Auteur : Hinatou-chan, pourquoi ça changerait ? ;)
Disclaimer : Obligation même si tout le monde le sait, les personnages et l'univers de Naruto proviennent de l'imagination de Kishimoto Masashi-san, seuls m'appartiennent Tsubasa et Ayumu J
Notes : Le premier choix se précise… Et se finit. Quelles nouvelles épreuves va rencontrer Hinata ? Lisez déjà ce chapitre et on verra plus tard x)
3e choix : Ayumu
Choji. Je ne lui avais jamais parlé, je crois. Pendant que la jeune fille continuait son monologue, je tentai vainement de rassembler dans ma tête ce que je savais sur lui. Lorsque nous étions enfants, il avait très peu d'amis puis, sans savoir comment, Shikamaru le génie et lui s'étaient retrouvés à être toujours ensemble. Je les avais aperçus quelques fois dans les rues du village, un paquet de chips dans les mains, se diriger vers le toit d'une vieille réserve de munitions. Gentil, débonnaire, amical. Il avait fait partie de la mission sauvetage de Sasuke et était revenu entre la vie et la mort. Peu avant ça, lors de l'examen chuunin, j'avais appris qu'il s'était fait battre lamentablement mais n'avais pu le constater de mes propres yeux. Je concluais que je ne savais pas grand chose de lui lorsque la conscience m'interpella.
« Eh !
-Oui ?
-J'ai oublié de te demander ton nom.
-Euh… Je m'appelle Hinata.
-Hinata !
-Oui… tu me connais ?
-Mon moi te connaît en effet. Tu es l'héritière Hyûga et tu fais partie de la promotion de Choji. »
J'aperçus au fond de ses yeux un voile tendresse lorsqu'elle prononça ce nom. Elle semblait visiblement plus qu'amoureuse. Que faire ?
« Et toi ?
-Moi ? C'est Ayumu Aikawa. En gros, je suis mon propre chemin sur la rivière de l'amour ! Enfin, c'est du moins ce que signifie ce nom. »
Elle se mit à rire puis plaça les mains sur ses hanches et me regarda avec un air de reproche amusé.
« Bon, alors, tu vas te décider à m'aider ? Le temps presse !
-Comment ?
-Eh bien oui ! Je ne sais pas comment tu en es arrivée là, mais maintenant tu es un spécide, donc tu dois faire ce choix à ma place.
-Quel choix ?
-Tu ne m'as vraiment pas écoutée… »
Elle soupira profondément sous mon air affolé. Ainsi donc j'étais bel et bien condamnée à faire un choix ! Et, pour s'ajouter à l'horreur de cette histoire, celui d'une autre personne ! J'avais terriblement peur quant à la suite des évènements. Ayumu me fit un sourire charmant et me tendit la main.
« Ne fais pas cette tête ! Ce n'est pas comme s'il s'agissait de toi. »
C'était justement là le problème. J'étais prise entre deux murs infinis, l'un tendant vers le remord et l'autre vers la culpabilité. Comment envisager l'impossible ? Naruto l'aurait fait, seulement je n'étais pas lui… Pourquoi fallait-il que j'y pense maintenant ? Mon histoire et l'amour d'Ayumu ne pouvaient pas être les mêmes, ou plutôt ils ne devaient pas. Je soupirai profondément avant d'accepter sa main. Je n'avais absolument aucune idée de la marche à suivre mais j'avais la conviction que je ne pouvais dès à présent plus reculer.
« Alors, que dois-je faire ? »
Elle parut se raidir et afficha une expression gênée.
« Eh bien… suis-moi. »
Elle m'entraina le long d'un couloir couvert de moquette aux motifs de coquelicots géants jusqu'à une grande salle remplie de matériel électronique. Une foule de petites personnes à la peau rose bonbon, aux longs cheveux blonds et aux grands yeux bleus disproportionnés circulaient en tous sens avec un empressement de fourmis. Où me trouvais-je donc ? Nous passâmes devant une longue pièce aux murs recouverts d'étagères, courbées sous le poids d'énormes boîtes en cartons poussiéreuses, sans pour autant nous arrêter. Je crus distinguer le mot « mémoire » sur l'écriteau de la porte mais nous passions trop rapidement pour que je pus m'en assurer. Au bout de quelques minutes, nous nous arrêtâmes devant une salle dont la porte était surmontée d'un petit panneau portant cette fois-ci l'inscription « centre de la vision ». Avant que j'eus pu poser la moindre question, nous pénétrâmes dans la pièce. La salle était presque entièrement vide, seul, surplombant sur le mur du fond, un gigantesque écran noir semblait habiller les murs nus. Je vis Ayumu attraper un téléphone et se mettre à parler tout bas. Quelques instants plus tard, l'écran s'allumait dans un bruit de cils. Je vis apparaître l'image de Choji en gros plan. Qu'était-ce que cet endroit encore ? Je me tournai vers Ayumu en l'interrogeant du regard. Elle haussa les épaules avec désinvolture.
« Ne me dis pas que tu n'as pas étudié le cerveau à l'école ? Je sais que c'est une académie ninja mais quand même… Nous sommes ici dans ce qui te permet de voir -enfin, lorsque tu es humain. Tout ton toi peut y accéder en permanence tant que les yeux sont ouverts.
-Je vois… »
Elle me fixa étrangement avant de me tourner le dos pour aller appuyer sur un bouton en forme de cœur à une des extrémités de la pièce. L'écran se figea sur un Choji plongeant la main dans un sac de chips.
« Bien. Nous n'avons plus beaucoup de temps à présent, tu as peut-être pu t'en apercevoir. »
Le visage d'Ayumu se fit soudain grave et pressant.
« Hinata.
-Oui ?
-La guerre se prépare. Mon moi effectue un stage auprès du bureau de l'Hokage et sait déjà que Choji fera partie de la première escadrille. Il… il va quitter le village demain et peut-être qu'il ne reviendra jamais. »
Ses paroles sonnèrent comme une détonation. La pièce se fit soudain plus sombre et oppressante. Une fumée noire nous enveloppa peu à peu, rendant l'atmosphère irrespirable. Je sentis dans l'obscurité une main me saisir et une petite voix me supplier.
« C'est trop tard, nous avons attendu trop longtemps… Je t'en prie Hinata, dis-moi ! Dois-je me confesser à lui ? Serai-je rejetée ? Aurai-je honte ? Y arriverai-je ? La vie sera-t-elle plus heureuse ? »
Le flot de questions m'étourdit un instant mais j'avais compris ce qui déchirait la conscience d'Ayumu. À présent, c'était à moi de décider de la route à suivre. Soudain, le sol se déroba sous mes pieds et je tombai dans un gouffre sans fond. Ma main quitta peu à peu celle d'Ayumu pour se refermer sur du vide. Je commençai vraiment à en avoir marre de tomber. Tout en me disant cela, je me mis à penser, ou plutôt à réfléchir. J'étais condamnée, je le savais, à bouleverser l'avenir d'une jeune fille. Je ne comprenais toujours pas ce que tout cela m'apporterait mais j'étais convaincue que rien ne s'arrêterait tant que je n'aurais pas fait ce choix. L'image de Naruto vint se superposer au-dessus de l'abîme où je m'enfonçais. Pourquoi le voyais-je ? C'était l'histoire d'amour d'Ayumu qui était importante, pas la mienne. D'ailleurs je n'en avais même pas, cette passion, je le savais, étant à sens unique. J'aurais aimé mourir un nombre incalculable de fois tant le poids de cet amour m'étouffait mais je ne pouvais m'empêcher de le regarder et d'être éblouie par son âme. En cela, je devais comprendre ce qu'Ayumu ressentait, seulement cela ne devait pas bouleverser mon jugement.
Je ne sais pas exactement combien de temps dura la chute mais je sentis distinctement mes pieds se poser sur la terre d'un chemin de campagne, ce qui interrompit le cours de mes pensées. Je fus éblouie un instant par le soleil qui occupait la quasi-totalité du ciel et me couvris les yeux de la main. Lorsque je les rouvris, je me trouvais face à Ayumu. Sa joie de vivre semblait s'être comme évanouie. Elle ne bougea pas lorsque j'avançai à sa rencontre et conserva son regard vide vers le sol. Elle se trouvait au pied d'un immense poteau qui se dressait fièrement, divisant le sentier en deux. Je jetai un coup d'œil au premier ; il était jonché de fleurs et je pouvais distinctement entendre des rires s'échapper d'on ne sait où. Le panneau indiquait « avenir neutre ». Je considérai alors l'autre chemin, si l'on eut pu encore parler de chemin. Des ronces empêchaient le marcheur de pénétrer tout en préservant de magnifiques roses des dangers extérieurs. L'une d'elle se tourna vers moi et sembla me fixer, bien qu'elle n'eut pas d'yeux. Elle se décida finalement à m'adresser la parole.
« Qui es-tu ? Tu n'es pas la personne que nous attendons.
-Non, répondis-je presque mécaniquement, je suis là pour l'aider. »
C'était ça ! J'avais soudain compris mon rôle, la lumière ayant jailli dans mon esprit à la vitesse d'un éclair. J'étais la monture, le destrier, la perche, l'aide… j'étais ici pour choisir le chemin de la destinée d'Ayumu comme on l'avait fait tant de fois pour moi. Ce croisement de l'existence, je le reconnaissais à présent et je pouvais distinctement me figurer cette vision comme une aide pour comprendre comment je devais m'y prendre. Une certaine sérénité s'était soudain emparée de moi et je savais presque inconsciemment ce qu'il fallait faire. Je décidai de commencer pas interroger la rose.
« Dis-moi, où mène ce chemin ?
-Tu n'as pas lu l'écriteau, rétorqua vertement la rose en me montrant la seconde flèche indiquant la direction avec ses piquants, c'est vers la « déclaration » !
-Oh. Comment t'appelles-tu ?
-Je suis la rose de la fierté, on m'appelle Fière.
-Je vois Fière. Et qui sont tes sœurs ? »
Fière tourna ses piquant vers une petite rose aux couleurs pâlottes.
« Voici Timide. À ses côtés, il y a Réservée et Méfiante. Derrière moi, c'est Arrogante qui papote avec Inquiète. »
Elle continua d'énumérer des noms pendant quelques temps puis s'arrêta lorsqu'il n'y eut plus de roses. Je m'aperçus alors que chacune d'entre elles ne se trouvaient pas là par hasard.
« Qu'y a-t-il après vous ? »
Elle se tut et tourna sa tête ailleurs. Elle n'avait visiblement pas envie de me répondre. Je me haussai sur la pointe des pieds pour tenter de discerner la fin de cet interminable tapis de ronces mais je ne pus rien apercevoir. Je me dirigeai alors vers Ayumu. Elle était restée à sa place et ne semblait pas avoir bougé un cil.
« Ayumu ? »
Elle ne me répondit pas. Je réessayai, sans plus de succès, d'obtenir une réponse. Je sentis alors l'angoisse surgir du plus profond de mes entrailles. Il n'y avait personne d'autre aux alentours à part Fière et ses sœurs. Après un temps de réflexion, je me redirigeai alors vers elles.
« Fière ?
-Encore toi ?! Qu'est-ce que tu veux ?
-Euh… tu ne veux vraiment pas me dire ce qu'il y a après vous ?
-Non.
-Et il y a quoi de l'autre côté ? Je veux dire, sur l'autre chemin. »
Il me sembla entendre un soupir s'échapper de la rose. L'absurdité de la chose m'apparut alors clairement : je parlais avec une fleur ! J'avais été si secouée tout ce temps que cela ne m'avait même pas surprise. Je vacillai et m'assis par terre dans la poussière. Fière ne sembla pas noter mon soudain changement d'attitude et me dit simplement, avec une voix qui semblait sortie des profondeurs de la terre.
« Les apparences peuvent être trompeuses. »
Je la regardai comme je n'avais jamais regardé personne auparavant. Elle demeura muette. Les apparences sont trompeuses… La phrase se tourna et retourna dans ma tête un temps qui me sembla infini. Lorsque je recouvris mes esprits, je me tournai en désespoir de cause vers Ayumu, encore une fois... Et l'horreur me glaça d'effroi. La moitié inférieure de son corps s'était peu à peu désagrégée durant mon inertie psychique. Je me relevai en tremblant et me précipitai vers elle.
« Ayumu ! … Ayumu !!! Ne me laisse pas ! Que t'arrive-t-il, que dois-je faire ? Aide-moi, je t'en supplie, Ayumu ! »
Je sentis les larmes couler le long de mes joues. Je me sentais perdue et seule au milieu de cette campagne qui ne me paraissait plus du tout agréable. Que faire ? Où aller ? Je me rendis compte que la solitude m'effrayait.
« Tu n'es pas seule. »
Je sursautai violemment et me retournai vers Fière. Celle-ci n'avait pas bougé, ce n'était donc pas elle. Affolée, je fis plusieurs tours sur moi-même, seulement je ne voyais rien. Rien de ce qui pouvait être visible, du moins.
« Imbécile. Tu n'es pas seule. »
Cette voix traversa mon esprit comme un couteau acéré. Je la connaissais, je l'avais même entendu des milliers de fois : c'était moi. Loin de me rassurer, je paniquai encore plus. Que racontait-elle ? Il n'y avait que moi ici et cela me faisait peur. Terriblement peur.
« Tu n'as jamais été seule. »
Loin de s'arrêter, ma voix continuait à parler d'un ton calme et neutre. Qu'entendait-elle par ses paroles énigmatiques ? Voulait-elle dire que, s'en m'en rendre compte, j'avais toujours été entourée de mes proches, qu'ils avaient toujours veillé sur ma personne sans jamais penser à me faire du mal ou à me rabaisser ? Ou bien voulait-elle me dire de me faire confiance ?
« Et tu ne seras jamais seule. »
Parfois, il est de ces paroles toutes simples qui vous touchent en plein cœur et vous le serrent si fort que vous êtes forcés de comprendre. Je crois qu'on appelle ça un déclic. Je fus moi-même victime de ce phénomène à l'instant où j'entendis ces mots pourtant prononcés par ma propre personne. Tout fut plus clair : je n'avais plus le temps de m'apitoyer sur mon sort ou de me creuser les méninges pour trouver des réponses vaporeuses sur l'utilité de ma vie ou même pour penser à moi. Je me devais d'agir pour Ayumu, pour Fierté, pour Choji et pour un tas de choses qui m'échappaient à ce moment-là. Je me retournai vers ma « protégée » forcée. On ne voyait désormais plus que la tête. En sanglotant encore, je m'approchai d'elle et traversai son visage.
« Pardon… je vais sûrement faire le mauvais choix mais je ne peux pas laisser passer ta chance.»
Cette chance… je me sentais comme bouleversée. Une balle avait traversé mon cœur et laissé derrière elle une trainée de poudre. Tout se mêlait dans mon esprit et pourtant je ne m'étais jamais sentie aussi sûre de moi. Qui ne tente rien n'a rien. J'avais voulu me risquer avec Naruto mais cela n'avait en définitive rien donné, je n'avais pas réussi à gagner son amour, ou plutôt j'ignorais sa réponse. Tout cela était ma faute, du moins était-ce ce que je me disais. Quant à Choji, il était, de ce que j'en savais, un être gentil et doux. Au pire un chagrin d'amour attendait ma « protégée » au détour du chemin mais qu'était-ce comparé au remord de le voir partir ? Naruto avait quitté le village trois ans. Trois longues années à l'attendre impatiemment, espérant avoir la chance, avoir le temps, avoir la force de lui dire… pas une seule seconde je ne m'étais sentie véritablement en paix avec moi-même. Il n'y eut que lorsque ces mots si fragiles et si simples que sont les « je t'aime » furent prononcés que je pus me sentir libérée. On repousse toujours les moments difficiles, on s'en fait des montagnes pour finalement s'apercevoir que ce n'est rien, que même si l'on échoue rien ne changera. Et si on gagne ? Je n'en savais rien, moi qui n'avait jamais vraiment réussi quelque chose. Durant les quelques instant que durèrent ma réflexion sur l'échec de ma vie -alors que je m'étais promis de ne plus y penser !-, je fus transportée sur une chaise, pieds et poings liés. Je me trouvais de nouveau dans le centre de la vision, l'écran noir allumé en face de moi et fixé sur Choji riant aux éclats. Je mis peu de temps avant de comprendre que j'allais devoir contrôler le corps d'Ayumu. Je me levai alors avec conviction et regardai l'écran. Il fallait que je l'amène jusqu'à lui, que je lui fasse franchir les derniers pas, les dernières barrières qui entravaient ses pieds. Je devais piétiner toutes ces roses. Avec toute la force dont j'étais capable, j'arrachai mes liens et me mis à courir. Je me sentais des ailes. Le visage débonnaire de Choji se rapprocha très vite. Lorsqu'il prit toute la surface de l'écran, une force m'empoigna doucement. Je pus entendre la jolie voix fluette d'Ayumu murmurer une dernière parole ; il était visiblement déjà temps de se quitter.
« Merci, je vais le faire maintenant. Ta conviction m'a été très précieuse… le chemin est tracé grâce à toi, je n'ai plus qu'à avancer. Merci… de t'être écorchée pour moi. »
Soulagée d'être enfin libérée du poids qui pesait sur mes épaules, je souris. Pour la première fois depuis très longtemps, je sentis les traits de mon visage se détendre et esquisser un sourire naturel. Je me sentais si bien que je ne me vis même pas tomber. Encore. Le choc de la rupture de contact avec Ayumu me bouleversa alors. Moi qui n'avais fait qu'une avec elle me retrouvais dehors, coupée de son monde. Je ne me souviens pas de ma naissance, mais elle avait dû ressembler à cette douloureuse séparation qui vous déchire le cœur et vous donne envie de hurler. Lorsque je récupérai mon esprit éparpillé, j'aperçus au loin la silhouette fluette d'Ayumu et celle imposante de Choji proches l'un de l'autre. Qu'allait-il advenir de ces deux là ? Je n'en avais aucune idée, mais le simple fait de les voir côte à côte suffit à me réjouir. J'aurais aimé voir la déclaration, seulement je sentais que ce moment leur était réservé. Il ne faut jamais s'immiscer dans l'intimité d'un couple. Pendant que mon esprit s'éloignait à une vitesse ahurissante d'eux, j'espérai de toute mon âme avoir fait le bon choix. Je comptais sur la gentillesse de Choji pour assurer. Soudain, ce fut de nouveau le noir infini et la chute. Je commençais vraiment à en avoir plus que marre de tomber. C'en devenait carrément insupportable. Combien de temps encore allait durer mon voyage spirituel ? Lorsque je rouvris les yeux, je me trouvais de nouveau sur la mer de la sérénité.
« Alors ? Comment était ton premier choix ? »
Je me relevai avec difficulté et considérai Tsubasa sensei. Il se tenait appuyé contre le chêne avec indifférence. Seul son sourire surnageait gaiement sous ses yeux gris lancinants.
« J'aurais aimé avoir le temps de bien faire les choses. »
Il éclata de rire et quitta l'ombre de l'arbre pour s'approcher de moi.
« On dirait que tu as découvert l'humour acéré, c'est bien. Tu as retrouvé ta confiance en toi visiblement.
-Quelle confiance ? »
De nouveau il rit avec désinvolture.
« Bien. Désolé pour ça, mais c'est un passage obligé. Tu dois apprendre qu'un choix, même difficile, a toujours une date limite au-delà de laquelle il s'annule et où tu ne peux pas revenir en arrière. Navré. Au moins ça t'évite de trop réfléchir aux conséquences… »
Je décidai de passer outre, pressentant que la suite serait tout aussi difficile sinon plus que cette première épreuve. Mieux valait ne pas s'apitoyer encore.
« Il me reste deux choix n'est-ce pas ?
-Oui. »
Il redevint sérieux et me scruta calmement.
« Tu apprends vite.
-Nous n'avons que peu de temps.
-En effet. Ta première épreuve s'est déroulée avec succès, seulement attends toi au pire par la suite.
-Je m'en doutais déjà Tsubasa sensei…
-C'est parfait. Mais prends garde ! Tu n'es pas préparée à ce qu'il va t'advenir. Il va falloir me prouver que tu es un véritable ninja.
-Je ne suis pas un ninja. »
Je le fixai intensément, une sourde colère grondant au fond de ma gorge. Il commençait à m'énerver lui aussi, avec ses airs détachés. Il ne me prenait décidemment pas pour ce que j'étais et, pour la première fois de ma vie, cela me fit mal. Il sourit et peu à peu ses contours s'estompèrent. Je continuai à fixer son sourire avec obstination et criai lorsque le sol se déroba sous mes pieds.
« Je suis une kunoichi ! »
