Titre: Une Rose pour Monsieur Jones 3/

Auteur: Takisys

Beta : Black59
Fandom:
Torchwood

Personnage/Couple: Jack Harkness et Ianto Jones

Rating: PG-13

Résumé : le 24 Rhad 4409, Ianto Jones se réveille dans une chambre d'hôpital de Caerdydd, la capitale de New Cardiff. Il devrait être mort, il le sait. Reste à découvrir pourquoi il ne l'est pas, ce qu'il est advenu des enfants et des 456. Et Jack dans tout ça où est-il encore passé ?
Warnings éventuels: spoilers pour COE et tout Torchwood ainsi que pour les enfants du passé, cette fic se passant une trentaine d'année après l'affaire des clones.
Disclaimer:
J'emprunte à la BBC et à RTD l'institut Torchwood ainsi que les personnages de Jack et Ianto, tous les autres m'appartiennent, Ifan, Jonathan, Johanne etc.

Ils s'étaient matérialisés dans la salle où ils avaient construit la cage de verre pour accueillir le Décny et son esclave humain. Protégés par le filtre de perception : ils étaient invisibles, le seul qui aurait pu les percevoir était déjà inconscient. Le capitaine avait regardé la scène avec un détachement complet, et c'était du pied qu'il avait repoussé son propre corps pour permettre à Ifan d'accéder plus facilement à Ianto.

« Il va falloir faire vite » Avait dit le médecin.

« Vite et bien » Avait répondu le capitaine.

Il avait posé le corps nu d'Ethan à côté de Ianto, et ils avait commencé à déshabiller ce dernier pour rhabiller le premier. Le capitaine avait arrangé le nœud de cravate et vérifié une dernière fois la coupe de cheveux, tandis qu'Ifan enroulait Ianto dans une couverture.

« Tad, il faut faire vite : il s'enfonce »

Alors, il avait jeté un dernier regard circulaire, pour vérifier qu'ils ne laissaient aucune trace de leur passage, puis il chercha en lui cette connexion avec le flux temporel, rien ! Ça allait marcher… !

Ils les avaient ramenés à travers le temps à bord du Vieux Faucon.

« Où est-ce que vous étiez passés tous les … qu'est-ce que vous avez fait ? » s'était indigné Jonathan en voyant son père s'activer auprès de Ianto.

« Du calme Jona » Avait dit le capitaine en stoppant net son jeune clone dans son élan.

« Ifan, qu'est-ce qui se passe ? »

Ianto était secoué par un début de convulsion.

« Aidez-moi ! » Avait dit le médecin d'une voix autoritaire aux deux autres, leur indiquant qu'il attendait d'eux qu'ils immobilisent Ianto. Les deux hommes obtempérèrent immédiatement. Ifan avait alors basculé la tête de son jeune patient pour glisser au fond de sa bouche un petit carré de gélatine, les convulsions se calmèrent progressivement.

« Ifan ?» Avait été tout ce qu'il avait réussi à articuler.

« Il réagit mal au BHT, ici je ne pourrais rien faire, il faudrait… »

« Donnes-moi ton bracelet ! » avait ordonné le capitaine tandis qu'il retirait le sien, il avait entré rapidement les nouvelles coordonnées avant de le passer au poignet de son fils.

« Jonathan tu vas avec ton père ! Sauve-le, Ifan ne le laisse pas mourir… » Avait-il dit dans un murmure avant que les trois ne disparaissent.

Il était resté seul à bord du Vieux Faucon, seul avec Tashan, évidement… Tashan n'approuvait pas… et puis la nausée était montée du tréfond de son âme comme une vague prête à tout submerger, il n'avait eu que le temps de se ruer aux toilettes… Il avait fini par s'écrouler contre le mur vidé, épuisé…

Et, là, enfin, l'autre vague, qu'il avait, jusque ici, réussie à retenir l'avait emporté avec la douleur qui lui tordait le ventre depuis cinq jours. Cinq jours qu'Ethan était mort.

Combien de temps était-il resté là, assit parterre à pleurer toutes les larmes que son corps pouvait encore contenir… Il n'en avait pas la moindre idée, Tashan était finalement venu l'envelopper de sa tendresse, partageant son chagrin.

C'est la faim qui l'avait réveillé, une bonne maladie avait dit Tashan. Il était groggy, il puait, se sentait sale, il avait pris une très longue douche seul, ça faisait longtemps qu'il n'avait pas pris de douche seul… Non, il n'avait pas pris de douche depuis sa mort… Pas étonnant qu'Ifan commençait à se faire du souci.

Il s'était rendu dans la cuisine, son estomac vide le tortillait mais rien ne lui faisait envie, il s'était forcé à manger tout de même, un bol de céréales et un peu de méké. Il n'avait pas réussi à les garder. Il avait rincé l'évier les jambes encore tremblantes, les larmes menaçaient de le submerger encore une fois. La cuisine lui semblait si vide, si grande… alors encore une fois Tashan était venu le caresser, le câliner, mais Ethan lui manquait.

Il revoyait le jeune esclave affamé qu'il avait acheté pour 50 sous, le magnifique jeune homme qu'il était devenu, doux, posé, drôle avec le cœur sur la main et courageux avec ça… Oui, courageux, voir téméraire… Les larmes étaient revenues une nouvelle fois…

Cette fois-ci c'est dans le sofa de la pièce à vivre qu'il s'était réveillé, il avait réussi à grignoter un bout de pain… Il n'arrivait pas à se décider à lever l'encre, à partir…

« Il faut que tu lui dises au revoir, tant que tu ne l'auras pas fait, tu ne seras pas capable de reprendre ta route… » Avait dit Tashan.

Mais il n'avait pas envie de dire Au revoir, parce qu'il savait que pour lui il n'y avait pas d'au revoir, il n'irait jamais les rejoindre…

Pendant cinq jours, il avait réussi à retenir la douleur, maintenant il se complaisait dedans…

« Ça c'est parce que tu culpabilises ! » Avait dit Tashan.

« T'as fini de fouiller dans mes pensées ! »

« T'as qu'à penser moins fort, tu me casses les oreilles ! »

« Tu n'as pas d'oreilles »

« Ça, c'est toi qui le dit ! » Avait plaisanté Tashan avant d'ajouter : « Ce qui est fait, est fait, Tad ! »

« Oui ! »

« Est-ce que tu regrettes ? »

« Non, bien sûr que non ! »

« Tu me rassures, parce que depuis le temps que tu m'en rebats les oreilles de ton Ianto… »

« De quoi parles-tu ? »

« Tad ! »

« !!! »

« Depuis le tout début que l'on se connait, tu n'as jamais eu d'autre idée en tête que de trouver un moyen de le sauver… »

« Il n'y avait aucun moyen, j'avais renoncé… est-ce que tu serais en train d'insinuer que… »

« Que tu as toujours eu idée qu'un jour Ethan pourrait te permettre de le sauver ? »

« Non ! Non ! Jamais, pas une minute… »

« Non, jamais, je sais, Tad, je sais… »

« Je l'aimais… il me manque… »

« Je sais, et nous avons trois longs mois de route pour rentrer à Caerdydd, Tad, il faut que tu lui dises adieu, il faut que l'on parte et tu le sais… »

« Oui… »

Alors, il s'était décidé. Il avait enfilé son grand manteau et ramassé la petite étoile de mer qu'ils avaient ramenée de leur voyage à Boeshane et il s'était téléporté à Cardiff…

C'était la première fois qu'il mettait les pieds ici depuis ce fameux printemps 2009. La ville était en ruine. Étrangement, c'était encore les ruines du vieux château qui semblaient avoir le moins souffertes, il s'en était servi comme point de repère. Il savait que Gwen avait fait en sorte que Ianto soit enterré dans le vieux cimetière et bénéficie d'une concession dont le renouvellement serait pris en charge par Torchwood. Il n'était pas sûr de comprendre pourquoi elle avait fait ça, mais aujourd'hui, il lui en était reconnaissant.

Il avait déambulé un bon moment au milieu des pierres tombales, avant de trouver celle qu'il cherchait. La végétation commençait à reprendre ses droits. Bientôt l'agence temporelle pourrait réensemencer cette planète et la rendre à la vie, et cela repartirait pour un nouveau cycle… parce qu'il le savait : un jour les Daleks balaieraient toute vie, une nouvelle fois, sans que ni lui, ni le Docteur puissent rien y faire…

Il avait déposé la petite étoile désuète sur la pierre, et il lui avait dit adieu… comme il l'avait déjà fait si souvent, beaucoup trop souvent…

Et puis son estomac l'avait une nouvelle fois rappelé à l'ordre faisant remonter à la surface un raz de marée de larmes…

Comme si la mort d'Ethan ne suffisait pas en soi !

Il s'était traîné à bord et avait mangé un petit peu. Peut-être qu'en mangeant régulièrement, en petite quantité, il arriverait à garder ce qu'il arrivait à avaler.

Mais il ne se faisait pas trop d'illusion, il n'avait jamais réussi à en garder un… il ferait aussi bien de se tirer une balle dans la tête, au moins, ce serait plus rapide, on n'en parlerait plus…

« Mais tu ne le feras pas ! »

« Non ! »

« Parce que c'est son enfant, et que s'il n'y a juste qu'une toute petite chance… » Avait-il ajouté en caressant son ventre qui avait bien peu de chance de s'arrondir.

« Et Ianto ? »

« Ianto, je ne sais pas, je ne sais plu, ça fait si longtemps… et puis, avec lui, rien n'a jamais été simple, de toute façon ! »

« À ce point là ? »

« Oh oui ! Ethan avec beaucoup d'épines ! Beaucoup !»

« Mais tu n'as jamais cessé de l'aimer ! »

« Oui ! Lui, plus que tous les autres, aussi cruel que cela puisse paraître… »

Et une nouvelle vague de larmes étaient venu l'emporter.

A suivre…