Coucou ;
Je suis contente de voir que l'idée d'une meilleure amie vous plait bien ! C'était mon meilleur prétexte pour aborder le passé de Tony. Alors maintenant je dois vous prévenir d'une chose, le rythme des chapitres va réduire car j'avais pris de l'avance avec les deux premiers chapitres. J'en publierai un tous les 3 à 4 jours. Ceux et celles qui avaient lu mon autre fanfic 'Une rencontre' sont déjà habitués à ce rythme mais pour les autres j'en suis désolée car c'est un rythme nécessaire pour avoir le temps de rédiger et corriger chacun des chapitres.
Je ne vous dis rien sur ce 3e chapitre car vous allez le lire mais je vous dis juste qu'il est assez long et je ne me voyais pas le couper en deux.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture.
Bizzzzzzzzzzzzzzzzzzzz
P.S. : Je vais utiliser les P.S. pour répondre aux lectrices et lecteurs qui n'ont pas de compte fanfic et à qui je ne peux pas répondre directement :
Savannah : tres bon debut je suis tres intriguee et j'ai hate de connaitre la suite
Merci, je suis contente qu'il t'ait plu ! :0)
j'aime beaucoup cette facette de tony que je decouvre et me demande ce qui va se passer par la suite alors ne nous fais pas attendre trop longtemps
Moi aussi j'aime bien quand il montre cette facette dans la série, cela montre assez souvent qu'il est plus sérieux et plus mature qu'il ne le parait, surtout qu'il a beaucoup évolué à travers les saisons. C'est pour cela que je reprends souvent ce côté-là dans mes fanfics tout en gardant, bien sûr, son côté délirant et suicidaire !
Merci pour tes reviews et j'espère bien en recevoir d'autres.
------------------------------------------------------------------
'L'été de mes douze/ L'été de mes 6 ans'
C'était l'une des fameuses soirées qu'organisaient ses parents. En réalité que payait son père et qu'organisait sa mère. Il n'y en avait une dizaine par an, suivant le nombre des fêtes religieuses et nationales, mais cela dépendait aussi du temps que pouvait leur consacrer sa mère et surtout du nombre de contrats que devait signer son père avec ses futures invités-clients.
Peu importait la raison, car de toute façon il devait y être présent un sourire de façade sur les lèvres tout en étant inséré dans un costume impeccable. Il n'aimait pas ces soirées car ses parents y faisaient toujours acte de douceur envers lui. Une douceur à laquelle il était si peu habitué qu'il ne savait jamais comment réagir face à un geste aussi simple que celui où son père déposait sa main sur ses épaules. Ils le touchaient si peu qu'il ne savait pas ce que c'était que d'être touché. Personne parmi le personnel n'avait plus le droit de le faire, cela faisait déjà plusieurs années qu'il savait s'habillait, se laver et se coiffer tout seul. Personne ne le touchait de manière affectueuse en somme et les seuls qui le pouvaient, à savoir ses parents, ne le faisaient qu'en présence d'une tierce personne à qui ils voulaient faire croire à l'image de la famille parfaite : riche, belle, heureuse, parfaite.
Ses parents étaient peut-être heureux ainsi, mais lui ne l'était pas. Cela faisait déjà un certain moment que les couleurs de la vie lui paraissaient ternes mais ces derniers mois comme tout espoir de changement dans le caractère de ses parents l'avait abandonné, tout rêve d'un monde plus heureux pour lui avait disparu, sa vision avait empiré et il commençait à voir les choses en gris, la vie lui semblait triste, pénible. Les seuls moments de joie lui étaient apportés par une boite qu'il n'avait le droit de regarder qu'une heure par jour pour qu'il ne délaisse pas ses cours. La télévision et les séances familiales de cinéma lors des fêtes telles que celles de noël étaient les seuls moments où il voyait la vie en couleur : la couleur de la fiction. Il ne voyait que les couleurs limitées par ce cadre qu'était celui de la télévision. Tout ce qui était en dehors était fade.
Cela faisait longtemps qu'il avait compris que la vie réelle était très éloignée de celle décrite dans les films ou même dans les séries, loin de ce que vivait son héros préféré Magnum. Il aurait tellement aimé lui ressembler, mais Magnum était libre et lui n'était ni un homme, ni libre et si sa vie continuait sur cette lancée là il deviendrait comme son père : un homme froid et stricte, capable de couper les vivres à son fils rien que pour le forcer à ses débrouiller tout seul. Si lui à son âge pouvait de se débrouiller, il n'y avait pas de raisons pour que son propre fils ne fasse pas de même.
Il avait commencé à penser que si ses parents ne l'aimaient pas c'est parce qu'il était sans intérêt. Pourquoi les autres parents aimaient-ils inconditionnellement leurs enfants et pas eux ? Dans son esprit, la réponse était déjà très claire : c'était parce qu'il ne méritait pas qu'on l'aime. Qui pourrait aimer un être aussi insignifiant que lui, quelqu'un incapable de faire plaisir à ses parents, les décevant tous les jours malgré tous ses efforts.
On ne pouvait pas l'aimer. Il ne sera donc jamais Magnum car il est trop insignifiant. C'était ces pensées-là qui rodaient dans sa tête depuis un long moment déjà et rongeaient petit à petit son esprit.
Il était débout à côté de ses parents, plus précisément à la gauche de sa mère qui elle-même était à la gauche de son père afin d'accueillir les invités. Cela faisait déjà quelques années qu'il ne s'amusait même plus à compter le nombre des invités pour s'occuper l'esprit. Cet été était aussi ennuyeux que les autres et cela ne risquait pas de changer de si tôt.
Ils venaient de saluer un autre couple selon le même rituel : son père les salue ensuite c'est le tour de sa mère et enfin son tour. La vie avec ses parents a toujours été une longue série de rituels et de règles. Un de ces rituels d'ailleurs consistait dans un récit détaillé que devait faire Tony chaque soir à son père de sa journée et de ses études. Par contre, durant ces soirées là, le rituel qu'il fallait appliquer à la lettre, que cela soit la première fois qu'il rencontre ces invités ou pas, était le suivant : tendre sa main pour saluer l'homme avec une poignée ferme, se tourner vers la femme et lui faire un baisemain tout en leur faisant un magnifique sourire qui n'atteignait jamais ses yeux. Mais ça personne ne le remarquait, les gens s'arrêtaient souvent à son apparence : un bel enfant, de beaux yeux verts, dans un beau costume, avec un beau sourire et d'excellentes manières grâce à l'éducation de ses charmants parents.
Les invités défilèrent jusqu'au moment où arriva leur voisin : James Sharpman. C'était un homme qui le terrorisait littéralement et il devait faire un effort monstre à chaque fois pour garder son calme. C'était un homme très froid, au regard persan et très déstabilisant. Un homme qui était d'ailleurs très puissant et d'après ce qu'il avait compris encore plus riche que ses propres parents. Mais cette fois-ci, il était différent car il portait dans ses bras une petite fille dont le visage était caché. Elle avait enfoui sa tête dans son cou et n'arrêtait pas de pleurer.
« Papa ne va pas aimer cela. » Pensa Tony en s'empêchant d'afficher un sourire sardonique car il savait parfaitement que son père n'en dirait rien étant donné qu'il avait besoin de l'appui du grand James Sharpman. Et en effet, le père de Tony le salua poliment : « Bonsoir M Sharpman, je suis heureux que vous ayez accepté notre invitation car c'est toujours un plaisir pour nous de vous recevoir. »
Tony ne fut donc aucunement étonné par la réaction de son père, par contre, il le fut grandement quand il vit celle de Sharpman : « Bonsoir M DiNozzo, c'est aussi un plaisir pour moi d'assister à vos soirées. » Puis il se tourna vers la petite fille : « Ella ma chérie, » commença-t-il avec une telle douceur dans les yeux que Tony en fut choqué car il ne l'en croyait pas capable, « dis bonsoir au gentil monsieur.» Tentant de la consoler.
« Est-ce votre petite fille ? » Demanda la mère de Tony.
« Oui, et ses parents lui manquent car c'est la première fois qu'ils me la laissent. » Dit-il en caressant le dos de sa petite fille pour l'apaiser et calmer ses pleurs. « J'ai pensé l'amener ici pour lui changer les idées et pour la présenter au jeune Anthony, c'est le plus jeune enfant qu'on ait dans ce quartier et je me suis dit que s'ils devenaient amis cela la consolerait un peu. Hein ma chérie ? Tu ne veux pas dire bonsoir au jeune Anthony, regarde comme il est gentil. » Dit-il en se penchant et en souriant à Tony.
Tony resta figé sur place ne sachant plus quoi faire, il était réellement déstabilisé par cet homme qui jusqu'à il y a de cela quelques minutes le terrorisait littéralement. Et là il lui souriait gentiment… Ella resserra son étreinte et continua à pleurer.
« Tu veux bien lui dire quelque chose peut-être qu'elle t'écoutera ? » L'encouragea Sharpman.
« Oui vas-y Anthony ! » Lui dit sa mère en mettant sa main sur son épaule et en le poussant doucement pour l'encourager, car si leur fils devenait ami avec la petite fille Sharpman, beaucoup de portes s'ouvriront et cela ne leur sera que bénéfique.
« Bonsoir… Ella. » Dit alors timidement Tony.
Ella se tut un instant et desserrant légèrement son étreinte elle tourna sa tête vers lui. Il put enfin voir son visage. Quelque chose d'étrange se passa alors car elle lui apparut en couleur, ses yeux noisette brillaient intensément à cause des larmes et son visage fut l'une des plus merveilleuses choses qu'il put voir. Pour la première fois depuis longtemps il voyait quelqu'un en couleur.
Il lui sourit, un beau sourire qui avait enfin atteint ses yeux et elle lui sourit légèrement. Ce fut la seconde plus merveilleuse chose que lui permit la vie de voir : « Bonsoir…Anthony. » Et elle desserra complètement son étreinte puis se pencha vers lui en tendant ses bras pour qu'il la prenne dans les siens. Son grand père la suivit dans son mouvement et la tendit finalement à Tony trop heureux de la voir oublier un instant la séparation avec ses parents.
Tony sentit alors un léger parfum de rose pendant qu'Ella enfouissait sa tête dans le creux de son cou : « Mes parents me manquent… » Dit-elle puis elle redressa la tête et le regarda droit dans les yeux. Il était fasciné par ses yeux et par leur couleur, il avait perdu l'habitude des couleurs. Ses yeux étaient magnifiques, un si beau mélange entre le brun, le roux et le vert. Un mélange non homogène qui donnait l'impression que ses yeux changeaient de couleur.
« Mais ils vont revenir, non ? » Dit-il, se reprenant et tentant de la consoler.
« Oui. »
« Et puis tu n'es pas toute seule, il y a ton grand-père qui a l'air de beaucoup t'aimer. Et puis il y a moi, si tu veux je peux rester avec toi ce soir ? » Dit-il en lui souriant.
« Mon grand-père… » Dit-elle en se tournant vers lui. M Sharpman s'était accroupi pour se rapprocher de sa petite fille et lui souriait. Elle tendit alors la main et lui caressa la joue « Moi aussi je l'aime. » Dit-elle en souriant puis se tournant de nouveau vers Tony : « Tu promets de rester avec moi toute la nuit ! » Remettant ses deux petits bras autour du cou de Tony.
« Jusqu'au moment où tu partiras. »
« C'est promis ? »
« Promis mais il faut que tu arrêtes de pleurer, d'accord ? » Dit-il en la posant par terre et en commençant à essuyer ses larmes.
« D'accord. » Dit-elle en continuant de le regarder.
« Anthony peux-tu emmener Ella et lui montrer la maison ? » Lui dit alors sa mère.
« Oui mère. » Dit alors Tony, étrangement heureux de pouvoir s'éloigner de ses parents et de ses devoirs mais surtout heureux de se retrouver seul avec Ella.
Ella se tourna vers son grand père : « Je peux grand-pa ?»
« Oui vas-y. » Dit-il en souriant puis regardant Tony, il lui dit : « Prenez bien soin d'elle jeune Anthony, elle est la prunelle de mes yeux. »
« Oui Monsieur. Elle sera alors les miennes. » Dit alors Tony en lui souriant, le regard direct et assuré, avant de prendre la main d'Ella et de se diriger vers l'étage supérieur pour lui montrer le reste de la maison.
Alors qu'ils montaient au premier étage, Ella ne put s'empêcher dire : « Elle est grande ta maison ! »
« Oui, mais je pense que celle de ton grand père est plus grande que la notre. » Dit-il en continuant à la guider vers le couloir commençant par l'aile où se trouvaient quelques-unes des chambres inclue celle de ses parents.
« Là nous avons les chambres des invités et ça c'est la chambre de mes parents. » Puis revenant sur ses pas, il la conduisit vers l'aile où se trouvait sa chambre quand il ouvrit la porte, il se tourna vers Ella et la vit écarquiller les yeux, surprise… Non pas exactement surprise mais émerveillée.
« Tu as un lit de princesse ! » Dit-elle en lâchant sa main avant de courir vers le magnifique lit à baldaquin.
Il ne put s'empêcher de rire : « Mais je ne suis pas une princesse ! »
« C'est vrai toi tu es un prince. » Dit-elle en se tournant vers lui tout en lui faisant un beau sourire.
Il sourit et se dirigea vers elle. Il recommença alors à rire en voyant qu'Ella, après avoir enlevé ses chaussures, se débattait pour monter sur le lit qui était bien trop haut pour sa petite taille.
Il s'approcha d'elle et la souleva légèrement en tout cas assez pour qu'elle puisse monter sur le lit. Elle se mit ensuite à quatre pattes et avança au milieu du grand lit puis s'allongea en regardant le haut du lit qui était couvert par une grande étole grenat.
« C'est génial, tu dois très bien dormir sur ce lit. »
« Non pas vraiment j'aurai préféré un lit pour garçon. »
« Les princes dormaient sur ces lits, ils sont aussi fait pour des garçons. En plus ça doit être super de sauter dessus. »
« Je n'ai pas le droit de le faire. Je me ferai gronder. »
« Ta maman a peur que tu casses le lit ? » Dit-elle en tournant la tête pour le regarder.
« Oui, il a couté très cher. »
« Mes parents m'interdisaient de sauter sur mon lit mais comme je le faisais en cachette j'ai fini par le casser. Mes parents étaient fâchés mais le lendemain papa m'a acheté un autre lit plus solide et il m'a dit que je pouvais sauter dessus autant de fois que je voulais car il était très solide. Puis comme ils voyaient que j'aimais ça, pour mon anniversaire ils ont acheté un grand trampoline qu'on a mis dans notre petit jardin et depuis on saute tous les trois ensemble. Notre maison à tous les trois et beaucoup plus petite que ta maison ou celle de grand père. Tu as un trampoline ? »
« Non. » Dit Tony qui s'était allongé à ses côtés et avait commencé à regarder le haut de son lit.
« Tu as déjà joué sur un trampoline ? »
« Non. » Répondit-il simplement, plus jeune il ne jouait que très peu.
« C'est magique, j'ai l'impression de voler quand je le fais. » Dit-elle en tendant la main comme pour toucher le plafond en tissu. « Il faut que tu l'essaies. J'aime beaucoup le faire.» Dit-elle en souriant. « Et toi qu'est-ce que tu aimes faire ? » Dit-elle en se tournant vers lui.
Il ne s'attendait pas à cette question, une question qu'on lui posait que très rarement et à laquelle il répondait ce que la personne voulait entendre, du coup les réponses étaient à chaque fois différentes et aucune n'était la vraie. Il se tourna vers elle ne sachant pas quoi répondre. Puis après avoir réfléchi il lui dit : « J'aime regarder la série Magnum. » C'était venu naturellement.
« Magnum ?»
« C'est une série qui passe tous les jours vers 4h de l'après-midi. »
«Et ça parle de quoi ? »
« C'est un homme qui est un détective privé. »
« Un détective privé ? » Dit-elle ne sachant pas trop ce que cela voulait dire.
Il hésita un instant, cherchant les bons mots : « C'est un homme qui doit chercher des choses ou des personnes. C'est son travail. »
« Oh, si je perds ma poupée Mindy, c'est lui qui ira me la chercher ? »
« Oui, contre de l'argent » Dit-il en souriant.
« Oh ! »
« Ce détective s'appelle Magnum. »
« Il est gentil ? »
« Oui, très gentil, surtout avec les filles. » Dit-il en souriant se rappelant les numéros de charme de son héros.
« Comme toi ! » Dit-elle en lui souriant.
Il écarquilla les yeux surpris d'être comparé à Magnum. Puis il finit par sourire : « Oui, comme moi. » Il eut envie de la prendre dans ses bras à ce moment là mais il se retint.
« Raconte-moi des histoires de Magnum. » Dit-elle en se tournant pour regarder le haut du lit à baldaquin.
Il l'imita et commença à lui raconter ses aventures en commençant pas ses épisodes préférés. Elle l'interrompait de temps en temps pour poser des questions quand elle ne comprenait pas un mot ou quand elle avait peur qu'on ait fait du mal à Magnum. Après un certain moment, alors qu'il lui racontait la troisième de ses aventures, il vit que cela faisait un bout de temps qu'elle ne lui posait plus de questions et se tourna pour la regarder. Il la trouva endormie. Il sourit et ne sut pas très bien quoi faire : la réveiller alors qu'elle semblait si bien dormir ou descendre prévenir ses parents et son grand-père qu'elle s'était endormie. Mais sincèrement il n'avait pas encore le cœur à la laisser repartir si vite, il décida de rester allongé à ses côtés et de continuer de lui raconter ses histoires. Et ce même si elle n'était plus éveillée pour les écouter.
Son grand père vint la chercher après un certain moment. Il était conduit par la mère de Tony qui l'avait amené dans sa chambre. Il avait réussi à la porter sans la réveiller et Tony lui tendit les chaussures. Il n'avait pas envie qu'elle reparte, mais il n'y pouvait rien, il n'avait aucun droit sur elle. Il se demandait même s'il allait la revoir quand ils quittèrent la maison salués par ses parents.
A ce moment il eut une conversation avec sa mère qui lui dit de continuer de s'occuper de la petite fille même si ça ne lui plaisait pas — elle le connaissait bien mal !—, car s'il devenait ami avec la petite fille de Sharpman cela aiderait grandement son père. Il fallait être donc obéissant et faire ce qu'ils lui ordonnaient de faire. Cet ordre c'est avec plaisir qu'il y obéirait, se dit-il alors au fond de lui-même. Il fallait juste espérer que le fameux grand-père la laisse le voir. Cette pensée démoralisa alors Tony qui se dit qu'avec la chance qu'il avait cela devait être la seule et unique fois et qu'il ne risquait pas de la revoir avant longtemps si ce n'est jamais.
Quand il remonta dans sa chambre pour se préparer à se coucher, il était encore enfermé dans un brouillard déprimant. C'était comme quand il terminait de regarder un épisode de Magnum, le moment de bonheur étant passé le reste de sa vie devenait du remplissage avant de passer à l'épisode suivant. Sauf qu'au moins avec Magnum il était sûr de voir un épisode le lendemain, d'avoir une autre dose de bonheur. Avec Ella c'était bien plus fort, quelque chose d'étrange se passa au fond de lui dès qu'il la vit mais surtout ce qu'il lui avait fait beaucoup de bien c'est l'impact qu'il eut sur elle. Il avait réussi tout de suite à la calmer. Elle l'avait tout de suite adopté et l'avait même comparé à Magnum… Si quelqu'un pensait un jour qu'il pouvait ressembler à Magnum c'est qu'il n'était pas si insignifiant que cela… En entrant dans sa chambre, il ne put s'empêcher de sourire car il revit l'image d'Ella en train de se débattre pour dormir sur le lit de ses rêves. Elle l'avait même comparé à un prince !
Pour la première fois de sa vie, il adora dormir sur son lit à baldaquin et il se mit sur l'endroit où s'était endormie Ella car cette fragrance de rose était toujours là.
Le lendemain vers les coups de 16h, on sonna à la porte d'entrée des DiNozzo. M Sharpman se tenait debout avec Ella à ses côtés.
« Je suis venu laisser Ella aux bons soin du jeune Anthony. Je pense que les maîtres des lieux vous ont prévenu de ma venue. » Dit M Sharpman au maître d'hôtel.
« Bien sûr Monsieur. » Dit-il après s'être écarté pour les laisser passer. Il les conduisit ensuite vers la pièce où Tony regardait habituellement la télévision car c'était bientôt l'heure de Magnum.
Le maître d'hôtel entra en annonçant les nouveaux arrivants, Tony qui attendait sa série fut étonné de revoir si vite Ella, voir même de la revoir tout court et il sourit, un large sourire qui fit scintiller ses yeux.
Ella eut la même expression et courut vers lui pour le serrer dans ses bras : « Anthony ! »
Elle portait cette fois-ci un pantalon et un chemisier sans manches rose. Les cheveux ramassés en une petite queue-de-cheval. Elle tenait dans ses bras une petite poupée en chiffon.
« Je ne sais pas si vos parents vous ont prévenu mais ma petite fille m'a supplié toute la journée pour que je l'amène auprès de vous afin qu'elle regarde la série Magnum. J'espère que cela ne vous dérange pas. »
« Non, pas du tout. » Dit Tony qui releva les yeux d'Ella pour regarder directement son grand-père.
« Je viendrai la récupérer dans deux heures. »
« Très bien.» Répondit Tony avec un beau sourire.
« Au revoir ma chérie, on se voit après. » Dit-il en s'accroupissant pour lui tendre les bras et lui faire un câlin. Elle courut vers lui et le serra rapidement avant de revenir vers Tony.
Son grand-père reparti, elle se tourna vers Tony : « La série n'a pas encore commencé ? »
« Non, elle va commencer dans quelques minutes. Tu sais tu peux m'appeler maintenant Tony.» Dit-il en souriant car il n'aimait pas la forme complète de son prénom, elle était celle des adultes. Et puis il trouvait Tony plus cool.
« D'accord, moi j'aime Tony. » Dit-elle en souriant.
« Et qui est cette jolie poupée ? »
« C'est ma Mindy. » Dit-elle fièrement en la lui tendant pour qu'il la voie bien.
« Oh, elle est très mignonne. »
« Oui c'est la plus mignonne de toutes. »
« Je prends toujours mon goûter en regardant Magnum, tu veux manger ou boire quelque chose. »
« Moi pour mon gouter je prends un chocolat chaud et des biscuits. »
« Je vais voir ce que je peux faire. » Dit-il en souriant avant d'appeler un des serviteurs.
Ils regardèrent l'épisode et Ella adora Magnum. Il lui arriva même de rire pendant certains moments trouvant la tête de Magnum très drôle. Tony était aux anges et était autant amusé par les aventures de Magnum que l'expression du visage d'Ella devant les différentes scènes.
A la fin de l'épisode il se tourna vers elle et lui dit : « Alors tu trouves toujours que je ressemble à Magnum ? »
« Ouiiiiii, vous avez les mêmes yeux. »
« Mais non, ils ne sont pas de la même couleur. »
« Pas la couleur des yeux, je veux dire vous avez la même façon de regarder les gens. »
« Oh ! » Dit Tony un peu surpris. « Et sinon tu as aimé la série ? »
« Oui, j'adore. » Dit-elle en le regardant les yeux pétillant.
Ils discutèrent alors de l'épisode et sans qu'ils s'en rendent compte le temps passa très vite et M Sharpman vint chercher sa petite fille. C'est ainsi que durant toute une partie de l'été, elle venait à chaque fois pour regarder l'épisode de Magnum étant devenue à son tour très accro à ce personnage.
Un jour pourtant elle dérogea à la règle et vint le chercher le matin pour l'emmener chez son grand-père en lui disant qu'elle avait une surprise pour lui. En arrivant près du jardin elle se tourna vers lui et lui dit : « Ferme les yeux, tu ne dois pas gâcher la surprise ! »
Il ferma alors sagement les yeux et elle le conduisit vers le milieu du jardin. Quand il eut enfin le droit d'ouvrir les yeux il se trouva face à un immense trampoline.
« Regarde ! » Dit Ella en sautillant de joie puis en montant sur le trampoline elle lui tendit la main pour l'inviter à la rejoindre : « Tu vas apprendre à voler ! ».
Il était fasciné et il finit par la rejoindre. Quand il commença à sauter, il ressentit une sensation grisante de liberté. Ils sautèrent ainsi toute la matinée et il comprit pourquoi Ella aimait tant cela et pourquoi cela lui donnait l'impression de voler.
Ils passèrent ainsi toutes leurs vacances d'été entre Magnum, le trampoline et même la piscine. Tony lui apprenant même à nager sans bouée.
Mais toutes les bonnes choses avaient une fin, car ses parents étaient venus la chercher. Tony avait su que ses parents étaient des anthropologues et qu'ils devaient souvent partir en voyage pour des fouilles ou des recherches, cette fois-ci ils étaient partis en Afrique durant tout l'été et ils avaient laissé leur fille ici pour que son grand-père puisse s'en occuper. Mais il était temps qu'ils la reprennent.
Ella n'avait pas compris alors ce qu'impliquait le retour de ses parents, elle était trop heureuse de les revoir. Elle leur présenta Tony la veille de son départ, elle était bien trop heureuse de voir toutes les personnes qu'elle aimait réunie au même endroit, passant de l'une à l'autre. Mais ne remarquant pas sa mère en train de ranger ses affaires, n'entendant pas son père parler de leur départ à son grand-père. Personne ne pensa à lui en parler. Mais Tony entendit la conversation et vit ce que faisait sa mère. Son estomac s'était serré et il sentait son cœur se déchirer, elle a allait terriblement lui manquer. Et avec la séparation, la distance, elle finirait par l'oublier et ce n'était même pas sûr qu'elle revienne l'été prochain. Il essaya de profiter alors des derniers moments avec elle. Ella l'avait d'ailleurs harcelé pour qu'il reste passer la nuit et demanda à son grand-père de dire aux DiNozzo de le laisser rester. Au grand étonnement de Tony, ils acceptèrent mais au fond il en connaissait la véritable raison.
Ella rayonnait carrément de bonheur et il n'eut pas la force de lui dire qu'ils allaient partir demain. Ses parents ne lui avaient rien dit car ayant vu qu'elle était très heureuse de les voir ils se disaient qu'elle l'était autant parce qu'elle savait qu'ils devaient repartir. Mais surtout c'est parce qu'ils ne connaissaient pas le type de lien qu'elle avait désormais avec Tony.
A un certain moment de la soirée le grand-père d'Ella vint s'asseoir aux côtés de Tony sur le canapé pendant qu'Ella racontait à ses parents l'une des aventures de Magnum. Se tournant de temps en temps pour demander la confirmation de Tony concernant telle phrase ou tel geste qu'avait fait leur héros.
« La séparation risque d'être très difficile. » Dit alors le grand-père d'Ella tout en continuant à la regarder.
Le sourire de Tony se figea avant de disparaître puis il se tourna vers le vieil homme.
« Je sais… » Dit-il en soupirant.
« Elle m'est déjà très pénible alors que je suis un vieil adulte censé pouvoir la gérer. Mais pour vous deux cela sera encore plus difficile. »
« Oui… Il faut le lui dire car elle ne sait pas qu'elle va partir demain. »
« Pourquoi ne le lui dis-tu pas ? » Dit M Sharpman en se tournant vers lui.
Tony baissa les yeux, regardant ses mains légèrement croisées puis redressa la tête pour regarder Ella : « Parce que j'en suis incapable, cela risque de la rendre très malheureuse. Alors que maintenant elle saute littéralement de joie. »
« Et bien, je vais te dire un secret mon enfant, moi aussi j'en suis incapable. » Dit le vieil homme, regardant de nouveau sa petite fille. Cette toute petite personne qui avait rempli sa vie pendant deux mois, rempli sa maison de rires. Il n'était pas le seul à avoir vu sa vie complètement chamboulée par ce tout petit être, le jeune Tony a aussi été touché par l'ouragan Ella. Et ils auraient beaucoup de mal à s'en remettre tous les deux.
Ils se couchèrent assez tôt et comme le lit d'Ella était très grand ils purent dormir ensemble. Et comme prévu, Ella supplia Tony de lui raconter les aventures de Magnum, celles qu'elle avait ratées mais aussi celles qu'elle avait vues. Car elle adorait autant se rappeler ses aventures que les découvrir. Et comme d'habitude elle s'endormit au troisième récit. Tony ne se coucha pas tout de suite et resta à la regarder, gravant son image de peur de l'oublier un jour. Il se demandait comment il allait se passer d'elle, depuis son arrivée les couleurs qui émanaient d'elle s'étaient étendues au fur et à mesure et son monde redevint en couleur, graduellement puis totalement. Ses espoirs d'une vie meilleure revinrent, le rêve de devenir comme Magnum une fois grand revint, l'espoir revint… Mais il était revenu si vite qu'il lui fit oublier qu'Ella devait repartir.
Ils furent réveillés tôt et on prépara Ella alors qu'elle était encore somnolente. Ils prirent le petit déjeuner ensemble et Ella commença à être complètement réveillée. Elle était de bonne humeur toujours aussi contente d'avoir autour d'elles les gens qu'elle aimait. Son père avait tout rangé dans la voiture et sa mère commença à l'emmener vers la porte. Ella observa alors ses parents dire au revoir à son grand-père et saluer Tony. Elle ne comprenait pas pourquoi ils faisaient cela : ils allaient partir en balade ? Mais pourquoi ne lui disaient-ils pas au revoir à elle ? Ils allaient l'emmener en balade ?
« On part se promener maman ? » Dit Ella en regardant sa mère. Tony et le vieil homme se regardèrent se disant alors que le moment tant craint était arrivé.
« Non ma chérie, on rentre à la maison. » Dit sa mère en s'accroupissant pour lui arranger son petit gilet.
« On rentre à la maison ? Mais Tony et grand-pa vont venir avec nous ? » Dit Ella.
« Non ma chérie, eux ils vont rester ici. »
« Mais on revient les voir vite ? » Dit Ella refusant la réalité.
« Oui, peut-être dans une année. »
« Une année ? C'est beaucoup une année ? » Dit-elle en se tournant vers son grand-père.
« Oui, c'est beaucoup ma chérie mais ça va passer vite tu verras. »
Les yeux d'Ella s'embuèrent : « Non, je ne veux pas partir. » Dit-elle en s'éloignant de sa mère et en se cachant derrière Tony : « Je ne veux pas laisser Tony et grand-pa ! »
« Ma chérie » Dit sa mère commençant à réaliser le déchirement que cela serait pour sa fille : « On doit partir… »
« Non, on doit rester, je ne veux pas les laisser. » Dit-elle en commençant à pleurer.
Son père s'approcha d'elle et s'accroupit : « Ma chérie, tu ne veux pas rentrer avec nous à la maison ? Tu nous manques à nous et on a besoin que tu viennes avec nous à la maison. Tu pourras voir Tony et grand-pa l'année prochaine je te le promets mais il faut y aller maintenant. »
« Non ! On n'a qu'à rester ici tous les trois. » Dit-elle déterminée.
Son grand-père s'accroupit à son tour et la regarda alors qu'elle était toujours accrochée au bras de Tony : « Ma chérie, tes parents t'aiment et ils ont raison tu dois partir avec eux. » Dit-il en lui caressant le dos. Il n'aimait pas dire ces mots mais s'il ne le faisait pas la séparation risquait d'être encore plus pénible.
« Je les aime, mais je vous aime aussi, alors je veux qu'on reste ensemble tous les 5. Dis le leur Tony ! » Dit-elle en le regardant.
Tony serra les poings puis se tourna vers elle : « Ella, tu dois partir avec eux ce sont tes parents. Tu dois y aller, nous on te verra l'année prochaine. » Il dit cela en la regardant et en se forçant.
« Non ! » Cria-t-elle en resserrant son étreinte autour du bras de Tony.
« Je crois que je n'ai pas le choix… » Dit son père en soupirant. Il tendit alors les bras et la souleva en l'arrachant au bras de Tony.
« Noonnnn ! » Dit-elle alors en pleurant de plus belle : « Tonnnyyy ! » Appela-t-elle alors en se débattant mais l'étreinte de son père était bien trop ferme pour lui permettre de se libérer.
Sa mère se tourna vers eux : « Je suis désolée, nous n'avions pas compris qu'elle s'était attachée à ce point à vous deux. On aurait dû mieux la préparer au départ. » Dit-elle en soupirant, s'en voulant de faire souffrir sa fille.
« Dès que vous arrivez passez-moi un coup de fil pour me dire que vous êtes bien arrivés et surtout pour me dire comment elle va. »
« Je te le promets beau-papa. »
« Et dis à mon fils de ne pas être trop sévère avec elle. »
« Ne t'inquiète pas il l'aime trop pour ça, c'est un vrai papa gâteau avec elle. »
Elle se tourna vers Tony et elle le trouva en train de pleurer lui aussi. Il avait essayé de tenir bon, il savait que les hommes ne devaient pas pleurer, il savait qu'un DiNozzo ne devait pas pleurer mais quand il vit son père la soulever et l'éloigner définitivement de lui il ne put se retenir.
Elle se baissa alors vers lui et commença à lui essuyer les yeux : « Cela doit être aussi très pénible pour toi… » Dit-elle très peinée : « Je suis vraiment désolée… Mais on te promet que l'été prochain elle sera là ! D'accord ? »
Il acquiesça machinalement loin d'être réconforté, elle lui manquait déjà et bien trop.
Le père d'Ella l'installa de force sur son siège auto et boucla sa ceinture, une ceinture spéciale que les jeunes enfants ne peuvent pas détacher. Elle avait beau se débattre comme un petit diable, elle n'arrivait toujours pas à se détacher. C'était la seconde fois dans sa vie, depuis la fois où ses parents la laissèrent toute seule entre les bras de son grand-père, qu'elle se sentait si impuissante. Elle ressentait de plein fouet cette absence totale de liberté de choix car à chaque fois on lui avait imposé une décision, contre sa volonté. Elle lâcha alors sa ceinture et se tourna vers le vieil homme et le jeune garçon qui la regardaient toujours pendant que son père démarrait la voiture alors que sa mère venait de s'y installer. Elle était malheureuse comme les pierres et ses larmes qui étaient celles de rage et de révolte au début devinrent celles du désespoir. Elle avait déjà commencé à hoqueter. Elle ne croyait pas alors se remettre de ce qui semblait être à ce moment son plus gros chagrin.
Elle avait continué de pleurer silencieusement en hoquetant pendant près d'une heure. Ses parents avaient tout essayé pour la calmer : ils lui crièrent dessus, lui dirent plein de mots d'amour, lui promirent même des cadeaux. Mais rien n'y faisait, ce qui les inquiétait c'est qu'Ella ne disait plus rien, elle regardait le paysage défiler tout en continuant à pleurer en silence. Elle ne mangea ni ne but de tout le trajet. Une fois arrivés sur place, quand son père la détacha pour la prendre dans ses bras, elle s'écarta de lui et descendit de l'autre côté de la voiture. Elle avait arrêté de pleurer mais elle ne leur adressait toujours pas la parole. Dès qu'ils ouvrirent la porte elle partit dans sa chambre où elle resta allongée durant toute l'après-midi. Ses parents avaient compris que c'était un très gros chagrin et, après avoir déplacé leurs affaires de la voiture vers la maison, ils décidèrent d'appeler son grand-père ainsi si elle lui parlait au téléphone peut-être qu'elle se sentirait mieux. Et ils avaient raison en partie car dès qu'ils lui dirent que son grand-père était au téléphone elle avait couru, Mindy sous les bras, pour lui parler : « Grand-pa ! Tu me manques ! »
« Toi aussi ma chérie. Dis-moi : est-ce que ça va ? »
« Non ! Vous me manquez trop tous les deux. »
« Tu n'es pas trop dure avec tes parents ma chérie ? » Dit le vieil homme conciliant.
« Je ne leur parle plus jusqu'à ce qu'ils me ramènent chez toi. »
Ses parents se regardèrent et soupirèrent, cette affaire était loin d'être réglée.
« Tu sais ma chérie, tu peux m'appeler quand tu veux comme ça je ne te manquerai jamais longtemps et puis une année ça passe très vite tu sais. »
« Oui grand-père… » Dit Ella sans aucune conviction. « Dis grand-pa Tony est toujours avec toi tu veux bien me le passer ? ».
Son grand-père soupira en entendant son ton découragé et il lui dit : « Non il est rentré chez lui ce matin… Ma chérie tu veux bien me passer ton père. »
« Oui. » Dit-elle en tendant le combiné sans avoir un seul regard pour ses parents.
« Oui papa. »
« J'ai une idée qui pourrait consoler Ella et vous permettre de survivre à sa colère. »
« Je t'écoute. »
Quelques minutes plus tard ils lui apportèrent le téléphone dans sa chambre en lui disant : « Ella, tiens c'est pour toi, quelqu'un veut te parler. »
Elle prit le combiné et ses parents sortirent de la pièce : « Allo grand-pa… » Dit-elle faiblement.
« Bonsoir Ella… »
« Tonyyy ! » Dit-elle en se redressant sur son lit.
« Comment ça va tu es bien rentrée ? »
« Oui mais tu me manques… »
« Toi aussi... Ton grand-père a parlé à mes parents et maintenant quand tu auras envie de me parler tu n'auras qu'à m'appeler après les heures d'école au numéro que vont te donner tes parents. »
« Est-ce que je peux t'appeler tous les jours ? »
« Oui, si tu veux. » Dit-il en souriant, cela faisait tellement de bien d'entendre de nouveau sa voix. Quand la voiture avait démarré le monde était devenu brusquement gris et même l'épisode de Magnum ne lui remonta pas le moral. « Tu as vu l'épisode de Magnum ? »
« Non, j'étais trop triste pour le voir sans toi. » Dit-elle doucement se rappelant encore l'état dans lequel elle était.
« Tu veux que je te raconte l'épisode ? »
« Ouiiiiiiiii…. » Dit-elle contente avant de s'allonger sur le lit et de commencer à écouter sagement son histoire.
Cela devint ainsi aussi un rituel. Ils s'appelèrent tous les jours le soir avant d'aller se coucher et Tony racontait à Ella un des épisodes de Magnum, il lui racontait aussi les films qu'il voyait. A son tour elle lui racontait sa journée ou toute chose qu'elle considérait comme extraordinaire de son point de vue de petite fille. Ils continuèrent à se parler ainsi jusqu'à l'arrivée de l'été.
Il avait désormais treize ans et elle sept ans, ils avaient ainsi un peu grandi mais leur relation avait aussi grandi. C'était le jour où elle allait revenir chez son grand-père, les deux étaient très heureux de la revoir et Tony ne tenait plus en place.
Quand la voiture arriva, il vit qu'Ella n'était plus obligée de rester sur un siège adapté aux enfants. Dès que ses parents se garèrent elle descendit de la voiture en courant avant de sauter dans ses bras en éclatant de rire : « Tonyyyyyy ! »
Il la serra alors fort dans ses bras en se tournant sur lui-même pour la faire tournoyer : « Ma petite Ella ! » Dit-il en soupirant de bonheur, cette odeur était revenue et les couleurs étaient devenus brillantes.
