DÉCISION

Pov Gabby

Il n'avait pas fallut longtemps pour se retrouver devant le perron de la maison des Cullen. Je tentais autant que possible de ravaler ma colère, irrité au delà de la croyance qu'on me demande d'abandonner le dressage de la garce aussi rapidement. Je ne pouvais qu'espérer qu'Isabella puisse comprendre d'elle même que son comportement était tout sauf approprié, mais au fond, je me doutais que ce ne pouvait pas être aussi simple.

Alors pourquoi ?

Ils savaient qu'elle n'allait pas changer d'état d'esprit aussi facile, ils avaient déjà goutter à sa folie durant des mois, ils connaissaient leur impuissance et même en l'ayant débarrasser de son bouclier, j'étais sur qu'ils ne seraient pas capable de l'empêcher de nuire. Comment pouvaient-ils avoir pitié d'elle après tout le mal qu'elle avait déjà fait ?

- Est-ce que ça va ? Me demanda brusquement Jasper

Je me tournais vers lui, un peu honteuse d'avoir oublié sa présence tant j'étais prise par ma guerre intérieur. Une partie de moi voulait se contenter de tuer le monstre, l'autre voulait simplement laisser ce clan d'irresponsables assumer ses erreurs.

- Non, soupirais-je en regardant tristement la porte. Mais je n'ai pas envi de perdre d'avantage mon temps avec eux, alors allons-y !

Jasper se pencha pour déposer un furtif baiser sur ma joue et m'entraîna à l'intérieur de la demeure. Je fus surprise de trouver Emmet et Rosalie dans le salon, quelques valises à leurs pieds, tendit qu'une discutions très animé entre Edward et Carlisle faisait rage. Dès qu'ils nous remarquèrent, tous s'immobilisèrent, la plupart semblaient gênés.

- Je suis venu libérer le monstre ! Crachais-je hargneuse. Mais je vous préviens, si j'entends parler d'elle à nouveau. Je la tuerais

La dessus, je me libérais de Jasper pour m'élancer dans les escaliers sans prendre la peine d'écouter les protestations de cet imbécile à crinière cuivré.

Dans la chambre, je ne fus pas surprise de trouver Alice assise sur le sol, conversant de je ne sais quoi avec Isabella qui feignait ses sanglots.

- Enfin ! Grogna Alice

Je levais un sourcil, cette fille avait sa place dans la liste d'amis du monstre, elles étaient l'une comme l'autre pleine de vent. Alice grimaça en remarquant Jasper derrière moi et me lança un regard de mort auquel je répondis par un sourire radieux. Jasper n'avait pas tord, je n'avais pas perdu mon temps en venant ici.

Sans un mot, je libérais la brune de sa prison et fit de suite demi tour pour sortir de la pièce avant de me laisser prendre par une colère que je ne serais pas capable de contrôler. Jasper m'adressa un léger sourire et leva la main pour embrasser mes phalanges.

- Nous allons partir de suite, aucune raison de rester ici plus longtemps, murmura-t-il en m'adressant un clin d'œil qui fit fondre mon cœur

Ce garçon possédait un charme incroyable et j'avais hâte de me libérer de cette situation stupide avec ce clan stupide pour pouvoir profiter de lui. Je voulais rentrer chez moi au plus vite et apprendre à le connaître.

Jasper ne prit pas la peine de se retourner vers sa famille, il marcha directement vers la porte et posa la main sur la clenche, malheureusement, il fut interpellé par Carlisle qui ne se gêna pas pour nous couper dans notre élan.

- J'aurai dû me douter que ce ne serait pas si simple, grognais-je en levant les yeux au ciel

Carlisle s'approcha de nous avec un regard d'excuse. Je savais que le bougre n'était pas quelqu'un de mauvais, mais il pardonnait trop facilement. Pour ma part, je préférais penser que certains crimes ne pouvaient pas être pardonnés, même en étant commis par ses propres enfants.

Les morts ne peuvent pas pardonner, alors comment pourrait-il ?

- Jasper, où vas-tu ? S'enquit-il en posa une main sur son épaule

Jasper saccada la main de Carlisle en agrémentant le geste par un grognement. À son expression, je pouvais presque lire ses pensées.

Il était arrivé à son point de rupture. Je ne connaissais pas très bien Jasper, mais je savais qu'il était le genre de personne qui, bien que doué de patience, ne valait mieux pas pousser trop loin. Jasper était calme, compréhensif et réfléchit, mais une fois qu'on avait dépassé la ligne il n'y avait plus de retour possible.

- Non ! Gronda-t-il les iris noirs de colère. Stop, on arrête là ! J'ai attendu, soutenu, nettoyé, essayé d'aider. C'est terminé. Il y a des choses qu'on ne peut pas accepter, Carlisle. Peu importe le niveau d'affection qu'on peut avoir pour une personne, tuer des enfants n'est pas acceptable. Même durant la guerre, j'ai rarement vu un tel niveau de sauvagerie. Cette fille est folle et. Il se tourna vers Edward qui regardait fixement le sol, le pauvre semblait enfin avoir comprit son erreur, un peu trop tard à mon goût cependant. Malheureusement, la seule solution est sa destruction, termina-t-il après une petite pause

Il secoua la tête en scrutant minutieusement les membres de sa famille avec une tristesse qui me brisa le cœur, mais l'instant fut interrompu par l'arrivé d'Alice et du monstre qui se pavanait fièrement derrière elle, visiblement très satisfaite par sa nouvelle liberté.

- Jasper à raison, soupira Emmet les yeux rivés sur Isabella. J'ai voulu te défendre jusqu'au bout, j'ai essayé de toutes mes forces de te soutenir, toi et Edward. Mais... c'est trop. Rosalie et moi partons, nous ne savons pas combien de temps. Si cette... famille en redevient une un jour, alors peut-être pourrons-nous revenir, mais pour le moment, nous avons besoin de paix

Il se leva en serrant fermement la main de la beauté blonde qui semblait faire son possible pour éviter le regard de son frère.

- Ne partez pas, je vais faire mieux, je vais devenir meilleurs ! S'écria brusquement l'abomination

Elle regardait Emmet avec une expression qui pouvait paraître triste pour la plupart, mais qui ne m'inspirait que plus de méprit. Emmet et Rosalie avaient besoin de s'éloigner, ils avaient besoin de se retrouver, loin de tout le bordel ignoble qu'elle avait provoqué, mais elle ne pouvait pas, elle ne voulait pas les laisser aller mieux, non, tous le monde devait forcement partager son malheur, tous le monde devait se réunir autour d'elle et garder les yeux rivés sur la catastrophe ambulante.

- Vas te faire foutre, salope stupide ! Grogna Rosalie. Le monde ne tourne pas autour de toi, mon mari et moi nous allons loin de toi et de ton esprit tordu. Cela prendra un peu plus de temps, mais je suis convaincu que le reste de la famille finira par te fuir comme la peste, y comprit Edward

Isabella allait répondre, mais Alice lui fit signe de se taire, puis elle se tourna vers Jasper.

- Jaz ? S'il te plaît, ne pars pas, nous pouvons arranger les choses. Je suis désolé pour tout, pardonne-moi, plaida-t-elle sans même se soucier de ma présence

Il se moqua légèrement et se tourna vers moi en souriant

- Allons-y

Jasper ouvrit la porte sans même prendre la peine de dire au revoir et nous reprenions la direction de la maison des Denali avant d'être soudainement arrêté par les cris d'Emmet.

- Hé ! Hurla-t-il derrière nous

Nous nous arrêtions pour l'attendre, Rosalie était apparemment rester en arrière.

- Vous allez où ? Demanda-t-il penaud

Jasper m'adressa un regard étrange, mais je devinais qu'il n'en avait lui-même pas la moindre idée.

- Et bien, je pensais aller dire au revoir aux Denali et puis... nous pourrions aller chez moi ? Proposais-je en souriant timidement

Jasper hocha la tête sans la moindre hésitation, visiblement satisfait à cette idée et avant qu'Emmet ne m'est posé la question, je me tournais vers lui sans diminuer mon sourire.

- Oui, Rosalie et toi pouvaient venir, dis-je en riant. La maison est très grande

Il me remercia silencieusement et après avoir convenu de nous retrouver chez nos amis, nous reprenions notre chemin.

- Tu es sur pour Emmet et Rosalie ? Me demanda Jasper après un silence confortable

- Oui, pourquoi, ça te dérange ? M'inquiétais-je en prenant conscience que je ne lui avais même pas demandé son avis sur la question. On peut trouver une alternative si tu veux

Il se mit à rire joyeusement en pressant ma main dans la sienne

- Non, c'est parfait. A part pendant leurs ébats, ils sont plutôt facile à vivre. Emmet est très drôle et Rosalie... c'est Rosalie

Je hochais la tête, plus que pressé de rentrer chez moi avec Jasper et les deux membres de sa famille, j'avais la certitude que nous allions passer de bons moments et d'une certaine manière, même si je ne pouvais pas m'empêcher d'être inquiète d'avoir laissé Isabella en liberté, j'étais heureuse d'être déchargé de ce fardeau.