Auteur : Madhatter Sekityou ou Bel Uriel Disraeli.

Disclaimer : Les personnages suivant ne sont pas à moi !

Personnage : Ronronoa Zoro

Résumé : Le passé de tous les membres de l'équipage des Mugiwara est connut. Mais il demeure des zones d'ombre. Et si Zoro avait lui aussi des démons intérieurs à affronter ?

RAR :

Miramiru : Merci de ton soutient !

MogowKo : Merci de ta review ! Et je tenterais d'éviter les pièges ! A vrai dire, le couple ne se mettra pas en place dans l'immédiat. Pour moi c'est un peu sacrilège qu'ils se tombent mutuellement dans les bras, sans raison.

Et pour le titre « Voleur d'âme »… ^_^

Je suis contente de t'intriguer ! Oui, Kuina à un rôle dans cette histoire, mais il ne faut pas oublier que le personnage central est Zoro ! Si cela t'amuse, j'accepte de répondre à tes hypothèses !

Alie : J'espère ne pas te décevoir !

BONNE LECTURE !

Titre : Voleur d'âme.

Partie I : L'errance du Prince Noir.

Chapitre III : Apprivoiser.

Sanji finit par allumer une cigarette, la sueur coula sur sa tempe furtivement, et il jeta un coup d'oeil au reste de l'équipage sur la pelouse. Nami était remonté pour finaliser ses cartes, et Robin s'était cantonné à la bibliothèque. Brook, Luffy et Ussop fixaient les lignes en essayant de pêcher. Et il ne put s'empêcher de tourner son attention vers la vigie. Le Thousand Sunny Go était un merveilleux bateau, mais c'était son principal défaut. Il était si merveilleux qu'ils s'oubliaient mutuellement, chacun dans leurs sphères.

Franky devait être perdu dans les profondeurs de la calle à effectuer des travaux et améliorations que seul lui ne verrait jamais.

Avant ils étaient les uns sur les autres en permanence... C'était avant.

Fidèle à lui-même Sanji décida qu'il était l'heure de nourrir le fauve ! Cette idée le fit sourire. Après tout Zoro c'était excusé, l'avait même remercié, avant de s'incliner en disant qu'il avait gagné ! Lui Sanji ! Avait vaincu le plus redoutable abruti du monde !

Hum... Non, Luffy restait le roi, mais pour faire capituler Zoro, il devait admettre qu'il en était assez fier. Il monta donc les escaliers, les bras chargés l'heure du déjeuner un peu passé, mais le bretteur n'avait pas prit de petit déjeuner. Il faisait un peu chaud, il toqua et comme d'habitude entra sans attendre une réponse, qui ne serait pas venu de toute façon.

Il faisait encore plus chaud à l'intérieur ! Il inspira difficilement une bouffée en grimaçant. Bien évidemment le bretteur n'ouvrait pas la fenêtre pour aérer la pièce.

En parlant de Zoro, il n'était pas dans le fauteuil, ce qui surprit le blond. Marimo aurait-il quitté sa tanière ? Il c'était donc perdu ! Il décida de poser le plateau et jura silencieusement lorsqu'il le vit.

Zoro n'avait pas bougé de son trou, mais surtout... Cet imbécile dormait à même le sol ! Ce dernier était dans un coin, au fond à gauche collé contre le mur, juste sous la fenêtre. Sanji jeta un regard au lit qu'il aurait pu occuper et revint pour observer le futon sur lequel il était.

Intrigué plus qu'amusé, il se dirigea vers lui, contournant les meubles. Et c'est à ce moment-là que Sanji se rendit compte qu'il avait bien remarqué que ce coin était plus occupé, la dernière fois. Zoro était calé contre le coin, la tête appuyée contre le mur au même titre que son épaule. Une jambe repliée, on aurait pu croire qu'il cherchait à se fondre dans un petit espace. Il y avait des couvertures autour de lui, un coussin qu'il tenait inconsciemment de la main droite. Ses katanas étaient à portée de main et sa tête dodelina à un moment. Il respirait silencieusement et semblait épuisé. Mais ce qui surprit Sanji fut sa vulnérabilité. Jamais il ne l'avait vue aussi... Offert et inconscient. Le blond retint sa respiration en songeant qu'il ne fallait absolument pas le réveiller.

De nouveau Zoro bougea, et son cœur rata des battements avant de repartir encore plus furieusement. Son front s'appuya et il entendit la plainte monter de la gorge du bretteur. Comme un geignement suivit d'une respiration hachée, il devait rêver sans doute. La main du bretteur s'entrouvrit avec faiblesse, comme si le geste lui coûtait trop.

- Oka-san...

Un appel ? Une demande ? Une supplique ?

Quoique se fut, ces quelques mots brûlèrent les oreilles de Sanji autant qu'il le désarmèrent.

Il avait vécu plus de trois ans dans la même chambre que Zoro à l'époque du Going Merry. Pourtant se fut la première fois qu'il eut la désagréable sensation d'avoir mis les pieds dans l'intimité la plus profonde du bretteur.

Sanji recula lentement, remerciant Franky que le parquet ne grince pas. Il s'humidifia les lèvres en rejoignant très vite la porte qu'il ouvrit en grimaçant. Entrebâillant juste assez pour se glisser dehors, une fois fait il retint son souffle en refermant après lui. Il serra les dents en tournant la poignée le plus doucement du monde.

L'oreille collée à la porte il pria pour que le déclic ne le réveil pas. Son cœur battait follement sans qu'il ne sache pourquoi. Il ferma les yeux pour se calmer. Zoro n'avait jamais parlé de sa famille, à vrai dire par définition Zoro ne parlait jamais de lui. Hormis de son rêve de devenir le meilleur bretteur du monde et d'aider Luffy à devenir Seigneur des pirates.

Dans d'autre circonstance, il aurait sans doute pleuré de rire si on lui avait raconté pareille chose. Pourtant il trouva cela juste profondément perturbant.

Kamisama, Zoro était seul, profondément seul, et cela le frappa. Cela l'effraya aussi alors qu'il s'éloignait pour de bon. Et sous la frayeur couvait de la colère. Comment se faisait-il qu'aucun d'entre eux ne l'ait jamais vue ainsi ? Qu'aucun ne sache ?!

...

Zoro avait chaud, la chaleur était synonyme de réconfort pour lui depuis toujours. Pourtant il faisait trop chaud ici. Il sortit de son sommeil comme il y était entré, c'est à dire sans raison précise. La sueur faisait coller ses vêtements, il s'écarta de son appui en grimaçant, l'esprit brouillon, et des douleurs un peu partout. Il ne se sentait pas rassurer de rester allonger, alors il somnolait assit.

Sauf qu'il connaissait cette douleur, cette sensation d'appréhension à son réveil, ce sentiment d'angoisse diffuse. Comme si quelque chose allait se produire ou c'était déjà produit. Un mauvais pressentiment tenace et coriace.

C'est en tâtonnant à l'aveuglette qu'il leva le bras et fit jouer le verrou de la fenêtre. Celui-ci céda et la fraîcheur de la soirée le fit frissonner en s'engouffrant dans la pièce avec des courants d'airs. Le bretteur respira un peu mieux et se blottit contre le mur. D'où il était, il voyait parfaitement la porte, le vent fit bouger les rideaux et il serra les dents contre la nausée.

Tiens, le blond en avait finalement eut marre ! C'est en grimaçant que Zoro se leva, se disant qu'une bonne douche ne serait pas du luxe. Et son regard tomba sur le plateau posé sur la table. Quelqu'un était entré durant son sommeil et n'avait pas jugé bon de le secouer. Il fronça les sourcils, et son estomac gargouilla pour répondre aux interrogations de son cerveau.

Il joignit le fauteuil et se laissa tomber devant, un sourire lui monta aux lèvres lorsqu'il avisa le repas. Bon sang ! Sanji lui avait fait une part digne de Luffy !

Pour la peine il ferait la vaisselle avec le blond ! Songea Zoro en se décidant à manger.

La pièce était silencieuse et il ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil par-dessus son épaule. Le calme l'avait manqué, la nuit était profonde et permettait de voir scintiller les étoiles dans un ciel sans nuage. Et Zoro se sentit de meilleure humeur. Son repas engloutit, il décida de ramener le tout et de passer à la salle d'eau pour un bain relaxant. Chose qu'il avait sans doute mérité.

...

Sanji avait revue entièrement l'état de leur réserve, et faisait déjà des prévisions sur ce qu'il lui était désormais possible de cuisiner pour les prochains jours, ainsi que la taille des rations. Il était fatigué et trainait un peu les pieds. Nami avait mis en place des restrictions drastiques, mais il s'accordait qu'il avait bien le droit de se détendre dans un bon bain. Sifflotant presque joyeusement, il poussa la porte de la salle de bain et se figea. L'attention du bretteur se focalisa, puis il sembla se détendre.

- J'ai fini… Fit-il d'un ton qu'il voulait neutre.

- Ah… Ouais…

Le cuisinier secoua la tête en fronçant les sourcils, puis fit quelques pas vers l'intérieur. Zoro se poussa dans un coin de la pièce et commença à s'habiller paresseusement. Sanji défit lentement sa cravate. Le bretteur enfila un pantalon et un tee-shirt sur sa peau encore humide et laissa la salle d'eau sans rien rajouter.

Sanji éteignit son mégot du bout de sa chaussure et son regard se posa sur la porte que l'autre venait de franchir…

Le bretteur avait perdu du poids… Beaucoup. Pourtant Chopper ne lui avait pas dit de lui faire un menu calorique. Puis il se souvint que le renne lui avait demandé quelques plats hyper protéinés. Mais mangé une seule fois par jour n'allait pas aider à son rétablissement. Certes le marimo finissait ce qu'il lui apportait ces derniers temps, mais il n'avalait rien d'autre. Zoro dormait aussi beaucoup plus qu'avant. Sanji entra dans la cabine et l'eau fit ses mèches blondes collés à son front…

Zoro était couvert de sang lorsqu'il l'avait retrouvé, debout comme une statue dans ce champ de ruine… Couvert de son propre sang, niant qu'il se soit passé quoique ce soit. Rien n'était pareil…

C'était quoi ce regard vide ?

Zoro se redressa en un mouvement brusque, son regard se braqua sur l'intrus, mais il masqua avec un peu trop de retard sa crainte.

- Arrête de jouer les boniches… J'aime pas l'idée de te devoir quelque chose, stupide ero-cook. Souffla-t-il d'un ton bourru qui masqua difficilement les tremblements qui le secouaient.

- Ca fait une heure que je suis ici… Nami m'a demandé de surveiller l'horizon.

De loin il perçut un geste, et Zoro se rendit compte qu'il jouait aux cartes.

Le bretteur bougea lentement, perturber par la révélation. Une heure ? Quand c'était-il endormi. Décidément sa garde était au plus bas pour qu'il n'ait pas ressenti sa présence avant. Le bretteur tenta de se lever, mais son corps ankyloser protesta et il dû se rattraper contre le mur pour ne pas s'écrouler.

- Continue comme ça et Chopper te ligote au lit de l'infirmerie. Fit le blond en lui jetant juste un regard de biais.

Zoro jura entre ses dents, son corps refusait vraiment de se mouvoir ! Mais qu'est-ce qu'il lui arrivait bon sang !

- Debout ! Siffla-t-il en grinçant des dents.

Sanji tenta de rester impassible. Chopper avait pourtant mis une dose plus que suffisante de somnifère, comment cet imbécile faisait-il pour lutter ? Haletant, Zoro se redressa, il tanguait un peu.

- Arrête ça tout de suite ! Sanji tourna la tête dans sa direction, se retenant difficilement de crier.

Le bretteur écarquilla les yeux de surprise et le dévisagea sans comprendre.

- Ton corps demande grâce connard ! Alors si tu ne veux pas finir en civière pour les six prochains mois reste couché ! Le cuisinier se leva, et d'un pas décidé se dirigea droit sur lui.

Zoro n'eut même pas le temps de comprendre que d'un tacle dans la jambe son nakama le déséquilibrait.

- Couché marimo ! Ordre du médecin, de la navigatrice, de ton capitaine et de tout le reste de l'équipage !

Zoro inspira difficilement, son souffle c'était coupé à cause de sa chute.

- T'es malade… Connard d'ero-cook !

La couverture l'étouffa un peu, Sanji lui plaqua cette dernière sur la tête.

- T'as gagné ! Si tu veux tout savoir, je suis de garde. Il faut bien quelqu'un pour te surveiller et t'empêcher de te tuer à l'entrainement ! Maintenant, fait pas chier et dors ! Je te réveille dans trois heures.

Sanji arrangea la couverture avec des mouvements un peu incertain, et de plus en plus gêné… Voilà qu'il devait border cet idiot. Zoro ferma les paupières sans pouvoir lutter, fronçant les sourcils.

- Dégage… Va harceler quelqu'un d'autre… Pas besoin de pervers comme toi…

Le cuisinier savait bien que le somnifère faisait encore effet.

- Ouais, ouais, dodo… Ricana ce dernier, amusé de voir le bretteur sombrer.

- … sorcière… Barbie… Cuisi… Les mots furent marmonnés.

Sanji se releva en secouant la tête.

- Me traite pas de barbie, tête de gazon…

Lorsque Zoro reprit conscience, il se sentait vaseux. Il écarquilla les yeux et se sécha nerveusement les joues. Bon sang ! Le bretteur se prit la tête entre les mains et se plia en deux. Il n'avait aucun souvenir de son rêve, mais ce dernier avait dû être…

Le rouge lui monta furieusement au visage, le cuisinier laissa presque tomber sa cigarette de sa bouche en croisant son regard. Ca, c'était vraiment gênant !

Qu'il chiale dans son rêve passe, mais que cet abruti de pervers y ait assisté…

- Tu n'as rien dit, je n'ai rien vue ! Fit le blond en levant les mains.

Bon, oui… Cela faisait vingt minutes que le bretteur se débattait, et il avait vraiment hésité à le réveiller. Mais ce n'est que maintenant qu'il se rendait compte que les plaintes qu'il avait entendu étaient des sanglots étranglés. Sanji détourna la tête… Puis sembla se souvenir.

- C'est jour de fête, j'ai fait un menu spécial pirate pour tout l'équipage. Il faut que tu manges avant que Luffy ne prenne tout.

Il se leva la gorge sèche.

- Je vais te récupérer ta part…

Lorsqu'il ferma la porte derrière lui… Sanji sût que le bretteur ne lui pardonnerait jamais d'avoir vue sa faiblesse. Il s'appuya contre la porte en soufflant très fort.

Le cuisinier alluma sa cigarette en tapant doucement et nerveusement du talon. Il sursauta en entendant le bruit sourd heurter la porte dans son dos.

- Me prend pas pour un idiot…

Sanji se figea alors que la voix semblait lui être adressée. Zoro était appuyé de l'autre côté, grimaçant et furieux.

- La pitié c'est pour les faibles…

Un autre coup ponctua sa phrase. Sanji sentit son estomac se nouer.

- Tu sais très bien que je n'éprouverais jamais de pitié pour un connard de ton espèce. Répondit le blond en essayant d'être dédaigneux.

- MENTEUR !

Le silence resta entre eux.

- Tu voudrais que je te fiche une raclé pour te le prouver ? T'es même pas en état d'encaisser ça… C'est pas de la pitié… Ça vaut pas la peine… Sanji se tourna de nouveau vers la porte en parlant. Puis sans réfléchir il frappa du talon contre cette dernière.

- Redeviens toi-même et on verra à ce moment-là ! Pauvre connard de marimo…

Il se remit à marmonner. Puis Zoro entendit le bruit de ses pas alors qu'il s'éloignait.

Le bretteur posa l'assiette, dans la cuisine le silence régnait. Chopper était venu le voir et lui avait exposé l'importance qu'il s'alimente plus régulièrement. Il n'avait pas vraiment d'appétit et n'avait pas remarqué qu'il avait perdu du poids. Zoro ne ressentait pas la moindre envie de croiser ses autres nakamas et rasait un peu les murs à vrai dire. Il y a deux jours, Luffy était venu lui faire la discussion et il s'en était tiré avec une migraine monstrueuse, depuis... Il jeta un regard agacé par-dessus son épaule.

Le cuisinier s'agitait et préparait quelque chose pour le lendemain. Ce dernier avait soutenu qu'il ne se sentait absolument pas rassurer de savoir sa cuisine occupé durant son absence.

D'où le fait qu'il surveillait Zoro.

- Hoy ! Marimo ! Il se tendit brutalement.

- Passe-moi la casserole là, au-dessus de ta tête ! Fit le blond sans se tourner.

- Va crever… siffla le bretteur.

- S'il – te- plait… Détacha le blond en grinçant des dents.

- Nan ! Fit sur le même ton Zoro.

Sanji lui fit face et le fusilla.

- T'es con ou tu le fais exprès ?

Ils se regardèrent.

- J'ai les mains sale, passe-moi cette casserole ! Putain c'est pas un attentat à ton taux de testostérone ! Laisse ta fierté et file moi ça !

Zoro gronda et décrocha furieusement l'ustensile qu'il posa brutalement sur la table. Sanji soupira.

- Bien… Gentil garçon… Va voir dans le placard là-haut à gauche, derrière le bocal de cornichon…

Sanji retourna à son travail, laissant son nakama abasourdi.

- Tu te fous de ma gueule !? Rugit le bretteur.

- Y'a un truc qui va t'intéresser. Coupa Sanji en se déplaçant pour attraper le bocal de farine.

Zoro resta perdu.

- Au passage, y'a un paquet de raisin sec, apporte-le aussi. Fit le cuisinier.

Sanji masqua de justesse son amusement, il avait fini par comprendre comment fonctionnait le grand primate. Zoro était décontenancé car il ne percevait pas vraiment d'animosité dans son discours.

- A gauche… Non, l'autre gauche… Bon garçon… Lança-t-il en le voyant se déplacer.

- Arrête de m'appeler comme ça connard ! Siffla le Second.

Se dirigeant un peu au hasard, agacé de devoir suivre les directives du cuisinier.

- Comment ? Fit Sanji avec une pointe d'amusement. Tu préfères marimo ?

Son sourire de dédain lui arrivait jusqu'aux oreilles.

- M'appelle pas bon garçon, j'suis pas ton chien ! Grogna Zoro en ouvrant le placard.

Durant un instant il se figea, surprit du contenu.

- Parce que t'appellerais ton chien « bon garçon » ? Fit le blond avec surprise.

Durant un instant il tenta d'imaginer Zoro avec un animal de compagnie.

- Tu fais chier ! M'appelle pas comme ça ! Rugit de nouveau Zoro en poussant les bocaux sur le côté.

Le blond eut l'impression qu'il allait les briser tout simplement. Ce n'était pas si compliqué pourtant !

- Raisin sec marimo, raisin sec… Chantonna Sanji en pétrissant la pâte.

Il savait que le bretteur venait de descendre la bouteille de rhum avec surprise.

- Ouais, ouais… Rétorqua Zoro en revenant.

Il lâcha le paquet sur la table et tira la chaise pour s'asseoir. Sanji ouvrit le paquet de raisin qu'il versa dans un récipient. Et alors que Zoro venait d'ouvrir la bouteille, il l'attrapa et en versa la moitié sur le raisin.

- Hey ! S'écria Zoro se sentant lésé dans l'histoire.

- Oh ça va, tiens, bois le reste ! Lança Sanji en revenant à sa pâte.

Zoro ne se fit pas prier et bu une gorgée. Puis se mit à l'observer silencieusement. Il avait versé la moitié sur les fruits tout de même ! Qu'est-ce que ce malade avait encore inventé ?

- C'est quoi ?

Sanji s'arrêta, surprit par la question. Depuis quand Zoro s'intéressait-il à la cuisine ?

- Pâtisserie… « Pudding. » Fit ce dernier avec un accent français.

Durant un instant il se concentra sur ce qu'il faisait.

- Tu aimes ? Lança Sanji, soucieux de découvrir une nouvelle information sur les préférences culinaires de ce dernier.

- Connais pas… Trancha Zoro en buvant une autre lampée.

Il s'affala un peu sur sa chaise. Le bretteur semblait… Très calme et serein.

- Hoy…

L'interpellation fit lever la tête à Zoro.

- Si tu veux en gouter, il y a un essai dans le frigo, sous la cloche.

Le bretteur sembla soupeser l'idée, puis se leva lentement.

- Et rapporte un citron ! Fit Sanji.

- Profiteur ! Grinça le bretteur en y allant.

- Gentil garçon… Fit le blond.

- M'appelle pas comme ça… Marmonna Zoro en cherchant un instant. Le bruit de la cloche soulever se fit entendre. Et lorsqu'il en sortie la tête il mordait dans une part froide.

Sanji pensa de longues minutes qu'il allait lui lancer le citron, mais le bretteur vint le poser sur la table.

- On t'as jamais appelé « gentil garçon ». Fit Sanji en relançant la conversation.

Zoro sembla interloqué.

- Qui ? Arrête de fumer ! Gronda le bretteur contrarié.

- Alors, c'est bon ? Interrogea le blond.

- J'peux en prendre plus ? Fit le bretteur après un court silence.

Un ricanement monta du blond.

- Je dois prendre ça pour un « oui ».

Zoro était déjà de nouveau à la porte qu'il ouvrit, sortant le plateau.

- Laisse le raisin plus longtemps dans le rhum, il n'est pas assez gorgé. Fit le bretteur.

- Alcoolique. Siffla Sanji.

- C'est pas moi qui mets du rhum dans les desserts. Fit remarquer Zoro.

- Vilain garçon… Fit Sanji en secouant la tête.

Ce qui sembla réellement choquer Zoro. Une mimique de stupeur passa sur son visage.

- Mais t'es vraiment malade !

Sanji éclata de rire, Zoro se renfrogna. Il revint s'asseoir.

- Hoy, marimo, Chopper m'a dit que tu n'utilisais pas le baume qu'il t'avait donné.

- Je vais bien… Grinça le bretteur.

- Je sais que tu vas bien, mais ça rend Chopper malade. Alors passe ce foutu baume et tout le monde sera content. Fit Sanji en transvasant la pâte dans un autre récipient.

- Oh, la ferme. Rétorqua sans grande conviction Zoro.

- Puis ça te soulagera tu-crois pas ?

Depuis quand le blond pensait à ce type de chose ? C'était le monde à l'envers !

- Fiches moi la paix… Marmonna Zoro. Tu te prends pour qui ? Ma mère ? Grinça-t-il.

- Elle va bien ? Fit Sanji comme si de rien n'était.

Zoro fronça les sourcils. Bon, il fallait arrêter le massacre !

- J'en sais rien, mais tu vas la fermer ! Il donna un violent coup de pied qui fit trembler la table.

Le silence tomba alors qu'ils se fusillaient mutuellement, puis Sanji brisa son masque pour de la perplexité.

- Comment t'as pu te mettre du pudding sur la joue ?

Zoro se passa la main sur le visage. Ca c'était vraiment ridicule !

- A droite… Non, droite… Ta droite… Sanji leva sa main et l'agita pour lui montrer.

Le bretteur cligna des paupières et leva le bras identique.

- Non, la tienne… Ce bras-là.

Reculant un peu et passa sa main sur sa joue gauche. Le cuisinier dû se mordre l'intérieur des joues pour ne pas ricaner. Puis l'évidence le heurta. Il ne connaissait pas la différence entre la droite et la gauche. Sanji plongea le regard dans sa pâte en tournant la tête, soupirant pour masquer son ricanement.

- Côté opposé aux katanas marimo, la joue, pas le front.

Aussitôt Zoro se plia à l'indication et ôta le morceau collé à son visage.

Sanji eut une idée qu'il tenta sur l'instant pour faire gonfler plus vite le raisin. Le dos tourné le blond ne put pas voir le bretteur prendre la liberté d'aller gouter la pâte. Lorsqu'il revint le marimo avait le même regard neutre.

Il fallut bien une demi-heure pour qu'il termine sa tâche, et satisfait il finit de ranger les ustensiles avec l'aide du bretteur qui semblait être dans un instant de clémence étrange.

- Tu l'as planqué où ton baume qu'on en finisse… Marmonna Sanji en se tournant vers lui.

- De quoi tu parles ? Fit le bretteur qui semblait émerger de sa bonne humeur.

- Du fait que Chopper va prendre des mesures si tu ne te soignes pas.

Zoro eu l'air blasé.

- Et en quoi ça te regarde ?

Le blond secoua la tête, puis baissa les épaules tout en masquant son envie de sourire comme un malade.

- Bon, ben pas le choix… Franky, Brook et Luffy vont te maintenir coucher pendant que Chopper et Nami te donneront des soins. Il fit mine de s'en aller tranquillement.

Le cuisinier attendit juste quelques minutes avant que l'autre ne l'arrête.

- C'est quoi cette histoire ?!

Vraiment trop prévisible ! Songea Sanji en se mordant la langue. Il joua un instant le type qui ne comprenait pas.

- Hum ? Mais tu crois franchement que notre capitaine va te laisser dans cet état ?

La mâchoire de Zoro se décrocha d'un bloc, la panique passa dans ses prunelles.

- C'est quoi ce délire ? Je vais très bien ! J'ai pas besoin de soin intensif ! Putain vous allez arrêter de me prendre pour un gamin !

Sanji tenta de calmer son envie de le secouer.

- Alors je te passe ce foutu baume sur la peau et on en parle plus !

En gros, lui où les autres ! Zoro s'étrangla et pâlit légèrement. Bon, Sanji avait sans doute exagéré en disant que l'équipage allait s'y mettre. Mais il n'allait pas laisser Robin s'en mêler… Puisqu'il avait été question qu'elle immobilise le bretteur avec son pouvoir afin de le traité.

Et Sanji préférerait crever que de laisser cette chance de rapprochement entre eux. Voyant la détresse sur le visage du marimo, il finit par le prendre un peu en pitié.

- On y passe et c'est fini. Je te passe ta petite pommade durant une semaine, Chopper est content, ton dos va mieux, et personne n'est perdant ! Allez, bouge ! J'ai envie d'une douche.

Sanji se dirigea vers la salle d'eau, et ne put s'empêcher de se sentir rassurer en entendant le bruit de pas après lui.

- Pourquoi tu joues au garde malade avec moi ? La question le surprit alors qu'il venait d'ouvrir la porte.

Sanji roula les yeux au ciel, ne pouvant retenir son sarcasme.

- Parce que j'adore ta tête de mousse mon marimo en sucre !

Puis le cuisinier s'arrêta un instant, lui aussi choqué de ce qu'il venait de dire. Bien sûr que non ! C'était totalement faux ! Mais il allait gérer cette histoire pour que les femmes de l'équipage n'est pas à y mettre le nez !

Et puis… Franky n'était jamais loin.

- Non, sans blague. Fit Zoro en entrant après lui et en fermant la porte contre laquelle il s'appuya lourdement.

- Putain, tu fais vraiment suer à te comporter comme ça… Poursuivit le bretteur.

Sanji ouvrit la porte de la pharmacie. Il avisa ce qu'il y avait, Chopper lui avait dit que le bocal était de couleur verte.

Bien, tout y était ! Il ne manquait que le marimo.

- Dis-moi marimo, tu comptes me regarder prendre ma douche ? Il leva un sourcil en l'interrogeant.

Zoro sembla encore déstabilisé.

- Mais… T'as dis que… enfin… Le baume et…

Sanji ne masqua pas son sourire et avoua sa faute.

- Je sais… C'était juste pour t'emmerder un peu. Mais d'un point de vue pratique… Si je dois te passer ce truc sur le dos. Il faudrait que ce soit après ta douche et pas avant. A toi l'honneur ! Lança-t-il en allant vers la commode pour prendre une serviette.

Pourtant Zoro ne bougea pas.

- Tu te fous encore de ma gueule ? Fit ce dernier sceptique.

Sanji se tourna en entendant la porte s'ouvrir, il arrêta le bretteur en écrasant son talon sur le battant.

- T'as gagné ! Y'a assez de place pour deux. Tu te douche de ce côté, moi du mien. Et on en parle plus, j'te passe ta pommade et dodo pour tout le monde.

-Va crever ! Le sifflement du bretteur était avant-coureur de son éclat.

Sanji posa la main sur la porte.

- C'est pénible autant pour toi que pour moi.

- Alors fiche moi la paix ! Rugit-t-il à deux doigts d'arracher la porte.

Pourtant Sanji ne bougea pas.

- Je ne comprends pas… Pourquoi tu fuis ?

- Je ne suis pas un lâche ! Gronda le bretteur.

Le cuisinier secoua doucement la tête.

- Je te parle pas de ça… Tu as des nakamas sur lesquels compter, alors pourquoi tu les fuis ?

Sanji fut persuadé durant de longues minutes qu'il allait le bousculer et sortir. Pourtant Zoro tourna juste la tête vers un point perdu.

- Il s'agit juste d'un baume à la con, de quoi tu parles kuso-cook ?

- Même Chopper, tu l'évites.

- Je n'évite personne ok ! Zoro le dévisagea en le fusillant.

Sanji acquiesça, même s'il voyait très clairement que l'autre était tendu et anxieux. Ce qui était difficile à croire. Le bretteur le poussa, et avant qu'il comprenne ce dernier défaisait sa chemise… Visiblement, il allait prendre sa douche.

Il scruta du coin de l'œil la silhouette du bretteur, Zoro n'avait pas encore reprit le poids perdu. Son obi vert fit un bruit métallique lorsqu'il le posa sur le meuble.

- Y'a quoi dedans ? Ne put s'empêcher de demander son nakama.

Zoro commença à défaire son pantalon. Sanji fit quelques pas dans sa direction et avisa le vêtement.

- Des poids. Marmonna-t-il.

Il fronça les sourcils en voyant le blond soulever du bout des doigts l'objet. Sanji grimaça en soupesant le tout.

- Mais ça pèse au moins cinquante kilos ton truc.

L'incrédulité et la stupeur passèrent sur le visage du cuisinier.

- Pff… Le sifflement de dédain passa ses lèvres.

- Et tu portes ça en permanence ? Question stupide !

Bien sûr ! Zoro sans son obi, c'est comme :

Nami sans ses oranges, Luffy sans sa viande, Ussop sans ses mensonges, Robin sans ses gloussements, Brook sans ses blagues débile, Chopper sans ses médicaments, Franky sans son… Slip ?

L'image fit grimacer Sanji qui se porta la main à la bouche pour retenir son haut de cœur. Il secoua la tête. Il lâcha le tout. Pas étonnant qu'il perde du poids avec cet entrainement ! Cinq minutes plus tard, Zoro était sous le jet d'eau et grognait d'agacement.

Le blond se secoua et entreprit de faire de même. C'était une douche commune pour tous les garçons, même si en général ils n'étaient jamais plus de trois à prendre leur douche ensemble.

Ussop et Luffy formait un binome, Franky et Brook n'avaient aucun mal à faire chambre commune, Chopper profitait souvent de la présence du bretteur, Sanji lui avait des horaires plus… Matinales, ou nocturne. Puis, il privilégiait les bains lorsqu'il en avait la possibilité… Car il y avait bien aussi une énorme baignoire en prime ! Ce dernier faisait office de spa.

Mais à ce moment précis il ne songea pas à se faire couler un bain. Sanji glissa et dû se rattraper contre le mur pour ne pas tomber sur son arrière train, ce qui prit un ricanement fort méchant à son nakama.

- Oh la ferme l'éclopé… Grinça le blond sans pouvoir se retenir.

Il regretta aussitôt, percevant la crispation des épaules du bretteur. Il n'avait pas que ça à faire, et entreprit de se laver le plus vite possible.

Le silence relatif qui tomba lui donna envie de se cogner la tête et Sanji pesta alors que la mousse lui coulait dans les yeux. Lorsqu'il put enfin voir clair… Le bretteur se séchait les cheveux.

- Putain, t'as peur de la flotte ! Comment t'as pu te laver en trois minutes ?! S'écria le cuisinier en jurant.

La mousse lui revint dans les yeux, et il ne put pas voir les vives couleurs passer sur le visage du bretteur.

- Oh la ferme, j'me suis lavé, qu'est-ce que tu voulais de plus, me frotter le dos p't'être ? Rugit Zoro en se séchant le visage.

- Et le savon ! Tu connais ? Le truc qui sert à enlever la saleté de ta peau…

Il recula et tomba en arrière alors qu'un son indigne lui échappait.

Sanji pivoine écarquilla les yeux, Zoro venait de lui jeter une serviette à la tête, assez violemment pour le faire tomber. Il avait mal au coccyx, et sa tête avait heurté le mur.

- Putain t'es trop con ! Mais le reste de son insulte mourut alors que le shampoing revenait dans ses yeux.

Sanji dû faire face à la priorité de sauver ses yeux, il mit bien dix minutes à se rincer le visage, les larmes de douleur coulaient sur ses joues. Tâtonnant il attrapa le savon et l'étala sur son corps en le faisant mousser. L'œil visible rouge, il jura en le faisant tomber puis relevant une mèche il avisa le bretteur assit sur le bord de la baignoire vide.

- Qu'est-ce tu fous connard ?

- J'attends que tu termines pour me passer ce foutu baume… Alors dépêche barbie.

- T'es vraiment chiant… Grinça Sanji en finissant.

Il glissa de nouveau et tomba à plat ventre en un bruit stupéfiant. Voilà pourquoi il préférait les bains !

- FAIS CHIEZ ! Hurla Sanji en se tenant le nez.

Le rire de Zoro résonna dans la salle d'eau, et il le fusilla en se redressant.

- Connard, putain si j'te chope ! Grinça le play-boy en se relevant.

- Ben c'est qu'il tient pas sur ses guiboles… Railla Zoro.

- La ferme, impotent ! Cria le blond excédé définitivement.

Le rouge de la honte sur le visage de Sanji était stupéfiant, mais le silence du bretteur fut surprenant.

C'est pas un type comme cet imbécile de bretteur qui allait se moquer de lui aussi ouvertement !

Soufflant avec rage, il se releva et attrapa la serviette pour se sécher en s'appuyant avec précaution contre le mur. Il longea celui-ci et soupira de soulagement une fois qu'il fut hors du périmètre mouiller. Il venait de commencer à se sécher les cheveux lorsqu'il vit que l'autre ouvrait la porte.

- Putain, qu'est-ce tu fous ? Hey ! Lança Sanji.

Zoro se tourna d'un mouvement surprit et vaguement agressif, il recula d'un pas et dévisagea le blond.

Il sut immédiatement… Que le bretteur c'était refermé sur lui-même.

- J'me suis éclaté la tronche quatre fois rien que pour te mettre ce foutu truc sur la peau ! Bon sang, attends que je termine pour te…

La porte s'ouvrit alors qu'il se détournait une fois de plus.

- Zoro ?! Il retira aussitôt la main qu'il avait posée sur lui pour le retenir.

- Mais t'es brulant… Il avait l'impression d'avoir mis la main sur une casserole trop chaude.

Il lui prit le poignet et le tira vers lui en maugréant. Refermant la porte d'un autre mouvement. Pas étonnant qu'il soit si étrange… Il avait une fièvre carabinée !

- T'as vue Chopper ? Bon sang, depuis quand t'es malade comme ça ?

Le bretteur le regarda avec de grands yeux surprit, et fronça un instant les sourcils. Sanji attrapa une serviette qu'il enroula enfin autour de sa taille, elle tint par la force de la persuasion. Puis il posa encore la main sur le front du bretteur. Il était vraiment trop chaud pour être normal. Zoro poussa sa main, secouant la tête.

- De quoi tu parles ? J'vais très bien, lâches-moi. Il fit de nouveau un pas, mais le cuisinier leva la main pour l'arrêter.

- Ok, c'est normal, tout à fait normal… T'as quarante de fièvre. Je te mets ton baume et on va voir Chopper.

- Je vais très bien, et tu peux te carré ce baume où je pense ! Rugit Zoro.

Il n'avait pas de fièvre, il n'avait rien du tout de toute façon, à part un équipage bien décidé à lui pourrir la vie ! Zoro se passa une main sur le visage, il détestait cette sensation qui lui collait à la peau.

- J'ai combien de doigt ? Tenta Sanji en lui mettant la main sous le nez.

Il allait lui arracher le bras ! Un étrange sifflement roula de la gorge du bretteur et Sanji se figea. Un son ténu qui se mit à enfler alors qu'il plissait les yeux. Le grondement roula en une note juste en dessous et un frisson de chair de poule passa sur le corps du blond. Il baissa très lentement la main, et durant de longues minutes, le regard du bretteur les suivit.

- Fiches moi la paix… Grinça Zoro.

- D'accord… La voix de Sanji le surprit.

Il le dévisagea.

- Maintenant que j'ai décidé de te laisser tranquille… Je peux te mettre ce baume ?

- Non… Fit le bretteur le plus sérieusement du monde.

- Ok… Sanji recula d'un pas, tentant de masquer ce qu'il pensait. Il y avait quelque chose de vraiment étrange avec Zoro. Ses mains étaient devenues moites, la salle de bain était remplie d'une tension surprenante.

Sanji se passa la langue sur les lèvres, alors que les tremblements menaçaient de faire s'entrechoquer ses genoux. Il inspira.

- Tu as froid ? Lança-t-il d'un ton neutre.

- Qu'est-ce que ça peut te foutre ?! S'insurgea le bretteur en continuant de le fusiller du regard.

- Rien, strictement rien… Bredouilla Sanji en réajustant sa serviette.

Il attrapa son pantalon. Se fut l'une des choses les plus compliqué qu'il eut à faire. Garder son sang-froid et rester naturel. Il l'enfila sans plus de cérémonie, la fébrilité qui faisait battre son cœur était à deux doigts de le faire sortir de sa cage thoracique.

- Zoro…

- Quoi ? Grinça avec la même tension le Second de l'équipage.

- Tu laisses ton obi ?

La tension du bretteur retomba d'un coup, il porta aussitôt son attention sur l'objet. Il devait être sacrément perturbé pour le laisser trainer ici. Sanji en profita pour reculer encore d'un pas, observant avec bien plus de circonspection son nakama.

Durant ce lapse de temps qui venait de s'écouler, c'était comme si le bretteur était devenu une source de danger. Puis le fait qu'il l'appel par son prénom et qu'il ne réagisse pas était la preuve qu'il n'était vraiment pas lui-même. Sanji attrapa sa chemise et l'a mis d'un mouvement fluide. Il ouvrit la placard et sortie le baume en tentant de paraitre le plus naturelle possible.

Après tout c'était une règle qu'il avait finit par découvrir sur le bretteur. Il suffisait de se montrer le plus calme possible pour qu'il pli. Il lui avait fait faire la vaisselle, et même aider à ranger la cuisine.

- Hoy, marimo… J'ai pas toute la nuit. Ramène-toi… Je me suis explosé le dos, j'aimerais aller me coucher.

Zoro qui venait de mettre la main sur son obi, le dévisagea comme si un démon avait pris possession du blond. Sanji ne plaisantait vraiment pas avec cette histoire de baume !? Et puis, ne lui avait-il pas dit qu'il allait lui foutre la paix ?

- Qu'est-ce tu veux ?

- Te passer ça sur la peau du dos… Fit Sanji avec une pointe d'agacement dans la voix, qui était en vérité un vrai début de panique.

- Tu te fous de ma gueule ? J't'ais dit non connard ! Grinça Zoro en reculant visiblement d'un pas. Ce qui était surprenant pour ceux qui le connaissait.

Le cerveau du blond passa en surrégime.

- Si tu ne voulais vraiment pas, tu te serais tiré il y a bien longtemps, alors arrête de me faire perdre mon temps. J'en ai vue plein des dos, et crois-moi si je pouvais, je préfèrerais étaler cette pommade sur la peau douce et agréable d'une magnifique jeune femme.

Zoro n'était plus que réticence, c'était vrai… Mais il n'y avait plus ce… Cette tension qui émanait de lui.

- Non. Fit de nouveau Zoro.

Ce qui stupéfait durant de longues minutes le cuisinier. Le bretteur ressemblait à un gamin, incapable de céder à une injonction basique. Le pas qu'il fit vers le bretteur lui permit de lire…

De la surprise, et une grande part d'effroi dans son regard. Zoro paniquait !?

Sanji pencha la tête de perplexité, puis se pinça l'arête du nez.

- Bon sang… C'est qu'un baume… Tu le vois bien, non ? Fit-il en agitant le pot.

Et avant qu'il ne puisse articuler quoique ce soit, le blond était déjà dans son espace vital. La seule raison pour laquelle Zoro ne recula pas plus, était l'absence de cette possibilité. Il n'eut pas conscience, mais il plissa aussitôt les yeux, scrutant avec une méfiance quasi douloureuse son nakama. De nouveau l'attitude du bretteur devint suspecte.

Sanji sentit la même peur fébrile exploser dans son estomac. Comme si quelque chose lui hurlait de ne pas franchir plus la distance entre eux. Il ne savait pas d'où lui venait cette terreur, mais elle lui coulait dans les veines. Il inspira malgré sa gorge noué.

- J'ai dit non. Cette affirmation tomba des lèvres serrées du Second.

Au bon sang ! Sa main serra le couvercle, il sentit tous ses muscles lutter contre la tension qui l'envahissait. Lentement, le cuisinier ouvrit le pot.

Et là… Zoro se plaqua purement et simplement contre la surface derrière lui.

- Je vais très bien… C'est des conneries… Marmonna Zoro avec une voix étrangement rauque.

- Tournes- toi. Souffla le blond qui se demandait s'il devait rire, pleurer, ou sortir d'ici en courant.

Il manquait quelque chose.

- S'il te plait ?

Il cru qu'il rêvait lorsque ce dernier finit par obtempéré avec difficultés. Zoro baissa un peu les épaules et se résigna tout en restant sur ses gardes. Sanji déglutit et grimaça lorsque sa main toucha la texture visqueuse.

Le tremblement qui secoua Zoro des pieds à la tête fut vraiment visible lorsqu'il posa les doigts sur son épiderme. Soit il était vraiment très malade, soit cette situation était vraiment très difficile pour lui. Le cuisinier diminua la pression, et commença lentement à lui prodiguer des soins. Les cicatrices n'étaient pas très belles, à certain endroit elles formaient un ensemble de boursoufflure.

La peau du bretteur était… Chaude, il était impossible que ce ne soit pas dû à la fièvre. Où peut-être une infection, allez savoir ! La sensibilité de Zoro lui sembla être une évidence, il l'entendit grincer très fort des dents, alors que les muscles de son dos restaient tendus. Une plainte sourde passa la gorge du bretteur qui porta la main à la surface devant lui pour ne pas vaciller. Bon sang, il était dans un sale état !

Pourtant Sanji ne dit strictement rien en poursuivant sa tâche, massant juste avec plus de pondération et de douceur. Une cicatrice partait du flanc droit et revenait se perdre en diagonal jusque sur son omoplate gauche.

- Détends-toi… Marmonna le cuisinier.

Une inspiration un peu plus forte lui parvint, alors qu'il suivait la cicatrice jusque sur le flanc. La poigne du bretteur l'arrêta, et Sanji retint sa respiration. Zoro le relâcha après quelques minutes de silence, et il termina sa besogne.

- Désolé… Marmonna le blond en refermant maladroitement le flacon.

Son regard se posa de nouveau sur les cicatrices, il posa le baume sur le bord du meuble. La tension quitta les épaules de Zoro lorsqu'il entendit la porte se fermer.

Intrigué… Il fixa la place qu'avait occupé le cuisinier, les fourmillements de soulagement lui picotaient déjà la peau, alors que la fatigue revenait pour l'assommer.

O*o*o*O_O*o*o*O

Voici donc un chapitre de plus ! Notre bretteur est de plus en plus perplexe ! Et pas la moindre trace d'un voleur dans cette histoire !?

Chapitre IV : Dressage ?

« Sanji venait de finir la vaisselle, et il masqua difficilement sa surprise en reconnaissant la tignasse verte.

- Bah, t'es sortie de ton trou ?

Zoro aurait sans doute rétorqué une insulte, mais il leva juste une épaule en signe de dédain.

- Tu veux quoi ? Lança le blond en s'essuyant les mains. Il posa son torchon.

Le bretteur sembla prendre sur lui-même.

- Juste… Si t'es pas occupé…

Donc il était vraiment venu lui demander quelque chose ! C'était plus qu'incroyable. Le Second farfouilla dans sa poche, puis sortie le petit pot qu'il posa sur la table en détournant un peu les yeux.

Sanji mit un certain temps à reconnaitre le baume.

- Mon dos.

La phrase n'était pas compréhensible, mais la demande un peu plus explicite. Sanji attrapa sa cigarette de justesse avant qu'elle ne tombe. Ca c'était du changement ! »