Bien le bonjour amis lecteurs !!!

Je suis vraiment VRAIMENT désolée pour le retard mais maintenant que je suis en vacances, j'avancerais peut-être un peu plus vite sur l'écriture. Enfin je le souhaite... Sinon je voudrais remercier les personnes qui me laissent des reviews (ça me motivent sincèrement) et je souhaite que la suite vous plaira encore. Ah, je voulais aussi préciser que les couples commencent à se dessiner de plus en plus pour votre plus grand plaisir ! Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et on se retrouve en bas.

Disclaimer: Naruto appartient à Masashi Kishimoto. ( J'avais oublié la dernière fois, lol !)


Debout sur le tapis marron de l'entrée où les lettres rouges du mot « WELCOME » s'affadissaient se tenait le grand et illustre Itachi Uchiwa. Hanabi sentit son cœur manquer un battement dans sa poitrine ; que diable faisait-il ici ? La jeune fille, totalement surprise, laissa s'écouler un moment de flottement pendant lequel son invité fit mine d'entrer. Sentant qu'il y avait urgence, elle se reprit vivement :

_ Itachi mon dieu quelle surprise ! Que me vaut le plaisir de ta visite ?

_ Eh bien, figure-toi que je pensais que j'aurais manqué un tout petit peu à ma jolie collègue mais au vu de ton accueil froid, je crois que je me suis trompé, répondit-il une petite moue aux lèvres.

Honteuse de blesser son ami, Hanabi tenta de se rattraper :

_ Pour tout t'avouer, je… sortais.

_ Dans cette tenue, se renseigna Itachi l'air sceptique en examinant son jogging délavé et le T-shirt trop grand qui l'accompagnait.

_ Oui, c'est pour le sport. J'allais courir en fait, répondit la brune sans se démonter.

L'important c'est d'avoir l'air sûre de toi, se répétait-elle machinalement.

Elle gardait toujours ce leitmotiv en tête quand elle gérait une situation épineuse et cela lui réussissait plutôt bien. Sauf que son interlocuteur était à la même école et qu'il était passé maître dans l'art de simuler. Il ne fit pourtant pas de remarques se contentant de hausser un sourcil réprobateur et de soupirer fortement. Il capitula réellement devant le sourire désarmant qu'elle lui offrit en guise d'excuses. Il prit néanmoins la peine de montrer qu'il n'était pas dupe en précisant :

_ La prochaine fois que tu veux chasser un indésirable, sois plus inventive dans le choix de tes excuses. Enfin bref puisque tu ne veux pas de moi, je pars.

Il exécuta une mimique théâtrale en ramenant dignement ses bras sur son torse et tremblotant ostensiblement de la lèvre inférieure le tout sous le regard mi-amusé, mi-désolé de Hanabi. N'y tenant plus, celle-ci déclara :

_ Excuse-moi mais je ne pensais pas recevoir de la visite et ma maison n'est pas présentable. Par contre si tu m'attends deux minutes, on pourrait se faire une petite sortie sympa.

Faisant mine de réfléchir, il se gratta le menton avant d'accepter avec un sourire éblouissant. Ni une, ni deux la Hyuuga referma la porte et s'élança en courant vers sa chambre en repensant rapidement à ce qui venait de se passer. Même si Itachi était le seul en qui elle avait vraiment confiance dans le milieu, il n'était pas plus que les autres informé de l'existence de Hinata. Aucun de ceux qu'elle fréquentait savait qu'elle avait une sœur et cela ne devait en aucun cas changer. Si par malheur Orochimaru apprenait qu'elle avait une jumelle, il serait capable de l'entraîner elle aussi dans ce milieu de débauche.

Il est hors de question que je laisse une telle chose se produire, se jura-t-elle une énième fois en échangeant ses vieux vêtements par un ensemble de lin turquoise et blanc.

De plus le connaissant, Itachi serait capable de lui faire un véritable scandale s'il apprenait qu'elle ne lui avait rien dit à ce sujet. Elle roula des yeux en attachant ses longs cheveux bleutés en une simple queue de cheval. Moins d'une minute plus tard, finissant de mettre ses sandales blanches, elle rouvrit la porte et s'excusa d'emblée envers son ami de l'avoir fait attendre. Celui-ci la fixa la mine réjouie :

_ On peut dire que tu as fait vite. J'aurais pensé qu'il t'aurait fallu des heures pour te préparer mais là tu m'impressionnes.

Elle s'empara de son sac posé sur la petite table près de la porte, prit ses clés et sortit sous les moqueries du Uchiwa.

_ C'est certain que je ne suis pas une diva comme toi, fit-elle remarquer sournoisement. Un rien m'habille puisque tout me va !

_ Ce que tu peux te montrer vindicative ma pauvre Hanabi, rigola-t-il bien conscient qu'elle ne pensait pas un mot de ce qu'elle disait, mais je ne t'en veux pas car je t'ai tout appris.

Ils rigolèrent franchement tous les deux en se dirigeant vers la grosse voiture noire d'Itachi. Ils s'y engouffrèrent alors que le jeune homme demandait :

_ Alors où va-ton ?

_ Vers l'infini et au-delà, plaisanta Hanabi.

Malheureusement sa pointe d'humour potache tomba à plat devant le froncement de sourcils d'incompréhension du brun. Elle balaya ses interrogations du revers de la main en disant :

_ C'est rien laisse tomber !

_ Oui, je pense aussi. Parfois tu me fais vraiment peur ma puce, ajouta-t-il en démarrant.

_ Je sais. Bon ben tu n'as qu'à choisir et je te suivrais.

_ Dans ce cas, je sais où on va.

Et sans lui donner plus de précisions, ils disparurent dans un nuage de poussière.

Un sifflement appréciateur accueillit l'arrivée d'un groupes de jeunes filles dans l'enceinte du restaurant où travaillait Kiba Inuzuka et son ami Ken Himeji. Attiré par les gloussements des adolescentes en entendant Ken les siffler, Kiba leva innocemment la tête vers elles avant de reporter son attention à sa tâche. Il ne savait pas ce que son ami pouvait trouver à ces filles sans prétention et n'essayait plus de le comprendre depuis longtemps déjà. Il l'entendit vaguement leur parler mais n'y prêta pas la moindre attention s'efforçant une nouvelle fois de se concentrer sur ses calculs. Voilà six fois qu'il recomptait et il se préparait à recommencer encore. Il s'affala sur la chaise qui se trouvait à ses côtés et bougonna à l'attention de Ken :

_ Sérieux, tu fais chier avec tes conneries ! Va falloir que je m'y remette.

_ Oh la galère, se moqua l'autre en feignant de se montrer compatissant. Désolé de ne pas partager tes déboires sentimentaux mais j'ai moi aussi un petit cœur qui bat juste là, acheva-t-il excessivement en désignant sa poitrine du doigt.

Kiba jeta un regard assassin à celui qui pour le moment jouait avec ses nerfs. Ils se connaissaient tous les deux depuis longtemps à présent ; ils s'étaient présentés tous les deux le même jour à l'annonce de M. Wong patron d'un restaurant et s'étant fait engagés, ils avaient forgé une bonne relation d'amitié où l'un, l'autre s'entraidaient mutuellement. De plus, puisqu'ils avaient des centres d'intérêts communs en ce qui concerne leurs passions pour la musique ou pour leurs études –ils s'avéraient qu'ils fréquentaient également la même école d'architectes- leur relation se solidifia rapidement. Aujourd'hui, ils se considéraient plus comme des frères et partageaient tout ou presque en passant de l'appartement où ils cohabitaient depuis plus de deux ans jusqu'aux vêtements qu'ils s'échangeaient. Ils se connaissaient très bien tous les deux et Ken savait pertinemment en quoi consistait le petit manège mensuel de Kiba. En effet, cela se produisait tous les mois à présent ; vers le début de la deuxième quinzaine du mois, le brun commençait à stresser et s'évertuait à compter chaque centimes qu'il glanait de ci, de là pour être certain de la voir. Il n'était pas du tout d'accord de voir son meilleur ami agir de la sorte mais il s'était rendu compte que s'il se permettait une quelconque remarque, ils finissaient immanquablement par se battre. Kiba ne voulait rien entendre au sujet de cette fille que Ken avait fini par détester. Il avait donc pris le parti de tolérer cette situation qui l'exaspérait au plus haut point afin de ne pas se mettre son ami à dos. Il se passa une main nerveuse dans ses longs cheveux bonds -décolorés la semaine dernière pour suivre la mode- et se prit une chaise. Il croisa ses bras sur le dossier afin d'y poser le menton et fixa négligemment Kiba qui, revenu à ses comptes, n'accordait aucun crédit à ses états d'âme. Il le laissa terminer et jugea qu'il n'était pas satisfait quand il le vit se prendre la tête entre les mains. Bien que contre l'idée, il se renseigna pourtant :

_ Alors, il t'en manque combien ?

_ Un peu plus de deux cent cinquante, lui répondit l'autre dépité.

_ Ouah, s'exclama Ken qui l'air de rien faisait preuve d'hypocrisie. Il te les faut pas pour samedi ?

_ Si.

Kiba rejeta la tête en arrière et se cala sur son dossier, les yeux fixés au plafond.

_ Il faut que je trouve un moyen pour remplacer l'argent que cette fichue réparation m'a fait perdre, murmura-t-il plus pour lui-même que pour Ken. Il faut absolument que j'aille la voir samedi. Je ne peux pas me permettre de ne pas y aller.

_ Et pourquoi, le questionna Ken les sourcils froncés.

_ C'est notre anniversaire. Samedi ça fera un an qu'on s'est rencontrés et j'ai prévu de lui donner mon cadeau.

_ Bon OK…, commença le blond en enfonçant d'un coup sec sa casquette d'un rouge vif sur son crane.

Ken ne préféra pas continuer tellement il était consterné ; il se leva d'un bond, roulant les yeux dans ses orbites signifiant sa désapprobation et s'en alla sans demander son reste. Il n'arrivait pas à croire que son ami puisse se montrer si crédule : Kiba était intelligent, au fond il devait bien se rendre compte que cette peste blonde se servait de lui enfin ! Tout ce qui l'intéressait en lui, c'était l'argent et les preuves d'amour que cet idiot pouvait lui donner. Il s'adossa au mur du restaurant et donna un coup de pied rageur dans un sac en plastique vide afin d'évacuer son stress. Un coup de vent l'emporta haut dans le ciel et Ken se prit à espérer qu'il en fasse de même avec cette garce qui se jouait de Kiba. Il sortit un paquet de cigarettes dans sa sacoche, réajusta sa casquette et s'alluma une clope. Le bout s'incendia dès qu'il en approcha son briquet argenté et il inspira longuement la première bouffée de ce qu'il considérait être une alternative à la violence. Il sourit à moitié en se disant que toutes leurs connaissances le prenaient pour le plus insensé d'eux deux. En fait, dire qu'il faisait tout pour cela était plus proche de la vérité. Il s'amusait de casser l'image de respectabilité qu'on lui collait dès qu'il se présentait. De voir que toutes les portes s'ouvraient devant lui si facilement parce qu'il portait le nom glorieux de son père ne l'énervait plus –il n'avait plus assez de force pour cela- mais le lassait immanquablement. Il n'avait rien fait pour mériter un tel honneur si ce n'est que d'être né au sein de la famille Himeji. Il se devait de gagner ce qu'il méritait seul, à la sueur de son front même si cela signifiait de tourner le dos à ses parents qui ne comprenaient pas son désir de réussite individuelle. Il exhala lentement la fumée s'amusant de lui donner une forme pour décolérer en jetant un œil circulaire autour de lui. Les quelques passants, trop occupés à mener leur propre existence, ne s'intéressaient pas à lui se contentant de marcher de plus en plus vite le visage inexpressif ou la tête baissée. Ken repensa alors à Kiba et à tous les sacrifices qu'il avait fait pour en arriver là ; il finirait sans aucun doute premier de sa promotion et ressortirait d'ici deux ans diplômé d'un des plus prestigieux cabinet d'architectes du pays ce qui lui vaudrait des contrats à la pelle. Il pourrait enfin entrevoir le bout du tunnel et subviendrait aux besoins de sa mère et de sa sœur restées seules dans leur campagne natale pour lui permettre de finir ses études convenablement. Malheureusement depuis qu'il avait rencontré cette blonde, son ami n'était plus le même. Il ne vivait que pour elle et après avoir payé toutes ses dettes, ses maigres économies ne servaient qu'à la satisfaire.

Je lui tordrais bien le cou à cette garce ! Le pire c'est que je ne connais même pas son nom et que j'ai des envies de meurtres juste en la voyant, se rendit-il compte ironiquement.

Il finit sa cigarette et s'apprêtait à retourner à l'intérieur quand Kiba le rejoignit. En le voyant sortir précipitamment, il avait compris que Ken était énervé et sans qu'il le lui dise, le brun savait que c'était à cause de sa relation avec Temari. Bien qu'excédé par son coup de sang, Kiba était persuadé que son ami s'inquiétait pour lui et qu'au fond cela partait d'une bonne intention mais lorsqu'il s'agissait de celle qu'il aimait, il perdait toute objectivité. Ce qu'il avait du mal à admettre c'est que ce soit celui qu'il considérait comme le frère qu'il n'avait jamais eu qui puisse lui en vouloir d'être amoureux !

Car c'était bien d'amour dont il était question ; il était fou amoureux de Temari depuis le jour où il avait posé les yeux sur elle et il restait intimement convaincu que Ken s'en rendrait compte s'il n'était pas si borné et accordait à la jeune femme une chance de le lui montrer. Il ne voulait à aucun prix devoir choisir entre la femme de sa vie et son frère de cœur mais s'il devait en arriver jusque là…. Il posa le bras sur les épaules de Ken et lui dit :

_ Ton chef t'appelle et m'a demandé de te dire que si tu ne voulais plus de ce boulot, ben t'avais qu'à remettre l'annonce « Recherche livreur » en partant.

Son vis-à-vis le regarda le visage fermé et Kiba jura qu'il l'avait entendu penser en voyant dans ses yeux traverser une lueur de profonde tristesse. Dérouté, il recula inconsciemment. Tout alla très vite et moins d'une seconde plus tard, Ken reprit son masque de jovialité : il sourit lui montrant par là-même ses dents d'une blancheur impeccable. D'une grande tape dans le dos, il lui signifia que ça allait et lui proposa en signe de paix :

_ Allez mon gars, je te propose de partager avec toi la moitié de mes pourboires jusqu'à samedi.

Eberlué par ce revirement inattendu, il cligna des yeux un court instant avant qu'à son tour un large sourire illumine son visage.

_ Merci du fond du cœur Ken, je te le revaudrais un jour sois certain, lui dit-il. Va prendre ta commande, moi je dois aller dans le quartier chic. On en reparle plus tard. Salut et fais gaffe à tes fesses !

Ken lui fit un signe de la main et le regarda s'éloigner en vitesse sur son vélo neuf. Il étais quasi-persuadé que Kiba se demandait encore ce qui l'avait décidé à lui faire une pareille fleur alors qu'il détestait l'autre.

_ Eh oui, mon petit Kiba je te l'ai déjà dit, moi aussi j'ai un cœur, souffla-t-il en rentrant rapidement sous les hurlements de M. Wong qui le menaçait de le renvoyer plus vite qu'il n'était venu au monde.

Il s'en sortit finalement en assurant à son patron qu'il ne pourrait pas se passer de lui maintenant qu'ils se connaissaient. Le vieil homme, qui n'était décidément pas si méchant qu'il en avait l'air avec ses épais sourcils et sa grosse barbe grisonnante qui mangeaient son visage ridé, rigola franchement mais lui promit mille souffrances si son livreur ne tenait pas l'engagement de rapidité de livraison dont son restaurant se vantait à chaque commande passée. Sentant que sa chance tournait, Ken disparut en un éclair : il y tenait à ce petit boulot mine de rien !

Pendant ce temps-là, un certain brun nerveux passait en revue les informations traitant du projet de rachat d'une entreprise sur le déclin à laquelle Naruto tenait particulièrement. Le brun n'avait de cesse de lui répéter que cette société n'avait plus de valeur sur le marché actuel, son ami ne voulait rien entendre ; au final, il se retrouvait là seul dans son bureau, à sauter des repas pour un projet qu'il ne cautionnait même pas et dont il n'était pas sûr du bien-fondé. Il se rejeta sur le dossier de son fauteuil et se massa les tempes afin de s'éclaircir les idées. L'horloge posée sur son bureau indiquait quinze heures trente deux. Se tournant de moitié, il avisa la tasse de café que lui avait apporté cette Hinata près d'une heure auparavant. Hésitant, il porta la boisson à ses lèvres et recracha la gorgée qu'il venait de goûter ; trop froid, le café était infect. Il voulut la rappeler afin de lui en demander une nouvelle mais se retint à temps. S'il voulait qu'elle progresse, il ne devait pas l'interrompre à tout moment pour des choses si futiles. De plus, il ne comprenait pas vraiment pourquoi mais cette fille le mettait… mal à l'aise. Il secoua la tête furieusement : non il devait se tromper, on ne troublait pas un Uchiwa si facilement. Il l'avait déjà croisée à de nombreuses reprises depuis qu'elle était employée par l'entreprise. Il s'était souvent dit qu'elle était mignonne mais n'avait jamais cherché à aller plus loin. Sauf ce jour où il l'avait vue en compagnie d'Ino et qu'il s'était renseigné auprès de la blonde dès que Hinata était partie. Ino lui avait expliqué qu'il s'agissait d'une de ses amies et lui avait donné son nom. Depuis, il s'était surpris à prononcer ce nom à plusieurs reprises. Il se fustigea doucement et tellement concentré dans son introspection, il n'entendit pas la porte de son bureau s'ouvrir sur une jeune femme brune. Peu habituée à voir son patron se parler à lui-même, elle s'immobilisa au milieu de la pièce et l'écouta silencieusement un moment et ne comprit pas tout ce qu'il disait mais aux mots « petite ingénue » et « homme comme moi », elle sourit en se disant qu'il devait y avoir une affaire de cœur là-dessous. Elle se racla alors la gorge pour attirer son attention sur sa présence et il se retourna d'un bloc avec une rapidité surprenante. Lorsque Sasuke vit le petit sourire angélique de Shizune, il comprit de suite qu'elle l'avait entendu.

_ Je ne veux rien savoir, menaça-t-il en étrécissant ses yeux sombres.

_ Pas même comment se passe la première journée de Mlle Hyuuga ?

_ Je suis très occupé Shizune alors si tu n'as rien d'important à me dire, la sortie est derrière toi, tempêta l'Uchiwa.

_ D'ici peu, tu seras pris de remords de m'avoir chassée comme une malpropre et je te manquerais, lui rétorqua la jeune femme tout sourires en lui déposant sur son bureau une annexe du dossier qui venait de lui être faxée.

Cela faisait longtemps à présent qu'elle n'accordait plus d'importance à ses menaces qui ne restaient que des menaces.

_ Elle est si peu douée ?

Sasuke tressauta imperceptiblement en reconnaissant dans sa voix une lueur d'espoir. Que lui arrivait-il bon sang ? Il se mettait à préférer qu'elle soit virée pour son incompétence plutôt que d'affronter ce petit bout de femme ! Il devait être trop stressé. Fort heureusement pour lui, son assistante se trouvait à des années lumière de ses tourments et lui répondit d'une voix guillerette :

_ Oh si elle est très douée au contraire car son envie de réussir la motive complètement. Hinata a beaucoup d'entrain et elle sera prête à travailler seule bien avant que je ne sois partie, tu verras. Qui sait je pourrais même avancer mon départ ou me prendre des vacances, lança-t-elle rêveusement.

_ Oui on verra ça au moment voulu, l'entendit-elle râler. Maintenant rapporte-moi un autre café, l'autre a refroidi et ensuite je veux que tu fiches le camp d'ici.

_ Par « ici », tu veux dire ton bureau ou… C'est bon j'ai compris. Je plaisantais, précisa-t-elle en levant les bras au ciel pour s'amender en croisant son regard des mauvais jours.

Elle fila sans demander son reste et lui échangea son café cinq minutes plus tard en ajoutant malicieusement :

_ C'est toi en fait qui aurait besoin de vacances.

_ DEHORS !

Hinata sursauta et laissa tomber les papiers qu'elle venait de classer en entendant le hurlement de son patron rapidement suivi du claquement de la porte qu'une Shizune morte de rire refermait pour se protéger de son courroux. Interrogée du regard par Hinata, la brune ne put répondre tant elle était pliée en deux et ne parvint qu'à lui souffler à grand renfort de gestes :

_ C'est rien.

Quelques étages au dessus d'eux se tenait une visioconférence entre plusieurs actionnaires de l'entreprise où bien évidemment Naruto était présent. Il s'entretenait depuis quatre heures et demie maintenant et leur réunion touchait à sa fin.

Quelle chance, pensa-t-il en songeant à la migraine qui le tenait depuis trois quart d'heure.

Il s'obligea à rester concentré encore un moment et soupira d'aise quand tous les écrans s'éteignirent finalement mettant ainsi fin à son calvaire. Il s'autorisa un moment de repos bien mérité profitant du calme qu'on lui accordait pour souffler. Il défit son nœud de cravate et détacha le premier des boutons de sa chemise blanche. Il se laissa aller dans son confortable siège admirant la vue qui s'offrait à lui : son immeuble était incroyablement haut et le reste de la ville semblait s'étendre à ses pieds comme un parterre de fleurs. Il entendit la porte de son bureau s'ouvrir derrière lui et pensant avoir affaire à une de ses assistantes, il ordonna sans même regarder :

_ Voulez-vous bien annuler tous mes rendez-vous pour le reste de l'après-midi ? Dites-leur que je leur fixerais un nouveau créneau dès que possible.

_ C'est déjà fait.

Ouvrant les yeux en grand, il planta ses ongles dans les accoudoirs de son fauteuil en entendant cette voix qui lui rappelait tant de souvenirs. Il se tourna et découvrit un visage tout droit sorti du passé. Un visage souriant et qu'il était heureux de revoir.

_ C'est pas possible ! Neji Hyûga qu'est ce que tu fais là mon vieux ?!

Ils se serrèrent affectueusement dans les bras l'un de l'autre en rigolant.

_ Ça fait plaisir de voir que malgré toute l'eau qui a coulé sous les ponts, tu te souviennes toujours de moi.

_ Comment veux-tu que j'oublie quelqu'un comme toi ? On a fait les quatre cent coups ensemble toi et moi quand je suis venu en Europe. Ça fait un bail mais tu n'as pas changé, s'exclama Naruto aux anges.

_ Ouille ! Là tu me vexes si tu me dis que je ressemble à l'adolescent déglingué auquel je ressemblais quand on s'est rencontrés.

_ Tu parles ! Toutes les filles te couraient après lors de nos sorties en boîte et tu ne perdais pas une occasion de ramener celles qui te plaisaient chez toi, observa le blond perdu dans ses souvenirs.

_ Que veux-tu la chair est faible !

Un fou rire communicatif de son visiteur suffit à réchauffer le cœur de Naruto. Ce dernier proposa à son invité de prendre place dans son petit salon et ils se lancèrent dans une discussion à bâtons rompus. Ils parlèrent du passé surtout et de ce qu'ils étaient devenus depuis que leurs chemins s'étaient séparés. Leurs récits respectifs ponctués de grands éclats de rire les retint longuement et ils ne virent pas le temps passer. Jetant un coup d'œil furtif à sa montre, Neji se rendit compte qu'il était déjà dix-huit heures passées.

_ Oh là ! C'est vrai que le temps passe vite quand on est en bonne compagnie mais je dois te laisser à présent.

_ Oh non. On se reverra j'espère ?

La désarmante sincérité de son ami toucha Neji.

_ En fait c'est toi qui n'a pas changé mon bon Naruto. Ne t'inquiète pas, je suis ici pour un gros coup et je devrais rester un moment, continua-t-il afin de couper court à ses protestations. Tiens je te laisse ma carte. Il y a tous mes numéros ; tu pourras me joindre et on se fera une sortie comme au bon vieux temps.

_ Avec plaisir. Je suis si heureux de t'avoir revu.

_ On se reverra encore, j'en suis sûr. Bon je dois partir car je n'avais pas prévu de passer tout ce temps avec toi et il me reste encore des détails à régler avant demain. A bientôt !

Une nouvelle accolade et Neji s'en alla. Naruto sourit encore longtemps en fixant la porte de bois qui s'était refermé sur son ami, tellement content de ses retrouvailles inattendues que sa migraine s'était évaporée. Il n'en était que plus heureux.

Que de bonnes nouvelles, décréta le blond, s'emparant de sa veste en sifflotant.

Loin de ses moments de joie, Hanabi Hyuuga salua d'un geste de la main Itachi resté dans sa voiture, referma la porte d'entré et s'écroula littéralement dans le canapé du salon. Elle venait de passer une après-midi entière dans un centre commercial à courir les magasins avec son ami et à présent, elle ne sentait plus ni ses pieds car il l'avait fait trop marcher, ni ses bras puisqu'elle avait porté à elle seule des dizaines de sacs. Elle respirait plus librement maintenant qu'elle avait compris que sa jumelle était encore absente. En jetant un coup d'œil coupable à la pile de preuves qui l'incriminerait indubitablement aux yeux de son aîné : en d'autres mots Hinata allait lui arracher les yeux d'avoir dépensé autant d'argent pour des futilités pareilles. Elle s'évertua à trouver une explication plausible qui lui permettrait de s'en sortir sans dommages et se dit qu'au final le mieux restait de lui cacher la vérité. Elle se félicita pour son courage.

Niveau mensonges, j'ai dépassé la mesure depuis un bout de temps déjà, s'excusa-t-elle pitoyablement.

Elle se détourna de ses péchés en se disant qu'au bout du compte, elle avait passé un bon moment avec Itachi. Ils s'étaient rendus au plus grand complexe de commerces là où personne ne pouvait ressortir sans avoir ouvert une seule fois son portemonnaie. Au début, peu coutumière du fait Hanabi avait laissé le Uchiwa prendre en mains les choses avant de trouver cela très drôle. A la fin, elle n'avait plus de scrupules de dépenser son argent avec une telle aisance. En plus, elle ne pouvait pas dire qu'elle en manquait vraiment puisqu'à la maison elle n'en utilisait pas la moitié. Elle avait vite compris qu'avec l'argent qu'elle se faisait Hinata ne manquerait pas de trouver louche qu'une simple serveuse ait autant de pourboires. Elle avait donc pris l'habitude de ne garder de ses honoraires que ce dont elles avaient besoin pour vivre et se constituait sur un autre compte en parallèle un petit pécule pour « les coups durs ». Ainsi, elle avait déjà amassé une petite fortune depuis qu'elle était devenue membre à part entière du quatuor d'Orochimaru. A l'insu de sa jumelle.

Et un mensonge de plus ! Un, se moqua-t-elle.

Elle se frappa sur le front ; voilà qu'elle se lançait dans l'autodérision ! Elle s'arma de courage pour reprendre les sacs mais s'avisa au dernier moment ; elle avait pris quelques affaires pour sa sœur. Elle choisit donc le plus beau vêtement qu'elle lui avait acheté, posa le sac en évidence dans le fauteuil et monta le reste de ses achats. Elle les cacha soigneusement dans l'étagère du haut de son armoire. Fière d'elle, elle s'accorda un long bain afin de détendre ses muscles endoloris. Après tout elle l'avait bien mérité ; elle était passé près du drame ce matin quand elle avait vu Itachi sur le pas de sa porte. Non seulement, il aurait immédiatement su pour Hinata –les photos placardées le long du couloir d'entrée qui l'affichait en compagnie de son double constituaient une preuve évidente- mais le pire de tout aurait été que de fil en aiguille, ce soit sa sœur qui découvre le pot aux roses. Elle ne parvenait pas à s'imaginer ce qui se passerait si cela devait se produire. Elle ne supportait l'idée de perdre le dernier lien qui lui restait dans ce monde. Les idées noires qui obscurcissaient son esprit finirent par la lasser ; elle prit une profonde inspiration et plongea la tête sous l'eau. S'efforçant de compter lentement jusqu'à vingt, ce qui constituait son record d'apnée, elle attendit que l'eau la purifie de tous ses soucis. Elle n'entendit pas les sonneries stridentes du téléphone du salon.

Hinata raccrocha au bout de la quatrième sonnerie. Elle vit qu'il était dix-huit heures vingt cinq. Sa sœur devait être sortie ou peut-être travaillait-elle exceptionnellement ce soir. Quoiqu'il en soit elle n'avait pas répondu et Hinata ne pouvait plus décemment refuser de dîner en compagnie de ses amies. A vrai dire elle était tentée d'accepter car elle savait pertinemment que les filles s'inquiétaient simplement de connaître dans les moindres détails comment s'était déroulée sa première journée mais elle était réellement épuisée et ne rêvait que de s'écrouler dans ses couvertures au fond de son lit. Maintenant que son seul alibi à savoir sa sœur était parti en fumée, elle se résolût à appeler Ino sur la ligne interne de la société pour lui confirmer sa présence.

_ Je passerais te prendre avec Shikamaru dans une vingtaine de minutes. Sois prête.

Le ton involontairement autoritaire de son amie blonde ne lui laissait aucune échappatoire. Hinata jeta un coup d'œil au bureau désert de Shizune et leva finalement les yeux vers la porte fermée du bureau de son patron. Elle devrait lui seule annoncer qu'elle s'en allait. Elle déglutit avec difficulté, prit une grande bouffée d'air frais et se leva pour se diriger vers la porte. Elle se remémora la scène qu'il lui avait faite ce matin parce qu'elle était en retard. Impressionnée, elle n'avait pipé mot jusqu'à ce que Sakura ne lui vienne en aide. Sans se démonter, la rose lui expliqua que c'était à cause de Shikamaru que son amie prenait ses fonctions à cette heure. Toujours murée dans son silence, elle les regardait s'invectivaient mutuellement à son sujet et se souvint avoir pensé que Sakura avait beaucoup de courage de lui faire face avec tant d'aplomb. Au final, ce fut l'intervention de Shizune qui joua en sa faveur. Force était de constater que son assistante savait le menait à sa guise. Hinata l'admirait déjà. En ressortant, la brune lui avait fait un clin d'œil complice en lui chuchotant :

_ Je t'apprendrais mes petits trucs.

Elle soupira en se disant qu'elle aurait bien besoin tout de suite d'un de ces trucs. Elle rassembla son courage et se décida à frapper quand la porte s'ouvrit à la volée. Nullement surpris, Sasuke la jaugea des pieds à la tête avant de lui demander durement :

_ C'est une manie chez vous d'attendre derrière les portes sans frapper ?

_ Pardon, dit-elle en clignant des yeux sans comprendre.

_ Vous aviez fait pareil hier chez Naruto.

_ Excusez-moi, déclara une Hinata rouge de honte en percutant à l'allusion. Je voulais vous annoncer que je partais.

Plus elle parlait et plus le débit de sa voix descendait. Il dût s'approcher pour entendre la fin de sa phrase.

_ Vous pouvez rentrer. J'en ai fini moi aussi.

_ Merci. Bonne soirée M. Uchiwa.

_ Merci. A vous aussi. Au fait…

Il marqua une pause délibérée pour le plaisir de la voir retenir son souffle en appréhendant ce qu'il allait dire.

_ Demain je veux vous voir à huit heures ici, acheva-t-il enfin amusé qu'elle respire à nouveau.

_ Oui. A demain.

Elle se serait enfuie en courant s'il n'avait pas été là, Sasuke l'aurait juré. Souriant à demi, il prit ses affaires et sortit lentement. Naruto l'avait appelé un peu plus tôt pour l'inviter à diner. Au son chaleureux de sa voix, Sasuke sût qu'il était heureux et sans savoir pourquoi, cela lui mit du baume au cœur. Il avait donc accepté et prit tout naturellement la direction des couloirs. En refermant la porte de son service, il fut surpris de trouver Hinata adossée au mur. Ils se fixèrent un instant mais la jeune fille détourna finalement le regard quand il lui demanda de sa voix grave :

_ Vous ne deviez pas rentrer chez vous ?

_ J'attends une amie, expliqua-t-elle en lui faisant face.

_ Sakura ? Je la connais, reprit-il face à sa réponse négative de la tête.

_ Euh je pense que oui. Il s'agit d'une des hôtesses d'accueil du hall, Ino Yamanaka.

_ Tiens vous connaissez Ino également. Cela ne m'étonne qu'à moitié puisque vous êtes une amie de Sakura, continuait le brun sans attendre de vraies réponses. Elle doit vous reconduire chez vous ?

_ Non nous allons manger un morceau ensemble en compagnie de Sakura et de M. Nara. Je rentrerais chez moi ensuite.

A peine avait-elle finie sa phrase que les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur un groupe de personnes qui riaient aux éclats. Face à Sasuke, il y eut Ino, Shikamaru, Sakura et Naruto qui en sortirent. Il se pinça l'arrête du nez en comprenant ce qui arrivait. Hinata quant à elle se retourna pour découvrir à son tour ceux qui les rejoignaient. Peu à peu le beau sourire qu'elle destinait à ses amies s'éteignit quand elle vit qui se rapprochait d'elle. Elle se détourna de lui, le feu aux joues. Elle s'était trouvée en présence de Naruto Uzumaki plus souvent en deux jours qu'elle ne l'avait jamais été durant ces deux dernières années. Elle en était là de ses réflexions quand elle découvrit qu'un regard de braise l'enveloppait. Elle rougit encore plus si cela lui était encore possible. Un bras charitable sur ses épaules vint à son secours :

_ Alors Hinata tu tapais la causette avec ton nouveau boss, la taquina gentiment Ino.

_ Oui mais je crois comprendre que nous pourrons terminer cette conversation autour d'un bon repas, la devança Sasuke.

_ C'est ce qui est prévu en effet, entendit la Hyuuga.

Cette voix douce ne peut être que celle de Naruto, pensa-t-elle. Je vais mourir de honte.

_ Allez dépêchons-nous, je meurs de faim, ajouta Sakura en prenant d'office la brune par le bras. Je sens qu'on va bien s'amuser.

Persuadé que la soirée allait être un véritable cauchemar, Sasuke fut satisfait de constater qu'il avait eu tort sur toute la ligne. En fait ce dîner se révéla dans l'ensemble très constructif. Depuis l'arrivée inopportune de Shizune dans son bureau un peu plus tôt dans la journée, il avait décidé de ne plus se voiler la face. Il n'était plus un gamin et assumait ses choix en toute circonstance. Au début de la soirée, il admit donc totalement que la jeune Hinata Hyuuga lui plaisait. Ainsi, il eut tout le loisir de la connaître à travers les discussions et les situations qu'offraient le repas. Il s'étonna de constater qu'elle semblait éprouver un sentiment fort pour Naruto. Bien sûr benêt comme il l'était, le blond ne comprenait rien à ses rougeurs et à son bégaiement excessifs en sa présence. Pourtant qu'aucune de ses amies ne le remarque le surprenait beaucoup, d'autant plus qu'elles l'adoraient toutes les deux. Cela se voyait comme le nez au milieu de la figure.

Hinata parla peu pendant le dîner mais le bavardage incessant de ses amies suffit amplement à satisfaire la curiosité de Sasuke. Ce qui d'ordinaire l'énervait au plus haut point se révéla une chance pour lui et il remercia intérieurement Sakura et Ino d'être si volubiles. Elles la bombardèrent de questions sur son travail de la journée. La brune n'osa pas lever le nez de son assiette quand elle leur assura que tout s'était très bien passé. De son côté Naruto lui jeta un regard en biais et Sasuke se contenta d'opiner du chef pour confirmer les dires de Hinata.

_ Sérieux Ino tu crois qu'elle va se plaindre devant le chef, fit remarquer Shikamaru le menton posé négligemment dans le creux de sa main.

Sa petite amie lui fit la moue en lui rétorquant :

_ Hinata n'a pas à avoir peur. On est plus au bureau.

_ Oui c'est vrai, renchérit Sakura. On est entre amis. Pas de quoi s'énerver ! Hein Naruto ?!

_ Oui vous avez raison donc je propose qu'on ne parle pas boulot, répondit le blond. En plus cet après-midi j'ai retrouvé un ami rencontré en Europe ou plutôt c'est lui qui m'a retrouvé et je dois vous avouer que cela m'a fait énormément de bien de le revoir.

_ C'est pour ça que tu étais si content quand je suis arrivée dans ton bureau, observa Sakura en lui donnant des coups de coude dans les côtes. Moi qui pensais que c'était ma visite qui te faisait plaisir !

_ On va dire que c'était un peu des deux, plaisanta Naruto.

_ Tu parles ! Tu crois qu'il n'était pas content de voir Sakura ?! Autant lui demander s'il respire, susurra malicieusement Ino à l'oreille de Hinata qui se trouvait prise en sandwich entre les filles.

Hinata détourna vivement son visage vers Sakura et Naruto qui se souriaient comme s'il n'y avait plus rien d'autre au monde. Sasuke perçut exactement le moment où le cœur de la brune se brisa : ses grands yeux laiteux s'agrandirent sous l'émotion, son visage perdit le peu de couleur qui lui restait et sa lèvre inférieure se mit à trembloter furieusement. Sasuke se montra égoïstement soulagé. La nouvelle devait être difficile à digérer. Pour chacun d'eux, il n'y avait pas le moindre doute : les cinq amis se connaissaient depuis le bac à sable et ils n'y avaient plus de secret entre eux. Sakura et Naruto se tournaient autour depuis leur adolescence mais aucun des deux n'osaient tenter sa chance de peur de briser une si belle amitié.

Mieux valait qu'elle le comprenne dès aujourd'hui. Elle ne se bercera pas d'illusions, songea Sasuke.

Le reste de la soirée continua tranquillement mais il voyait bien que la Hyuuga rongeait son frein. Il décida de l'aider en écourtant les salutations.

_ Je peux vous raccompagner si vous le souhaitez, lui proposa-t-il galamment.

Il s'amusa de voir se refléter sur son visage une lutte interne : devait-elle partir avec lui ou rester ici en compagnie des autres ? Soudain sa décision fut prise :

_ Si cela ne vous dérange pas, je veux bien. Merci à vous tous pour le repas et passez une bonne fin de soirée, dit-elle en embrassant chaleureusement ses amies.

_ Ouais on se retrouve demain au boulot, déclara Shikamaru.

_ Bonne soirée. Ah au fait, il faut qu'on se voit demain Sasuke, j'ai un nouveau projet en vue, claironna fièrement Naruto à son ami.

_ Ok. Salut.

Ils s'éloignèrent en leur faisant de petits signes. Arrivés à l'extérieur, ils comblèrent en silence les mètres qui les séparaient de l'élégante voiture de sport de l'Uchiwa. Grand seigneur, il lui ouvrit la portière avant de se mettre au volant. Durant les premières minutes du trajet, elle se terra dans un mutisme lourd jusqu'à ce que son compagnon ne la prévienne :

_ Vous devrez m'indiquer où vous habitez car je ne sais pas du tout où je vais.

_ Oh désolée, j'étais perdue dans mes pensées ! Alors ma maison se trouve dans les nouvelles constructions près de la grande église.

_ Ah vous vivez dans le vieux quartier. Je connais, dit-il.

_ C'est étrange de le surnommez le vieux quartier alors que la plupart des habitations sont récentes, nota la jeune femme.

_ C'est vrai mais dans la vie il y a beaucoup de choses bien plus étranges si vous voulez mon avis.

_ Vous êtes philosophe à vos heures perdues, l'interrogea-t-elle en l'observant à la dérobée.

_ Non pas du tout. Je dis juste que la vie nous oblige à nous poser continuellement des questions et qu'au final on n'y comprend pas souvent grand-chose.

_ Vous avez sûrement raison, concéda-t-elle après une courte réflexion.

Elle ouvrit la bouche pour parler mais se retint au dernier moment. Elle regarda droit devant elle mais ne voyait pas les lumières de la ville défiler sous ses yeux.

_ Allez-y, l'encouragea Sasuke. Vous avez envie de me dire quelque chose alors lancez-vous.

_ C'est que je voulais savoir ce que vous avez pensé de moi aujourd'hui mais je rends compte que nous n'avons pas encore eu à travailler ensemble.

_ C'est vrai mais Shizune m'a assuré que vous étiez très douée. D'ordinaire je lui fais confiance.

_ J'espère ne pas la décevoir.

Elle fit mine de réfléchir et poursuivit en souriant :

_ Au fond vous n'êtes pas si mauvais que vous le montrez au premier abord. Ce matin en sortant de votre bureau, j'étais effrayée.

_ Et maintenant ?

_ A présent je dois vous avouer que je suis soulagée de ne pas travailler avec le monstre que je m'imaginais.

_ Vous m'en voyez ravi, déclara Sasuke. Nous sommes presque arrivés ?

_ Oui, dit-elle en examinant les environs. Il faut suivre la route tout droit jusqu'à la troisième intersection puis tourner à gauche.

Il suivit ses indications et moins de cinq minutes plus tard, elle l'informa en désignant une jolie petite maison éclairée :

_ C'est ici, vous pouvez vous arrêter.

_ Tiens vous ne vivez pas seule ?

Il s'agissait plus d'une remarque que d'une question. Le brun s'en voulut de ne pouvoir contrôler les battement saccadés de son cœur quand il s'imagina l'entendre répondre « oui, mon fiancé m'attend sagement ! ».

_ Je vis avec ma sœur, renseigna Hinata en refermant la portière mettant ainsi fin à son calvaire.

Il fut contrarié d'être soulagé. Il n'y avait pas de quoi être fier.

_ Merci de m'avoir reconduite M. Uchiwa et à demain. Je serais à l'heure ne vous en faites pas. Bonne fin de soirée.

Elle s'éloigna en courant sans un regard en arrière et Sasuke repartit quand il fut certain qu'elle était rentrée. Il n'était pas sûr de pouvoir se reposer pour le lendemain. Son esprit serait envahi du visage souriant qu'elle lui avait offert dans cette voiture.

Si je raconte cette histoire à Itachi, il va se foutre de moi, pensa-t-il en éclatant de rire.


Bon ben voilà pour aujourd'hui. Impréssions, réactions, remarques ou critiques constructives sont les bienvenues. A bientôt...