Bonjour à toutes !
Je poste en avance aujourd'hui car je serais dans l'incapacité de le faire demain ! Je tiens à remercier celles qui ont laissé une trace de leur passage, reviews, favs et follows ! Certaines d'entre vous se souvenait de moi et sincèrement, ça fait vraiment chaud au coeur !
Alors bonne lecture et je vous demanderais d'être indulgente s'il restait des fautes ... Je ne suis pas parfaite !
VC.
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There's one question i really love to ask,
Il y a une question que je voudrais vraiment poser,
Is there a place for the hopeless sinner,
Y'a-t-il une place pour le pécheur sans espoir,
Who has hurt all the mankind just to save his own beliefs ?
Qui a blessé l'humanité pour imposer ses propres croyances ?
Have pity on those whose chances grows t'inner.
Ayez-pitié de ceux dont les chances s'amenuisent.
There ain't no hiding place from the father of Creation.
Il n'y a nulle part où se cacher du Père de la Création.
One Love, Bob Marley.
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Chapitre 2 : Se reconstruire …
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Fin Juin-Début Juillet 1997.
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Harry ne voulait pas ouvrir les yeux.
Il flottait dans un demi-sommeil, là où la conscience est encore à peine éveillée. Il savait qu'il allait bientôt reprendre pied avec la réalité et se réveiller mais pas tout de suite … Il avait encore quelques minutes de paix.
Et puis, il finit par ressentir ce mal à l'aise qui ne le quittait jamais tout à fait. Il se tourna dans son lit et celui vide de Ron fut la première chose qu'il vit en ouvrant les yeux.
La réalité venait de la rattraper, le faisant suffoquer sous la douleur qu'elle lui rappelait. Il avait fallut une seconde pour qu'il se souvienne que le vide qu'il ressentait ne se comblerait jamais totalement. Parfaitement conscient à présent, le Gryffondor s'efforça de ne pas regarder le décor qui l'entourait alors qu'il se levait pour enfiler un jean et un t-shirt avant de descendre à la cuisine pour y rejoindre Hermione qui s'affairait à préparer leur petit-déjeuner. Elle se retourna en l'entendant arriver :
-Bien dormi ? Lui demanda-t-elle en esquissant un sourire forcé.
Harry se contenta d'hocher la tête pour répondre avant de se pencher vers elle et de déposer un baiser sur son front. Puis il prit place sur une chaise et se concentra sur son bol de café. Le silence s'installa dans la pièce, seulement troublé par le tic-tac de l'horloge. L'atmosphère était pesante mais aucun des deux ne se sentait capable de faire semblant.
Tout allait mal.
Harry ressassait encore et toujours ses pensées morbides. Il n'arrivait pas à penser à autre chose. Il était hanté par les morts, quoi qu'il fasse, ils venaient, dans ses rêves et même parfois ici, au Square alors qu'il était pleinement éveillé. Il les voyait, tous, assis dans le salon, parlant autour de la table de la cuisine, se chamaillant dans les étages pour des broutilles …
Il fallait qu'il quitte cette maison, trop de souvenirs y étaient attachés, la disparition de Ron prenait encore plus d'importance dans ce lieu où ils avaient tant de souvenirs. Morts. Ils étaient tous morts, Sirius, Ron, Ginny, Fred. Cette maison renfermait des fantômes.
-Tu as réfléchis à un endroit où on pourrait aller ? Lui demanda t-il pour engager la conversation.
S'il laissait ses pensées dérivées, il courrait à la folie alors meubler le silence devenait primordial pour lui.
-Non pas vraiment. As-tu une idée ? Répondit-elle en surveillant le bacon qu'elle venait de jeter dans la poêle.
-Tout ce que je veux c'est un endroit qui n'a rien à voir avec la magie.
-Tu veux aller chez les Moldus ?
-Pourquoi pas. J'ai besoin de me couper de tout ce qu'on a vécu.
-Que dirais-tu de l'Italie ? On n'a aucun lien là bas, dit-elle après quelques minutes de réflexion.
-C'est une bonne idée. Le soleil nous ferra du bien.
Contents d'avoir un projet à mener à bien dans les prochains jours, ils finirent tranquillement leur repas en savourant le calme qui régnait entre eux. Ces derniers mois, ils avaient toujours été sur le qui-vive, leurs baguettes toujours à porter de main, prêts à combattre à la moindre alerte. C'était avec plaisir qu'ils redécouvraient les joies de la tranquillité.
-Harry ?
-Oui.
-Je ... je ne pense pas que je pourrais vivre ici à notre retour, annonça-t-elle la voix saccadée par les larmes qu'elle s'efforçait de retenir.
-Moi non plus Mione, soupira Harry. Voir le lit vide de Ron tous les matins … C'est juste horrible. Et je n'ai pas encore la force de ramener ses affaires au Terrier… J'ai l'impression que si je laisse tout en place il pourra revenir, tu comprends ?
Hermione hocha la tête et reprit après avoir bu une gorgée de thé :
-Parfois je crois qu'il va surgir de derrière une porte …
-Qu'il va raconter une blague et se plaindre auprès de Molly car il n'y a plus de confiture à la fraise, continua Harry.
Hermione sourit en entendant ces mots, imaginant parfaitement la scène pour l'avoir vécu des centaines de fois. Faire un scandale à cause de la nourriture ? Du Ronald tout craché, pensa-t-elle en souriant franchement pour la première fois depuis sa mort.
Après un nouveau silence, où chacun pensait avec nostalgie aux temps heureux où ils étaient trois, le jeune homme relança la discussion :
-Tu veux partir quand ?
-Je ne sais pas … Dès que possible serait peut-être le mieux, lâcha-t-elle dans un souffle.
-On va préparer quelques affaires et partir en début d'après midi. On pourrait transplaner directement là bas, proposa-t-il.
Hermione leva les yeux au ciel et soupira. Harry avait tué le Seigneur des Ténèbres mais ne savait toujours pas qu'il fallait connaître l'endroit où l'on allait pour pouvoir transplaner.
-Quoi ? Finit-il par demander en voyant la tête outrée de la jeune femme.
-Harry enfin ! Tu sais bien qu'on ne connaît pas les lieux, il va falloir créer un Portoloin.
Il esquissa un sourire.
-Oui bon … euh … c'est le matin j'ai une excuse, marmonna-t-il.
-Mais oui c'est ça, dit-elle espiègle avant de reprendre sérieusement.
-Tu crois qu'il faut que l'on prévienne quelqu'un de notre départ ?
Il réfléchit un moment avant de répondre, pesant le pour et le contre puis annonça finalement :
-On va envoyer un hibou au Terrier. Arthur et Molly risque de s'inquiéter sans nouvelles.
-Tu as raison, je vais m'en occuper.
Une fois le petit-déjeuner terminé ils montèrent pour préparer leurs bagages. Hermione prit le sac qui lui avait déjà rendu de très nombreux services pendant la chasse aux Horcruxes, et entreprit de le remplir : maillot de bains, t-shirt, short, pull, chemisiers... Prévoyante, elle prit soin d'y glisser quelques livres dont L'Histoire de Poudlard, qui ne la quittait jamais ainsi que des potions de premiers soins stockées dans des fioles. Son sac bouclé elle s'installa à son bureau et entreprit de rédiger la lettre pour le Terrier.
Molly, Arthur,
Harry et moi partons quelques temps. Nous ne savons pas où nous allons poser nos bagages. Ne vous inquiétez pas pour nous, nous serons prudents.
Merci pour tout ce que vous avez fait pour nous.
Harry et Hermione.
La jeune femme relut le texte et scella la missive. Elle l'accrocha à la patte de Patmol, le hibou qu'Harry avait acheté après qu'Hedwige ait disparu, et lui indiqua sa destination.
Elle resta un long moment assise à contempler la rue sans vraiment la voir depuis la fenêtre de sa chambre.
Ces gens qui circulait tranquillement, là de l'autre côté de la barrière magique ne pouvaient pas imaginer la chance qu'ils avaient d'être parfaitement inconscients des évènements survenus quelques semaines auparavant. Elle avait toujours était heureuse de son statut de sorcière, c'était une fierté pour elle d'appartenir à un monde aussi fantastique mais aujourd'hui elle aurait tout donné pour en être ignorante. Sa vie aurait été radicalement différente si elle n'avait jamais reçu la lettre de Poudlard. Elle aurait fréquenté un lycée moldu dans le centre de Londres, aurait mené une vie tranquille avec quelques amis fidels et pourquoi pas un petit ami.
Cependant, une petite voix venue des tréfonds de son esprit vint lui souffler qu'elle n'aurait jamais rencontré Harry et Ron sans cette lettre. Un bout de parchemin qui avait fait basculer sa vie sept ans auparavant.
Elle ne serait pas celle qu'elle était devenue sans eux. Ils étaient ses piliers, ses repères dans la vie. Depuis la mort de ses parents, tués dans une attaque de Mangemorts l'été précédent, ils étaient sa seule famille. Celle qui lui restait du côté moldu la prenait pour une folle, une sorte de monstre dont il ne fallait pas approcher à cause des choses bizarres qui arrivaient régulièrement en sa présence.
Son statut de née-moldue, ne lui permettait d'être à sa place nulle part. Elle était entre les deux réalités du monde. Pas totalement sorcière et pas vraiment moldue.
La voix d'Harry la tira de ses pensées.
-Prête ?
Elle prit une seconde pour se faire un sourire de façade et se retourna.
Harry était appuyé avec nonchalance au chambranle de la porte.
Et Merlin qu'il était beau, ses cheveux avaient poussé et formaient une masse indomptable, ses yeux émeraude la regardait avec une chaleur bienveillante, son t-shirt blanc lui moulait un peu le torse, un simple jean mettait en valeur ses cuisses musclées par les épreuves qu'ils avaient subits.
-Oui. On peut y aller, murmura-t-elle.
Elle récupéra son sac et prit la main qu'Harry lui tendait.
-Où est le portoloin ? demanda-t-elle.
Il lui montra du doigt, un vif d'or.
-Il n'y a plus qu'à l'activer, dit-il.
Il sortit sa baguette de la poche arrière de son jean et la pointa sur le vif d'or.
-Portus Calabria Italia ! ... Attention à l'atterrissage, la prévint-il avant de l'attirer dans ses bras.
La sensation dérangea quelque peu Hermione, ce n'était pas vraiment agréable d'être aspirée dans le vide et secouée de toute part. La réception ne lui posa pas de problème majeur grâce à l'appui des bras d'Harry. Ils étaient arrivés sur une petite plage déserte qui ressemblait plus à une crique bordée par de hautes falaises qu'à une étendue de sable.
-Nous voici en Calabre, Sud de l'Italie, seuls au monde pour une durée indéterminée, annonça Harry d'une voie enjouée.
Hermione était stupéfaite, le paysage était merveilleux, il n'y avait pas un bruit à part le roulement des vagues et les cris stridents des oiseaux marins qui s'affairaient au large dans les eaux poissonneuses. Elle respira l'air iodé à plein poumons, ferma les yeux et sentit un sourire étirer ses lèvres.
On sera bien ici, pensa-t-elle. Loin de tout, à l'abri du monde extérieur et de ses attaques.
Quand elle rouvrit les yeux, Harry s'affairait à monter la tente qu'ils avaient déjà utilisé pendant la chasse et lors de la Coupe du Monde quelques années plus tôt. Il ne lui fallut pas longtemps pour en finir, trois tours de baguettes plus tard, alors qu'elle enlevait ses chaussures pour plonger ses pieds dans le sable chaud, elle le vit disparaître à l'intérieur puis en ressortir vêtu d'un maillot de bain.
-Allez Mione, on va se baigner ! Dépêche toi je t'attends.
À son tour elle pénétra dans la tente. Harry en profita pour laisser ses yeux s'égarer sur le paysage qui s'offrait à lui. Il se sentait bien, pour la première fois depuis très longtemps. Plus de pression, plus de peur, plus de Mangemorts, plus de Voldemort, plus de Survivant, juste Harry.
Jeune homme de dix-huit ans. Tout juste majeur pour les moldus mais déjà un héros pour les sorciers, pensa-t-il sarcastiquement.
Un héros de rien oui ! Il n'avait pas pu empêcher la mort de ses proches. Il aurait ça sur la conscience toute sa vie, il vivrait ad vitam aeternam avec des fantômes.
En entendant du bruit, il se retourna pour découvrir Hermione qui sortait de la tente. Son maillot de bain deux pièces était très sage. Pas de décolleté vertigineux, un slip et un soutien-gorge noir des plus classique mais Harry ne l'avait jamais vu si peu vêtue. Et honnêtement, il devait reconnaître qu'Hermione n'était certes pas un canon de beauté mais elle était bien proportionnée, avec de petits seins, des jambes fines et musclées.
Il se surprit à la détailler comme si elle était une fille, non pas qu'il ne le savait pas mais il ne l'avait jamais regardé avec les yeux d'un homme, il la regardait toujours avec des yeux de frères, d'amis. Pour lui Hermione était asexuée. Depuis toujours, elle était une personne différente à ses yeux des autres personnes. Aujourd'hui, alors que la guerre était derrière eux, elle était encore là, à ses côtés. Son plus fidèle lieutenant, celle en qui il avait une confiance aveugle, à qui il pouvait tout pardonner.
Déjà, pendant la Chasse, alors qu'ils étaient seuls, il s'était surpris à la regarder différemment. Il l'avait découvert vulnérable, fragile, femme, féministe, intègre. Voilà que maintenant, il regardait son corps et une envie brûlante d'elle se propageait dans son corps, électrisant ses muscles.
Elle était désirable et sensuelle.
En arrivant à sa hauteur, elle se mit à courir et lui cria :
-Le dernier à l'eau est un scrout à pétards !
Piqué au vif, Harry s'élança derrière elle avec un temps de retard qui permit à la jeune femme de pénétrer dans l'eau en premier.
-Dis donc, où est passé le courage dont tu fais preuve habituellement ? C'était un coup de Serpentard ça ! S'exclama-t-il faussement vexé.
-A force égale, il était normal que je te surprenne, sinon je n'avais aucune chance, annonça-t-elle sérieusement.
Ils partirent d'un grand éclat de rire qui marqua le début d'un après midi joyeux, emplit de bagarres, d'éclaboussements, de course-poursuite, de « tu me coules, je te coule » mais surtout de rires. Un observateur extérieur les regardant s'amuser, aurait dit qu'il avait affaire à des adolescents normaux en vacances. Ils n'avaient que dix-huit ans mais le monde avait reposé sur leurs épaules trop fragiles et l'espace de quelques heures, ils étaient devenus ce qu'ils auraient dû être sans le passage de la guerre.
Le soleil avait déjà bien décliné quand ils sortirent de l'eau et s'installèrent dans la tente. Ils prirent leur douche et continuèrent à discuter de tout et de rien jusqu'à ce qu'ils passent à table.
Harry découvrait Hermione sous un nouveau jour, une jeune fille détendue, amusante, très loin de l'image de rat de bibliothèque qu'elle avait à Poudlard. Après tout ils s'étaient surtout côtoyés à l'école et dans des situations toujours dangereuses. Jamais dans un autre cadre, un cadre normal. Il la trouvait fantastique de par son intelligence, ses capacités d'analyse, sa loyauté, son amitié sans faille envers lui mais là elle était magique. Le lien entre eux l'était.
Leur magie était couplée. Sans qu'ils ne l'aient voulu, la prophétie, le destin … Peut-importe ce que c'était au fond, avait décidé, qu'ils seraient liés, qu'ils auraient une relation spéciale, qu'ils formeraient un tout indissociable. Elle était sa moitié, il était la sienne. C'était un fait immuable.
Une fois installés devant un bon repas qu'ils avaient préparé ensemble, le silence s'installa entre eux. Elle sentit qu'il était dans ses pensées et ne chercha pas à savoir ce qu'il ressentait. Il parlerait quand il serait prêt et elle se laissa emporter par ses réflexions à son tour. Elle le vit débarrasser les reliefs de leur repas puis lancer un sort pour que la vaisselle se fasse avant qu'il ne se retourne vers elle en lui tendant la main.
-Tu te souviens ?
-Oui, murmura-t-elle.
Elle se leva à son tour en lançant un sort sur l'antique radio qui les avait accompagnés dans leurs aventures. Elle grésilla quelques secondes avant de se mettre à diffuser une ballade.
Hermione accepta l'invitation à danser et se blottit dans les bras d'Harry. Le seul endroit où elle se sentait parfaitement à sa place. Elle respira profondément son odeur si particulière, boisé et masculine, qui lui plaisait tant. Sûre d'être en sécurité, elle se laissait porter par Harry et par la musique, ils tournaient lentement, sa tête calée au creux de son épaule, la joue contre son torse. Un calme qu'elle n'avait pas ressenti depuis longtemps l'envahit. La dernière fois qu'elle s'était senti aussi bien c'était, dans cette même tente, sur cette même musique, quelque part dans le nord de l'Angleterre un soir d'hiver, quelques mois plus tôt.
-Mione ?
-Oui ?
-Je ne m'en serai pas remis si ça avait été toi …
Elle ne répondit pas, se contentant d'attendre patiemment la suite.
-Ron me manque ... Terriblement ... Mais je sais que je vais surmonter sa mort.
C'était la première fois qu'il exprimait clairement cette pensée. Au-delà de la douleur, qu'il éprouvait, Harry sentait que la mort de Ron serait l'élément qui le pousserait à aller de l'avant, qu'il s'en remettrait. Il lui faudrait du temps pour faire son deuil mais un jour, il pourrait repenser à lui sans avoir cette boule douloureuse qui lui nouait la gorge. Cependant, Harry avait peur de la réaction d'Hermione, vis-à-vis de sa confession. C'était peut-être trop tôt, il sentait sa douleur, la perte de Ron lui avait fait beaucoup de mal.
-Je sais Harry, je ressens la même chose. Je ne me serais jamais remise de ta mort. Ron me manque mais le lien était plus distendu entre lui et moi, avoua-t-elle doucement.
Hermione le sentit se figer et se tut. Le lien lui envoyait les émotions d'Harry et elle savait clairement que la confusion prédominait en lui.
-Qu'est ce que tu entends par distendu ? Demanda-t-il.
-Je ne le sentais pas en moi. Je savais s'il allait bien, je sentais un peu ses sentiments mais pas assez pour l'empêcher d'agir. Quand j'ai vu ton corps au sol pendant la bataille, je n'ai pas crû à ta mort, je t'ai senti vivant à travers le lien, j'étais très concentrée sur toi et je n'ai pas senti la colère de Ron. Je n'ai pas eu confiance en tes capacités, j'ai eu besoin de vérifier et quand j'ai eu la confirmation, il était trop tard. Ron lançait déjà l'avada sur Voldemort. Je n'ai pas senti sa colère. Si tu savais comme je m'en veux...
Les larmes coulaient en masse sur son visage. La culpabilité l'étouffait, elle s'était persuadée qu'Harry la rejetterait en faisant peser sur elle, la responsabilité de la mort de Ron. Elle avait tellement peur de le perdre.
-Mione... Calme toi. Tu n'es responsable de rien, la rassura-t-il.
Sentant que ses mots ne l'atteignaient pas, il la saisit aux épaules pour qu'elle soit face à lui et reprit plus durement.
-Tu entends ?! Ce n'est pas ta faute. Moi non plus je ne sentais pas Ron à travers le lien … Je ne ressentais rien, pas même son humeur et il ne me sentait pas non plus !
Les larmes continuaient de couler sur son visage mais les mots d'Harry pénétraient petit à petit son esprit.
-Quoi ? Mais ... je ... Je ne savais pas. Pourquoi ne m'avez-vous rien dit ? Balbutia-t-elle.
-Souviens-toi de la prophétie ... «Deux âmes liées à une troisième» Tu étais notre lien. Tu nous sentais tous les deux, mais il n'y avait pas de connexion entre lui et moi. On était liés à travers toi.
Le silence tomba entre eux. Hermione analysait ce qu'il venait de dire. Quelque chose clochait.
Elle les sentait tous les deux, Harry beaucoup plus fort que Ron, et Harry n'avait jamais eu de lien avec Ron. Il n'y avait pas d'équilibre dans leur relation, or la prophétie parlait d'un «Triangle magique » apportant « l'Equilibre ». Et tout ce qu'ils avaient partagé était un lien très fort contre un lien très faible ? … Non … Deux liens très fort entre elle et Harry, contre un lien très faible et une absence de lien.
Ce n'était pas logique. Et tout ce qui était illogique donnait des sueurs froides à la Gryffondor.
Elle réfléchissait à toute vitesse, pensait à des dizaines d'hypothèses aussitôt écartées, quand une dernière s'imposa à elle avec force. Elle avait moins de lien à la base avec Ron … Il les avait quitté pendant la Chasse, les abandonnant au pire moment. C'était sûrement pour ça que le lien que Ron aurait pu partagé avec Harry ne s'était pas construit. Elle, elle avait très mal vécu son départ, pensant chaque jour à lui, elle avait crée le lien avec Ron à ce moment là mais il état faible car il avait été absent physiquement contrairement à Harry.
-Tu n'es pas responsable Mione. Tu ne peux pas te reprocher ça. Si j'avais été à ta place, j'aurais vérifié moi aussi si tu étais en vie. Ron a toujours était impulsif, il a agi sous le coup de la colère et surtout sans réfléchir. Il a laissé parler ses sentiments. C'est la douleur de ma mort qui l'a poussé à faire ça.
Il avait placé ses mains autour de son visage et la regardait dans les yeux. Doucement ses pouces vinrent chasser les dernières larmes qui coulaient encore le long de ses joues. Elle crocheta son regard au sien et y trouva toute la tendresse qu'il lui éprouvait pour elle. Derrière l'affection, la tendresse et la fraternité brillait tout doucement une petite lueur d'amour teintée de désir encore imperceptible, aussi bien pour Hermione que pour le lien magique qu'ils partageaient.
Doucement, elle vit son visage se rapprocher du sien. À quelques centimètres de ses lèvres, alors que leurs souffles se mêlaient dangereusement il s'arrêta, lui laissant ainsi l'occasion de se dérober, de refuser ce qu'il allait faire, de le repousser afin de ne pas briser ce qu'ils avaient partagés jusqu'à maintenant. Mais voilà, la prophétie parlait aussi d'amour, tous deux en étaient bien conscients et les sentiments qui résonnaient dans leurs corps poussaient leurs esprits à accepter, ce qu'ils n'auraient jamais pu faire sans ce lien qui les liaient au-delà du naturel pour deux êtres humains.
Elle ne voulait pas reculer.
L'envie de toucher ces lèvres fines la faisait presque trembler. Son cœur battait la chamade, sa bouche s'asséchait, le rouge lui montait aux joues de se retrouver dans cette situation. Mais malgré sa peur, sa terreur de briser leur amitié formidable, son courage Gryffondorien lui fit franchir l'espace qui les séparait. Doucement, presque comme un effleurement imperceptible ses lèvres se posèrent sur celles attentives de l'homme qui lui faisait face.
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Harry était au paradis.
Ses paupières se fermèrent d'elle-même quand une décharge électrique dévala son épine dorsale décuplant les sensations qu'il ressentait. Les lèvres chaudes, douces et pleines d'Hermione épousant parfaitement les siennes. Ses mains à elle, posées sur son torse et qui lui brûlait la peau à travers son t-shirt. Sa main à lui, emprisonnant sa nuque dans une étreinte ferme alors que la seconde s'abattait sur le creux de ses reins pour la plaquer contre lui. Ses formes souples, épousant la dureté de son corps, son envie de la basculer sur le sol pour la …
Il en voulait plus … Encore plus d'elle alors, il passa sa langue sur ses lèvres ce qui les lui fit entrouvrir. Quand il toucha sa langue, se fut une nouvelle décharge de magie qui se propagea dans son corps. La sensation l'enivra, propulsa son bassin en avant et lui fit pousser un gémissement rauque, empreint de désir, presque bestial …
Ils se séparèrent à bout de souffle en échangeant un regard mi-inquiet quant à ce qui venait de se passer, mi-désireux d'attaquer un second round.
-Je ...euh ... je, bredouilla-t-il complètement déstabilisé par ce qui venait de se passer.
Elle posa son index sur ses lèvres.
-Chut ... Ne dis rien.
Ils restèrent ainsi un long moment, leurs fronts collés, se regardant dans les yeux, ressentant tout ce que l'autre ressentait. Puis Hermione se hissa sur la pointe des pieds et posa tendrement ses lèvres sur celles du jeune homme avant de tourner les talons et de s'éclipser dans la salle de bain.
Harry encore secoué, s'assit sur le lit, la tête vide de toute pensée. Il l'entendit vaguement sortir de la salle de bain, souffler les bougies avant de se diriger vers lui à la lueur de sa baguette. Elle se pencha, lui murmura à l'oreille «merci» puis l'embrassa sur la joue avant de monter sur le lit du dessus.
Quelques instants plus tard, il se déshabilla et se glissa entre les couvertures. Pour la première fois depuis longtemps, il s'endormit sans problèmes.
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Il fut réveillé au beau milieu de la nuit par un hurlement strident. Croyant que le système d'alarme se déclenchait, il se saisit immédiatement de sa baguette, prêt à se battre contre les Mangemorts qui les attaquaient quand il se rendit compte qu'il n'y avait plus aucun bruit dans la tente à part la respiration saccadée d'Hermione.
-Lumos, murmura-t-il.
Il la découvrit assise dans son lit, le souffle court, couverte de sueur, le cœur battant à tout rompre.
-Hey ... Mione ... C'était un cauchemar,
Elle tourna la tête vers lui, des images de mort encore bien réelles ancrées dans son esprit qui lui provoquaient des frissons de terreur incontrôlables. Les yeux remplis de larmes, elle murmura d'une voix tremblante :
-Je suis désolée ... Je ne voulais pas te réveiller.
-Ne t'en fait pas pour ça. Rendors-toi Mione, on est en sécurité ici.
En voyant sa tête disparaître, elle saisit sa main encore posée sur le rebord de son lit.
-Harry ...
-Oui ?
-Je ... Je peux dormir avec toi ? Demanda-t-elle d'une toute petite voix.
-Bien sûr Mione, viens.
Merci Merlin, pensa-t-elle en rejetant ses couvertures avant de descendre dans son lit. Ce rêve était tellement réel qu'elle frissonnait de terreur. Pourtant, ce carnage fantasmagorique avait d'abord ressemblé à un simple pré verdoyant avant de devenir la boucherie qu'elle venait de voir. Elle se blottit contre lui, plaquant son dos contre son torse en appréciant plus que de raison, sa chaleur et l'odeur iodé qu'il dégageait. Il passa un bras autour d'elle, la protégeant un peu plus de son corps et cala sa tête dans son cou en inspirant lentement mais profondément.
Ils s'endormirent ainsi, sans prononcer un mot de plus, goutant simplement un moment de bonheur et de tranquillité. Aucuns des deux n'esquissa le moindre geste et chacun plongea dans un sommeil réparateur et dépourvu de visions d'horreurs.
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Ils passèrent ainsi un mois, coupés du monde. Ils visitèrent quelques grandes villes moldus comme Rome ou Pise, mangèrent au restaurant, s'amusèrent comme des gamins. Toutes les nuits, ils dormaient ensemble, blottis l'un contre l'autre, ils se sentaient bien ainsi. La présence de l'autre chassait les cauchemars et les fantômes du passé. Il n'y eut jamais un geste déplacé. Ils n'éprouvaient pas le besoin de faire évoluer leur relation. Ils étaient en symbiose collés l'un à l'autre.
Ça leur suffisait.
Et ni l'un ni l'autre n'éprouva le besoin de reparler du baiser qu'ils avaient échangé et qui les avait tant marqués.
A suivre ...
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NA : Je tiens à apporter une précision quand à la relation qu'entretienne Harry et Hermione. Pour moi, il est évident que dans l'oeuvre original, ils n'auraient jamais pu entretenir ce lien, mais pour moi, Harry n'aurait jamais réussit sans Hermione et je voulais explorer les possibilités d'une relation au départ fraternel évoluer vers quelque chose de plus fort et de plus profond et ce grâce à une prophétie.
Voilà j'espère que vous avez aimé. Je vous souhaite à toutes une excellente semaine et à mercredi prochain !
Un merci tout particulier à Chupiii pour son message qui m'a profondément touché !
