La lettre
Le lendemain, un samedi, lors du petit déjeuner, Alice reçut une lettre qu'elle s'empressa de lire. Elle devient très pâle et éclata en sanglots devant ses amies interloquées.
« - Quelque chose ne va pas, Alice ? » demanda gentiment Mary en la prenant dans ses bras.
Quand Sirius Black, qui était assis à côté d'Alice, voulut lire la lettre, la jeune fille renversa l'intégralité de son café dessus, en aspergeant sur elle et sur le jeune homme.
« - Sirius, fous-moi la paix, tu veux ! » s'écria-t-elle avec rage.
« - Qu'est-ce-qu'il y a dans cette lettre qui vaille la peine que tu me brûles les doigts ? » demanda celui-ci avec curiosité.
« - Ce ne sont pas tes affaires ! » lança la jeune fille avant de plonger sa tête entre ses mains, en pleurs.
« - C'est une lettre de tes parents, non ? Bah au moins les tiens ne t'ont pas reniée. »
« - Ta gueule ! » hurla-t-elle.
La moitié de la Grande Salle se tourna vers elle.
« - En voilà une manière charmante de s'exprimer... Qu'est-ce-qu'ils t'ont dit ? » questionna le garçon.
« - Rien. Rien ! » dit-elle en levant les yeux au plafond pour éviter de croiser les regards de ses amis. Même si Sirius n'était pas un ami.
« - Ils t'ont rien dit et tu pleures ? Moi dans ce cas je saute au plafond. » fit remarquer le jeune Animagus.
« - Laisse-moi tranquille. » soupira Alice entre deux sanglots.
« - En quel honneur ? On pourrait t'aider, si tu nous exposais ton problème. »
« - Je ne crois pas, non. » répondit-elle, toujours en larmes.
« - Hum. Ça colle. Tu as dix-sept ans, après tout. Je peux te parler cinq minutes ? » demanda-t-il en haussant un sourcil interrogateur.
« - Non ! » coupa la jeune fille avec une brutalité surprenante.
« - Je t'ai demandé ton accord ? Mais pour quoi faire ? » demanda le jeune homme avant d'emmener une Alice furieuse hors de la Grande Salle en la tirant par le bras.
Il la fit marcher jusqu'à un recoin de la Tour d'Astronomie, vide à cette heure-ci de la journée.
« - Toujours aucun respect pour le règlement. »
« - Et tu en es vraiment surprise, j'imagine. Je ne veux pas qu'on se dispute, Alice. Il fallait que je te voie de toute manière. J'ai attendu le plus possible mais maintenant tu me forces un peu la main. »
« - Hein ? » demanda Alice, qui ne comprenait rien à son manège.
Sirius prit sa main entre ses doigts, l'embrassa sur le front.
Alice s'appuya au mur pour ne pas chanceler. Son regard ne pouvait quitter celui du jeune homme.
« - Alice Sharon McAffie, accepteriez-vous d'être ma femme ? »
Elle chercha dans ses yeux la lueur de plaisanterie qui devait y briller, mais à son grand désespoir elle s'aperçut qu'il était parfaitement sérieux. D'ailleurs il lui attacha un bijou autour du cou. Une sorte d'ambre cerclée d'argent. Elle se retint au mur. Sa respiration devint hâchée.
« - Tu ...n'as pas le droit. Tu.. tu ne peux pas me faire ça. Pas maintenant. C'est trop cruel.» pleura-t-elle avant de partir en courant.
« - Alice ! »
Il la suivit jusqu'à la porte de sa chambre.
Soudain celle-ci s'ouvrit. Sur une Angie fatiguée.
« - Sirius, si tu pouvais dégager on pourrait peut-être essayer de comprendre son problème. Je ne sais pas ce que tu lui as fait mais elle pleure encore plus que tout à l'heure et elle a dit qu'elle ne dirait rien tant que tu ne partirais pas. »
« - Rappelle lui que je lui ai offert une solution et qu'elle n'était pas obligée de la rejeter comme ça, que c'était sincère. » dit-il, semblant blessé.
Sirius Black, blessé ? Elle avait dû rêver.
« - Si tu le dis. Mais si ça ne te dérange pas, je vais aller la consoler. Si as-tu as des informations sur le problème en question, partage-les. »
« - Je n'ai rien d'autre à dire. Demandez-lui. » grommela Sirius avant de partir.
Angela soupira avant de revenir dans la chambre. Encore une journée, et vu le rythme des pleurs, sans doute une nuit blanche, à passer avec une amie en pleurs dans les bras. Qui était mort, cette fois ? Et de quelle solution Sirius voulait-il donc parler ? Et qu'est-ce-qu'il y avait donc d'écrit dans cette satanée lettre ?
