Bonjour, bonsoir!
Merci pour toutes vos gentilles reviews! Vous aurez sans doute déjà comprit que mon rythme d'écriture est très irrégulier et je m'en excuse. J'essaie de faire en sorte que mes drabbles aient un petit lien les uns avec les autres mais que l'on puisse les lire indépendemment les uns des autres, parce qu'après tout, ce sont des drabbles et pas une fic. Je ne sais pas si ce que je raconte est vraiment clair^^. Bref!
Réciprocité
- Sherlock. Qu'est-ce qu'on fout ici?
- Enquête, marmonna le brun qui avait le nez collé à son portable.
- Je te préviens, il est hors de question que je foute les pieds là-dedans.
Le brun leva le regard de son écran. Les néons de l'enseigne jetaient des reflets multicolores dans ses yeux pâles.
- Ne me laisse pas tomber maintenant, tu es le seul qui ai bien voulu venir.
- Parce que tu ne m'as pas dit où on allait!
Il fallait vraiment qu'il perde cette habitude de suivre le brun partout. Cette manie lui avait déjà apporté une quantité monstrueuse de problèmes. Et quelque chose lui disait que ce n'était pas fini.
- Il fallait demander.
Le calme du brun était exaspérant. La file d'attente était presque vide, ils seraient bientôt à l'intérieur.
- Sherlock, je ne fréquente pas les boites gays.
- Moi non plus.
Il allait l'étrangler. En plus cet imbécile avait mis sa putain de chemise violette. Il avait récolté trois numéros de téléphone en seulement dix minutes et ils n'étaient même pas rentrés. La soirée promettait d'être mémorable.
- Sherlock...
- Je sais, tu n'es pas gay. Seulement le suspect l'est et nous sommes sur son terrain de chasse.
Il lui adressa un sourire carnassier, celui qu'il réservait aux scènes de crime de serial killer.
- Oh, cette enquête là.
- Oui celle-là.
- Je croyais que ton frère t'avait expressément demandé de ne pas t'en mêler.
- Il cherche à me punir parce que j'ai donné son numéro à Lestrade. Mais je connais une gentille personne qui a bien voulu me sortir les dossiers des victimes.
Cette pauvre Molly s'était encore fait avoir en beauté.
- Donc, nous sommes sur la piste d'un cinglé qui étrangle ses victimes dans les toilettes des bars.
- Des bars gays, précisa Sherlock.
- Oui, des bars gays.
Détail non négligeable, songea John alors qu'un quatrième type glissait son numéro de téléphone dans la main du brun. Celui-ci le roula en boule et le fourra dans la poche de John sans lâcher son portable des yeux une seule seconde. John se retint de tirer la langue devant l'air dépité du pauvre type.
L'affaire avait fait la une des journaux durant les deux derniers jours. Trois hommes avaient été retrouvés morts étranglés dans les sanitaires de trois boites de nuits de la capitale. John avait vu leurs photos, deux blonds et un châtain, entre trente et quarante-cinq ans, issus de milieux aisés. Le premier meurtre avait eu lieu deux semaines auparavant, l'affaire avait éclaté au grand jour après la découverte du troisième cadavre, qui était en fait celui du frère d'un député. Sherlock avait littéralement sauté au plafond. Il avait vite déchanté lorsque Lestrade leur avait interdit d'accéder à la scène de crime. Sherlock avait menacé, supplié puis remenacé mais l'inspecteur n'avait rien lâché. Il avait simplement avoué à mi-mot que ses ordres lui venait d'un membre du gouvernement.
Le vigile refoula le groupe juste devant eux. John eu une lueur d'espoir. Puis le vigile posa les yeux sur Sherlock et il sut que c'était foutu.
oooooooooo
- Le plan?
Ils étaient devant les vestiaires et John attendait que le brun se déleste de ses affaires.
- Un appât et l'autre surveille.
- ça m'a l'air plutôt simple.
- J'irais en haut dans un balcon pour mieux te voir.
John stoppa net devant les portes de la salle.
- Tu me surveilles? Attends, c'est moi l'appât?
Le brun se retourna, l'air impatient.
- Bien sûr. Qu'est ce que tu croyais? Allez avance.
John résista et prit une profonde inspiration. Sherlock leva les yeux au ciel comme le sale gamin qu'il était.
- Quoi encore?
- Sherlock, est-ce que tu m'as bien regardé?
- Je sais que tu n'es pas gay, je te demande de faire semblant - moulinet de main - et de bien faire attention de ne pas boire de verre dont tu ne connais pas la provenance.
Il tira une nouvelle fois sur la manche du blond dans une vaine tentative de couper court à la conversation.
- Ce n'est pas ce que je veux dire. Sherlock, tu as bien regardé le profil des victimes?
Hochements de tête énergiques.
- Entre 1m65 et 1m80, les cheveux clairs, athlétiques...
- Et beaux comme des dieux.
Sherlock bloqua quelques secondes, le regard plongé dans celui de John.
- La beauté est une notion subjec...
- Arrête avec ça putain!
- Alors quoi? Tu complexes?
Le blond enfoui son visage dans ses mains et se demanda si un jour il serait récompensé pour l'infinie patience dont il faisait preuve envers son colocataire. Il commençait à se demander si envoyer une facture à Mycroft Holmes serait bien légitime. Puis il pensa que Mycroft serait bien foutu de la payer et se promit d'étudier la question plus tard.
- Disons que je sais très bien où je me situe.
Pas une divinité, pas totalement repoussant non plus, quelque part au milieu.
- Tu es bien.
Sa voix avait l'air sincère. John releva la tête.
- J'aime te regarder, c'est que tu dois être bien.
Logique implacable. John ne savait vraiment pas quoi répondre à ça. Le brun n'attendait visiblement pas de réponse puisqu'il se mit à marmonner pour lui même.
- Quoiqu'il paraît qu'il est normal de trouver beau les gens qu'on apprécie.
Le blond se demanda s'il devait se sentir gêné où flatté. Il opta pour un subtil mélange des deux.
- Alors vous rentrez?
La voix du serveur les fit sursauter tout les deux.
- On arrive.
Cette fois John ne parvint pas à empêcher Sherlock de le pousser dans la salle.
ooooooo
La musique était assourdissante, ils avaient dû slalomer entre plusieurs groupes de danseurs pour atteindre le bar. John avait aussitôt commandé un double Whisky avec des glaçons.
- Les victimes avaient toutes des traces de GHB dans le sang.
Sherlock s'était rapproché de lui et avait crié dans son oreille pour couvrir la musique. John sentait son torse mince appuyé contre son bras et son épaule. Il descendit son verre cul-sec.
- Et donc je dois rester ici à me faire payer des verres par des inconnus. Et toi tu vas attendre patiemment que je m'écroule pour arrêter celui qui me l'aura offert.
Sur le papier ça avait l'air bien. Enfin la première partie surtout. Sherlock lui fit un sourire amusé.
- Au rythme où tu descends les verres, je pense que tu feras un coma éthylique avant de tomber sur un verre contenant du GHB.
- Je suppose que tu as raison, admit John avec philosophie alors qu'il commandait un second verre.
- Regarde dans tes poches.
John en sortit une poignée de bout de papier longs et fins. Ils ressemblaient à ceux que l'ont trouvait dans les magasins pour essayer des parfums.
- Ils ont été imprégnés avec un produit qui se colore en bleu au contact du GHB. Trempes-en un dans chaque verre avant de le boire.
- ça ne passera pas inaperçu.
Le brun haussa les épaules.
- Tu n'auras qu'à détourner leur attention à ce moment là.
John ressentit la furieuse envie de descendre son autre verre. Sherlock retint son poignet d'une main.
- Vas y doucement. Je ne veux pas que tu me vomisses dessus dans le taxi tout à l'heure.
- Je vomis rarement, déclara fièrement John en s'appuyant un peu plus fort sur le torse de Sherlock.
Il était bien comme ça, un verre de Whisky à la main et Sherlock à coté de lui qui lui parlait à l'oreille. Ils devraient faire ça plus souvent. Il profita du fait que le brun regardait les balcons qui dominaient la piste et le bar pour descendre son second verre.
- Je vais me mettre là.
Le détective montrait le balcon qui se trouvait au dessus du bar.
- Tu n'as pas peur d'être facilement repérable?
- Je ferais semblant d'être occupé à autre chose. Garde ton portable près de toi. Le suspect a un accent allemand.
- Tu aurais du commencer par là non?
Le brun ne parut même pas l'avoir entendu.
- J'y vais, déclara-t-il en désignant du menton la piste de danse.
- Tu vas danser?
- Oui, et tu devrais en faire autant.
- Je ne danse pas.
- A ta guise.
Le poids du corps de Sherlock contre son épaule disparut tout à coup. En quelques secondes, le brun s'était évaporé dans la foule. Il s'écoula environ dix minutes avant que celui-ci n'émerge des danseurs de l'autre coté de la salle. John le vit gravir les escaliers qui menaient aux balcons en entraînant un grand type blond derrière lui. Le médecin décida qu'il était temps de s'offrir un troisième verre.
oooooo
Tu devrais arrêter de boire. SH
John fusilla du regard l'écran lumineux.
Tu devrais dire à ce type de s'éloigner de toi. JW
Cela faisait une heure que Sherlock l'avait abandonné, seul, au bar et qu'il faisait mine de flirter avec un type inconnu ramassé sur la piste de danse.
Pourquoi? SH
"parce que ça donne envie de lui déboîter la machoire" pensa John. Le type en question s'était emparé de la main gauche de Sherlock et y déposait des petits baisers.
Tu ne sais pas où sa bouche a traîné
Son portable vibra presque aussitôt.
Au goût je dirais dans une bassine de
Au goût? John leva les yeux. Sherlock et l'autre type était en train de se rouler le patin du siècle. Sherlock était penché de trois quart contre le dossier, les yeux ouverts, il répondait à John tout en embrassant son partenaire. La situation aurait pu être comique, en fait elle aurait dû l'être. Qu'est ce qui n'allait pas avec lui? John grogna de frustration en se penchant sur son verre.
Tu es chez toi? J'ai besoin d'un verre. GL
Et voilà que Greg s'y mettait maintenant.
Désolé. Pas là. Enquête. JW
Où êtes vous?GL
Si je te le disais tu ne me croirais pas. Mauvais rencard? JW
On vient de me poser un lapin. GL
Désolé. Quelqu'un que je connais? JW
Tu ne me croirais pas. GL
A qui tu parles? SH
Arrêtes d'embrasser ce type et partons. JW
Si j'avais dit ça à chaque fille que tu as ramené à la maison tu ne serais pas beaucoup sorti. SH
C'est différent. JW
Sentiments. Foutaises. Même toi tu n'arrivais pas à te rappeler leur nom. SH
Il n'avait pas tort là-dessus. John leva les yeux vers l'endroit où se trouvait le détective, il ne vit qu'un morceau de tête blonde qui disparaissait à demi derrière le dossier du sofa.
Dis moi que tu n'es pas allongé sur la banquette. JW
Je ne vois pas bien comment tu es censé me surveiller si tu ne me regardes même pas. JW
Sherlock, si dans cinq minutes tu n'es pas revenu je monte te
Le brun avait visiblement décidé de bouder. John posa rageusement son portable sur le comptoir.
- Vous buvez quelque chose?
Accent allemand. John se redressa, tous les sens en alerte. Il essaya d'avoir l'air naturel en se retournant vers l'homme.
- Whisky?
L'homme à la flamboyante tignasse rousse lui adressa un sourire rayonnant.
- Excellent choix.
C'était étrange de se faire aborder par un homme. De se faire aborder tout court en fait. John était plutôt du côté de ceux qui paient des verres et qui se prennent des râteaux. Il leva machinalement les yeux vers Sherlock. Ce dernier s'était redressé, l'espèce d'enfoiré blond qui était avec lui en avait profité pour s'attaquer à sa nuque. John essaya de ne pas se demander où pouvaient se trouver ses mains. Les lumières de la boite de nuit baissaient à mesure que la soirée avançait, de sorte que John les distinguaient de plus en plus mal.
- Ton verre.
Son whisky était posé sur le comptoir devant lui. Impossible pour lui de savoir si le roux y avait touché après que le barman l'y ait posé. Il trinqua avec l'autre homme et fit semblant d'y tremper ses lèvres.
- Tu es venu seul?
- Non.
Le sourire de l'homme diminua un peu.
- Ha. Désolé, en te voyant seul j'ai pensé que tu étais célibataire.
- Je le suis. J'accompagne un... ami. Je ne sais pas où il est passé.
L'autre lui sourit et lui tendit une poignée de main.
- Hans.
John la serra.
- John.
C'était plus facile qu'il ne l'aurait cru. Il faut dire que l'alcool aidait. L'homme en face de lui était curieusement sympathique.
- Je n'ai pas vraiment l'habitude de ce genre d'endroit, dit Hans en s'accoudant au comptoir.
John en profita pour plonger un des morceaux de papier dans son verre. Il en ressortit blanc comme neige.
- Moi non plus, répondit-il, la musique est...
- Horrible, acheva Hans.
John pouffa. Ils discutèrent pendant presque une heure. Hans était bien allemand, il accompagnait son patron, maître de conférence, pour un séminaire à Londres. Il dit à John qu'ils étaient arrivés la veille. Au fil de la conversation, John comprit que son patron était en fait son petit-ami avec qui il s'était disputé la veille de leur départ. Histoire compliquée. John commençait à décrocher. L'homme n'avait pas du tout l'air dangereux. C'était le type classique qui cherchait à se changer les idées après une dispute avec son conjoint mais qui du coup se retrouvait à parler du conjoint en question toute la soirée à qui voulait bien l'écouter. Le fait que son petit ami soit un homme ne rendait pas la conversation moins ennuyeuse.
- Je suis désolé, déclara Hans au bout d'un moment. Je crois que je t'ennuie. Je vais rentrer.
Il resta immobile une dizaine de secondes puis disparut dans la foule. John se demanda seulement après s'il était censé le retenir.
Je viens de passer une heure à discuter avec un type qui n'est pas serial killer. Tu vas devoir te faire pardonner. JW
John leva la tête en direction du balcon en plissant les yeux. La banquette depuis laquelle le brun était censé le surveiller était vide.
Il n'eut pas le temps de formuler une pensée que ses jambes le portaient déjà vers l'escalier. Il fondit au milieu de la piste de danse, bousculant les danseurs sans y penser. Il arriva devant la table qu'avait partagée Sherlock et l'homme.
A partir de là, le temps prit une tournure étrange. Des souvenirs lui revinrent plus tard comme des flashs. Un papier qui se teintait en bleu au fond d'un verre de vodka à moitié vide. Il était incapable de dire de quelle façon il parvint aux toilettes, ni comment il avait identifié la cabine dans laquelle Sherlock et l'homme étaient enfermés. Il ne se souvenait pas non plus comment il l'avait ouverte, mais ça expliquait sans doute sa douleur à l'épaule. Sa mauvaise épaule. Par contre, il se souvenait parfaitement de la voix du grand blond qui semblait vouloir s'expliquer alors qu'il le traînait dehors. Il se souvenait aussi du bruit particulièrement satisfaisant qu'avait fait son crâne contre la faïence du lavabo.
Le temps reprit son cours normal. Quelqu'un était entré dans les toilettes et était ressortit en criant. John se dit qu'il devrait sans doute s'inquiéter pour le cours des évènements à venir. Le type assommé étendu sous le lavabo ne jouerait pas en sa faveur. Il s'en foutait.
Accroupi sur le carrelage blanc, il appuyait sa paume sous la mâchoire de Sherlock. Le battement régulier l'apaisa. Il se sentit redescendre sur terre. Le brun était au sol, assis sur ses talons, son épaule droite appuyée contre la cloison. Ses yeux translucides cherchaient John sans parvenir à se fixer sur son visage.
- Hey
John descendit sa main sur l'épaule du détective et secoua doucement. Sherlock inspira brusquement et voulut reculer. Sans succès, ses membres ne semblaient plus lui répondre. Le médecin s'aperçut alors que son bas droit formait un angle anormal en dessous du coude. Sa main droite reposait inerte sur ses cuisses repliées.
- Merde, il t'as sacrément amoché.
Il jeta un regard au grand type blond toujours inconscient sur le carrelage. Il se demanda si quelques coups de pied supplémentaires se verraient. Puis la main gauche de Sherlock aggripa son pull et il fut incapable de penser à autre chose. La tête du brun vint se nicher contre son épaule, John inspira fortement. Les doigts qu'il avaient laissés dans le cou du détective se mirent à faire de lents cercles.
- C'est bon. Calmes-toi.
Combien de temps duraient les effets du GHB? John tenta de se le rappeler. C'était une tâche difficile, la respiration tiède de Sherlock sur sa peau le déconcentrait sans cesse. Une heure, peut-être plus. Le brun n'était clairement pas dans son état normal, il aurait probablement tout oublié le lendemain matin.
L'agitation regnait toujours dans le couloir qui menait aux toilettes. John savait que la police ne devrait plus tarder, il était d'ailleurs étonnant qu'un vigile n'ait pas déjà tenté de le maîtriser.
Il sortit son portable de sa poche et composa le numéro à l'aveuglette. Ce numéro. Celui que Sherlock supprimait sans cesse de son répertoire, contraignant John à l'apprendre par coeur "juste au cas où".
- Bonsoir docteur Watson.
Sherlock s'appuya franchement contre lui. John passa un bras autours de lui et le rapprocha. Il prit une grande inspiration dans les boucles sombres qui lui chatouillaient le menton.
- Bonsoir Mycroft, je crais que nous ayons des ennuis.
oooooo
Merci de m'avoir lue!
