Bon, chapitre 3 qui arrive.
Le principe de mon rythme de parution, c'est que je tente de garder trois chapitres d'avance pour me laisser un peu de marge.
J'ai été heureuse de lire toutes ces reviews et je remercie tout particulièrement Luna, K3lly-y, jf-lm, Virus-eXtra-Dark, alexfr36 et XXxShiro-NekoxXX pour leurs encouragements et leurs reviews.
.Disclaimer : One Piece ne m'appartient pas et je ne touche aucun droit sur cette histoire?
Dragon reposa l'écouteur et se tourna vers son épouse et la regarda : la jeune femme épuisée était allongée sur son lit et elle était visiblement intransportable : elle était en plein travail et ses contractions devenaient de plus en plus nombreuses et violentes. Le bébé avait des difficultés à sortir et l'accouchement risquait d'être fatal à la mère comme à l'enfant. Et maintenant, voilà qu'il apprenait qu'ils étaient sur la liste noire du Gouvernement et que les assassins de la Marine étaient sans doute déjà sur l'île. La situation ne pouvait être pire.
Dragon se précipita vers la fenêtre donnant sur la mer et regarda attentivement : au loin, il distinguait un navire, sans doute de la marine, ce qui vérifiait les dires de son père. De toute façon, à partir du moment où Garp reconnaissait que son fils avait raison, c'est que l'affaire était grave. Monkey D Dragon se saisit de ses armes et sortit aussitôt de la petite maison où il vivait depuis un an en toute discrétion et scruta le sentier qui conduisait à un minuscule village. Son refuge était difficile d'accès pour le commun des mortels, mais pour des marines entrainés et des gradés, ce n'était qu'une question de minutes avant qu'ils n'arrivent. Il percevait maintenant comme une agitation dans le bourg, signe que ceux qui le menaçaient n'allaient pas tarder à arriver.
Puis il les vit et il jura entre ses dents serrées: ce n'était pas une ou deux dizaines de Marines des bases de marine locales, mais plus de deux cents hommes qui avaient été envoyés pour l'éliminer. Ces soldats devaient obligatoirement être des marines d'élite, dont plusieurs devaient bien avoir quelques fruits du démon. Et Garp avait bien précisé que Sakazuki était à leur tête et ce salopard venait tout juste d'acquérir un logia, d'après ses sources... Autant dire qu'ils n'allaient pas faire dans le détail.
Dragon n'avait aucun fruit du démon à sa disposition, à sa grande contrariété, il était seul et il devait protéger sa famille complètement sans défense. Avec une femme en plein travail et un bébé sur le point de naitre, il n'avait aucune chance et il le savait. Il rentra dans sa maison et s'approcha de sa femme en sueur, épuisée et torturée par la douleur. Elle le regarda, inquiète :
« Que se passe t-il ? Un danger ? »
Son mari soupira et lui expliqua rapidement leur situation sans espoir et ce qui allait bientôt leur tomber dessus.
« Mon bébé... Ils vont le tuer ? Mais, il n'a aucun mal en lui ! Pourquoi ? »
« Je n'en sais rien. Est tu certaine que tu ne peux pas te déplacer ? » Demanda Dragon, sans aucun espoir, après avoir vu l'état de sa femme.
« Moi, non. Mais notre enfant, oui. Accorde moi une petite minute » Lui répondit sa femme d'un air doux.
Puis, fermant les yeux, rassemblant ses ultimes forces, elle poussa un rugissement terrifiant mêlant fureur, douleur et amour. N'importe quel animal reconnaitrait dans un cri aussi primal la rage d'une mère prête à tout pour défendre ses petits et n'importe quel fauve se serait enfuis en entendant ce rugissement. Le hurlement de la future mère était seulement volonté, volonté de sauver son enfant au prix de sa propre vie. La jeune femme était méconnaissable : ses yeux habituellement rieurs et paisibles brillaient de rage et de fièvre, plein de résolution, ses mains agrippaient les bords du lits, ses doigts s'enfonçant même dans le bois pourtant solide. Elle poussait de toutes ses forces, mobilisant toute sa volonté dans ce seul acte, ignorant complètement les dégâts causés en elle par un tel effort.
Après ce qui sembla une éternité, le bébé fut brutalement expulsé du ventre de sa mère et Dragon s'en saisit aussitôt. C'était un garçon, cheveux noirs et yeux indiscernable. Le père craignit un instant que son enfant n'ait pas résisté à l'accouchement mais il fut vite détrompé par le premier cri du nouveau né. La mère, presque tuée par l'exploit qu'elle venait d'accomplir, regarda son fils avec tendresse un court instant puis elle se tourna vers son époux et lui hurla :
« Qu'est ce que tu attends ? Les marines ? Cours, idiot et mets le en sécurité ou je te tue ! »
Dragon enfila sa cape, enveloppa le bébé dedans en tentant de le dissimuler au maximum, saisit ses armes et juste avant de quitter la maison, il se tourna vers sa femme:
« Je t'aime. »
« Je sais. Sauvez vous. »
Dragon sortit de la maison et jura : les Marines étaient en vue et venaient de le repérer. Il évita de justesse les tirs qui lui était adressé et se réfugia momentanément derrière un rocher. C'est à cet instant qu'il entendit comme un sifflement au dessus de lui. Levant les yeux, le jeune père vit une gigantesque boule de lave passer au dessus de lui et s'écraser sur la maison qu'il venait de quitter, l'enflammant instantanément et ne laissant aucune chance à celle qui y vivait. Dragon mit de côté sa douleur d'avoir perdu sa femme : l'essentiel était de sauver son fils et lui même. Il la pleurerait plus tard. Il dirigea son regard vers le responsable de ce carnage : Sakazuki, récemment promût au rang d'amiral pour son obéissance zélée aux ordres de la Marine et du Gouvernement. Celui ci s'adressa à lui avec de faux regrets dans la voix.
« Moi qui espérait que tu resterais plus longtemps dans ta cabane... Cela aurait rendu les choses moins compliquées pour nous et plus rapide pour toi. »
Dragon se taisait et se concentrait pour trouver une solution. Le sentier était contrôlé par l'ennemi, il ne voyait aucune issue à part les bois. Mais avec le pouvoir de Sakazuki, l'endroit risquait vite de devenir infernal ! Mais il n'avait pas vraiment le choix. Il réajusta sa cape pour protéger son fils des flammes qui ne tarderaient certainement pas à s'élever, puis prenant une profonde inspiration, il quitta la mince protection de son rocher et courut vers la forêt. Aussitôt, les tirs reprirent et il baissa la tête pour offrir une cible plus petite, puis, entendant un autre sifflement, il s'écarta d'un bond sur le côté, évitant de justesse de nouveaux jets de magma. Dragon s'engouffra dans la forêt et se dirigea vers l'ouest, la direction de la falaise. Un autre bombardement suivit et bientôt les flammes s'élevèrent de tous les côtés: l'incendie faisait rage.
Sans se préoccuper le moins du monde des brûlures qu'il subissait, le proscrit fuyait toujours. Enfin, il arriva au bord de la falaise et sans perdre un seul instant, il enleva sa cape et commença à la nouer pour en faire un sac dans lequel il déposa son fils. Le nourrisson le regardait et attendait, sans pleurer, presque curieux, la suite des événements. Le père le regarda, soulagé de voir son fils indemne et silencieux.
« Et dire que j'ai osé me plaindre d'avoir eu une naissance difficile ! C'est sûr que comparé à toi, avoir été plongé dans une baignoire remplie d'eau pour savoir si je savais nager ne représente pratiquement rien... »Murmura t-il d'une voix douce amère en contemplant son garçon.
Il attacha le ballot contenant son petit sur son dos et sans perdre un instant, commença à descendre la falaise le plus rapidement possible, remerciant Garp en son for intérieur pour son entraînement. Mais, au beau milieu du parcours, il sentit une balle le frôler et comprit qu'on l'avait retrouvé et accéléra la cadence.
Les tirs devinrent plus nourris et Dragon, avisant un petit rebord dans un angle mort, risqua le tout pour le tout, sauta et atterri sur le minuscule espace. Mais les soldats ne mettraient pas longtemps à venir, aussi poursuivit il sa descente de façon beaucoup plus rapide : il sauta de la quinzaine de mètres qui le séparait du sol. Peut être le sable humide avait il amorti sa chute, ou bien était ce la résistance propre à sa famille ? Toujours est il qu'il n'avait rien de cassé et qu'il pu reprendre sa fuite. La marée montait mais en se pressant pendant qu'il longerait la côte, il pourrait atteindre le petit port de l'ile et y voler un bateau. Il s'assura que le petit (à qui il devait d'ailleurs trouver un nom) n'était pas trop amoché par la descente et se mit tout de suite en route.
Il parvint au petit village à la nuit tombée, après avoir rencontré et mis KO plusieurs petits groupes de marines sur son chemin, échappé de peu à la noyade par trois fois et réussi à calmer son fils qui mourrait de faim. Le plus dur exploit n'étant pas celui qu'on croit...
Malheureusement, le port était bien évidemment envahi par les soldats et il lui était impossible de traverser le village discrètement, d'autant plus qu'il ne voyait aucun villageois de sa connaissance. Il se résigna donc à chercher refuge chez une amie de Maria vivant à l'écart, qui avait donné des conseils à sa femme pendant sa grossesse et qui avait elle même donné naissance à un fils une semaine auparavant. Il parvint à se faufiler jusque chez elle, mais quand il entra dans le jardin donnant sur la plage, il s'arrêta net, devant le triste spectacle: une femme agenouillée devant une tombe fraichement creusée et pleurant sans retenue, avec ses deux autres enfants plus âgés. Dragon comprit instantanément ce qui s'était passé et voulu rebrousser chemin. Mais la mère s'en était aperçue et se retourna vers lui et darda sur lui ses yeux perçants et demanda d'une voix rauque :
«Dragon, c'est bien cela ? L'époux de Maria ? Je me nomme Gracia, entre.»
Il obéit sans discuter: ce n'est pas comme s'il avait le choix de toute façon. Des pleurs retentirent soudain du ballot de Dragon qui se hâta de prendre le petit dans ses bras pour faire taire ses cris.
«Donne le moi. »
Elle arracha presque le bébé des mains de son père et commença à l'allaiter, calmant ainsi les gémissements affamés du nourrisson.
« Les Marines sont venus dans le village et ils ont demandé partout où se trouvait ta maison. Ensuite, ils ont tué les trois enfants qui avaient moins d'un mois, dont mon petit. Par mesure de précaution d'après eux.»
Dragon resta silencieux, attendant les accusations qui ne manqueraient pas d'arriver.
« Ils n'ont eu aucune pitié et ils nous ont interdit sous peine de mort de vous porter assistance si on vous voyait ou de raconter ce qui s'est passé ici aujourd'hui. »
Un nouveau silence.
« Maria est morte, n'est ce pas ? »
C'était plus une affirmation qu'une question et Dragon acquiesça, sans un mot.
« Elle a été courageuse et son fils est beau. »
Elle venait de finir d'allaiter le petit et l'avait soigneusement déposé dans un couffin. Elle fouillait maintenant dans un coffre et en sortit des vêtements de bébé. Elle lava ensuite le nourrisson, le langea, l'habilla et l'emmaillota avant de le reposer dans le couffin où il s'endormit paisiblement.
Puis elle se saisit des vêtements, les plia et les rangea dans un sac de toile avec une peluche, deux couvertures de laine, des langes et un biberon.
« Vous partirez demain avec le bateau de pêche. Soyez discrets. Si cet enfant meurt, alors, les innocents assassinés et nous, les mères de cette île, aurons souffert en vain. Ce sera notre revanche. Adieu »
Bon, un chapitre bien sombre mais j'espère qu'il vous aura quand même plu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à me le dire. Toute critique constructive est également le bienvenu !
