Voilà mon deuxième chapitre, j'avais dit deux semaines mais j'en ai mis le double pour cause de boulot universitaire intense, je vous présente donc toutes mes excuses. Je ferais de mon mieux pour être plus rapide et efficace avec le chapitre 3.
Comme dit précédemment, on accompagne donc les Maraudeurs au cours de ce chapitre 2.
Disclaimer : rien ne m'appartient, tout est à JK Rowling (hormis quelques personnages de mon propre cru)
Bonne lecture
Chapitre 2
La tour de Gryffondor bouillonnait encore d'agitation à cette heure pourtant déjà bien avancée de la soirée. Les maraudeurs étaient confortablement installés dans les fauteuils jouxtant l'une des nombreuses cheminées de la salle commune. James et Peter jouaient aux échecs avec une concentration telle que rien ne semblait pouvoir venir les perturber. Affalé sur le ventre, Rémus était plongé dans un livre qui, au vu de la page de couverture, traitait de métamorphose humaine. Etendu sur le dos avec sa tête reposant sur un accoudoir, Sirius se contentait de faire tourner sa baguette entre ses doigts comme il l'avait vu faire par de jeunes moldues au cours de ses vacances dans le Hampshire, comté où résidaient les Potter. Son regard était perdu dans les flammes orange qui léchaient les parois en pierre de la cheminée, il effectuait ces gestes machinalement, presque sans y faire attention. Il ne pouvait s'empêcher de repenser à l'échange qu'il avait eu avec Hess quelques heures plus tôt, et c'était avec un intérêt toujours croissant qu'il tentait d'analyser jusqu'à la plus insignifiante des paroles qu'elle avait pu laisser échapper. Elle lui avait paru de plus en plus humaine au fur et à mesure qu'ils avançaient dans leurs recherches sur les métamorphomages. Il l'avait même surpris à sourire une fois, or il avait toujours cru que cette fille ne savait pas comment il fallait s'y prendre pour étirer les lèvres vers le haut. Et aussi cette façon qu'elle avait eu de tenir tête à Killwood après le cours de Runes ! Sans le laisser paraître il avait été impressionné. C'était à se demander qui était le vrai leader chez ces tordus, cela avait plu à Sirius de constater que finalement ces maudits Serpentards n'étaient peut être pas aussi soudés qu'ils le laissaient croire. Et pourtant malgré tout le bien qui pourrait être retiré de cette information, ce n'était pas ça qui occupait le plus son esprit. Non. Car inexplicablement il ressentait cette impression fugitive et angoissante que Zeldia Hess savait aussi comment verser des larmes. Qui se serait avancé à dire que cette fille, qui depuis sept ans arborait un masque d'indifférence et de froideur, avait déjà senti le goût salé des larmes sur ses lèvres ? Alors qu'il se demandait encore s'il n'avait pas tout simplement imaginé des diamants dans les yeux de la Serpentarde, Randa choisit cet instant précis pour lui envoyer une boulette de parchemin à la figure. Surpris il en lâcha sa baguette dont l'une des extrémités vint frapper son sourcil gauche grillant ainsi quelques poils au passage. Non loin de là, trois filles assises à une table ronde surchargée de grimoires et de rouleaux de parchemins, éclatèrent de rire à la vue de son air ahuri. Cette brusque explosion de joie attira l'attention de Rémus qui jeta un coup d'œil curieux par-dessus son livre, James et Peter relevèrent momentanément la tête de leur plateau de jeu. Ils n'étaient donc pas si imperturbables que ça, pensa distraitement Sirius.
- Dis Black, on se demandait qui pouvait bien être l'heureuse élue ? Tu sais pour le bal d'Halloween ? On est déjà au courant que Peter y va avec cette petite sotte de Mina (Hé ! se récria l'intéressé), Rémus avec Mély et James, au prix de mains efforts, a réussi à convaincre Lily, mais toi tu as invité qui ?
Miranda Hope le fixait avec des yeux brillants de curiosité, Lily était penchée sur un devoir mais il était évident qu'elle ne perdait pas une miette de la conversation, Mélissandre pour sa part les observait tour à tour avec amusement. Sirius eut une sorte de grognement en sentant sous ses doigts les poils frisés de son sourcil. Il lança un regard mauvais à lesdite Randa, laquelle ne semblait nullement impressionnée par son air irrité. Il faut dire qu'avec un sourcil dans cet état il devait avoir l'air passablement ridicule.
- Je n'ai pas encore arrêté mon choix, lâcha-t-il conscient que la curieuse n'en démordrait pas s'il essayait d'éviter la question.
Les trois filles, même Lily, ne tentèrent pas de cacher leur étonnement.
- Pas encore ? Répéta Mély. Tu sais que le bal a lieu dans cinq jours ?
- Que voulez-vous aucune n'est assez bien pour lui, se moqua James avec un sourire taquin.
Sirius entreprit de lui balancer la boulette de parchemin mais rata sa cible qui s'esquiva sans la moindre difficulté.
- Oui je sais qu'il me reste peu de temps, mais en réalité je ne sais pas vraiment à qui lancer l'invitation, soupira-t-il en prenant un air faussement blasé.
James et Rémus échangèrent un sourire, du genre de ceux qui font comprendre aux autres personnes en présence qu'elles manquent quelque chose. Miranda le perçut tout de suite, tandis que Lily et Mély s'appliquer à fixer Black d'un air incertain, incapables de dire franchement si le garçon plaisantait ou s'il croyait dur comme fer à ce qu'il venait de dire. Pour leur défense, Sirius en devenait parfois insupportable de prétention lorsqu'il s'agissait des filles.
- Tu vas peut être avoir du mal à en trouver une qui te plaise encore, déclara Mélissandre avec prudence et délicatesse.
- Ils nous cachent un truc, affirma Randa d'un ton soupçonneux en les dévisageant tour à tour avec minutie.
- Je suis sure que c'est encore un de leurs paris stupides, devina Lily.
James cessa immédiatement de glousser lorsqu'elle le regarda d'un air sévère. Même au bout de tant d'années, Sirius trouvait toujours cela incroyable cette faculté que possédait son meilleur ami de se transformer en parfait crétin dès qu'Evans le fixait d'une façon un peu trop perçante. Chaque fois que cette fille entrait dans une pièce où il se trouvait déjà, James changeait radicalement de comportement, comme s'il prenait garde à ne pas la décevoir par ses gestes ou ses paroles. Le fait que Lily ait accepté de l'accompagner au bal d'Halloween n'avait fait que renforcer les choses.
- C'était uniquement pour s'amuser, balbutia-t-il d'un ton d'excuse en jetant des coups d'œil en direction des trois autres maraudeurs, il cherchait visiblement du soutien de ce côté-là.
Remus et Peter hochèrent la tête avec conviction, et tandis que Sirius reprenait sa position initiale avec sa tête sur l'accoudoir, Remus enchaîna,
- On voulait lui compliquer un peu les choses, expliqua-t-il de sa voix douce et convaincante. Vous savez bien que jusqu'ici peu de filles lui ont résisté…
- Sauf cette Agathe de Serdaigle, je m'en souviens comme si c'était hier quand elle…, le coupa Miranda d'un ton animé.
Sirius grogna suffisamment fort pour l'interrompre à son tour, et bien qu'elle accepta de ne pas poursuivre dans sa lancée elle afficha un petit sourire narquois extrêmement exaspérant de l'avis du garçon.
- Et donc, dit Peter, à partir de demain il aura notre feu vert pour se trouver une cavalière. Comme tu l'as rappelé Mély il lui reste cinq jours.
- Je ne vois pas en quoi c'est un défi, s'étonna Lily. Il doit bien rester quelques filles qui sont encore libres, et même si ce n'était pas le cas il peut toujours demander à une quatrième ou une troisième année.
- Troisième année ?! S'offusqua Sirius en se redressant pour la regarder avec des yeux ronds. Est-ce que vous pensez sincèrement que je pourrais sortir avec une fille qui aurait un tel écart d'âge avec moi ?
- Pas un si gros écart, tempéra Mély. Mais non probablement pas, ajouta-t-elle avec empressement en le voyant ouvrir la bouche pour protester.
- De toute façon il y'a quelques règles à respecter dans ce défi, fit remarquer James. Tout d'abord la demoiselle à inviter doit au moins être en cinquième année.
- Les ex sont exclues, poursuivit Peter.
- Pourquoi ça ? Demanda Miranda.
- Ce serait trop facile car certaines sont restées de bonnes amies de Sirius.
- Il ne doit pas non plus soudoyer une fille pour qu'elle accepte de l'accompagner, précisa Rémus.
- Comme s'il en avait besoin, s'esclaffa Mélissandre.
Sirius lui adressa un petit sourire plein de reconnaissance, elle avait totalement raison, cette partie du pari était parfaitement stupide. Aucune fille n'avait jamais refusé de sortir avec lui. Bon pour être tout à fait sincère il y'avait bien eu cette Agathe de Serdaigle qui…mais peu importe une fille ou une autre, elles étaient interchangeables de toute façon.
- Le plus intéressant en réalité, dit James, c'est que la fille avec laquelle il envisageait de s'y rendre au départ lui a fait les yeux doux pendant trois semaines puis a finalement décidé d'y aller avec quelqu'un d'autre.
- Tu comptes quand même lui demander ? S'enquit Miranda, le visage fermé à présent.
Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez elle ? Elle n'avait peut être pas encore de cavalier pour le bal et comptait sur lui pour l'inviter ? Toutes ces questions étaient-elles un moyen de tâter le terrain sur ses intentions à lui ? Si tel était le cas, elle serait déçue, il était hors de question qu'il l'invite à cette soirée.
- Evidemment, répliqua-t-il avec une touche d'arrogance dans la voix.
Puis il se leva, et après un petit signe de tête pour ses amis, il souhaita bonne nuit aux filles et monta dans son dortoir. Ils avaient des projets pour la soirée, entre autres choses le peaufinage de la carte du maraudeur. Elle ne serait jamais complète car Poudlard recélait de couloirs et de salles secrètes mais ils étaient assez fiers de ce qu'ils avaient accompli. Elle leur permettait de surveiller certains Serpentards et ainsi de les surprendre lorsque ces derniers s'y attendaient le moins.
Il s'étendit sur son lit pour reprendre tranquillement ses réflexions là où il les avait laissées lorsque Miranda l'avait dérangé. Mais il n'eut guère le temps d'approfondir plus avant le cas de Hess car à peine quelques secondes plus tard, les trois autres maraudeurs pénétrèrent à leur tour dans le dortoir. James balança son jeu d'échecs dans la malle au pied de son lit faisant ainsi hurler les pièces, il lui faudrait à nouveau des heures pour toutes les rassembler la prochaine fois qu'il aurait envie d'y jouer. Sirius leva les yeux au ciel en retenant un petit rire. Son ami ne changerait jamais.
- La salle commune est quasiment vide, dit Rémus en posant délicatement son livre sur sa table de chevet. Les filles sont montées se coucher. Je propose qu'on attende encore quelques minutes avant de sortir.
- Pourquoi ? Demanda stupidement Peter.
- Tu sais bien que Rémus est préfet Pete, combien de fois faudra-t-il te rappeler qu'il est là pour montrer l'exemple, répondit Sirius exaspéré.
- Tu es d'une humeur de chien, fit remarquer James dans un rire avant de se jeter sur son lit.
- J'aurais préféré que cette histoire de pari reste entre nous, expliqua Sirius. Désormais Randa sait pourquoi je n'ai toujours pas choisi de cavalière et elle va se remettre à me suivre à la trace.
- Pourquoi ne l'invites-tu pas ? Questionna Rémus d'un ton prudent.
- Je croyais qu'on avait dit pas les « ex ».
- Oui enfin je ne pense pas qu'on puisse la compter comme une de tes ex, intervint James. Après tout tu n'es sorti avec elle que durant quelques heures.
- Hum, vu la tête qu'elle faisait lorsque Peter a énoncé cette règle, il est certain qu'elle se considère comme une de tes conquêtes, déclara Rémus tout en manipulant la carte du maraudeur.
- Bon c'est plutôt une bonne nouvelle dans ce cas, songea Sirius à voix haute. Elle me laissera en paix.
Il bondit de son lit avec souplesse et vint se poster devant son ami lycanthrope pour jeter un coup d'œil à la carte du maraudeur,
- Je propose qu'on affine cette partie, dit Remus penché lui aussi sur l'étrange feuille manuscrite, son doigt parcourant une zone un peu floue de la carte.
- C'est bizarre, lâcha Peter qui s'était approché à son tour.
- Qu'est-ce qui est bizarre Pettigrow ? S'enquit James en étouffant un bâillement.
- Ces quatre points là, répondit le garçon en pointant du doigt un couloir du deuxième étage.
L'immobilité et le silence de ses trois amis intrigua James, à tel point qu'il se hâta de venir voir par lui-même ce qui leur paraissait si étrange.
- Effectivement ils n'ont rien à faire là, murmura finalement Sirius en fixant toujours des yeux les quatre petits noms en mouvement. Qu'est-ce que cela peut bien signifier ?
Il interrogea les autres du regard mais ni James ni Remus ne semblaient en mesure d'apporter une explication sensée à cette situation.
- Peut-être que la carte se trompe, tenta Peter, un peu hésitant.
- Impossible, répondit James catégorique. Nous avons vérifié les sortilèges maintes et maintes fois, elle ne nous a jamais fait faux bond. Je lui fais entièrement confiance.
- Il n'existe qu'un seul moyen de le vérifier. Allons voir cela de plus près, suggéra Remus.
- La salle commune ne s'est pas encore entièrement vidée. Donc je pars en éclaireur avec ma cape et vous me rejoignez ensuite dès que la voie sera libre, proposa James en farfouillant déjà dans sa malle pour récupérer le précieux vêtement.
- Comment sauras-tu où les trouver sans la carte ? S'étonna Remus.
- Ils se rendent chez Dumbledore, lui répondit James sur le ton de l'évidence.
- Chez Dumbledore ? Répéta Peter.
Sirius s'empara de la carte pour vérifier ce qu'il soupçonnait lui aussi depuis le début. Une réunion secrète ? Dans quel but ? Il existait bien une réponse… cependant cela paraissait tellement fou. Pourtant en y réfléchissant bien, ce n'était peut être pas si invraisemblable que ça. Sirius n'aurait jamais osé croire en cette possibilité, et pourtant plus il se triturait les méninges, plus cette éventualité lui paraissait envisageable. Dans le cas contraire que viendraient faire ici et à une heure aussi tardive d'anciens étudiants de Poudlard ? En outre, ils savaient tous à quel point était forte la volonté de Dumbledore à défaire celui qui s'était lui-même octroyé le substantif de «Voldemort ». Celui-là même que ses parents louaient à longueur de temps. Machinalement il serra les poings froissant légèrement les bords de la carte. Attentif, Remus la lui retira prudemment des mains.
- Je viens avec toi, affirma-t-il à James d'un ton qui ne souffrait aucune réplique.
James acquiesça et tous deux se glissèrent adroitement sous la cape d'invisibilité.
Cela faisait bien deux heures qu'ils poireautaient tous les quatre, cachés dans une salle de classe à proximité du bureau de Dumbledore. Jetant de fréquents coups d'œil à la carte du maraudeur, ils guettaient la sortie inévitable de leurs anciens camarades. Trois garçons et une fille qu'ils connaissaient très bien. Et qu'ils avaient bien l'intention de cuisiner pour connaitre la raison de leur présence au château. Plusieurs fois, ils avaient eu de faux espoirs lorsque l'une des petites silhouettes se mettait brusquement à faire les cent pas dans la pièce ronde. Cette réunion pouvait très bien durer toute la nuit, pour ce qu'ils en savaient.
- Tu devrais aller dormir un peu Remus, suggéra James. Tu es éreinté, inutile de le nier.
- Pas plus que vous, rétorqua le jeune garçon sans faire mine de se lever pour regagner la tour de Gryffondor.
Sirius échangea un coup d'œil entendu avec James.
- Cornedrue a raison, et je te rappelle quand même que nous avons dormi la nuit dernière contrairement à toi.
- De toute manière je crois bien qu'on sera tous endormi avant qu'ils daignent enfin montrer le bout de leur nez, marmonna Peter en baillant sans retenue.
Remus semblait indécis et peut être aurait-il consenti à aller se coucher si à cet instant précis James n'avait pas poussé un petit cri.
- Ils bougent tous ! S'écria-t-il.
- Ils se dirigent vers la sortie ? S'enquit Sirius en se précipitant vers lui.
- Par Merlin !!! Non ! s'exclama James. Ils disparaissent !
Les autres furent sur lui en moins d'une seconde et ils n'eurent que le temps de voir disparaitre le dernier individu. Le bureau ne comportait plus qu'une seul petit point, ce dernier resta immobile quelques instants (peut être Dumbledore regardait-il par la fenêtre ?) puis il prit la direction de ses appartements privés.
- Comment ont-ils fait pour transplaner ? S'enquit Remus, surpris et indigné à la fois. C'est noté noir sur blanc dans « L'histoire de Poudlard », il est impossible de transplaner dans l'enceinte même du château.
- Dumbledore a peut être levé les protections pendant quelques minutes, suggéra James.
- Rien que pour permettre à quelques élèves de sortir sans se faire remarquer ? Interrogea Sirius avec scepticisme. Je n'y crois pas. Il ne ferait pas courir un tel danger à autant de monde juste pour quelques personnes.
- Peut être des portoloins ? Proposa timidement Peter.
Bien malgré eux, les trois autres le dévisagèrent d'une manière quelque peu insultante. A leur décharge, c'était tellement inhabituel que Pettigrow mette le doigt sur la solution que leur surprise était tout à fait justifiée. En temps normal, le garçon se contentait de les écouter et d'acquiescer selon qu'il était d'accord ou non avec leurs propositions.
- Tu as certainement raison, reconnut Sirius en reportant son attention sur la carte.
Après un dernier coup d'œil, il la plia et la glissa dans sa poche.
- Bon nous n'avons plus rien à faire ici, et il est trop tard pour marauder, le mieux c'est encore d'aller rejoindre nos lits.
Sirius dormit mal cette nuit là, trop de questions restées en suspens qui revenaient le tarauder à intervalles réguliers. Au matin, c'est à peine s'il se rappelait qu'il était enfin autorisé à inviter la fille de son choix pour le bal d'Halloween. En temps normal, il adorait pourtant ce genre d'activité. Mais bizarrement il avait la tête ailleurs, à tel point qu'il se demandait s'il ne couvait pas quelque chose. Il s'était levé tôt, ses amis dormaient encore et c'est donc seul qu'il descendit prendre son petit déjeuné dans la Grande Salle. Avec un peu de chance la fille qu'il voulait inviter à la soirée de samedi serait déjà là et il pourrait régler cette affaire dans la foulée. Tout à ses pensées, il ne vit pas l'ombre qui le suivait depuis qu'il avait quitté la tour de Gryffondor. Ce n'est qu'au détour d'un couloir qu'il se rendit compte qu'il n'était pas seul, lorsqu'il sentit la pointe d'une baguette au creux de ses reins. Il fit immédiatement volte-face et se retrouva nez-à-nez avec Casper Killwood. L'autre le fixait de son regard glacial, ses yeux bleutés semblables à deux glaçons. Il était rarement arrivé à Sirius de croiser individu plus susceptible de vous geler sur place mais il lui fallait bien reconnaitre que ce type était vraiment doué. Néanmoins Sirius ne faisait pas non plus parti de ceux qui se laissaient facilement intimidés par ce malade. Non. Car lui aussi savait manier l'arrogance et le mépris avec précision, il avait des années de pratique à son actif. Aussi, c'est d'un ton chargé de sarcasme et d'insolence qu'il interrogea le blond.
- Que me vaux ton escorte de si bon matin ? C'est ta copine Hess qui t'envoies ?
Killwood tressaillit presque imperceptiblement sans perdre toutefois de son regard tranchant. Lentement, la baguette du garçon vint se placer sur la carotide de Sirius qui n'appréciait guère une telle proximité avec l'arme de son ennemi. Il n'aurait jamais le temps de sortir la sienne, à moins qu'il ne balance un bon coup de pied dans les tibias du Serpentard. Jouable.
- Ecoutes-moi bien Black, chuchota Killwood d'une voix menaçante. J'ignore ce que tu as raconté à Zeldia, mais je te conseille de tenir ta langue désormais ou tu pourrais amèrement le regretter.
C'était donc ça. Elle était allée pleurer dans ses robes, elle lui avait même certainement relaté toute leur conversation de la veille. Et dire qu'il s'était inquiété pour elle. Quoique « inquiéter » était un bien grand mot, disons plutôt qu'il s'était posé des questions à son sujet. Qu'il s'était même dit qu'elle était peut être vraiment en détresse. Et elle était allée se plaindre à cet imbécile.
Il secoua légèrement la tête, incrédule. C'était de sa faute, et uniquement la sienne s'il en était venu à négliger cette règle pourtant simple qui veut qu'un Serpentard ne reste jamais rien de moins qu'un Serpentard. Bon au moins il était fixé sur le cas de Hess, elle ne faisait pas exception à la règle.
- Je ne lui ai rien dit d'autre que ce qu'elle ne sait déjà, répliqua-t-il en jetant un coup d'œil derrière Killwood.
Encore heureux qu'il soit venu seul, Sirius n'était vraiment pas d'humeur à se battre. Son ventre gargouillait et il était maintenant pressé de se trouver une cavalière. Bon, se débarrasser de ce crétin tout d'abord.
- Qu'est-ce que tu lui as dit exactement ? S'enquit justement le crétin sans le quitter des yeux.
Il ne clignait donc jamais des paupières ce type? Qu'est-ce qu'il lui demandait ? Ce qu'il avait raconté à Hess ? Quoi ? Craignait-il qu'elle lui ait caché un détail de la conversation ?
- Bon écoutes, ça m'ennuie profondément que tu viennes me harceler pour trois malheureuses paroles échangées mais si ça peut te rassurer je la déteste et lorsque je serai de nouveau en sa présence je m'appliquerai à ne pas dire un seul mot qui sorte du cadre de nos recherches, ça te va ?
Killwood n'abaissa pas sa baguette tout de suite, il se contenta de scruter Sirius comme pour s'assurer qu'il disait vrai.
- Elle verse encore une larme et tu te repentiras d'être né, lâcha-t-il avant de tourner les talons et de s'éloigner rapidement.
Oui, c'est ça, va-t-en pauvre type, pensa Sirius en reprenant sa route vers la Grande Salle. Bon au moins il ne lui avait pas lancé de sort. Quoiqu'il était plutôt difficile de le savoir, Killwood était bon en sorts informulés. Enfin c'était inutile de s'appesantir là-dessus, si effectivement il venait de faire l'objet d'un sortilège, cela lui fournirait une bonne raison de se venger. Il sourit légèrement à cette idée. Mais quelques secondes plus tard, alors qu'il descendait l'escalier de marbre, de nouveau son esprit dériva furtivement vers Hess. Elle avait pleuré, il n'avait pas rêvé. Une fois de plus, il se repassa mentalement le film de leur échange, s'attachant à retranscrire jusqu'à la dernière syllabe prononcée. Elle s'était braquée quand il avait évoqué Casper Killwood et une vie de rêves à ses côtés. Se pouvait-il qu'elle rêvasse d'autre chose ? Une fille comme elle avait-elle seulement des aspirations ? Ne suivait-elle pas aveuglément les ordres qu'on lui dictait ? Son éducation avait inévitablement du l'y préparer, après tout elle descendait d'une lignée de sang-purs particulièrement réputés pour leur cruauté. Sans y prendre garde Sirius avait pénétré dans la Grande Salle et s'était assis à la table des Gryffondors. Il emplit copieusement son assiette et décida de chasser Hess de ses pensées, elle n'en valait pas la peine de toute façon.
Un coup d'œil aux quelques Pousouffles présents dans l'immense pièce lui confirma que sa dulcinée était déjà passée par là ou qu'elle profitait encore de quelques minutes de sommeil. Il lui faudrait l'intercepter plus tard, il tenta donc de se remémorer l'emploi du temps de la jeune fille, celui-là même qu'il avait appris par cœur quelques semaines auparavant. Kara Livingston était en sixième année et appartenait à la maison des blaireaux, bien que selon Sirius elle était à des années lumières de ressembler à un blaireau. C'était une véritable poupée avec ses cheveux blonds dorés cascadant jusque sa taille, sa peau diaphane et ses traits si particulièrement fins qu'ils semblaient parfois irréels. Personne ne pouvait rester indifférent devant autant d'éclat et quiconque la rencontrait pour la première fois se laissait emporter à la seconde même où il croisait son regard violine. Et dire qu'elle lui avait manifesté de l'intérêt et qu'il avait du faire semblant de ne pas éprouver d'attirance pour elle ! Ses amis étaient vraiment de parfaits crétins, car il y avait fort à parier que son comportement l'eut profondément offensée. Elle ne lui avait plus adressé un regard depuis près d'une semaine, il allait devoir se montrer extrêmement convaincant pour évincer le partenaire de la blondinette. Surtout que depuis qu'elle avait jeté son dévolu sur lui, ce dernier semblait constamment pendu à ses basques.
Alors qu'il finissait de petit déjeuner, ses amis le rejoignirent, ils arboraient tous trois d'immenses sourires qui ne trompèrent pas Sirius sur ce qu'ils avaient présentement à l'esprit. Il décida de les ignorer avec soin, et s'entêta à détailler les deux personnes qu'il détestait le plus au monde et qui venaient précisément de s'asseoir à la table des Serpentards, accompagnés de quelques autres. Servilus n'était pas très bavard comme à son habitude hormis avec ce criminel de Mulciber qui était assis juste en face de lui, il mangeait son porridge à petites bouchées tout en jetant à intervalles réguliers des regards furtifs en direction de Lily Evans.
Pathétique.
Tout en Rogue respirait la perfidie. Sirius le haïssait presqu'autant que Bellatrix, ce qui n'était pas peu dire quand on savait qu'il n'avait jamais plus honte d'appartenir à la famille Black que lorsque l'on venait lui conter les méfaits de son abominable cousine. Cette dernière fixait justement Killwood avec une telle intensité qu'on avait l'impression qu'elle buvait ses paroles, et à l'expression qu'elle affichait ça devait probablement se rapprocher d'un grand nectar. Elle et Rogue étaient vraiment des erreurs de la nature.
Et puis il oublia momentanément Servilus et la détraquée pour se concentrer sur Hess qui venait de franchir la porte de la Grande Salle. Son teint était encore plus pâle que d'ordinaire, d'une blancheur de craie avec des cernes mauves sous les yeux, on aurait pu penser qu'elle était malade. Mais malgré ses airs blafards, son allure n'en restait pas moins altière. Difficile de l'égaler sur ce point, même Sirius le reconnaissait en son for intérieur, cette fille-là était certainement sortie du ventre de sa mère avec une infinie élégance. Elle tourna le regard vers lui durant une fraction de seconde, et il n'eut que le temps de saisir l'éclair bleu de ses yeux avant qu'elle ne détourne la tête à nouveau. Elle était définitivement étrange. Et à dire vrai, il n'était pas particulièrement ravi à la pensée de la retrouver dans la soirée pour travailler.
- Hé, le séducteur né, regardes qui vient d'entrer? Lui balança James en le faisant sursauter.
Légèrement désorienté, il tourna la tête vers les doubles portes qui permettaient l'accès à la Grande Salle. Kara Livingston venait de pénétrer dans la place entourée de sa traditionnelle bande d'amies, auquel venait s'ajouter depuis quelques jours Mark Austin. Il se collait littéralement à elle, instinctivement Sirius fit une grimace.
- Tu comptes l'attirer dans un coin ? S'enquit Remus avec une curiosité non feinte.
- Je n'ai pas trente six solutions, acquiesça-t-il ragaillardi à la pensée du défi imminent qui l'attendait.
Un quart d'heure plus tard, les maraudeurs quittèrent la Grande Salle pour rallier leur classe de Défense Contre les Forces du Mal. Sirius eut alors une espèce d'illumination.
- Si je me souviens bien, elle a métamorphose à cette heure-ci, gardez moi une place, s'écria-t-il frénétique en se faufilant avec agilité vers la sortie.
A force de raccourcis, il rejoignit le département de métamorphose en un temps record.
Elle était là.
Il ralentit l'allure, reprenant son souffle et vérifiant discrètement que ses cheveux tombaient correctement. Tout semblait en ordre. Accrochant un sourire ravageur à ses lèvres, il se dirigea vers elle d'une démarche féline. Elle dut sentir ce qui se préparait car d'un petit mouvement de la main elle écarta une de ses amies pour mieux voir. Sirius songea un instant qu'il serait extrêmement amusant d'inviter une des filles qui l'entouraient juste pour observer sa réaction, mais il abandonna bien vite cette idée lorsqu'il croisa son regard violet. Elle ne souriait pas, mais malgré tout il percevait une curiosité certaine dans son maintien et ses traits légèrement tendus vers lui.
- Kara, je peux te parler un instant en privé ? Quémanda-t-il d'une voix aux accents de velours.
Ses amies se mirent à glousser toutes en même temps. Une vraie basse cours, se figura Sirius tout en gardant son sourire intact. Le visage de la jeune fille se contracta durant une seconde et ses yeux s'assombrirent, puis elle jeta un coup d'œil autour d'elle et opina finalement à son intention. Il lui prit gentiment la main et l'entraîna un peu plus loin dans le couloir à l'abri des oreilles indiscrètes.
- Que veux-tu Black ? Demanda-t-elle d'un ton un peu sec en récupérant sa main.
- J'aimerais que tu m'accompagnes au bal d'Halloween, répondit-il avec une franchise désarmante.
Inutile de tourner des heures autour du pot, il aimait dire les choses directement et avec sincérité. Il lut la surprise dans ses yeux, mais très vite ce dernier sentiment laissa place à la méfiance. Rien que de plus légitime.
- Tu te moques de moi ? S'insurgea-t-elle.
Sirius ne put alors s'empêcher de la trouver encore plus exquise, la colère lui seyait merveilleusement bien, et il dut faire de sérieux efforts pour garder ses esprits. C'est dire qu'elle ne lui facilitait pas la tâche !
- Bien sur que non…, tenta-t-il.
- C'est très réussi pourtant, répliqua-t-elle aussitôt.
Elle l'examina pendant un moment, puis reprit la parole,
- J'ai déjà un cavalier, tu le sais très bien.
- Quoi ce mou d'Austin ? Tu n'envisages pas sérieusement d'y aller avec lui ? S'indigna Sirius en arborant une expression horrifiée qu'il espérait convaincante.
Kara sembla moins sure d'elle tout à coup mais elle résista encore un peu pour la forme.
- Ca ne se fait pas, je lui ai dit oui, se plaignit-elle en baissant la tête et se tordant un peu les mains.
Sirius resta immobile, il savait la partie déjà gagnée. Et il ne fut pas très surpris de la voir sourire timidement lorsqu'elle se décida enfin à le regarder.
- J'ai une condition, lâcha-t-elle avec un petit air de conspiratrice. Si je te dis oui tu te charges de prévenir Austin, je n'ai pas le courage de le faire moi-même.
La bravoure ne faisait pas parti de son caractère, il le savait déjà, ce n'était pas pour rien qu'elle n'était pas à Gryffondor. Mais Sirius s'en moquait, il possédait assez de témérité pour deux, alors si c'était la seule chose qu'elle exigeait de lui pour l'accompagner à ce satané bal, il s'occuperait d'Austin.
- Très bien j'en fais mon affaire, agréa-t-il avec un clin d'œil.
Il fut récompensé par un sourire rayonnant et tandis qu'il commençait à partir, elle s'enhardit jusqu'à lui faire une bise sur la joue. Ses lèvres étaient si douces ! Il s'interdit de penser au goût qu'elles pouvaient avoir et se contenta de lui rendre son baiser. Rougissante, elle lui fit un petit signe de la main et se hâta de rejoindre ses amies toujours sujettes aux gloussements.
Sirius fut d'excellente humeur toute la journée, riant aux plaisanteries de ses amis, participant activement aux cours, et il souriait encore lorsqu'il franchit la porte de la bibliothèque à 17h. Hess allait croire qu'il était heureux de la voir. Mais comme la veille, il arriva le premier.
L'endroit était quasiment désert, il s'installa à la même table que le jour précédent et tandis qu'il s'évertuait à sortir ses affaires, Zeldia Hess surgit de nulle part. Avec une telle soudaineté qu'il faillit en sortir sa baguette pour se défendre contre cette apparition. Elle hocha la tête à son intention et prit place sur la chaise voisine de la sienne. Tiens il y'avait du changement, apparemment elle avait décidé de se rapprocher de lui. Il décida de mettre les choses à plat d'entrée.
- Ton copain est venu me trouver… à ta demande je suppose, alors dorénavant si ça ne t'ennuies pas je préférerais que tu viennes me dire les choses par toi-même.
Hess le regarda comme s'il venait de l'insulter dans une autre langue. Elle avait bien du aller se plaindre à Killwood, non ? Il lui avait clairement spécifié qu'elle ne devait plus pleurer par sa faute. Pourtant Sirius commença à douter fortement des conclusions auxquelles il était parvenu lorsqu'il vit les yeux bleus de Hess s'assombrirent dangereusement. Elle blêmit encore davantage, ce qui déjà ne présageait rien de bon mais plus encore ses traits se durcirent et elle agrippa la table comme si elle empêchait une force invisible de jaillir hors de son corps. Elle était très en colère, vraiment très très en colère, il le voyait à son expression. Mais curieusement, il avait aussi le sentiment que sa fureur n'était pas directement dirigée contre lui.
- Comment oses-tu croire, ne serait-ce qu'un instant, que c'est moi qui te l'ai envoyé ! Fulmina-t-elle en le fusillant du regard. C'est insultant !
- Mais tu as pleuré, répliqua-t-il sans le moindre tact. J'étais sensé croire quoi ?
- Tu m'as dit toi-même hier que tu ne tirais pas de conclusions hâtives sur les gens, visiblement tu racontes n'importe quoi !
Elle était debout à présent, se maitrisant à grande peine pour ne pas lui bondir dessus. Son regard était si tranchant qu'il était certain d'une chose ; si on avait pu tuer avec les yeux il serait mort sur le champ. Se sentant dominé et mal à l'aise, il se leva à son tour pour se planter devant elle.
- Je t'ai dit la vérité hier, rien de plus. Et si elle ne te convient pas, ce n'est à moi qu'il faut t'en prendre, asséna-t-il.
Elle le dévisagea durant de longues secondes. Sirius vit la colère de la jeune fille se transformait en quelque chose de plus dure encore, une profonde hostilité.
- Je te déteste Sirius Black ! Oh si tu savais à quel point je te maudis ! Cracha-t-elle avec passion.
Ses paroles le touchèrent plus qu'il n'aurait su le dire. Bien sûr bon nombre de personnes le haïssait et pour être tout à fait honnête, il n'y accordait pas grande importance car lui-même éprouvait des sentiments très extrêmes à l'égard de ces individus, mais jamais il n'avait eu l'impression que cette fille pouvait avoir une telle aversion pour lui. Elle s'était montrée plutôt aimable depuis le moment où MacGonagall les avait réparti en binôme, allant même jusqu'à prendre les devants pour qu'ils se retrouvent à la bibliothèque. Il avait été surpris, oui c'était bien le mot « surpris » par ses efforts de conciliation. Elle était incroyablement douée pour dissimuler ses émotions, il ne voyait que cette option pour expliquer son excès soudain de violence.
- Inutile qu'on continue ainsi, dit-il d'un ton glacial. Je ne t'aime pas non plus et c'était folie de penser qu'on arriverait à quelque chose. Je pensais être capable de tenir plus qu'un jour, manifestement c'est impossible. Je travaille de mon côté, tu fais de même du tien, ce n'est plus mon problème.
Il crut déceler une petite lueur au fond de ses prunelles devenues presque noires sous l'effet de la fureur mais il ne s'y attarda pas, comme il venait de le dire ça ne le concernait plus.
Sur ce, il rassembla ses affaires et sans plus lui dispenser un regard, il quitta la bibliothèque.
En espérant que ça vous ait plu, n'hésitez pas à me laisser votre avis ^^
