Bonjour bonjour! J'espère que vous avez passé une bonne semaine!
La suite c'est maintenant, avec comme d'habitude un grand merci à celles qui me laissent des reviews, des alertes et me mettent en favoris! ^^
Bisous :D
Chapitre 2:
Embry POV
Là bas c'était la nature, les immensités verdoyantes, la liberté, la solidarité, l'amitié, la culture de son peuple, les petites maisons cosy. Tout le monde te connaissait et toi tu connaissais tout le monde.
Ici c'était le bitume, le moindre centimètre occupé par les buildings, la restriction, l'égoïsme, la superficialité, les mélanges d'origines. Les gens ne faisaient pas attention les uns aux autres, alors que nous, d'un regard, on pouvait presque dire ce à quoi ils pensaient au moment où on les croisait.
Chacun était différent dans son style, et pourtant ils se ressemblaient tous, voulant se faire remarquer en s'affublant de fringues aussi extravagantes les unes que les autres.
Je pouvais ressentir la légèreté d'esprit émaner des pores d'une fille en bikini ultra court, ou d'un gars encore plus bodybuildé que toute la meute réunie. Seul le physique comptait.
Mais mis à part mon manque cruel de regards bienveillants et de calme, être ici m'amusait au plus haut point, me dégoûtait parfois, et m'émerveillait à certains moments. Des filles, des fêtes et de l'alcool, très bien. Des villas immenses dont la moitié des douze chambres à l'étage ne servirait certainement jamais, moins bien. Aucun endroit inoccupé à plus d'une centaine de kilomètres à la ronde, totalement nul. Il m'était impossible de me défouler les pattes ici. D'après mon demi-vampire d'amie, il y avait bien les marécages au sud de la Floride, dont certaines zones étaient interdites aux visites, mais si c'était pour me noyer ou me faire attaquer par une bande de crocodiles enragés, je préférais amplement rester sous ma forme humaine.
La nuit, les rues étaient infestées de photographes à la recherche du cliché miracle, et il était inconcevable pour moi de me transformer ne serait-ce que trois minutes dans le jardin des Cullen. D'ailleurs parlons-en des Cullen. Il leur était impossible de sortir le jour car le Soleil ne cessait jamais de pointer le bout de ses rayons sur la ville, ils devaient parcourir des distances incroyables pour chasser, et vivre le plus normalement possible quand ils se baladaient la nuit, pour ne pas trop attirer l'attention des milliers de touristes. Je leur demandais souvent pourquoi ils avaient choisi cette ville, sachant qu'ils ne pouvaient rien y faire avant dix neuf heures, mais ça n'avait l'air de ne déranger aucun d'entre eux. Même moi je ne les dérangeais pas. Ils m'avaient accueilli à bras ouverts comme ils avaient accueilli les énormes contraintes de la région. Ça en devenait presque flippant.
Seule mon éternelle Renesmée semblait profiter de ce milieu extravagant. Je ressentais parfois le besoin de me poser dans un coin et d'apprécier le silence ambiant, mais je ne pouvais que le ressentir. Dès qu'elle me voyait, sa main empoignait la mienne et me trainait dans les rues de Miami. Il fallait dire que j'étais son seul ami capable de se montrer en plein jour sans briller comme une boule à facettes, alors elle en profitait. Je me demandais parfois comment elle tenait le coup physiquement. Le jour elle sortait avec moi, la nuit avec sa folle de tante, Alice, qui revenait souvent avec une dizaine de sacs, eux même remplis d'autres sacs plus petits, dans lesquels trônaient des vêtements hors de prix. Oui, parce qu'ici, certains magasins restaient ouverts jusqu'à minuit ou plus…
Je voyais bien que Nessie savourait ce séjour avec sa famille et en faisait le plus possible pour ne pas trop penser à Jacob, mais le maquillage que Rosalie lui appliquait avec soin commençait à ne plus vraiment cacher les cernes sous ses yeux.
- ça va Ness? Lui demandais-je alors que nous étions assis à la terrasse d'un restaurant.
J'avais appris à manger des plats aux coûts vertigineux dans des établissements huppés, où demander un supplément de nourriture ne traversait même pas mon esprit surchauffé par toute cette richesse ambulante. Après avoir quitté la table, je faisais toujours en sorte de croiser la route d'un marchand de glace, de beignets, ou de hot dog, tout ça sous le regard amusé de ma comparse.
- oui très bien! Me répondit-elle, admirant la vue sur l'océan qui s'étendait à sa droite.
Elle ne me regardait pas, mais je voyais bien que ses traits étaient soucieux.
Il était midi, les touristes passaient devant nous, parfois en nous lançant un regard curieux, parfois se précipitant je ne sais où. Le Soleil était à son zénith, et entre deux parasols, il reflétait sur les cheveux flamboyant de Nessie.
- tu n'as pas beaucoup dormi cette nuit, osais-je.
Une fois les boutiques fermées, elle et le lutin rentraient à la villa qu'ils occupaient, et Ness passait des heures à discuter avec ses parents ou Nathan, son nouvel ami qui me laissait perplexe. Je n'arrivais pas à me faire à sa présence, c'était viscéral. Autant avec l'odeur putride de tous ces vampires, j'arrivais quand même à les apprécier, autant lui me sortait par les yeux. Il n'avait pourtant rien fait de mal jusqu'à présent, mais c'était justement son comportement trop parfait qui m'irritait.
- je ne suis pas fatiguée…, dit-elle vaguement.
Je savais qu'être seule la faisait penser à Jake et qu'elle rêvait souvent de lui. Tiraillée entre son désir de rester ici et celui de retrouver son amour, il venait s'ajouter à la balance mon envie de plus en plus pressante de muter. Je sentais mon loup s'impatienter, prêt à exploser au moindre moment et je devais souvent me concentrer pour ne pas laisser les tremblements s'intensifier. C'est comme si le côté animal avait absolument besoin de s'exprimer pour une raison encore inconnue. J'avais songé à mes vacances trop longues près des Cullen. Je n'avais jamais passé autant de temps si près de vampires, et peut-être que mes gênes voulaient reprendre le dessus. Pourtant, quelque chose me disait qu'il ne s'agissait pas de ça.
- et toi ça va mieux? Demanda Nessie en écho à mes pensées.
Je ne pouvais décemment pas lui dire que ça n'allaient qu'en s'aggravant, elle se serait sentie encore plus coupable, mais je savais que son père était au courant de mon problème et qu'elle-même le saurait à un moment ou à un autre.
- parfois ça va, parfois non.
Autant jouer sur la demi-vérité, j'avais quand même des moments de répits. De plus en plus rares, certes…
- tu devrais quand même appeler Sam, dit-elle en tournant enfin son visage vers moi.
Elle n'avait certainement pas assez fermé l'œil cette nuit.
- je le ferai.
- on finit le dessert et on rentre, comme ça tu pourras t'en occuper dès maintenant.
J'acquiesçai, sachant très bien que mon Alpha trouverait ça étrange mais qu'il me conseillerait de me transformer au plus vite.
- tu ne comptes pas trainer cet après-midi? M'enquis-je, un sourire aux lèvres.
Elle le remarqua aussitôt et me fit une grimace.
- non, je dois parler à mes parents…, dit-elle soudain plus sérieuse.
Edward, ayant lu les pensées de sa fille, savait ce qu'il en était de son histoire avec Jacob, seulement Nessie était tellement préoccupée à trouver une solution pour éviter les allers-retours, qu'elle n'avait pas encore voulu parler de cette fameuse semaine à ses parents, en particulier sa mère, qui ne connaissait toujours pas les détails.
- tu t'es enfin décidée?
- oui. Je sais qu'ils seront compréhensifs et m'aiderons à gérer tout ça.
Plus le temps passait, et plus elle semblait souffrir de cette distance malgré ses rires incessants et sa joie de vivre. J'avais l'impression de revoir Jacob, six ans plus tôt, mais en beaucoup moins pénible, il fallait l'avouer. Renesmée cachait ses états d'âme à tout le monde sauf son père, qui prenait le soin de ne rien dire, par respect pour son enfant.
- si tes oncles et tantes partent chasser cette nuit, et que tu passes l'après-midi dans la maison tu pourras dormir plus longtemps, la conseillais-je, à mes risques et périls.
Elle ne répondit pas, baissant les yeux sur son assiette anciennement agrémentée d'escargots, plat français dont je n'avais jamais entendu parler. Une merveille, soit disant, pour les gourmets, mais quand j'avais vu l'allure des bestioles à présent noires, baigner dans le jus de leur coquille, je m'étais estimé heureux de n'être qu'un simple amateur de pizza quatre fromages.
Le fait qu'elle ne réplique pas en disait long sur sa lassitude, mais je décidais de ne pas la pousser à bout et la laissais dans ses réflexions pendant que le serveur apportait nos coupes de glaces ornées de biscuits appétissants.
- Nathan m'a proposé de prendre Jacob avec moi, déclara-t-elle après avoir remercié le jeune employé.
- hors de question! M'exclamai-je soudain, faisant sursauter quelques clients, et Nessie par la même occasion.
Mon intervention fut argumentée par quelques « malotru » et autres insultes pompeuses du genre qui m'auraient bien fait rire en temps normal, mais la demande de ce vampire fraîchement débarqué chez les Cullen ne me convenait absolument pas.
- je ne comptais pas le faire Embry! Répliqua Renesmée un peu vexée. Je sais qu'il ne serait pas d'accord…
- si tu le suppliais il le ferait.
Je regrettais aussitôt mes paroles, sachant qu'elle ne supportait pas cette part de l'imprégnation. Et ses yeux perçants ne me contredirent pas.
- mais de toute façon, même s'il le voulait, il ne pourrait pas, continuais-je d'une voix plus calme.
- pourquoi? Demanda-t-elle, curieuse.
- et bien, disons que Jacob est notre alpha légitime, et que même s'il a sa propre meute et qu'il respecte Sam comme un second alpha, il n'en reste pas moins que c'est lui qui devrait contrôler tous les loups de la Push. Sans s'en rendre compte, il prend parfois un peu le dessus…
Je vis ses sourcils se froncer imperceptiblement, signe qu'elle voulait en savoir plus.
- quand tu es partie, Paul s'est énervé contre Seth sans aucune raison, Jacob lui a hurlé dessus en lui disant de se taire, et crois moi que Paul n'a pas moufté!
Elle avait l'air enthousiasmée par ce que je venais de dire. Parce que elle et moi nous savions que Paul n'était pas du genre à fermer son clapet une fois qu'il était lancé. La seule chose qui pouvait l'arrêter se trouvait être le double timbre d'un alpha.
- comment ont-ils réagi? Demanda-t-elle, avide de réponses.
- Jake a démenti nos suppositions, Paul ne s'est jamais exprimé clairement là-dessus mais nous avons bien vu qu'il était chamboulé, et ça nous a donné raison.
- il y a eu d'autres fois?
-oui, durant nos stratégies pour attaquer les vampires qui étaient venus faire un tour, Jacob a imposé sa tactique, bien meilleure que celle de Sam à nos yeux. Personne n'a relevé cette fois là, mais ça a occupé nos discussions un moment dans la meute!
Je souris à ce souvenir. J'avais ressentis un sentiment d'appartenance face à mon ami de toujours, et surtout un grand respect. Peut être plus grand encore que celui que j'éprouvais pour Sam.
- et désormais, continuais-je, ravi de faire mon petit effet, tous les nouveaux se tournent vers Jacob…
Je voyais la fierté s'insinuer dans son regard et je me dis qu'elle en ignorait des choses sur son imprégné. Il avait tellement changé. J'avais l'impression que ça remontait à des centaines d'années le moment où il était revenu à la Push en hurlant à qui voulait l'entendre qu'il s'était imprégné de la « merveilleuse » fille de Bella. Lui qui voulait la tuer une heure plus tôt. C'était d'ailleurs la seule fois où il l'avait quittée, histoire de prévenir Sam de la nouvelle situation.
Je continuai de fixer Nessie tandis que nous mangions nos glaces en silence, chacun perdu dans ses souvenirs. Oui, il fallait vraiment qu'elle retrouve Jacob. Son Jacob.
