C'est l'heure. L'heure du chapitre 3 qui s'est trop fait attendre.
Remerciements : Message clair et concis de raphaepic, merci beaucoup ! Je continuerais envers et contre tous ! Et pour Chysako, un tout tout tout petit peu de Sans et Paps. Sans est devenu de toute façon important dans l'histoire, et donc va revenir dans les futurs chapitres.
Ciao, je vous souhaite bonne lecture. C'est le moment ou je dois trouver un titre au chapitre, ce que je fais toujours en dernier...
Chapitre 3 : Remise en question
...
Les ruines sont certainement les plus sombres endroits de tout l'Underground. Il y a toute cette partie censée être enveloppée de lumière, à cause de l'énorme trou au plafond, mais où tous les murs sont noirs quand même. Au moins, les locaux représentent bien le tout petit monstre qui se retrouve seul au milieu de cette place.
Flowey, comme à son habitude, pense à propos de tout et de rien. C'est qu'avec tout ce temps libre, il a clairement le temps de penser.
Cette histoire d'âmes humaines le fait doucement rire. ça doit être un vrai musée chez Asgore. Comment un être qui parait aussi gentil peut être en réalité si glauque ? Avoir un cimetière dans sa cave, il faut avouer que ce n'est pas très éthique ou moral. Mais tout le monde est d'accord avec ça, donc il n'y a pas de problème.
Il entend soudainement un drôle de bruit. Il regarde partout autour de lui, mais ne voit rien. Il lève alors les yeux.
Au travers de la cavité, quelque chose est en train de tomber et arrive vers lui.
« Prêt ou pas, j'ARRIVE ! »
La drôle de créature atterrit en le piétinant complètement. Les humains n'ont donc aucun respect envers les fleurs ?!
Et voilà maintenant qu'il utilise les boutons d'or comme paillasson ! Il n'y a plus de justice.
Flowey ricane à l'idée qu'il n'y ait littéralement plus Justice...
Mais il gémit juste après à cause de l'imbécile qui le piétine encore. Son visage est poussé fortement contre le sol, et il ne peut même pas répliquer.
« Génial ! Une grotte souterraine toute noire et lugubre ! Allons l'explorer ! »
Et l'humain s'en va comme si de rien n'était. Flowey se relève pour lui cracher dessus.
« Reviens ici, salaud ! Viens te battre ! »
Mais l'humain a déjà disparu.
...
Les ruines sont aujourd'hui très mouvementées. Les Froggit sautillent dans tous les sens, les monstres sont tous très agités… En bref, c'est la journée des tartes. Tout le monde aime la journée des tartes. Cela fait quelques jours déjà que c'est la journée des tartes et ils ne s'en lassent pas.
Depuis que ce monstre est venu les rejoindre, chaque habitant des ruines est vraiment heureux. Ils peuvent enfin manger quelque chose de bon, de copieux, qui reste dans leur estomac.
Un nouveau Froggit vient d'emménager dans ce coin des ruines, et les autres Froggit décident de lui montrer ce qu'est la journée des tartes. Ils l'emmènent tout au bout d'une queue devant une table.
« Tu vois ? Chacun attend patiemment son tour. C'est ça, la civilité. » C'est clairement pas souvent qu'on voit une file indienne aussi linéaire et calme.
« Qu'est-ce qu'il y a au bout ?
- Une belle part de tarte pour toi. »
Le nouveau Froggit est très heureux de pouvoir manger quelque chose qu'il ne connait pas. Il se demande aussi ce qu'est une tarte.
« Qui peut bien distribuer de bonnes choses à manger ?
- C'est un monstre qui est venu s'enfermer ici il y a quelque temps. Les anciens Froggit ont jugé bon de la laisser habiter ici.
- Pourquoi ils ont accepté ?
- Parce que ses tartes sont très bonnes. »
Le nouveau Froggit ne peut s'empêcher de penser que les actes intéressés, bien qu'immoraux, sont parfois cool.
- Pourquoi fait-elle des tartes aux Froggit ?
- Pour se perfectionner. On teste les tartes. Cela rend tout le monde heureux. Les tartes sont de plus en plus excellentes.
- Pourquoi elle ne teste pas elle-même ?
- C'est que ce monstre a peur de grossir. On dit qu'il a déjà pris 30kg depuis son arrivée.
- Oh.
- Ne lui dit pas que je t'ai dit ça. »
Le nouveau Froggit est pressé de manger une part de la tarte, et de voir ce monstre colossal. Lui ne pèse que quelques grammes.
Lorsqu'il se trouve juste derrière celui qui est en train de prendre sa part, le nouveau Froggit tend la tête pour voir quel genre de monstre peut bien être si plein de bonnes intentions. Il peut ainsi voir la forme de cette créature charitable.
Il est plutôt étonné, le monstre est très imposant. Il pourrait presque écraser tous les Froggit s'il le voulait. Pourtant, son regard a beaucoup de douceur.
Quand le monstre qui était devant lui repart avec son morceau de tarte, il se retrouve bien en face d'elle, et ne peut s'empêcher de rougir.
« Bon-bonjour madame. »
Elle semble d'une part très triste, puis elle lui sourit et lui tend une jolie part de tarte, un peu plus grosse que celle du précédent. Elle lu caresse un peu la tête et se remet à couper des parts.
« M-Merci madame. »
Le nouveau Froggit se sent tomber amoureux.
Il part manger près de ses amis, tout en continuant d'admirer le grand monstre. Les autres Froggit s'attristent alors.
« La pauvre. Elle ne peut pas parler. Elle a perdu sa voix. »
Le nouveau Froggit ouvre grand les yeux. « C'est pour ça qu'elle ne m'a pas répondu ?
- On dit qu'il lui est arrivé quelque chose de grave. Depuis, elle reste muette. »
Quel malheur ! Comment allait-elle retrouver sa voix ? Pouvait-il même l'aider ? Il en doute, mais il pourrait essayer ? Il a des talents en chanson. Peut être qu'il lui chanterait un petit air ? Les fortes émotions peuvent soigner quelques fois.
Quand tout le monde a enfin reçu sa part, elle s'assoit au milieu de tous les Froggit pour avoir leur jugement, qui est très favorable.
« Excellent !
- C'est trop bon !
- Vous rigolez ? Il manque du sel. Beaucoup de sel. J'imagine que mon avis importe aussi énormément ?
- Vas-t'en Jerry ! »
Chacun savoure, et le nouveau Froggit a assez de témérité pour rejoindre sa douce.
Il la regarde encore avec admiration. Elle est pile de bonne taille, aussi grande qu'un bœuf. Il aurait voulu être aussi grand. Il y a ces drôles de contes humains où des créatures ressemblant beaucoup à lui sont embrassées par de très belles princesses et reines, et qui en sont entièrement changés. Peut être que c'est réellement possible ? Il l'espère en tout cas.
Avant d'être sûr, il préfère s'isoler avec quelques Froggit dans un coin, pour leur faire une démonstration de son chant. Il y met tout son chœur.
Le verdict est sans appel. Avant qu'il ne puisse finir, tous les Froggit qui l'entourent explosent de rire.
« Tu appelles ça un chant ? C'est ridicule !
- Elle va s'enfuir si elle t'entend glousser comme ça !
- Tu ne seras jamais une star de la chanson ! »
Le nouveau Froggit est déprimé. Les autres ne savent-ils dont pas que le cœur est un muscle sensible ? Et puis ils peuvent bien parler, ils écoutent toute la journée du Crazy Frog ! Aucun goût musical, franchement. Tant pis pour eux ! Il s'est entrainé longtemps à la chanson, alors ce n'est pas maintenant qu'il va abandonner !
Il attire l'attention de l'énorme monstre en se raclant la gorge, et ses pupilles en forme de chœur se dirigent vers lui. C'est la deuxième fois qu'il se fait cette blague à lui même, mais il ne s'en lasse pas.
Il prend une énorme inspiration d'air et se gonfle dans le processus.
…elle va s'enfuir si elle t'entend glousser comme ça…
Le nouveau Froggit se braque. Il n'arrive plus à sortir un seul son.
Mais l'autre monstre le regarde toujours avec cet air d'intérêt. Il faut bien qu'il trouve quelque chose !
Avec honte, il se contente de s'éloigner.
Quel idiot ! La veille, il la chantait parfaitement bien, sans fausse note ! A quoi ça a servi s'il n'arrive même pas à la répéter devant son amour ? Non, il se partira pas sans avoir fait ce qui doit être fait !
Il se tourne de nouveau vers elle et attire son attention en claquant des doigts. Elle le regarde. C'est déjà un début. Il se racle la gorge et prend son souffle.
« Heee- »
…tu appelles ça un chant ? C'est ridicule…!
« He- H-H-…He-… Heu… »
Et voilà de nouveau les autres Froggit qui explosent de rire. C'est le même refrain : tous disent qu'il ne sait pas chanter, qu'il a l'air stupide, qu'ils sont gênés de le connaitre et qu'il pue. Cette dernière parole est gratuite et infondée, mais c'est vexant quand même.
Le nouveau Froggit n'arrive pas à faire face à toutes ces moqueries. Son cœur est bien trop brisé, trop pour refaire une troisième fois sa blague mentale. Il ne réplique pas et s'enfuit en pleurant au fin fond des ruines. Il rejoint sa flaque d'eau favorite, mais ne supporte pas d'y voir son reflet. Il donne un coup de patte dans l'eau et s'en éloigne pour continuer de pleurer.
C'est alors qu'un grand fracas retentit, plus loin. Il dresse la tête, curieux. Il voit cette étrange chose foncer vers lui. Il ne l'a jamais croisée dans les ruines, et on ne lui en a jamais parlé. Mais il ne prend pas peur et décide de la laisser s'approcher de lui.
Le nouveau Froggit toise cette personne avec intérêt. elle est tellement bizarre avec sa peau toute orange et son air ahuri.
La créature regarde dans tous les sens
« Une grenouille ! J'adore les cuisses de grenouille ! C'est super bon quand c'est fris ! »
Le nouveau Froggit, apeuré, bondit en arrière. Il est malade pour vouloir le manger !
« Mais toi tu es trop mignon et surtout trop jeune, donc je ne te mangerai pas. Peut-être le reste de ta famille, et goulûment, mais toi, non. »
Le nouveau Froggit soupire de soulagement. Il ne va pas être dévoré. L'autre s'abaisse à son petit niveau et commence à lui tapoter les épaules.
« Où peut bien être le reste de ta famille pour que je la mange ? »
Dans le moment, le nouveau Froggit a envie de dénoncer tous ceux qui se sont moqués de lui. Mais le nouveau Froggit fait déjà preuve de sagesse à son âge : ce n'est pas que l'on n'aime pas quelqu'un qu'on faire en sorte qu'il disparaisse de notre vie.
« Ne me dis pas que t'es tout seul ici ?
- Je-Si, je suis-
- AH ! UNE GRENOUILLE QUI PARLE ! »
La créature bondit en arrière en tombant. Le nouveau Froggit n'y pige rien.
...
Après une explication relativement simple sur les ruines, les Froggit et les mœurs du coin, la créature semble encore perdue.
« Bon. Que vous soyez des Froggit et non pas des grenouilles, je veux bien. Que vous utilisiez la magie, je veux bien. Que l'on soit sous terre aussi, je veux bien. Mais pourquoi tu parles au juste ? »
La créature a un sens des priorités affolant...
Mais le nouveau Froggit n'a pas la tête à trop parler. Il se morfond encore de l'échec cuisant dont il vient d'écoper. Quand même, lui qui ne fait jamais rien de mal à personne...
« J'ai passé ma vie à m'entraîner à chanter, mais ma voix est trop fausse. J'aurais beau essayer, j'y arriverais jamais !
- Tu sais, si tu continues de t'intéresser à l'avis des autres, tu vas jamais pouvoir te donner à fond ! Alors que l'important c'est ça ! Ne jamais se modérer, pour pouvoir toujours être celui que l'on est réellement à son plein potentiel ! Qu'on soit bon ou mauvais !
- Ah ! Mais si ça plait pas aux autres ?!
- On s'en fiche ! Que ça leur plaise ou non, t'existe ! Et ils pourront rien faire contre ça !
- Mais oui, tu as raison !
- Puisque j'te l'dis !
- Alors j'y retourne ! Je dois montrer à tout le monde que j'existe ! » Le nouveau Froggit se gratte la tête. « Heu...comment ?
- En chantant ! »
Il ne le sent plus trop, là...
« Allez, viens. On va voir ce que ça donne devant les autres. »
Avant que le Froggit ne formule son avis sur le fait de refaire face aux autres, il l'embarque dans ses bras et coure à une vitesse folle !
Ils arrivent au beau milieu des Froggit, et tout près de la demoiselle monstre, qui est assez perturbée de voir cette autre créature, plus que tous les autres.
« Avec une gueule pareille, ose me dire que les autres sont pas des grenouilles ! »
Tous les Froggit lui balancent les mêmes mots, indignés par tant d'ignorance. « Nous sommes des Froggit, nuance ! »
« Bon. Tu la chantes ta chanson ? »
Et une fois de plus, le nouveau Froggit commence à perdre ses moyens. Cependant, il se remémore les encouragements précédents...et il se jure qu'il ne flanchera pas cette fois ci, car il a un allié de taille. Un allié qui reste rigoureusement en arrière à la vue du plus gros monstre, mais ses encouragements sont très motivants.
On ne l'avait jamais encouragé avant…
C'est donc avec une grande conviction qu'il se vêtit subitement de son chapeau, et qu'il sort une canne. D'où peut-elle provenir ? On s'en fiche. Ce qui compte, c'est qu'aucun Froggit n'a jamais été aussi classe que lui.
Et avec de l'entrain, il se met à chanter.
« Hello my baby ! Hello my Honey ! Hello my ragtime gal ~ !
- Send me a kiss by wiiire…Honey, my heart's on fiiire ~ !
- If you refuse me, you know, you'll lose me, then you'll be left alone, oh baby telephone and tell me I'm your ooooown ~ ! »
Sa voix grave a séduit tout le monde. C'est dans un tonnerre que tout le monde applaudit. Le nouveau Froggit en tire les bonnes conclusions. Il faut toujours oser au risque de paraître ridicule, et il ne faut pas laisser les autres nous influencer négativement sur nos choix, aussi saugrenus soient-ils. Il est vrai qu'une grenouille dansante et chantante est un peu bizarre, mais tant qu'il accomplit à fond ce qu'il aime, il est heureux.
Tout le monde attend la réponse de sa bien aimée. Mais chacun se souvient qu'elle est muette ! Tout le monde est déçu. Mais la belle femme monstre est toujours souriante. Elle le remercie gestuellement.
Puis contre toute attente, elle prend dans ses mains le nouveau Froggit, pour l'embrasser au front. Le nouveau Froggit prend un rouge inquiétant. Tout le sang lui est remonté à la tête.
Alors qu'il veut aller remercier l'inconnu qui l'a poussé à accomplir son exploit, il le retrouve en train de ramasser ses confrères dans un panier de pique-nique.
Les Froggit croassent tous ensemble. « Génial ! On va parcourir le monde ! »
L'inconnu se lèche les lèvres. « Génial ! Un si grand repas de grenouilles pour moi tout seul ! »
« Stop ! Ce n'est pas de la nourriture !
- Snirf.
- ...?
- Snirf. Snirf. Snirf. ça sent la tarte ! »
Tout le monde se tourne vers le plus grand des monstres. La dame sourit et parait gênée. Il ne reste plus de tarte !
« Tant pis ! On va en refaire depuis le début ! » La créature tape du pied et un four débarque de nulle part. Ah, le pouvoir magique de l'hors champ... Il tape des mains et des casseroles arrivent. « C'est reparti ! » Avec une vitesse folle, il mélange les ingrédients, les faire cuire dans la casserole, place la garniture au frigo, fait la pâte et la pétrit. Les Froggit sifflent d'admiration en voyant cette personne à l'oeuvre. « On met tous ça au four ! » D'un geste vigoureux, il enfonce violemment le plat et la pâte de la tarte dans le four, pour tout refermer dans un fracas très audible.
La spécialiste des tartes n'a jamais vu quelqu'un cuisiner si énergiquement. C'en est presque émouvant.
« On monte à fond pour que ça cuise plus vite ! » La température extrême englobe tout l'endroit, et les Froggit croassent dans cette ambiance chaleureuse. Mais il commence à faire très chaud, et ils ont besoin d'humidité pour vivre ! Heureusement, la pâte est bientôt cuite et l'autre la sort du four. Elle est complètement carbonisée. « On met la garniture ! » Pourquoi crier ? Eh bien pour que la flamme brûle à l'intérieur quand on cuisine ! C'est ça le secret d'un bon plat ! La garniture a une texture atroce et fait un drôle de bruit quand elle est placée sur la pâte cuite presque noire.
« Et le meilleur pour la fin ! Ce qu'on met sur la garniture ! »
Avec vitesse, il place plusieurs Froggit en ligne par dessus.
« Tadaaa !
- Non ! Il ne faut pas nous manger ! » Le nouveau Froggit s'inquiète, mais tous les autres rient en voyant le plat final et applaudissent pour le spectacle improvisé. Les Froggit sur la tarte pataugent joyeusement dans la garniture, tout en la dégustant.
« Alors ? C'est comment ? »
Tous les Froggit recrachent le tout dans la garniture et choisissent de s'en aller sans attendre. C'est dégoûtant. La créature qui tient encore la tarte est triste. Affreusement triste. Elle se met carrément à pleurer en position latérale de sécurité sur le sol.
Le nouveau Froggit pose une patte sur son épaule. « Il ne faut pas abandonner à cause du jugement des autres ! Quelqu'un dans ce monde appréciera ta cuisine ! »
« T'as raison ! Je vais tous les faire bouffer de gré ou de force ! »
La personne se réveille et fonce dans une direction quelconque, tout droit, et disparaît. Le nouveau Froggit se sent attraper et surélevé. C'est tout simplement la cuisinière de tartes qui le porte en le caressant, et en regardant l'autre partir. Même s'il ne s'est pas transformé en prince après le baiser comme dans tous ces contes magnifiques, au fond de lui, quand il est avec elle, il se sent comme un roi. Et c'est le plus important.
Ce n'est qu'à ce moment que le nouveau Froggit comprend ce qu'il a fait... La créature va cuisiner quelque chose pour tout le monde dans les souterrains ! Il vient de condamner tous les monstres !
...
Le jingle arrive.
! ~ CUISINER AVEC UN ROBOT TOMBEUR ~ !
« Bonjour mes chéris ! Aujourd'hui, nous allons apprendre à faire un magnifique soufflé au gingembre ! Aucune idée du gout que ça a vu que je suis allergique au gingembre, ne demandez pas comment c'est possible, mon concepteur a juste du faire un mauvais travail, mais je vous conseille d'essayer et de m'envoyer par sms au 7 13 13 (oh yeees, 7 13 13… !) votre ressenti sur ce plat, et surtout si vous l'avez recraché, et faites en de bonnes photos. Mais pas si vous les recrachez.
- JE SUIS LA ! »
Soudain, un drôle de type arrive sur le plateau et jette toute la boite d'œufs par terre. Quel gâchis, des œufs si frais !
« Mais qui es-tu ?
- On commence par éplucher les œufs !
- Oh, du calme ! » Le robot lui retire le couteau et lui pose une main amicale sur l'épaule pour attirer son attention. « Tu veux me voler la vedette ou quoi ?
- Non, j'ai juste faim.
- Reprenons chers amis ! Aujourd'hui, nous avons un invité, et waw ! Quel invité explosif ! Vous connaissez mon penchant pour les bombes, et bien en voici une sur notre plateau ! Que tout le monde l'applaudisse ! »
Des confettis sont lancés inutilement. L'invité essaie d'avoir tous les confettis au couteau. Le robot tente de reprendre le couteau, sans succès. Il abandonne.
« Donc pour notre soufflé au gingembre, nous avons besoin…
- D'un soufflé !
- Presque.
- De gingembre !
- Exact ! Sors-moi le gingembre, mon grand ! »
Il frappe du pied, et le gingembre tombe du plafond.
Le robot est stupéfait. « Quelle étrange sorcellerie.
- Faut pas chercher ! L'important c'est le gingembre !
- Tout à fait ! Peu importe comment on acquiert le gingembre, l'important c'est de l'avoir eu ~ ! Et maintenant les œufs ! »
Il frappe des mains, et des œufs tombent du ciel.
« Il faudra vraiment que j'apprenne à faire cela un jour.
- Tout est dans les cordes vocales !
- Dommage, je n'en ai pas. Et maintenant la farine ! »
Il cogne sa tête contre un mur fortement et la farine tombe en explosant partout. Le plateau est envahi de poudre blanche.
« Oups. Désolé, c'est pas une science exacte !
- Je vais encore avoir un problème avec la brigade des stup', moi... On va devoir interrompre l'émission pour un petit moment ! Excusez nous ! A la place, nous vous proposons une seconde émission au concept innovant. »
! ~ NETTOYER TOUT LE BORDEL QUE CE PETIT SALAUD A MIS AVEC UN ROBOT ~ !
Le robot attrape un balai et se met à frapper plusieurs fois la tête de l'invité.
« Lorsque vous cuisinez ces charmants repas que ce bon vieux Mettaton vous propose, il y a toujours un bougre qui vient interrompre vos occupations ou votre émission et mettre un grand désordre impossible à ranger ! Que ce soient vos enfants, votre mari macho qui ne cuisine jamais ou bien un parfait inconnu qui s'est infiltré chez vous sans vous prévenir, ça vous met hors de vous ! »
Le robot commence à balayer toute la farine, mais balaie en même temps l'invité qui roule par terre.
« N'en râlez plus ! Notre émission vous donnera tous les secrets et astuces d'un bon nettoyage réussi ! »
Quand le sol est propre, le robot prend l'invité par le col pour le remettre debout. Il prend un plumeau et retire toute la farine sur lui-même et la renvoie vers l'invité, puis nettoie l'invité avec le même plumeau. Toute la farine a disparue.
« Cette interlude est terminée, retournons maintenant à notre émission ! »
! ~ CUISINER AVEC UN ROBOT TOMBEUR (Reprise. Il n'y en aura pas d'autre.) ~ !
« Bien. Nous allons mélanger tous les ingrédients. Donne tout ce que tu as. »
Le pauvre invité sort deux pièces de monnaie.
« Que ça ? Tant pis, ce sera pour le prochain... »
Il allume le mixeur sans même refermer le dessus. Ça dégouline de partout, mais le robot a cette fois ci la flemme de nettoyer. Il appellera quelqu'un.
Après une multitude d'actions très salissantes, le soufflé est mis au four. Il est prêt quelques minutes après et est présenté aux spectateurs. Une vrai oeuvre d'art.
A la fin de l'émission, Le robot prend l'invité par le bras pour le ramener dans une loge.
« Je ne sais pas ce qui t'a pris de venir sans autorisation. Mais tu as beaucoup de témérité. J'aime ça ! »
L'être ne ressemble en rien à ce qu'il connait. Ordinairement, il suffit de regarder un monstre pour savoir de quelle région il vient, mais il n'arrive pas à deviner. Il n'a pas d'écaille, pas de plume et seule sa tête est constituée de fourrure. Et elle est toute bouclée !
« Donc tu es un cuisinier pro ? C'est bon à savoir. Tu pourras faire partie de l'émission si tu veux. J'espère que ça te réussiras toujours de squatter chez les gens sans leur permission. C'est comme ça que j'ai pu m'infiltrer dans les médias. Cette technique fait donc ses preuves. Il faut savoir s'imposer.
- C'est ma vie de m'introduire chez les gens et de perturber leur paix.
- Vraiment fascinant ! On pourra peut-être animer quelque chose plus tard ? Reviens nous voir au plateau ! Je suis sûr que ça plaira aux spectateurs ! »
Et un nouvel ami sur sa liste ! Les rencontres, c'est beau.
« Tiens, d'ailleurs, je tiens à te donner tous ces goodies à mon effigie, pour que tu te souviennes à jamais de moi. »
Mettaton se retourne pour lui tendre les T-Shirt et les mugs, mais l'autre n'est déjà plus là.
« Oh non. Je vais faire comment pour me débarrasser de cette camelote, maintenant ? »
…
Il fait un temps agréable. Les oiseaux chantent, les fleurs éclosent. Les jours comme ça, les types comme lui devraient être autorisés à faire deux fois plus de sieste.
Sans est à moitié endormi dans son poste de sentinelle. Que de bonheur. Le souffle des cavernes vient frapper agréablement ses os.
Mais son calme intérieur est ébranlé quand il sent une main sur ses clavicules. Il ne se réveille pas vraiment, et se contente de bouger un peu, pour que la main s'en aille. Mais elle revient de plus belle, et cette fois ci, elle parcoure ses côtes.
« Dedans, dehors. Dedans, dehors. Dehors, dedans. »
Il se réveille en sursaut face à l'étrange personne qui est en train de rentrer sa main et de la sortir de sa cage thoracique.
« o-o-oook, t'as deux secondes pour m'expliquer ce que tu fais exactement, parce que là-
- AH ! UN SQUELETTE QUI PARLE ! »
L'étrange personne fuit alors aussi vite qu'elle est venue.
Dans son poste, Sans reste bouche bée, puis ses joues deviennent bleues. On n'a jamais été aussi entreprenant avec lui.
Si jamais il le revoit, il le massacre.
Une petite seconde… C'était un humain ?
…
Au large des rivières qui découlent des cascades, elle est en train de prendre la plus grande décision de sa vie. Un jour, elle sera quelqu'un de très important, pour tout le monde. Elle sera un modèle, quelqu'un à suivre, celle qui se chargera de donner de l'espoir à tous ceux qui n'en n'ont pas. Trop de personnes ont déjà perdu la flamme qui les animait, comme si on les avait rincés à l'eau froide. Mais elle, elle restera forte, parce qu'elle ne pense pas du tout à son propre bonheur, mais à celui de son entourage.
Cela implique qu'elle ne devra plus jamais se fier à ses propres émotions, ce qui sera dur à faire.
Du haut de son petit rocher, elle regarde l'eau. Le courant est paisible, la lumière tamisée, et elle se demande si elle arrivera un jour à être celle qu'elle cherche à devenir.
Soudain, une chose énorme sort de l'eau, sans crier gare. Elle hurle de peur et tombe à la renverse. Une étrange créature se tient devant elle.
« Génial ! Ce soir, on va manger sushi ! »
Elle n'a jamais vu ce monstre avant, ni ne sait ce qu'est un sushi. Mais ça a l'air rigolo ! Elle dresse les poings en l'air et hurle de tous ses poumons. « C'est parti pour les sushi ! »
La créature la porte alors jusqu'à un petit fourneau préalablement préparé dans la nature. Le climat est bon. Il y a comme un doux fumet dans l'air.
« Il ne manque plus que le poisson !
- Je sais où en trouver des tas ! »
- Allons y ! »
Et ils vont tous deux dévaliser la maison de Gerson, pour revenir avec les plus beaux thons jamais pêchés. Elle n'en a aucun regret. Ne vous en faites pas, elle le connait.
« Je suis devenu un cambrioleur et ça me fait ni chaud ni froid !
- Moi non plus ! » Elle le suit quoi qu'il dise. Se faire un nouvel ami aussi vite, c'est étonnant. Remercions la cuisine : cuire des aliments rend les relations plus propices et chaleureuses. Elle l'a toujours dit.
Le gaz se propage et le feu s'allume ardemment. Les casseroles tintent entre elles. Elles commencent à se déformer sous la trop grande chaleur du four. Le riz apparaît et tombe directement dans la casserole quand l'autre tape du pied.
Le riz est enfin cuit. Il ne reste plus qu'à tout enrouler et couper. Encore une fois, l'inconnu fait de grands gestes pour trois fois rien. Il enroule les sushi à la manière d'un expert en arts martiaux, un beau cliché qui restera à jamais dans la mémoire occidentale, et finit la présentation. ça a plutôt l'air réussi !
En essayant de ne pas se remémorer l'échec cuisant qu'il a subit avec les Froggit, il tend le plat à la jeune fille en face de lui. Elle se sert et enfourne le tout.
« Alors ? »
Undyne prend du temps à mâcher, mais elle finit par afficher un grand sourire.
« C'est délicieux !
- ça te dérange pas de manger ta propre espèce ?
- J'suis pas un thon, crétin ! »
Quand les tensions sont calmées, ils s'assoient pour continuer à manger.
《 Je suis jamais tombé sur quelqu'un qui aime ma cuisine. Je crois bien que c'est une avancée historique. »
Elle a la bouche pleine mais parle quand même. Elle en met partout. « T'envoies pas trop de fleurs non plus ! C'est rien que du riz et du poisson ! » Elle avale. « Mais ça fait longtemps que je me suis pas régalé avec quelque chose de nouveau. Merci. »
« Tu es toute seule ici ?
- Ouais, depuis que j'ai 18 ans. Avant je vivais chez cette feignasse de tortue. Elle a finit par me virer, je faisais trop de bruit à son goût. Et toi, tu viens d'où ?
- D'en haut. »
Undyne arrête tout de suite de manger.
...
Après seulement trois jours, tout l'Underground est déjà au courant qu'un humain se balade dans les souterrains. L'humain n'est absolument pas discret, et ne sait probablement pas que ce n'est pas une période propice pour être célèbre.
Des dizaines de manifestations se font. Que fait celui qui a amassé l'âme précédente ? Qu'est-ce qu'il attend pour prendre celle ci ? Il ne faut pas perdre plus de temps !
L'ennui est que l'humain s'amuse à apparaître et à disparaître aussitôt. Dur d'attraper quelqu'un d'aussi agile avec son espace... Une rumeur raconte qu'il serait capable d'utiliser la magie, ce qui expliquerait pourquoi du jour au lendemain, on en entend plus parler, pour ensuite avoir le droit à son grand retour.
La garde royale a décidé d'interroger tous les monstres qui se sont retrouvés en contact direct avec l'humain. Ils sont très nombreux, et cela est long, mais personne ne lésine sur le travail. Ils entrent ainsi en conversation avec plusieurs Froggit sortis des ruines, le célèbre robot Mettaton et enfin Undyne, une gamine très perturbée. Il y a aussi ce squelette, censé travailler pour le roi, qui semble l'avoir vu. En revanche, il refuse d'en parler, paraissant gêné pour X raison...
A l'issu des interviews, ils se retrouvent tous chez Grillby. Doggo, l'un des membres les plus cool de la garde royale, décide de quelle manière toute l'équipe doit procéder.
« Je crois qu'on est tous d'accord pour élaborer un piège pour attirer l'humain et l'attraper ? »
La voix fluette de Dogamy raisonne dans les locaux. « Tu as une idée, peut-être ?
- Bien sûr que j'en ai. On fout des détecteurs de mouvements partout ! Et quand quelqu'un passera, ça tirera de tous les côtés ! »
La voix virile de Dogaressa attise le respect de toute la garde et la surprise des autres clients. « Mauvaise idée.
- Pourquoi ça ?
- Je sais pas, mais c'est une mauvaise idée.
- Bon, quelqu'un a un vrai argument de poids contre mon plan génial ? »
Lesser Dog ouvre la bouche, mais ce n'est que pour aboyer. Il a du mal à entrer dans les conversations sérieuses. C'est donc Greater dog qui se charge de parler pour lui « On risque pas de tuer des monstres en faisant ça ?
- Ah ouais, j'y avais pas pensé. Merde... »
Doggo se plonge dans le silence pour continuer de réfléchir. Lesser Dog remue la queue et le regarde, ça le déconcentre vu que le reste de son environnement n'est pas très mobile. Il décide de regarder ailleurs. Il finit finalement par trouver une autre idée. Que feraient-ils tous sans lui ?
« Faut le reconnaître, on a pas assuré pour les deux premières âmes. On doit vraiment se rattraper. Et pour ça, je vois pas d'autre solution que celle-ci. Le type qu'on a en face de nous, c'est un humain, et les humains ont toujours plus d'un tour dans leur sac. Le seul qui peut réellement attraper le troisième et nous aider, c'est celui qui s'est chargé des deux autres.
- Tu veux qu'on le retrouve ? demande Dogamy.
- Ouais. Ce sera pas évident, mais on pourra rien faire sans ses conseils. Il doit déjà s'être bien renseigné sur l'humain. Peut-être même qu'il a déjà trouvé où il se cache. Comme Asgore ne nous dira rien sur son identité, ce sera à nous de le trouver. »
...
Papyrus n'aime plus vraiment sortir, depuis qu'ils ont emménagé au cœur de Snowdin. Le pouvoir d'isolation de cette nouvelle maison est sans limite, bien qu'en tant que squelette, il n'a pas trop froid... Mais il n'y a pas que cet avantage là. Il y a une magnifique cuisine, bien qu'il ne cuisine jamais et qu'il n'a jamais eu envie de s'y mettre. Le salon est grand, et il y a un canapé et la télé. Il est impatient de pouvoir inviter un nouvel ami chez eux, il ne lui manque plus qu'à s'en trouver un. Il y a aussi deux chambres en haut de l'escalier, ce qui est une première. Papyrus a l'habitude de dormir avec Sans depuis... Depuis...
Il préfère laisser les mauvais souvenirs de côté.
Sans n'est pas encore rentré, et Papyrus est triste d'avoir à regarder leur émission préférée tout seul. Il ne le comprend pas. Dès qu'il allume la télévision pour voir Mettaton, c'est le moment que choisit son frère pour se rappeler qu'il a un boulot à mener et qu'il s'en va. Il ne semblait pas pourtant la détester, avant. En plus, l'émission est plutôt bien aujourd'hui.
#Mes chéris~! C'est l'heure de vérité ! Grillby, êtes-vous le père de la petite fille de Feudora ? Nous allons voir en direct les résultats du test ! J'ouvre tout de suite l'enveloppe.#
Avec stupéfaction, Papyrus repère sur le côté de l'écran les membres de la Garde Royale arriver sur le plateau. Ils arrivent devant les caméras et les invités, tout en les faisant s'éloigner. L'un des leurs se rapproche en prenant le micro des mains de Grillby.
#Bonjour Grilb.#
#Salut.#
Le garde regarde cette fois ci le public. #Nous interrompons ce programme pour- #
#De quel droit vous m'interrompez ? C'est MON émission !#
La garde royale éloigne le robot pour pouvoir s'exprimer.
#-vous faire part d'une information importante. Comme vous devez déjà le savoir, un humain est arrivé récemment dans l'Underground. Le roi Asgore demande à tous d'être très attentif à ce qui vous entoure. Chaque région, ville et habitation sera fouillée pour le retrouver. N'oubliez pas qu'il peut être n'importe où, même caché chez vous. Il est aussi rapide et très furtif. On ne le voit ni arriver, ni partir.#
Papyrus aurait changé la chaîne, ordinairement. Il déteste les séquences info. Mais pour une raison quelconque, il ne la change pas cette fois.
#S'il vous arrive de croiser cet humain, vous devez impérativement prévenir la garde royale ou un représentant du roi. N'entrez PAS en combat avec lui. Nous ne connaissons toujours pas toutes ses capacités, et nous ne voulons aucun blessé. Mais sachez que si vous arrivez à nous le ramener vivant... #
OH NON.
#...une récompense de 3000G est prévue pour vous.#
Son frère avait raison.
Tout est en train de changer dans l'Underground.
...
Dans son transat, à son poste de surveillance des Hotland, Sans réfléchit à la vie. C'est ce que l'on fait tous quand on s'ennuie et que le portable est déchargé, mais lui n'a jamais eu de portable. Cela viendra peut-être un jour.
C'est le troisième humain qu'il rencontre. Il commence à se poser des questions. Il n'en a jamais vu aucun avant. Ils n'étaient pas des masses à venir dans l'Underground, il y a quelques mois.
Cette explosion de présence humaine n'arrête pas d'attiser sa curiosité. Peut être qu'il y en a toujours eu autant, mais qu'il n'est jamais tombé sur eux ? C'est possible. Mais Sans ne croit pas au hasard. Il y a forcément une raison à cela.
Il y a deux explications logiques : quelqu'un s'arrangeait pour s'en débarrasser illico dès que les humains arrivaient mais ne le peut plus, ou bien ce n'est que maintenant que Sans se trouve dans les meilleurs endroits pour les rencontrer.
C'est à ce moment que Sans entend un TILT raisonner dans son crâne.
Pour la première idée, c'est difficile à dire. Mais la seconde...
Il a presque envie d'en rire. Lui qui est d'habitude incroyablement lucide ne l'a même pas vu venir. Un type sympa, hein ? Papyrus juge vraiment mal les autres.
Asgore n'a pas demandé à Sans de surveiller les souterrains depuis certains endroits pour vérifier que tous les monstres aillent bien et qu'ils ne craignent aucun danger, pour les protéger et les sauver si quelque chose de mal leur arrivait. En réalité, Asgore l'a posté en sentinelle pour qu'il le prévienne si un humain arrive.
Il préfère s'asseoir pour se calmer, au lieu de se briser le poing contre une pierre inutilement. Mais ce n'est pas contre la pierre qu'il est en colère, il l'est contre lui-même.
Quand est-ce qu'il va enfin se décider à agir et arrêter de dormir ?
Bouge Sans !
Eh bien voilà ! C'est fini pour le chapitre 3 !
