Voilà la suite ! Ce n'est pas grand-chose et il n'y a pas beaucoup d'action, mais c'est histoire de patienter, car je ne sais pas quand je pourrais reposter.
Lolo, Kanli, lunaelle, Yamake, merci pour vos reviews !
Chapitre 3
Au matin, très tôt, on me secoue gentiment. J'entrouvre un œil pour voir que c'est le Richard-Thorin.
« Nous allons bientôt partir », me dit-il.
Et mince, moi qui croyais que j'allais me réveiller de ce rêve !
Non, à la place, je me retrouve à préparer le déjeuner en compagnie de Ori et Nori. Déjeuner très vite expédié.
Et nous voilà partis, montés sur des poneys. Heureusement que j'ai appris à monter à cheval pendant mes vacances. Du coup, je ne me débrouille pas si mal. Le seul truc dérangeant, c'est que je porte une robe, et elle n'est normalement pas faite pour monter à cheval. Heureusement elle est assez longue, et j'arrive à l'arranger pour qu'elle couvre mes jambes.
Richard-Thorin est en tête, discutant à voix basse avec Gandalf.
Bilbon n'est pas là bien sûr. J'écoute Kili qui propose des paris et me décide à faire de même. Après tout, je n'ai rien à y perdre. Au contraire, je vais gagner une jolie bourse bien remplie, ce qui me sera sûrement utile, car je n'ai pas un sous sur moi !
Nous chevauchons depuis seulement quelques minutes, quand j'entends des poneys trottiner. C'est Fili et Kili qui remontent la file pour se placer de chaque côté de moi.
« Zélia, c'est ça ? » me demande le plus jeune avec un sourire.
« Oui, c'est bien ça », confirmais-je.
« Que faites-vous dans la vie ? » me demande le blond.
Je panique ! Qu'est-ce que je peux répondre ! Le mot secrétaire ne doit pas être connu en Terre du Milieu ! Qu'est-ce que les femmes font en Terre du Milieu quand elles ne s'occupent pas de leur famille ?
« Je… je suis passionnée par les livres ! Je voyage à travers la Terre du Milieu pour trouver de vieux ouvrages, et je me fais engager parfois comme scribe sur de courtes périodes pour gagner un peu d'argent ».
C'est le mieux que j'aie réussi à trouver. Et c'est vrai, je suis passionnée par les livres. De plus, scribe est ce qui ressemble le plus au métier de secrétaire.
« Une femme scribe ! Etonnant ! Vous êtes pleines de surprises. Voilà peut-être pourquoi Thorin a accepté que vous nous accompagniez ! » dit Kili.
Ouh, là je suis mal ! Il faut absolument que j'arrive à détourner la conversation.
« C'est vrai, j'ai été très surpris de le découvrir en votre compagnie hier soir. Il a fait tellement de difficultés avant d'accepter que nous l'accompagnions ! » continua Fili.
« Il vous trouvait trop jeunes ? » questionnais-je.
« Oui. Trop jeunes et trop inexpérimentés », me répondit Fili, avec une touche de déception dans la voix.
« Ce voyage est trop dangereux. Des jeunes nains sans expérience n'ont rien à faire dans les Terres Sauvages. De jeunes princes ne doivent pas prendre leur sécurité à la légère, et j'en passe ! » récita Kili.
Je devinais que c'était les paroles que Thorin (le vrai Thorin) leur avait dit avant de partir.
« Voilà pourquoi nous nous demandons comment cela se fait-il qu'une femme, qui plus est une humaine, nous accompagne dans les Terres Sauvages ? » me demande Fili.
Il n'y a aucune agressivité ou irritation dans sa voix, ils sont juste curieux de ma présence.
« Et comment avez-vous fait alors pour que Thorin accepte votre venue ? » questionnais-je, ignorant leur dernière question.
« Nous l'avons suivi en cachette. Ce n'est qu'après une dizaine de jours qu'il s'est aperçu de notre présence. Il était furieux bien sûr, mais il ne voulait pas nous renvoyer seuls, il nous a donc permis de rester. Il nous a laissé en compagnie d'autre nains, pas loin de la Comté, avant de se rendre à sa réunion », m'expliqua Kili.
« Ori a agi de la même manière avec ses frères. Thorin ne pouvait pas le refuser, car il n'est pas sous sa responsabilité », reprit Fili.
« Mais vous ne nous avez toujours pas dit comment vous avez fait pour convaincre Thorin », me dit Kili.
Grrr, il ne va pas laisser tomber celui-là !
« Et d'ailleurs, je m'étonne de votre taille. J'aurais juré que vous étiez une naine avec la barbe rasée, si Gandalf ne vous avait pas présenté en tant qu'humaine ! » dit encore le jeune nain.
« Il y a des questions qui ne se posent pas, Kili ! » répondit alors Gandalf.
Il était juste à côté de nous sans que j'eusse remarqué sa présence, et je soupçonnais qu'il avait dû écouter une bonne partie de la conversation.
« Quant à la question de la venue de Zélia parmi nous, je vais vous le dire. C'est moi qui l'ai faites venir, et elle a très gentiment accepté de rejoindre la compagnie de Thorin Ecu-de-Chêne ! Que cela vous suffise pour le moment » reprit le magicien.
Sauvée par le magicien ! Après tout ils sont pas si mal !
Je vois que Kili a l'intention de répliquer. Il est tenace, et ne veut pas lâcher le morceau aussi facilement. Les réponses des magiciens ne conviennent que rarement, surtout lorsqu'elles sont aussi énigmatiques. Mais des cris nous interrompent, mettant fin à la discussion. C'est Bilbon bien sûr qui nous rattrape, le contrat signé volant derrière lui.
Cela me vaut une belle bourse remplie de pièces d'or !
Gandalf reste aux côtés du hobbit, laissant le Richard-Thorin seul en tête.
Je ne sais pas si c'est une bonne idée. J'ai fait l'expérience du sens de l'orientation de ce faux-nain, et je doute qu'il arrive à nous guider à travers vallées et forêt. D'ailleurs, je vois qu'il a l'œil rivé sur une carte qu'il tient devant lui.
Le soleil arrivant à son zénith, Richard-Thorin ralentit pour se retrouver à ma hauteur.
« Savez-vous si les nains ont habitude de s'arrêter à midi pour manger ? » me demande-t-il.
« Eh bien, je sais tous des coutumes des hobbits, mais je n'en ai aucune idée pour ce qui est des nains », lui répondais-je.
Cette question a l'air bien futile, mais elle est très importante à nos yeux. Il ne faudrait pas se faire démasquer.
Heureusement, nous avons très vite la réponse. Bombur et Bofur sortent des petits pains et des pommes de leurs sacoches et les envoient à toute la compagnie, sans arrêter leurs poneys.
Les nains sont décidément très adroits, car ils rattrapent tous facilement leur pitance. Ce n'est pas mon cas, et la pomme que m'envoie Bofur passe à travers mes mains tendues, pour arriver…dans celles de Kili. Il me la tend en souriant, légèrement moqueur :
« Voilà ce que c'est que de s'user les doigts sur des parchemins ! Ils n'arrivent même plus à rattraper une malheureuse pomme ! »
« Fichus nains », grommelais-je alors que les deux frères éclatent de rire.
« Si vous ne voulez pas de votre pomme, donnez-là donc au hobbit ! Il m'a l'air bien malheureux de son déjeuner », ajoute Kili en regardant Bilbon.
« Du pain et une pomme sont un bien maigre repas pour un hobbit, surtout si c'est seulement le deuxième de la journée ! »
« Comment cela ? Ils sont tout petits, ils ne doivent pas manger beaucoup. Hier soir au diner Bilbon n'a presque rien manger ! » s'étonne Fili.
« Il n'a presque rien mangé hier soir car vous avez envahi sa maison et pillé son garde-manger. Il était un peu…débordé. Mais sachez que les hobbits mangent plusieurs fois par jour, et pas qu'un peu. Le déjeuner, le second petit-déjeuner, le diner, le souper. Et je crois qu'il y a aussi la collation de onze heures, ou de quatre heures… », énumérais-je sous le regard stupéfait des deux frères.
Nous continuons tranquillement notre chemin, accompagnés de rires et de chansons.
Le soir, je m'assois près du Richard-Thorin.
« Rich…Thorin, puis-je jeter un coup d'œil à la carte ? »
Je me reprends juste à temps. Il est peut-être temps que je commence à l'appeler tout simplement Thorin, avant de faire une gaffe devant les autres.
« J'ai essayé de repérer notre position et notre direction toute la journée, mais je n'arrive pas à lire cette fichue carte », me dit-il en me la tendant.
Hum, normal, il la tient à l'envers… Je me retiens de lever les yeux au ciel.
Je passe ensuite ma deuxième nuit à la belle étoile, tout aussi inconfortable que la première, mais viennent s'ajouter en plus les courbatures d'avoir chevauché toute la journée.
Le réveil est glacial. Je me redresse en me rendant compte que j'ai reçu de l'eau sur le visage qui me paraît gelée ! Entre alors dans mon champ de vision le visage de Kili, qui a l'air désolé.
« Je suis navré », me dit-il, « nous amenions juste de l'eau pour la mettre chauffer sur le feu. Elle a un peu…débordé ».
Je vois en effet qu'il tient une grosse casserole dans ses mains, tout comme Fili, mais la sienne ne contient plus beaucoup d'eau…
Kili tient absolument à se faire pardonner, et m'apporte mon petit-déjeuner tout prêt. On pourrait dire qu'il m'apporte le petit-déjeuner au lit sur un plateau, mais c'est un peu moins charmant, vu que nous mangeons à même le sol autour d'un feu presque éteint, et que notre repas se compose des restes de la veille.
Le jeune nain me prépare aussi mon poney, et nous repartons pour une autre journée de chevauchée.
Dans la journée, Gandalf entame une discussion avec moi et Thorin, à l'écart des oreilles indiscrètes.
« Vous tenez très bien vos rôles ! Sachez que je me suis quand même renseigné sur vous, pour savoir si le vrai Thorin ne se promenait pas quelque part en Terre du Milieu, mais votre histoire m'a l'air vraie, même si elle semble invraisemblable », nous dit le magicien.
Avait-il cru que nous avions capturé et ligoté le vrai Thorin, prit ses habits et ses armes, pour prendre sa place ? Cette pensée me fait sourire, mais je stoppe là mon imagination débordante.
Nous nous arrêtons pour la nuit à l'orée d'un bois. Les nains allument un feu et préparent à manger.
J'essaie temps bien que mal de démêler mes cheveux à l'aide de mes doigts. Ils sont pleins de nœuds, et les affaires que m'a données Gandalf ne contenaient ni peigne, ni brosse.
Thorin vient s'asseoir non loin de moi.
« ça va ? » me demande-t-il en voyant ma mine quelque peu déconfite.
« Si ça peut aller ? Je voyage avec une compagnie de nains, un magicien, et un prince nain qui n'en est pas un, dans nul autre endroit que la Terre du Milieu, pour aller me jeter dans la gueule d'un dragon ! Je suis obligée de dormir à même le sol, je ne peux plus plier mes jambes tellement elles sont courbaturées, et ces fichus nœuds ne veulent pas se défaire ! » m'exclamais-je.
J'ai tout de suite honte de moi. Je m'en veux de m'apitoyer ainsi sur mon sort. Après tout, on est tous les deux dans la même galère.
« Désolé… c'est sorti tout seul », m'excusais-je.
Bofur nous apporte alors nos bols et nous commençons à manger.
« Qu'est-ce qui vous manque le plus, de notre monde ? » demandais-je au prince nain qui n'en est pas un.
« Le mot ``coupez'' ! Et vous ? »
« Mmmh…le chocolat ! » dis-je.
Thorin laisse échapper un rire. Bofur a entendu mon dernier mot, et il se tourne vers nous, intéressé.
« Chocolat ? Qu'est-ce que c'est ? » me demande-t-il.
« C'est un aliment sucré. C'est fait à base de cacao. Il y en a de différentes couleurs et de différentes sortes. »
Me voilà en train d'expliquer à un nain ce que c'est que du chocolat ! Je crois que je ne suis pas au bout de mes surprises !
A bientôt j'espère !
