors un culte rarissime à deux pratiquants dans une petite ville du Midwest.

-Elle a une raison de le faire, et apparemment elle en a les moyens. Donc va falloir établir une surveillance de la maison, s'arranger qu'elle ne tue personne, et on pourra repartir.

-En théorie, c'est ça.

-Bon, je te dépose au motel et je prends la première garde.

-Comme tu veux.

-Eyh, regarder une belle rousse, c'est pas la partie la plus désagréable du job.

-Dean, on est pas là pour ça.

-Ouais mais quand même...

-C'est une sorcière, je croyais que tu détestais ça.

-Je peux faire des exceptions.

-Dean! Sérieusement!"

Se contentant d'un grognement en réponse, Dean se mit en route, il reviendrait assez vite.

"Ce sont des chasseurs, ils savent ce que tu as fait, dit un homme à Alice en entrant dans le salon. Et ils vont essayer de t'arrêter, il va falloir faire très attention...

-Ça ne change rien, répondit-elle. Quoi qu'il arrive par la suite, il meurt ce soir."