Deux semaines que le fils Malefoy est rentré au bercail, comme le messie. D'après les rumeurs, il a apporté des nouvelles qui n'ont pas de prix, et qui seront décisives pour le vainqueur. Deux semaines, que Voldemort ne m'avait plus touché, et ça aussi ça n'avait pas de prix. Je pouvais me réveiller le matin et prendre ma douche sans m'écorcher la peau tellement je me sentais salie de la nuit précédente. Je ne l'avais pas revu, et cela ne me manquait pas. Ma fille par contre ne tarissait pas d'éloges sur lui. Elle le trouvait beau, charmant, intelligent, drôle bref un elle au masculin. Elle m'a même demandé si je ne voulais pas l'épouser à la place du mari que j'avais à présent. Je ne lui avais pas répondu, car c'était un cruel dilemme de choisir entre une haine ancienne et une haine récente mais non moins fortes.
J'étais comme d'habitude dans ma salle, seule, mais pas triste. Je crois que depuis mon mariage je n'avais jamais été aussi heureuse. On ouvrit la porte, j'eus un sourire impatient en attendant de voir ma fille, mais ce fut le fils Malefoy qui entra. J'eus un rictus déçu, poussai un long soupir et le regardai avec dédain, qui ne me quittait plus. Il me dévisagea quelque temps, avant de prendre une chaise et de s'y asseoir en face de moi. Je levai les yeux au ciel, exaspérée de son comportement, et ma relative bonne humeur disparue comme neige au soleil. Son regard continuait de me détailler, comme si il n'en avait pas eu le temps la dernière fois. Je détachais mes yeux de lui, pour les laissai vagabonder dans la pièce vide, mes doigts tapotaient mon trône, les réguliers bruits, au lieu de meubler le silence, semblait le décupler. Je poussai un long soupir, fermai les yeux, et attendis en silence soit qu'il parle, soit qu'il parte. Je préférais d'ailleurs la seconde option, le fait d'ouvrir la bouche pour lui adresser la parole, anéantirait le reste de ma joie. Et ma fille ne tarderait pas à arriver, je pouvais bien tenir jusque là. Du moins, je l'espérais.
Le silence s'attarda, Elicia ne se pressait pas, et nous restâmes silencieux, face à face. Je sentais son regard insistant, sur mon visage, comme s'il voulait que je m'énerve et lui demande de partir. Mais ce serait craquer et lui avouer que ainsi il avait un quelconque moyen de pression sur moi, et je ne l'accepterais pas. Aussi, nous continuâmes une bonne demi-heure dans notre mutuel silence.
- C'est vraiment très étrange de te voir siéger ainsi, finit-il par dire.
- Vouvoie-moi.
- Tu n'as pas ta place ici, tu devrais être aux côtés de Potter et Weasley. D'ailleurs ça m'étonne qui tu ne te sois pas mariée avec. Vous étiez prédestinés. Sa mère a du faire une crise quand elle a su qu'il avait décidé d'épouser Lavande Brown. Tu n'auras vraiment rien réussi, Hermione.
- Tais-toi Malefoy, aboyais-je. Il me semble que tu as lamentablement foiré ta mission qui était de rester dans l'Ordre du Phénix. Mais te voilà, assis en face de moi. Je crois que je ne suis pas la seule à échouer dans cette pièce.
- Sauf que toi tu es incapable de donner un enfant au Maître.
- C'est de sa faute. C'est lui qui empêche toute fécondation.
- Bien sûr, fit-il avec une moue moqueuse.
- Tu apprendras, Malefoy, grinçais-je, puisque que tu n'as pas l'air d'avoir lu beaucoup de livres, que nous ne pouvons nous reproduire qu'entre espèce. Or un serpent et une humaine ne sont pas du tout de la même famille. A partir d'ici cela devient plus compliqué d'avoir des enfants n'est-ce pas.
- A part si tu es incapable toi-même de faire des enfants.
J'ouvris la bouche pour répondre, quand ma fille débarqua en courant et en hurlant un "Maman". Mon corps se détendit, prêt à recevoir ce cadeau du ciel. Elle sauta sur mes genoux tandis que je fis une moue narquoise à un Draco médusé. Il me croyait stérile. Eh bien, qu'il ose le redire maintenant. Ma fille babilla comme à son habitude, vexée que je ne l'écouta pas, elle attrapa mon visage dans ses deux mains et le fit tourner vers le sien. Son regard était sévère, ses sourcils froncés, et ce spectacle me fit rire, je posai un baiser sur son nez et elle recommença à me raconter sa vie. Elle s'était encore disputée avec Rogue qui ne tarderait pas à venir me voir, la mère Parkinson avait failli la disputer avant de se rappeler de quelle rang j'étais. Narcissa avait beaucoup pleuré en sachant que son mari allait bientôt en mission, mais elle était soulagée de savoir que son fils resterait là. Finalement, Elicia piqua un baiser sur ma joue et se calma. Et elle remarqua enfin que nous n'étions pas seule.
Malefoy entre temps avait repris un visage plus impassible, ma fille le sonda du regard quelques instants, avant de me demander si j'avais décidé de me marier avec lui. Je rougis intensément, en lui rappelant que j'étais déjà mariée, et que je ne comptais pas me séparer de mon mari dans les années à venir. Elle avait du entendre le ton mélancolique dans mes mots, car elle renifla et dit qu'avec le temps que nous passions ensemble lui et moi nous pourrions très bien nous séparer sans nous rendre compte de la différence. Je souris à ses paroles, et embrassais le sommet de son crâne. Malefoy avait un regard étonné de par rapport à la question de ma fille.
- Elle veut que je t'épouse, car elle t'aime bien. Elicia trouve que c'est un argument suffisant pour que je quitte le Maître, et que je fasse de toi mon nouveau mari.
- Viens donc par ici, jolie petite fille, sourit Draco avec sincérité. Ta maman et moi nous nous aimons pas du tout, on finirait par se taper dessus. Ce n'est pas ce que nous voulons n'est-ce pas ?
- L'amour vient avec le temps, déclara Elicia. Enfin c'est ce que dit Narcissa, ajouta-t-elle en se retournant vers moi. Mais je n'en suis pas si sûre... Et toi, demanda-t-elle à Draco.
- Je pense qu'avant d'épouser quelqu'un il faut bien connaître cette personne. Il faut l'aimer avant, sinon tu ne seras pas heureuse. Mais ta maman t'as sûrement apprit ceci.
- Elle ne sait pas ce que c'est l'amour.
Cette simple déclaration me figea sur place. D'une voix sèche, je rappelais ma fille à moi, qui revint un peu penaude d'avoir une chose qui ne fallait pas. Malefoy fils s'était redressé, le regard pensif. Je fis la morale à ma fille, puis la porte claqua. Malefoy venait de quitter la pièce. Nous restâmes silencieuse quelque temps, nous entendîmes l'horloge sonnait midi. Ma fille soupira, m'embrassa et alla manger. Ensuite elle aurait de nouveau une leçon avec Rogue. Nous étions au mois d'août, elle ne tarderait pas à avoir un nouveau professeur. Je demanderais peut-être à Voldemort de m'accorder ce privilège. Un elfe arriva et apporta mon repas. Un Mangemort arriva pour garder un œil sur moi, et je me mis à manger, calmement et surtout pensivement. Je finis mon repas, et recommençai une après-midi longue d'ennui et d'épuisement. Vers 4 heure, Voldemort arriva, à ma plus grande surprise. Je le saluais avec respect, qui était totalement factice. Il m'annonça qu'il devait parler avec ses Mangemorts pour une mission très importante, et qu'il désirait que je sois là. Sous-entendu qu'il ordonnait que je sois présente. Je hochai la tête, il m'attrapa par le bras, et me demanda de bien me tenir en public. Cette remarque me blessa plus que de raison, comme si j'étais une bête, je devais être sage comme me l'ordonnait mon maître. Je relevais fièrement la tête, une moue narquoise affichée. Il aurait fallu être Néron ou le Sphinx lui-même pour déceler la tristesse sur mon visage. Nous entrâmes dans la salle où était présent deux trônes, un grand et un plus petit, je pris place sur le dernier. J'observais tous les visages des Mangemorts présents, ils étaient pétrifiés par la peur d'être choisi pour cette mission si périlleuse. Je savais que Lucius Malefoy en faisait parti, ma fille me l'avait dit, mais je ne connaissais pas les autres noms. J'écoutais d'une oreille distraite mon mari expliquer la mission, qui était d'attaquer Ste Mangouste. Il cita les noms de ses plus grands Mangemorts. Je n'étais pas tellement surprise, il devait s'allier des meilleurs, l'hôpital sorcier était un des endroits les plus protégés avec Azkaban. Peu à peu la salle se vida, mon mari me raccompagna, mais à mes appartements cette fois, il posta deux Mangemorts à la porte, et me laissa en me disant qu'il ne serait pas là cette nuit. Je pris une mine déçue, jubilant au plus profond de moi-même de cette bonne nouvelle. Je me jetais presque dans ma baignoire, pleine d'eau, je m'y reposais quelques bonnes dizaines de minutes. L'eau léchait mon corps de manière sensuelle, me donnant l'impression d'un amant languissant. Je caressais du bout des doigts la surface fragile. Le tremblement qui s'ensuivit me donna des frissons. Je ressortais dans mon bac de bonheur, pour m'enrouler dans une serviette, je passai dans ma chambre, e m'arrêtai net.
- Qu'est ce que tu fais là, criai-je en voyant Malefoy fils. Nom de Dieu, dans mes appartements, tu sais ce que va dire mon mari quand il le saura.
- Il ne dira rien, c'est lui qui m'a dit où tu étais. Je suis devenu ton garde personnel, ajouta-t-il dans une courbette ironique. Je lui ai demandai, en disant que la solitude n'aidait pas à la procréation d'un enfant.
- Pourquoi, diable as-tu fait ça ? Tu as masochiste ? Je suis très bien toute seule, accompagnée ou pas, je ne pourrais pas porter son enfant. Ni moi ni aucune autre d'ailleurs. Alors tu peux repartir.
- C'était officiellement qu'il m'envoie pour ça, officieusement il y a autre chose. Que je n'ai pas le droit de te dire, sourit-il mauvais.
- Eh bien, ne me le dis pas.
- Tu n'es pas plus curieuse que ça, fit-il surpris. Dans le passé, tu m'aurais presque torturé pour que je te le dise. Et là; tu n'en as rien à faire.
- Je n'ai pas ma baguette, avouai-je. Je ne pourrais rien te faire. Par contre, si tu veux bien me le dire, je t'écouterai avec toute l'attention dont je dispose.
- Tu es attentive à mes paroles ? C'est nouveau, s'esclaffa-t-il. D'accord, d'accord, ne me regarde pas ainsi. Je dois aussi vérifier que tu lui es fidèle. Qu'il n'y ait aucun autre homme.
- C'est plutôt difficile avec deux hommes postés à la porte dans chaque pièce où je vais. Oh ! Mais j'y pense, il y a les fenêtres. Non ! Suis-je bête nous nous trouvons au cinquième étage, il n'y a aucune plante grimpante ni rien. Alors il doit avoir un quelconque don pour venir, peut-être lévite-il. Je lui demanderai la prochaine fois que je le vois.
- Ne t'énerve pas, je n'y suis pour rien. A vrai dire, je m'en fiche que tu es un amant ou pas, c'est juste que cela m'évite d'aller en mission.
- Quel courage...
- Je suis un Serpentard.
Je haussais les épaules à cette excuse. Il était 18 heure et ma fille débarque dans la pièce. Elle nous regarda suspicieusement tous les deux, plus attentivement ma tenue.
J'avais compris, j'allais me changer. Au revoir douceur de la solitude, me voici surveillée ouvertement...
