Oups, je viens de me rendre compte que j'avais complètement oublié les disclaimers aux chapitres précédents ! Donc voilà, je le dis ici : l'univers et les personnes (sauf Sacha) appartiennent à la merveilleuse J.K. Rowling qu'on adore.

galeag : Oui, je me suis enfin lancée ! Quant à moi, j'attends avec impatience la suite de ta fiction :)


Chapitre 3

A travers les vitres, je peux voir une marée humaine grise et noire s'écouler sur le quai. Il fait nuit donc je ne distingue pas grand-chose mais il m'est impossible de passer à côté de cette énorme silhouette sombre qui dépasse toutes les autres ombres de plusieurs têtes. Le groupe se scinde en deux, les personnes les plus petites se rapprochant du géant et les autres avançant vers d'immenses grilles métalliques scintillant sous le feu de torches.

J'attends un peu que le flux de la foule s'atténue et me décide à sortir. Une fois dehors, je lève les yeux vers le ciel et suis subjuguée. Juste devant la lune parfaitement ronde, un majestueux bâtiment se découpe. Il s'agit d'un immense château de pierre couronné de dizaines de tours pointues et illuminé par d'innombrables lumières orangées. Tant de puissance se dégage de cette imposante structure que je ne peux m'empêcher de restée bouche bée, le nez levé en l'air.

Le train qui s'ébranle me sort cependant de ma contemplation. Je suis seule sur le quai mais quelques jeunes se dirigent encore vers les grilles à quelques mètres de moi. Je les suis jusqu'à une longue file de calèches où nombre de personnes attendent pour gagner le château. Les embarcations sont tirées par de grands chevaux noirs. Enfin, je suppose que ce sont des chevaux parce que je ne vois pas bien dans la pénombre... Mais j'ai l'impression qu'ils... ont des ailes ? Encore une excentricité de cette école bizarre ? Après les capes et les chapeaux pointus, ils veulent même costumer leurs animaux ?

Un frisson d'excitation parcourt ma nuque. Il faut que j'aille plus loin mais comment atteindre le château sans se faire voir ? Je ne peux pas monter à bord d'une calèche, sans uniforme, je suis trop suspecte. Et si j'essayais de faire un détour par cette forêt qui borde le chemin ? Oui, ça me semble la solution la plus facile et la plus sûre.

Le plus silencieusement possible, je me glisse entre de grands buissons juste à côté des grilles. Un homme au crâne dégarni d'un âge incertain surveille les adolescents d'un œil mauvais, attendant probablement que l'un d'entre eux fasse un faux pas. A ses pieds se trouve un chat à la fourrure grisâtre qui... regarde dans ma direction ?

Soudain, un miaulement strident retentit et le félin se met à trottiner vers ma cachette.

« Tu as repéré quelque chose, ma belle ? » demande le gardien à son animal comme s'il s'agissait d'une personne réelle.

Zut, zut ! Une sortie de secours vite ! Je m'enfonce un peu plus dans le buisson jusqu'à toucher un petit muret surmonté de barreaux. Parfait, l'espace est suffisamment grand pour mon corps de fillette et je m'y faufile.

De l'autre côté, des arbres à perte de vue. Ce n'est pas une forêt luxuriante mais plutôt une sapinière lugubre sans beaucoup de végétation où l'espace vide entre les arbres est comblé par une brume inquiétante. Je fais un pas en arrière, peu apte à m'aventurer dans cet endroit menaçant. Mais l'homme se rapproche dangereusement, le bruit de ses pieds martelant le sol à quelques mètres seulement.

Je dois choisir : me faire repérer et renvoyer à l'orphelinat ou affronter les bois. Un second miaulement provenant du chat me donne le signal de départ et je me précipite parmi les sapins, direction le château que je peux apercevoir entre les cimes.

Comment ce chat a-t-il senti ma présence d'aussi loin ? Moi qui adore ces animaux en temps normal, je dois dire que je suis très déçue. A moins qu'il voulait juste des caresses parce qu'il a justement deviné que j'étais une amoureuse des chats ? Oui, ça ne peut être que ça !

Comme je pense uniquement au félin, je ne vois absolument pas le grand trou devant moi et tombe la tête la première.

« Ouch... » dis-je en me frottant les fesses.

C'est une mauvaise blague, je suis encore tombée ! Mais bon cette fois c'est uniquement ma faute. J'essaye de me relever mais quelque chose me tire en arrière. Je manque de crier à plein poumons avant de me reprendre, les mains plaquées sur ma bouche déjà ouverte.

Il ne faut pas que l'on m'entende. Il ne faut pas que je panique. Ce sont simplement mes cheveux coincés dans des ronces. Franchement, je devrais penser à les couper, ils m'arrivent jusqu'au bas du dos et c'est parfois handicapant. Ça en est même ridicule ! Mais... Je ne peux pas, Maman les aimait trop.

Je détache les quelques mèches châtains restantes des griffes végétales, leur abandonnant au passage une bonne touffe de cheveux arrachés. Je remonte ensuite le trou et en ressort péniblement. Une légère douleur à la cheville m'indique que j'ai dû me la tordre en tombant mais rien de bien méchant, je peux toujours marcher.

Je continue mon périple et m'enfonce entre les arbres. La brume est de plus en plus dense et mes poils s'hérissent sur mes bras. Je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout rassurée ! Je ne croise le chemin d'aucun animal mais pourtant je sens des centaines de paires d'yeux me fixer, tapis dans le noir. Comme si la moindre forme de vie de cette sinistre forêt allait me sauter dessus à tout instant.

Le château est encore lointain, au moins un kilomètre. Et à l'allure où je vais, je ne suis pas prête d'arriver... Un détail me frappe soudain, que vais-je faire une fois la bâtisse atteinte ? Rentrer dedans et m'endormir dans un lit au hasard comme Blanche Neige ? Je ne peux pas faire ça, on va me découvrir ! Mais dans quoi je me suis embarquée, bon sang !

Je repense alors à toutes les situations étranges dans lesquelles je me suis mise depuis que je suis montée dans le train. Ma curiosité reprend le dessus, je veux absolument savoir. On verra bien ensuite et j'aviserai.

Un courant d'air froid vient caresser mon cou nu et je frissonne.

Attends, quoi ?

Où est mon écharpe ?

Oh non ! Je l'avais enlevée pour défaire mais cheveux des ronces et j'ai oublié de la reprendre ! Idiote ! Idiote ! Triple idiote !

Vite, demi-tour. Je ne peux pas me permettre de perdre cette écharpe, c'est un des seuls souvenirs qu'il me reste. Je me mets à courir par désespoir mais je ne sais plus exactement où est le trou de tout à l'heure.

« BAM ! »

Je me retrouve face contre terre, mon pied ayant heurter une branche morte sur le sol. Aïe, aïe, aïe ! Comble de malheur, c'est ma cheville déjà foulée qui a pris le choc. Je la tiens et me roule dans l'humus forestier, essayant désespérément de faire partir la douleur. Après quelques minutes en position fœtale, je trouve finalement le courage de me relever.

Ma maladresse me frappe en pleine figure, comme une claque. J'avais complètement oublié ce « petit » détail qui fait de moi la pire aventurière que la Terre ait jamais portée. Ce n'est pas pour rien que je suis déjà tombée cinq fois en l'espace d'une journée seulement ! Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?

J'avance d'un pas saccadé et déprimé, en prenant bien soin de regarder où je mets désormais mes pieds. Ah ! Je reconnais cette souche d'arbre, elle a une forme d'étoile, c'est joli. Donc, ce que je cherche devrait normalement être juste... Bingo ! Le trou ! Je me précipite jusque dans le fossé mais pas de tissu rouge vif en vue. Où est-elle ? J'entreprends alors de retourner chaque branche, chaque feuille, chaque pierre des environs.

« Craaaaaaaac ! »

Mon sang se glace instantanément, il y a quelque chose autour de moi... Quelque chose ou quelqu'un ?

Je lance un timide « Qui est là ? » mais pas de réponse. Je ne sais pas si j'aimerais entendre une voix humaine en ce moment mais ce serait déjà mieux que cet autre bruissement de végétation plus proche et plus intense. Ne pouvant que céder à la peur, mon instinct de survie me pousse à la fuite, abandonnant la précieuse écharpe.

Au bout de trois bonnes minutes de course (sans tomber cette fois, il ne faut pas exagérer), je m'arrête et m'appuie à un tronc, en nage et à bout de souffle. Cette journée est définitivement trop sportive ! Je prends comme résolution de ne plus courir de toute ma vie !

Je balance mon sac à dos à terre et m'assieds, adossée au sapin. Inexorablement, mon esprit repense à l'écharpe égarée et mes yeux commencent à être humides.

« Maman... Désolée, Maman... j'ai perdu l'écharpe que tu aimais tant... » murmuré-je, des sanglots dans la voix.

Je plonge ma main à l'intérieur de mon bagage et en ressort Alan, mon chat en peluche, et la photo avec ma Maman. Ces deux objets sont mes trésors, ils ont toujours le don de m'apaiser. La tendre voix de Maman parvient encore à mes oreilles :

« Sacha, ne pleure pas, d'accord ? Tu es tellement mignonne quand tu souris, je veux te voir sourire tout le temps ! »

Tu as raison, Maman. D'un geste fébrile, j'essuie les quelques gouttes qui menacent de couler et me force à sourire. Je lui ai promis que je ne pleurerai plus jamais. C'est le serment que j'ai fait, le jour où j'ai vu ma mère disparaître dans une grande boîte en bois et recouverte de terre. Ce jour où pour elle, je n'ai pas versé la moindre larme, où je n'ai cessé de sourire malgré les regards noirs des personnes présentes autour de moi.

Je sers Alan fort contre ma poitrine et ferme les yeux. Je ne dois pas penser à cela, je me fais du mal inutilement. Son odeur rassurante emplit mes narines. Bien entendu, cela fait bien longtemps qu'il a perdu le doux parfum de la maison et de Maman mais il reste mon cher Alan qui m'accompagne depuis ma naissance. Les souvenirs m'envahissent et je me laisse aller au sommeil.

« Sacha ! Sacha, viens ici, j'ai quelque chose pour toi.

- Pour moi, Maman ? Pourquoi ? Ce n'est pas mon anniversaire.

- Mais tout simplement parce que je t'aime, Sacha. Me faut-il une autre raison pour t'offrir des cadeaux ? Allez, ferme les yeux maintenant. »

La fillette mit ses mains sur son visage et la jeune femme passa une longue écharpe rouge autour du cou de son enfant.

« C'est tout doux, dit cette dernière en enlevant ses mains. Maman ! s'exclama-t-elle. Tu me donnes ton écharpe préférée ?

- Tu l'as toujours aimée, non ? Et puis comme ça, où que je sois, tu penseras toujours à moi. »

La petite leva son visage juvénile vers celui de sa mère. Mais au lieu de sourire, elle fût frappée d'horreur. L'adulte se décomposait lentement comme de la poussière emportée par le vent. L'enfant poussa un cri.

Je me réveille en sursaut. Cela faisait bien longtemps que je n'avais plus fait de cauchemars de ce genre. L'absence de l'écharpe me pèse déjà. Combien de temps ai-je dormi ? La nuit semble encore plus noire et la brume encore plus épaisse. Je ramène mes genoux sur mon torse et frissonne, le froid est pénétrant. Pas le moindre bruit ne parvient à mes oreilles, renforçant l'aspect hanté de la forêt. Je n'ai plus la force de bouger. Au lieu de me restaurer, mon sommeil m'a vidée de toute énergie.

Mes yeux se perdent parmi les arbres. La nuit m'enveloppe, comme pour m'étouffer. Non ! Je ne peux pas déjà abandonner, c'est trop rapide ! Et je n'ai toujours pas découvert le secret de cette école !

Je regarde une nouvelle fois la photo. Oui, je vais le faire ! Gonflée à bloc, je me relève difficilement car ma cheville, engourdie par le froid, me lance bien plus qu'auparavant.

Mais avant que je puisse faire le moindre geste, mes jambes se paralysent d'effroi. Dans l'obscurité, j'entends des pas lourds, proches... très proches... trop proches !

Quelque chose tombe subitement sur mon crâne, m'arrachant un cri étranglé de frayeur et de surprise. J'agite bêtement les bras avant de me rendre compte que l'attaque est toute douce... et rouge... l'odeur m'est familière... Mon écharpe ! Comment ?

En tournant la tête, je me dis que je rêve. Juste là, se tient un grand cheval blanc qui projette une faible lueur dans la noirceur environnante. Mais ce qui retient le plus mon attention, c'est cette corne qui transperce le front de l'animal.

Une créature de légende m'est apparue. Une licorne. Bien que j'aie toujours trouvé ce geste ridicule dans les dessins animés, j'en viens à me pincer pour vérifier que tout est réel. Peut-être suis-je toujours assoupie dans le train ? Ou contre l'arbre ?

Cependant, je ne me réveille pas. Alors, elles existent vraiment ?

La beauté de la licorne m'hypnotise. Comment un animal aussi magnifique a-t-il pu passer outre la vigilance des hommes ? Qui plus est, en pleine Grande-Bretagne ?

« C'est toi qui m'a ramené mon écharpe ? » m'aventuré-je, espérant que cette bête fantastique soit en plus dotée de parole.

Pour toute réponse, la licorne baisse délicatement sa tête dans un mouvement d'une grâce incroyable. Au moins, on dirait qu'elle me comprend. Ça vaut le coup de tenter :

« Est-ce que tu sais comment sortir de cette forêt ? »

A ces mots, la créature fait volte-face et avance. Après avoir précipitamment rangé mes affaires et empoigné mon sac, je la suis maladroitement, évitant les ronces et les bois morts qui menacent de me faire trébucher à chaque pas. La licorne ne ralentit pas pour autant et c'est bien péniblement que nous arrivons jusqu'à une petite clairière où le brouillard est quasiment inexistant et où le clair de lune reprend ses droits. La lisière de la forêt ne doit plus être très loin. L'espoir renaît en moi.

Mais la licorne s'agite, ses oreilles se dressent et elle respire nerveusement. Qu'est-ce qui peut bien l'effrayer ?

La cause fait son apparition. Une sorte de chien blanc, non, transparent, s'approche de nous, les crocs découverts. Un spectre, un mirage ? Quoi qu'il en soit, il ne doit pas être très amical car la licorne s'enfuit et me laisse seule face au danger.

Lâche ! Elle m'abandonne comme ça ? J'aurais aimé qu'elle soit vaillante et me défende ! Comme dans les films où l'animal est prêt à tout pour sauver son maître. Bon, je n'étais pas sa propriétaire mais si elle m'a aidée, c'est qu'elle m'appréciait, non ?

Distant d'à peine un mètre, le chien grogne, m'indiquant que je suis son prochain repas. C'est la fin. Dévorée par un sale cabot même plus vivant, à deux doigts de découvrir un secret incroyable, Sacha Abberline vous fait ses adieux.

Juste au moment où la bête fantomatique s'apprête à bondir sur moi, une lumière jaune et vacillante perce à travers la végétation. Le chien s'évanouit alors, comme de la fumée. Malgré moi, je me jette dans un buisson, mon instinct me poussant à me cacher.

A cet instant, un homme immense, un géant même, pénètre dans la clairière, une lanterne à la main. Ça devait être lui, l'énorme silhouette sur le quai de la gare. L'homme porte une hache sur son épaule et un grand chien noir et baveux le suit. Qu'est-ce qu'ils peuvent bien fabriquer à une heure pareille ?

« J'espère qu'on ne va pas tomber sur un arbre avec un botruc, Crockdur. Je n'ai pas emporté de cloportes avec moi. » dit l'homme à son compagnon.

Et ils continuent leur chemin, n'ayant pas remarqué ma présence. Heureusement que ce chien a l'air moins malin que le chat de tout à l'heure. Je sors de ma cachette et prends directement le petit sentier par lequel est venu le bûcheron. A mon grand soulagement, je finis par sortir de cette sinistre forêt et ai l'impression de respirer de l'air frais pour la première fois depuis des lustres.

Ce qui vient de se passer s'éclaire alors dans mon esprit. Je viens de voir une licorne et un fantôme, ce n'est pas possible ! Ces créatures n'existent pas ! Je me pince encore et encore les avant-bras, sans résultats si ce n'est des marques rouges et douloureuses sur ma peau. Si c'est un rêve, il est très réaliste. Si ce n'en est pas un... Non, impossible ! Soit un peu rationnelle, Sacha.

Rêve ou pas, je continue mon chemin et passe devant une petite cabane. De la cheminée s'échappe une fumée blanche portant les saveurs d'aliments en train de cuire. Je salive et mon ventre gargouille. Mon dernier repas remonte à une éternité ! Et je ne m'en suis même pas rendue compte. En même temps, comment penser à manger dans un endroit aussi effrayant que les bois que j'ai traversés ?

J'attrape une pomme dans mon sac à dos et croque volontiers dedans. Ce n'est pas très nourrissant mais ça a le mérite d'être délicieux et de faire taire mon estomac. Il ne faut pas que j'oublie d'être discrète et un grognement gastrique malvenu ne peut que me faire repérer au pire moment.

Tout en croquant dans le fruit, je déambule sur une grande étendue d'herbe blanchie par la faible lumière de la nuit. Je réfléchis à mon aventure. Oui, là, on peut vraiment qualifier ce qui m'arrive d'aventure. Qui d'autre peut se vanter de se faire secourir par une licorne et attaqué par un chien spectral ? Mais suis-je certaine de vouloir continuer ? Tout est trop... anormal. Je dirais même dangereux. Je risque peut-être ma vie à vouloir passer les portes de ce château.

Il est cependant un peu tard pour reculer. Surtout parce que reculer signifie repasser par la forêt cauchemardesque alors non merci ! A l'approche d'un grand lac à la surface lisse et calme, je lance mon trognon de pomme aussi loin que je peux. Il flotte sur l'eau noire.

Mais quelle idiote ! Comment n'y ai-je pas pensé ? S'ils découvrent ce trognon, les gens vont avoir des soupçons, c'est certain. Ah, que faire ?

Lorsque, en panique, je me pose cette question, un long et épais tentacule sort alors de l'eau et saisit le reste de fruit pour l'emmener dans les profondeurs du lac. Chouette, problème réglé !

Attends, non ! Pas chouette ! C'était quoi cette chose ? Bon sang, je dois m'éloigner au plus vite ! Je galope jusqu'au château, ne pouvant plus supporter les monstres du dehors.

Enfin, mon objectif est atteint. Je place mon oreille contre la grande porte en bois. Silence absolu. J'ouvre. Les charnières émettent un grincement qui se répercute sur les murs en pierre de l'entrée. Je reste immobile, à moitié à l'intérieur, guettant le moindre mouvement. Rien ne bouge alors je continue.

Je suis maintenant dans un majestueux hall. Le plafond est vraiment haut et tout semble démesurément grand, surtout l'escalier de marbre qui monte vers les étages. Les flammes des bougies et des torches ondulent doucement et éclairent la pièce. Cet endroit est à la fois reposant par sa douce chaleur et angoissant par son silence de mort. Visiblement, tout le monde dort, il doit être bien tard. Ou bien tôt.

J'avance à pas feutrés et m'émerveille devant la magnificence du décor qui m'entoure. De nombreux tableaux sont disposés aux murs avec des personnages endormis. Je jurerais voir leur poitrine se soulever au rythme lent du sommeil. Mais bon, plus rien ne m'étonne maintenant. De grandes statues sont taillées à même la pierre, affreuses mais très impressionnantes.

Un large couloir s'ouvre devant moi. Est-ce que je vais plus loin ? J'en ai envie mais je prends le risque d'être découverte à tout instant. Cependant, à bien y réfléchir, je n'ai pas traversé d'horribles bois pour me dégonfler au dernier moment ! Mes battements de cœur s'accélèrent, signe de la tension qui m'habite mais aussi et surtout de ma curiosité sur le point de craquer.

Le couloir est bordé de vieilles armures polies de chevaliers. Je m'approche de l'une d'elles pour l'inspecter. Elle est visiblement très entretenue et brille à la lumière des flammes. On dirait que les personnes vivant dans ce château aiment particulièrement mettre son histoire en valeur. Le casque de l'armure possède une visière et je tends la main pour la soulever.

« BOUH ! »

Je hurle. L'armure s'est mise à bouger et s'est effondrée sur moi. Je suis coincée sous la ferraille tandis qu'un homme flotte au-dessus de ma tête en me tirant la langue. Il est transparent alors j'en déduis qu'il s'agit d'un fantôme. Tout à fait banal comme rencontre.

« PEEVES ! rugit une voix. QU'EST-CE QUE TU AS ENCORE FAIT ?

- Hihi, tu vas avoir des ennuis » me dit l'ectoplasme d'un ton narquois avant de disparaître en traversant un mur.

Avec effroi, je vois le gardien dégarni de tout à l'heure tourner à l'angle du couloir :

« PEEVES ! Mais que... ? Que faites-vous ici ? Pourquoi n'êtes-vous pas dans votre dortoir ? N'essayez pas de vous justifier, je vous tiens ! me dit l'homme avec un sourire mesquin. Je vous amène illico chez Dumbledore. »

Ce nom ne me dit rien qui vaille.


Est-ce qu'on peut dire que ça commence à ressembler à quelque chose ? Bref, le prochain chapitre sera le bon, je vous le promets ;) (révélation, révélation...)