Déboires et Lacunes : On n'a rien sans rien

Quelques jours après cette première approche, Scorpius avait retenté l'expérience. Il avait essayé de parler à Weasley mais celle-ci était souvent avec son cousin ou sa pote Londubat. Elles étaient toujours toutes les deux ou quoi ?

Les filles ne se séparaient donc jamais ? Même pour aller aux toilettes ?

Merlin l'héritier Malefoy savait ce qu'il allait demander à Noël: un mode d'emploi sur la gente féminine ! Ah oui, il avait oublié, ça n'existait pas…

De toute façon, ça ne lui aurait pas servit à grand-chose, Weasley n'était pas une fille comme les autres, elle était « hors-normes ». C'était la seule à sourire pendant qu'elle s'occupait des scroutts à pétard en cours de Soins aux créatures magiques, la seule qui ne gloussait pas quand il lui adressait un sourire aguicheur ainsi qu'un clin d'œil, la seule qui mangeait en deux-deux pour courir à la bibliothèque afin de lire il ne savait quel stupide bouquin… la seule qui tordait le nez devant les macarons… et la seule qu'il avait entendu parler de feinte de « gros ski » (au lieu de Wronski) ! Pathétique !

Le blond avait passé une semaine à aller tous les jours à la bibliothèque mais à chaque fois qu'il essayait de parler à Weasley, elle lui faisait comprendre que ce n'était pas la peine de la déranger. Scorpius en avait assez. Non seulement cette petite cruche n'y mettait pas du sien mais en plus Miss Pince l'avait à l'œil et le réprimait dès qu'il ouvrait la bouche ! Il s'était même prit une retenue pour avoir demandé à Weasley quel était le travail de Botanique ! Scandaleux, non ?

Malefoy ne voyait vraiment pas comment il pourrait approcher la petite protégée de Potter depuis que le plan « bibliothèque » était tombée à l'eau. Lui qui pensait discuter avec Rose à la bibliothèque, c'était raté…

Morgan lui avait bien conseillé de faire suivre « Rouquine » par un elfe de maison, ça lui éviterait de le faire lui-même, mais Scorpius avait vite oublié l'idée, se rappelant que la mère de Weasley était juste celle qui avait défendu les elfes de maison corps et âme et il était logique qu'aucun elfe, même payé, n'accepterait de suivre sa fille.

Scorpius se plaisait à penser qu'il était un chasseur.
Weasley était devenue sa proie.
Il avait continué à la traquer lui-même. Cependant, il devait faire attention, parce que si lui, était capable d'observer Weasley et ses faits et gestes en toute discrétion, quelques groupies de quatrième année s'étaient mise à le suivre de temps en temps et elles, n'étaient pas franchement discrètes. De plus, Potter l'avait dans le collimateur.

Il avait déjà fait un séjour-éclair à l'infirmerie après avoir reçu un sort du brun, c'était amplement suffisant. Morgan et Scorpius s'étaient bien amusés pendant le dernier cours de Botanique, ils avaient lancé le maléfice du Folloreille à Potter et ses oreilles s'étaient agitées pendant dix minutes avant qu'il comprenne que quelque chose clochait. Londubat, obnubilé par ses plantes, ne s'en était même pas aperçu. Inutile de dire que Potter avait rejeté la faute sur Scorpius.
Pourquoi fallait-il toujours qu'on l'accuse de tout ? Parce qu'il était un Malefoy ? Héhé…
Quoiqu'il en soit, le brun, fou de rage, avait répliqué par un sortilège de Furunculus que Scorpius avait bien l'intention de punir… mais pas tout de suite.


Non seulement il venait juste d'avoir une retenue à cause de Potter (parce qu'il l'avait attaqué devant les cachots), maintenant il fallait qu'il en ait une avec Potter à cause de leur « comportement puéril et intolérable en cours de botanique ».

Quand il se présenta pour effectuer sa retenue, le concierge leur expliqua ce qu'ils devaient faire… faire frire des grenouilles dans une potion…récupérer les peaux…
Le blond serra les dents et s'empêcha de râler.

La retenue commença en silence. Pas question de se rabaisser en adressant la parole à Potter. Ce dernier semblait penser la même chose et cela convenait parfaitement au Serpentard. Il jeta quelques grenouilles dans le chaudron rempli de potion qui se trouvait devant lui en soupirant. Encore des grenouilles. Comme si les cours de potions se résumaient aux peaux de grenouilles ! Scorpius était bien placé pour savoir que « l'art des potions » était beaucoup plus subtil.

Certes, ce n'était pas flagrant lorsqu'on observait Potty trier les peaux de grenouilles frites. Il était gauche, maladroit, pas étonnant que ses préparations finissaient toujours collées au fond de son chaudron. Il parait que son père était pareil – c'est-à-dire, doué comme un manche - jusqu'à ce qu'il tombe sur le livre de Rogue (le parrain de son père, un héros) en 6e année…

Scorpius sourit en songeant qu'il était plus doué que Potter en potions… Il continua à observer le brun du coin de l'œil, amusé.
Au bout de quelques minutes, Potter poussa, lui aussi, un soupir agacé. Pour une fois, Scorpius était d'accord avec lui, c'était vraiment une corvée qu'on leur avait donné là. Normal, ils étaient en retenue, ce n'était pas censé être une partie de plaisir. Cela devait leur arriver au moins une fois toutes les trois semaines. C'était plutôt amusant de voir que, malgré toutes ces heures de retenues passées ensemble, Potty et lui se détestaient toujours autant. Scorpius avait du effectuer toutes les tâches possibles et imaginables à Poudlard à cause de ce cher Potter.

- Qu'est ce que tu regardes Malefoy ? Grogna ce dernier, s'apercevant que le Serpentard le fixait, un sourire aux lèvres.

Le blond s'était figé et réfléchissait depuis plusieurs minutes, les yeux dans le vide mais toujours fixés sur son condisciple. Il avait vraiment hâte de le voir trépigner en voyant le Serpentard main dans la main avec sa cousine.

Mais le fils Malefoy était loin d'être serein. Le doute avait envahi son esprit, il se demandait s'il allait arriver à mener à bien son projet lorsque Potter avait interrompu le cours de ses pensées.

- Ce que je regarde ? Hum… Un abruti ? Souffla-t-il, ne perdant pas une occasion de remballer le brun.

Potter, de rage, lui envoya une grenouille à la figure qu'il évita de justesse. Scorpius le regarda en éclatant de rire. Il était tellement immature !

- T'es vraiment ridicule Potter.

- Je préfère être ridicule que détesté.

Scorpius se renfrogna un bref instant. Tant que ta cousine ne me déteste pas, j'ai de l'espoir. Songea-t-il alors et un petit sourire apparut sur ses lèvres.

- Grand bien te fasse. Répondit-il simplement.

Albus Potter fronça les sourcils. Cela ne ressemblait vraiment pas à Malefoy de rester aussi inerte. En début d'année, Hugo lui avait dit qu'il était ridicule, le Serpentard lui avait décollé une droite… Il préparait quelque chose. Et avec lui, il fallait s'attendre à tout.

- Qu'est ce que tu mijotes Malefoy ? Râla-t-il avec un air qui se voulait menaçant.

- Moi ? S'enquit innocemment le blond. Mais rien voyons !

Il ajouta quatre grenouilles dans le chaudron posé devant lui et les brassa avec un air qui était proche de l'adoration. Bon sang. Il était tordu ce type !

- Arrête de te foutre de moi ! Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais je trouverai ! Je ne vais pas te lâcher Malefoy, tu m'entends ?

- Oh mais je ne demande que ça.

Albus Potter hésita entre renverser le chaudron et les peaux de grenouilles sur ses ignobles cheveux blonds ou lui asséner un bon coup de poing…

- Je sais que tu prépares un mauvais coup.

Tu ne crois pas si bien dire…

- Qu'est ce que tu veux à ma cousine ? Continua-t-il.

- Ta cousine ? Répéta Scorpius en prenant un air surprit. Qui ça ?

- Ma cousine Rose, sale troll !

- Ah…la rouquine… j'aime bien ses cheveux. C'est étonnant d'ailleurs.

Il crut un instant que Potter allait se jeter sur lui. Le brun s'était levé et le menaçait avec son index.

- T'as pas intérêt de t'approcher de ma cousine Malefoy, compris ?

- Pourquoi, tu feras quoi ? Siffla-t-il.

- Je te le ferais regretter, crois-moi. De toute façon Rose ne sera jamais assez bête pour te fréquenter, t'es un Malefoy.

- Et alors ? S'énerva Scorpius à l'entente de son nom prononcé de façon si dédaigneuse ! Boucle-la tu m'entends ? Tu penses que t'as tous les droits parce que t'es un Potter ?

- Hum… oui. Dit-il simplement en se rasseyant.

- Tu rêves ! Le fils du Balafré, quelle gloire !

- N'insulte pas mon père ! Sans lui tu ne serais pas là aujourd'hui !

Malefoy se raidit. Il avait raison. Il savait que Potter disait la vérité, son père avait sauvé le sien, et ça, il ne pouvait le supporter, il détestait l'idée de devoir quelque chose à Potter, ou du moins à son père. Ses doigts se crispèrent sur la grenouille qu'il tenait et il faillit la broyer.

- Ferme-la. Grogna-t-il en regardant droit devant lui.

Potter comprit qu'il avait touché une corde sensible, aussi continua-t-il sur cette lancée.

- Et sans mon oncle non plus ! Ta famille doit beaucoup à la mienne Malefoy. J'estime que tu me dois un peu de respect.

- J'ai dis : Ferme-la. Répéta Scorpius en haussant le ton.

- Oh, Mini-fouine se rebelle ? Murmura Potter comme s'il parlait à un attardé.

- FERME LA POTTER ! TU VA PAYER CHER ! JE T'EN FERAIS BAVER TU VERRAS !

- Et comment, vas-y dis moi ! Répliqua Potter en se levant. En emmerdant ma cousine, c'est ça ? Je te connais Malefoy, t'es peut-être un serpent et une anguille, mais t'es pas si discret que ça ! Dis-moi ce que tu lui veux !

Il s'approcha du blond et ce dernier se maudit intérieurement pour s'être laissé emporter de la sorte. Scorpius secoua la tête. Mince mince mince, pourquoi avait-il fallu qu'il mette la puce à l'oreille de Potter maintenant ? S'il en parlait à Weasley, il était grillé !

Il regarda l'heure. Plus que 15 minutes et il serait débarrassé de Potter. Il serra les dents et conclut cette conversation inutile en râlant :

- Relaxe Potty. Et met-toi ça dans le crâne, je me contrefous de ta cousine, compris ?

Potter se calma. Finalement il jeta rageusement dans son chaudron les quelques grenouilles qu'il lui restait.

Scorpius n'avait pas spécialement mentit, il se moquait complètement de la rousse, mais il avait besoin d'elle. C'est en continuant à observer Potter jusqu'à la fin de la retenue qu'il se dit qu'il avait visé juste, sa sœur ou Londubat n'auraient jamais fait l'affaire. Potter était plus proche de Weasley que de personne. Dommage que le fils du Survivant ne puisse pas lui donner des renseignements sur elle… Scorpius tourna la tête pour laisser éclater son sourire narquois. Il ne manquerait plus que le brun soit assez bête pour lui livrer des informations malgré lui…


Fort heureusement, sa vie n'était pas rythmée uniquement par Potter et sa cousine. C'est avec joie qu'il descendit au terrain d'entrainement de Quidditch pour s'entrainer. Sans se vanter, il était le meilleur poursuiveur de son équipe, peut-être même le meilleur poursuiveur tout court… Le prochain match serait « Serpentard vs Poufsouffle », pas vraiment de quoi s'inquiéter. Les Blaireaux étaient d'un mou… Et puis, Scorpius venait de recevoir son nouveau balai, le must en matière de balais: le Flèche Australe, il l'avait déjà testé plusieurs fois mais il rêvait depuis longtemps de le mettre à profit pendant un match. Morgan était descendu avec lui, il était le gardien de l'équipe, doué lui aussi.

En fait, la seule équipe qu'ils avaient à craindre était celle de Gryffondor. Les Poufsouffles - déjà ramollos - s'étaient empâtés cet été, les Serdaigles étaient trop sérieux et travailleurs en cours pour être performants au Quidditch mais les Griffons se défendaient bien. Potter – et ça coûtait beaucoup à Scorpius de le reconnaître – était un bon attrapeur. Un très bon attrapeur, Hugo Weasley un bon gardien, et Londubat un poursuiveur et un adversaire redoutable pour Scorpius.

L'entrainement commença. Il devait y avoir une quarantaine de personnes dans les gradins. Parmi elles, les équipes de Poufsouffle et Serdaigle, quelques curieux et des filles venues pour reluquer les beaux joueurs de quidditch qu'ils étaient. (Quoi ? C'est bien vrai non ? Sinon pourquoi seraient-elles venues ? Scorpius était sortit avec de nombreuses filles et aucune, mais alors aucune, ne comprenait quelque chose au quidditch, par contre, elles adoraient toutes ce sport. Allez-donc savoir pourquoi^^).

Les joueurs s'élevèrent dans les airs. Le capitaine, Aaron Mulciber, leur donna quelques instructions et le souafle fut libéré ainsi que les cognards et le vif. Scorpius s'empara rapidement de la balle rouge et partit en direction des buts. Il avait presque oublié à quel point la sensation de voler était merveilleuse. Le vent glissait sur sa peau, il se sentait tellement bien, il en avait presque oublié ses « problèmes » : les trois parchemins qu'il devait rédiger pour lundi prochain, les choux de Bruxelles annoncés au menu ce soir, ses échecs à répétition pour parler à Weasley et même les insupportables mots qu'avaient eu Potter devant les cachots qui pourtant lui trottaient dans la tête depuis plus de trois semaines.

Il marqua plusieurs buts, (Morgan était toujours un peu long à s'échauffer). Mulciber n'arrêtait pas de reprendre le nouveau batteur, Achille Scott. Aussi l'ambiance était plutôt à la détente pendant l'entrainement. Au bout d'une demi-heure, la pluie se mit à tomber mais les joueurs ne songèrent même pas à écourter l'entrainement. Scorpius se permit tout de même de faire une pause lorsque l'attrapeur de leur équipe, Zabini, vint discuter avec lui. Ils constatèrent que les élèves assis dans les gradins étaient tous en train de se faire la malle, la pluie tombant de plus en plus fort.

- Je ne vois rien avec ce temps. Ronchonna Zabini.

- C'est sur que les conditions ne sont pas idéales. Dit Scorpius. Mais fait au moins genre de chercher le vif, Mulciber a l'air de mauvais poil.

- Pas étonnant, il a faillit tomber de son balai à cause d'un cognard de Scott.

- Sérieux ?

- T'as pas fait gaffe ? Il s'est prit le manche dans le nez, fallait voir ça !

Scorpius éclata de rire et une grosse goutte d'eau lui tomba dans la bouche. Il avait donc raté la vision de Mulciber se cognant le nez sur son balai, quel dommage.

- HEY vous deux ! Vous croyez que c'est la fête ! On s'entraine oui ou non ? Malefoy c'est pas ton nouveau balai qui va marquer des buts à ta place ! Et toi Zabini tu ferais mieux d'ouvrir l'œil ! Parce qu'un de ces jours tu vas te retrouver face à Potter !

Les deux garçons se turent pour bougonner à l'unisson. Scorpius commençait à avoir un peu froid sous cette pluie battante et ce n'était pas la peine de se donner tout ce mal, ils n'allaient faire qu'une bouchée des Poufsouffles. Il tourna sur lui-même pour se mettre face aux buts et rejoindre les deux autres poursuiveurs, son regard tomba sur les gradins, il remarqua avec étonnement qu'il restait encore deux personnes. Deux filles à en juger par leurs uniformes, des brunes. Scorpius se demanda ce qu'il pouvait pousser les sorcières à rester observer un entrainement sans intérêt par un temps pareil, il vit ensuite l'une d'elle remonter les marches des gradins et se diriger vers la sortie.

Il haussa les épaules, reporta son attention sur le souafle et les cognards puis se mêla à ses coéquipiers pour marquer des buts au gardien qui jurait comme un charretier à cause du mauvais temps.

Une heure plus tard, Mulciber s'avoua vaincu et mit fin à l'entrainement. Scorpius alla rejoindre Morgan dans ses buts pour lui demander ce qu'il pensait du nouveau batteur moins focalisé sur le jeu, il s'aperçut avec étonnement que la fille brune était toujours dans les gradins. Il se demanda qui elle était et surtout, qu'est ce qu'elle faisait encore là. Il ne put pas connaître l'identité de leur supportrice, le temps de lancer un sort par cette pluie pour attraper ces fichus cognards, elle était déjà parti. Le poursuiveur vola en direction des vestiaires en frissonnant, impatient de prendre une bonne douche chaude.


Le lendemain, après s'être gavé de cookies et avoir descendu presque un litre de lait, Scorpius sortit de la Grande salle, repu. Il croisa la cousine de Potter qui venait déjeuner avec ses amies et se renfrogna. Il ne savait toujours pas comment faire pour apprendre à connaître Weasley. Il n'avait d'autre choix que de la regarder lorsqu'il la voyait, c'est à dire en cours, à la bibliothèque. Mais il ne lui parlait pas, ne tentait rien et cette situation le frustrait. La rousse l'énervait. Il n'était pas habitué à ce qu'on lui échappe. Salazar, il était un Malefoy ! Rien ne lui échappait !

T'en resteras pas moins un Malefoy

- T'es encore sur cette histoire ? S'étonna Josh alors qu'il venait de se plaindre de ne pouvoir approcher Weasley.

C'était un dimanche. Scorpius et Josh travaillaient avec Nott dans leur salle commune mais le blond n'avançait pas, il en était encore à son introduction alors que ses amis avaient rempli la moitié de leur parchemin. Et pour cause, il n'arrêtait pas de se creuser la tête pour trouver un moyen de parler à Weasley. Comment l'aborder sans qu'elle le rejette ? Il avait essayé l'arrogance, la séduction, les cours… A chaque fois elle lui avait fait comprendre qu'elle ne voulait rien avoir à faire avec lui. Pourtant un détail titillait le Serpentard : son attitude. Elle avait beau lui dire de partir, répliquer sèchement qu'elle voulait travailler en silence, ses yeux semblaient lui dire le contraire. Comme si, au fond d'elle-même, elle avait envie qu'il continue ses assauts et ouvre une brèche dans sa forteresse.

Parfois on s'interdit de faire ce qu'on a envie de faire, simplement pour que les autres comprennent qu'on en a envie. (*)

Oui, il avait l'impression que Weasley, l'appelait au secours…en quelque sorte. C'était plutôt comique car, après tout, c'était Potty le sauveur de l'humanité non ?

Et voilà pourquoi il avait écrit une dizaine de lignes sur son parchemin alors que les deux autres garçons avaient pratiquement terminé leur devoir.

Josh avait espéré qu'il allait laisser tomber cette stupide idée de vengeance mais la retenue avec Potter avait aggravé la situation. Scorpius semblait plus que jamais remonté, les choses n'allaient pas comme il le souhaitait et étant donné que la patience n'était pas son fort, il était d'un caractère exécrable en ce moment. Il fallait qu'il remédie à la situation et vite, car Flint n'était pas sûr de supporter les sautes d'humeur et les plaintes de son ami encore très longtemps.

- Qu'est ce qu'i t'arrive ? T'en baves avec Rouqui ? Demanda Morgan sans relever la tête de son parchemin.

- Je ne peux pas l'approcher ! Potter est toujours dans les parages ! Brailla Scorpius en abattant un poing sur la table. Et je ne peux pas la suivre toute la journée ! J'en ai marre de passer ma vie à la bibliothèque ! De toute façon ça ne sert à rien puisque je ne peux pas lui parler là-bas ! Je pers mon temps ! Il faut que je trouve une autre solution ! Acheva-t-il, frustré, en s'emparant de sa baguette pour la faire tourner dans ses mains.

- Pourquoi tu ne chopes pas son emploi du temps ? Proposa Morgan.

L'idée était bonne, s'il était au courant préalablement, il n'aurait qu'à partir au bon endroit au bon moment. Mais il y avait un problème…

- Aucun Gryffondor ne me donnera son emploi du temps ! Ronchonna Scorpius et je ne vais plus suivre Weasley toute la journée, j'ai autre chose à faire !

- Si tu ne veux pas déléguer Scorp, tu ne t'en sortiras pas. Déclara simplement son ami.

Cette réplique eut le don de l'agacer.

- Tu devrais peut-être…laisser tomber. Se risqua à dire Josh, ce qui l'horripila carrément.

- Pas question !

Il n'allait pas se défiler. Il n'était pas un lâche. Il avait de nombreuses choses à faire payer à Potter. Mais comment faire ? Jamais il ne demandait de l'aide. Un Malefoy se débrouillait tout seul, il, se débrouillait tout seul. Seulement, il devait avouer qu'il en avait raz le bol de n'avoir aucun résultat. Et Potty avait encore bien fait de lui rappeler qu'il lui devait du respect !

Oh oui, il allait le respecter…


Le lendemain, entre le cours de Sortilèges et celui de Métamorphose, Scorpius renonça à suivre Weasley pendant la pause.

Josh et lui partirent faire un tour au bord du lac. Il y avait du vent ce jour-là. Les deux garçons songèrent qu'une petite partie de quidditch nocturne avec les mecs de leur chambrée pourrait être intéressante. Au bout de quelques minutes, ils entendirent des gloussements à quelques mètres d'eux.

- Encore ton fan-club. Soupira Josh agacé.

- Ah ouai. Remarqua Scorpius en jetant un coup d'œil aux deux filles, assises non loin d'eux.

- Franchement tu ne peux pas leur dire que t'en a rien à foutre d'elles ? J'en ai marre qu'on se les coltine sans arrêt !

- Oh tu exagères Joshy… Et puis, ce n'est pas si désagréable… Plaisanta le blond.

Le visage de Josh vira au rouge, oula, ces nanas lui courraient vraiment sur le haricot !

- Soit tu vas leur dire tout de suite, soit c'est moi qui le fait ! Je les supporte plus ! Répliqua sèchement Flint.

- Ok ok… Ronchonna Scorpius en se levant.

Après tout, Josh avait raison, ces filles le gênait pour approcher Weasley, il fallait qu'il s'en débarrasse.

Lentement, il se dirigea vers les deux adolescentes qui tentaient de réprimer leurs gloussements avec grandes difficultés. Elles écarquillèrent les yeux lorsqu'il s'arrêta devant elle. Scorpius s'enorgueillit de voir l'effet qu'il leur faisait, elles le dévoraient des yeux. Bien sûr, le Serpentard ne doutait plus de son image, mais ça faisait toujours plaisir. Et c'est là qu'il le remarqua : le blason de Gryffondor, brodé sur leurs capes.

Alors qu'il allait ouvrir la bouche pour expliquer gentiment à ses admiratrices que non, il n'était pas intéressé et qu'il en avait assez d'être suivit, une idée lumineuse pointa dans son esprit.

- Salut les filles ! Lança-t-il d'un ton charmeur en s'asseyant à coté d'elles.

- Saluuut ! Répondirent-elles en même temps.

- Vous êtes venues admirer le lac ?

Ahah ! C'était plutôt lui et Josh qu'elles étaient venues admirer !

- Ouii.

- Vous êtes de Gryffondor ? Vous savez que la salle commune des Serpentards est juste en dessous du lac ?

Il leur fit la conversation quelques minutes, posa quelques questions sur elles, faisant comme si elles l'intéressaient un peu. Il apprit qu'elles s'appelaient Mary et Lucy bon, il n'en avait strictement rien à faire, mais elles pourraient s'avérer lui être très utiles. Après quelques paroles sans intérêt, il demanda :

- Dites, est ce que vous pouvez me rendre un service ?

- Ca dépend, quoi ? Demanda Mary.

- J'ai besoin que vous me passiez l'emploi du temps d'une fille de votre maison.

- Qu'est ce que tu veux en faire ?

- Ah, ah ! Dit-il avec un air séducteur. Ca c'est mon affaire. Alors, est ce que vous êtes d'accord ?

Elles se regardèrent et, alors que Mary allait accepter, Lucy l'empêcha de répondre pour dire :

- Et qu'est ce qu'on a en échange ?

Scorpius réprima une grimace, ce n'était pas deux filles de 14/15 ans qui allaient lui dicter sa conduite et le faire chanter ! Il jeta un regard à Josh qui s'impatientait et reporta son attention sur Lucy.

- Qu'est ce que tu veux ? Demanda-t-il avec un sourire éclatant.

- Un baiser.

Scorpius éclata de rire. Sans plus d'explications, il se pencha sur elle, posa ses mains sur ses joues pour l'empêcher de bouger, puis il l'embrassa brièvement. Il n'avait pas hésité longtemps, elle n'était pas vraiment laide et puis, si c'était le prix à payer pour avoir l'emploi du temps de Weasley… Ce n'est pas un baiser qui allait se mettre en travers de son chemin !

Il se recula et observa Lucy, on aurait dit qu'elle avait vu Merlin ! Scorpius se remit à rire, c'était plus fort que lui, comme toutes les filles, elle affichait un air béat parce qu'il l'avait embrassée. Lucy se tourna vers Mary, elle lui sourait. Le blond remarqua bien que Mary, elle aussi, attendait quelque chose.

- Un baiser chacune. Précisa Lucy.

Il s'approcha vers Mary mais celle-ci recula. Scorpius grimaça, elle était folle celle-là ou quoi ? Refuser le baiser d'un Malefoy ! On n'y pense pas !

- Non…de...euh… ton ami… Josh Flint.

Scorpius se mit à rire une nouvelle fois.

- Je vais t'arranger ça. Mais vous me promettez de ne rien dire, à personne. Et de m'obtenir l'emploi du temps de Rose Weasley ?

- C'est d'accord. Répondirent-elles à l'unisson.

- Vous me jurez de ne rien dire? Insista-t-il, méfiant.

- Tu as notre parole. Parole de Gryffondor.

Cela lui convenait car même si ça devait causer leur perte, les Gryffondors n'avaient qu'une parole. Il s'éloigna des filles et entendit glousser derrière lui:

- Tu te rends compte! Quand je vais dire à Helen que Scorpius Malefoy m'a embrassée...!

*/*\*

- Quoi ? Je croyais que tu allais leur dire de déguerpir et tu veux que j'aille en embrasser une ? Râla Josh une fois qu'il l'eut rejoint.

- Oh Josh, soit sympa ! Il me faut absolument l'emploi du temps de Weasley ! Plaida le blond.

- Mouai… "Absolument, absolument"...

Le brun était face à un cruel dilemme, d'un coté, Scorp qui lui demandait d'embrasser une cruche, de l'autre, la paix qu'il pourrait avoir si ces deux filles disparaissaient…et ce n'était rien comparé au fait que Malefoy obtienne ce satané emploi du temps !

- S'il te plait vieux, j'ai besoin de toi sur ce coup là ! Insista Scorpius.

Josh soupira pour la forme et marcha en direction des filles, le choix avait été aisé. Scorpius l'observa discuter avec elles et embrasser la fille à son tour.

C'est beau l'amitié.

En plus, Josh avait l'air content, lorsqu'il le rejoignit, il avait un grand sourire aux lèvres.

- Alors ? Ca t'as plût ? Plaisanta le blond.

- Un peu que ça m'a plût ! J'ai marchandé avec elles, maintenant elles vont nous foutre la paix ! S'écria joyeusement son ami.

- Tant qu'elles me filent l'emploi du temps de Weasley… Marmonna Malefoy.

On n'a rien sans rien. Ah ces Serpentards…


Scorpius décida de continuer sur cette lancée. Finalement, la proposition de Morgan était bonne. Il devait « déléguer ». Il ne pouvait décemment pas en apprendre sur Rose de cette manière. C'est en dînant un soir qu'il eut une idée. Il lui fallait un indic temporaire chez les Gryffondor, quelqu'un de suffisamment proche de Rose et pas assez proche de Potter pour ne pas lui parler. Quelqu'un qu'il pourrait manipuler à son aise.

Scorpius sortit de la grande salle et guetta le petit brun qui n'allait pas tarder à sortir à son tour, car il avait terminé son repas depuis un moment.

Le Serpentard ne savait pas s'il avait fait le bon choix, mais il était suffisamment craint par cette personne pour obtenir des résultats.

Lorsque Samuel Tarce passa seul devant lui, il le tira en arrière dans un coin isolé et le plaqua contre un mur de pierre, le maintenant par le col.

- Qu'est ce que… Balbutia le petit brun.

- Salut l'avorton. Dit Scorpius avec assurance.

Le Gryffondor le regarda sans comprendre, il se demandait quand Malefoy allait lui mettre son poing dans la figure ou pire, sa baguette.

- Je vais te proposer un marché. Dit-il finalement.

- Un marché ? Balbutia Samuel sans comprendre ce que pouvait bien lui vouloir un type comme Malefoy.

- Oui, j'ai besoin de renseignements, sur Rose Weasley.

- Des renseignements ? Sur Rose ?

Cet abruti allait répéter chacun de ses mots ou bien ?

- Oui, oui, sur la rouquine ! Râla Scorpius. Ce qu'elle aime, ce qu'elle déteste, sa date de naissance, son animal de compagnie…des infos quoi ! Termina-t-il en s'énervant.

Incroyable, en plus d'être craintif, Tarce était stupide !

Son interlocuteur semblait effrayé et l'aristocrate s'en réjouit. Il sortit sa baguette et relâcha sa prise sur lui.

- Je ne te conseille pas de me décevoir. Dit-il avec un ton menaçant. Tu as une semaine. Envoie-moi une lettre.

- Je…mais…Bredouilla Samuel en suivant des yeux la baguette de Malefoy, glissant sur son cou de droite à gauche.

- Tu es prévenu, si je n'ai pas de tes nouvelles d'ici une semaine… je me ferai une joie de tester quelques sorts sur toi. Et ne t'avise pas d'en parler à qui que ce soit. Compris ? Continua Scorpius.

- Co…compris. Haleta Samuel, effrayé.

- Bien.

Le Serpentard se recula en le menaçant du regard, puis il le laissa en plan et rejoignit sa salle commune, guilleret. L'emploi du temps de Weasley et des renseignements sur elle… Dommage qu'il ne puisse pas menacer quelqu'un pour la séduire à sa place !


Flint avait bien remarqué que Scorpius semblait plus joyeux. Il se demandait comment cette histoire allait finir. Cela faisait presque trois semaines que le blond se démenait pour son stupide plan. Il ne parlait plus que de ça. Rien d'autre ne comptait. Le quidditch, les filles, leur avenir professionnel… rien, il semblait avoir fait table rase de ses anciens sujets de conversation. Si Merlin, Morgane et Mordred étaient revenus d'entre les morts, Josh n'était même pas sûr que Scorpius l'aurait mentionné. Il n'avait dans la bouche que le nom de Potter et celui de Weasley, ça en devenait extrêmement fatiguant. Il racontait en détail ce qu'il faudrait qu'il fasse dans le meilleur des cas, cherchait à anticiper les réactions de Weasley et l'exaspération de Potter. Ca ne pouvait plus durer… Voilà pourquoi, tous les soirs, Josh priait Salazar de venir en aide à ce pauvre Scorpius et à son esprit déjà si tourmenté ! Malefoy était coriace. Qu'il obtienne des résultats et qu'on en finisse ! Pensait Josh alors que Scorpius, râlait pour la énième fois que jamais il n'allait réussir sans « un minimum d'informations ».

Et Salazar semblait avoir entendu les prières de Josh. Car quelques jours plus tard, Scorpius fut intercepté par les deux groupies qu'ils avaient vus au bord du lac. Elles avaient tenu parole (pas étonnant, elles étaient à Gryffondor) et lui avaient confié l'emploi du temps de Weasley. Josh se rappelait très bien le regard brillant de joie que lui avait lancé son ami en agitant le papier sous son nez pendant le cours de DFCM.

Dès qu'il avait eu le papier en main, Scorpius n'avait pu s'empêcher de l'ouvrir et de l'étudier rapidement, de le mémoriser au maximum.

Il s'était tout d'abord demandé si les deux filles ne lui avaient pas fait de blague. L'emploi du temps de Weasley était overbooké. Elle semblait avoir deux fois plus de cours que lui. Elle avait prit toutes les options ou quoi ? On dirait bien que oui… Elle était tarée !

Le jour même, après les cours, Scorpius s'installa à la bibliothèque pour étudier les emplois du temps. Il en rédigea un nouveau, sur lequel il inscrivit tous les jours et les heures où il croisait Weasley-fille. Il se mit ensuite à griffonner des numéros de salles, des heures, des cours et des titres de livres. Si quelqu'un avait jeté un coup d'œil à ses papiers par-dessus son épaule, nul doute qu'il n'aurait rien comprit.

Le blond s'était installé non loin de Rose Weasley et jetait de temps en temps des regards dans sa direction.

Finalement, vers 19h30, il sortit de la bibliothèque et partit manger, ses amis n'étaient pas encore arrivés et c'est tout seul qu'il s'assit à la table des Serpentards (de façon à garder un œil sur la rousse, histoire de voir ce qu'elle aime déguster…).

Il mourrait de faim. Pas question d'attendre encore trois heures que ses amis arrivent. Et puis, ils avaient refusé de l'accompagner à la bibliothèque, alors tant pis pour eux !

Aussi, l'héritier Malefoy dont le ventre commençait à crier famine, ne perdit pas de temps pour se servir en salade, pommes de terre et jus de citrouille. Il planta soigneusement sa fourchette dans une appétissante pomme de terre et observa un instant la table des professeurs.

Il sentit alors un frôlement et un petit courant d'air à sa gauche. Quelqu'un s'était assis à coté de lui. Il s'apprêta à râler contre ses camarades qui avaient l'impudence d'être en retard, mais il fut surprit de voir une jolie brune à leur place.

Beth Parkinson.

- Salut Scorpius. Dit-elle en lui adressant un grand sourire.

- Salut.

- Tu es tout seul ? Ca te dérange que je m'installe ici ?

- Non, pas du tout. Viens.

Beth était dans sa classe depuis 6 ans, elle était à Serpentard - naturellement, sinon elle ne serait pas venue l'aborder comme ça – ils se connaissaient depuis longtemps car leurs parents se fréquentaient de temps en temps. Beth n'était pas méchante, mais elle était un peu bête, et puis elle avait la réputation de… comment dire… Merlin seul savait ce qu'il ne lui était pas passé dessus. Il faut dire que, heureusement pour elle, Beth n'avait pas hérité de la tête de bouledogue de sa mère… Le jour où il avait vue cette dernière, Scorpius avait comprit tout de suite pourquoi son père n'avait jamais cédé à ses avances quand il était à Poudlard.

- Alors, quoi de neuf ? Demanda la brune en se servant de la salade.

- Rien de spécial.

Scorpius n'était pas très bavard. Et cette fille qui venait lui tirer les vers du nez… Il détestait raconter sa vie à n'importe qui.

- Comment ça se passe avec Potter ? J'ai une sainte horreur de ce type ! Il parait que tu t'es encore prit des retenues à cause de lui ?

C'était drôle, tout le monde disait que c'était de sa faute à lui s'il allait sans arrêt en retenue et elle, accusait Potter comme si elle parlait de la pluie et du beau temps.

- C'est la guerre entre Potter et moi, comme d'habitude. Rien de nouveau sous le soleil. Déclara-t-il avant de boire une gorgée de jus de citrouille.

Il remarqua le regard brûlant de la brune sur lui lorsqu'il reposa son verre sur la table. Il se doutait bien qu'il lui plaisait, il lui avait bien semblé qu'elle le regardait souvent ces derniers temps. Il lui adressa un grand sourire et Beth répondit automatiquement en lui rendant le sien. Ils restèrent quelques secondes à se fixer puis Scorpius saisit le plat de pommes de terre, il n'était pas à portée de la fille.

- Tu veux des patates ? Proposa-t-il avec un sourire en coin.

- Oh, non surtout pas. Minauda Parkinson. Je ne prends que de la salade ! Le reste, ça fait grossir…

Scorpius, amusé, sourit un peu plus. Les filles avaient de ces manières! Voir les mimiques de Parkison le faisait bien rire, et c'était très bon pour son égo de la voir le regarder de la sorte. Il porta sa fourchette à sa bouche et se mit à manger avec appétit. Son attention se porta alors sur Weasley, ou plutôt sur son assiette. Elle, avait une portion raisonnable de pommes de terre ainsi que de la salade, des tomates…

Scorpius en était là de ses réflexions lorsque ses deux amis débarquèrent à l'autre bout de la grande salle. Beth, obnubilée par le blond, ne les avait pas vu et lança joyeusement :

- Oh mais tu devrais en reprendre toi. J'imagine qu'en tant que joueur de quidditch, tu dois beaucoup te dépenser... C'est très physique d'être poursuiveur...

Scorpius se contenta de hocher la tête, il n'aimait pas lorsqu'on lui parlait pour rien dire, surtout les filles stupides qui faisaient semblant de s'y connaître en quidditch... Heureusement, Morgan et Josh prirent place avec eux.

- Merlin, on dirait que t'as rien mangé depuis 8 jours ! S'exclama Josh en s'asseyant en face de lui, le regard rivé sur son assiette.

Qu'est ce qu'ils avaient tous avec son assiette? A croire qu'il se gavait comme un orgre!

- C'est cette bibliothèque, ça me fout le bourdon alors je mange pour oublier ma détresse… Marmonna Scorpius la bouche pleine.

- T'as qu'à laisser tomber ton plan. Proposa Josh en s'emparant du plat de pommes de terre qui, décidément, avaient un sacré succès.

Scorpius manqua de s'étrangler avec sa bouchée de nourriture.

- Pas question ! Répliqua-t-il.

- Quel plan ? Intervint Parkinson en se penchant légèrement sur Scorpius tout en battant des cils.

- Rien… c'est secret défense ! Répondit Morgan avec un petit rire devant l'entêtement de son ami.

- Vraiment ? Tu ne veux rien me dire, Scorpius ? Insista Beth. S'il te plait...

- Je t'en parlerai…peut-être. Sourit le blond en songeant qu'il avait la cote.

Mais il n'était pas dupe. Cette fille ressemblait un peu à son ex, elle était jolie mais elle n'avait rien dans le crâne.

Cette réponse sembla suffire à Beth et cela confirma la pensée du blond. Parkinson termina le peu de salade qu'elle avait dans son assiette pendant que Josh et Morgan se lançaient dans une discussion sur les Gobelins de la banque Gringotts. Finalement, elle se redressa et déclara :

- Bon, je vous laisse… A bientôt, Scorpius.

Elle lui adressa un dernier sourire et partit.

Le blond l'observa, il est vrai qu'elle était mignonne… et bien foutue avec ça.

Il pliait soigneusement une feuille de salade (un Malefoy ne coupe pas sa salade comme un vulgaire vilain!) lorsqu'il sentit les sourires narquois et les regards moqueurs de ses amis se poser sur lui.

- Quoi ? S'enquit-il tout en sachant pertinemment ce qu'ils allaient lui dire.

- Mon gars, elle, elle est folle de toi ! S'écria Morgan en désignant du pouce la brune qui quittait la grande salle.

- On dirait. Répondit Scorpius, un sourire aux lèvres.

Pas vilaine la Parkinson, pas vilaine du tout même…


(*) Phrase tirée du film Le Village, de Night Shyamalan.