Auteur : Nobu123
Série : Katekyo Hitman Reborn!
Pairing : 6959
Rating: Je mets M car certains chapitres vont peut-être être plus osés, enfin, si on veut.
Note de l'auteur : L'histoire ne tient pas compte de l'originale. Donc, UA. Aussi je tiens à précisé que j'ai écouté toute le long de la rédaction la mélodie Luv Letter de DJ Okawari. Je vous propose donc de l'écouter tout en lisant cet OS.

6959

Playing the Melody

Il y avait une chose qui avait accompagné Mukuro tout les jours de sa vie, quelque chose dont il n'avait jamais réussi à se détacher. Cette chose avait un certain don pour le faire fondre, l'envoyer dans un monde où tout était calme et le rendre serein. Pas une journée n'était passée depuis ses cinq ans sans que cette chose soit là dans sa vie, présente avec lui dans son bain ou encore dans la rue. Non, ce n'était pas un objet, ce n'était pas quelque chose que l'on pouvait toucher. C'était plutôt une mélodie, celle d'un piano.

À son cinquième anniversaire, sa mère lui avait offert un disque de musique classique qu'elle avait acheté pendant son voyage en Italie. Il était resté pendant une semaine sur son bureau, une mince couche de poussière commençant à le couvrir. Mukuro ne se souvenait pas vraiment pour quelle raison il l'avait ouvert cette journée-là, sûrement à cause de la tempête qui l'empêchait de sortir à l'extérieur depuis des heures. N'empêche, il avait prit délicatement de ses menottes d'enfant le disque, avait doucement soufflé sur la pochette pour retirer la saleté avant de finalement l'ouvrir et de l'insérer dans son lecteur de disque portatif.

À ses neuf ans, il avait demandé à prendre des cours de piano, mais bien rapidement, il s'était rendu compte que ses doigts si longs et fins n'étaient pas faits pour cela. Il n'arrivait jamais à avoir le bon rythme comme cette femme qui avait composé l'œuvre. Il s'était, va savoir pourquoi, résigner à des cours de magie. Heureusement pour lui, il avait un don pour cet art. Il poursuivit donc dans ce domaine, une paire d'écouteur aux oreilles, comme toujours depuis quatre année.

Les années étaient passées et son talent n'avait fait que croître à chaque jour, devenant gigantesque. Pourtant, malgré ce fait, il y avait toujours un vide. Mukuro avait beau écouter jour et nuit cette artiste japonaise au talent grandissant, il avait l'impression que cette musique n'était pas à son meilleur. Peut-être à cause qu'il ne l'écoutait pas en direct, ou encore parce que le disque était usé, il ne savait pas. Peut-être aussi qu'après l'avoir entendu tant de fois, il voulait entendre quelque chose de mieux, de plus magique. Ce fut surement pourquoi il demanda à ses 17 ans un billet d'avion pour aller en Italie. Sa mère avait longuement hésité avant d'accepter, voyant clairement que Mukuro avait une grande passion pour cette femme aux doigts de fée.

Et il apprit qu'elle était morte. Cette femme qu'il adorait depuis son enfance et qu'il n'avait jamais vu était morte quelques années plus tôt, assassinée. Il avait senti son cœur se tordre de douleur, ses oreilles bourdonner et ses jambes le lâcher, c'était comme si son monde venait de s'effondrer. Cette journée-là, il n'écouta pas la mélodie si douce qu'il aimait tant, cette journée là, il pleura la mort d'une femme qu'il n'avait jamais connu.

La première fois qu'il vit son visage, il sentit son cœur manquer un battement. De longs cheveux argent, un regard en amande et un visage fin, elle était la beauté incarnée. Au cours des jours qui suivirent, le garçon aux cheveux bleus ne put s'empêcher de faire des recherches sur son histoire et son accident, trouvant malheureusement que trop peu d'information à son sujet. Il abandonna après deux jours de recherche acharné, voyant son rêve partir en fumé.

Cette journée-là, il remit le disque au même endroit, sur le même bureau et ne le toucha plus, le laissant se recouvrir d'une couche de poussière, mais cette fois-ci, elle fut épaisse.

Les saisons passèrent alors que ses spectacles commençaient à devenir populaires, si populaire qu'il n'avait plus une minute à lui. Pourtant, il ne s'en plaignait pas, il appréciait même cela. Au moins, comme ça, il ne pensait pas à cette mélodie.

Cette soirée-là, Mukuro venait de finir l'un de ses spectacles de magie et d'illusion. En fait, il venait de finir le dernier de la saison et était agréablement heureux, il pouvait maintenant commencer à travailler sur de nouveaux numéros pour l'année suivante. Soupirant délicatement, il sortit à l'extérieur du New National Theater de Tokyo pour prendre un peu l'air. Son regard dériva doucement vers les étoiles, ne pouvant s'empêcher de penser, en les apercevant, à la douce mélodie de son enfance. Il passa une main dans ses cheveux, légèrement las avant de se retourner, alerté par le bruit de la porte. Chikusa lui adressa un mince sourire avant de venir le rejoindre, s'adossant à la barre à côté de lui.

-Alors? Fit son gérant. Pas trop triste?

Mukuro eut un léger sourire.

-Oh, dis pas n'importe quoi, tu veux?

Chikusa n'ajouta donc rien, ne faisant que suivre son regard. Un silence plaisant prit place entre eux deux durant quelques minutes puis le plus âgé des deux bougea finalement, sortant de ses poches un billet de spectacle.

-Tu aimes le piano, non? Fit-il. Il s'adonne qu'il y a un merveilleux pianiste qui va donner un concert dans quelques jours, ici même. Je me suis dit que peut-être tu voudrais venir l'entendre jouer.
-Chi '.. soupira le garçon atteint d'hétérochromie. J'ai pas vraiment envie alors…
-Tsh, tsh, tsh, le coupa son gérant pour le faire taire. Je le mets dans ta poche, tu y vas seulement si tu veux, point barre. Je dois rentrer, appelle moi quand tu auras un nouveau numéro ou autre chose.

Joignant geste à la parole, Chikusa s'exécuta tout en faisant un signe de main à son ami. L'illusionniste soupira de nouveau avant de, délicatement, sortir de sa poche le billet en question. Il le regarda quelques instants, remarquant que le concert se donnait le 9 septembre, soit dans une dizaine de jour et ce, dans la salle Opéra. Il en fut légèrement étonné, sachant parfaitement que cette salle était la plus belle et la plus grande de l'endroit. Pourquoi un pianiste donnait-il un concert là? Curieux, il remit le ticket dans sa poche et commença à marcher, n'ayant pas beaucoup à marcher pour se rendre à la station Hatsudai. Ce soir-là, il se coucha pour la première fois depuis des mois avec une envie d'écouter un piano jouer.

Deux jours; ce fut le temps qu'il avait réussi à tenir avant de se jeter sur son ordinateur pour chercher des informations sur ce Gokudera Hayato. Le choc fut grand quand son regard vit le visage du garçon sur une photo; une peau pale, des yeux menthes, des cheveux argents arrivant aux épaules et un visage semblant si fin. L'étrange ressemblance avec l'idole de son enfance et le garçon le chamboula un peu. Et si…?

Rapidement, il alla regarder une vidéo du garçon. Son cœur battant à la chamade, il l'écouta jouer avec tout son cœur, toute son âme. Il avait l'impression d'entendre la piano chanter tant les notes semblaient justes et bien choisies un peu comme des mots dans une chanson. Dés cet instant, il comprit que même s'il ne connaissait pas ce Hayato, même si c'était un homme et un inconnu, son cœur ne bâterait que pour sa musique, et ce, surement à jamais.

Les mois qui suivirent cette découverture furent remplis de concert un peu partout dans le pays. Peu importe où ce Hayato jouait, Mukuro allait le voir. Les premières fois, il s'était contenté de fermé les yeux et d'écouter la douce mélodie si triste, ne voulant faire que cela, les images ne comptaient pas, encore moins l'apparence de ce garçon ou du piano. Puis plus tard, il se découvrit à détailler l'homme du regard, mémorisant du mieux qu'il pouvait les courbes de son corps semblant si frêles, la chute de ses épaules, la longueur et finesse de ses mains, la froideur de son regard, la manière qu'il avait de placer ses cheveux quand il passait une main à l'intérieur, gêné, à la fin de chaque spectacle. Bien vite, la musique sembla devenir le silence et les moindres gestes du pianiste devenir une addiction; une danse dont il ne pouvait plus se passer. Il l'avait dans la peau, dans le cœur, dans l'âme.

Il décida finalement d'aborder l'homme après un concert un an jour pour jour après le premier concert auquel il avait assisté; le 9 septembre. Il le trouva accoter contre le mur, cigarette au bec et regard suspendu aux étoiles. Mukuro ne put s'empêcher de le trouver magnifique à cet instant, se raclant la gorge pour attirer le regard du métis, il le fit sursauter bien malgré lui.

-Oh, désolé. Je ne voulais pas vous faire peur, fit l'illusionniste.

Le regard menthe du pianiste le regardait doucement, surement intrigué par l'image qu'il donnait. Depuis l'enfance il avait toujours donné une image intrigante aux autres. C'était surement du à ses yeux qui étaient si différents de ceux des autres; l'un rouge, l'autre bleu. Ou encore à son corps si grand, plus que la normale des japonais en tous cas. Hayato devait surement être impressionné ou encore hésitant.

-Vous êtes Mukuro Rukudo, l'illusionniste, non? On vous voit presque tout le temps à la télévision. Vous êtes très célèbres.

Le bleuté sentit un frisson traverser son corps en entendant la voix grave mais pourtant si douce de l'homme qui se trouvait en face de lui. Un doux sourire prit place sur ses lèvres alors qu'il s'avança, allant se poser à côté du fils de la pianiste de son enfance.

-Vous aussi, vous êtes célèbres, fit-il en s'assoyant, lentement suivi par Gokudera. Vous savez, je n'aimais pas la magie quand j'étais enfant, je voulais être pianiste en faite.

Hayato ne put s'empêcher de lui lancer un regard amusé, vite charmé par les paroles et les gestes de l'homme à ses côtés.

-Pourquoi vous vous confiez à moi, au juste? Demanda doucement le pianiste, un peu curieux.

Mukuro, gêné, se gratta un peu la tête, lui adressant un léger sourire.

-Ça fait des mois que je viens à tout vos concepts… j'en ai tombé amoureux il faut croire, haha.

Gêné par ses paroles, il détourna le regard alors que l'autre rougissait doucement.

-Vous savez… fit Gokudera au bout d'un moment. C'est mon anniversaire aujourd'hui.
-Oh? C'est vrai.

Le gris hocha doucement de la tête, lui souriant doucement.

-Et bien… je crois que je n'ai pas le choix. Je vais devoir vous invitez au restaurant, conclu Mukuro en plantant son regard dans celui si merveilleux de l'artiste.

Et c'est là qu'il sut. Il comprit que tout ce qui était arrivé, toute ces moments, ces coïncidences, l'achat du disque, tout ça était arrivé dans un seul but; leur rencontre. Et il ne se trompait pas.

C'est pas du tout ce que je comptais faire au début… et pourtant, j'adore. Je sais que les personnalités ne collent pas vraiment, mais il faut aussi penser qu'ils ne sont pas dans l'univers du manga, donc, ils ont une autre vie et leur personnalité veut être différente.

N'oubliez pas les reviews! Et surtout, à très bientôt!