Chapitre 3, et pour ceux qui me suivent sur fanfic-fr, le chapitre 11 est posté.
la vague folle :Merci beaucoup, et comme la suite est écrite jusqu'au chapitre 11, la suite sera rapide jusqu'à que mon avance soit grignoté XD
Moon Chrysalide : Oh oh... c'est du lourd là, je t'attendrais du côté obscur de la force XD, Et SADIQUE POWA !
Kyona-sama : Troisième fois ? Tu dois manqué cruellement de lecture pour t'acharner sur ma fic'. Mais en même temps, c'est bon pour mon amour propre ! Le site est compliqué, surtout parce qu'il est en anglais... sinon, je l'apprivoise tout doucement.
Eva : C'est sûr qu'avec toutes les histoires de loup-garou et vampires qu'on nous plante dans le crâne avec des histoires d'amour mélodramatique, je peux comprendre ta réticence. Mais ma fiction, enfin j'espère, est différente. Merci pour ton commentaire, je prends note en espérant que tu ne trouveras pas que les personnages dévient de leurs caractères originaux en cours de route.
Deux jours. Deux putains de jours qu'il m'avait enfermé dans la cabine avec l'interdiction d'en sortir ! Personnellement, je serais déjà sorti si nous ne nous trouvions pas dans un sous-marin, qui risquerait de couler si je défonçais les parois métalliques. J'allais devenir complètement folle dans un espace aussi restreint !
Activités de ces deux derniers jours :
- Tourner en rond dans la pièce… pour me dégourdir les jambes.
- Foutre le bordel dans la cabine… juste pour le plaisir de voir Law froncer les sourcils en venant se coucher.
- Fouiller dans ses affaires… qui sait que je trouve un truc intéressant… un ours en peluche par exemple !
- Faire des mélanges avec les produits de sa pharmacie… j'avais obtenu une boule puante que je m'étais empressée de jeter dans les toilettes, ne me demandez pas comment.
- Lire ses bouquins de médecine… bah autant se cultiver…
J'étais décidément arrivée bien bas… Être enfermée dans un espace clos me rendait molle et irritable. Les jambes en cotons, la tête lourde, la vision floue, la bouche pâteuse, des fourmis dans tout le corps, une pression désagréable dans ma poitrine et des haut-le-cœur régulier. Comment voulez-vous restez saine d'esprit dans ces conditions ?! Il fallait que je m'occupe l'esprit, raison pour laquelle j'empilais les livres de l'étagère pour former une pyramide bancale, dans laquelle je donnais finalement un coup de pied pour me défouler.
Écroulée sur mon matelas, mes yeux s'attardèrent sur le bureau de chirurgien. Il était toujours là. Posé avec défi. Ce collier en cuir épais noir qui m'était destiné. Law m'avait promis de lever la punition si je le mettais comme un bon toutou. Bien sûr ma réaction fut des plus simples. Marteler les murs de coups de poing modéré, faute de mieux, laissant le métal cabossé après mon passage.
Mettre un collier, ce n'était pas sorcier en soi. Il y avait bien des femmes qui s'alourdissant de pierres précieuses tape à l'œil. Mais c'était la signification de ce geste qui me perturbait et aussi l'importance que semblait y attacher Law. Il connaissait la valeur que j'accordais à ce genre de détails. Si bien qu'on s'était nous-mêmes mis dans une impasse, refusant de céder à l'autre. Le tout état de savoir lequel craquerait en premier ? Bien que le capitaine gardait l'avantage en tant que maître-chanteur. Je refusais tout bonnement de perdre, encore une fois, face à ce dégénéré. C'était franchement mal parti… j'enchainais les petites concessions, mais à ce rythme, je serais très prochainement entièrement à sa merci. Et puis même SI j'acceptais de porter cet ornement de soumission horriblement moche, rien ne pouvait m'obliger à y accorder de réelles importances. Pas de marché, ni de pacte, ni de serment de fidélité éternelle, juste un stupide collier qui élargirait le sourire de ce sadique. Et dit que l'occasion se présentait, je filais en le lui faisant bouffer ! Beau cadeau d'adieu non ?
Mon estomac hurla d'indignation, que sa propriétaire oubli de le satisfaire était impardonnable. Rho la ferme idiot d'organe inutile ! Bien sûr il y a de la nourriture… juste sous mon nez, dans une gamelle plastique rouge vif à même le sol. Il manquerait plus que mon nom gravé dessus tiens ! Ne pas penser à ce genre de chose ou ça risque d'arriver !
Puis l'envie de me rouler par terre en jappant s'insinua dans mes pensées alors que je n'avais rien demandé. Mon instinct animal ressortait en force maintenant qu'il était privé de ses libertés habituelles. N'ayant rien d'autre à faire, et aucun témoin dans la pièce, je cédais à mes pulsions stupides. J'enchainais les roulades, les roues, les ponts et les équilibres. Les mouvements hasardeux se changèrent peu à peu en une chorégraphie méticuleuse alliant souplesse et grâce. Et au beau milieu double salto avant suivi d'un équilibre les jambes écartées, j'aperçus la silhouette de mon très cher kidnappeur. La surprise me fit rater ma réception. Son ricanement m'exaspéra. Je me relevais telle une mamie de soixante-dix ans et des poussières, en attendant que la douleur s'atténue.
Ignorant mon bourreau, mes fesses se posèrent délicatement sur mon lit mais une douleur vicieuse me transperça, se prolongeant tout le long de mon dos. Ma grimace ne dut pas échapper au capitaine car il me détailla de haut en bas avant de s'approcher dangereusement. L'absence de son nodachi, qu'il venait de laisser sur son bureau, m'apporta un tout petit sentiment de sécurité. Mais ma méfiance ne disparut pas pour autant.
Alors que Law n'était plus qu'à un mètre de moi, je me levais pour m'éloigner de lui, en silence, lui faisait comprendre qu'il ne se rapprocherait pas plus de moi. Sauf que… ma capacité de régénération était, certes, formidable mais pas immédiate. À peine debout que je m'écrasais de nouveau sur le matelas en gémissant de douleur. Pitoyable fut le seul qui me vint à l'esprit pour me décrire à cet instant. Immobilisée suite à une cabriole ratée… ou alors hilarant. Si ça avait été quelqu'un d'autre, je serais certainement déjà pliée en deux.
Le visage enfoui dans le matelas, mes doigts s'agrippaient à la couverture, mon corps ne bougeant plus de peur qu'une nouvelle salve de souffrance m'assaillisse. Je sentis mon T-shirt remonter jusqu'à mes omoplates sans qu'on me demande mon avis. Les doigts experts du chirurgien, doux et froids, palpèrent mon dos.
« Ne bouges pas ! M'ordonna-t-il tranchant alors que j'essayais de me dégager de son emprise. Je suis médecin. Préféra-t-il me rappeler plus gentiment.
- Je ne suis pas rassurée pour autant. Grognais-je. Aïe ! Mais t'es une brute ! Pestais-je alors qu'il frôlait la partie endolorie.
- Je suis pirate avant tout. Ajouta le pirate souriant sûrement. »
Sadique pensais-je très fort ! Puis il posa sa main gauche sur mon dos comme appui alors que son pouce droit s'enfonçait dans ma peau. Une violente douleur accompagnée d'un craquement me fit mordre mon oreiller. Puis plus rien. J'allais bien constatais-je en me relevant. Quelques mouvements plus tard, je pus réaffirmer cette vérité. Trafalgar Law m'avait soigné.
Devais-je le remercier ? Après tout il n'était pas obligé de le faire. Surtout que j'aurais guéri toute seule au bout d'une heure ou deux. Mais en même temps, si je m'abaissais à lui montrer un signe de gratitude ne prendrait-il pas mon assujettissement comme acquis ? Un mot ! Ce n'était pourtant pas compliqué alors pourquoi avec lui ça prenait une ampleur démesurée ?!
« Merci. Bafouillais-je à la hâte alors qu'il ressortait déjà un livre sous le bras et son fourreau posé contre son épaule.
- De rien. Dit-il en refermant la porte derrière lui. »
Je ruminais le reste de la journée, attendant un quelconque signe de vie dans le couloir. L'eau, à travers le hublot, s'assombrissait. Soit nous descendions, soit la nuit tombait. Mais comme la pression dans ma poitrine n'augmenta pas, j'optais pour la deuxième option. Fin du deuxième jour d'enfermement et début de la troisième nuit.
Je tendis les oreilles en entendant des bruits de pas dans le couloir. Trop lourd pour être ceux du capitaine pirate. La porte s'ouvrit sur Bepo qui tenait un plateau repas fumant. Sitôt celui-ci posé près de moi je lui sautais au cou, enfouissant mon visage dans son pelage d'une douceur incomparable. On s'installa tous les deux sur mon lit pour discuter tandis que je dégustais un vrai repas chaud, un peu gélatineux toutefois.
« Merci beaucoup Bepo-kun. J'étais en train de mourir affamée. Plaisantais-je à moitié.
- C'est le capitaine qui m'a demandé de te l'apporter, désolé. S'excusa l'ours.
- Je me disais aussi… On arrive quand à la prochaine île ? M'enquis-je sachant que l'occasion en se présenterait pas deux fois, Law ne répondant évidement pas à mes questions.
- Dans moins de trois jours.
- Il faut que je sorte de cette cabine avant alors… réfléchis-je à haute voix. Tu t'en vas. Remarquais-je.
- Mouis, le capitaine m'a dit de ne pas trop laisser longtemps, désolé.
- Allez restes ! Je vais devenir complètement dingue toute seule. S'il te plait. Le suppliais-je en faisant mon regard de chien battu, j'avais en horreur cette expression. »
L'ours polaire céda finalement à mes jérémiades. Nous discutâmes un long moment, sachant tous les deux que Law finirait par se rendre compte de l'absence de son second. Je m'endormis pelotonnée contre lui, sa chaleur m'engloba paisiblement.
L'orage grondait toujours, plongeant mes yeux dans une obscurité balayée pour quelques secondes par la foudre. Il régnait une chaleur étouffante. Ma respiration saccadée empirait au fur et mesure que l'angoisse s'emparait de moi. Les tremblements qui régissaient mon petit corps d'enfant s'amplifièrent alors que la peur me broyait l'estomac. C'était tout proche… ça allait me tuer… s'il vous plait… que quelqu'un m'aide… que quelqu'un vienne me sauver…
Je me réveillais en sueur comme toutes les nuits depuis mon arrivée dans le sous-marin. Avant l'événement « Trafalgar Law » ce n'était pas aussi fréquent. Ce cauchemar revenait sans cesse me procurer un sentiment de terreur et d'insécurité. Bien que ces derniers temps, ces visions avaient tendance à s'immiscer dans mon esprit encore éveillé, lorsque mes pensées s'hasardaient dans un coin de ma tête. Je les chassais toujours en me réveillant, refusant de leur accorder de la moindre importance, les rejetant au loin.
Je ne ressentis pas la masse poilue de Bepo à mes cotés et mon malaise du à mon sommeil perturbé s'installa sans que je puisse le déloger. Il fallait que je sorte de cette pièce et que je voie du monde. Juste, ne plus être seule… même Law ferait l'affaire. Une présence humaine apaiserait mon angoisse irraisonnée.
Le chirurgien entra en coup de vent dans la pièce, pour récupérer je-ne-sais-quoi. J'en profitais pour le retenir. Ma main saisit son pull timidement, mon regard dévia lorsqu'il se retourna.
« Laisse-moi sortir de la cabine. S'il te plait Law. Ajoutais-je en baissant la tête, attendant un flot de réponses sarcastiques.
- D'accord. Tu as été sage après tout. Répondit le capitaine en tapotant le somment de mon crâne affectueusement. »
Je le dévisageais, ébahie par ce retournement de situation. Malgré le fait qu'il aurait pu attendre que je craque, ce qui n'aurait pas tardé, il avait préféré perdre notre petit duel et céder un peu de terrain durement gagné. Comment devais-je l'interpréter ? Peut-être qu'il n'était pas si méchant que ça… mais quelque chose me tracassait. Au lieu de m'offusquer de ce geste, je l'appréciais.
Je fus heureuse de retrouver le reste de l'équipage, surtout ma grosse peluche. Quoi que j'aimais de plus en plus la compagnie de Shachi et Penguin qui auraient apparemment vaillamment harcelé leur capitaine, à leurs risques et périls, pour me sortir de ma « cellule ». Je m'en voulais un peu de ne pas me prendre d'affection pour eux alors qu'ils s'étaient déjà beaucoup attachés à moi, ou à mon physique et mes courbes généreuses, allez savoir.
Deux jours s'écoulèrent ainsi. Où je me tenais à carreau pour la bonne raison que bientôt je pourrais enfin m'échapper de cette prison d'acier. Bavarde, curieuse et ironique avec le chirurgien de la mort. S'envoyer des pics devenait une routine, bien qu'il ait souvent le dessus. Bah ça n'allait pas changer en quarante-huit heures…
J'appris plusieurs jeux de carte captivants, dont le poker et sa variante le strip-poker mais Bepo me déconseilla d'y jouer étant donné que je portais qu'un seul et unique vêtement, ma combinaison. Le pauvre ours fut martyriser par les autres gars après qu'il m'ait convaincu de simplement regarder les autres jouer, mais je vins rapidement à sa rescousse leur promettant de participer à une partie plus tard.
Je passais rapidement dans la salle de bain de la chambre du médecin, que je ne considérais pas comme la mienne, pour me débarbouiller. En cherchant un savon, je finis par fouiller dans la pharmacie de ce cher Law. Mon attention ce porta sur un flacon en particulier, une idée sadique germa dans mon esprit. Une fois la fiole à l'abri dans la poche de ma combinaison, je repartis auprès des membres de l'équipage et notamment Penguin, chargé de la cuisine cette semaine.
« Penguin, ça te dérange pas que je fasse la cuisine ce soir dis ? Le demandais-je avec une moue adorable. Bien sûr tu peux m'aider si tu n'as pas confiance en mes talents culinaires.
- Euh d'accord. Bégaya-t-il, peu familiarisé à être seul avec moi. »
Il m'expliqua rapidement comment ils gardaient la forme malgré ceux qu'ils avalaient qui à vue de nez n'avait rien de nutritifs. En ouvrant les placards au dessus du plan de travail de la cuisine, je découvris des sachets d'aliments en poudre ou en conserve et des tonnes d'autres choses avec la même consistance. En gros, les garçons ne s'embêtait à cuisiner, ils se contentaient de faire un mélange poudre-eau en rajoutant des vitamines et tout ce qu'un corps humain avait besoin. Après s'être assuré que j'avais parfaitement assimilé les dosages, notamment ceux de Bepo qui différait légèrement de ceux des autres, il me laissa seul. Je pus laisser libre cours à mon génie créatif.
Réunis autour de la table, tout l'équipage me fixait avec suspicion devant mon comportement docile et serviable qui était tout sauf naturel. La table était déjà mise et les portions distribuées, je m'installais à ma place, en face de Bepo qui avait hâte de gouter ma cuisine. C'était bien le seul auquel je n'oserais jamais faire de vacherie. Les coudes sur la table et le menton posé sur mes doigts entremêlés, je suivis du regard Law qui venait d'arriver. Il sentit immédiatement que quelque chose n'allait pas, d'habitude ses subalternes ne se privaient pas de manger avant son arrivé, qui se faisait toujours un peu attendre.
Pour les rassurer un peu, je pris une bonne grosse cuillère de purée aux champignons, j'avais fait ce que j'avais pu avec ce que j'avais… une fois avalée, les hommes commencèrent seulement à manger. Il y eut quelques compliments, comme quoi on sentait que Penguin n'avait rien fait. Mais Law lui, la tête posé sur la paume de sa main me regardait avec son expression neutre sur laquelle vint s'inscrire un sourire plaisantin. Il saisit l'assiette d'une main et la tendit à son voisin de table, l'ours polaire.
« Je n'ais pas faim. Tu en veux ? Demanda-t-il à son second sans me quitter du regard guettant mes réactions.
- Bien sûr capitaine ! S'enthousiasma Bepo pour mon plus grand malheur. »
Mon ami approcha dangereusement le plat de sa gueule grand ouverte. Ne pouvant plus tenir, je bondis en lui arrachant son festin des pattes en hurlant un « Non ! » prolongé. Je me bloquais, un genou à terre, me rendant compte de ma boulette. Maintenant tous les hommes de l'équipage fixait leur assiette, paniqués, jusqu'à que leur très cher capitaine en rajoute une couche.
« Tu crois vraiment que je ne remarquerais pas la disparition du flacon de laxatif ? Demanda-t-il amusé par ma naïveté.
- La… laxatif ?! S'écrièrent en cœur l'équipage au grand complet.
- Arrêtez… soupirais-je en jetant le contenu de l'assiette dans la poubelle, j'ai juste empoisonné celle de Law… avouais-je exaspérée d'avoir échoué. »
Malgré tout, aucun ne voulut terminer son repas, jetant mon travail aux ordures. Le chirurgien tendit sa main dans ma direction, j'y déposais le flacon, à moitié vide, à contrecœur. Bah j'aurais essayé au moins…
Cette nuit là je ne fis pas de cauchemar, pour la bonne raison que le sommeil me fuyait comme la peste, que mes intestins s'amusaient à faire des nœuds et mon estomac des loopings. Dans le noir complet, je vomis au dessus de la cuvette des toilettes après m'être trainée jusqu'à la salle de bain. L'odeur dégoûtante ne m'aidait pas à arrêter ce massacre. Épuisée et la gorge en feu, je me laissais choir sur le sol froid. La lumière s'alluma sans prévenir me brûlant la rétine, m'arrachant un grognement de mécontentement. Le capitaine, le doigt toujours sur l'interrupteur, ricana.
« Tu n'es pas la seule à jouer à ce jeu là…
- Enfoiré !
- C'était juste pour m'assurer que tu ne serais pas tentée de recommencer. La prochaine fois ce sera l'aphrodisiaque. Me prévint-il, ironique. »
Dans un état second, ma tête percuta l'oreiller sans que je ne le sente. Les boyaux sans dessus dessous et la tête vide, non pas vide juste quelques plans foireux pour assassiner cet emmerdeur de première. Je découvris pour la première fois l'étrange sensation d'être dans les vaps. Je flottais quelque part entre la réalité et le rêve entendant des sons déformés et des images en noir et blanc.
Je ne savais pas du tout où je me trouvais. Dans un espace tout blanc sans haut ni bas. Des meubles, des arbres flottaient au dessus de moi, tournoyant lentement sur eux-mêmes. J'observais blasée, l'univers que mon esprit drogué venait de créer. N'ayant rien d'autre à faire, j'entrepris de visiter l'endroit. Le sol blanc laissa place à de la terre brûlée et craquelée de toute part. Plus je m'avançais et plus le volume de la musique de fond augmentait. Un air de jazz me semblait-il, pour en avoir déjà entendu sur une île en plein période de fête. Devant moi, se dressait le sous-marin jaune des Heart Pirate à moitié enseveli sous terre, l'hélice vers le ciel d'un gris monotone. En le contournant, je tombais nez à nez avec… Law ? Il venait même infester mes délires maintenant… constatais-je déprimée. Le chirurgien portait un smoking noir et blanc, une rose rouge sang accrochée à son veston. Il claquait des doigts au rythme de la musique ne cessant de sourire.
« Oye Law ! L'appelais-je ma voix déformée allongeait chaque syllabe. Tu vas répondre oui ?! M'énervais-je. Ouah ! »
Je plaquais mes mains sur mes lèvres pour éviter qu'un autre aboiement ridicule ne s'en échappe. Son sourire s'élargit, montrant ses dents blanches légèrement pointues. Une queue et des cornes de diablotins venaient d'apparaitre sur le corps du capitaine dont les yeux rougissaient.
« Chien qui aboie ne mord pas. Chantonna-t-il de sa voix douce et traitresse. Au pied Mi-ka. Susurra-t-il en ajoutant une note de sensualité à mon prénom.
- Dans tes rêves, sadique ! Criais-je mais seul des bruits typiquement canin sortirent de ma bouche. »
Il ne m'écouta même pas et s'en alla en continuant à claquer des doigts. Ce fut à ce moment que je remarquais une corde noire entre lui et moi. Une laisse ? Il tenait la boucle dans sa main gauche. Mes yeux suivirent le fils de sa main jusqu'à moi. Mais contrairement à ce que je pensais initialement, je ne portais pas de collier. La laisse était directement reliée à ma poitrine dans laquelle siégeait un trou béant. Mon cœur battait régulièrement malgré le filin qui l'étreignait. Au fur et mesure que le médecin avançait la corde se tendait jusqu'à serrer mon cœur m'obligeant à le suivre, quelque part.
Le décor changeait tout le temps, changeant de lieu et d'époque, sans cesse. La musique emplissait mes oreilles jusqu'à devenir un son familier, je me surpris à battre de la queue au même rythme que les claquements doigt de Law. Celui-ci finit par s'arrêter devant une table de dissection, m'adressant un sourire hypocrite…
Quelqu'un me secouait les épaules pour me sortir de mes hallucinations plus qu'affolantes. J'ouvris péniblement les yeux, encore dans le vague. La truffe humide de Bepo frôla ma joue par deux fois me sortant de ma torpeur. Me tête m'élançait mais au bout d'une minute sans bouger, la sensation que les murs se tordaient disparut.
« Bepo ? Réussis-je à articuler.
- Oui c'est moi. Le capitaine m'a demandé de te réveiller. Le sous-marin est amarré sur la coté d'une île automnale.
- Quoi déjà ? J'ai divagué combien de temps ?
- Toute la nuit et une partie de la matinée. Désolé. »
Le chirurgien n'avais pas du lésiner sur la dose lorsqu'il m'avait drogué. Perdre le contrôle de mon corps et de mon esprit était une expérience inédite que je n'étais pas pressée de réessayer. Puis ça fit tilt, nouvelle île ! Nous étions enfin arrivés sur la prochaine île ?! Voilà l'occasion ou jamais de filer en douce. Sauf qu'en voulant courir jusqu'à l'extérieur, mes jambes chancelèrent et faillirent me faire chuter. L'ours s'assura que je ne m'écroule pas, m'attrapant le bras de temps à autre quand je basculais dangereusement d'un coté. Puis prise d'un doute, je consultais mon ami du regard. La dernière fois, le capitaine m'avait obstrué le chemin vers la sortie, alors pourquoi pas cette fois ? Surtout que le collier ne pendait pas à mon cou.
« Le capitaine est parti en ville, tout le monde a quartier libre sauf Kyo et Shin qui doivent garder le vaisseau. Je dois garder un œil sur toi. Désolé.
- Donc on peut aller se promener un peu ? Dehors ? Tentais-je pleine d'espoir.
- Oui, bien sûr ! »
Law pensait sûrement que je ne m'enfuirais pas en présence de l'ours puisque lui faire du mal me répugnait. Sauf qu'il se trompait, il y avait mille et une façons de fausser compagnie au mammifère sans avoir besoin de le battre. En tout cas, la méthode forte et douloureuse resterait tout en bas de ma liste de plan B.
Ayant des difficultés à tenir debout, je montais sur son dos le temps que les effets de la drogue se dissipent. Nous passâmes en ville, dans les quartiers luxueux mais aussi devant les animaleries qui nous fendirent le cœur. Ma mine de chien battu n'était rien en comparaison aux miaulements de désespoir de ces petits chatons sans défense. Comme un parfait chaperon, l'ours m'emmena en forêt après avoir fait étalage de mes envies du moment.
Je m'abstins d'informer Bepo de mon état de santé en hausse. Cela faisait bien dix minutes que j'avais retrouvé ma forme olympique. Puis je murmurais à mon porteur de me déposer.
« Il faut que j'aille au petit coin. Dis-je en serrant les cuisses tout en gesticulant. La ville est trop loin… méditais-je en faisant semblant de chercher un endroit où assouvir mes besoins. Je vais aller derrière cet arbre là-bas. Tu m'attends là !
- Ok. »
Réprimant un hurlement victorieux, je m'empressais de rejoindre le tronc que je venais de désigner. Puis lorsque l'ours regarda ailleurs, je me déchaussais pour pouvoir grimper à l'arbre plus facilement. En moins d'un quart d'heure la distance entre ma petite personne et Bepo se résuma à l'île toute entière. Les embruns marins emplissaient mes poumons. Le port, avec toute son activité, m'assurait un bateau pour une île loin du pirate chirurgien. Bien qu'abandonner l'ours me fendait le cœur.
Trois heures plus tard, un navire marchand voguait sur l'océan avec une demi-louve à son bord. Installée dans le nid de pie, la surface bleutée semblait infinie. Ma liberté reconquise, ne devrais-je pas me sentir heureuse ? Alors pourquoi ce sentiment de vide ? En dessous, les marins s'activaient, le navigateur venait d'ordonner un changement de cap pour une raison qui m'échappait. Je les observais distraitement. En voulant m'éloigner le plus possible du chirurgien de la mort, je n'avais pas pris le temps de faire des emplettes et donc de m'acheter de nouveaux vêtements. Voilà pourquoi la combinaison blanche des Heart Pirate me couvrait encore. N'avoir que Law en tête m'exaspérait. Après tout, il m'en avait fait bavé ce capitaine pirate… je n'avais pas eu la chance de lui rendre l'appareil. Sûrement la raison de mon humeur maussade.
« Au pied Mi-ka. »
Et voilà que ça voit déformé de mon délire me revenait en pleine face. En y repensant, Le pirate n'avait jamais utilisé mon prénom, me l'avait-il demandé au moins ? Son second l'avait certainement informé. Et puis la façon dont sa voix l'avait prononcé m'arrachait des frissons dans le dos. Cette voix sensuelle était à des années lumières de sa personnalité.
« Des pirates ! À tribord ! Hurla un homme à l'allure frêle terrorisée. »
Si ce n'était que ça, j'offrirais volontiers mes services pour les défendre. Contrairement à la majorité des humains, le capitaine s'était montré d'une extrême gentillesse me considérant comme une lady malgré mon allure de sorcière futuriste. John ? Oui c'était cela. John. Un joli nom, peut-être, après l'affrontement avec les brigands, lui rendrais-je visite dans sa cabine pour discuter. J'avais officiellement un problème, voilà que je recherchais la compagnie des humains maintenant !
Mon buste passa par-dessus la rambarde pour apercevoir les dits pirates. Pas de navire juste un foutu sous-marin jaune canari immergeant de l'eau. Mes dents se serrèrent lorsque la vérité me frappa de plein fouet. Ne pourrais-je donc jamais lui échapper ?! Tenait-il temps à moi pour me poursuivre à travers tout Grand Line ?! Mais merde j'avais rien demandé moi !
Une sphère entoura les deux vaisseaux. Son nodachi trancha un morceau l'intégralité de l'équipage, pour mieux les recoller ensuite formant des créatures humanoïdes pour le moins étrange. Six pieds, deux mains et pas de tête… alors que trois têtes fixées au mat s'indignaient de ce traitement. Law s'amusait comme un petit fou, ou comme un enfant avec ses jouets jusqu'à que ceux-ci ne cassent ou qu'il ne s'en lasse.
L'idée de me battre m'effleura l'esprit mais je me résignais bien vite en apercevant Bepo me saluant avec de grands signes des bras, heureux de me retrouver. Sale traitre ! Je sautais de mon perchoir pour rejoindre le pont pour dévisager le médecin les mains dans les poches.
« Tu m'appartiens alors ne crois pas que tu puisses te sauver comme ça. M'avertit-il l'air mécontent de ce contretemps. »
