Disclaimer : Comme d'hab. Tout est à JKR et l'histoire est un défi.

Je vous rappel que nous sommes deux à travailler dessus, Moi Cleo et Yukimai.

Réponse aux Reviews Anonymes :

Neko : Oui, je pouvais pas laisser Tom partir sans revenir faire sa fête à Vernon. Pour le secret, il est révélé dans ce chapitre. Lucius en connait une partie, on le sera plus tard. Il va mettre encore un peu de temps à ouvrir ses magnifiques yeux sur Harry mais la vérité lui sautera bientôt aux yeux... Merci pour ta review et Bonne Lecture...

Adenoide : Merci pour ta review. Réponse à ta question sur le pourquoi Voldemort sauve Harry dans ce chapitre. Pour Lucius et Ry, la guerre va durer un petit moment mais ça finira par s'arranger, je te rassure. Bonne lecture.

JTFLAM : Merci pour ta review. J'aime tes reviews toujours complètes, constructives et détaillées. Oui, même Tom pense qu'il n'a pas été assez méchant après coup. La question sur le lien entre Ry et Tom trouve réponse dans ce chapitre. Effectivement, Lucius s comporte en connard arrogant bourré de préjugés et ça va durer un moment avant de s'arranger. Pour l'héritage des Black et des Potter tu verras bien... La suite de mes autres fics arrivera prochainement. J'essaie de prendre de l'avance avant de publier. Bises et bonne lecture.

Calimero : Réponse pour Voldemort dans ce chapitre. Severus sera très humain dans cette fic, Yukimai et moi y tenons. Pour Lucius, il va finir par évoluer même si ça prendra du temps. Nous espérons que cette suite va te plaire. Merci pour ta review et bonne lecture.

Un grand merci aussi à ceux qui mette cette histoire en Alert ou en Favoris.

Voici donc le nouveau chapitre.

Bonne Lecture à tous...

Chapitre 3 : Début d'une nouvelle vie

La petit brun souffla, comme soulagé, puis, vint se coller contre l'homme. Severus passa ses bras autour de lui pour l'enlacer et Harry se crispa légèrement. Il était encore effrayé face aux contacts intimes. Quand il sentit que le professeur ne faisait rien d'autre que lui caresser le dos pour l'apaiser, il se détendit. Une larme traitresse roula le long de sa joue. Non ! Il ne devait pas pleurer, pas maintenant, il n'avait pas le droit de craquer. Il ne fallait pas qu'il se montre faible face aux autres. Il devait à tout prix rester fort. Pleurer était une faiblesse qu'il ne pouvait se permettre pour le moment.

- Laisse-toi aller, Harry. Je ne te jugerai pas et puis, ça te fera du bien.

Ce fut comme un signal pour le jeune homme qui se blottit encore plus dans l'étreinte protectrice et apaisante alors que les larmes redoublaient et roulaient sur ses joues pâles et creuses sans vouloir s'arrêter. Il oublia toutes ses résolutions. Il avait besoin de cette épaule sur laquelle déverser son chagrin. Il était tellement bien, là, dans cette étreinte amicale. Son corps était secoué de lourds sanglots mais aucun son ne sortait de sa bouche. Il avait depuis longtemps appris à pleurer en silence. Pleurer, mais ne pas faire de bruit, il avait apprit la leçon de manière violente et brutale. Le professeur lui murmurait des paroles sans queue ni tête pour le calmer. Il n'entendait pas les mots, juste la douceur et la chaleur de la voix amie. Puis, petit à petit, les larmes se tarirent, le petit brun s'éloigna et baissa la tête confus de s'être laissé aller dans les bras de cet homme qu'il avait tant haït. Il réalisait petit à petit à quel point il avait dû se tromper sur cet homme qu'il avait longtemps considéré comme un être sournois et sans coeur.

Severus fit comme si il n'avait rien remarqué, il l'aida à se lever, le réinstalla dans le lit et alla à la salle de bain chercher un verre d'eau qu'il lui apporta. Harry le prit d'une main tremblante et le bu d'un trait, il en avait vraiment besoin. Il sentait le liquide froid et vital couler dans sa gorge meurtrit. Il poussa un soupir de bien être. Ça faisait un bien fou. Sa gorge l'avait tellement fait souffrir. Elle était irrité et brûlait à force d'avoir trop crier. Sa pneumonie et la toux qui en résultait avait encore empiré la situation. Quand il eut finit, il tendit le verre au professeur et marmonna un faible.

- Merci... Merci pour tout... Sa voix était rauque et éraillée.

- De rien Harry. Dors maintenant, tu en as besoin.

Harry fit non de la tête. Il ne voulait pas dormir sinon IL allait revenir l'attaquer et lui faire du mal. IL allait de nouveau le battre et le violer. IL allait l'insulter encore et encore. C'était hors de question. Il ne voulait plus souffrir et si, pour ça, il devait arrêter de dormir alors il le ferait. Il se savait épuisé mais le sommeil lui amenait trop d'images horribles pour qu'il s'y laisse glisser. Il se mit à trembler. Severus posa une main apaisante sur son épaule et demanda d'un ton toujours doux.

- Tu veux une potion de sommeil sans rêve ?

Le petit brun fit un petit sourire et hocha la tête en signe d'assentiment. L'aîné lui tendit alors une fiole contenant un liquide mauve qu'il reconnut aussitôt. Le survivant la prit, l'ouvrit, la bu cul sec et retomba lourdement sur son oreiller. Severus prit la fiole vide, remonta les couvertures sur le corps de l'adolescent, déposa un baiser sur son front en se traitant intérieurement de poufsouffle puis tourna les talons et quitta la chambre. Sur le pallier, il appela Tipy et lui demanda de veiller sur le garçon. L'elfe accepta avec bonheur, elle appréciait énormément le jeune garçon. Ils ne c'étaient pas beaucoup parlé mais il la traitait en égal et ça lui plaisait beaucoup. Quand il fut certain que la créature ferait ce qu'il avait demandé, Snape partit vers son laboratoire de potion.

Deux jours passèrent. Harry allait de mieux en mieux physiquement mais son mental était encore faible. Il était encore effrayé face à certaines situations. Les mouvements brusques, les bruits forts. Il sursautait souvent en poussant des petits cris de terreur. Ce qu'il avait vécu depuis tout petit l'avait profondément marqué. Le potionniste pu voir à quel point il avait été fort psychologiquement auparavant. Il avait jouer un rôle à Poudlard et personne ne savait ce qu'il avait vécu dans sa famille. À présent, son mental c'était effondré laissant place à ses peurs et à ses traumatismes. Par exemple, la veille, alors qu'il était avec Severus dans le laboratoire de potion, il avait fait tomber un bocal vide qui c'était fracassé sur le sol. Il s'était alors mit à trembler et s'était recroquevillé au sol contre le mur en protégeant sa tête de ses bras, il attendait les coups. Le potionniste d'abord surprit, puis choqué, avait parlé d'une voix douce et s'était lentement approché pour ne pas le brusquer. Il avait alors demandé à Harry de le regarder et quand le jeune homme l'avait fait, il avait juste réparé les dégâts d'un coup de baguette. Le jeune sorcier avait fait un timide sourire et l'incident avait été rapidement oublié.

Il faisait lentement confiance à Severus et avait commencé à se confier un peu à lui. Il lui avait parlé de ses premières années chez les Dursley. Quand il avait vécu enfermé dans son placard, ne sortant que pour effectuer les taches ménagères, préparer les repas et entretenir le jardin. Les coups qui ne manquaient pas de pleuvoir à chaque erreurs. D'ailleurs, le potionniste avait apprit que les marques qu'il avait dans le dos avaient été faites avec un fouet et la lame d'un couteau de chasse chauffée à blanc. Il avait aussi conté ses débuts difficiles à l'école moldue. Les professeurs qui le prenaient pour un attardé mental parce qu'il faisait tout pour avoir des notes inférieures à celles de son cousin. Habitude qu'il avait gardé à Poudlard. Il avait très vite compris que si il apportait des résultats scolaires supérieurs à ceux de Dudley, il recevait une correction. Puis, son cousin et ses copains qui pratiquaient la « chasse au Harry ». Tant de souvenirs brutaux et difficiles dont il aurait peine à se débarrasser.

Ils avaient énormément discuté et quand le petit brun avait été capable de se lever, il avait naturellement été avec Severus dans le laboratoire de potion. Le professeur avait pu constater que contrairement à ce qu'il pensait, le brun était vraiment doué dans sa matière comme dans toutes les autres d'ailleurs. Il faisait des potions parfaites quand il n'était pas sur son dos. Le brun brassait alors les potions anti-douleurs et les potions poussos. Il apprit également que le jeune sorcier était passionné par les créatures magiques, les sortilèges, la médicomagie, l'arithmancie et les runes et langues anciennes, bien qu'il n'ai pas prit les deux dernières en option. Il les avait étudié seul et avait un très bon niveau dans les deux matières. Il parlait assez couramment l'elfique et le gobelbabil (1), ce qui était plutôt rare. Le gamin était attachant et plein de ressources. Il était calme, ordonné et vraiment serviable. On voyait qu'il aimait se rendre utile et qu'il avait appris très tôt à être autonome.

Cela faisait maintenant trois jours qu'il était dans ce manoir. Le potionniste lui avait apprit qu'il était chez Tom Riddle, alias Voldemort, mais le jeune sorcier ne l'avait pas encore rencontré. Non pas qu'il s'en plaigne, car, même si il savait que le lord l'avait sauvé, l'homme lui faisait peur. Il espérait bien le rencontrer le plus tard possible. Puis, l'homme avait quand même tué ses parents. Il venait d'entrer dans le laboratoire de potion et Severus l'invita à s'asseoir alors que d'habitude il lui donnait une liste de potions à brasser. Bien que surprit, il prit place dans un fauteuil en silence. L'homme lui proposa une tasse de thé et des biscuits qu'il accepta volontiers. Puis, quand il fut bien installé, il lui tendit la gazette du sorcier.

- Lis ça, Harry.

La voix était calme mais ne laissait place à aucune réplique. Le jeune sorcier fronça les sourcils mais déplia tout de même le journal et entreprit de le lire. À mesure que les mots défilaient sous ses yeux, il blêmissait.

[Mort de Harry Potter ! La fin de l'espoir pour notre communauté !

Le 10 Août dernier, le corps sans vie de Harry James Potter, survivant et élu du monde sorcier a été retrouvé dans les ruines du pavillon dans lequel il vivait avec sa famille moldue. Son oncle, Vernon Dursley aurait également périt dans l'incendie.

Une enquête a été mené et les experts ont conclus à un accident. Pour certains appareils moldus et la lumière, leces derniers utilisent une énergie qu'on appel « électricité ». Il semblerait qu'il y ai eu un défaut dans le réseau et que l'incendie ce soit déclenché de cette façon.

Des funérailles auront lieux demain, 14 Août, à 14h, à L'église de Godric's Hollow puis, Harry James Potter sera inhumé auprès de ses parents James Potter et Lily Potter (née Evans). Les obsèques seront intimes et seul les proches y sont conviés. En revanche, un hommage national sera fait ce samedi, 16 Août à 15h dans la salle de réception « Godric Griffondore » du ministère de la magie.

Biographie de Harry James Potter en page 12...

Votre dévouée reporter, Rita Skeeter]

Les mains du jeune sorcier tremblaient. Il était à la fois soulagé et effrayé. Maintenant qu'il était déclaré mort, il avait une chance de refaire sa vie sans cette célébrité qui lui pesait. Il avait toujours détesté être le survivant, il haïssait le fait d'être célèbre juste parce que ses parents c'étaient sacrifiés pour lui. Seulement, il avait tellement peur. Il ne reverrait plus ses amis et il était vraiment seul maintenant. Il n'avait plus de famille, plus d'identité, plus rien. Il se retrouvait sans argent, sans maison. Une larme roula sur sa joue sans qu'il ne puisse déterminer si la cause en était le soulagement, la tristesse, la peur ou le bonheur. Toutes ses émotions tournaient à une vitesse folle dans son esprit lui donnant le vertige. Il se sentit prit dans une étreinte chaleureuse. Il se crispa légèrement avant de se détendre quand il reconnut l'odeur du potionniste. L'homme l'enlaça longuement en lui caressant le dos et en lui murmurant des paroles rassurantes puis, quand enfin le jeune sorcier s'apaisa, il l'éloigna doucement avant de reprendre la parole.

- Tu n'es pas seul Harry. D'ailleurs, il est temps que tu rencontre le maître des lieux. Il veut te voir. Il a des choses importantes à te dire.

Aux paroles de son professeur, Harry se sentit blêmir davantage. D'accord, Voldemort ne lui avait pas fait de mal, il l'avait même sauvé de son oncle et son instinct lui disait qu'il n'était pas étranger à l'incendie du 4 Privet Drive mais ce n'était pas une raison pour qu'il se jette dans la gueule du loup. Il savait ce que disait la prophétie, tuer ou être tuer et il était bien trop faible pour combattre le mage noir. La voix de Severus claqua, le sortant de ses pensées.

- Il ne te fera aucun mal.

Le jeune sorcier soupira. Il n'y croyait pas vraiment mais il hocha tout de même la tête pour montrer à son professeur qu'il avait comprit. Snape l'aida à se lever et ensemble, ils se rendirent dans un petit salon du manoir.

Ils pénétrèrent dans une pièce plutôt chaleureuse mais assez sombre. Le parquet était foncé, les murs dans des tons de verts foncé également, les fauteuils étaient noirs, la table basse en ébène. Le jeune homme s'y sentait à la fois à l'aise et oppressé. C'était fou comme ses émotions pouvaient être contradictoires depuis qu'il n'était plus à Little Winging. Ils s'installèrent dans deux des fauteuils et attendirent quelques minutes. Un elfe de maison apporta des rafraîchissements et des pâtisseries et quand il disparut, la porte de la pièce s'ouvrit laissant place à Voldemort. L'homme ne ressemblait en rien au Voldemort des souvenirs de Harry. Celui dont se souvenait le jeune sorcier n'avait plus rien d'humain contrairement à l'homme qui se tenait face à lui. Puis, sa cicatrice ne lui faisait pas mal.

Tom était grand, musclé, sa peau était pâle, ses traits virils et réguliers, il avait des cheveux noirs mi longs qui retombaient en cascade sur ses épaules et des yeux carmins. Sa démarche était gracieuse, son port altier, il avait un certain charisme. Il était beau, très beau. Il prit place dans un fauteuil face à Harry, lui fit un faible sourire et prit la parole.

- Bonjour Harry.

La voix du lord était grave et chaude. Le petit brun sursauta et se mordit la langue pour étouffé le petit cri de terreur qui menaçait de passer la barrière de ses lèvres. Il tremblait légèrement, il était pâle. Il se disputa intérieurement, il détestait être cette petite chose apeurée. Voldemort n'avait pas l'air de vouloir lui faire du mal mais il ne pouvait s'empêcher d'avoir peur. Il murmura un faible « Bonjour » et baissa la tête trouvant tout à coup, le parquet tout à fait fascinant. Severus se leva et déclara.

- Vous avez de nombreuses choses à vous dire. Je vais vous laisser.

Il tourna les talons et se dirigea vers la porte de la pièce dans une de ses célèbres envolée de cape. Réalisant que la seule personne en qui il avait un minimum confiance allait partir, Harry se leva comme un ressort, courut et rattrapa Severus, s'accrochant à ses robes. Le potionniste se retourna et haussa un sourcil interrogateur. Le petit brun se blottit dans ses bras en tremblant. L'homme commençait à comprendre mais il eut la confirmation de ce que voulait le garçon quand il parla d'une voix faible et chevrotante.

- Ne me laissez pas seul. Je vous en supplie.

Sa voix laissait échapper des sanglots contenus et ses yeux verts étaient brillants. Snape jeta un regard à Tom qui hocha la tête pour dire qu'il acceptait la présence du potionniste durant l'entretien. Severus revient alors s'installer dans son fauteuil avec Harry sur les genoux qui se blottit contre son torse. Le jeune homme ne voulait pas le lâcher, comme si il avait peur qu'il s'envole. Voldemort reprit alors la parole.

- Avant de t'expliquer ce que tu fais ici Harry. J'aimerais que tu me dise ce qu'on t'as exactement raconté sur moi.

Le petit brun trembla davantage et une larme roula sur sa joue. Il renifla. On lui avait dépeint un personnage si cruel. Severus passa une main dans sa chevelure indisciplinée pour le rassurer et l'encourager à parler. Quand il le fit, sa voix ne fut qu'un murmure et les deux adultes bénirent le silence qui régnait dans la pièce sinon ils n'auraient sans doute rien entendu de ce que le jeune sorcier disait.

- Hagrid est venu me chercher chez mes moldus quand j'avais 11 ans. Il m'a dit que j'étais un sorcier et que j'étais très célèbre dans le monde sorcier. Je m'étais toujours senti différent alors quand il m'a dit ça, j'étais excité mais j'avais peur aussi. Je ne savais pas ce que tout ça signifiais vraiment, je veux dire, être sorcier. Ma famille ne m'avait jamais parlé du monde de la magie. Les Dursley disaient que la magie n'existait pas, que j'étais un monstre, un anormal. Hagrid était en colère que je ne sache rien de mes origines. Il m'a bien tout expliqué, puis, il m'a raconté la mort de mes parents. Il m'a dit qu'un mage noir du nom de Voldemort avait semé la terreur et qu'un jour, il avait tué mes parents. Il m'a dit qu'il y avait eu une guerre. Que le mage noir voulait le pouvoir. Qu'il avait essayé de me tuer le soir où il a assassiné mes parents mais que le sort de mort qu'il m'avait jeté c'était retourné contre lui et l'avait détruit cette nuit là. Il m'a aussi dit qu'il était sûr que le mage noir allait revenir. Le temps a passé, j'ai vécu plusieurs épreuves et chaque fois le Professeur Dumbledore me disait que c'était vous le responsable. Puis, en juin, il y a eu le ministère et la prophétie. Mon parrain est...

Il fit une pause dans son récit. Il renifla légèrement. Parler de la mort de Sirius était encore douloureux pour lui. Il revoyait le visage de l'homme frappé de stupeur, son aura passer derrière le voile et ce rire hystérique, celui d'une folle, celui de Bellatrix. Il souffla et reprit.

- Mort. Puis le Professeur Dumbledore m'a dit que c'était à cause de la prophétie que vous aviez tué mes parents.

Tom fulminait, le vieux fou avait bien manœuvré. Il comprenait que le garçon ait si peur de lui. En réalité, il n'y avait pas d'histoire de morts et de destructions. Jamais il n'avait été vaincu pour revenir à la vie. Il avait été retenu captif dans un endroit tenu secret pendant 13 longues années. Son retour à la vie était en fait dû à son évasion de ce cachot miteux dans lequel il avait été jeté. Il n'allait pas encore raconter son histoire au garçon, cependant, il devait lui avouer le principal. Mais avant, il avait besoin d'obtenir une information capitale. Il parla d'une voix aussi douce que possible.

- J'aimerai que tu me dise quelle prophétie t'a rapporté Albus Dumbledore.

Harry se crispa, si il lui disait la prophétie alors Voldemort allait le tuer, c'était sûr. La peur s'empara de tout son être suintant à travers chaque pores de sa peau pâle. Il serra encore plus la robe de Severus entre ses doigts ses jointures blanchissants furieusement. Peut être que le mage noir l'avait justement sauvé pour connaître le contenu de cette prophétie. Après tout, elle avait été détruite au ministère. Dumbledore lui avait bien dit que Voldemort ne connaissait que la fin de la prophétie et il n'avait pas pu l'entendre en juin puisqu'elle avait été cassé avant qu'il ne puisse s'en emparer. D'accord, Albus Dumbledore l'avait aussi laissé chez ses moldus tout l'été mais il avait toujours été une sorte de guide pour lui, un mentor. Devait-il faire confiance à celui qui avait tué ses parents ? Il secouait la tête de gauche à droite en signe de refus. Il ne pouvait vraiment pas donner la prophétie, se serait signer son arrêt de mort. Severus l'enlaça plus fort pour lui donner un sentiment de sécurité. Il caressa doucement sa chevelure indisciplinée et lui chuchota des paroles rassurantes à l'oreille. Qu'aucun mal ne lui serait fait, qu'il pouvait parler sans crainte. Après presque une demi heure d'un silence de plomb, il reprit la parole dans un même murmure.

- Celui qui a le pouvoir de vaincre le seigneur des ténèbres approche... Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois... et le seigneur des ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le seigneur des ténèbres ignore... et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun ne peut vivre tant que l'autre survit... celui qui détient le pouvoir de vaincre le seigneur des ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois...

Quand il entendit la prophétie, Tom oublia toute contenance et recracha fort peu élégamment sa gorgée de whisky. Le vieux fou n'avait pas osé faire ça ? Décidément, il lui aurait vraiment tout fait ce vieux manipulateur avide de pouvoir. Il ne pouvait pas continuer à bouffer ses bonbons au citron et foutre la paix aux gens. Il fallait qu'il invente cette prophétie qui disait au garçon qu'il devrait tuer ou être tué. Il secoua la tête de gauche à droite. La gamin tremblait comme une feuille, il semblait au bord de l'évanouissement et Severus, en bon protecteur, tentait de le rassurer comme il pouvait. Tom pouvait comprendre cette crainte. Harry devrait tout simplement avoir peur qu'il ne l'achève sur le champ. Comment pourrait-il faire du mal à cet enfant ? Jamais il ne le tuerait. Il soupira et prit à son tour la parole.

- Je ne te tuerai pas Harry. La prophétie est complètement fausse. Je vais te donner la vraie et ensuite tu auras des explications. « Une nouvelle ère approche... Une guerre commence à la lumière, mais l'Ombre rôde... Prenez garde à l'héritier des ténèbres car, des épreuves qui peupleront sa vie, dépendra l'avenir du monde...» Elle est courte et ne dis absolument pas que l'un de nous doit tuer l'autre.

Le petit brun avait écouté attentivement les paroles de son aîné. Il tremblait toujours mais sentait son coeur se gonfler d'un espoir fou. Si l'homme disait vrai ? Il ne deviendrait jamais un assassin. Il ne voulait pas tuer. Il y avait déjà eu trop de morts autour de lui. Cette prophétie était une bénédiction si celle qu'il connaissait était fausse. Il voulait tellement y croire mais il avait toujours tellement peur. Il rétorqua d'une voix hésitante.

- Pourquoi devrais-je vous faire confiance ?

- Parce que jamais je ne pourrai jamais faire de mal à mon petit fils.

Harry se redressa d'un coup et regarda Voldemort la bouche ouverte. Le lord noir son grand-père ? C'était une blague, un canular ? Comme pour les caméras cachées à la télévision moldue ? Quelqu'un allait sortir de l'ombre et crier « Souriez ! Vous êtes filmé ! ». Ce n'était pas possible. Il regarda attentivement son hôte. Tom Riddle avait l'air tout à fait sérieux. Non ! Non ! Non ! Et Non ! Cet homme ne pouvait pas être son grand père. Il savait de source sur que les parents de son père étaient membres d'une vieille famille sorcière descendante de griffondore et de Merlin lui même et sa mère était une née moldue. C'était forcément un mensonge. Une larme roula sur sa joue, elle exprimait sa peur, sa rage, sa déception, son amertume et un lourd sentiment de trahison. On lui avait menti. Il avait été trahi. Par qui ? Pourquoi ? Si Tom était vraiment son grand père, pourquoi avait il été élevé par les Dursley ? Il avait tant souffert là bas. Il sentit une main chaude et amie qui caressait son dos. Il ferma un peu les yeux et se laissa aller à cette sensation de douceur apaisante. Puis, après quelques minutes, il les rouvrit et Il tourna la tête pour plonger ses yeux verts dans les prunelles sombres de Severus et n'y vit que la vérité. Le professeur hocha la tête pour lui dire que tout était vrai, qu'on ne lui mentait pas. Il avait acquit une certaine confiance en cet homme et savait qu'il ne lui mentirait pas. Il regarda Tom et lança d'une voix éteinte.

- Mais… si vous êtes mon grand-père, pourquoi avoir assassiné mes parents ? Et pourquoi avoir voulu me tuer ? Et pourquoi ai-je dû être élevé par les Dursley ? Je ne comprend pas...

- Je n'ai pas tué tes parents Harry. Jamais je n'aurai pu tuer ma fille ou mon gendre et encore moins faire du mal à mon petit fils. Pour le fait que tu ais été élevé par ces moldus, je n'avais pas le choix mais je te raconterai tout ça plus tard.

Harry hocha la tête et replongea un moment dans ses pensées. Bon, le mage noire était son grand père. Lily Evans était la fille de Tom Riddle. Il était le fils de Lily Evans, c'était logique et clair. Pourtant, il ne voulait pas y croire.

- Qui me dis que vous ne me mentez pas ?

- Il y a un sort de génétique qui existe. Il faut une goute de nos sangs et Severus peut lancer le sort. Si l'aura qui se dégage est d'un beau bleu turquoise, c'est que nous sommes parents. Est ce que cette preuve te suffirait ?

Harry hocha encore la tête. Tout se passa ensuite très vite. Le lord et lui déposèrent chacun une goute de leur sang dans une petite coupelle. Severus leva sa baguette, se concentra et lança le « Cognatio (2) ». Un rayon blanc sortit de la baguette du potionniste et toucha la coupelle. Une lueur vaporeuse s'éleva de quelques centimètres et vira au bleu turquoise. Le jeune sorcier avait sa preuve. Voldemort disait vrai. Il eut un petit sourire las et blasé et parla d'une voix éteinte.

- J'ai besoin de temps pour accepter tout ça. Laissez-moi juste du temps, s'il vous plaît. Ne me forcez à rien, laissez-moi apprendre à vous connaître et venir à mon rythme, répondit le garçon fatigué.

- Bien sûr Harry.

- Je peux rester quand même avec Severus ? Demanda t-il d'une petite voix timide.

Il s'était habitué à l'homme, qu'il appréciait énormément. Severus lui apprenait des choses et sa présence était rassurante pour lui. Il avait besoin de se sentir protégé et aussi qu'on le traite en personne normal et non en monstre, en célébrité ou en esclave. Le potionniste lui apportait tout ça, se sentiment d'égalité. Comme un mentor, un guide. Les débats qu'ils avaient ensemble lui plaisait tellement. Ne plus avoir le droit de le voir serait un déchirement pour lui.

- Pas de problème Harry, mais tu sais, il y a aussi une jeune fille de ton âge au manoir. Elle s'appelle Millicent. Elle est souvent à la bibliothèque, rétorqua Tom.

- J'irais peut être la voir. Je peux partir maintenant ? Je suis fatigué.

- Oui. Bonne journée Harry.

- À vous aussi Monsieur.

Sur ces paroles, le jeune homme se leva doucement, fit un sourire timide à Severus et quitta la pièce en prenant soin de se faire le plus discret possible. Il n'était pas encore très à l'aise. Il appliquait encore ce qu'on lui avait apprit dès tout petit. Ne pas faire de bruit et faire comme si il n'existait pas. Dès qu'il ferma la porte du salon, il sentit les larmes monter. Il dévala les longs couloirs du manoir en rasant les murs tel une ombre et regagna sa chambre. Il refusait toujours de pleurer devant des personnes autres que Severus.

Sur place, il se laissa tomber sur son lit et pleura tout son soul. Sa vie n'était faites que de mensonges. Qui pouvait-il croire ? Il se sentait perdu. Il avait eu la preuve que tout était vrai mais ce sentiment d'avoir été trahi ne le quittait plus. Dumbledore devait le savoir et il lui avait fait croire pendant des années que Tom en voulait à sa vie. Que cherchait le directeur de Poudlard à la fin ? Cette guerre était-elle seulement réelle ? Qui avait tué ses parents si le lord noir n'y était pour rien ? Tant de questions sans réponses. Il avait tellement de mal à croire à tout ça. Il se croyait sans famille et une fois de plus, sa vie changeait radicalement. Quand il avait lu la gazette, il pensait avoir tout perdu. Malgré la gentillesse dont il avait fait preuve, Harry ne pouvait s'empêcher d'avoir peur de Tom. Il lui faudrait tellement de temps pour faire confiance à cet homme et l'accepter comme famille. Il finit par s'endormir sur son lit épuisé d'avoir trop pleuré.

Il n'ouvrit les yeux qu'en fin de matinée secoué par un violent cauchemar. Son oncle était là, il lui disait que même si il fuyait, il le retrouverait et lui ferait payer son insolence. Qu'il n'était qu'un monstre, une catin tout juste bonne à le soulager. Le brun hurla alors qu'il revivait le moment où son oncle l'avait pénétré brutalement pour la première fois. Il ressentait chaque sensations : sa peur, son humiliation, sa douleur. Il se redressa et poussa un hurlement avant de sortir en trombe de son lit et de se rendre dans la salle de bain pour vomir. Alors qu'il vomissait sans pouvoir s'arrêter, la porte de sa chambre s'ouvrit, laissant place à un Lucius Malfoy passablement énervé. Sans se préoccuper de ce qui avait provoqué le hurlement de Harry, ni de ce pourquoi il vomissait, il lança d'un ton dur et froid.

- Nous pouvez vous donc pas cesser de brailler Potter ?

Le brun sursauta, se crispa et ne répondit rien. Il n'aimait pas sentir un homme si proche de lui. Agacé, Lucius lui saisit le bras, le retourna et cria.

- Regardez moi ! Et répondez Potter quand je vous parle !

Le brun se débattit violemment en criant de frayeur et alla se recroqueviller contre le mur de la salle de bain. Il protégea sa tête de ses bras et attendit. Son corps tremblait violemment. Les coups allaient venir, Vernon allait lui faire mal. Il ne savait pas ce qu'il avait fait de mal mais ça devait sûrement être très grave pour que son oncle soit si en colère contre lui. Il commença à supplier.

- Oncle Vernon, je vous en supplie, ne me faites pas de mal. Je vous laisserez faire ce que vous voulez mais ne me faites pas mal...

Il pleurait, il suppliait, il tremblait. Son oncle allait encore le battre et le violer. Il fallait juste qu'il ne bouge pas, qu'il se laisse faire et ça irait vite. Il aurait mal mais moins que si il essayait de résister. Lucius haussa un sourcil et déclara narquois.

- Cessez donc Potter ! Je ne suis pas votre Oncle Vernon et votre comédie ridicule. Vous n'arriverez pas à m'attendrir de cette façon. Nous savons tous les deux que vous mentez et que vous avez été pourri gâté par votre famille.

Il voulut s'approcher du gamin pour le remettre à sa place mais sentant son mouvement brusque, le jeune sorcier poussa un hurlement à s'en déchirer les cordes vocales. Son cri se brisa pour devenir rauque et faible. Il tremblait de la tête au pieds et semblait parti dans un autre monde. Un monde sombre, peuplé de ses pires cauchemars. Lucius avança le bras pour le relever brutalement mais la magie instinctive du garçon érigea un bouclier et il fut violemment projeté à l'autre bout de la pièce. Il cogna contre la paroi de la cabine de douche, il était à moitié assommé et furieux. Il se releva et se frotta l'arrière du crâne avant de se mettre à hurler sur Harry qui se recroquevillait de plus en plus. Le garçon n'avait plus la force de crier sa terreur. Il était de nouveau à Privet Drive, dans cette maison où son oncle régnait en maître le violant et le battant encore et encore. Il cognait violemment sa tête contre le mur, il voulait que ça s'arrête. Il ne voulait plus entendre les insultes, il ne voulait plus sentir les coups et le sexe de son oncle s'enfoncer brutalement en lui. Tipy qui était passée apporter son repas au garçon vit la scène et disparut dans un crac discret. Elle devait à tout prix prévenir quelqu'un.

Les insultes continuaient et Lucius approchait, conquérant. Le petit brun suppliait qu'on le tue à présent. Il voulait que ça s'arrête. Il n'était plus qu'une silhouette brisée et effrayée. Un petit être terrorisé. Toute cette peur, cette souffrance. C'était irrationnel mais il ne pouvait s'en débarrasser. Il n'était qu'un monstre, il devait payer, pour quoi au juste ? Il ne savait pas mais on lui avait dit qu'il devait payer. Il n'avait pas le droit de vivre. Un être aussi anormal que lui n'était bon qu'à servir de jouet à oncle Vernon ou à mourir. Là, en cet instant, il voulait mourir. S'endormir et ne plus jamais ouvrir les yeux. Il respirait difficilement, son coeur était comme prit dans un étau. Sa poitrine était douloureuse. Puis, comme si une force supérieure avait entendu ses prières, la porte de sa chambre s'ouvrit dans un grand fracas et un Severus très énervé arriva dans la salle de bain. Il s'élança vers l'aristocrate blond, lui saisit violemment le bras et lui jeta un regard à geler l'enfer. Sa voix claqua, froide.

- Lucius ! Tu quittes cette chambre. Maintenant ! Cria t-il avant de reprendre dans un murmure menaçant. Ou je ne répond plus de rien.

Voyant la lueur dangereuse qui flottait dans les onyx de son ami, le blond se défit de la poigne de son vis à vis, tourna les talons et sortit de la pièce sans un mot. Il commençait à se poser des questions. Voir le gamin dans cet état l'avait choqué et profondément touché même si il ne l'avouerait jamais. Finalement, il doutait que le gamin ait été victime d'une bagarre de rue. Peut être qu'il ne jouait pas la comédie ? Il allait devoir mener son enquête mais en attendant, il était hors de question qu'il ne change d'attitude avec le morveux.

Dans la salle de bain, le potionniste parlait d'une voix douce. Cet abrutis de Lucius venait de briser tous les progrès de Harry en quelques minutes. Il semblait même encore plus atteint psychologiquement qu'à son arrivée au manoir. Heureusement que Tipy l'avait prévenu sinon Merlin seul savait ce qui se serait passé. Il essayait de faire revenir le garçon à la réalité mais il était parti si loin. Il fit comme la première fois. Il s'assit sur le sol à proximité du garçon et parla.

- Harry. C'est Severus. Ça y est. Tu es en sécurité.

Harry était toujours dans son monde de ténèbres mais il entendait une voix douce qui l'appelait. Une voix amie lui semblait-il. Il écouta attentivement ce qu'elle disait et se laissa doucement guider vers la lumière. Les muscles de son corps se relâchèrent lentement. Il ôta les bras qui protégeaient sa tête et ouvrit les yeux. Il lui fallut un moment pour se souvenir d'où il se trouvait. Il vit ensuite le visage inquiet de son professeur. Cette vision lui réchauffa le coeur. Quelqu'un s'inquiétait pour lui. Les larmes aux yeux, il se jeta alors dans les bras de l'homme avec une telle violence qu'ils atterrirent couchés sur le sol froid de la salle de bain. Harry était étendu de tout son long sur l'adulte et tenait un discours incohérent. Puis, à mesure que les mots sortaient, il s'apaisait. Bientôt, il redevint calme et posé. Quand il réalisa la position dans laquelle il se trouvait, le jeune sorcier se mit à rougir furieusement et se redressa très vite. Il resta là, assit sur le sol, un peu ahuris. L'aîné émit alors un petit rire qui détendit considérablement l'atmosphère devenue lourde. Le professeur se releva et tendit sa main à Harry pour l'aider à faire de même.

Le reste de la journée se déroula sans encombres. Harry resta auprès de Severus l'aidant à brasser quelques potions et discutant de tout et de rien. Il persistait encore à prendre ses repas seul dans sa chambre ou dans le laboratoire de potion avec son professeur. Il ne se sentait pas encore la force de se mêler aux autres. Le soir venu, après un repas léger, il gagna la douceur de son lit et s'endormit rapidement. Pendant qu'il dormait, une lueur verte entoura son corps et s'insinua lentement en lui. Il avait chaud et bougeait énormément mais, pour une fois, n'avait ni douleurs, ni cauchemars.

Aux premières lueurs du jour, le jeune sorcier s'éveilla. Il ouvrit les yeux et s'étira comme un chat. Il se sentait courbaturé mais il avait passé une très bonne nuit. Il se glissa hors de son lit et se dirigea vers la salle de bain. Tout avait l'air normal jusqu'à ce qu'il se poste devant le miroir et ne pousse un cri de surprise. Ce n'était pas lui, c'était impossible. On ne pouvait pas changer autant en une seule nuit. Il devait rêver, il dormait encore et il rêvait, oui, c'était sûrement ça.

Sa silhouette c'était encore affinée, lui conférant un air encore plus féminin qu'auparavant. Il avait de longs cheveux noirs de geais qui retombaient en cascade dans le bas de son dos. Sa peau était pâle, ses lèvres fines et rosées, les traits de son visage lisses et fins. Ses oreilles étaient légèrement pointues et ses grands yeux verts forêt envoutant. Tout son être n'était que grâce et volupté. Son côté androgyne était encore renforcé. Il ne pouvait se détacher de se son reflet. Il était là, face au miroir, la bouche ouverte, incapable de sortir le moindre son. Il se trouvait beau, gracieux, sexy. Il rougit un peu à cette pensée, c'était la première fois qu'il se voyait autrement que comme un monstre. Puis, il réalisa autre chose, il n'avait plus besoin de lunettes. Ses yeux semblaient étinceler sous la douce lumière qui éclairait la pièce.

Il entendit la porte de sa chambre s'ouvrir et des bruits de pas mais étrangement, il ne se crispa pas. Son odorat paraissait plus affiné et il savait déjà que c'était Severus qui était entré dans la pièce. Le potionniste s'arrêta sur le pas de la porte de la salle de bain, interdit. Il avait beaucoup de mal à croire ce qu'il voyait. Il se racla la gorge et demanda.

- Harry ?

Le jeune sorcier se retourna et fit un large sourire à son aîné en hochant la tête pour dire que c'était bien lui. Quelqu'un d'autre pénétra dans la pièce et le brun se tendit un instant avant de réaliser que c'était son grand père. Son grand père, ça lui faisait bizarre de penser à lui de cette façon. Quand le lord arriva et se plaça aux côtés du potionniste, il arbora une mine légèrement surprise. Le jeune sorcier hésita un instant puis lança d'une petite voix timide.

- Bonjour, monsieur.

- Bonjour Harry. Rétorqua le plus vieux.

Le silence flotta un moment sur la pièce. Puis, le lord indiqua aux deux autres de le suivre. Il prirent place dans des fauteuils qu'il avait invoqué dans la chambre du plus jeune. Tipy apporta un grand plateau sur lequel était disposé un copieux petit déjeuner. Quand elle quitta la pièce, le lord prit la parole.

- Tu as reçu une partie d'un héritage familiale.

Harry lui lança un regard perdu. Il n'avait pas l'air de comprendre ce que lui expliquait son aîné. Il avait été élevé chez des moldus et ne connaissait pas les héritages sorciers. Tom reprit alors la parole et tenta de lui expliquer.

- Dans la famille de ton père, il y avait des elfes de bois. James n'a jamais reçu l'héritage mais apparemment toi tu l'as reçu. Par contre, il est encore incomplet. Je voix que tu as reçu les particularités physique et une partie de ta magie elfique mais pas tout. Ton corps à dû comprendre qu'il était encore trop faible pour recevoir l'héritage complet. Je pense que apprendre la vérité sur tes origines à tout débloqué. Tu devrais recevoir les autres capacités dues à ton héritage dans les jours ou semaines à venir.

- Ça veut dire que je suis Elfe des bois ? Demanda Harry sceptique.

- Demi elfe des bois oui.

Harry plongea un moment dans ses pensées. Il y avait certains avantages à son changement physique. Le premier étant que personne ne pourrait le reconnaître et qu'il pourrait donc retourner à Poudlard. Il avait tellement eut peur de ne pas pouvoir y retourner. Enfin, si son grand père acceptait qu'il y retourne. Il pourrait vraiment changé de vie cette fois ci. Tirer un trait sur le passé et tout reprendre de zéro. Combien de personnes rêvaient de pouvoir faire ça ? Lui, il avait cette chance et n'allait pas la laisser passer. Un léger sourire flotta sur ses lèvres puis il parla d'une voix timide mais un peu plus assurée qu'auparavant.

- Au moins, personne ne va me reconnaître. Je vais pouvoir retourner à Poudlard et changer de vie.

Le lord lui répondit d'un simple hochement de tête. Il expliqua rapidement à son descendant qu'il y avait des livres sur les elfes des bois dans la bibliothèque du manoir puis quitta la pièce. Il aurait à parler à Severus au sujet de Harry et de Poudlard mais plus tard. Le jeune sorcier discuta un long moment avec le potionniste et parvint à le convaincre de l'emmener avec lui à ses funérailles. Puis, se serait l'occasion de savoir si quelqu'un pouvait le reconnaître malgré son changement physique.

Bien que l'été soit parfaitement installé, le ciel était gris sur Godric's Hollow. Faisant parti de l'Ordre du phoenix, Severus transplanna à proximité de l'église du village et s'y dirigea à grandes enjambées. Un être à la beauté irréelle le suivait de prêt. Les regards convergèrent vers lui et il les ignora. Il prit place sur un banc face à l'autel et Harry s'installa sur ses genoux. Il avait tellement insisté pour venir à cette cérémonie. C'était l'unique façon qu'il avait trouvé pour enterrer définitivement son ancienne vie grâce. Dire adieux à son passer et sourire à son avenir.

Autour d'eux, les membres de l'ordre et les proches de Harry prenaient place. Hagrid pleurait dans un mouchoir de la taille d'une nappe. Hermione était effondrée. Ron et Ginny étaient assez bizarre. Il vit également Rémus, Luna, Neville et d'autres personnes qu'ils fréquentaient plus ou moins. Tous avaient l'air si triste. Sauf la jeune serdaigle qui avait son habituel air rêveur. Le prêtre prit la parole.

- Nous sommes réunis ici en ce triste jour pour accompagner Harry James Potter vers sa dernière demeure. Il était un jeune homme timide, gentil et généreux. Bien que courte, sa vie a été jalonnée de nombreuses épreuves. Il était un symbole d'espoir et paix. Sa mort, aussi subite que tragique nous rappel à quel point notre vie sur cette terre est courte et éphémère. Certains de ses proches, ont tenus à nous dire quelques mots. Je leur laisse donc la parole.

Hermione, Luna, Hagrid et Rémus se levèrent puis se dirigèrent vers l'autel. Ils prirent place aux côtés du prêtre et embrassèrent l'assemblée du regard. Harry fut surpris de ne pas voir Ron et Ginny se lever mais décida de ne pas s'en préoccuper et d'écouter ce que disait ses proches. Ce fut Rémus qui prit la parole en premier.

Harry,

Quand je t'ai vu la première fois, j'ai été subjugué. Tu ressemblais tellement à James. Pourtant, tu avais les yeux de Lily et aussi son caractère. Tu étais d'une générosité extraordinaire et tu n'avais aucun préjugé sur les gens que tu rencontrais. Tout comme elle.

Malgré ma condition, jamais tu ne m'a rejeté. Tu m'a considéré comme un oncle et comme un guide et je dois dire que j'en ai été très honoré. Je n'ai jamais eut l'occasion de te le dire mais sache que j'ai toujours été fier de toi et que je t'aimais comme un fils.

Je m'étais juré de toujours te protéger, ta mort a été pour moi un grand sentiment d'échec. J'espère que tu es heureux, où que tu sois....

L'assemblée était émue et Harry, blottit contre Severus l'était aussi. Il réalisait que des personnes l'aimaient tel qu'il était et se considérait un peu moins comme un monstre. Même si c'était dur, il avait besoin d'entendre ces paroles. De voir comment ses proches réagissaient face à sa mort. De sentir que certaines personnes tenaient à lui, qu'il allait manquer à quelqu'un. C'était essentiel à sa reconstruction. Il releva la tête quand il entendit une voix chargée de sanglots et reconnaissable entre toute. Hermione venait de prendre la parole.

Harry,

Je me souviens comme si c'était hier du jour où je t'ai rencontré dans le Poudlard Express. Au départ, nous n'étions pas amis mais tu as su passer au delà de tes préjugés pour me sauver du Troll en première année.

Après ça, nous avons vécus nombre d'aventures qui nous on rapprochées. Tu étais le frère dont j'ai toujours rêvé. Tu avais parfois un sale caractère mais nos discussions et même nos disputes me manqueront. Tu me manqueras. J'ai perdu bien plus qu'un ami et je me fichais que tu sois le sauveur, le survivant ou l'élu, peut importe le nom qu'on te donnait. Pour moi tu étais seulement Harry, mon frère de coeur.

j'espère que tu as trouvé la paix Harry. Je t'aime. Tu vas me manquer.

Une larme dévala la joue du brun, il se cacha contre le torse du professeur de potion. Il ne voulait pas que les gens le voit pleurer alors qu'il était un parfait inconnu pour eux. Il avait voulut venir à ses funérailles mais il ne c'était pas préparer à ça. Il n'aurait jamais imaginé que des personnes soient autant attachées à lui pour qui il était et non ce qu'il représentait. Il savait maintenant que son statut de survivant n'était qu'illusion mais les autres ne le savait pas. La grosse voix de Hagrid le sortit de ses pensées.

Harry,

Tu étais mon ami, un des rares qui m'acceptait comme je suis. Je suis plutôt brutal et maladroit et pourtant, tu ne m'as jamais fait de remarques. Tu t'es jamais énervé contre moi. Tu venais souvent me voir et je me sentais moins seul.

Je t'aime Harry, tu me manqueras.

C'était court mais Hagrid avait pleurer tout au long de son discours et le brun se sentait un peu mal. Il avait envie de hurler qu'il était là, qu'il était bien vivant mais il ne pouvait pas. Il le savait. Faire savoir au monde qu'il était encore en vie était trop risqué pour le moment. Peut être qu'il pourrait leur dire la vérité, un jour, plus tard. Une voix rêveuse le sortit de sa tristesse.

Harry,

On ne se connait pas beaucoup mais tu ne me juge jamais. Tu ne t'ai pas moqué de moi quand d'autres ne se gênaient pas. Tu as voulu m'aider à retrouver mes affaires quand les lutins invisibles me les avaient volé.

Je suis sûr que les grands manitous prennent soin de toi et que tu t'amuse avec les Nargols.

Tu vas me manquer mais pas longtemps.

On va se revoir bientôt.

La jeune fille le regarda et lui fit un clin d'oeil discret avant de terminer son discours.

À très bientôt Harry. Tu es mon ami. Prends soin de toi.

Toute l'assemblée regardait la jeune fille comme si elle était folle. Pourquoi avait elle parlé au présent ? Elle se comportait comme si le garçon était en vie et qu'il était là, dans cette église. Se rappelant de son statut de fille loufoque, les gens mirent ça sur le compte de sa douce folie et passèrent à autre chose. Severus venait de comprendre quelque chose. La jeune femme n'était pas du tout folle et devait avoir le don de voir ou ressentir les auras magiques, elle devait aussi posséder certains dons de voyance. Elle savait que Harry était encore en vie et qu'il était présent à cette cérémonie mais il se doutait aussi qu'elle ne dirait rien, qu'elle veillerait sur le jeune homme. Le prêtre continua son discours barbant que ni Harry, ni Severus n'écoutaient. Ils étaient bien trop plongés dans leurs pensées.

Après pratiquement deux heures de torture auditive où certaines des personnes présentes c'étaient endormies. Surtout un certain Ronald Weasley qui ronflait de manière fort peu discrète s'attirant les foudres de sa mère. L'homme d'église annonça que les proches pouvaient défiler devant le cercueil pour un dernier hommage. Un jeune enfant attendait à proximité et donnait un Lys blanc aux personnes qui se présentaient. Le défilé dura un long moment et quand Severus ferma la marche, quatre hommes prirent le cercueil et sortirent par une porte derrière l'autel. Tous avaient défilé pour ce dernier hommage sauf Ronald et Ginny Weasley. Leur attitude fut très mal vue.

Ils étaient à présent dans le cimetière et marchaient en silence vers la tombe des Potter pour que Harry soit enterré avec eux. Le brun était ému, c'était la première fois qu'il venait sur la tombe de ses parents. Sentant son émotion et sa tristesse, le potionniste lui prit doucement la main et la serra dans la sienne. Pas un mot ne fut échangé quand le cercueil du garçon fut mit en terre avec ceux de ses parents. Puis, le trou fut rebouché et la stèle remise en place. Des fleurs et des plaques de marbres furent placées dessus. Des gens déposaient aussi des dessins et des lettres. Derniers hommages silencieux à celui qu'ils aimaient.

La cérémonie était enfin terminée, les gens partaient et le cimetière se trouva rapidement désert. Harry et Severus s'éclipsèrent discrètement après une promesse de l'aîné de revenir sur la tombe des Potter quand la tension due à la mort du plus jeune serait retombée. Ils arrivèrent dans le parc du manoir Riddle et pénétrèrent rapidement dans la demeure. Severus devait allé voir le maître des lieux pour donner son rapport. Le plus jeune décida d'allé à la bibliothèque. Il n'y était pas encore allé depuis son arrivée. Il se séparèrent après une brève accolade.

Quand Harry pénétra dans la bibliothèque, il ne sut où donner de la tête. La pièce était immense. Il y avait des livres partout du sol au plafond. Elle était bien plus fournie que la bibliothèque de Poudlard. Livres sorciers et Moldus s'y mêlaient à la perfection. Il pensa un bref instant à Hermione. La jeune sorcière srait folle dans un endroit comme celui là. Il y avait des canapés et des fauteuils gris clair, des poufs blancs et noirs puis des tables de travail en chêne clair munies de lampes. L'ambiance était chaleureuse et agréable. Il embrassa la pièce du regard et repéra un jeune femme installée dans l'un des fauteuils. Elle avait à peu prêt son âge et il était certain de l'avoir déjà croisé à Poudlard. Elle était assez grande, sa peau était dorée, sa silhouette fine et élancée. Elle avait des cheveux châtains légèrement bouclés qui retombaient en cascade au creux de son dos et des yeux marrons en amandes. Elle était plutôt jolie. Il s'approcha timidement et se planta face à elle. Elle releva la tête de son ouvrage et lui fit un grand sourire. Il se mit à rougir jusqu'à la racine des cheveux. Il pesta intérieurement de cette timidité maladive qui le faisait rougir tout le temps puis prit la parole.

- Bonjour. Je suis...

- Harry. Je sais. Le coupa t-elle avant de reprendre. Tu as beaucoup changé depuis le mois de Juin. Moi c'est Millicent Bullstrode. Je suis à serpentard.

- C'est pour ça qu'on c'est jamais parlé alors. Constata t-il.

Elle lui fit un petit sourire contrit. La guerre entre les maisons faisait rage à Poudlard et les Serpentards et les Griffondores ne se parlaient jamais sauf pour s'insulter. La jeune femme ne prenait jamais part à cette guerre qu'elle trouvait puéril mais ne se mélangeait pas pour autant aux autres maisons. Elle plongea ses yeux marrons dans les yeux verts du jeune homme et lança d'une voix douce et cristalline.

- Installes toi prêt de moi si tu veux.

Le brun lui rendit un sourire timide et s'assit prêt d'elle en la remerciant. Le premier contact plutôt chaleureux avait détendu Harry. Il voulait apprendre à connaître cette serpentarde, elle avait l'air vraiment gentille. Ils discutèrent un long moment ce jour là et réalisèrent qu'ils avaient de nombreux points communs. Ils débattirent un long moment sur la condition de certaines créatures magiques, discutèrent de médicomagie, de quidditch, de potions et aussi de certains trucs moldus qu'ils appréciaient tous les deux. Le jeune fille écrasa même le brun trois fois aux échecs sorciers. Une amitié était doucement en train de se mettre en place. Harry sentait la joie revenir peu à peu dans sa vie. Il le savait maintenant, il n'était pas seul. Il avait au moins Severus et Millicent à ses côtés.

(1) Le Gobelbabil est la langue Gobeline pour ceux qui ne le savent pas.

(2) Cognatio est un sort que nous avons inventé. ça veut dire parenté en latin.

* Petite parenthèse. Nous avons voulu faire une Millicent jolie. Dans les livres de JKR ou la plupart des fictions, elle est moche genre tank humain. On a voulu changer ça.

Voilà un chapitre qui s'achève. Nous espérons qu'ils vous a plu. Le blabla habituel bien sûr. Jeté de tomates, insultes, critiques, encouragements ou plaisir de nous lire simplement, choisissez. Merci de nous avoir lu jusque là. Si l'écriture avance bien, la suite Mercredi. Sinon à dans une semaine. Bisous à tous. à bientôt.