Glade — Bloc
Soir
20 janvier 2233
À la nuit tombée, la fête battait son plein. Plusieurs Gladers allumaient de longues torches avant de les lancer sur un mannequin en bois qui prit feu. On entendit des acclamations et des sifflements. Pendant que le repas se préparait, le groupe buvait et s'en donnait à cœur joie. Certains dansaient, d'autres se battaient pour le plaisir. Encore perturbé par cette journée, le brun s'asseyait par terre contre un tronc allongé. L'univers derrière les portes le fascinait : il voulait tellement en savoir plus. Il avait la sensation qu'on faisait tout pour lui cacher la vérité, mais pour quelle raison ? Trop concentré sur ce qu'il avait en face de lui, il sursauta et poussant un cri, ressentant une main sur son épaule. Il se tourna ensuite vers Newt.
« Tiens, j't'ai enfin trouvé !
– Newt ? »
Le blond souriait avant de s'asseoir à côté de lui.
« Sacrée journée hein ?
– Ouais… si on veut.
– T'as pas l'air d'être là. Tu veux une collation peut-être ?
– Nan merci.
– Roh allez profite ! C'est ta soirée en plus ! D'ailleurs tiens, bois-moi ça. »
Il lui tendit un bocal contenant un fluide ambré. Hésitant, le dernier Glader le prit ensuite pour déguster la boisson. Dès la première gorgée, il recracha à l'instant.
« Ah… putain ! C'est dégueulasse ! »
Le jeune homme à côté se tympanisait sans gêne.
« T'as l'palais fragile ou quoi ?
– C'est pas drôle !
– Si, c'est très drôle d'ailleurs ! »
Écœuré, il rendit le bocal avant de passer sa main sur sa bouche. Le goût infect était loin de partir.
« C'est une recette de Gally, personne sait ce qu'il met dedans.
– Ça reste un connard. lâcha le nouveau.
– Ce connard, comme tu dis, t'a sauvé la vie. Le labyrinthe n'est pas un lieu sûr.
– Donc on est coincé ici ?
– Ouais, t'as tout compris. C'est pour ça qu'on a… »
Ils pivotèrent un peu pour avoir vue sur ce qui se produisait derrière. Newt pointa son doigt vers un point particulier.
« … ces gars-là. Près du feu. C'est les Runners et le type assis, c'est Minho. C'est le Keeper des Runners. En semaine, ils partent au labyrinthe l'après-midi ou le matin et le week-end, c'est tous les matins. Ils mémorisent, font des repérages pour trouver une sortie.
– Et ils l'ont pas trouvé ?
– Hé, t'as vu la hauteur des murs et la grandeur de Glade ? rappela le blond. Ça s'trouve pas d'un claqu'ment d'doigt ça.
– Et ils cherchent depuis combien d'temps ?
– Trois ans. Mais tu vas de suite comprendre pourquoi ça met du temps. Tends l'oreille. »
Au loin, ils entendirent un bruit. Le même qu'il y avait eu avant la fermeture des portes.
« Ça, c'est des murs du labyrinthe. Toutes les nuits, ils changent le terrain.
– Mais comment c'est possible ça ?
– Va demander à ces enfoirés qui nous ont tous envoyés dans la même merde. Enfin, si tu les connais… »
Se remettant comme il faut, le brun avait du mal à détacher ses yeux des portes.
« Mais c'qui est sûr, continua Newt, c'est que seuls les coureurs savent c'qu'il se passe derrière les portes. Les plus forts et les plus rapides, sinon s'ils rentrent pas avant la fermeture, ils sont coincés à l'intérieur. Et vaut mieux pas qu'ils le soient, parce que personne ne survit dans le labyrinthe.
– Pourquoi ? Il leur arrive quoi ?
– … On les appelles les Grievers. Mais personne n'a pu survivre pour décrire ne serait-ce qu'un élément sur eux. On sait juste qu'ils traînent la nuit dans le labyrinthe. »
Voyant le silence permanent de l'amnésique, le blond tapota l'épaule de celui-ci.
« Bon allez, tu vas arrêter d'te creuser la tête sur ce labyrinthe et profiter d'la soirée d'accord ?
– Quoi ?
– N'insiste pas, Greenie ! Viens ! T'es l'invité d'honneur là !
– Nan, je—
– Même si tu les as déjà vus, je vais t'présenter les environs ! »
Malgré lui, le jeune homme se fit lever de force par le Glader et ils entamaient une marche à travers les festivités. Gally mit quelqu'un au sol en le jetant sans retenue, ce qui faisait rire les autres suite à l'humiliation.
« Y a plusieurs rôles pour chaque Glader, tout dépend de tes capacités physiques et c'que tu vaux. Ici, t'as les Builders. Doués avec leurs mains certes, mais la tête… pas des masses. Après là-bas c'est les Slicers, et comme tu vois juste là c'est Winston. Tu t'entends bien avec lui en tout cas. Ah et ici nous avons deux Med-jacks ! Clint et Jeff !
– Ça va mec ?
– Ouais, merci Jeff ! »
Les deux Med-jacks continuaient leur route. Le blond eut un sourire moqueur en racontant l'anecdote.
« Ils passent leur temps à soigner les Slicers.
– J'veux être un Runner.
– Attends, t'es sérieux ? Après c'que j't'ai dit, tu veux en être un ? Écoute, tout l'monde fuit le rôle de Runner. En plus, ils doivent choisir c'que tu dois être.
– Qui ça ? »
Au même moment, le brun se fit bousculer par un Glader qui tomba au sol à cause de Gally. Celui-ci fixa sa prochaine victime en étirant ses muscles.
« Qu'est-ce que t'en dis, Greenie ? Tu veux un p'tit combat ? »
Petit à petit, tous se réunissaient en acclamant le nouveau. Hésitant, il avança ensuite avant d'entendre un tonnerre d'applaudissements. Minho vit ce qui se passait et se leva avant de rejoindre les spectateurs.
« Très bien. La règle est simple, Greenie. J'essaie d'te pousser hors du cercle, tu dois tenir plus de cinq s'condes. T'es prêt ? »
Avant d'avoir pu dire quelque chose, on le poussa d'un coup. Trois Gladers rattrapaient l'amnésique avant de le remettre dans le cercle et en un simple choc, il se retrouva par terre.
« Bon allez, debout Greenie ! J'ai pas fini ! provoqua le blond, bougeant sur place. »
Perdant rapidement patience avec le Builder, le jeune homme s'était remis debout.
« Arrête de m'appeler Greenie.
– Ah ouais ? J't'appelle comment ? Shank ? »
Il y eut un éclat de rire général suite au nouveau nom qu'avait donné Gally. Sous la colère, le brun se jeta sur son adversaire et tentait de le plaquer à ras le sol pour le calmer. Sauf que ça se retournait contre lui ; il s'écrasait lamentablement contre le sable.
« Tu sais quoi ? J'pense qu'on va t'appeler shank à compter d'aujourd'hui. »
Le Keeper des Runners observait avec attention, bras croisés et silencieux tout du long. Ben ricanait et lui donna un coup de coude.
« Si jamais il devient un Runner, j'en mettrais ma main à couper ! »
Quelques secondes passaient et le nouveau glissait vers la sortie du cercle quand il y eut retournement de situation : le Builder fut jeté par terre et personne ne s'y attendait.
« Ça c'est bien joué ! félicita Alby.
– Pas mal du tout. »
Minho attendit la suite du combat, ayant vu ce qu'avait pu faire le brun qui s'était fait malmener pendant un long instant.
« Pas trop mal pour un Greenie, hein ? »
N'appréciant guère cette avanie, le blond donna un tamponnement dur derrière les jambes du Glader qui perdit l'équilibre et fracassait son crâne avec lourdeur au sol. Il grimaçait de douleur tandis que certains du cercle daubaient ouvertement cette défaite. Sauf que cette volée eut comme un effet de déclic sur la mémoire du nouveau.
« Thomas… »
Il se hâtait pour se relever et répéta ce nom dans son crâne comme de sa bouche.
« Hé, Thomas ! J'm'en rappelle maint'nant ! Mon nom est Thomas !
– Thomas ! cria le chef des Gladers. »
Le groupe fut ravi pour leur nouvel allié et décidait de le féliciter. L'un d'eux lui donna un breuvage, le sourire aux lèvres.
« Bienv'nue à la maison, Thomas !
– Merci, Frypan ! »
Il buvait malgré le goût qui était aussi étrange. Gally alla lui serrer la main.
« Bien joué, Thomas. »
Brusquement, un cri complètement inhumain résonnait fortement. Le calme venait s'installer de façon instantanée ; ils s'étaient tourné vers les portes. Le brun fut éberlué, n'imaginant pas que cela pouvait se produire.
« Qu'est-ce que c'était ?
– Ça, mon ami, c'est un Griever. justifia Gally. Mais t'inquiète, t'es en sécurité ici. Rien ne traverse les murs. »
Subséquemment, les Gladers prolongeaient la fête.
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Glade — Ville
Soir
20 janvier 2233
Pendant que les garçons mangeaient tranquillement, Thomas en profita pour s'éclipser. Torche à la main, il passait par la forêt avant d'arriver jusqu'aux maisons. Il remarquait qu'il y en avait trente-huit, formant comme un demi-cercle. Petit à petit, il observa chaque bâtisse faite en bois — comme pour se compléter avec la forêt derrière. Il se figea ensuite devant l'une d'elles, dont les teintes étaient rougeâtres, ainsi qu'un léger éclairage à l'étage qui s'éteignit pour être remplacé par la lumière du rez-de-chaussée. La fenêtre donnant sur la cuisine révéla l'asiatique qui allait prendre un fruit et de l'eau fraîche. Fureteur, le Glader s'approcha pour fouiner du regard. Il se cacha sous la fenêtre et se redressa tout en cachant sa source de lumière. Le Keeper buvait d'un trait avant de quitter la pièce sans éteindre. Tentant de le trouver, le jeune homme se leva un peu plus. Il se rendit alors à l'autre fenêtre et n'aperçut personne. Trop occupé, il ne discernait pas les bruits de pas qui s'approchaient.
« Besoin d'aide, shuck-face ? »
Ne s'y attendant pas du tout, le brun soubresauta et se retourna vivement pour voir le noiraud, regard suspicieux et bras croisés.
« Euh… désolé, je faisais que visiter.
– Et visiter pour toi, c'est espionner les autres ?
– C'était involontaire, j't'assure, j'voulais pas t'offenser !
– Eh bien, direct sur la défensive ? T'inquiète shuck-face, j'vais pas t'manger. »
Lançant une clémentine, Minho la rattrapait dans sa main droite. Il commença à l'éplucher sans lever ses yeux.
« Et tu fais quoi ici, à visiter ? Y a une fête pour toi, j'te rappelle.
– Je sais, mais j'connais pas trop cet endroit… à part le Bloc.
– Ah ouais, c'est vrai… »
Il exhala un soupir d'agacement.
« Demain, université.
– Y a une université ici ?
– Alby t'en a pas parlé ?
– Il a dit qu'on verrait ça plus tard.
– Et ça se dit chef des Gladers… »
Faisant un sourire moqueur, le Runner leva son regard vers l'invité.
« Tu veux que j't'explique ? Tant qu'on y est.
– J'peux y aller, tu sais… souffla le bleu. T'as l'air occupé.
– J'étais. Et puis ça prendra pas longtemps. »
Il fit un signe de tête et s'en alla paisiblement.
« Et dépêche-toi shuck-face, j'ai pas toute la soirée.
– Hé, j'ai un nom j'te signale. »
Suivant le rythme, Thomas éclairait avec les flammes du flambeau.
« Tu sais, ici la grandeur est identique au Bloc. Y a pas énormément de bâtiments comme tu peux voir.
– Y a quoi ici ?
– Pas grand chose, comme les trois quarts sont fermés et inaccessibles. En fait le système ici est bizarre, c'est pour ça qu'on évite de trop rester dans la ville et qu'on a fait un coin exprès derrière les arbres. La forêt est comme une frontière si tu préfères.
– C'est quoi leur système ici ?
– Tu verras par toi-même, apparemment on a pas tous les mêmes tests. »
L'asiatique entamait son fruit, puis pointa un petit magasin du doigt.
« Par contre leur café est pas si dégueu qu'ça.
– Un café ?
– Ça doit être le seul truc qui n'est pas relié au foutu système. »
Sans en rajouter, le noiraud lui tendit un morceau de clémentine. Indécis, le brun le prit en remerciant d'un signe de tête. Il resta un moment silencieux avant de reprendre.
« Mais c'est quoi leur système ? C'est à cause de ça qu'vous êtes au Bloc ?
– Si on veut. On a l'impression qu'ils nous cachent certaines choses sur c'qui s'passe dehors. Ils ont l'air d'être au courant.
– Ils savent c'qu'il y a derrière les portes ?
– Qui sait ? … Enfin bref, en s'maine, on reste quand même dans notre baraque respective. Histoire de dire qu'on est quand même là, ils sont pas au courant pour le Bloc. Donc tu dis rien shuck-face, d'accord ?
– Ouais, d'accord. Et arrête de m'appeler shuck-face, j'm'appelle Thomas.
– Rien n'm'empêche de t'appeler shuck-face. D'ailleurs, il était joli le tour que t'as fait à Gally.
– Aussi le seul… il m'a humilié devant tout l'monde, comme si c'était pas suffisant de m'avoir limite agressé.
– Je vois qu'Monsieur est frustré.
– Hé y a d'quoi l'être ! protesta le brun.
– T'es susceptible shuck-face ? ricanait Minho. »
En guise de réponse, il se prit un coup dans l'épaule droite. Après l'interlocution, ils se stoppaient devant un grand bâtiment, vieux mais restauré.
« C'est là, l'université Maze. Rien qu'd'y penser, ça m'fout les j'tons. Les gens qui travaillent ici sont bizarres.
– Attends, y a d'autres gens ici ?
– Ouais, mais n'espère pas les suivre. Du jour au lendemain, ils disparaissent total'ment. Leur sécurité est vraiment stricte.
– Comment tu l'sais ?
– C'est pas compliqué, en trois ans… et puis à force, ça devient une routine. Donc demain, prépare-toi à entrer dans leur foutu système. »
Le Keeper des Runners termina de manger tandis que le Glader fixa le bout dans sa main.
« Et tu faisais quoi chez toi ? Enfin… si c'n'est—
– Rien en c'qui t'concerne. Bon allez, on retourne au Bloc. Ils vont finir par t'chercher à l'heure qu'il est. »
Minho détourna son regard du bâtiment avant de partir. Thomas le stoppa dans son élan.
« Hé, attends.
– Quoi encore ? formula l'asiatique.
– Pourquoi tu m'as dit tout ça ?
– Parce qu'on s'entraide tous et d'un autre côté… on est tous passé par là. Et t'es l'un des nôtres maint'nant.
– Merci… Minho. »
Un petit sourire se dessina sur le visage du brun. Rictus en coin, le noiraud fit un signe de la main et caltait.
« De rien Thomas. »
Réflexion faite, le jeune homme croqua le bout de clémentine et suivit la cadence pour retourner vers les autres.
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Glade — Bloc
Nuit
20 janvier 2233
Chacun dormait sur un hamac, à la lueur du feu qui s'éclipsait petit à petit. Thomas, quant à lui, ne trouvait pas encore le sommeil. Il fixa le plafond en écoutant le cri des Grievers au loin, accompagné de ronflements. Bien qu'il ait eu des tonnes d'informations, il avait pu les assimiler. Sans s'y attendre, le brun ferma les yeux pour rejoindre un rêve… ou un souvenir.
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QG de WICKED — Laboratoire ?
« WICKED is good. »
Plusieurs membres du personnel étaient assis devant des écrans ; des têtes, des images du cerveau, des calculs ainsi que des termes scientifiques. Le jeune homme, lui, avait un plan de labyrinthe.
« Thomas… »
Les voix sonnaient en écho, il se retrouvait ensuite devant une jeune fille de son âge. Le bleu des iris brillait en harmonie avec le brun foncé de ses cheveux bouclés. Elle se trouvait en face de lui, doux sourire aux lèvres et posa sa main sur celle du Glader.
« Tout est sur le point de changer. »
D'un coup, il se trouvait allongé sur une table, les médecins au-dessus. Et très vite, tout défilait ; plus rien n'était clair. Jusqu'à apercevoir cette femme blonde.
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Glade — Bloc
Aube
21 janvier 2233
Il ouvrit ses yeux en sentant la main d'Alby sur sa bouche, celui-ci faisait signe de rester silencieux avant de lui demander de le suivre. Couteau en main, le Glader se dirigeait vers un des murs.
« Tu sais, ça n'a jamais été comme ça. Comme tout à chacun, on a connu des jours sombres. Certains sont morts de panique ou de peur mais… le chemin s'est fait long. On a tous trouvé ce qui nous manquait. La paix et l'ordre.
– Pourquoi tu me dis ça ?
– Parce que tu es différent. Tu es curieux, voire un peu trop. Je t'ai vu t'en aller hier soir. Cela peut être un défaut qui risque de te poser problème. »
Thomas ne put s'empêcher de baisser le regard, il ne pouvait pas le nier.
« … Désolé ? »
Il leva ses yeux sur le bronzé qui lui tendit l'arme.
« Mais tu es des nôtres, désormais. Comprends-le. »
Le posant ensuite dans la main du brun, celui-ci scruta le mur. Il s'approcha avant de voir les noms sans dire un mot. Plusieurs d'entre eux étaient barrés.
« Il s'est passé quelque chose ?
– Comme je te l'ai dit, on a connu des jours sombres. Et nous devons faire avec. »
Il finissait par graver son nom parmi les autres, toujours muet. Les six lettres gravées, le jeune homme n'était plus le dernier, le bleu, l'amnésique ou bien le Greenie. Il était Thomas, membre des Gladers.
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Université Maze — Entrée
Matin
21 janvier 2233
À l'entrée de l'édifice, le brun ne se remuait guère. Contemplant les alentours avec intérêt. Newt soupira avant de le rejoindre d'un pas vif.
« Bon tu t'décides ou quoi ?
– Euh… oui, c'est juste que—
– Pas l'temps de tout scruter, dépêche ! »
Il lui prit le poignet pour le tirer et le mena à travers le couloir.
« Aujourd'hui, comme t'es nouveau, ils risquent de t'coller des tests toute la s'maine.
– Des tests toute la s'maine ? Minho m'en a parlé, on en a tous non ?
– Ouais, les trois quarts du temps. Mais tu ferais mieux d'faire gaffe, vraiment. On sait jamais c'qui peut arriver ici d'accord ? Surtout avec leur foutu système. Prends ce conseil au pied d'la lettre. »
Voyant le regard fuyard, le blond posa une main ferme sur l'épaule.
« Hé, c'est sérieux c'que j'te dis.
– Eh bien, qu'avons-nous là ? »
Le Directeur Adjoint venait d'arriver avec deux scientifiques. Il lança un regard imposant sur le blond qui se rétractait en serrant doucement sa prise. Thomas regardait le Glader d'un air interrogatif.
« Tu ferais mieux de rejoindre ton groupe. »
Sans attendre un autre ordre, le jeune homme alla rejoindre Alby qui l'attendait pas loin. Ils pressaient le pas pour ne plus affronter le trio d'adulte qui s'était montré.
« Je déteste ce gars.
– T'inquiète Newt, c'n'est plus qu'une question d'temps.
– J'espère juste qu'il va pas faire c'qu'ils veulent. »
Désormais seul, le jeune homme épiait la physionomie de chacun, sceptique.
« Voyons, inutile d'être si cauteleux. On n'est pas méchant comme ils le prétendent. Nous avons des tests à te faire passer, il serait préférable de ne pas se faire rattraper par le temps. »
En s'en allant, Janson n'entendit pas les pas du brun derrière lui. Il se figea et le fixa par-dessus son épaule droite.
« Qu'attends-tu ? »
D'abord réticent, il a finalement suivi le pas.
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Université Maze — Salle d'interrogatoire
Matin
21 janvier 2233
Gris. La seule couleur qu'il reconnut dans cette pièce. Mains posées sur la table, il attendit. Quelques minutes ? Secondes ? Pas vraiment. Un moment qui parut infini. Et cet air malfaisant qui pesait aux abords. Enfin, la porte s'ouvrit pour faire rentrer le noiraud qui portait en main un paquet de feuilles, mais sans plus.
« Désolé pour l'attente. »
Il prit place sur la chaise en face du Glader, et s'échangèrent un simple léger frisson parcourut l'échine de Thomas au moment de croiser ce bleu océan.
« Bien, avant de commencer les tests, j'aimerais en savoir plus sur toi.
– S—Sur moi ?
– Nous avons besoin de quelques informations pour compléter nos données. Rien ne bien vipérin. »
En face de lui, il nota mentalement les faits et gestes de l'homme qui étala quatre feuilles montrant une image chacune. Et toutes n'étaient pas charmantes ; on aurait dit des créatures hybrides, composées de technologie. Tandis que la quatrième interprétait la carrure d'un humain… ou presque. Le brun avait la sensation que son estomac se compressait à la vue de ces horreurs indescriptibles.
« Parmi ces illustrations, est-ce qu'il y en a une qui te fait la sensation de déjà-vu ? Ou bien te souviens-tu de l'une d'elles ? »
Pourquoi aurait-il déjà croisé une de ces bêtes ? Pourquoi s'en souvenir ? Est-ce qu'il avait eu affaire à tout ça, autrefois ? Et si cet adulte savait quelque chose sur lui ? Tout un tas de questions qui, soudainement, s'enchaînaient vite.
« Je comprends pas… en quoi cela va—
– Réponds juste aux questions. »
L'intonation de la voix lui fit comprendre qu'il n'allait pas lui apporter la moindre réponse. Et par-dessous tout, il était mal à l'aise en compagnie de Janson. Lui-même ne pouvait l'expliquer.
« Non… Non, j'les connais pas.
– Bien. Et ceci ? »
Un article de journal attira l'attention du Glader. Le gros titre n'était clairement pas rassurant :
"ARRÊTEZ LA PROPAGATION DE LA BRAISE !"
La Braise ? Qu'est-ce que c'était ? Désireux d'en savoir davantage, il s'empara du papier avant de lire.
« "Arrêt soutenu de la propagation de la Braise. Connaître les symptômes avant que vous infectiez vos voisins et vos proches." »
Feutré, Thomas approfondissait la lecture. Ce qu'il découvrit le terrifia ; cette Braise était un virus ? Avec efficacité, il termina de compulser le bout de papier. Catastrophe de tempête solaire ? Maladie du cerveau ? Traitement standard ? Politique de tolérance zéro ? Un regard d'effroi se posa sur la personne en face de lui.
« Est-ce que c'est vrai ? La Braise… Est-ce qu'elle existe ? On est tous infectés ? »
Sans délivrer le moindre mot, le noiraud attrapa les feuilles pour les réunir. Il souriait peu, rassurant plus ou moins les craintes du brun.
« Vous le saurez en temps voulu. »
Voire, rassurait peu. Très peu. Tout cela ne disait rien au jeune homme. Il se demandait plutôt si les autres savaient cela aussi. Il devait leur en parler au plus vite. Loin d'ici, de cette ville pratiquement vide.
« Dis-moi… avant de continuer, je vais te poser une question. Connais-tu WICKED ? »
L'interrogatoire engourdissait les muscles du plus jeune qui se raidissait à ce nom. Il le connaissait, il l'avait entendu. Ce rêve… cela ne pouvait être une coïncidence.
« WICKED… j'ai juste entendu une seule phrase à son sujet.
– Ah oui ? Laquelle ?
– WICKED is good. Je sais pas si ça avait un lien avec ce que j'ai vu… »
Intérieurement, il se maudissait d'en avoir trop dit. Pourtant, le regard de l'homme restait neutre.
« Intéressant… Maintenant, tu vas faire quelque chose de simple. »
Il sortit un objet peu commun : un cylindre transparent content un liquide bleu à l'intérieur. Le posant doucement, il joignit ensuite ses mains et soupira silencieusement.
« Prends cette fiole. »
Le jeune homme arquait un sourcil. Pourquoi prendre une telle chose ? Et surtout, qu'est-ce qu'il y avait dedans ? Ses yeux rivaient sur le bibelot et se levaient vers Janson.
« Alors, tu la prends ? »
Graduellement, sa main vint à proximité de l'objet. Et instantanément, il s'immobilisa. Son corps refusait de répondre, il tenta de bouger ses doigts. Rien ne se passait.
« Qu'est-ce que— »
Il tenta d'insister, le cerveau ne pouvait cependant pas reprendre le contrôle. Il décelait que quelque chose n'allait pas. Satisfait, l'adulte se leva avant d'aller derrière Thomas. La nuque de ce dernier possédait une série de marques à la verticale. Le plus vieux sortit de sa poche une arme étrange, où le bout avait exactement les mêmes signes géométriques que l'empreinte.
« Qu'est-ce que vous faites ?
– Ça risque de piquer quelques secondes. »
Sans la moindre délicatesse, il fit contact entre les deux signes. Un choc électrique parcourut le corps du Glader qui hurla vivement de douleur avant de tomber de la chaise. Ses muscles furent pris de spasme immédiat. La géhenne se faisait de plus en plus intense, plongeant sa victime dans l'inconscience. Le noiraud, mains dans le dos, avait appelé les deux médecins qui portèrent Thomas hors de la salle. Il alla rejoindre un scientifique en lui tendant les papiers.
« Quand est-ce que la Chancelière doit arriver ?
– Dans pas longtemps.
– Bien. Assurez-vous qu'il ne se souvienne pas de cette expérience à son réveil.
– Compris, Monsieur. »
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Après quelques jours, j'ai enfin achevé le second chapitre. J'ai pataugé un peu (et la flemme aussi mais ça compte pas) pour l'écrire et trouver de quoi mettre dedans. À noter également que j'ai essayé de pas trop en dire d'un trait par rapport à la ville, tout ça tout ça…
Pour le moment de la Braise, j'ai juste traduit quelques passages d'un poster trouvé sur le Wikia Maze Runner (sa traduction complète sera pour plus tard) et j'ai aussi inventé l'arme à la fin, mais ça, secreeeet ! Comme le système et la raison de l'apparition de Janson (chuuuut it's a secret.), à découvrir plus tard !
