Yop, vous ne l'attendiez sans doute pas de si tôt et moi non plus mais voici le chapitre 3 ! Il change totalement des précédents car il est centré sur d'autres personnages et permet d'approfondir un peu la situation du monde d'Ivalice ! N'hésitez pas à me poser des questions si certains éléments ne vous paraissent pas clairs, si je peux, je me ferais un plaisir de vous répondre ! Fortuna et Ace sont des petits OCS et j'espère qu'ils vous plairont ! La musique inspirant du jour est tout simplement celle de l'opening de KH3, Face My Fears, qui m'a inspiré la partie avec l'élémentaire surtout ! Je suis motivée en ce moment donc je vais essayer de bien avancer cette petite fanfic qui n'est pas précise de tête et que j'écris tranquillement ! Bonne lecture ! (Ps : Si incohérences vous trouvez par rapport au scénario de KH ou de FFXII, elles sont normalement voulues, j'ai un peu étudié mon coup... mais vous pouvez toujours me le faire remarquer au cas où !)


Au cœur du désert Est de Dalmasca se trouvait un petit village, caché sur les bords du Nébra, un grand fleuve. Beaucoup d'habitants étaient nomades ou marchands, les autochtones étaient bien souvent des vieillards, des femmes et des enfants. Depuis quelques années, on y trouvait également des réfugiés de la chute du royaume de Dalmasca. Certains étaient venus temporairement avant de repartir vers d'autres grandes cités plus au Sud, voire vers l'Empire de Rozarria, mais quelques-uns étaient restés, n'ayant aucun autre endroit où aller.

Parmi ces personnes, il y avait Fortuna et son fils Ace. Ils venaient de Rabanastre et étaient partis juste avant que l'Empire d'Archadès n'envahisse pour de bon la capitale. Fortuna était une viera, c'est-à-dire une femme venant des forêts anciennes avec un corps élancé et des oreilles de lapin, sauf elle. Pour une sombre raison, ses oreilles avaient été tranchées et l'histoire était trop rude pour qu'elle souhaite y repenser. De plus en plus de vieras quittaient la relative quiétude des bois pour rejoindre une vie plus urbaine. Elles se distinguaient par une forte puissance magique, une agilité en combat incroyable et une longévité bien plus grande que les humains ordinaires. Fortuna avait trouvé une place de guérisseuse auprès du petit village des nomades et elle était appréciée.

Son fils Ace n'était pas viera, même si cela aurait pu être possible. Les mâles vieras sont simplement plus rares. Le garçon avait un père humain dont il avait hérité le peuple. De sa mère, il tenait une certaine proximité avec la nature. Il se liait rapidement avec les animaux qu'il croisait, même quand ils étaient sauvages. Malgré son jeune âge, il avait aidé à la capture de sleipnirs, des montures équines portant des armures naturelles.

Où était le père de cette famille ? Disparu depuis des années. Fortuna l'avait cherché mais sans grand succès. Même en demandant à de nombreux nomades, elle n'avait eu aucun indice. Le plus probable, c'est que sa dernière chasse l'avait tué. La viera avait perdu contact avec le clan Centurio, il était impossible pour elle d'avoir des informations sur son mari. Son espoir s'amenuisait avec le temps mais son fils continuait d'attendre son père, sans jamais douter de son retour.

« Il a déjà mis du temps à rentrer de certaines missions et celle-ci était vraiment très dure ! En plus, avec la guerre, peut-être qu'il ne nous a pas trouvé ? Moi, je crois que papa va revenir ! »

Devant une telle assurance, elle ne pouvait pas douter. Peut-être que cela lui prendrait encore longtemps, mais son amour finirait par revenir. Il était toujours revenu.

Quand-même, peut-être que retrouver ce qui avait tué le prince était une mauvaise idée. Une très mauvaise idée. Le prince était fort et si la chose avait pu le tuer aussi facilement qu'on le prétendait… Que pouvait un chasseur même expérimenté contre une force occulte et sauvage ? Fortuna préférait ne pas y penser. Tous les jours, elle regardait la photo de famille et priait les dieux, que ce soit Faram, les Occurias ou n'importe qui d'autre, de lui rendre l'homme qui avait sauvé sa vie.

« - Et si tu partais à sa recherche ? lui proposa Djeïna, une ancienne du village.

- Tu n'y penses pas ? Je ne vais pas abandonner mon fils et il est hors de question que je l'emmène avec moi ! Ce serait beaucoup trop dangereux.

- Fortuna… Tout le village serait prêt à prendre soin d'Ace si tu le demandais. Tu peux le laisser avec nous, il est en sécurité. Je m'engage personnellement à veiller sur lui si tu veux.

- D'accord, mais le monde… Les mondes sont trop vastes pour moi. Pourquoi tiens-tu à ce que je parte ? Est-ce que le village ne m'apprécie plus ?

- Ma chère, tu sais bien que c'est faux. Tu es notre meilleure guérisseuse.

- Alors pourquoi cette envie soudaine de me voir partir ? Pourquoi ?

- Parce que je vois la tristesse dans ton regard chaque jour qui passe. Parce que je sais que tu brûles d'envie d'aller chercher ton mari mais que tu ne le feras pas à cause de raisons qui te retiennent dans ce village. Parce que tu as un instinct magique, je ne possède aucun don mais je le sens.

- Les voix de la forêt m'ont quitté il y a bien longtemps, le jour où j'ai perdu mes oreilles.

- Pourtant, ce pouvoir est encore là, enfoui en toi. Et puis, dans ton regard, je lis l'envie de partir à l'aventure. Tant que tu n'auras pas fait une grande recherche toi-même, que tu ne sauras pas certaine de ce qui est arrivé à ton mari, tu ne pourras pas vivre, Fortuna.

- Tu as raison… Mais je ne partirais pas d'ici. C'est hors de question.

- Fais comme tu veux, mais n'oublie pas mes paroles si un jour la tristesse est trop grande. »

Fortuna refoula l'envie de partir qui montait en elle et avec l'auto discipline qu'elle s'était imposée, ce fut particulièrement facile. Elle pensait tous les jours à son mari mais les responsabilités qui lui incombaient étaient trop importantes à son avis. Son fils avait besoin d'elle.

Le déclic survint un jour de tempête de sable. Les habitants ne sortaient pas et restaient chez eux. Seulement, les montures s'étaient enfuies un peu plus tôt et leurs propriétaires s'étaient dépêchés d'aller les retrouver avant la tempête. Heureusement, cela n'avait pas pris longtemps et tout le monde était rentré. Tout le monde sauf Ace.

Avec quelques marchands, Fortuna s'aventura au cœur de la tempête pour retrouver son fils. Le vent était si fort qu'ils ne pouvaient pas se déplacer rapidement et la visibilité était très limitée. Ils finirent par le retrouver dans la zone des Sables-hauts. Ace avait réussi à capturer le dernier Sleipnir encore en liberté et comptait bien le ramener au village. Cependant sur sa route, il avait croisé un terrible esprit de Gnoma qui lui bloquait la route.

Les esprits venaient des dieux ou de la nature, personne ne savait exactement. Créatures de pure magie, ces montres incarnaient la colère des éléments. L'esprit de Gnoma par exemple appartenait à l'élément terre et n'apparaissait que lors des tempêtes de sables. Sa dangerosité était extrême et le groupe hésitait. Que devait-il faire ? Comment sauver Ace ?

« - Je m'en occupe, lança la viera.

- Fortuna, c'est de la folie, tu ne peux pas gérer seul un élémentaire…

- Si, je le peux. Prenez Ace avec vous et filez au village. Je vous rejoins.

- Mais enfin on ne peut pas t'abandonner toute seule…

- C'est un ordre, faites ce que j'ai dit. »

Ils ne discutèrent et malgré les protestations d'Ace, ils rentèrent au village tandis que Fortuna faisait face à l'esprit de Gnoma. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas eu à combattre mais cela revint bien vite. La magie crépitait dans les airs. La lutte s'annonçait acharnée mais la viera se sentait bien, comme elle ne l'avait pas été depuis longtemps. Elle était à sa place ici. Elle se sentait vivante.

Le combat fut long et difficile, il dura des heures entières au milieu des éléments déchainés. C'est là que Fortuna reprit contact avec elle-même. Une force nouvelle et ancienne s'éveilla en elle. L'esprit de Gnoma ne faisait pas le poids contre la viera et il finit par s'incliner, disparaissant alors que le vent l'emportait. La tempête de sables commença à se calmer.

En rentrant au village, Fortuna fut accueillie comme une véritable héroïne. Elle avait vaincu un esprit toute seule, elle avait vaincu le désert. Peu de gens du village en étaient capables. Ace était particulièrement fier de sa mère et racontait l'histoire à tout le monde, quitte à l'enjoliver un peu. Les paroles de Djeïna revinrent à Fortuna et elle sut ce qu'elle devait faire. La viera retourna en parler à son ainée. C'était important de mettre une dernière fois tout à plat.

« - Je vais partir à sa recherche. J'en ai besoin.

- Je le sais. Je l'ai toujours su depuis que tu es arrivée ici. C'est normal.

- Djeïna… Je ne vais pas prévenir Ace que je pars sinon il voudra me suivre. Je partirai une nuit et… Vous pouvez lui dire la vérité. Ainsi il… Il comprendra qu'il ne doit pas partir.

- Nous veillerons sur lui avec tout l'amour qu'il mérite, je te le promets.

- Merci. C'est plus qu'un village ici, c'est une véritable famille. »

Fortuna se prépara en secret jusqu'à la nuit de printemps qu'elle avait choisi. Le ciel était dégagé et la lune éclairait chaleureusement les rives du Nébra. Avant de partir, la mère pénétra une ultime fois dans la chambre de son fils. Ce dernier dormait paisiblement, la respiration profonde. Parfois, Fortuna avait du mal à réaliser qu'il n'avait que dix ans. Il avait tellement grandi depuis le départ de son père. Avec tendresse, elle déposa un baiser sur son front et lui sourit.

« Je reviendrai, Ace, je te le promets. Je prie pour que ton prénom te guide lorsque je ne serai pas là. Sois fort, mon enfant. Je reviendrai avec ton père… Ou avec des nouvelles. »

Elle sortit de la maison, silencieuse comme une ombre. Quitter son enfant la déchirait intérieurement mais elle savait que c'était la bonne décision. Ici, il ne serait pas malheureux. Ace avait tous ses amis et plein de personnes pour prendre soin de lui. Elle n'aurait pas pu rêver mieux.

D'un pas souple, la viera se rendit au sommet d'une grande dune des bords du Nébra, bercée par l'air frais de la nuit. Avec précision, elle invoqua sa magie et ouvrit un couloir obscur. Comment connaissait-elle ce système ? Encore un mystère. Avec détermination, elle pénétra dedans, armée de sa magie, de son arc et de son seul courage. Fortuna trouverait Luxord ou du moins ce qui lui était arrivé, peu importe le temps que cela lui prendrait.

Larsa était très content puisqu'il allait revoir son grand frère ce soir. Cela faisait un moment qu'il ne l'avait pas vu et les heures avant l'entrevue lui semblait bien longues. Dans sa chambre, il faisait les cent pas, s'allongeait sur son lit en fixant le plafond, soupirait, essayait de lire un livre avant de le poser et recommençait à faire les cent pas. D'ordinaire, il avait toujours un protecteur pour lui tenir compagnie, mais aujourd'hui, tout le monde avait l'air particulièrement occupé.

Finalement, Vayne entra et Larsa se précipita vers lui avec un grand sourire. S'il l'avait osé, il se serait jeté dans ses bras, mais Vayne n'était pas toujours friand de ce genre de familiarité. Il n'était pas le seul de la famille d'ailleurs et Larsa l'acceptait, même si lui aurait bien aimé un calin fraternelle.

« - Grand-frère, je suis tellement heureux de te revoir !

- Moi aussi, Larsa. C'est agréable de revenir à Archadia pour te voir toi et père.

- Est-ce que tu te plais à Rabanastre ? Les gens aiment bien le nouveau consul ?

- Pour être honnête, non, les gens ne m'apprécient pas. Les blessures sont encore trop récentes.

- Mais cela va venir hein ? Pour eux, tout ira mieux ?

- Bien sûr ! Tu es toujours si prévenant envers le peuple, Larsa. Tu ferais un grand souverain.

- Mais ce sera toi le roi après père. Ce sera toi.

- Eh bien, pour le moment, oui… Tu as l'air triste, qu'est ce qui t'arrive ?

- C'est juste que… Je n'ai plus que toi, Vayne. Je ne veux pas te perdre.

- Larsa, murmura l'ainé en posant une main sur son épaule. Je te promets que tu ne me perdras pas aussi facilement que cela. Je resterai toujours avec toi, tu comprends ? »

Larsa hocha la tête et sourit de toute son cœur. Aucun doute, ce prince était le petit soleil de la maison Solidor et d'Archadès, la capitale de l'Empire d'Archadia.

Le roi Gramis Gana Solidor régnait sur un territoire très vaste d'Ivalice et il gouvernait son Empire ave justesse mais fermeté. La vie lui avait donné cinq enfants, quatre garçons et une fille. Cependant, les deux ainés avaient trahi leur père en complotant pour le trône et c'était le troisième fils, Vayne Carudas Solidor, qui avait dû les tuer de sa propre main. La princesse qui se plaçait quatrième avait disparu mystérieusement un jour, et il ne restait sinon plus que le dernier, Larsa Ferrudas Solidor. Les deux frères étaient différents comme le jour et la nuit, ce qui ne les empêchait pas de s'apprécier beaucoup. Seulement, si l'un ne pensait qu'au bonheur du peuple, l'autre aspirait à un grand pouvoir. Et sans qu'ils s'en rendent compte, une frontière se dressait petit à petit entre eux.